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Dix ans de lutte contre l'onchocercose en Afrique de l’ouest : bilan des activités du Programme de Lutte contre l’Onchocercose dans la Région du Bassin de la Volta

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DIX ANS DE LUTTE CONTRS L'ONCHOCERCOSE EN AFRIQUE DE L IOUEST Bilan des activités du Progranrme de Lutte contre l tOnchocercose dans la région du Bassin de la Volta Table des matières PREFACE INTRODUCTION - GENERAIITES SUR L 'ONCHOCERCOSE CHAPITRE I - HISTORIQUE ET STRUCTURXS DU PROGRA},IME DE LUTTE coNTRE L 'oNcHocERcoSE DANS LA REGION DU BASSIN DE LA VOLTA - STRATEGIE ET OPERATIONS DE LUÎTE 1 .1 Historique 1.2 Structures de gestion et drexécution du Progr:me 1.2.1 Structures de gestion 1.2.2 Structures drexécution et dtappui Budget et financement Stratégie du Progranrne et délimitation de son aire 1.4.1 Stratégie de base 1.4.2 Lraire du Prograrnme 1.4.2.1 Aperçu sur les zones phytogéographiques et la répartition de l tonchocercose ainsi que de ses vecteurs dans les Etats participants 1.4.2.2 EtablisserDent des limites de l taire du Progranrme 1.5 1VORLD HEALTH ORGANIZATION ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE opérations de lutte antivectorielle 1 Sélection des insecticides ainsi que des méthodes et des matériels d rapplication 1.5.1.1 Choix des insecÈicides 1 .5.1 .2 Les appareils et équipements d'épandage .... .... 1 .5.2 Ltexécution des opérations de lutte antivectorielle .. 1.5.2.1 Les différentes phases des opérations 1.5.2.2 La flotte aérienne et les aménagements au sol 1.5.2.3 Rythme des traitements et sites d'application Organisation des traitements hebdomadaires Les traitements par voie terrestre . ..... ocP / 84.3 ORIGINAL : FRANCAIS Pages 6 7 3 4 13 13 13 13 T4 t7 t7 T7 L7 Les 1.5 L7 18 20 20 20 20 22 22 24 24 25 25 Ce document ne constitue pas une publication. ll ne doit faire l'objet d'aucun compte rendu ou résumé ni d'aucune citation sans l'autorisation de l'Organrsation mondiale de la Santé. l.es opinions exprimées dans les articles signés n'engagent que leurs auteurs. ! II I 1 .5.2.4 1 .5.2.5 Thc issue of this document does not constitute formal publication. lt should not be reviewed, abstracted or quotd without the agreement of the World Health Organization. Authors alone are responsible lor views expressed tn signed articles. I I II I I t ocP/84. 3 Page 2 1 .5.2.6 1.5.2.7 1.5.2.8 Le ttvolumett des EraiEements " " Pages 25 26 28 Lfévolution de la lutte antivectorielle dans le Prograrme Consonmation dtinsecticides et noobre dtheures de vo1 CHAPITRE II - LES RESIILTATS DIENSEI"IBLE ET LES PROBLEMES RENCONTRES PAR LA LUTTE CONTRE LES SIMTILIES ....... 2.1 La surveillance entomologigue " " "' 2.1.1 Objets de la surveillance . " " ' 2.1.2 Le réseau de surveillance entonologique 2.1.3 Le recueil des données entomologiques 2.1.4 Utilisation des données de 1a surveillance entoltologique. Etablissement des indices entomologiques 2.1.4.1 Définition du TAP et du PAT 2.1.4.2 La valeur du TAP et du PAl pour est.imer la situation entomologique 2.1.4.3 Relations entre TAP et PAT 2.2 Les résultats dtensemble de 1a lutte antivectorielle 2.2.1 Le cadre dtinterprétation : 1es Zones opérationnelles du Prograrme ....." 2.2.2 La situation avant 1es opérations " " " 2.2.3 La situation entomologique en 1983 ""' 2.3 Les problènes rencontrés par la lutte antivectorielle " ' 2.3.1 La réinvasion ..... 2.3.1.1 Généra1ités ...... 2.3.1.2 Zones envahies et origine des réinvasions " " 2.3.1.3 Modalités de migration des simulies. Etat physiologique et com- portement des femelles migrantes ........ 2.3.1.4 Impact épidémiologique et opérationnel de 1a réinvasionI 2.3.2 La résistance des simulies aux insecticides " 2.3.2.1 Méthodes de détection de la résistance "" 2.3.2.2 Les rés istances chez S. damnosum s.1. 2.3.2.3 Caractéristiques des résistances 2.3.2.4 Implications opérationnelles des résistances 2.4 La surveillance de lrenvironnement aquatique 2.4.1 Historique' ProEocole et méthodes 2.4.2 Impact des traitements sur la faune aquatique 2.4.2.1 Effets à courE telre 2.4.2.2 Ef f ets à moyen et long Èerme . CHAPITRE III - REDUCTION DE LA PARASITOSE ET DE SES MANIFESTATIONS PATHOLOGIQUES APRES HUIT ANS DE LUTTE ANTIVECTORIELLE 3.1 L'évaluation médicale . 29 29 29 29 31 31 32 32 32 33 33 36 36 39 39 39 39 4L 4L 42 42 43 43 43 45 45 46 46 47 48 48 483.1.1 La surveillance parasitologique a ocP/84.3 Page 3 a 3.1.1 .1 Mérhodologie 3.1.1.2 La situation parasitologique dans lraire du Prograrrme après huit ans de lutte antivectorielle 3.1.2 La surveillance ophtalmologique 3.1.2.1 Méthodologie 3.1.2.2 Ltévolution des affections oculaires chez 1es onchocerquiens des zones protégées depuis plus de cinq ans 3.1.2.3 Relations entre lutte anÈivectorielle et résultats ophta lmol ogiques dans le Pages 48 49 51 51 53 53 53 55 s6 56 57 57 58 60 60 60 60 61 61 61 62 62 62 62 68 70 72 73 73 73 74 74 3.1.3 3.1.4 Cas du bassin du Farako Conclusion sur la situation de ltendémie onchocerquienne en 1983 Ltaccroissement de la capacité de Eravail Ltamélioration du cadre de vie Le Progranme et la santé publique 4.6.1 Le Prograrme et 1es objectifs de santé pour tous 4.6.2 Les retombées du Progranrne sur la santé publique Prograrrme.... 3.2 Relations entre transmission et manifestations cliniques de 1 ronchocercose . 3.2.1 Dualité des onchocercoses dè savane et de forêt ... 3.2.2 Relations entre transmission et menifestations cliniques en savane 3.2.3 Relations entre transmission et manifestations cliniques en forêt dtAfrique de lrOuest 3.2.4 Relations entre transmission et manifestations cliniques dans 1es zones intermédiaires . CHAPITRE IV - IMPACT DU PROGRAMME SUR LE DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE ET SANITAIRE 4.1 Les différents aspects du développement socio-économique et sanitaire 4.2 Onchocercose et écologie humrine 4 .2.1 Situation des villages . .. 4.2.2 Tail1e des villages 4.2.3 Densité droccupation des terres 4.2.4 Mode d'habitar 4.2.5 Activité professionnel 1 e 4.2,6 Impact des recherches dtécologie humaine sur les activités et 1a stratégie de 1ut.te contre 1 ronchocercose 4.3 Mise en valeur des vallées 4.3.1 Les projets planifiés de développemenr économique dans 1es zones protégées de I ronchocercose .. 4.3.2 OccupaEion et mise en culture des terres 4.3.3 La protection de ltenvironnement dans les terres protégées de 1 t onchocercose 4.4 4.5 4.6 4.6.3 Participation des communautés au prograrme . en lran 2OOO ocP/84. 3 Page 4 4.7 Conclusions sur lrimpact du Progranrme dans le domaine socio-économique CHAPITRE V - LES RECIIERCHES I'{ENEES ET SOUTENUES PAR LE PROGRAMME 5.1 Place de la recherche dans le Progranme 5.2 Les études sur Ie vecteur Sinulium damnosum s.1. 5.2.1 Taxonomie et distribution ... 5.2.1.1 Cytotaxonomie et répartiÈion des espèces 5.2.1.2 Morphologie des simulies du complexe S. damnosum .. 5.2.1.3 Les techniques biochimiques en taxonomie 5.2.2 Bioécologie et échantillonnage des stades préimaginaux 5.2.2.1 Techniques dréchantillonnage ..... 5.2.2.2 Ecologie des f otmes préimaginales 5.2.2.3 Cycle préimaginal 5.2.2.4 Nutrition des larves 5.2.2.5 Dynanique des populations larvaires 5.2.3 Bioécologie er échantillonnage des simulies adultes .. 5.2.3.1 Méthodes dréchantillonnage 5.2.3.2 Ecologie des simulies adultes ." 5.2.3.3 Dynamique des popul-ations d'adultes Elevage de S. daurosum s. 1. Le rôle vecteur des diverses espèces 5.3 du complexe S. damnosum 5.2.5.1 Transmissions expérimentales 5.2.5.2 Rôle des différentes espèces dans les conditions naturelles "" Développement de nouveaux larvicides et de nouvelles méthodes de lutte contre les Pages 76 77 77 78 78 78 80 80 81 81 81 82 82 82 83 83 84 85 86 86 86 87 5.2.4 5.2.5 s ioul ies 5.3.1 5 .3.2 5.3.3 5.3.4 5.3.5 5.3.6 5.3.7 5.3.8 5. 3.9 Recherches sur le Parasite 5.4.1 Taxonomie des parasites "'' 5.4.2 Biologie des Parasites " Historique et objets .. Performances attendues des larvicides Le Prograrme accéléré de dévelopPemenÈ des larvicides Les résultats des travaux menés jusqutà ce jour Les formulations des larvicides ' Traitements adulticides Méthodes écologiques de lutte Àutres méthodes de lutte Développement des moyens de lutte contre les simulies et avenir du Prograrmne 88 88 88 89 89 91 91 92 92 92 93 93 93 94 5.4 5 .4.3 Diagnostic immunologique .' a ocP/84.3 Page 5 5.5 Recherches sur 1a chimiothérapie de ltonchocercose 5.5.1 Objectifs et organisation des recherches en chimiothérapie 5.5.2 Réévaluation des filaricides 5.5.2.1 La diéthylcarbamazine 5.5.2.2 La sur:mine ......... 5.5.3 Développement de nouveaux filaricides 5.5.3.1 Schéma de criblage des produits 5.5.3.2 Les performances des divers composés testés 5.5.4 Les perspectives de 1a chimiorhérapie CHAPITRE VI _ LA FOR},IATION DU PERSONNEL . .. ANNEXE I - Liste des documents de travail préparés pour la revue scientifique duProgranrne ... ANNEXE II - Liste des figures et tableaux .. ANNEXE III - Liste des sigles et abréviations P"g""_ 94 94 95 95 95 95 95 96 97 98 L20 122 L24 ocP / 84.3 Page 6 PREFACE Lronchocercose ou 1attcécité des rivières" fait partie de ces grandes endémies parasiEaires qui entravent le développement socio-éconornique des millions de populations africaines. Come il est dit à lrintroduction de ce bilan décennal "ltonchocercose est non seulement une maladie importante sous 1'ang1e de 1a santé publique, mais elle est égalemenÈ un facteur de déséquilibre socio-économique considérable, en particulier dans les régions de savanes africainesr'(p. 7). ff suffit dtavoir visité un village dtonchocerquiens pour appréhender Eoute la misère htrmaine qurentraîne cette parasitose. A partir de ltexpérience accumulée par les entomologistes de IrORSTOM entre 1960 et 1965, Le rapport de 1a mission préparatoire dfassistance aux gouverne- ments (epC) ae sept pays dtAfrique de lrOuest devait conduire à Ia mise en oeuvre en 1974 du Progremme de Lutte contre lrOnchocercose dans le bassin des Volta (OCP). LrOMS a été désignée cornme ltagence drexécution. Dix ans se sont écoulés et nous avons atteint des résultats renar- quables tant du point de vue entomologique, logistique, scientifique que technique. Depuis 1'adoption de lrobjectif social de la SPl/2000 par la voie des SSP, nous nous efforçons de mettre en place dans les zones 1ibérées des simulies des infrastructures des sysÈèmes de sanEé en corrélation avec celles des autres secteurs tels que Ie plan, ltagriculEure, lthydraulique, 1'éducation, les transports et les comunications. Une des spécificités de ce Programe est la participation active des comités nationaux. Ces mécanismes de fonctionnenent en font un modèle en matière de coopération inEernationale de développement. 11 esÈ heureux que le Dr E.M. Samba, DirecEeur dévoué du Progreme, ait songé à faire un bilan de dix ans des activités de lutte contre ltonchocercose dans les bassins des Volta. La stratégie du Programe a été fondée essen- tiellernent sur lrinterruption de 1a chaîne de transmission par destruction du vecteur à ltaide de traitement répétitif par insecticide des biefs à courant rapide des rivières où se déve- loppent des larves de S. damnosum s.1. La réinvasion et la résistance du vecteur aux insecti- cides ont nécessité des réajustements dans les opérations aériennes et les limites du Programe. Ces opérations aériennes constituent un exercice logistique de grande envergure et nécessitent une discipline militaire. Certains gîtes isolés et très éloignés des circuits de traitements aériens peuvent être traités par voie terrestre ou fluviale. Cornment la surveillance enEomologique, qui est une des activités majeures du Programne, aurait-elle pu avoir lieu sans la collaboration dévouée des captureurs ? En matière de promotion et de protection saniEaire, il nty a pas de travailleurs dont la conscience professionnelle pourrait être considérée corme secondaire. La cohésion des membres de lréquipe de santé est un gage de succès. A tous ceux qui ont apporté le meilleur dteux-uêmes au succès de ce Programe, je saisis ltoccasion qui mtest offerte maintenant pour leur rendre mes honrmages les plus sincères. Ce progrâmme aura eu une autre caractéristique: ctest d'avoir envisagé assez tôt 1es perspectives de 1a dévolution des activiÈés aux EtaÈs participants afin de stassurer pour longtemps les bénéfices du Progrrmme. Des activités de recherche pour le développement ont occupé une place de choix dans ltexécution du Progr:'nme. Celui-ci a joué également un rôle au moins aussi important dans 1a formation des agents de développement sanitaire. Je souhaite que les lecteurs de ce bilan y trouvent des raisons de mieux se mobiliser pour la promotion de la santé et la paix dans le monde. (signé) Dr Comlan A. A. QUENTM Directeur régional de ItOMS pour l tAfrique a ocP/ 84. 3 Page 7 Dél111r-lig!, manif estations cl iniques Lronchocercose humaine est 1a filaire Onchocerca vo1vu1us. INTRODUCTION GENERAIITES SUR L I ONCHOCERCOSE une filariose due au développement dans le derme de lrhonnne de Les adultes de ce ver vivent le plus souvent pelotonnés dans des nodules sous-cutanés localisés en regard des plans osseux (sacrum, crête iliaque, trochanter, gril costal, genou, crâne); quelques nodules plus profonds ne sont pas palpables et quelques vers se déplacent librement dans les tissus. Les femelles qui atÈeignenÈ 60 cn de long émettent tout au long de leur vie sexuellemenÈ active, de 8 à 12 ans, des quantités massives dtembryons appelés micro- filaires qui se localisent électivement dans le derme, mais peuvent envahir tous les tissus, notâment le sang et lrurine. Seules ces microfilaires sont pathogènes, leur présence dans le derme cause des altérations de la peau et, surtout en période drinvasion, des démangeaisons parfois insupportables, souvent causes de troubles secondaires (insomnies, irritabilité, apathie diurne), et compliquées de lésions de grattage. Mais les atteintes les plus redoutables son! ce1les du globe oculaire: cornée, iris, rétine, enparticulier. Certaines 1ésions oculaires graves peuvent atÈeindre un stade drirréversibilité et aboutir à la cécité complète sous lreffet de réinfections répétées et prolongées. Ces manifestations pathologiques, ainsi que leur diagnostic, ont éÈé décrits par un groupe drexperts O. 1tgy5.240 le évolutif du arasite Les microfilaires sont asexuées et ne se développent pas directement ehez lrhonnne. Pour poursuivre leur cyc1e, elles doivent obligatoiremenÈ passer chez un insecte vecteur, en ltoccur- rence une simulie. Lorsque la simulie femelle (seul ce sexe est hématophage) prend un repas de sang, e1le ingère des microfilaires qui subissent dans son organisme dtimportantes modifications morphologiques et anatomiques et se transforment après sept jours en moyenne en larves infec- tieuses qui uigrent dans la tête et 1es pièces buccales du vecteur; ces larves sont ensuite inoculées à ltho*e lors dtun repas sanguin ultérieur. Chez 1'homme, elles se transforment en filaires adultes qui staccouplenÈ et dont 1es femelles émettent des microfilaires, bouclant ainsile cycle du parasire (fig. 1). Le vecteur Tous les vecÈeurs dronchocercose hrmaine sont des simulies, petits diptères à allure de moucherons bossus de quelques millinètres de longueur. En Afrique de ltOuest, la roaladie est transmise par Simulir:m damnosum s.1. En fait ce nom recouvre un complexe de formes dont six, élevées au rang dtespèces, sont présentes dans ltaire du Programme et sont toutes inpliquées dans 1a transmission de ltonchocercose (fig. 2) formes de savane; S. soubrense et S. santipauli : S. damnosum s. s. et S. sirbantrm sont des sontdistribuées dans toute 1a région forestière eÈ les savanes humides méridionales du Progranrme. S. yahense vit dans 1es petits cours dreau forestiers. S. squamosum se renconÈre à la fois en forêt et en savane (cf. 5.2.1). Come tout.es les simulies, S . damnosum s. 1. vit à 1 'état larvaire et nymphal dans les eaux courantes, fixée surdes supports végétaux ou minéraux submergés. Le développement préimaginal(oeufs' sePt stades larvaires et un stade nymphal) dure en moyenne une quinzaine de jours et est continu pendant toute ltannée. Les larves, bien que mobiles, stalimentent passivement parfiltration des particules nutritives véhicu1ées par 1e courant. Les nymphes, iumobiles, fixées dans un cocon, ne staliment.ent pas. a ocPf 84.3 Page 8 FIG. 1 CYCLE DE DÉVELOPPEMENT D'ONCHOCERCA VOLVULUS Onchocerco volvulu§ { I , Adullat don3 lc§ tl8!s. tout-cuton'3 Microflloircs 3our -culonas Paou Trovrrlc lo Paou ou ll.u da Plqurc Homma \ Slodc infaclont Mlcrofilolrc dcrmiqJ. s I Mlgr. vcrs lo lctc .1 L \ proboicig '"1 rcc Simulium TrovGr.c l€ poroi 3lomocola Rcsc,od' Mu.clas thoroclqu.3(formo roucirr )\ Lorvr 2e ttodc --æ>- trHO E4l 201 /à ocP/84.3 Page 9 FIG.2 I i ! I I 4/ . l' r I i I 4 À *,HO 61t 201 ,tt ocPf 84.3 Page 10 Les femelles de S. damnosr-uo s.1. sonÈ exophiles et diurnes. Malgré leur petite taille, elles sont drexcellents voiliers, capables de se déplacer activement sur plusieurs dizaines de kilomètres et dtaccomplir des migrations de plusieurs centaines de kilonrètres. Leur longé- vité maximale est estimée à un mois. En Afrique de lrOuest, les espèces du comp lexe S. damnosum colonisent tous 1es types de cours dteau, naturels ou artificiels, jusqutau 15e parallèle nord, pourvu que les conditions hydrologiques soient favorables. Les rivières de savane qui srassèchent une partie de ltannée sont repeuplées au début de chaque saison des pluies par des femelles migratrices provenant des gîtes permanents plus méridionaux. La prise dtun repas de sang conditionne, chez la femelle de S. damnssum, la maturation de ses oeufs. Le processus physiologique et comportemental,qui clébute, après la prise du repas sanguin, par la maturation des ovocytes, se poursuit par la recherche du site droviposition et Ia ponte, puis se termine par 1a quête dtun nouvel hôte,est le cycle gonotrophique. 11 dure de 4 à 6 jours suivanE les espèces, 1es saisons et les zones climatique s. La femelle de S. damnosum accomplit plusieurs cycles gonotrophiques successifs dans sa vie imaginale, jusqutà 5, et peut- être davantage. Chaque ponte, et en particulier la première, laisse des traces dans ltorganisme de lrinsecte; il est donc possible de déterminer si celui-ci a pondu, crest-à-dire sril est Pare. Compte tenu de la durée de 1révolution du parasite chez le vecteur et du rythme des repas, Ia femelle de S. damnosun ntest en mesure de retransmettre le parasite qutà son troisième repas sanguin, soit au douzième jour environ de sa vie imaginale. * Le passage chez Le vecteur a un effet réductionnel considérable sur les populations de parasites. Le pourcentage des microfilaires ingérées qui deviennent des larves infectieuses est de lrordre de 1 7" en savane et peut atteindre 30 Z en forêt. Du fait de cette réduction, Ies taux de parasitisme des popu laÈions de S. damnosum Par O. volvulus ne dépassent qufexceptionnellement quelques pour cent, même lorsque la prévalence du parasite chez 1es populations humaines avoisine 1OO Z. Ep idéoiologie Lronchocercose hr:oaine sévit en Afrique entre le quinzième parallè1e nord et le dix- septième parallèle sud. ElIe existe égalemenE en Amérique (Mexique, Guatemala, Colombie, Venezuela, nord du Brésil, Equateur) (fig. 3) et au sud-ouest de la péninsule arabique (Yémen). Les foyers africains représentent environ 99 Z des quelque trenÈe millions dtonchocerquiens estimés dans le monde. En Afrique de l'Ouest, leur nombre se situait en 1973 dans une four- I chette de 2 à 2,5 millions, dont 1 million pour la seule Aire du Programme (Cf. L.4.2). Dans la mâme région, le nombre des aveugles était évalué à 120 OOO dont 35 OOO à 40 OOO au Burkina Faso. 11 sragit drune maladie exclusivement rurale (cL. 4.2), éminemnent débiliÈanÈe et invali- dante. Son évolution est lente, car les manifestations cliniques sont 1e résultaE du cumul de nombreuses infections; la précocité des signes oculaires graves est fonction de f intensité de transmission; ils peuvent apparaître dès ltadolescence. Du fait de la localisation des gîtes larvaires du vecteur, la distribution de ltendémie se superpose aux réseaux hydrographiques, dtoir son appellation de "cécité des rivières". Etant donné 1e mode de dispersion dei simulies, les foyers dronchocercose montrent une stratification parallèle aux cours àt""rr, la prévalence, le degré de gravité et 1a précocité drapparition des "igrr.. cliniques au@entant avec la proximité des rivières colonisées par le vecteur' En Àfrique de lrouest, la maladie est beaucoup plus grave en savane quten forêt oir les cécités sont peu fréquentes. Dans les foyers de savane, au contraire, le taux des lésions ocu- laires graves est dramatiquement élevé dans les villages près des cours dteau où les cécités peuvent toucher 10 7" de la population. _-.-- Les stades préinaginaux comprennent ltoeuf, la larve et 1a nymphe à vie aquatique eE stopposent à lradulte ou "imagott à vie aérienne. ocP/s4.3 Page 11 FIG. 3 L'ONCHOCERCOSE EN AFRIOUE ET EN AMÉRIOUE "% r ov"rt connus mais prévalence inconnue Répartition de l'onchocercose en Afrique (d'après I'OMS, 1975) Foyers connus o o s & a ) a €r o É t (-\ i.iI I Foyers endémiques Foyers connus mais prévalence inconnue? Répartition de l'onchocercose en Amérique Centrale et du Sud (d'après I'OMS) t ,rru ocPf 84.3 Page 12 Onchocercose et économie Ltonchocercose est non seulement une maladie importante sous ltangle de la santé publique, uais e11e est également un fact.eur de déséquilibre socio-économique considérab1e, en pàrticulier dans les régions de savanes africaines. Maladie affectant au premier chef 1es petites communautés rurales isolées et reculées, handicapant et invalidant les couches actives et productives de 1a population, el1e contribueà rompre 1téquilibre déjà précaire de 1téconomie de subsistance de ces groupes. Cette dégrada-tion des conmunautés est un des é1éments responsables de ltabandon des territoires riverainspar les villageois qui se replient vers les interfluves. Ainsi, en savane, il nrest pas rareque les val1ées soient désertées sur plusieurs kilornètres, voire quelques dizaines de kilo- mètres, de part et dtautre des grands cours dreau. Si ltonchocercose ntest pas toujours 1a cause initiale du "videt'des vallées qui peut être dû à dtautres maladies (trypa'o"omiase) ouà des facteurs historiques, elle constitue néanmoins un obstacle à leur peuplement. Dans le contexte dénographique africain actuel, 1a conquête de ces terres, facilement irri-gables, dont la superficie fut estimée à 65 000 kmz dans lraire du programme245 (voir ,1.4) apparaît comrne une nécessité. Mais en lrabsence drassainissement, tout mouvement de colonisa- tion, qut il soit spontané (pénurie de terres) ou organisé (opération de mise en valeur) fait courir des risques sanitaires considérables aux populations réintroduites, et 1e mouvement lui- même est voué à lréchec à moyen terme. La lutte contre lronchocercose La lutte contre lronchocercose est un préa1able indispensable à la fois pour éliminer des situations sanitaires dramatiques et pour garantir le succès dtopérations de mise en valeur : assainissement de va11ées désertées, prévention de lrimplantation du vecteur sur des sites aménagés, etc. Lrarsenal thérapeutique contre le parasite est extrêmement indigent. I1 existe bien un macrofilaricide, crest-à-dire un médicament capable de tuer les vers adultes, 1a suramine, et un microfilaricide actif sur les formes larvaires, la diéthylcarbamazine, mais la toxicité de ces produits et leurs effets secondaires sur les patients interdisent leur emploi en campagnede masse. La lutte contre le vecteur apparaît donc, à lrheure actuelle, comme la seule méthode effi- cace pour combattre lronchocercose. Ctest Pourquoi 1a stratégie du Programme est fondée sur ladestruction du vecteur à son stade larvaire, 1e plus vulnérable de son cycle. I ocPf 84.3 Page 13 CHAPITRE I HISTORIQUE ET STRUCTURES DU PROGRA},I},IE DE LUTTE CONTRE L'ONCHOCERCOSE DANS LA REGION DU BASSIN DE LA VOLTA STRATEGIE ET OPERATIONS DE LUTTE 1.1 Historique Entre 1950 et 1960, les nombreuses recherches menées en Afrique de 1'Ouest mirent en relief f importance et la gravité de 1'onchocercose non seulement cortrne problème de santé publique, mais aussi comme entrâve au développement socio-économique. En effet, dans les zones de forte transmission, non seulement elle affecte gravement les individus mais elle met en danger 1'équilibre de nombreuses conununautés établies le long des rivières (cf.4.1). A la même période, des opérations de lutte contre les vecteurs de 1'onchocercose furent menées avec succès dans certains foyers d'Afrique orientale et d'Afrique centrale.8,64,133,152,166 Quelques âutres, à petitç éche1le, furent exécuÈées en Afrique de I'Ouest, à Abuya et à Kainji au Nigéria par'"*"*p1..3O1236 De 1960 à 1965, les entomologistes de 1'ORSTOM en service à 1'OCCGE entreprirent une camPaSne p ilote contre S. damnosum sur la Bougouriba, Burkina Faso, suivie d'opérations plus importantes dans le haut bassin de la Volta Noire au Burkina Faso et sur le Farako au l"Iali. A partir de 1966 se développa une action d'envergure dans une zone de 60 OOO krr2 à I'inter- section du Mali, du Burkina Faso et de la Côte d'Ivoire. Son financement était assuré Par le Fonds européen de Développement.81,219 L'analyse des résultats de ces opérations montra que la lutte contre le vecteur de 1'oncho- cercose était réalisable dans de vastes réglons d'Afrique de 1'Ouest. Une réunion conjointe de 1'USAID, de I'OCCGE et de 1'OMS se tint alors à Tunis, en juillet 1968, pour jeter les^bases d'un projet régional de lutte contre 1'onchocercose. A la suite de ses recomandationszaa et à la demande de sept Etats d'Afrique de 1'OuesÈ (Bénln, Côte d'Ivoire, Ghana, Burkina Faso, Mali, Niger et Togo), I'OMS et le PNIID, à f instigation de la Banque mondiale, tinrent une nouvelle réunion à Genève en 1970. Celle-ci définit les termes de référence d'une mission, financée par le PNUD, pour élaborer une stratégie globale. Le rapport de cette mission préparatoire d'assis- Eance aux gouvernements (rapport APG)245 1rr. soumis pour approbation aux Etats africains parti- cipants, aux pays donateurs potentiels et aux agences techniques parrainantes réunis à Accra à la fin de 1973. Auparavant, en avril L972, 1-es instances exécutives de la FAO, de 1a BIRD, du PNIID et de I'OLlS avaient mis en place un Comité d'orientation avec mandat de coordonner la planification et la mise en oeuvre du Progranrne. En janvier 1974, le rapport de la mission APG fut approuvé. Le budget nécessaire pour entreprendre le Progranrne de Lutte contre 1'Onchocercose dans l-e bassin de la Volta fut voté. L'OMS était désignée comme agence d'exécution. 1.2 StrucÈures de sestlon et d'exécution du progranme 1es que t.2 Un accord cadre signé en 1973 entre les gouvernements participants et 1'OMS définissait limites, les objectifs, 1es structures de consultation et de gestion du Prograrrne ainsi les modalités de déroulement des opérations de lutte et 1es procédures d'évaluatior-.24L 1 Structures de gestion Les struct,ures alors mises en place étaient a ocPf 84.3 Page 14 - Les Comités naÈionaux des 7 Etats particlpants : Bénin, Côte d'Ivoire, Ghana, Burkina Faso, Mali, Niger et Togo. Ils assuraient les liaisons entre les autorités nationales et le Prograrmne et créaient à f intérieur de leur pays les conditions favorables au déroulement des opérations. - Le ComiÈé d'Orientation, créé dès L972, avait pour mission de coordonner et d'orienter 1'action des agences parrainantes, BIRD, FAO, OMS, PNIID. - Le Fonds pour la Lutte contre l'Onchocercose créé en 1974, géré par la BIRD et alimenté par les Etats participants et les contributeurs. - Le Comité conjoint de Coordination (CCC) était f instance suprême. Présidé par une person- nalité indépendante, i1 regroupait les Etats participants, les contrlbuteurs et les agences parrainantes. Doté d'un droit de regard sur toutes les activités du Prograrme, il était plus spécialement chargé de I'examen du plan d'action et du budget ainsi que du contrôle des ortentations. - Divers organismes consultatlfs : Groupe écologique; Groupe consultatif sur le développe- ment économique; Groupe scientifique consultatif et Comité consultatif scientifique et technlque. En 1980, Ies structures institutionnelles furent remaniées (tig. qfS).243 Le CCC et le Comité d'Orientation devinrent respectivement le Comité conjoint du Prograrune (CCP) dont le président est él-u à chaque session et le Comité des Agences parrainantes (CAP) sans modifica- tion notable de l-eurs attributions. Le Groupe consultaÊlf sur le Développement économique, le Groupe scientifique consultatif et 1e Comité consultatif scientifique et technique furent dissous et remplacés par un Comité consultatif d'experts (CCE) de L2 membres couvrant les aspects économiques du Prograrune dans sa mission. Les attributions du Groupe écologique de 5 membres sont restées inchangées; un de ses membres siège au CCE. Les Comités nationaux pour 1'Onchocercose et le Fonds pour lrOnchocercose sont restés inchangés. L.2.2 Strqctules d'exécution et d'appui Les structures d'exécution (f.ig.4f » sont placées sous I'autorité du Directeur du Progranrne; e11es comportent cinq unités : Administration et Gestion qui gère Ie personnel, les finances et le matériel, y compris les transports et les ateliers de réparation. EvaluaEion épidémiologique qui assure également Ie voleÈ ophEa).mologique. Lutte antivectorielle, de loin la plus lourde unité, qui a en charge les opérations aériennes, 1'évaluation entomologique et la recherche appliquée. Unité de Développement économique. Au bureau du Directeur sont rattachées lrinformation, la formation et 1es relations avec les organismes de santé publique. Deux bureaux de liaison ont été établis, 1'un au Siège de I'Ol"1S à Genève, 1'autre auprès de son Bureau régional de Brazzavil-le. Pour assurer une circulation rapide de f information, le Programre s'est doté d'un réseau autonome de comunication radiotéléphonique qui relie, entre eux, secteurs, sous-secÈeurs, bases aériennes et quartier généraI de Ouagadougou. Ce réseau s'est avéré d'une très grande utilité pour 1a planification rapide et rationnelle des traitemenÈs et leur réajustement Perma- nent aux situations entomologiques. Le radiotéléphone est également utilisé pour 1'organisation de la logistique, les besoins de 1'administration et la gestion du personnel. Le Progrannre dispose de 1'ordinateur du Siège de 1'OMS à Genève pour stocker les données recueillies par les unités d'évaluation entomologique, épidémiologique, ophtalmologique et hydrobiologique. El1es constiÈuent une rnasse unique d'informations sur 1a lutte contre 1'oncho- cercose et 1'épidémiologie de cette maladie qui peut être consultée à tout moment. aocPf 84.3 Page 15 FIG. 4 ORGANIGRAMME DU PROGRAMME r I I l_ Fonds pour 1 l'Onchocercose BI RD Comité consultatifs d'Experts Comités Nationaux de l'Onchocrrcose Groupe Ecologique I t- TJ I_) IL- L _) -l I IJL wHo t1,3t9 Comité Conjoint du Programme Comité des Agences Parrainantes FAO, PNUD, BIRD, OMS Organisation Mondiale de la Santé Directeur du Programme _,1 Ir-= =éU- HE= UÀ=FqE ziri' =>,oËE o U9=1 <:! É J-FE=< >=)5oio oU o=U:é ;t-.,Eoo +=É6u=ut ÉttU9uÀUOi SE 3+ *-i F =6UXU -=tr!u<-Èui=q>F 9-OJ=ug=@ >czuo 6U6JUJ?u o= æ2,UCI EE èo oç xH=4oL :eoa!1É- =UEgPÉ -ë6Ë=k E -i.,o!9Èosq u c! F6U U 2. c, = =ott3!! +s U =zéo- -oE9 JOË=>=si U 2,6 Z=11. -EE isÈsi-tE= =6 uUJFJFU =ÉoUL oL) suF> =tr=a FoU o U z, c, N - 50tlïâ 6 =sq =2s!E3FS*E< -i -g<a (5ËorEÉr= -rÊÉÊ=5ie o 8.Ë ;'.9. =Ee< -r:ü3- 6rFz z =ECE6S.i â=go' UJo= -ciË*< U E =oo U = =E c, ctÉL c!É =UFo uE 6 UF2 a J UElc0u'tJ.<€ê5 =Ec =c =<F o z, c) G tr U c, o uC,èJ =oÀ=i!i l- -Èo z,oo4- -- H-È;EE fr6 EE E z,OU Eg =c,JO <J >c,ï= uE! =E=s UU- =cJuo;;Ë3=ÉJ^uo= -È- EEË -EÀ èFU r F 2Foi aui sà =oo 6U * dg (9 oJ u d6oJ o(J U UÀ oE(9 E ut-oUÉË c! UE É ê E$ o E o co a E o c co E o4 =t 5= == .sÉ' '-= 661 oF CE ctèa z, EF z, c, ==k9GFl-oOU =.5 = iJ{ ct ocPf 84.3 Page 16 B : a oUE E z, æ =c,r i!f FOuz(:, <Oz ÉE 6I -É.r<(J 'E>,6É-UZ6= trt JUzzo@ CE Ë Uo c,UOoÉ ou^c!= ==oôrz tl r!tnooE UJooIo6sr. F Ë92*o-(JUJ ulol'z aütaan lr, UJ aO do=;UO *=- =ÉaE(,gË E5 Z2 Ë"< =É, 9z (9 tÉ o ocP/84.3 Page 17 1.3 Budget et financement 245Dans le rapport de la mission APG, Ia prévision budgétaire pour les 20 ans du Prograrnmeétait de 12O millions de dollars des Etats-ünis au taux de 1973. Le financement était prévu pour trois périodes. En millions de dollars Période de f inancement L97 4-t979 1980- 1985 1986 - 1993 Total pour la période Coût annuel 5,8 à 8,5 516 à 5,8 516 4t 34,5 44,5 Le total des dépenses à la fin de 1983 ne dépasse les prévisions initiales que de moins de 12 7. en dollars constants. Etant donné que Ie Programme a étendu sa zone d'action de 11O OOO lcn2 et augmenté ses dépenses de recherches pour de nouveaux insecticides et la chimio- thérapie on peut considérer que les prévisions ont été respectées. Actuellement, outre les Etats participants, dix-neuf pays ou organisations internationales contribuent au financement du Progranme : Arabie saoudite, Belgique, Canada, Etats-Unis d'Aroérique, France, Italie, Japon, Koweît, Norvège, Pays-Bas, République fédérale d'Allemagne, Royaume-Uni, Suisse, BAD, BIRD, Fonds A1 Sabah, OMS, OPEP, PllUD. Les contributions sont versées au I'onds pour 1'Onchocercose géré par la BIRD. 1.4 Stratéeie du Proeratrme et déIimitation de son aire 1.4.1 §lratéeie de lape Etant donné qu'il n'existe pas de médicament actif contre I'agent pathogène, utilisable en camPagne de masse, la stratégie du Prograrme fut fondée sur Ia rupture de Ia chaîne de trans- mission par destruction du vecteur. Celle-ci est obtenue par le traitement insecticide répétitif des biefs à courant rapide des rivières où se développent les larves de S damnosum s.1. On a estimé que Ia lutte antivectoriell-e serait, à elle seule, suffisante pour interrompre la trans- mi.ssi.on,gendant une durée supérieure à Ia longévité du parasite, alors évaluée entre 1I et 18 ans.tJJ C'est pourquoi les opérations furent prévues pour une période de 20 ans. La grande superficie de 1'aire du Programme (654 OOO km2) devait, pensait-on, minimiser les effets de la pénétration des simulies venant de régions extérieures au Programme. On connaissait déjà, en effet, 1'aptitude de S damnosum s.1. à se déplacer sur de grandes distances en zones de savane.L95r23o La stratégie, tracée dans Ie rapport de la mission APG, a obtenu un succès total et est restée pratiquement inchangée, alors que les tactiques, spécialement celles des opérations aériennes ainsi que les limites du Programne ont été notablement modifiées. Deux phénomènes liés au vecteur, Ia réinvasion et la résistance aux insecticidesront été à 1'origine de ces réajustements. L.4.2 L'aire du Programme L.4.2.L Aperçu sur les zones phytogéographiques et la répartition de 1'onchocercose ainsi que de ses vecteurs dans les Etats participants En Afrique de 1'Ouest et plus particulièrement dans les sept Etats participants, I'oncho- cercose sévit depuis la côte at1-antigue au niveau du 5e paral1èle Nord jusqu'au-de1à du l4e parallèle. La maladie occLrpe donc la quasi-totalité de la Côte d'Ivoire, du Ghana, du Togo et du Bénin. Le Burkina Faso est concerné pour les trois quarts de son territoire, seule sa Partie septentrionale est indenme de cette affection. Au Niger, 1'onchocercose est limitée à l'arrondissement de Say sur la rive droite du fleuve Niger. La maladie occupe tout le sud du Mali et dépasse le bassin du fleuve Niger pour s'étendre dans le bassin du fleuve Sénégal. L'aire de répartition de I'onchocercose dans les sept Etats participants se présente donc corme un bloc, mais celui-ci est très hétérogène au poinE de vue phytogéographique; de l'Océan ocPf 84.3 Page 18 atlant.ique jusqu'aux régions sahé1o-sahariennes, se succèdent du sud au nord diverses zones de végétation (fig. 6). La forât occupe les parties 1es plus "arrosées" près de la côte, en Côte d'Ivoire et au Ghana; sur ses bords elle se prolonge Par une mosaîgue d'îlots boisés et de savanes qui ne cesse de t'ronger" la forât du fait de son exploitation et du dévelopPement. des cultures. Puis entre Ie 7e et le 9e parallèIe Nord s'étend une zone de forêt claire relati- vement humide; au niveau du Ghana oriental, du Togo et du Bénin, ce tyPe de végétation recouvre des régions plus méridionales et atteint I'Océan; i1 sépare le bloc foresÈier d'Afrique de 1'Ouest et celui d'Afrique centrale. Au nord du parallèIe 8.5 Nord comence Ie domaine des savanes humides puis des savanes sèches, plus septentrionales, lorsque 1a pluviométrie esE inférieure à 850 mrn. La distribution des simulies du coup lexe S damnosum s.1. ne se suPerPose Pas aux zorles phytogéographiques bien qu'eIle soit très influencée par les caractéristiques climatiques et écologiques. La paire S. damnosum s.s./-S. "irUan"n occupe les savanes jusqu'au-delà du 14eparal1èle Nord. La limite septentrionale de sa distribution esE aussi la limite de 1'oncho- cercose. ltais sa limite Sud déborde- largement la savane et atteint Ia forât le long des grands cours d'eau. La paire S. soubrense sanctipauli est forestière mais occuPe toute la zone des forâts claires humides-et pénèi." p.t pl"ces en savane jusqu'au IOe parallèle. S. yahense est limitée aux pe tits cours d'eau de forêt. S s qui regroupe probablement plusieurs entités, est répandue en forêt et en savane humide. La répartition des simulies du complexe S damnosum s.1. qui sera reprise plus loin dans le détail (cf. 5.2) n'a pas été modifiée par les opérations de lutte antivectorielle bien que les populations de certaines espèces aient été sérieusemenË aE.taquées. L.4.2.2. Etablissement des limites de 1'aire du Prograrrne Dans I'introducE.ion, il a étê fait allusion à la différence de cosecécitantedesavane,associéeàlaprésencede§@s.s. viÈé entre I'onchoccr- sirbanum et l'oncho- cercose relativement bénigne de forêt, associée aux autres espèces du comp lexe S. damnosum s. l.(cf. 3.3) Les limites initiales du Prograrune avaient été tracées pour englober les foyers les plus graves d'onchocercose de savane tels qu'ils étaient connus en 1975. Aussi suit-il grosso modo dans sa partie méridionale la limite des zones de savane humide sauf à ses extrémités occi- dentale et orientale où il s'infléchit vers le Nord en suivant la limite des bassins fluviaux. Cette limite tire avantage des grandes retenues des barrages de la Volta (Lac Volta au Ghana) et du Bandama (Lac de Kossou en Côte d'Ivoire) qui suppriment les gîtes larvai.res des simulies sur plusieurs dizaines, voire cenEaines de kilomètres en amont; à ce titre, ces lacs Pouvaient être considérés corrrne des barrières écologiques. Ce tracé excluait des foyers d'onchocercose plus méridionaux où les vecteurs et les parasites aPPartenaient au moins en partie à des popu- lations savanicoles (cf. 3.3). La limite sept.entrionale du Programme coîncidait avec celle de l'aire de répartition des vecEeurs et de la maladie. A I'Est er à 1'Ouest les limites du Progratrme n'ont pas de justification épidémiologique ou écologique; elles coîncident avec les frontières du Nigéria à 1'Est et de la Guinée à I'Ouest. Au Ma1i, seule la partie du pays située sur la rive droite du fleuve Niger a êtê incluse dans le Prograrrne, celui-ci formait donc ainsi un bloc compacË de 654 OOO kmz, dont la tail-le devait diminuer les effets des introductions de vecteurs de parasites. L'invasion de l'aire du Progra-me sur des distances beaucoup plus grandes que prévu par des simulies infectées entraîna une redéfinition de sa limite méridionale, d'autanÈ plus souhaitable que des foyers d'onchocercose grave n'étaient Paslinclus dans 1'aire Eraitée. Cela se Èraduisit par une exEension des traitements sur llo OOO km'supplémentaires en Côted'Ivoire en 1979 et 26 OOO km2 en 1980* et par l'élaboration de projets d'extension aux régions méri- dionales du Bénin, du Togo et du Ghana qui ont été entérinés par le CCP et seronÈ mis en oeuvre dès que des insecticides opérationnels pleinement utilisables dans ces régions seront disponible s.247' 249, 25t Note * Ces 26 OOO km2 n'ont été traités que sporadiquemenÈ. oc? 184.3 Page 19 t1z lr8 0H/t1 N a;rù CJo a;r + o o E I E q G E s .:F oro c,À aqq6 eo E o = .8, s a o oN q o € '= c -c, tro'= =cc:E5 O636-E -P.KX.iI o=Le:o- 'ÿ,2'ôoP o3 ooa-aCCP.=P66.o)X(oààôôôu)tDtrzr! c .G o xo o! o o E EG o o ô- ! o .l Ef o 'É, o oop o oN o o .! E: I I I I I I -ÿ I Ixxxrxx x r x* Fa't ü" , â,jt! I q r ., l x x ffi æj , ..|-,. i iÿ,l -\! / i r:d:; , '= ,<!"-g j I ; UJ = = cc(, oÉ o. :) o ah UJ :)I I o- cc o otrt(, o ê. CN UJ z oN @ d ll- , ll^,-\ . {-- , -!/ À x xlx r x * x I x +,x r xxLrx\ xrrxrx I 1 . 'Éi Æ ocPf 84.3 Page 20 L'extension des opérations de lutte antivectorielle dans les foyers d'onchocercose grave du Sénégal, de Guinée, de Guinée-Bissau et dç_^1a partie occidentale du Mali a été fortement recormrandée par les instances consultatives;zt) u,ne de ses retombées majeures serait la suppres- sion de la réinvasion en Côte d'Ivoire eç.gu Mali (cf. 2.3.1). Le CCP de décembre 1983 a accepté 1e financement des études exploratoite".'oo La série d'événements qui ont affecté le Prograrme a été le développemenÈ de la résistance d'abord au téméphos puis au chlorphoxioe (ct.2.3.2). La nécessité de changeoent d'insecticides et de techniques d'applicaEion a eu des répercussions financières et opérationnelles impor- tantes qui, jusqu'à maintenant, ont été bien surmontées. 1.5 Les opérations de lutte antivectorielle I1 ressortit des conclusions de la réunion de Trrrris244 q,.r'rrrr" vaste opération de contre S. da$nosum s.1. en Afrique de 1'Ouest devait être fondée sur 1'application de cides par aéronefs. 1.5.1 Sélection des lut Ee Iarvi - insect icides ainsi oue des méthodes et des matérie1s d'application 1 .5.1 .1 Ctroix des insecticides Les travâux menés dans le cadre du Progranure fEO/OCCCE et 1es recherches des entomologistes pendant la période préparaÈoire montrèrent 1es très bonnes performances du téméphos (Abate(R)). En concentré émulsionnable à 20 % à 1a concentration de O,O5 mg/LLtte/ 10 minutes aux hautes eaux et de O,1 mg/titr"ftO minutes en saison sèche, iI provoque une mortalité totale des larves de sioulies. De plus, l'effet est identique, que 1a dose totale du produit soit épandue en 1O minures à parrir d'un bateau ou çq-uâoe:ïà51âi6ffi+\iÈE bref par avion, pourvu que la quantité totale de produiÈ reste 1. ,ê...121 Ce produit, un organophosphoré biodégradable, ntavait pas montré dreffet toxique Pour l-es mrnrmifères ni les poissons; son impact sur la faune non cible était modéré (cf.. 2.4). 11 fut donc jugé acceptable par le Groupe écologique. L'Abate fut le seul insecticide utilisé par le Prograrmne jusqu'à 1979 inclus et il est encore appliqué dans la majeure partie de 1'aire du Prograrune' Partout où 1e développement de la résistance n'appe1le pas son remplacement. Ià où celle-ci apparuÈ en 1980 (cf.2.3.2) on utilisa un concentré émulsionnable à 20 % de ch1-orphoxime, un autre composé organophosphoré. Ses performances sont analogues à celles de 1'Abate mais sa toxicité pour la faune d'invertébrés non cible est plus é1evée. Après l,apparition d'une double résistance au téméphos et à 1a chlorphoxime Gf.2.3.2) on introduisig dans Ie Progranme un produit totalement différent, le Teknar(R) ' concentré disper- sib1e de Bacillus thuringiensis sérotype H-14 (9.t. H-14), employé à 1a concentration de L,6 ngf litrenO ,i""t.s . tres actif contre les larves de simulies et très sélectif, le B.t. H- 14 représenterait donc un produit idéa1. Mais la seule formulation actuellement disponible présente de tel1es difficultés d'utilisation qu'e1le ne(cf . 5.3). peut être considérée que comme un pis-aller 1.5.1.2 Les appareils et équipements d'épandage Les recherches opérationnelles menées pendant la période préparatoire montrèrent que des hélicoptères étaient nécessaires pour traiter les petits cours d'eau bordés de galeries fores- tières ainsi que pour les prospections et les contrôles d'efficacité des traitements. Des avions pouvaient être utilisés pour le traitement des grandes rivières.22O'22L Ces prévisions se mon- trèrent valables pour 1'épandage des insecticides chimiques mais ne Purent être totalement main- tenues pour 1es traitements Par 1e Teknar. En fait, 1e type d'aéronef aussi bien que 1'équipement d'épandage doivent être choisis en fonction du produit à utiliser. ocPf 84.3 Page 2L a) Equipements et aéronefs pour 1'application des larvlcldes chimiques Initialement, 1'équipement mis au point pour système, de principe très simple, dit rrvide-vite" présélection de 1a dose d'insecticide à déverser. En hauÈes eaux, pour obtenir une concentraÈion équivalente à O,O5 ngfUt."frc minutes i1 faut déverser 0,15 litre d'Abate par mètre cube de débit du cours d'eau par seconde. Malgré les débits parfois très élevés (plusieurs centaines de *3/"), le traitement Peut donc être effecÈué par de petits hélicoptères d'une charge utile de 2OO kg ou par des avions de plus grande caPa- cité. Ces derniers furent équipés en sus d'un appareil de pompage qui provoque une surpression de f insecticide et permet de déverser des quantités de 2 à 50 litres de produit avec un débit de 50 litres/seconde. En saison sèche, la quanriÈé d'Abate à déverser est de O,3 litre ,^, ^3 f t de débit du coursd'eau pour obtenir une concentration de OJ ngf titr"f rc min. Mais à cette époque les débits sont faibles, rarement supérieurs à quelques mètres cubes par seconde et 1es quantiÈés de produits à larguer à chaque point d'épandage sont peu importantes. Pour ce tyPe de traitement, on a équipé les hélicoptères de réducteurs de débit sous pression; f insecticide est pompé dans le réservoir par un tuyau drun mètre de long et de 6 mm de diamàtre puis éjecté avec un débit de 1 litre/seconde; on peut ainsi déverser des quantités aussi faibles que O,3 liEre. Le pilote, en réduisant sa vitesse, applique le produit suivant une bande transversale, d'une rive à 1'autre, inrrédiatement en amont de chaque ligne de gîtes. On obtient ainsi une bonne réPartition du produit dans la rivière et on évite des surdosages nocifs pour la faune aquaEique. Les mêmes équipements sont utilisables pour 1a chlorphoxime. Cependant, i1 faut prendre certaines précauEions car le produit est corrosif et attaque les appareillages. Les hélicoptères sonÈ tous équipés du système ilvide-vite" et du réducteur de débit sous pression. Les avions sont équipés du|tvide-viEerr et de pompes qui provoquent la surpression de f insecticide. Sur les avions Turbo-Thrush, à 1'essai dans le Prograrure, on a monté un réducteur qui permet 1'épandage du produit en bandes transversales. b) Equipement et aéronefs pour 1'app lication avec Bacillus thuringiensis I1-14 Lorsqu'i1 fallut appliquer des formulati-ons de Bacillus thuringiensis H-I4,la situation changea radicalement. Le produit utilisé, le Teknar, a la consistance d'une boue liquide. Quand i1 est additionné de plus de 50 % d'eau et appliqué pendant un temps d'épandage suffisant, il a une dispersion et une portée saEisfaisantes. Mais quand i1 est appliqué sans dilut.ion préalable avec un système vide-vite sur aéronef, la plupart des particules actives tombent au fond de 1'eau et il n'a aucune portée réeIIe. L'adjonction préalable de 20 % d'eau a été néces- saire pour que la formulation soit utilisable dans les Eraitements aériens, mais ce1le-ci reste encore visqueuse et ne peuE être appliquée par gravitation; el1e doit être pulvérisée par un système de buses et de rampes sous haute pression monté sur hélicoptère; une courte rampe de 1,5-1,6 m, munie de 3 à 5 buses, a êtê mise au point pour fournir un débit de 5 litres/seconde. On a pu ainsi utiliser le produit mais sa portée et son efficacité ne sont pas toujours satisfaisantes. De plus, étant donné la faible teneur des formulations en produit actif et la nécessité de 1es diluer, il faut déverser 1,2 litre de produit par mr/s de débit de la rivière. Etant donné le faible débit d'émission des buses et les quantités importantes de Teknar à déverser, i1 ne peut être question d'employer des appareils rapides comne les avions qui passent trop vite sur les gîtes pour y déverser les quantités d'insecÈicide nécessaires au traitement. Enfin, la faible portée de la formulation entratne la multiplication des points d'épandage Les hélicoptères sont donc seuls utilisables actuellement. Mais les petits appareils en service dans le Progranrne, d'une charge utile de 2OO kg, ne pemettent de traiter que les rivières de débit inférieur à 50 m3/s. Le traitement au Teknar des rivières à gros débit, outre son coût très élevé, nécessite 1'emploi d'hélicoptères gros porteurs, un appareil Be11 204 équipé de deux réservoirs de 60O litres et d'un système rampe-buse a été inclus dans la flotte aérienne de la compagnie contractante en 1983. larguer 1'Abate en une seule décharge fut le qui fonctionne par gravité. I1 nécessiËe une8t,202 ocPf 84.3 Page 22 | .5 .2 L'exécution des opérat de lutte antivectorielle L.5-2.1 Les différentes phases des opérations Les oPéretions furent précédées de f inventaire et de la représentation cartographique de tous les g1 tes larvaires de S. damnosum s.1. en saison sèche eÈ en saison de hautes eaux. Cet énorme travail a pu être exécuté rapidement en organisant des prospections héliportées qui permettaient d'atteindre des biefs inaccessibles par voie terrestre. L'aire initiale du Programme fut divisée en Erois zones où Ies débuts des trait.ements s'échelonnèrent sur deux ans au cours de trois phases successiÿes (Eableau 1, figure 7). Les traitements coumencèrent dans ls Phase I en février L975 après que Ia premièrecompagnie aérienne contractante se fut installée à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso, en octobre L974. La zote traitée au cours de cette phase comprenait I'Ouest du Burkina Faso, le Nord de la Côte d'Ivoire, la bordure Est du Mali et la bordure Nord-ouest du Ghana. Durant Ia Phase II, à partir de mars 1976, les opérations s'étendirent aux bassins de la Volta Blanche et de la Volta Rouge au Burkina Faso et dans le Nord du Ghana. En 1976, les traitements recouvrirent le Mali oriental jusqu'au fleuve Niger et le Nord- ouest de la Côte d'Ivoire (Phase III Ouest) ainsi que Ie foyer du Niger, Ie Nord du Togo et. le Nord du Bénin (Phase III Est). TABLEAU 1. CALEI{DRIER DES DIFFERENTES PIIASES; SUPERFICIES ET KIIOMETRAGE DE RIVIERES* Zote Date de début de la survei l1ance Date de début des traitements Surfaces tra itées en lOoO km2 Longueur maximum des cours d'eau trait.és en km Phase I Phase II Phase III Ouest Phase III Est AotÈ 1974 Juin 1975 Juin 1975 Juin 1976 Février 1975 I'lars 1976 l4ars L977 Juillet 1977 247 L34 77 196 800 2 575 3 150 4 650 Aire iniEiale tra itée 654 15 175 Phase IV Côte d'Ivoire l(ars L977 Avril 1978 Mars 1980 110 26 3 500 t75 Aire maximum Èrai tée 790 18 850 Extension Sud Zone d'étude Juin 1978 Non traitéejusqu'en 1984 111 5 830 * Tiré de Walsh, Davies et Le Berre, L979 178 et ajusté en 1984. ocPf s4.3 Page 23 lot.lÿ8 ÙHrtl @l -e 'ii ,ll Ir .11 :{ \ =\1lit '<{:nl v, z UJ =ulF É. UJ o oz o É ruè o o LlJ o 3n LLl ct, o- o UJ z uJ E trJltlr 6 rD UJ III \ !, - -l) (1 l È' :l ( / --Nie,y o ^o .-o |o Ëqf)r T A a z o U' z Isl E{ x 14( ,! \---\ a. t' ,) N E Y o o o {(, N E v o o o T\ t N I Lr- (' i(v E Y o o o (o o !. ^-.rr 'l L L} r \t.--.- ,sI a ,{ É{ A ) --- _! _ F{ V' T4 f:I CN 4 É{À 14(n ÉrÈ .I \r s9 Ë't I \( ôlÊ Y o o o @ o rtl a( É{È ; 'l ! J'- #tr,î qHa 14p o N E Y o o o l\ N t{ u) 4 r+ Ê{ v-Î o ts E(, o o ê , t, 3 6 oFtr :o :; dx :.o ,aoo !E lDg EEllil i, ( \r^)- a ,/,r - /.tr I æPf 84.3 Page 24 Les 654 OOO kn2 de lraire initiale du Prograr*e étaient alors sous traitement La lutte antivectorielle fut étendue à 1a plus grande partie de 1a Côte drlvoire en avril 1978 au cours de la Phase IV et la basse Comoé fut traitée en 1980. 1.5.2.2 La flotte aérienne et les aménagements au sol Dès le début du Progranrme, il fut décidé que lrexécution des traitements aériens serait sous-traitée à une compagnie aérienne qui assurerait en out,re, à la demande du Progra'nme, le transport du personnel pour des missions de prospection ou de conErôle. La sous-traitance serait faite à la suite drun appel droffres largement diffusé. Le conErat initial en L974 fut passé avec Evergreen, unecompagniedesEtats-Unis utilisant une flotÈe dravions Pilatus Porter et drhélicoptères Bel1 2O6 B, basée à 1'aéroport. de Bobo-Dioulasso. En 1977, Ie contrat fut repris par la Compagnie canadienne Viking llelicopters à laquelle il fur renouvelé en 198O et 1983. Sa flotte, répartie par moitié dans les aéroporÈs de Bobo-Dioulasso, Burkina Faso, si ds femelé, Ghana, se conposait de 2 avions Pilatus Porter et de 8 hélicoptères Hughes 50O C remplacés en 1983 par des Hughes 500 D plus performants. En 1983 la flotte a été augmentée d'un hélicoptère gros porteur BelI 2O4 stationné à Bobo- Dioulasso. Un avion Turbo Ïhrush a été mis en service également en 1983 pour remplacer les Pilatus Porter. En décembre 1982 la base de Tanalé a été transférée à Kara, Togo. Les opérations aériennes constituent un exercice logistique de grande envergure. Soixante- dix héliports so"'maires, et plus de 1OO dépôts de carburant et d'insecËicides ont été établis à travers toute lraire du Progranrne. Ltapprovisionnement de ces dépôts doit être soigneuse- ment planifié car beaucoup ne peuvent être atteints par route en saison des pluies. Si ltappro- visionnement est insuffisant, les aéronefs doivent effectuer des trajeÈs beaucouP plus longs entre les points de traitement et les dépôts bien pourvus et emporter une grosse réserve de carburant au détriment de lrinsecticide. Mais draulre part on ne peut laisser troP 1oûgtemPs 1es stocks drinsecticides dans 1es dépôts par crainte de détérioration. L.5.2.3 Rythme des traitements et sites drapplication La durée de vie larvaire de S. damnosum varie suivant Ia température de lteau. Dans ltaire du Programe elIe se situe dans une fourchette de 7 à 12 jours; 1e développement de Irespèce est continu pendant toute la période où les gîtes sont foncEionnels et les générations se chevauchent (cf . 5.2). La lutte contre le vecteur a donc été fondée sur 1e traitement hebdomadaire des gîtes. el1e ne serait circuits deUn tel rythme empêche Eoute larve de S. damnosum dratteindre le stade nyuphal où plus vulnérable et présente une très grande co*odité pour la planification traiEements. des En saison de basses eaux les lignes de gîtes sont séparées des suivanÈes par des biefs dreau stagnante que La vague insecticide ne peut pas Eraverser. 11 faut donc exécuter le Èraitement gîte par gîte, en déversant lrinsecticide en amont de chaque ligne de gîtes sur une bande transversale. En saison de hautes eaux, les gîtes se succèdent tout au long des cours dteau qui ne présentent que peu ou pas de biefs stagnanEs. A partir de son point dtépandage lrinsecticide iorr" rrne "vagrrl" efficace sur des distances qui varient suivant 1es formulations. Cette portée du larvicide peut dépasser 40 km pour ltAbatel elle est beaucoup plus réduite, probablement inférieure à 5 km pour le Teknar. Pour obtenir une "couverture" complèÈe drun cours dreau, il faut donc exécuEer un épandage drAbate Èous les 40 km ou un épandage de Teknar au moins Eous Ies 5 km. ocP/84.3 Page 25 L.5.2.4 Organisation des Èraitements hebdomadaires Les traitements hebdomadaires sont. organisés en tenant compte des données entomologiqr:es, qui motivent leur continuation, leur suspension, ou leur reprise sur un système hydrographique donné. Dfautre part, 1a quantité dtinsecticide à déverser est calculée draprès les relevés des échelles hydrométriques qui permettent dté'u,aluer le débit des cours dteau. Ces relevés sont effectués au cours de 1a semrine qui précède le traitement. Or à certaines saisons il peut y avoir des variations considérables de débit en quelques jours; les relevés ne correspondent plus alors au débit 1e jour du traitement ce qui entraîne des sous ou surdosages. Pour pallier ces inconvénient.s, le Programme va expérimenter les potentialités drun rrlseau de télétransmission des données hydromét.iqrr". par balises Argos relayées par satell i-Le.276 Le bassin de 1 roti au Togo a été choisi coûme zone pilote eË 1es essais ont comlencé en août 1984. Un résumé des résultats de la surveillance entomologique et les relevés des éche1les hydro- métriques sont transmis chaque fin de semaine aux bases dtopérations aériennes et au quartier général de 1a luEte antivectorielle (VCU). Les responsables des opérations aériennes calculent le débit des rivières et 1es quantités drinsecticides à apptiquer à chaque point d'épandage. Des cartes de Èraitement sont préparées pour chaque aéronef indiquant le circuit de traitement, ainsi que 1es points drapprovisioonement de carburant et drarrêt pour la nuiË. Dans les condi- tions idéales, la position exacte de chaque point dtapplication est portée sur la carte. Cepen- dant, i1 est quelquefois nécessaire de laisser une certaine latitude au pilote. Le lundi après- midi, 1e responsable des opérations aériennes donne ses instructions aux pilotes. Le rnardi à lraube, 1taéronef de t.raiteuent quitte sa base pour un circuit de 3 jours généraleroent. Au retour chaque pilote rend compte de son travail et fait part de ses observations. Chaque lundi m:tirlr les responsables de VCU ont un entretien radiotéléphonique avec les chefs de zones, de secteurs et de sous-secEeurs ainsi qutavec 1es responsables des opérations aériennes. A 1a suite de ce t'briefing" sont décidés lrextension ou la réduction des Èraitements dans certaines régionsr les changements éventuels drinsecÈicides et plus généralemenL toute mesure à prendre concernanÈ 1a 1utt,e antivectorielle. Ces informations sont transmises aux responsables des opérations aériennes qui ont charge dfen assurer ltexécution. L.5.2.5 Les traitements par voie terrestre Certains gîtes isolés très éloignés des circuits de traiEements aériens peuvent être traités par voie lerrestre ou fluviale. La plupart de ces gîtes sont sur des cours dteau de faible débit (affluents nigériens du Niger, boucle de la Volta Noire, au Burkina Faso, gîtes artificiels du pays Dogon au Mali, etc.). Uais on traite également par bateau au Mali certains gîtes isolés sur le Niger (Markala, Tienfala) dont le débit est en saison sèche supérieur à 1OO ro3/se". On a quelquefois compensé par des Eraitements à Eerre des lacunes de traitements aériens lorsque les gîtes étaient accessibles. Ce dernier type drintervention devient de plus en plus rare. Plusieurs méthodes drépandage sont utilisées. La plus simple consiste à mélanger au bord de la rivière la dose requise drAbate (sur la base de 0,1 mg/1/10 min) à de 1teau, dans un seau, et à jeter le produit dans 1es cours dteau. Depuis 1983, on déverse également le produit avec un pulvérisateur Hudson à buse conique à gros débit dont le jet porte à plus de 10 mètresl on peut ainsi traiter des gîtes pour lesquels on nta pas accès au bord de lteau. Enfin, sur le Niger, on épand un mélange drAbaEe et dreau placé dans un fût sur un bateau; lrhélice de lrpmbarcation brasse ce mélange avec lteau du fleuve. 11 faut souligner que les trait.ements par voie terrestre entrent pour une part infime, très inférieure à I 7", dans lfensemble de la lutte antivectorielle du Programme. Seul ltAbate a été utilisé dans ce type de traitement. 1.5.2.6 Le "volume" des traitements 2AcEuellement, 1es traitements antilarvaires sont exécutés sur une superficie de 764 OOO km occupée par plus de 15 millions de personnes. ocPf 84.3 Page 26 pendant la saison des hautes eaux, Ie kilornétrage de rivières effectiveoent traitées peut aEteindre 18 OOO km mais, engénéral, i1 reste bien en dessous de ce plafond (fig. 8n). En saison sèche, de nombreux cours d'eau se tarissent. Dtautre Partr sur les rivières à écoulement continu, 1es traitements sont interrompus lorsque 1a situation entomologique 1e permeË, crest-à-dire lorsque 1a surveillance entomologique ne détecte Pas (ou trèsrpeu) de simulies. Le kilométrage des coursd'eau traitésdescend alors au-dessous de 4OOO kmrur et est même Èombé à moins de 60o km en mars 1983 (fig. 8B). 11 y a des variat.ions de débit considérables dtune année à lfautre pour la même saison. Le déficit hydrologique a été particulièrement accusé en 1983. Le coûE de la lutte anEivectorielle ne diminue pas ProPortionnellement à la réduction du kilométrage de rivières Èraitées. En effet, en saison sèche, i1 faut multiplier 1es points drépandages pour traiter chaque gîte séparément. 1.5.2.7 Lrévolution de 1a lutte antivectorielle dans 1e Progr:rnme Jusqu'en L979,1rAbate(*).éaé leseu1 insecticideemployé par le Progranme. Sa grande effi- cacité et la facilité de son épandage pemettaient de traiter tous les cours dteau, y compris les fleuves à gros débit. Des extensions du Programme purent alors être envisagées sans que des problèmes techniques majeurs Pussent êEre redoutés. L,apparition de résistances perturba ce bon ordonnancement et. le Progranure dut réajuster les tactiques et 1es moyens de la lutte antivectorielle pour faire face aux problèmes qui émergèrent. téméphos chez les popu lations de S. soubrenEn 1980, lorsqu'apparut la résistance 4u S. sanctipauli du ",ra àe Ia Côte d'Ivoire,68 le seul produit de remplacement disponible était o,o25 ^eft/to min, puis aux mêmes doses que1a chlorphoxime qui fut appliquée à 1a dose del,Abate sur tous les sites au fur et à mesure de l'apparition de la résistance. La majeure partie de la zone de la Phase IV fut ainsi traitée pendant 1a saison des pluies de 1981. Mais 1'apparitionde 1arésistance à 1a chlorphoximezur nécessita un nouvel aménagement tactique en 1982. Dans la zone de double résistance de Côte d'Ivoire, pendant 1a saison sèche de 1982 les rivières de moyen débit furent traitées avec une formulation de B.t. H-14, le Teknar(R); les cours inférieurs des grandes rivières continuèrent à être traités à 1'Abate pour détruire 1es espèces savanicoles S. da*nosu*/t. "t.0"* dont 1'aire de distribution s'étend en forât très au Sud, presque jusqu'à 1'Océan, et éviter qu'elles ne réenvahissent les zones plus septentrionales. pendant Ia saison des pluies de 1982, Ie retour à une sensibilité normale àlachlorphoxime de S. soubrense/S. sanctipauli dans certaines régions de Côte d'Ivoire autorisa 1'emploi expé- ri*àntal de ce produit sur certains biefs de la I'larahoué en fin de saison des pluies. Le Teknar(R) tut appliqué seulement aux cours d'eau de débit inférieur à 50 mr/seconde, limite de la capacité de traitement des hélicoptères alors en service (à I'avenir l'utilisation de 1'hé1i- coptère Be11 2O4 permettra d'intervenir dans des rivières de Plusr6ços débit). Les biefs infé- rieurs des grandes rivières ont continué à âtre traités à 1'Abate\^/, d.mêmeque certaines zones de savane (Bui, haut Bandama) où se développaient conjointement S. soubrense/§- :4i.Bli.t S. damnosum/S. sirbanum; ces derniers traitements ne visaient évidemment que les dernières espèces, Au début de 1983, 1'apparition d'une baisse de sensibitité au téméphos des espèces savani- coles S. damno 'S . sirbanum sur Ie bas Bandama a sérieusement alerté les responsables du Programme. On arrêta immédiatemen t les traitements à l'AbaËe(R) sur tout le bassin du fleuve et on procéda à des traitements intens ifs au Teknar des biefs inférieurs. Le déficit hydrologique exceptionnel du Bandama, dont Ie déb it était encore inférieur à 1o m3/seconde au début de sep- tembre, permiE d'utiliser ce produit pendant toute la saison des pluies. Le but de cette oPéra- tion était de rtnettoyertt les sites des larves résistantes eÈ de neutraliser un énorme réservoirttsimulidientr. Sur le reste du réseau ivoirien, on alterna le Teknar et 1a chlorphoxime en uti- lisant l,expérience de la Marahoué en 1982. La surveillance enÈomologique renforcée a mis en relief la bonne qualité des résultats obEenus puisque le nombre des femelles piqueuses est resté très bas jusqu'à maintenant. TocPf84.3 Page 27 FIG.8A EXTENSION MÂXIMUM DES TRÀITEMENTS AEBIENS EN AOUT I980 \.4-= ô I - Abote Chtorphoxim FIG,8B TBÀITEMENTS ÀERIENS BEDUITS ÀU MINIMUM-FIN ÀVNIt I983 tr_- - \', ,{ ô i -+ - r - *- Suspension inlentionnclle pour essois de nouveoux torvicides .-,-Teknor -.-/ I .t I\ \ -\ I I ! _ Y.. 4 I { ) ) -l I J ) I\ |\ ocPf 84.3 Page 28 Le reste de l'aire du Progranune où i1 n'y a pas de population résistante continue à âtre traité à 1'Abate. Les perspectives de la lutte antivectorielle dépendent du développement de nouveaux insec- ticides ou de nouvelles formulations, en particulier de B.t. H-14, pour neutraliser un éventuel développement de résistance chez 1es espèces savanicol-es. D'ai11eurs, Ie Comité consultatif d'Experts a recomnand'273 de n'entreprendre les exten- sions vers le Sud que lorsque 1'on disposerait d'insecticides de remplacement opérationnels. Dans cette optique, 1e Programme mène avec ses partenaires une recherche dynamique pour le développement de nouveaux larvicides (cf. 5.3). L.5.2.8 Consommation dtinsecticides et nombre drheures de vol A titre indicatif, ces informations sont fournies dans le tableau 2. Les quantités de Teknar utilisées sont très importantes bien que 1'emploi de ce produit soit géographiquement limité à certaines rivières de Côte d'Ivoire; ceci est dû à 1a double contrainte d'utiliser de fortes doses et de multiplier les points d'épandage sur les plus grands cours d'eau du Programrue. En saison des pluies, i1 faut de 15 à 20 fois plus de Teknar que d'Abate pour traiter 1a mâme section de cours d'eau. Bien que 1e prix du produit soit seulement moins de 1a moitié de celui de l'Abate, 1e prix de revient total des traitements au Teknar est beaucoup plus élevé. En saison sèche, 1'écart est certes moins grand, nrais 1a plus grande Par- tie de la consommation d'insecticide se fait en période de hautes eaux. Le nombre d'heures de vol des hélicoptères et des avions a peu varié sauf en 1983, du fait du ralentissement des opérations de lutte consécutif au déficit hydrologique. Toutefois, alors que pendant les 2 premières années près de 3O 7" du temps de vol des hélicoptères et 1O 7" de celui des avions était consacré aux prospections, à partir de 198O cette tâche n'intervenait que pour 10 % dans le temps de vol des hélicoptères et l-es avions n'étaient plus employ§s. La fLotte aéri-enne n'est pleinement employée que pendant trois mois par an lors des haüte§ eaux et neÈtement sous-employée pendant la saison sèche, mais les appareils doivent, rester dans 1'aire du Progranune toute L'année. Le contrat aérien garantit à La compagnie sous-traitente un certain nombre d'heures de vol par an, aussi les heures qui ne sont pas ttconsooméestt en saison sèche peuvent-elles âtre reportées à la période de hautes eaux. TABLEAU 2. CONSOMMATION D'INSECTICIDES ET HEURES DE VOL DANS LE PROGRA}'IME r97 5 L97 6 L977 L97 8 t97 9 1981 1982 r-983 Consommat ion de lârvicides * Abate C2OO Chlorphoxime Teknar Heures de vol Hélicoptères Avions 75 63L 2 783 54r t29 947 4 265 6r4 155 615 5 3s8 L O25 2L5 879 5 286 t 204 263 377 184 517 5 7L3 4L6 5 752 1 056 130 000 70 000 1 500 6 000 L O25 L62 750 6 699 232 986 s 689 966 74 æ7 35 796 310 000 4 915 500 Exprimé en litres de produit commercialisé. 1980 5 504 1 371 ocP /84 . 3 Page 29 CHAPITRE II LES RESULTATS D'ENSEMBLE ET LES PROBLEMES RENCOMRXS PAR LA LUTTE COI.ITRE LES SIMULIES La lutte anËivectorielle étant 1a base de sa stratégie, le Prograrmne mit en place, sa création, un réseau d'évaluation entomologique paur assurer un cqntrô1e permanent de cacité des opérations aériennes et en détecter 1es éventuelles défaillances. dès 1'effi- Neuf années de recul permeEtent de suivre 1a progression des opérations, d'analyser 1es problèmes auxquels el1es se sont heurÈées et finalement de faire le bilan de leur impact globa1 sur les vecteurs. Ce même recul autorise une estimation de 1'effet, à moyen terme, de déverse- ments réitérés d'insecticide sur 1'environnement et en particulier la faune lotique, répondant ainsi aux desseins du Groupe écologique. 2.1 La surveillance entomologique 2.L.L Obiet de la surveillance L'évaluation entomologique a débuté avant les opérations par f invenÈaire exhaustif des gr tes larvaires de S. damnosum eÈ 1e recueil des données de base sur f identité des espèces du complexe, les Eaux de piqûres et 1es potentiels de transmission dans les différentes zones endémiques du Progranrne. Depuis 1e début des opérations e1le fournit un état hebdomadaire quantitatif et qualitatif des populations de simulies et de 1a Èransmission de 1'onchocercose. Par voie de conséquence, e11e permet de déce1er une production loca1e importante de simulies due à des défaillances de traiËements ou à de-s résisEances et de détecter un aPPort exogène de simulies, Suivant 1es résu1taÈs de la surveillance entomologique, les traiÈements sont allégés, voire supprimés, dans les régions où i1 n'y a pas de simulies. Ils sont au contraire intensifiés là où il y a production locale de mouches (cf. 2.L.4) et adaptés à f identité et aux caractéris- Eiques de celles-ci. 2.1.2 Le réseau de surveillance entomologique La surveillance entomologique est une des activités majeures du Progranrme, rattachée à l'Unité de Lutte antivectorielle (VCU). Elle couvre 1'ensemble de 1'aire du Progranrne qui a été divisée en 7 secteurs eux-mêmes subdivisés en sous-secteurs. Ces derniers, au nombre de 24, constituent les cel1ules de base du réseau de surveillance entomologique. Chaque secteur est dirigé par un entomologiste qualifié (niveau maltrise de sciences) qui a suivi une formation spécialisée dans le domaine de la lutte contre les simulies. Les chefs de sous-secteur sont des techniciens spécialisés qui dirigent 3 ou 4 équipes de deux captureurs disposant chacune d'un chauffeur et d'un véhlcule tout terrai.n. Les équipes procèdent aux captures hebdomadaires ou bimensuelles de simulies adultes et 1es rapportent vivantes au sous-secteur; el1es re1èvent en ouÈre 1es éche1les hydrométriques et recueillent les données météorologiques. Les chefs de sous-secteur supervisent les équipes, colligent, mettent en forme et trans- mettent leurs données. Ils identifient, dans 1a mesure du possible, au niveau spécifique les simulies caPturées et en dissèquent un certain nombre pour rechercher les larves infectantes(L3) dans 1a tête des mouches. I1s procèdent aux contrô1es larvaires hebdomadaires en despoints témoins. Cependant, les difficultés et les dangers de la récolte des larves, surtout ocP/84. 3 Page 30 en hautes eaux, ne Permettent de retenir que les résultats posiÈifs en un nombre limité de sites. En outre, les chefs de sous-secteur exécutent 1es traitements de certains gîtes(cf. 1.5.2). Enfin, ils procèdent à une surveillance sommaire de 1'environnement, notent les mortalités anormales de poissons ou d'autres éléments de la faune aquatique et s'informent sur 1'utilisation des pesticides en agriculture ou pour 1a pêche. Eventuellement, i1s peuvent être appelés à apporter leur appui à certaines recherches. Six cent soixante-dix points de contrô1e entomologique (tableau 3) ont été sélectionnés lors de 1a période préopérationnelle. I1s sont choisis, en général, dans les sites où les taux de piqûres et de transmission éÈaient très é1evés, en somme dans les pires conditions du pro- Sramne. On a aussi tenu compte de leur accessibilité et dans toute 1a mesure possible de leurproximité des villages retenus pour 1'évaluation épidémiologique. Toute l'aire du Programme a ainsi été placée sous surveilLance. Ce réseau de surveillance entomologique a remarquablement fonctionné au cours des dix années écoulées et a parfaitement répondu au rôle qui lui avait été assigné. Cependant, il est lourd et de fonctionnement onéreux. Aussi est-i1 envisagé de I'alléger dans Ia perspec- tive du transfert graduel d'une partie de ses activités aux Etats participants, lorsque des TABLEAU 3. POINTS DE CONTROLE ENTOMOLOGIQUE S ec teurs S ous - sec teurs Points de contrôle larvaire Points de capture des simulies adultes Total des points de con trô I eHebdo- madai re Binren sue 11e BOBO- DIOULASSO Bobo-Dioulas so Diebougou 42 22 5 2 8 5 55 29 OUAGADOUGOU Ouagadougou Niamey 40 11 5 3 t2 4 57 18 BAI,IAKO Bamako f ougounfoutiala S ikas so/Bandiagara 9 4 32 9 4 5 7 1l 15 19 19 52 BOUÆ(E Bouaké Korhogo Bondoukou Odienné Ségue1a 25 33 20 28 11 4 3 3 2 3 7 8 10 7 10 36 44 33 37 24 TA}IALE Tamale Bo lgatanga Hohoe Kintampo 15 11 5 18 8 6 6 3 9 8 8 8 32 25 l9 29 KARA Kara Dapaon Atakpamé 20 11 11 4 4 3 10 7 13 34 22 27 PARAKOU Parakou Nat i tingou Kandi Bohicon 5 9 7 5 2 6 3 3 5 7 4 3 t2 22 L4 11 7 23 394 90 186 670 ocP/84. 3 Page 31 zones de plus en plus vastes du Programme ne seront plus sous la menace d'une rePrise de 1a transmission. CerEains sous-secteurs ont déjà été supprimés dans 1es zones où 1a situation entomologique et épidémiologique est très satisfaisante conme 1a partie cenErale du Burkina Faso. L'introduction de nouveaux modes de surveillance esL également à 1'étude. Mais toute innovation est subordonnée au maintien d'une évaiuation de bonne qualité qui permette de déce1er toute recrudescence des simulies. 2.1.3 Le recueil des données entomologiques La collecte des simulies adultes est effectuée par des manoeuvres caPtureurs placés aux points sélectionnés; ils récoltenE les femelles piqueuses qui se Posent sur eux-mêmes avant qu'e1les n'aient eu le temps de 1es piquer. La capture dure de 7 à 18 heures et Permet d'établir un taux quoEidien de piqtre. Chaque mouche est recueillie et maintenue vivante en tube indi- viduel pour être ultérieurement identifiée eE éventuellement disséquée. A 1a fin de 1a journée, 1es simulies sont adressées au sous-secteur avec 1e formuLaire où sont reportés le nombre total des mouches capturées par 1'équipe, colligé heure par heure, 1es résultaEs des recherches des stades préimaginaux et les relevés des éche1les hydrométriques. Au laboratoire du sous-secteur, lorsque c'est possible, on procède à une identification des femelles du comp lexe S. damnosum fondée sur 1es critères morphologiques. Dans la partie occidentale du Prograrule, on sépare ainsi d'après 1a. coloration des touffes alaires les femelles appartenant aux espèces S. daronosum s.s/S. sirUanu* de ce11es appartenant aux espèces S. soubregge/§. sanctipauli. Oa.rs t. p..tie orie.rtale du Prograrmre, ce critère n'est pas applicab1e.58,78 L'identification spécifique des simulies adultes du complexe S. damnosum a posé et continue de poser des pro- blèmes sérieux. Dans les cas douteux, i1 faut procéder à 1'étude cyÈotaxonomique des larves issues des femelles capturées. Ce Èravail dépasse évidernurent les compétences des personnels des sous-secteurs (cf . 5 .2.1) . Une partie des femelles capturées, constituant un échantillon représenEatif des récoltes, est disséquée au laboratoire du sous-secteur pour déterminer le taux de parEurité et pour rechercher les stades évolutifs d'Onchocerca volvulus, particulièrement les larves infectantes qui se trouvent dans la tête. L'identification des larves et nymphes de simulies réco1tées lors des prospections des damnosum de ce1lesgîtes préimaginaux est surtout destinée à séparer celles du comp Iexe S. d'autres espèces comme S. hargreavesi et S. griseicolle, conmunes dans 1'aire du Programme mais non impliquées dans 1a transmission de 1'onchocercose. Enfin, Ie matérie1 collecté dans 1es sous-secteurs peut être utilisé aux fins d'études cytotaxonomiques et morphologiques. 2.I.4 Utili sat ion des données 1a surveillance entomologique. Et ablissement des indices entomologiques L.absence confirmée de simulies est évidenment le signe indiscutable du succès de la lutte antivec torie 1 1e . La présence d'un nombre élevé de simulies Peut avoir deux causes: a) une production locale; dans ce cas les femelles nullipares constituent une part importante des captures sur homme; des larves se retrouvent dans le cours d'eau. Cette production locale peut être 1a conséquence de Ia défaillance des traitements ou d'une résistance des simulies à I'insecticide utilisé; b) une invasion de femelles provenant de distances parfois élo.içnées (cf.2.3.1)' Les femelles capEurées sur homme sont alors en quasi-totalité pares."' La densité des simulies présentes dans un site eE I'intensité de 1a transmission Poten- tielle dans ce même site sonE quantifiées par deux j-ndices : Ie taux annuel de piqûres (TAP) et le potentiel annuel de transmission (P4T) qui sont établis d'après les données recueillies par 1e réseau d'évaluation entomologique.3S'L64 ocP /84.3 Page 32 2.L.4.1 Définirion du TAP et du PAT Le taux annuel de piqûres est la quantité annuelle théorique de piqtres que recevrait une personne placée en permanence au point de capture. I1 est calculé par cumul des taux mensuels de piqûres établis d'après les capEures exécutées à chaque point par 1e personnel des sous- "."t.,r.".214 Le potentiel annuel de Èransmission est 1'estimation théorique du nombre total des larves infectantes indistinguables d'0. volvulus que recevrait un sujet placé au point de capture. I1 est étab1i par 1e cumul des potentiels mensuels de transmission (PMT) calculés par une formule Erès simp1e.213 Nombre de jours du mois Nombre de larves infectantes Nombre/ s imul ie s capturéesx PMT = x Nombre de jours de capture Nombre/simulies disséquées Si le premier indice est purement entomologique, Ie second est très largement épidémiolo- gique car ses valeurs peuvent être rapprochées des niveaux dtendémicité de la maladie (cf. 3.2) I1 faut noter que, pour 1e ca1cul du PAT, seules 1es larves infectantes observées dans la tête des simulies ont été prises en compte, ce mode de ca1cul stétant avéré statistiquement satisfaisant. 2 1 3 2.1.4.2 La valeur des TAP et des PAT pour estimer 1a situation entooologique Le TAp et le PAT quantifient ltagression simulidienne et la transmission sur un sujet placé à un point précis, généralement choisi parce qutil est représentatif de la situation la plus dangereuse qui prévaut dans la région. Mais ce nrest Pas une mesure de la quantité réel1e de piqûres ou de larves infectantes dtonchocerques auxquelles sont exposés les habitants de la région.237 En effet, Ia population se meut dans un espace composite où PAt et TAP varienÈ considéra- blement dtune place à ltautre. Ceux-ci diminuent lorsque lton stéloigne des lignes de gîtes surtout stil y a des villages inEerposés; cette constatation stapplique également aux zones de réinvasion ou les simulies se redispersent peu à partir des sites dtoviposition. De p1us, les villages provoquent un effet dréviteoent sur les simulies. Enfin, la densité de peuplement "dilue" le nombre de piqûres (cf. 4.2). Les PAT et TAP théoriques calculés d'après la surveillance entomologique sont donc très supérieurs à 1'agression que subit effectivemenE 1a population 1oca1e.0n pourrait certes cal- culer la quantité de transmission qui atteint chaque fraction de la population en analysant le temps qutelle passe dans chaque partie de son aire d'activité et en mesurant PAT et TAP dans chaàune drentre elles. Ce serait un travail de recherche intéressant, mais dtune ampleur consi- dérab1e puisque chaque conrmunauEé a une position particulière vis-à-vis de 1a rivière, occuPe ltespace dtrrne tacon qui lui est propre eE a des modes de vie et de travail originaux (cf.. 4.2). Malgré toutes ces réserves, le TAP et le PAT demeurent de bons indicateurs comParatifs de la situation entomologique; ils constituent les bases de 1tévaluation des résultats de la lutte antivectorielle dans ie Progra,,- e.164 Le TAP et le PAT varient considérablement dtune année à ltautre suivant les conditions hydrologiques et i1 est recomandé par les ophtalmologistes dtétablir un PAT moyen sur cinq .r.,".tS+-r; effet, les manifestations cliniques de Itonchocercose sont 1e résultat dtinfections cumulées pendant plusieurs années de transmission. 2.1.4.3 Relations entre Ie PAT et le TAP En période préopérationnelle au Burkina Faso, 1e rapport entre 1e PAT et le TÀP était sirbanum. Dans 1a Volta Region (Ghana),généralement de 1 à 10 dans la paire S. damnosum, is. ocP /84.3 Page 33 i1 était de 1 à 20. Dans cerrains sites du sud du Bénin, des TAP de 35 000 s'accompagnent de PAT presque nuls. Mais, dans ce dernier cas, cfest surtout 1e groupe S. soubrense/S. sanct ipauliqui esÈ concerné. Chez ces espèces, en Côte dtlvoire, 1e rapport pA,T-TAP est de 1 à IO.ZJZ Lorsque les simulies de savane Ghana par exemple, on â constaté que larves infectantes drO. volvulus que femelles pares. Le nombre de larves indice drefficacité de 1a nra pas été employé dans et de forât coexistenti conErê dans 1es rapides du Bui, auS. daronos S. si transnettait 215 fois plus deS. soub sancÈ i, pour le même nombre de Dans les zones bien traitées, le rapport H. tendance à diminuer; c'est ce qui srestproduit sur ltensemble du Progrrrrrme (tig. 9). Àüt"ontraire, au Ghana, ce rapporr, après avoir accusé ule-baisse, est relnonté à son niveau initial après des difficultés de traiÈement sur lagi"ri1i.237 infectantes pour 1000 simulies disséquées a été considéré cor,me un transmissiorL.z3T 11 traduit les rapports entre pÀT et TAp. cet indicela pratique du Progrannre. 2.2 Les résultats dtensemble de la lutte antivectorielle 2.2.1 Le cadre drinterprétation : les Zones opérationnetles du Prograrnme Ltaire du Progrenrme est très hétérogène tant au point de vue climatique et phytogéogra- phique quten ce qui concerne les différentes espèces de simulies et leur sensibilité aux insec-ticides. Enfin, ses zones marginales sont plus exposées que les parties centrales aux invasions ou aux simples infiltracions de mouches venues de Itextérieur. Ces diverses situations entraînent une hétérogénéité des résultats de Ia lutte antivectorielle, excellents dans cer-taines zones, moins bons dans drautres. Dans la Progrântmâtion d'une stratégie à long teme, les mesures à prendre dans 1es diffé- rentes zones du Progranrne sont conditionnées par les problèmes que rencontre l-a lutte anti- vectorielle. Aussi a-t-on divisé le Prograome et les extenslons envisagées en zones opéra-tionnelles çzoÙ278 1tig. 10). Ces cadres fondés essent.leLlement sur des données entomologiques et opérationnelles sont utilisés pour la planificatton des activités du prograrme et, dans leprésent docuroent, Pour interpréter non seulement des résultats de la lutte antivectorielle mais aussi 1'évolution de la situation épldéniologique et ophtalmologique qui en découIe. La ZOP 01 comprend le Niger, le nord-ouest du Bénin, tout le Burkino Faso (sauf 1e bassinde la basse Volta Noire et de la Bougouriba ainsi que les cours supérieurs de la Comoé et laLeraba), 1test du Mali. La ZoP 02 comprend le sud-ouest du Burkina Faso, Ie nord-ouest du Ghana et 1e nord-est.de la Côte drlvoire, essentiellenent le bassin supérieur de la Comoé et le bassin moyen de laVolta Noire. La ZOP 03 comprend la partie malienne du Progratttme à 1 rouesÈ du fleuve Niger et ouest de la Côte drlvoire. 1e nord- La ZoP 04 comprend 1a partie centrale de la côte drlvoire à lrexclusion du bassin moyen deIa Comoé et des affluents de la Volta Noire. La zoP 05 englobe Ie sud de la Côte d'Ivoire et le bassin inférieur de la volta Noire au Ghana La ZOP 06 est entièrement située dans le nord-est du Bénin La ZoP 07 est constituée par le flanc sud-est de ltaire du Prograrome au Bénin, au Togo er au nord-est du Ghana. La ZOP 08 srétend sur le Ghana au nord du lac Volta, etle nord-ouest du Bénin. sur le nord du Togo et déborde sur ocP I 84 .3 Page 34 FrG. 9 coMpARAtsoN DU RAPPoRT ffi oans L'ENsEMBLE DU PRoGRAMME (A) Avant les operations 1975 inclus 4000 3000 2000 1000 c o @ ,É, c(§ o :c, Eacc c,î c o) oè a a a oI 3 o > a, a a a 0 16000 32000 48000 Taux annuel de Piqures (B') Resultats de Nov. 81 - Oct. 82 20 30 40 50 Taux annuel de Piqures 60 Tous les siles avec un TAP supérieur à 1000 ou un PAT suPérieur à 100 il000 800000 4000 3000 2000 1000 c o @ E C(u q, lC 6)cc(E o, .F co o CL a 0 80700 1o a a a a ocP /84.3 Page 35 Iqq t9 u.t E =É(9 oEÀ f o 1r, Lu UJ zz o tr É.r!è o cn UJ z oNÎt UJ o d II 'ii r) d §'! ),, ) .'( a : ., $ t lz lr8 0Hî1 I gÊ@i .o )',4 ) it, r ..1/ \{. -i'\ I .î tz"''---) - Z-: ---) __lÿar" /ii I ;1 (Jâl> -é I I l, _l É ( I\-l t i- o - -/) I (*; Ia 1' ) I J. ( ocP/84. 3 Page 36 La ZOP 09 se superpose à la zone drextension sud au Bénin, au Togo et dans 1e sud-est du Ghana. La ZOP '10 délimiterait la zone d'extension Ouest. 2.2.2 La situation avant les opérations La fig. 114, le tableau 4 montrent qu'avant les opérations, 56 Z des points de capture avaient un PAT supérieur à 800 et étaient donc en situation hyperendénique, que pour 35 Z drentre eux, les PAT variaient de 800 à 100 et que seulement 9 Z avaient un PAT inférieur à c rest-à-dire considéré cornme tolérable. 100, Ces valeurs du PAT, établies au cours de deux années à fort déficit hydrologique, et 1974, sont très inférieures aux valeurs uloyennes de cet indice dans 1es mêmes sites des anàées 60, d'après 1es rapports de IrOCCGE de 1'époque. en 1 973 au cours Enl 85 7"dans 2.2.3 La situation entomologique en 1983 Dès 1es premiers traitements, les résultats ont été spectaculaires. Dès 1976,1e PAT était inférieur à 100 dans 65 Z des points de capture er n'érait supérieur à 800 que dans 2 Z(tableau 4). 983, la situaÈion srest encore améliorée (fig. fiB) puisque le PAT est inférieur à 100 des points de capture et nrest supérieur à 800 que dans un seul (tableau 4). Ces données replacées spatialement dans les ZOP font ressortir - dfexcellents résultats dans les ZOP 01, 02 et 08; - des résultats moins bons dans la ZOP 03 soumise à des réinvasions de simulies dont les sources sont à lrextérieur du Programe; - dans La ZOP 04, le problème est identique à celui rencontré dans la zone précédente mais vient s'y joindre la résistance aux organophosphorés de S. soubrense/S. sanctipauli. Les résultats sont irréguliers; les résultats de La ZOP 05, où Ia résistance aux organophosphorés touche les espèces les plus abondantes, sont dtune interprétation difficile, tant que le rôle épidémiologique de S. soubrense S. sanctipauli n'aura pas été bien établi (cf. 3.2); - dans La ZOP 06, des PAT élevés ont été enregistrés; il n'a pas été possible jusqu'ici de déterminer stils étaient dus à des invasions de simulies exogènes ou à des mouches de pro- duction 1ocale; - La ZOP 07 est soumise à des invasions et des infiltrations de simulies originaires des régions non traitées et des PAT éIevés y ont été enregistrés. En résumé, la lutte antivectorielle donne dtexcellents résultats au plan entomologique(pef<100) dans plus de 85 Z des points de capture de 1'aire initiale du Prograrme (fig. 118). Une forte transmission (PAT<400) ne persiste que dans moins d,e 5 Z de cette aire. Là où les résultats ne sont pas entièrement satisfaisants, les causes doivent en être recherchées dans la difficulté à traiter certains gîtes (zone du Bui sur 1a Volta Noire, 1a Kulpa\^rn au Ghana, certaines rivières de lrAtacora au Bénin et du bassin de la Kara au Togo par exemple) mais surtout dans la réinvasion sur les franges du Prograrmne et dans le développement de la résis- tance en Côte drlvoire. I1 faut noter que dans les zones soumises à réinvasion seuls les villages situés en bordure des cours dteau sont réellement touchés, ce qui diminue f incidence épidémiologique du phénomène. Opérationnellement, la résistance nra touché jusqu'ici que S. soubrense /S. sanctipauli, surtout dans 1es régions qui n'avaient pas été incluses dans les linites initiales du Prograrme. PÀT Q .roo O roo-rss O zoo - sss O +oo-zgs| - aoo '-, FIG.11A POTENTIELS ÀNNUELS DE TRANSMISSION ÀVÀNT LES OPERÀTIONS 4=? __'-1.. ocP/84.3 Page 37 ôt { t I ( Lrmr{e du progromme Extension sud 82-OCT.83ATP O'too Q roo - rss Q zoo-ass O roo-zsg O-aoo FIG.11B POTENTIELS ÀNNUELS DE TRÀNSMISSION NOV oo o 9* o^ -tio O.t.-.: :7-\- //-,/ i-j--.- - -- -)-' - _-1 ôI iËQ., O ',, ,,,rp ._ l_r' -\ : ,-) '( .a ',. ..) ) I I Lrmite du progromme ++.a+limrte initiote du progromme --- Exlênstoh sud 'tl -;!t^-. I -:)- '/ I l \ II ) ii I I I î c1 æ IN @ o\ rô F\ .i. cî @ (n N @ I co o\ Ot tô \:f F\ o\ co Io co o\ CO r\ O\ (1C1r\ OôtN o co I o\ t-\ o\ t^tôO.S\O F- I-\O c{ o\r\ I @r\ o\ @ O\ \O c\tr^ F- \o ê.t @F\ Irr\ o\ OO\æôt\o O ê.t t'\F\ I\or\ o\ rô \o \o ôl\ON o\O \or\ Ir^È o\ (ÿ)\orôcoco rn @ o\ o9ox -.".t .t .. tJ Nï<to. E.b-{â \o rôooôtO\ tô o Fr Êr 0)t 0) o o(ü rr(J Oo\o\orOoo\o\oro C7)NCOtrloooooo (\§ o lr o! u .r{ É.h .àÉ ooo.o (/)o, ol]t, TJ o.) ê.frd ,.ooÉo 0)zn ocP/84. 3 Page 38 tsèÀ{ fl(J oüp< p a fEl Fl H HHzH Êl&H sÈ az â H À E]ê È1Hûo(J fr]tr () È1 q L) û Ifo êr È1ü H êl () rdâ <.,)HzHoÀ ÈIê 1I](J Erz rd(Jüp oê{ -s D EIÈ Êq H ocP I 84 .3 Page 39 2.3 Les problèmes rencontrés par 1a lutte antivectorielle La lutte antivectorielle a eu à faire face à deux obstacles : ltinvasion des zones traitées par des simulies migrantes venant de rivières non traitées, crest Ie phénooène dit de réinva- sion, et lrapparition de résistance aux insecticides. 2.3.1 La réinvasion 2.3.1.1 Généralités Dès 1975, on constata la présence drun nombre important de siuulies dans certaines zones du Progrenr.ne, où la lutte antivectorielle était pourtant très efficace. 11 fut évident que ces mouches provenaient de gîtes exEérieurs à la zone traitée et étaient donc des ittrmigrantes. Ce phénomène se reproduisit chaque année dans plusieurs zones du Prograuune (fig. 12) et fut décrit sous le nom de réinvasion. L'arrivée des simulies migrantes débuEe dès les premières pluies, quelquefois même avant, et se prolonge pendant une bonne partie de la saison pluvieuse. On savait depuis longtemps que S. damnosum s.1. était capable de se déplacer sur de grandes distances, 15O lm disait le rapport 6pç.245 Aussi ne fut-on pas surpris d'observerlapénétration sur le territoire du Progrernme de simulies venant de 1'extérieur. Par contre 1'ampleur, la périodicité et Ie sens de ces déplacements à longue distance ainsi que les caractéristiques physiologiques et Ie comportement des mouches migrantes étaient quasiment inconnus. Devant la menace que représentait la réinvasion, le Programre, avec 1'aide de consultanÈs, a étudié très sérieusenent 1e phénomène. Ces recherches ont éEé facilitées par le succès de Ia lut.te anti- larvaire qui a permis de supprimer toute production locale de simulies sur de très grandes étendues. Toute possibilité de confusion entre simulies originaires des zones traiEées et simulies migrantes était ainsi éliminée. 2.3.L.2 Zones envahies et origine de réinvasions Les quatre zones de réinvasion s'échelonnenE sur les bords occidentaux, méridionaux et orientaux de 1'aire initiale du Progr,me (fig. L2) . tiennent dans leur quasi-totalité aux espèces savanic oles2I ,6L,226sauf au Togo où S. s[uanosum est égalemenÈ concerné L'origine des simulies d'invasion fut recherchée empiriquement par le traitement successif de toutes les rivières au sud des zones réenvahies où se trouvai-ent, à la saison concernée, des gltes productifs de S. damnosum/ S. sirbanum La zone de réinvasion A s'étend sur la bordure occidentale du Prograrme eu Mali et dans le nord de la Côte d'Ivoire dans les ZOP 03 et 04. L'origine des simulies semble se situer en Guinée . Les simulies migran S. damnosuo,/S. sirbanum,i tes aDDar62,82"159 La zone B englobe essentiellemenÈ le haut bassin du Bandama et dejusqu'à la Leraba (ZOP 04). Les traitements des bassins de la Marahoué quèrent une forte réductlon du nærbre des slmulies migrantes dans cette furent considérés comme des sources de la réinvasion,162 rieurs de la Comoé eÈ du Bandana; f invasion s' arrêta.162 ses affluents et s'éÈend puis du Sassandra provo- zone et ces bassins Dans le prolongement des zones A et B, les rivières occidentales de la Phase IV, haut bassin du Sassandra et de la Marahoué, sont elles-mêmes réenvahies en même temps qu'elles sont des sources de réinvasion. Les simulies envahissant la zone C dans Ia ZOP 02 provenaient probablement des cours infé- lorsque ces cours d'eau furent Èraités dans la Phase IV L'invasion de la zone D (dans 1a ZOP 07) implique surtout S. squamosum qui, apparesulent, ne réalise pas de grands déplacements. I1 semble que nombre de simulies migrantes proviennent ocP/84. 3 Page 40 UI o! L Ë 8.e ,o'6 Ê.- I -:<-o o-o.9oc c .Do ,E à .:= oOO\ l/ô -x tùa d,rrEl - -.s 33u > -Lc..- d,j ôo I I I oc t^ '9OO Yo9i Or- 6 u;E(./) ^ u& a .gE ,9Qle L0,O.6; NL € 8" e.1' "rl !è. I I l\f '\ it, È Ullrll= z. E-(9 = = = =(n (n o (n lrl c)É.fo u) lrl UJ = = É.(9 o(r o- =o UJ F z lrl cÉ. a -l (nz o zI LN =trlÉ. 1r,o (n lrlzoN §l g u- to l.il. l. d -l) i la ,) I I .) i 1 È .t ( le .= .g o-() -9o .E 't ^r!l N h)' -r- - .t NN de gîtes situés à moins de ocP I 84 .3 Page 41 lOO lcn au sud de la limite méridionale actuelle du Prograrmre au Togo. squamosum a êtê beaucoup moins importante, peut-être par suiÈe deEn 1983, 1a m la sécheresse 'Ëi 22d6eSati.r2Lon La situation en zone E (dans 1a ZOP 06) n'est pas claire et est difficile à étudier, car la production de simulies a persisté localement et épisodiquement dans Ia Sota, le plus oriental des cours d'eau du Progranrne. On avait pensé que l'invasion pouvait provenir du bassin de 1'Ouémé, mais certaines années el1e a conrmencé avant que les gltes de celui-ci ne soient Pro- ductifs. On n'a pas encore étudié la potentialité des rivières du Nigéria à servir de source de réinvasion.21"61 L'identification des gltes d'origine des simulies migrantes et I'absence de gîtes larvaires productifs entre 1es points supposés de départ et les points d'arrivée a Permis d'estimer 1es distances qu'e1les parcourent. Les études menées sur la Volta Noire et la Bougouriba ont permis de récolter des s. damnosumr/s ' sirbanum à plus de 4OO km de leur point de départ supposé, peut-être *êr" à 6OO ktt162 2.3.L.3 Modalités de migration des simulies - Etat physiologique et comPortement des femelles migrante s Les migrations se produisent pendant la première moiEié de la saison des pluies d'avril-mai à juillet lors de la remonEée vers le Nord du front intertropical. L€s simulies se déPlacent suivant la direction Sud-ouest - Nord-est qui est aussi celle des vents dominants de mous- "o.,.62,82 Ces déplacements sont d'aiIleurs présumés s'effecÈuer en altitude avec 1'aide du vent. Pendant Ia saison sèche, lorsque les gîÈes productifs se trouvent au Nord du front inter- tropical, i1 n'y a pas de mouvement migratoire. Les raisons probables sont la faible production des gîtes, même permanents, à cette saison, 1'absence de vent dominant et Ia faible humidité qui incite les mouches à se cantonner dans Ies galeries forestières. I1 semble probable que avoir pris un repas de sang les et simulies entreprennent ces déplacements à longue distance aPrès prennent le repas suivant après avoir déposé leur ponte sur le site d'arrivée. Cela explique que zones d'invasion soient pares et larves infectantes d'onchocerques la quasi-totalité des femelles piqueuses capturées dans les qu'un pourcentage important d'entre elles soiÈ porteur de non différenciables d'o. volvu1.r".61'62'82 Les mouches migrantes semblent se réunir près des sites favorables à 1'oviposition et une certaine proportion d'entre e1les, encore inconnue, se reposent sur 1a végéEation à proximité des gîtes. Après 1'oviposition elles prennent un repas de sang à proximité du glte. Les mouches migrantes se redispersent peu auÈour des sites droviposition, C'est ainsi que dans 1'ouest du Mali, on a constaté qu'à 3 krn de la rivière Baoulé, les valeurs du TAP et du PAT atteignaient seulemçq! lO % des valeurs des mêmes indices établis sur ses bords et qu'à 1O lsn Ie PAT était n,rl.169 Dans l'état actuel des connaissances, i1 n'est pas possible d'affirmer qu'après avoir pondu et s'être nourries, les femelles reprennent leur migration et que ce1le-ci s'accomplisse par étapes, bien que cette hypothèse ait. été avancée et ne soit nullement invraisemblable.9l La prise d'un repas énergétique de jus sucré est considérée conrne indispensable pour entre- prendre les vols de longue disEance. Cependant, en laboratoire, des S. damnosum/S. sirbanum n'ayant absorbé que de 1'eau ont accompli les mêmes performances que celles nourries avec du saccharose . z' 2 .3 .L.4 lmpact épidémiologique et opérationnel de la réinvasion comporte deux aspecÈs L'impact de 1a réinvasion a) Un aspect épidémiologique, dt à f introduction de parasites par les simulies migrantes. 11 s'ensuit une persistance de la transmission dans des régions où iI n'y a plus de production 1ocale de simulies et un maintien de foyers d'infection qui pourraient devenir des sources de ocP/84. 3 Page 42 recontamination, en particulier dans les phases ultimes du Prograrmne. En effet, alors que le réservoir humain de parasites marque partout une Eendance régressive très accent.uée, ce1le-ci est beaucoup moins nette, parfois absente dans les zones réenvahies (cf. 3.1), Ces résultats inquiétants sont tempérés par le fait qu'à f intérieur des zones de réinvasion, seules les communautés vivant près des rivières sont touchées puisque les simulies migranEes se redis- persent peu. C'est ainsi que sur 1e bord occidental du Prograrmne, au l"lali, dans la région réenvahie de Madina-Diassa, le PAT, qui peut aEteindre 1OOO, valeur caractéristique d'une situa- tion hyperendémique, au bord de 1a rivière Baoul-é, descend au-dessous de 1OO à 3 km du cours d'eau (cf. 2.3. 1) . 169 b) Un aspect opérationnel qui se traduit par la nécessité de maintenir des traitements onéreuxr poüE éviter la reconstitution des populations vectrices locales et la contamination de proche en proche de f intérieur de la zone du Prograarne. Cet aspect revêt une importance parti- culière car il implique une continuation des traitements, dans les zones réenvahies, pendant une longue période. Des traitements expérimentaux avec des adulticides pour détruire les simulies migrantes à leur arrivée vont être exécutés dans le bassin de 1a Mô, au Togo (cf. 5.3). Mais, évidenment, la plus stre méthode pour supprimer la réinvasion est de détruire 1es simulies à la source en traitant les cours d'eau d'où elles proviennent. Ceci implique que les opérations puissent être étendues au-delà des limites méridionales et surtout occidentales, 1à où se trouvent les gîtes larvaires des simulies qui envahissent 1'aire du Prograrrne. 2.3 .2 La résisÈance des s lies aux insecticides La résistance est la facultér pour une population d'insectes, de tolérer des doses d'insec- ticide qui seraient létales pour une population normale de la même espèce. C'est un phénomène à support génétique qui résulte de la sélection de mutants, dotés d'un meilleur équipement enzy- matique ou physiologique, sous la pression d'un insecticide' Au cours des 30 dernières années, des rési d'insectes d'intérêt médica1 sauf les glossines soient manifestées chez S. d osum s.1. D'ail de cette éventualité, avaient demandé que soit développée une méthode d 'évaluation de 1a sensi- bi 1i té des larves de S damnosum aux insecticides pour établ ir un système de surveillance des- toutes mesures utiles à en contre-tiné à détecter précocement les résistances afin de prendre carrer Ies effets. 2.3.2.1 I'léthodes de détection de la résistance a) Tests sur 1es larves stances sont aDparues dans tous les grouPes .253 T1 n'est ààrr" p." surprenant qu'e1les se leurs, les auteur, à,-, n"pplrt APG,245 "onr"ients On a développé un test Pouvant être exécuté les méthodes jusqu'a1ors reconrnandées ne Pouvant Une méthode Pour évaluer la sensibilité des simulies de mise au point. sur le terrain dans les conditions du Programme, s'appliquer à S. damnosum s.1. au Bacillus thuringiens!s est en cours Les larves sont mises en conÈact avec f insecEicide pendant trois heures en eau stagnante préoxygénée. La lecture de la mortaliEé est faite directement à la fin du temps d'exPosition' Des doses discriminaLivqs ont été déterminées pour détecter rapidement Ia présence de spécimens suspects de résistarr"..94 b) Test sur Ies adultes Différentes méthodes sont en cours d'étude pour déterminer la sensibilité des simulies adultes qui est en corrélation étroite avec ce1le des larves. Elles sont fondées soit sur des applications topiques de microgoutÈes, soit sur le contact des mouches avec des surfaces (vitres, papiers) r""orr"rt"s de dépôts d'insecticides. El1es Permettront de rechercher 1es résistances sur les adultes à des périodes de l'année où la récolte des larves est difficile. De plus, on pourra tester la sensibilité à certains adulticides coflIme 1es pyréthrinoides. ocP /84.3 Page 43 2.3 .2 2 Les résistances chez S. dannoqtm s.1 La résistance au DDT chez S. damnosum s.1. fut observée et L975 et L976 au Togo, au Bénin, au Mali et en Côte dllvoire, surÈout dans des régions cotonnières. El1e n'a pas été retrouvée depuis cette époq,r..59 La résistance au ÈéméPho s de S. sou fut démontrée en 198O sur le bas Banda.na, après 60 semaines de trait.r*rrt,6 f f le s'étendit rapidement à toute 1'aire de distri- bution de cette espèce sous traitement à 1'Abate, en Côte d'Ivoire essentiellement, et déborda' dans des rivières non traitées, au Ghana. 11 semble qu'elle soit en progression puisque des populations non traitées du Togo présentent une balsse de sensibilité. Cependant, les populations résistantes n'ont pas débordé I'aire initiale de distribution de 1'espèce Pour occuPer les places laissées vacantes par S. damnosum/S. sirbanum (f.Lg. L2). En 1983, dans la même région du bas Band:ma une baisse de sensibillté^au téméphos de 6 à 7 fois fut' obsenrée chez les espèces savanicoles s' dannosum'/s'sirbanun'2oo Des traiEements énergiques au Bacillus thuringiensis, favorisés par le déficit hvdrologique de 1'année, furent irmrédiatement entrepris pour éIiminer cette population résistante.268 j.'"q"'ici, on n'a reÈrouvé qu,un nombre insignifia.ri d. femelles de ces espèces dans cette région. Ce noobre très limité n'a pas permis de tester leur sensibilité au téméphos' En 1981, après 43 semaines drutilisation de la chlorphoxime en remplacement de ltAbate, apparug une résistance à Ia chlorphoxime chez 1es populations de S. soubrense/S. s?nctipeuli déjà résistantes au téméphos; cette résistance diffusa dans 1'ensemble des populations de ces espèces dans 1es zones EraiÈées de Côte drrvoire (voir fig. 13;.201 qui a présenté des résistances croisées rrpate4lesrr avec tous les organophosphorés d'usage courant sauf I'azaméthifos et le dichlorv;s.199 2.3.2.3 Caractéristiques des résistances La résistance au téméphos est très stable; elle se maintient eÈ même s'étend en l'absence de pression sélective spécifique dans des zones non traitées, ce qui implique qu'e1le est sous la àépendance d',rn/des gènes dominants- La résisgance à 1a chlorphoxime a été stable dans certains biefs, alors qutelle a régressé dans d'autres au point de permettre à nouveau 1'emploi du produit pendant de courtes périodes (saisons des pluies de 1982 et 1983); sous 1'effet de ces traitements, elle est à nouveau remontée à son niveau initial. La résistance à un composé organophosphoré entraîne généra lement une résistance croisée à de nombreux produits de cette classe. Cela s'est vérifié pour S soubrens S. sanctipauli Comme, initialement, les souches résistantes au Èérnéphos étaient sensibles à lachlorphoxime, on a considéré que la résistance à la chtorphoxime était une autre résistance et non une résis- tance croisée. Mais rien ne prouve que le même mécanisme enzymatique n'est Pas resPonsable des deux résistances et que I'on n'ait pas eu une résistance croisée rrlatenterr qui ne s'est révélée que lors de 1'emploi du deuxième insecticide. Au-delà de la discussion sur la Eerminologie, le problème revêt une importance de fond. En effet, certains produits comme 1'azaméthifos ne présentent pas d'emblée de résistance croisée rrpatenteil avec Ie téméphos mais on ne peut pas affirmer qu'ils ne sont pas susceptibles de développer une résistance croisée. Lorsqu'ils seraient employés à grande échelIe, cette résis- tance risquerait alors d'apparaître rapidement, comme ce fut le cas pour la chlorphoxime. 11 convient de ne pas faire preuve d'optimisme exagéré sur les possibilités d'utilisation pendant une longue période de produits organophosphorés contre les populations de simulies résistantes au téméphos. 2.3.2.4 Implication opérationnelle des résistances En dehors de I'alerte du Bandama en 1983, qui a concerné les espèces savanicoles, les résistances aux organophosphorés ont été jusqu'ici limitées aux espèces ttforestièrestt ÿu ocP / 84 .3 Page 44 ; \ Ë ee = ÊcËÉ'E .Ê o'E x .E È ÈE eo- o E3_ €* € =à8 TË : sg ÈE Ës ËËË ËE E ËË ; enËËË:ËËEË Ë; Ëg Ë e.E e€È. €ë. Ë e€ E :;ËËEËËËËË EËf Es= §Ë g:c sc 3 #== E o o c e@ e D t< à\ \ _z=- /i'f\- r -i t\F o )< \ .,( .\ll ull t\) =fooz E o =f f =ctt IJJ x UJ è =o(, uJ an z o o Llloz v, ct ruÉ, o ui G' o tr l .I l.V- ) I .)5 I I I I : I É B, e I l. it 2, t tI la ( .t! o lf-t- .i t. / a sanctipaull et ne se ocP/84.3 Page 45 sont extériorisées qu'en Côte d'Ivoire et dans certaines zones du Ghana (rapides du Bui, rivière Tano). Une baisse de sensibilité a été enregistrée chez les mêmes espèces au Togo. On doit donc sérieusement envisager la possibilité d'extension S. sanctipauli dans le sud durapide de la résistance aux organophosphorés chez S. soub Gtrana, le sud du Togo et le sud du Bénin si des traitements avec ces produits y étaient entrepris. ActuelI-ement, un autre produit, avec le premier. le seul moyen de faire face à la résistance à un insecticide est d'employer de préférence d'une autre classe, qui ne présente pas de résistance croisée Actuellement, tant que la résistance est limitée à pas S. damrosum/S. sirbanum en savane, le Programe n'e du Teknar. Mais son extension au Sud et au Sud-Ouest de C'est ce qui a êtê fait par le Progranure qui a successivement utilisé la chlorphoxime, puis lorsque cel1e-ci estdevenue inefficace, le Bacillus thuringiensis H-14 pour lutter contre les populations de simulies résistantes au téméphos (cf. 1.5). S. soubrens st pas menacé, I'aire actuel S. sanctipauli sont les espèces domi.nantes, est néanmoins différée. D'ailleurs, Ie Groupe écologiqûe274 a souhaité qu'avant d'entreprendre toute extension, le Programe dispose de deux insecticides de réserve. On pourraiÈ envisager de se limiter à un seul insecticide de remplacement pourvu qu'il n'appartienne pas à un groupe Présentant des risques de résistance croisée avec les organophosphorés. Cet insecticide de remplacement existe, c'est le Baci 1 lus rineiensis H- 14 (8.r. H-14), mais il faudrait développer des formulations plus opérationnelles que celles actuellement comercialisées. D'autres produits sont en cours d'expérimentation, notamrent des pyréthrinoides(cf. 5.3). Evidenrment, si Ia résistance s'étendait aux espèces savanicoles du complexe S. damnosum il faudrait recourir à des Eesures d'urgence et utiliser extensivement Ie B.t. H-14 et éventuel- lement dtautres insecticides corrme 1es organochlorés et 1es pyréthrinoîdes. Les risques de résistance pèseront sur les processus de dévolution. Un système perm:rnent de surveillance pour sa détection précoce doit être maintenu et des tactiques de remplacement ou de substitution doivent être très sérieusement planifiées. On a préconisé diverses méthodes pour retarder I'appariÈion de la résistance, cormne les mélanges ou les rotations d'insecticides. Si la première proposition est fort contestée, Ia seconde, par contre, bien que n'éÈanÈ pas encore étayée par des résultats de terrain, est envi- sageable à condition de disposer d'au moins deux produits utilisables en alternance. 2.4 La surveillance de 1'environnement aquatique 2.4.L Ilistorique, protoc ole et méthodes Les Etats participants tout corûne les Contributeurs pouvaient craindre que des applications répétitives d'insecticides dans les cours d'eau pendant 20 ans ne provoquent de sérieuses perturbations des écosystèmes dulçaquicoles. Le Programme se dota donc d'un organisme consul- tatif, le Groupe écologique, dont. une des missions était précisément de s'assurer que la lutte anÈivectorielle ne mettait pas 1'environnement en danger. Pour évaluer l'impact des traitements sur la faune et la flore aquatique le Programme créa un réseau de surveillance du milieu aquatique. Le démarrage des opérations de surveillance qui incluait la mise au point de protocoles et Ia sélection de méthodes d'échantillonnage fut confié à 1'Institut de Biologie aquatique d'Accra et à une équipe d'hydrobiologistes de 1'ORSTOM stationnée à Bouaké. Cette dernière a quitté 1'aire du Progranrne dès que des équipes nationales ont pu prendre le relais, en 198O. Actuellement, toute 1'activité de surveillance du milieu aquatique est entre les mains des Etats participants mais reçoit un soutien financier du Pro- grarme. C'est en fait la première activité qui a été "dévolue" aux Etats. S. sanctipauli et n'atteint d'autant que 1'on dispose le, où S. soubrense/ ocP /84.3 Page 46 Le protocole acEuellement suivi prévoit des prélèvements trimestriels dans des sites sélectionnés pour surveiller la faune des invertébrés et des prélèvements semestriels pour les poissons. Mais des interventions hors proÈocole sont prévues dans le cas où des mortalités anormales de poissons ou d'invertébrés pourraient faire craindre unerrcatastrophe écologique".t't Les équipes informent le Directeur du Programme de leurs activités et en font rapport au Groupe écologique Les prélèvements d'invertébrés font appel à 1'échantillonneur de Surber, à des supports artificiels et à des filets de dérive. Les captures de poissons se font à I'aide de filets maillants et de filets de dérive. Les détaiIs des méthodes,.la période et I'heure des prélève- ments, le nombre d'échantillons à recueillir sont prévus dans Ie protocole.34,L77,179,181,184 TreLze sites d'étude furent choisis, neuf pour échantillonner les invertébrés et les poissons, un pour les poissons seuls et trois pour les invertébrés seuls. Les données recueillies sur le Eerrain devraient être analysées par une unité indépendante Èous les deux ou trois ans. 2.4.2 Impact des traitements sur la faune aquatique I1 faut séparer nettement 1'action des nouveaux insecticides sur la faune non cible qui sera Èraitée plus loin (cf. 5.3) de f impact des traitements à grande échelle du Progremme sur le milieu aquatique qui est 1'objet de ce chapitre. Avant d'entreprendre toute évaluation de 1'effet des insecticides, il a fa1lu recueillir un minimum d'informations sur la composition de la faune dulçaquicole dans 1'aire du Progrnnme pour déterminer les taxons les plus représentatifs qui serviraient de marqueurs. Ceci a conduit à Ia rédaction de travaux faunistiques assortis d'iconographie qui sont actuellement utilisés pour la surveillance. De plus, on a recueilli de très nombreuses informations sur la dynamique des différentes espèces, indispensables pour interpréter les modifications observées après les traitements. Ces études ont apporté-une contribution majeure à la connaissance des écosystèmes lotiques en Af rique de t'Ouest-.49,72, 150,18O,182,185 ,206,21O,218,228 Il faut distinguer les effets à court terme qui se manifesÈent après le passage de Ia vagueinsecticide des modifications à long terme de l'écosystème observables après plusieurs annéesde traitement. 2.4.2.L Effets à court terme Après la première application d'Abate, la dérive des invertébrés peut augmenter de go foispendant les deux heures qui suivent 1'épandage, puis redevient normale au bout de 24 heures.Vingt à 25 Z des organismes présents peuvent se détacher et dériver. Tous les groupes d r invertébrés,à I'exception des macrocrustacés (crevettes), sont touchés mais les Ephéméroptères sont lesplus sensibles. Les poissons ne sont que peu ou pas touchés. Après plusieurs semaines de traitement, les effets de chaque épandage s'atténuent et seulement'l0Zdesorganismes présents dérivent. Ceci s'exp_lique par 1,élimination des groupesles plus sensibles Iors des premiers épandages.33,34,47,l78' La chlorphoxime, qui s'était montrée beaucoup plus toxique que ItAbate dans 1es essais expé- rintentaux, s'est révé1ée beaucoup plus ro1érab1e lorsqu'elle a été appliquée réguIièrement dansdes cours d'eau traités antérieurement au téméphos pendant plusieurs .rrrà.".L78;2081229 Le Teknar ne produit qu'une très faible augmentation de la dérive et est pratiquement sans effet sur la faune aquatique autre que les simulies. ocP 184.3 Page 47 2.4.2.2 Effets à moyen et long tenne a) Effet sur Ies invertébrés La situation qui suit la mise sous traitement au téméphos se caractérise Par une baisse très nette de la densité des invertébrés surtout si les premiers épandages sont faits en saison sèche. Cette altération de la faune dure environ un an puis est suivie d'un repeuplement à partir de zones refuges, surtout pendant Ia saison despluiesr et'un nouvel équilibre s'établit. Les différents taxons ne sont pas affectés de la même façon. Mais, en général, la plupart de ceux présents avant le début des opérations n'ont pas disparu bien qu'une ou deux espèces puissent être élininées de superficies importantes. Quelques groupes diminuent considérablement alors que d'autres s'accroissent; c'est le cas des Chironomidés, probablement par suite de la disparition de leurs prédateurs. En gros, f impact du téméphos sur les invertébrés après huit années de traitements hebdo- madaires s'est traduit par une réduction de 30 7" de leur biomasse. Dans le nouvel équilibre qui s'est établi dans les rivières traitéesr se maintiennent une grande variété d'organismes donnant une impression de bonne santé écologique Èout à fait différente de ce que I'on peut observer dans les rivières des pays tempérés victimes de pollutions organiques ou industrielles. La chlorphoxime nta pasétéemployée pendant assez longtemps pour que I'on puisse évaluer son impact à long tenne. b) Effets sur 1es poissons La dynamique des populations de poissons ne se déroule pas dans la même échelle de temps que celle des invertébrés et son étude doit être poursuivie pendant un grand nombre d'années pour que des résultats significatifs puissent en être dégagés. Les diffic cas de I'espèce ultés d'interprétation de la dynamique des poissons Schitbe mystus dans le haut bassin de la Léraba.E5 sont bien iLlustrées par le Après le début des opéra- tions de lutte antisimulidienne en 1975, cette espèce déclina, et en 1978, elle avait disparu. On pensa que c'était Ie résultat des épandages de téméphos. Cependant, alors que les activités du Progranune restaient inchangées, en L979, cel!: espèce réapparut en abondance. {leslgs valgge:gprésenta un problème similaire sur la Bandama. ruu On constata dans les deux cas que les popula- tions revenaient à leur niveau initial lorsque Ie régine hydrologique redevenait normal après une période de perturbations dues à la sécheresse. Les opérations du Progranune se sont déroulées pendant une période de grave sécheresse qui a entraîné une baisse de captures de poissons dans de nombreux bassins fluviaux qui n'étaient pas traités. De plus, beaucoup de rivières d'Afrique de 1'Ouest ont une surpopulation de poissons, ce qui entraîne une réduction des prises par unité d'effort de pêche. En général, celles-ci sont du même ordre que^dans les rivières non traitées, Cavally, Niporé, Gambie, Niger et autres cours d'eau de Guinée.85r2O7 Etant donné les risques de confusion des effets des modifications hydrologiques avec ceux des traitements larvicides, il est nécessaire que les études ichtyologiques et la surveiLlance soient poursuivies. Néanmoins, il semble cgqtain que le téméphos, au moins à moyen tetre, n'â pas eu d'action délétère sur les poissons.-- ocPf 84.3 Page 48 CHAPITRE III REDUCTION DE LA PARASITOSE ET DE SES MANIFESTATIONS PAI]HOLOGIQUES APRES ITUIT ANS DE LUTTE ANTIVECTORIELLE RAPPORTS ENTRE TRA}ISMISSION ET GRAVITE DE LA MALADIE Les objectifs du Prograrme sont drune part 1a disparition de la maladie et des manifesEa- tions oculaires, drautre part 1e développement socio-économique des terres protégées de lronchocercose. Ce chapitre se propose dranalyser les résultats obtenus dans 1e domaine médical. Puis les résultats de 1révaluation entomologique seront confrontés pour faire 1e point des connaissances actuelles sur les rapports entre transmission et gravité de 1a rnaladie. Les informations sur ce dernier sujeE ont une très grande importance pour la stratégie à long terne; en effet, e1les constituent une base pour déterminer 1es seuils épidémiologiques droccu- pation des terres protégées et pour progranmer les opérations de lutte antivectorielle. 3.1 L'évaluation médicale Crest un processus dynamique fondé sur 1rétude longitudinale dréchantillons de population. EIle comporte une évaluation parasitologique pour suivre la régression des diverses formes du parasite chez lthon-e et une évaluation ophtalmologique pour déterminer 1es conséquences de cette régression sur les m:nifestations oculaires de la maladie. Etant donné 1rhétérogénéité de lraire du Programme, les résultats ont été évalués dans Ie cadre des zones opérationnelles du Prograrme (ZOp cf.2.2) qui reflètent précisément la diversité des situations. 3.1.1 La surveillance parasitologique 3.1.1.1 Méthodologie a) Détermination de 1réchantillon Lrunité épidémiologique reEenue a été le village. On a choisi de préférence ceux qui groupaient environ 300 habitants, cette tai1le étant acceptable à la fois pour les statis- ticiensr les enquêteurs et 1es parasitologistes. Mais des hameaux plus petits ont été égalenent inclus dans 1es enquêtes, en particulier dans 1es régions hyperendémiques peu peuplées. Parmi Les 474 villages examinés entre 1975 et 1983, 2OI ont fait lrobjetrde passages répétés et 161 ont été retenus pour 1a présenEe évaluation parasitologi:que."' Les villages ont été sélectionnés de façon à représenter tous 1es foyers dronchocercose connus à 1tépoque. Ils sont de préférence situés à proximité des points de capture du réseau entomologique pour relier 1es observations médicales à I'inÈensité de transmissionr S0 Z sont en zones dthyperendémie. On a choisi des localités dont la population était stable, crest-à-dire peu susceptible de bouleversements. Dans chacune, on a vei1lé à ne pas mélanger des fractions de population à profils épidérniologiques différents, agriculteurs et fonctionnaires, par exemple. Lorsque ctétait nécessaire, ces diverses fractions ont été ptacées dans des "grappes" épidémiologiques dis tinctes. b) Surveillance longitudinale ElIe est fondée sur des enquêtes répétées tous les trois ans environ au cours desquelles toute la population du village est examinée, ce qui implique un recensement exhausÈif préaIable. ocPf 84.3 Page 49 Lréchantillon est ouvert puisqutil y a des sorties par décès et émigration et des entrées Par naissances et inmigration. Lors du deuxième passage, on ne retrouve que 50 Z des examinés du premier passage, meis ce pourcentage ne descend pas au-dessous de 4O Z cinq ans plus tard. Cela ntintroduit pas de biais analytique et les résultats de 1a surveillance longitudinale menée par le Prograrme sont considérés comme statistiquement acceptables. c) Examens parasitologiques La base de 1révaluation est le dénombrement des microfilaires émergées après 30 minutes d'incubation en eau distillée de deux biopsies cutanées. Les biopsies^!,égative§ sont réexaminées après une incubation de 24 heures "., "é.,rr-ptysiofogiq,r".93'Y]-7'24O On procède, en outre, au dénombrement des nodules palpables. Dans quelques localités, on a procédé à lrablation de ces nodules en vue drexaminer 1tétat physiologique des vers après dilestion des tissus fibreux par la collagénase. Le but de cette recherche est de déterminer le noobre des vers par nodules ainsi que le pourcentage de femelles sexuellement actives afin drestimer 1a durée de vie active des vers femelles (cf. 5.41.L42 3.1.1.2 La situation parasitologique dans lraire du Progrenrme après huit ans de lutte antivectorielle Les résultats des actions du Progra.nme peuvent être mis en évidence Par la réduction de lfincidence des infections nouvelles, 1a diminution de la prévalence du nombre de sujets parasités, la décroissance de lrintensité moyenne du parasitisme dans les com.rnautés. a) Réduction de lrincidence Ltincidence est le pourcentage de nouveaux cas par an. Elle devrait être nulle si la trans- mission était interrompue. Toutefois, certains cas nouveaux Peuvent résulter drinfections contractées avant 1e début des opérations de lutte et qui ne se menifestent que plus tard(jusqu'à 34 mois).11O 11 faut Èenir conpte de la Èransmission in utero chez les bébés de noins dà six moisrl13 des contâminatioos extérieures, des sujets faussement déclarés négatifs lors dtexr-ens antérieurs et enfin dterreurs dridentification des individus. Avant 1e début des opérations, lrincidence était très élevée dans la plupart des localités du progrr*e, allantjusqu'à 60 Z de nouveaux cas par an dans le sud du Bénin, mais les données étaient relativement rares. Devant les difficultés à établir lrincidence chez les adulEes, on a étudié ce Paranètre chez les enfants nés depuis le début des opérations. Ils constiEuent le groupe épidémiologique- ment 1e plus sensible chez 1equel la présence drinfection permet drétablir formellement lrexistence drune transuission. Mais ils sont en général moins exposés à 1a contaminaÈion que 1es adultes. Sur 1es 600O enfants examinés, répartis sur ltensemble de lraire du Prograrme, un seul cas positif a été rencontré dans la partie cent.rale (ZOP Ol). Les autres cas ont été détectés dans i"r ro.r"" de réinvasion où les résultats entomologiques nrétaient pas enEièreoent satisfaisants. 11 sragit de trois cas sur la bordure occidentale, au Mafi (ZOP O3), drun cas en Côte dtlvoire(z1p O4), et de douze cas sur la frange sud-est du Programne au Togo (ZOp Ol).6 Si la transmission avait continué au même niveau quravanE les opérations, ce sonÈ plus de 2OO enfants de 1réchantillon qui auraient dû être parasités. En conclusion, dans toute 1'aire initiale du Programme, la transmission a été réduite à un niveau tel qurelle nta permis que lfapparition de cas sPoradiques dronchocercose. Le phéno- mène de réinvasion a eu des effets moindres que ceux redoutés et limités aux villages riverains du fait du faible pouvoir de redispersion des simulies inmigranEes. ocPf 84.3 Page 5O b) Evolution de 1a prévalence La prévalence est le pourcentage de porteurs de microfilaires dans un échantillon, crest un indicateur composite qui dépend de lrincidence, de la guérison des malades et du mouvement dénographique, les malades âgés décédant et des jeunes indemnes apparaissant. Elle indique, à un rcEent donné, lramplitude de 1a parasitose dans 1a population. La baisse de 1a prévalence enregistrée depuis 1e début des opérations varie suivant 1es ZOP (tableau 5). TABLEAU 5. BAISSE DE LA PREVALENCE DANS L'AIRE DU PROGRAI,,IME Année de traitement Numéro de la ZOP Baisse de prévalence 1975 et 1976 197 5 1977 197 7 1977 197 7 01, 02, 0g 04 (nord-est) 01 Niger 03 06 o7 25à302 20 7" 122 10 7" 57. oo/ I1 y a donc une nette baisse de prévalence sur lrensemble de lraire du progrr*e même 1à où il y a eu réinvasion ou failles de trairemenr (zop 03, 06, 07). Etant donné la durée moyenne de 1a fertilité des vers, de ltordre de 10 à 12 ans, la préva-lence baisse lentement même en ltabsence drinfections nouvelles. Dans les zones dthyperendémie, chaque individu adulte héberge une population homogène de vers de tous âges, .orp."rr"nt donc des vers jeunes; il settnégativera" seulement après que le dernier ver femelle aurâ cessé dréoettre des microfilaires, donc au bout drun temps égal à la durée de fécondité d'Onchocerca volvulus. Mais, à cette période, on peut prévoir une chute brutale de la prévalence da"s t."te lfaire traitée. Dans les zones drhypo- ou de méso-endémie, il existe une proportion plus ou moins impor-tante drindividus qui nrhébergent que des vers âgés; ils se "négativeronti'assez rapidement.La baisse de la prévalence se manifestera plus rapidement que dans 1es zones précédentes et elle sera graduelle. On constate drailleurs qu'e1le est plus accentuée chez lss fs'nmgs, moinsinfectées, que chez les homes. Ces hypothèses ont été guérison au fil des ans est des opérations. confirmées par lrensemble des résultats du progr:rnme. Le taux de inversement proportionnel aux risques drinfection avant 1e début c) Evolution des charges microfilariennes moyennes des communautés La charge microfilarienne d'un sujet (nombre de microfilaires dans les deux biopsies cutanées) traduit ltintensité de son infection. ElIe diminue lorsque le nombre de filaires adultes décroît chez un sujet, même si certains vers persistent. La charge microfilarienne moyenne d'une cormrunauté est obtenue par addition des charges uicrofilariennes de tous les individus drun échantillon d'adultes divisé par Ie nombre dtindi- vidus de 1réchantillon, y compris ceux qui ne sont pas ou plus porteurs de microfilaires.l38 La charge microfilarienne moyenne d'une sermun4ugf est un indicateur de 1révolution de Iaparasitose beaucoup plus sensible que 1a prévalence. Dans un village hyperendémique du Burkina Faso, Protégé depuis I ans, e11e a baissé de plus de deux ii,..r alors que 1a prévalence nra diminué que d,e 25 7". ocPf 84.3 Page 51 Le décalage entre la réduction de la prévalence et celle de 1a charge parasitaire moyenne est évidemment moins marqué dans les zones hypo- ou méso-endémiques. Toutes les courbes de régression des charges microfilariennes moyennes des comrunautés établies dans ltaire du Progranrme Eendent vers un point zéro qui se sit.uerait, environ 11 ans après le début de Ia lutte contre le vecteur (fig. 14). CeEte E.endance suggère que si la qualité des opérations du Progranrne se maintient pendant 5 ans encore, lronchocercose sera virtuellement éteinte dans la majeure parÈie de lraire initiale du Progranrne. l 38 Cependant, dans quelques régions, la situation nrévo1ue pas suivant ce mode général et la réduction de la charge parasitaire est miniroe ou nulle (cf. Bandama, fig. 14). Ce sonÈ les zones soumises à réinvasion - bordure occidentale du Programme au Mali (zOP 03) et en Côte dtlvoire, région de Korhogo (ZOP 04) - ou présentanÈ, en sus, des difficultés de traitemenÈ - région de Kara au Togo (ZoP 07), confluent de Ia Kulpawn et de la Volta Blanche au Ghana (zop 08)(fig. 15). Ce dernier foyer de transmission était passé inaperçu de 1a surveillance entomolo- gique par suite de difficultés dtaccès pour les équipes de capËures. On manque encore dtinfor- maÈions sur le bassin de la Sota au Bénin (ZoP 06) où les résultats entomologiques ne sont pas saÈisfaisants. d) Mortalité des parasites Des études comparatives (cf.5.4) menées en zones proÈégées et non traitées montrent que la proportion de vers femelles inacÈifs (morts ou inféconds) augmente avec la durée de la période de protection. Elle est de 10 à 20 Z en région non traitée et de 70 Z dans les régions protégées par la lutte antivectorielle depuis 8 ans. Dans ces mêmes zones, le pourcentage dtembryons dégénérés staccroît, conséquence probable du vieillissement et de Ia baisse de ferti- 1ité des populations de vers. Le nombre moyen de vers femelles par nodule est inférieur de 50 Z dans les villages pro- tégés depuis 7 ans par rapport aux localités témoins. Ceci est dû à la mort.alité des vers qui sont ensuite 1ysés. Draprès 1es résultats préliminaires, la durée moyenne de 1a vie sexuellement active des femelles drO. volvulus se situerait enÈre 10 et 12 ans, estimation confirmée par les tendances de la régre des charges microfilariennes moyennes des cornrnunautés. 77SSION 3.1.2 La surveillance ophEalmologique 3.1.2.1 Lléthodologie La surveillance ophtalmologique du Programme a été fondée sur : - des enquêtes transversales avant les opérations, puis 7 à 8 ans après leur mise en oeuvre, pour déterminer leur impact sur 1tétat oculaire global de la population; ces enquêtes ont. été réalisées dans 20 villages répartis sur lrensemble de lraire du Programmel - un suivi longitudinal dtune cohorte de 913 sujets atteints ou non dronchocercose oculaire avant le début des opérations pour détecter ltapparition de 1ésions oculaires ou suivre 1révoLution de ce1Ies déjà existantes; 1tétude a été menée dans deux villages situés dans La zone centrale du Progranune; les résultats ont été comparés avec ceux obtenus dans une populaÈion non protégée. Les examens onE porté sur la détection des kératites ponctuées, la recherche et le dénom- brement des parasites oculaires, ltidentification des lésions onchocerquiennes irréversibles(kératites sclérosantes, iridocyclites, atrophies opÈiques, choriorétinites), la détermination des taux globaux 6" "5"ig6.240 De plus, dans toutes lesenquêtes, on a évalué ltacuité visuelle et, dans certains cas, la réduction du charnp visuel. ocPfs4.3 Page 52 FIG. 14. EVOLUTION DE L'INDICE D'INTENSIlE DU PÀBÀSITISME DÀNS LES DIFEERENTES ZONES DU PBOGBAMMEw '--.J-\. 6 ô È 50 FtG. 15 ÉVOLUTION OE L'INDICE D'INTENSITÉ DU PARASITISME PARMI LES ADULTES DE DIFFÉRENTES COMMUNAUTÉS r Limite rnrtrote du progromme rn lntcnsité en ddcroissoncc roPlde H tntens,ré en décroissonce encore insuflisonle(, Fts dc chongcmênt NunÉros correspondonls ou grophrque 40 I E 'E- ÈÈof :PE= oEEÉ 98OûE8 s- '6'5 c0o- c6 E .ëEs 30 20 t0 0 2 0t 345 Annéês de traitsmGnts 7a9 ,)' .t/ I 3 2 BANOAMA4 '-\ LERABA 6.. 5 TOGO TA ROUGE KOU *-*È-1;.--"-to'ot't-.rrt. 2 I 7 BANIFlNG ocPf 84.3 Page 53 3.1.2.2 Ltévolution des affections oculaires chez les onchocerquiens des zones protégées depuis plus de 5 ans28 r29 1176 Les résultats des enquêtes de 1982 et 1983 dans les 20 villages sélectionnés montrent que : a) Les sujets indeures dronchocercose oculaire avant le début des opérations sont restés négatifs dans la proportion de 96 7.. b) Les sujets açteints de kératite ponctuée ont, évolué vers 1a disparition du signe dans 90 Z des cas et il nra pas été c.onstaté dfaggravation. c) Les porteurs de charges oicrofilariennes faibles sont ,guéris dans 70 7. des stables dans 16 Z; seuls 13 Z ont vu leur étau s'aggraver. cas, restés {. d) Les porteurs de fortes charges'ont présenté une diminution de la charge dans 68 Z des cas. Chez 30 Z, ot a noté une aggravaÈion sans que ltévolution vers la cécité soit à redouÈer si la transmission ne reprend pas. e) Trente pour cent des lésions oculaires précoces de stade I sont guéries; 10 7" se sont améliorées, 30 Z se sont stabilisées, 25 7" se sont aggravées, 5 Z des m,lades sont devenus aveugles. f) SepÈ pour cent des lésions avancées de stade II ont évoIué vers 1a cécité. Les taux globaux de cécité glt en général dininué par suite du décès des aveugles, dont lfespérance de vie est abrégé.,1?9 et-liincidence plus faible de nouveaux cas. L'incidence de la cécilé est nu1le jusqurà 30 ans .29,176 L'étude longitudinale faite sur deux cohortes distinctes au village de I'tovielo pendant 9 ans avant les traitements de 1966 à 1975, puis penôant 8 ans après le début de ceux-ci de 1975 à ,|983, est parÈiculièreEenr dérnonstrative (f.ig. 16). La prenière cohorte était de 82 sujets et la detrxiène de 75; ,toutes les elasges dtâge des deux sexes étaient représentées. Alors que pendant les 9 ans a\rAnt le traitepênt,^ les troubles oculaires avaient augmenté dtenviron 50 7., pendant la deuxièmepéiiode le nodbre dee.porteurs de"kératites ponctuées a diminué de 50 7, celui des porteurs de.lésions très g.raves de 20 7" ec Le nombre des aveugles est passé de 10,4 7. à I ,3 7..136 ,176 j 3.1.2.3 Relations entre lutte antivectorielle et résultats ophtalmologiques La lutte antivectorielle uenée dans le cadre du Progrrnme a dininué considérablenent le risque dtapparition de lésions oculaires. De plus, elIe a permis Partout une amél'ioration sPon- tanèe de liÈtat oculaire des sujets déjà atEeints. Seule une partie des malades présentant des 1ésions avancées, évoluant spontanéggnt, ou des charges ruicrofilariennes très é1evées ont pré- senté une aggravation de leur 61^1.176 Là où les résultats entomologiques ntont pas été entièrement satisfaisants' 1'amélioration de 1tétat oculaire bien que moins marquée est cependant très sensible. Crest le cas des zones sor:uises à réinvasion. 3.1.3 Cas du bassin du Farako Le foyer hyperendémique du Farako, dans 1a région de Sikasso , au sud-est du Mali , a été effectivement prorégé par des traitements larvicides au DDT à partir de 1966. Cependant, 1a taille de la zone tiaiiée n'a pas été suffisante pour évi'ter 1es réinvasions et les PAT ont été de 100 à 150 jusqu'en 1975 où le foyer a été inclus dans Ie Prograrnrne et traité à lrAbate par hélicoptère. Les PAT ont alors toujours été inférieurs à 50. Les résultats de 17 années de.lu;te antivectorielle, dont 1es 8 dernières dans des condi- tions excellenges, dans le bassin du Farako ont une valeur drexemple pour établir une projec- tion de 1tévolution de lronchocercose dans la plus grande partie de ltaire du Programe au cours des prochaines années. Crest pourquoi le "cas du Farako" a été lfobjet dtune attention toute particulière. 1o9 ocPf 84.3 Page 54 c E --o: : Ë o o àR6g @@U6 c; ,v t c .: , 6 tlJ ! É À ! E E.o^ JQ sOz: o6 F r9 c ,-bo -cÈË!:Os lrJ - FlG. 16 ÉVOLUTION DE L'ONCHOCERCOSE OCULAIRE DANS LE VILLAGE DE MOUVIELO AVANT ET APRÈS Uî.UTiSC-Eru PLACE DE LA LUTTE ANTIVECTORIELLE o Ndnbrc d. rulatr CltcinlS d'onchoccrco'tc oculoifa Sulctr prê.ntod d6 Iarofil6 Poncrü6 SujcE ovcc lésioas tras gtovc6 lncidcncc , dci cécités EI 41 14,3 23,4 37,7 r975 r966 4E 2025 52 1975 7.l,3 983 3 tl. a ler exomen m2àme cxomen I ocPf 84.3 Page 55 Lranalyse détai1lée des résultats de quatre villages montre qutentre 1971 et 1976, lorsque le foyer était traité isolément, lrincidence a été de 3 à 10 Z. Cette incidence est devenue très faible lorsque 1e foyer a été intégré dans 1a zone de traitement du Progranme (tableau 6). La prévalence a chuté aux environs de 1 7" alors qutelle était supérieure à 50 Z en 1966. Sur 554 sujets exâminés en octobre 1983, 5 seulement, âgés de plus de 30 ans, étaient porteurs de microfilaires, ce qui implique une guérison de Ia quasi-totalité des sujets parasités. L'onchocercose nta donc pu se mrintenir et a été progressivement réduite à quelques cas sporadiques. E11e est virtuellement éliminée du foyer du Farako en 1983. Le parasitisme oculaire a également disparu et dès 1976 on ne détectait qutun seul individu porteur drune microfilaire oculaire (au lieu de 12 7. en 1968).155 E.rid"*ent, certains sujets âgés sont porteurs de lésions irréversibles, m:is sans présence de parasites. TABLEAU 6. INCrDENCE DE LToNCHOCERCoSE DANS QUÀTRE VTLLAGES DU FOYER DU FARAKO ENTPE 1971 ET 1983 I1 faut souligner que Ies très fréquents échanges migratoires avec 1a Côte dtlvoire nront pas entraîné le maintien dtun réservoir de parasites. Crest 1à une obser,,ration très intéres- sante pour la perspective de 1a stratégie à long terme. I1 serait donc indispensable dtétudier les mouvements migraEoires de la population du Farako avec lraide dtun géographe. Enfin, dtun point de vue général, 1rétude du foyer du Farako confirme les difficultés à supprimer la transmission dans un foyer de petite tail1e, soumis à recontamination alors que cette incidence esÈ devenue nu1le dès que le foyer a été inclus dans le grand ensemble que cons- tit.ue le Programe. Cet exemple doit être pris en considération par les pays qui envisageraient dtexécuter des campagnes de lutte contre Itonchocercose dans des régions limitées non isolées. 3.1.4 Conclusion sur 1a situation de ltendémie onchocerquienne en 1983 dans Ie Progranrme Les résultats drensemble de 1tévaluation épidémiologique du Progranrme après 6 à 8 années de traitements antisimulidiens traduisent un indiscutable succès. Quatre-vingE-dix pour cent de Itaire initiale du Progranrme semblent Èotalement protégés. Les exceptions sont les zones de réinvasion où seulement les villages riverains sont concernés et celles où Ie traitement srest heurté à des difficultés techniques; les conséquences épidé- miologiques des résistances ntont pas pu être évaluées jusqurici et en tout état de cause ne concernent ltaire initiale que sur ses limites méridionales. I1 faut donc souligner la nécessité de maîtriser la réinvasion. Cela implique soit un traitement illimité dans le temps, et suivant des techniques encore à 1tétude, des sites réenvahis, soit une extension des opérations jusqutaux sources des réinvasions. Vi 1 1 ages Entre 1971 et 1976incidence totale Entre L976 et L983 incidence totale Kafé1a Mamabougou Folasso Ma 5,8 7.(10 sur 173) 3,0 Z(3 sur 99) N.A. 10,7 7"(6 sur 56) 0r8 Z(1 sur 119) 0(sur 75) 0,6 7"(1 sur 172) 116 Z(1 sur 63) I I I ocPf 84.3 Page 56 Les défaillances des traiÈements se sont directement répercutées sur les résultats épidé- miologiques. 11 sera donc nécessaire de maintenir 1a qualité des traitements à un niveau trèsélevé, au moins jusqutà ce que 1e parasite ait disparu dans 1es aires concernées. Dans 1'aire considérée cortrne bien protégée, un seul enfant né depuis 1e début des opéra-tions a contracté 1 ronchocercose sur 6000 examinés. La charge microfilarienne moyenne des communautés a décru rapidement et, après 8 ans de campagne' elle est seulement au tiers de son niveau initial. L'analyse des courbes de réduction suggère que le point zéro pourrait être approché 11 ans après 1e début des opérations. Crest à cette période que devrait se manifester une chute brutale de la prévalence qui,jusqutici, nta diminué que de 25 7.. Ltétude prétininaire des vers adultes extraits des nodules situerait 1a durée moyenne deleur vie sexuellement active à 1t ou 12 ans. Les risques dtapparition de 1ésions oculaires sont devenus minimes et de nombreux sujetsprésent.ent une amélioration spontanée de leurs troubles oculaires. Si Iteffort du Progrâmme est maintenu avec la même efficacité, on peut estimer que la situation entre 1986 et 1990 sera analogue à celle du Farako sur 90 Z de son aire. Ltonchocer- cose ne se Présentera plus que sous forme de cas sporadiques ou importés ou bien de séquelles oculaires irréversibles. 3.2 Relations entre transmission et manifestations cliniques de I I onchocercose 3.2.1 Dualité des onchocercoses de savane et de forêt Crest au Cameroun, au début des années6o, que furent observées des différences profondes entre les manifestations cliniques de lronchocercose en savane et en forêt.44 D"r,r le premier de ces milieux, la maladie est grave et se traduit par des atteintes oculaires entraînantjusqutà 10 7" de cécité dans certains villages hyperendémiques. En milieu foresÈier, à degré drendémicit.é équivalent, ltonchocercose est beaucoup plus bénigne; les accidents oculaires sont moins fréquents et les cécités très rares, sinon absentes. Alors qutau Cameroun, forêts et !lguesç de ce pays, les deux milieuxI 18,1 19 Lu" ,"àtl,r., savanicoles s. savanes sont séparées par 1es montagnes de lfAdamoua, à s'interpénètrent dans une large bande de transi6i6n.111, darDnosum s.s./S. sirbanum stenfoncent dans 1e bloc fores- t]-er , 1e long des grandes rivières, et attei.gnent presque le golfe de Guinée sur le bas Bandama. Les espèces ttforestières" S. soubrense/S. s qnct ipaul i colonisent également les rivières des savanes humides jusqutau 10e parallè1e; ce sont 1es espèces dominantes dans les savanes desparties méridionales du Bénin, du Togo et du Ghana. Dans une large partie de leur aire de dis- tribution, e11e cohabitent donc avec 1es espèces savanicoles (fig. 6). S. squ2mosum se trouve également dans Ies deux milieux et seul S yahense semble assez strictement inféodé à la forêt. Dtaprès 1a gravité de la maladie et la répartition des vecteurs,"' or peut distinguer trois types épidémiologiques : - ltonchocercose grave de savane au nord du 9e parallèle oir les vecteurs dominants, voire exclusi-fs, enbien des sites étaient S. damnosum s.s./S. sirbanum; - 1'onchocercose de forêt, considérée jusqu'ici comme bénigne, limitée aux régions d'où S. damnosuIn s.s./S. sirbanum sont absents; - une zone de transition oir le tableau clinique de Ia maladie est plus ou moins grave suivant 1es sites et où les vecteurs draffinités forestières et savanicoles cohabitent. ocPf 84 "3 Page 57 Depuis près de vingt ans, on a tenté dtexpliquer les causes de 1a différence de pathogéni- cité de Ia maladie. Le dénerobrement du complexe S. damnosrrm s.1. en de nombreuses formes a montré que les vecteurs de forêt et de savane appartenaient à des espèces différentes dont les capacités vectrices intrinsèques n'étaient pas identiques.45'102,123,126r157 Mais les facteurs entomologiques pris en compte jusqutici ne rendent pas compte de lrhétérogénéité géographique des manifestations cliniques. La dualité, ou même la pluralité, du parasite a aussi été envisagée. Les microfilaires de savane provoquent des 1ésions plus importantes de 1 roeil du lapin que les microfilaires de forêt.43,63 Vingt pour cent des microfilaires de forêt présentent des différences avec cel1es de savane dans leur teneur en phosphatases acides.98'106,119,215 L" *icrofilarurie fréquente en savane est rarement observée en forêÈ.105 Ré."*ent, les électrophorèses dtisoenzymes ont montré des variations entre populations de vers adultes, mais 1es ttdistances génétiques" entre ces populations sont trés faibles .77 tt y a donc un faisceau de présomptions qui amèneraient à considérer O. volvulus coume un complexe de deux ou plusieurs formes, mais aucune preuve déci- Les données recueillies avant 1es opératlons de lutte antivectorielle ont pennis de conclure que lorsque 1es PAT étaient inférieurs à 20040 iI nty avait pas ou peu de lésions oculaires graves, bien que Ia prévalence pût aEteindre 60 Z. Lorsque le PAT s'élevaiÈ de 220 à 2000, 1e Èaux de parasitisme oculaire augmentait de 4 fois et celui des cécités pouvait atteindre 10 Z. Dès que 1e PAT dépassait 1000, toutes les conditions de lthyperendérnie étaient réunies et les conrmunautés étaient menacées dans leur existence même.102r139 sive ntétaie encore cette hypothèse. Aucune des études sur 1e parasite nt a concerné les larves infectantes (1,3) qui se trouvent chez 1e vecteur. Non seulement il est impossible de séparer celles provenant de parasites de savane de celles issues de parasites de forêt (si tant est que les entités exisEent) mais iI ntesÈ pas possible de distinguer O. volvulus de la filaire des bovins O. ochengi (cf. 5.1). 11 est pourtant essentiel de pouvoir identifier quelle(s) forme(s) de filaire transnet chaque espèce de vecteur si Iton veut débrouiller 1récheveau de la transmission dans les zones internédiaires. En 1rétat actuel de nos connaissances, il ntest pas possible de déterminer si les facteurs qui conditionnent la gravité de ltonchocercose sont relatifs au parasiÈe, au vecteur, à ltasso- ciation vecteur-parasite ou sont dtun ordre tout autre, i-unologique par exemple. 3.2.2 Relations entre Èransmission et manifestations clini s en savane 11 nty a pas eu dtinformations préopérationnelles sur les manifestations cliniques obser- vées dans les régions oùr le PAT se situait entre 50 et 200. Le groupe de travail sur 1es conditions dtoccupation des terresprotégées de 1'onchocercose, réuni à Genève er-1977,246a estimé, pour garder une narge desécurité,gutun PAI de 100 et un TAP de 1000 étaient les seuils de transmission et dragression tolérables dans les zones de savane du Progremme. 3.2.3 Relations entre transmission et manifestations clini s de ltonchocercose en forêt d Afrique de 1 Oues t Lronchocercose typiquement ttforestièrettne se rencontre en général qutau delà de la limite néridionale de ltaire de répartition de S. damnosum s.s./S. sirbanr:m. Dès que ces espèces sont présentes, ne serait-ce que pendant une partie de I'année, autrement que par des populations erratiques, 1e tableau clinique de la maladie staggrave. Les vecteurs sont S. soubrense S. sanctipauli, ainsi que S. yahense; cette dernière espèce est associée, le long des petits cours dteau, à une onchocercose particulièrement bénigne. 11 faut être plus réservé en ce qui concerne les symptômes accompagnant la p qui est lui même un complexe de plusieurs formes (cf. 5.2). résence de S. squamosum ocPf 84,3 Page 58 Ainsi quton peut 1e voir au tableau 7, sur la basse Comoé et sur le haut Cava11y, en Côte dtlvoire, des PAT de 5000 et plus ne staccompagnent pas de cécités. Dans des régions dtonchocercose "forestière", 1es seuils tolérables des PAT et des TAP se situent bien au-delà des valeurs plafonds établies en savane. I1 semble même difficile de définir des seuils de tolérabiliEé dans des régions où la maladie est relativement bien tolérée des populations, au moins en ce qui concerne Ies accidenEs oculaires. 11 faut noÈer que ltonchocercose purement "forestièrettne se rencontre dans ltaire du Programne que sur des territoires assez lirnités de 1a Phase IV et Peut-être dans la zone drextension sud (ZOP 05 et 09). Les observations épidémiologiques ont été faites dans un petit nombre de comunautés et demandent à être confirmées sur un échantillon plus important. Lréquipe drévaluation épidémiologique procède actuellement à des études extensives en zone forestière et dans 1a zone t'intermédiairett. 3.2.4 Relations entre transmission et manifestations cliniques dans 1es zones intermédiaires Dans les zones intermédiaires otr cohabitent vecteurs de forêt et de savane, ltonchocercose, pour être moins grave quten savane, nten présente pas moins un problème de santé publique loca- lement important puisque les cécités peuvent toucher 2 à 5 7. de la population. Les PAT dont les vecteurs savanicoles seraient à eux seuls responsables sont suffisants pour créer des situations graves. A Tététou, dans le sud du Togo, ou le taux de cécité dépasse 3 %, le PAT dt à la paire S. damnosum/S. sirbanum est tel qu'il serait à lui seul capable d'expliquer cette situation, si 1'on se réfère à 1'analyse de situations au Burkina Faso où le PAT était identique.ll1 Le rô1e de S. soubt.rr""/S. sanctipauli est I'objet de controverse. Dans les conditions idéales de survie s6 l4§e16toire, il transmet les O. volvulus de savane comme de forêt.aa,lOl,IUë,LLL,Ll4rZZO Dans 1es conditions naturelles, ces simulies ont été trouvées infectées dans des zones de savane où 1'onchocercose présentait un haut degré de gravité (Massadougou en Côte d'Ivoire, les rapi.des du Bui au Ghana, le Bas Mono à 1a frontière du Togo et du Bénin).L74,226,232t238 Bien que certains auteurs Pensent qu'il s'agit de parasites de savane, la preuve est difficile à faire puisqu'i1 n'est pas possible de raPPorter les larves infectantes de filaires transportées par les simulies à une population de parasites de forêt ou de savane. Les seuils de transmission tolérab médiaires ne sont pas établis. Cette tr S. sirbanum et de ceux dus aux autres e S. sanc tipauli. Rien jusqu'ici ne permet de supposer que la limite de tolérabilité des premiers soit différente de ce qu'e1le est en savane, c'est-à-dlre 1OO. Car il n'est pas actuellement possible d'établir un seuil de tolérabilité pour les PAT dus aux autres espèces tant que l'on ne connalt pas leur rôle dans Ia transmission des formes graves de la maladie. L'étude du rôIe de S soubrens S. sanctipauli revêt un aspect d'autant plus important que ces formes sont résistantes aux insecticides. Leur destruction exige 1'emploi, techniquement difficile, et très onéreux, de formulations de Bacillus thuringiensis.14 les pour 1'occupation des terres dans les zones inEer- ansmission est le cumul des PAT dus à S. damnosum s.s/ spèces du complexe, en particulie. a sffi/ ocP,'' g4.3 Page 59 9.o X Ïù:eÈ- ôaoi 6\t æ6 oo r.O 6@ ôC) Oô N §a x o oz oo oz oo § oooo §@ \i. d oo ÔQ @o .JN NN Oii ià NN æ- si oo ÔQ æ Nô q .!\O Oo.iÉoiÉk3 o Èo f .iæÀ J UÔq oi Étsoo É ^do ouo ÀoÀt Àoo o .d !c) É JÀo.ta!.. ooÀ\oÉ oÉ .d .! É@ @.il o .il ! o!! o> oqH.. - o- € i! oàüutooo â!Ho<o - ..up \o É9 §! 6«) C .i >koo 6 0_da aho oéalJol J!l <fl *31 oE:11 - o ii oo-.: Idr - Y x3"È -.o s ü.: oiJo9ô( o X oÈ- a: !v6T.r >:6o:i -o @n 6@ -ÿ\f ôô \ta @xo tr oz o É oz o s\ÿ§ OA -A nd ô§ NOôô 66 6@ ô j Nô ôæi€ooNÔ o !vÉ iN QN N@ O@ €66@c)6ô§ôôohN§i@ \ÿa ai ÈQô\t Êcl c)@ O§iN Ni o9 !ô sic Y^o y*- d- >9 NN NN @o 6AN@ NN oa NÈ @N oi@æ NQ Q@ NN aç 4\' aa ôo ô$@@ 6N $ÈNÈNN@Iàa o x o rE hEkE rE rE htkE hË,rt h> hE r> !1 oî -.otsi:wsËE Xo§s oor o o N o o a oo N ooÉ N oooooo 4 ooo ooo ooa oo NN q @§ oé æ EÊoo .nE av O^uoroÉpoOEtrvg X ! ts o B o 3s) 36 oÈ .i6 ofEOo< Âv oÊ oo .-! EæOQi3 vv ( A B 60 Éa od !a <v q çs (J o oo^ oo.i FÉÉv E do aÉ o!É dA q F o H o I <oo .l ! «J F ok o! o à o <oo o ts)ls \o ooæ6atu oESsÉf.roliæpÉar0É âv o or od ËpçaoÉÈv o o NÉ ! É o 6z EI st ol@l H H(, a o o H JÉ HÉ FH Êr a É,HzE zoHti J dd * E F]E H ocPf 84.3 Page 6O CHAPITRN IV IMPACT DU PROGRA},IME SUR LE DEVELOPPEMENT socro-ECoNoMIQUE ET SANTTATRE 4"1 Les différents aspecÈs du développement socio-économique et sanitaire L'objectif final du Progranrne défini dans le projet APG245 consisËait à "réduire lrimpact de ltonchocercose-rnaladie à un niveau tel qutelle ne représente ni un problème de santé publique ni un obstacle au développement socio-économique ni un empâchement à la récupération de bonnes terres arables actuellement vacantes". Les activités ont débuté par 1a lutte antivectorielle dont les résultats en ont été très vite perceptibles. Lrimpact épidémiologique de cette act.ion a été plus long à se manifester eE crest seulement maintenant que lron peut en dégager 1es premiers résuIÈats et 1es tendances générales (cf. chap. III). Les effets socio-économiques sont encore plus lents à émerger et des analyses significatives ne peuvent être menées que dans les régions protégées depuis longtemps. Crest dans 1es années à venir que de telles analyses pourront avantageusement être étendues à ltensemble de ltaire concernée par le Programme. Le terme drimpact socio-économique et sanitaire est peu précis. I1 englobe de nombreux phénomènes économiques, sociaux, culturels, médieaux. Aussi importe-t-i1 ici de préciser ce qutil recouvre : - occupation ou réoccupation des val1ées, organisation de 1'espace et modifications cultu- re11es, sociales et économiques qurelle entraîne; - accroissement de 1a capacité de Eravail par réduction des manifesÈations cliniques de lronchocercose et notament de la cécité; - amélioration du cadre de vie; - amélioration du niveau généra1 de santé et développement des infrastructures sanitaires; - participation des conrnunautés au Progranrne. I"lais tout dtabord, i1 est nécessaire de faire 1e point des connaissances sur les rapPorts entre 1técologie humaine et lronchocercose, sujet qui a été approfondi dans ltaire du Prograuune. 4.2 Onchoc ercose et écologie humaine Les études épidémiologiques menées dans cette région ont montré qutindividus et collecti- vités placés dans les mêmes conditions apparentes de transmission présentaient des manifesta- tions cliniques différentes, en fonction de la situation du village, de la taille du vi1lage, de la densité de peuplement, du mode dthabitat, des pratiques agraires ainsi que des activités professionnelles. 4.2.1 Situation des villages Avant que ne débute 1e Prograrmne, il avait été constaté en Burkina Faso que le niveau d'endémicité dans un village dépendait de la proximité du gîte larvaire des simulies. Mais deux conrnunautés situées à même distance des gîtes pouvaient présenter des niveaux dtendémicité très différents suivant qutelles étaient en t'première lignet'ou que drautres PeuPlements stinterposaient, amortissant 1es risques de transmission. En résumér 1a gravité décroît à partir du front de peuplement que1le que soit sa distance par raPPort à la rivière.zzt Au GhanaTl "a "r, Ma1i,84 on avait observé que les conrnunauEés stéloignaient des rivières devant ltintensification de lronchocercose puis qu'e1Ies s'enrapprochaient à nouveau lorsque la situaÈion leur semblait moins grave. ocPf 84.3 Page 61 4.2.2 Tai1le des villages On a observé au Ghana puis au Burkina Faso que les taux de cécité dépassant 5 Z étaient en général rencontrés dans les villages de 200 habitants ou moins, alors qutils étaient exception- nels dans les agglomérations de 500 habitants ou plus. De p1us, i1 y avait absence de crois- sance démographique dans les conrmunautés où le taux de cécité atteint o.r-à4f"""" 5 Z.7O'114'196 11 y a interaction de deux phénomènes; les risques de cécité entralnent une diminution de la population par départ des éléments jeunes eÈ décès prématuré des aveugles. Donc ceux qui restent sont soumis à un surcrott d'infection, étant donné que le nombre de simulies piqueuses au niveau d'un vill-age reste relativement constant. Inversement, i1 y aurait une urasse critique au-delà de 1aquel1e Ia transmi.ssion du parasite serait diluée entre un plus grand nombre d'indi- vidus et n'aurait plus f intensité suffisante Pour Provoquer un taux important de cécité qui est proportionnel au cumul des infections. 4.2.3 Densité droccupation des terres Une analyse exécutéeau Burkina Faso montra qutun des facteurs déterminants de la gravité de lronchocercose était 1a densité de peuplement dans 1a partie du terroir villageois effecti- vement utilisée. Dtune façon généraLer lorsque la densité de peuplement y est supérieure à 50 habitants par km2, le taux de cécité reste inférieur à 5 7. même dans les villages de première ligne en zone hyperendémique : leur démographie est identique à cel1e des conrnunautés non affectées. Au contraire, dans les terroirs exposés au mêoe risque' où Ia densité de peuplement est inférieureà 35 habitants par km2, Ia cécité dépasse 5 7", le tissu social se désagrège et la croissance démographique tombe au-dessous d'e 1 2.7O,114 Les migrations spontanées ou organisées dans 1es vallées du Burkina-Faso protégées de lronchocercose se concrétisent par une densité effective de peuplement généralement inférieure à 35 habitants au tm2 (cf.4.3). Les migrants pratiquent une culture extensive favorisée par le développenent des moyens de transPort individuel. 4.2.4 Mode d'habitat On a également pu monErer, au Burkina-Faso, que le taux de cécité variait très sensible- ment au sein drethnies (Lobi, Dagara, Birifor) vivant côte à côte, mais ayant des systèmes dtoccupation de l tespace différents .115,216 Chaque terroir présente deux aires dtactivité économique : a) ltaire péridomestique qui comprend ltespace résidentiel, les champs perranents et 1es points dreau; la dégradation du couvert végéta1 et 1a suppression des galeries forestières, pour Itaménagement des parcelles cultivées, souvent jointives, sont défavorables à la dis- persion des vecteurs; de p1us, la concentration de la population sur un espace restreint diminue 1e contact individuel avec le vecteur; enfin, les villages provoquent un "phénomène dtévitenenttt par 1es simulies. b) Itaire agricole externe qui comprend les champs temporaires éloignés, Ies jachères, les parcours dtélevage et de collecte du bois, etc.; la circulation du vecteur est favo- risée par le maintien du couverÈ végétal et son contact avec l thotnme est très intense dans les parcelles isolées.80 Les mouvements et la répartition des populations entre les deux espaces conditionnent Ia gravité de lronchocercose. Au Burkina-Faso, dans la région de 1a Bougouriba, les Lobi ont un habitat très dispersé, ce qui élimine le phénomène drévitement des villages, souvent situés dans les bas-fonds; ils pra- tiquent une culture extensive dans lfaire externe; leur taux de cécité est supérieur à 5 Z. Les Birifor et les Dagara sont groupés en villages compacts sur le versant des collines ou sur ltinterfluve; ils praÈiquent une agriculture intensive dans ltaire péridomestique et travaillent collectivement, cequi réduit leur temps de présence aux champs; les bas-fonds ont été aménagés ocPf 84 .3 Page 62 en des rizières éliminant Ie couverÈ végétal et les galeries; dans ces conditions, les taux de cécité sonE bien moindres que chez les Lobi. Ces communautés ont développé un véritable méca- nisme social de résistance à 1 tonchocercose. 4.2.5 Activité rofessionnel 1e De par leurs activités près des rivières, certaines professions sont particulièrement expo- sées au risque dronchocercose: pêcheurs, riziculteurs, passeurs par exemple. 11 convient, toutefois, de nuaneer les conclusions et dtéviter les généralisations; la riziculture, par exemple, estune activité à haut risque en Sierra Leonel67 et en Côte dtlvoire (pays Senoufo), où eIle se pratique à proximité des rivières permanentes alors qu'au Burkina Faso en pays Dagara, el1e conÈribue au contraire à diminuer la dispersion des simulies par destruction du couvert végéta1,115 gg donc à limiter la dissémination des parasites. Le risque inhérent à chaque activité doit donc être éva1ué dans 1e contexte écologique et social local. Les femes sont en généra1 moins infectées que 1es hommes par suite de la division du travail. Cela se vérifie au Burkina Faso chez les Lobi et les Birifor où eltes ne cultivent que lraire péridomestique, alors que les honrmes sroccupent de lraire extérieure. Par contre, chez 1es Dagara, où elles participent aux mêmes travaux que 1es honunes, e1les présentent les mâmes taux dtinfection que ceux-ci.115 Chez les Senoufo de Côte drlvoire où elles pratiquent seules 1a riziculEure, elles sont plus infectées que les horrmes ainsi que lront montré les enquêtes réalisées par 1e Progranrme. Le développemenE de la culture attelée ou de la mécanisation diminue la durée des travaux des champs et donc le temps de contact avec le vecteur; i1 réduit de ce fait les risques dronchocercose grave. 4.2.6 act des recherches dréco1o e humaine sur les activités et la stra e de lutte contre 1 onchocercose Les recherches sur 1técologie humaine ont fait ressortir toute une série de déterminants sociaux dans ltendémie onchocerquienne. Ces informations permettent dtenvisager ltaménagement de ltespace sous un angle épidémio- logique, mais iI nrest pas certain qutéconomiquement et/ou socialement une mise en valeur répondant aux exigences de la prévention de lronchocercose soit possible. Le repeuplement des vallées par des conmunautés très denses (plus de 50 habitants ",, kr2) pourrait, par exemple, êtreune mesure préventive contre 1e retour de I'onchocercose, même après 1a cessation de 1a lutte antisimulidienne. 4.3 Mise en valeur des vallées Le développement économique des zones protégées de ltonchocercose ne dépend pas du Pro- grarme, mais des EtaEs qui peuvent solliciter des appuis extérieurs, internationaux ou bilaté- raux. Le Progremme ne peut donc que prendre acte des situations nouvelles sans avoir pu inter- venir sur 1es processus qui les ont créées. Son rôle n'est cependant pas entièrement passif; en effet, i1 fournit des informations sur la situation épidémiologique et entomologique des zones destinées à être mises en valeur. La mise en valeur de ces "terres neuves" se fait soit dans le cadre de projets planifiés, soit par des migrations spontanées non contrô1ées ' 4.3.1 Les projets planifiés de dévelopPement économique dans 1es zones Protégées de l t onchocercose Chaque Etat a envisagé le dévelopPement des zones protégées de Itonchocercose suivant propre ayrramique économique. Un bilan àes actions réalisées' en cours de réalisation ou en p.oi"a, â ete présenté par chacrrn des Etats participants aux CCP de 1982 ou de 1983' sa ocPf 84.3 Page 63 Certains gouvernements ont mis sur pied des actions spécifiques alors que drautres ont englobé ces zones dans des projets plus vastes, régionaux ou nationaux. 11 est souvent diffi- cile dans ces derniers cas de déterminer la superficie des zones protégées de l tonchocercose dans ltaire de chaque projet. Mais cela nta rien de surprenant car 1a lutte contre ltonchocer- cose nrest qutune des composantes des interactions complexes qui conditionnent ltensenble des projets de développement. 11 faut néanmoins remarquer que la densité des projets de développe- menÈ est beaucoup plus forte sur les aires incluses dans le Progranrme que dans les autres parties des territoires des Etats. Le Progr?-e a donc bien joué 1e rôle dré1ément mobilisateur qui lui était dévolu dans le rapport 6pç.245 Le nombre de projets qui était de 160 en 1975 est passé à 320 ea 1982 dans lrensemble de ltaire du Progrqïnme et 1es investissements impliqués ont quadruplé. Certains Projets sont en coursd'exécution,voireterminés, alors que drautres sont en phase drétude ou en recherche de financement. Une liste des projets, résumés ci-dessous (sections a à g), a été fournie par chaque Etat aux CCP de 1982 et 1983, La figure 17 rend comPte de leur distribution géoiraphique.256 ,257 ,258,269 ,270,27 1 ,272 La majorité des actions engagées ou envisagées portent sur le dévelopPement agropastoral et ses infrastructures amont et aval : moyens de production, réseau routier, hydraulique, industries agro-alioentaires, organisation du cadre de vie. Ce dernier élément implique les structures villageoises drhabitation, 1e réseau de soinsr le système dréducation et de scolari sation. . _. 256a) benln Les provinces de lrAtacora et du Borgo, soit 72 Z du territoire national' sont incluses dans les zones de traiteoent du Prograrme. Ces deux provinces sont Peu peuplées (10 à 15 h/km2) et offrent de bonnes possibilités dtaccueil pour des migrants venant des régions surpeuplées. La quasi-totalité du reste du pays est englobée dans 1a zone drextension méridionale. Le développement des zones protégées de lronchocercose, prises dans un sens large, est intégré dans Ie processus national et régional de planification, et une ce1lu1e spécialisée a été créée à 1a direction de 1a planification. La préparation du plan décennal a été précédée de 1a constitution dtune banque de données sur 1es ressources naturelles (obtenues par télé- détection), sur les potentialités des sols et sur 1e sÊatut socio-économique des ruraux. Le plan a identifié 16 projets dtinvestissement dont 2 sont en cours drexécution. Représentant un financement de 14 milliards de Fr.CFA, ils portent sur 1e développement rural intégré, lramélio- ration des productions vivrières et fruitières et 1'élevage; les projets concernant 1a riziculture sont à 1tétude. Le plan suppose que la mise en valeur des zonesprotégéesde ltonchocercose doit être faite par des volontaires et non par des déplacements auEoritaires de population. 11 est donc néces- saire de créer un cadre attrayant par 1e développement de lrhydraulique villageoiser du réseau routier, des infrastructures scolaires. Un effort tout particulier est fait en direction de la santé en privilégiant la médecine préventive et 1a pharmacopée traditionnelle. Trois zones pilotes ont été établies à Segbana, Kérou-Pehunco-Sinendé et Materi-Coby. On entend que la population soit étroitement associée au choix aussi bien qutà ltexécution des différents projets. b) côre dr1roir"269 En Côted'Ivoirer le développement des zones protégées de 1'onchocercose n'est pas indivi- dualisé, i1 est englobé dans des programnes thématiques nationaux ou des projets de développe- ment régional intégré. Le progranmre sucrier mené par la SODESUCRE a débuté à Ferkéssédougou et s test étendu ou stétendra aux complexes de Ferké II, Borotou, Sérébou, Katiola et Zuénou1a. La SODESUCRE pro- cure actuellement 12 500 emplois, non compris 1es emplois saisonniers pour 1a récolte de la canne. Lorsqutil sera achevé,Ie programme sucrier avec ses retombées agro-industrielles fera vivre 250 000 personnes. Les besoins en eau exigés par la canne à sucre entraînent Ia localisa- tion de sa culture aux abords des cours d'eau oir 1'endémie onchocerquienne était souvent très co ÔL .=.9 'tË Oo '6'p O.o o!Er i8 0ZZ ltg OH/t\ (,È c o .9 E c .9 .2 {) ô- 6€ OGtëO6Ps .-o 6É 6!â ofÈ8 o s o. o o 'a o oNEL x =- .sàO'-Ë.8 P9 9ot! 8,e9fÈe <b ffiNNffiM + +++.t i ,/ î ^..-..-.-./ -._-/ I \ , ..j+-.-- r;ii';-:t-::r,, '*-.l.tr.' /'-'l T 3 : + --'l + cî @ o, F[! -)J 5 - oo uJ CL() o + + t + l + + { + l+ t I + 1++t + l t t + + t + a \ l -..i.) /+? +'-À. ,a^ÿ${.r: - i-à \'À+ r -a l'1.*:( -- i++ l1 ++ + + + ( -.-.-;-r- -.-.-.--./' =.i:rl + oé  ocPf 84.3 Page 6lt o) æ C') LlJ trJzz s <?F(9lJ a.o z3rOo t= =? JuJJ tr.l .-a2 ,rl ;<J"oH =PoËzu -r (J(J:l rlJô t-z29 TII JErrIIJ Eo- t-È6J(J >,purFOlJËx Out ur=dsÉ.ko-6 otr ffiBz4oeNO trJ art æ. UJ g C)z É o- È d E grave. Droù la corrélation certaine entre 1es plan sucrier. ocPf 84.3 Page 65 activités du Prograrmne et la mise en oeuvre du Un progr:rrme maraîcher, qui a débuté par 1a création de petites zones irriguées en 1974(Ntzi Bandama, Rubino, Ferkessédougou), se développe dans deux grands périmètres à Marabadiassa et Sinematiali. Ceux-ci sont exploités par plus de 1200 familles donÈ le revenu annuel est de lrordre de 400 000 Fr.CFA. A 1taval, i1s sont à ltorigine dtune industrie agro-alimentaire de conserverie de légr:mes, de fruits eÈ de concentré de tomate. Les périmètres de cultures occupent des vallées à forte endémie onchocerquienne, et sont donc très directement concernés par 1es activités du progranrme. Un projet fruitier (ananas, avocats) de 1000 ha, à vocationexportatrice, a été mis en place dans 1a vallée du Kan près de Tiébissou; des cultures légumières intercalaires sont prévues. La production du riz a diminué après 1a suppression, en 1977, de 1a SODERIZ et du soutien financier gouvernemental. La Côte dtlvoire naguère exportatrice voit ses importaËions de rtz croître dtannée en année; une relance de la riziculture est à 1tétude; 70 Z de 1a production provient de 1a région forestière et 30 7" de la savane. La moitié des surfaces cultivées en forêt et 1a totalité de celles de savane sont en zone dtendémie onchocerquienne. Les relations entre la riziculture et lronchocercose ont été exposées plus hauÈ (cf. 4.2.5). Dans le nord de 1a Côte dtlvoire inclus dans ltaire initiale du Progranrme, 1es pratiques culturales exposent tout particulièrement les riziculteurs aux piqûres de simulies et à ltonchocercose. Les progranrmes café et cacao entrepris dans les années 60 sonÈ à 1a base de 1'économie ivoirienne; localisés en région forestière ou préforestière, ils intéressent 375 000 exploita- tions familiales. L'ensemble des activités dans ce domaine est sous la responsabilité de la SATMÀCI. Le tiers des plantations de cacao est situé dans 1a Phase IV du Prograrme. Cependant, la plupart drentre e11es ne sont pas sous la menace directe de 1'onchocercose. Par ailleurs, ce11e-ci présente en général dans les régions concernées un caractère de gravité moindre(cf. 3.2) qu'en savane. Les progr:mes soja, manioc et cocoÈier, bien que situés dans les zones t'onchocerquiennes" de Côte drlvoire, sont moins directement concernés par cette endémie parce que plus éloignés des foyers graves. Tous ces prograflmes staccompagnent du développement des infrastructures rurales : réseau rout.ier, hydraulique villageoise, dispensaires, écoIes, magasins, ainsi que de 1a fourniture de moyens de production et de la création de groupements coopératifs. Un effort dranimation rurale très important a débuté; il inclut 1'éducation sanitaire et nutritionnelle. En savane, des projets intégrés ont été lancés par la CIDT, société de développement régional des savanes. Enfin, pour pallier Ia carence en proEéines animales, 1a Côte dtlvoire a lancé, à partir de 1975, un plan de développement de ltélevage dans les régions de savanes, de la pêche conti- nentale dans 1es lacs de retenue des grands barrages, et de la pisciculture. Les ranches d'é1e- vage, coume celui de 1a Marahoué par exemple, occupent souvenÈ des vallées inhabitées précisé- ment à cause de ltonchocercose. La lutte contre 1'onchocercose a un impact directement observable sur les cultures sucrières eE maraîchères ainsi que sur 1a riziculture. Ai1leurs, e11e entre en ligne de compte dans les processus de développement de toutes les parties du territoire où sévit 1a maladie, ainsi qutil ressort du rapport269 présenté par la Côte d'Ivoire au CCP de 1983. c) ç1'r^n^257 Le Ghana a inscrit 1a mise en valeur des régionsprotégéesde 1'onchocercose dans son plan quinquennal dont 1es objectifs sont 1'augmentation de la production, la réduction de la dispa- rité entre les revenus ruraux et urbains et la mise en place dtinfrastructures dtavenir pour la gestion des ressources en eau et en terres. Près de lOO OOO km2 (Northern Region et Upper Region), peuplés de 2,5 millions dthabitants, bénéficient des traitements du Prograrme et une superficie encore plus importante est englobée dans 1es extensions méridionales. ocPf 84 .3 Page 66 L?effort des autorités ghanéennes a porté sur 1e développement des cultures irriguées de riz, tomates et quelquefois coton. Plus de 220 petits barrages sont en place et plusieurs barrages de moyenne dimension sont en construction ou en projet; ils sont entretenus par une société dfEtat qui fonctionne avec les contributions des agriculteurs. La production rurale bénéficie des services de la NORRIP (Progra.ume rural intégré de 1a Région du Nord), de ItURADEP (Progranrme de Développement agricole de ItUpper Region) et de la FASCOM (Farmer's Service Coupany). Les deux premières organisations vulgarisent 1es techniques, aident à 1a gesÈion, assurent des prêts et, éventuellement, créent des ranches. La troisième assure la distribution des engrais eÈ des équipements. d) Burkina pass2T? Le Burkina Faso a créé, en 1974, Itautorité pour ltaménagement des vaIlées des Volta (AW), établissement public à caractère industriel et comercial, doté dtune personnalité morale et d'une autonomie financière pour mettre en valeur 1es ressources naturelles des va1lées pro- tégées de ltonchocercose. Après 1tétablissement drun plan directeur, 1a construction dtun réseau routier relié au réseau national, Ie forage des puits et 1a construction de bâtiments collectifs (dispensaires, éco1es, logements du personnel dtencadrement) ont précédé 1a mise en place des exploitations. Ce1les-ci sont établies pour assurer ltautosuffisance alimentaire des exploitants, leur procurer un revenu décent et permetÈre un assolement par rotation des cultures. E11es ont une tail1e de 7 à l0 ha, jachère et réserves comprises; la superficie cultivée est de 0,65 ha par habitant, soit 4,5 ha pour une famille moyenne de 7 personnes. Des comités de villages et de bloc concourent à la promotion des villageois et en parti- culier des femnes; des centres d'alphabétisation pour adultes fonctionnent; des boutiques, notamlent des dépôts de médicaments, sont gérés par des villageois. Un service de crédit agri- cole permet lrachat de semences sélectionnées, dtengrais, de produits phytosanitaires, dtattelages. LrAVV envisage Ia mise en place de zones de sédentarisation de 1'élevage de reboisement industriel et paysannal. Un reboisement de 600 ha est en cours Des actions pour 1a protection de ltenvironnement sont également. prévues. et de périmètres de réalisation. De 1972 à 1981, 1'AW a bénéficié d'un concours financier de 10,8 milliards de FT.CFA qui ont servi à couvrir 1es dépenses relatives non seulement aux études de base mais également à f installation de 2450 familles comprenant 18 000 personnes environ. Le progranune 1983-1986 prévoit lrinstallation d'environ 10 000 autres familles pour un coût moyen de 1,5 million de FT.CFA par famille. Les villages sont groupés dans 10 blocs situés 1e long de 1a Volta Rouge (1 bloc), de 1a Volta Blanche (8 blocs) et de la Gougouriba (1 bloc). Les prévisions de production moyenne dtune exploitation sont de 2200 kg de coton, 1650 kg de sorgho, 1700 kg de mil et 350 kg de légumes secs. e) 11.1i258 A 1a suite dtaccords avec le PNUD et 1a FAO, en 1978, 1es autorités du Mali ont créé une banque de données et une ce1lu1e de planification de 1a zone onchocercose. Dans 1e cadre de 1a planification du développement de base ont été identifiées trois zones pilotes groupant 3000 personnes : Hountounlouga (cercle de Kati, hors du Progranrne actuel); Denyekoro (cercle de Dioila); Pikoro-Founa (cercle de Yorosso). 2 3 ocPf 84.3 Page 67 Dans chacune dte11es, unconseil informel de concertation représente les producteurs/ consonmateurs et 1es associe aux décisions prises avec les autorités politiques et administra- tives. Chaque zone pilote a fait ltobjet dtun relevé de lroccupation des sols et de leurs aPti- tudes. On frocède à ltinstallation des équipements de base (forages' pomPes, moulins) et éven- tuellement à lrinsertion expérimentale de t,echnologies de production des énergies renouvelables. Draurre parr, plus de 60 projets individualisés ont été identifiés, des dossiers ont été préparés pour 1es investisseurs. üne quinzaine sont en cours de réalisation ou sont même ter- minés, conme le barrage de Selingué sur le Sankarani. I1s intéressent 1e déveloPPement agro- pasEoral, ltagro-alimàntaire, 1es énergies renouvelables, les infrastructures routières et rurales. Enfin, il ne faut pas omettre de citer de ltonchocercose dans le bassin du Farako, le début du Progranrne (cf. 3.1.3). le développement remarquable des zones protégées de développement amorcé pendant la campagne FED avant f) Niger2To Lronchocercose est liroitée à la partie méridionale de 1'arrondissement de Say (11 000 km2) situé sur 1a rive droite du Niger face à Niamey. Crest une des régions 1es mieux arrosées du pays; elle offre de très bonnes perspectives agropastorales et a seulement une densité de popu- lation de 6 h/km2. Le projet de mise en valeur de I'arrondissement,préparé avec ltappui du PNIID, lors du démarrage du Programe, nta pas encore été entièrement réa1isé. Un périmètre rizicole de 300 ha, extension du projet. de productivité de Niamey, a été créé à Say; un microprojeÈ de cultures maraîchères fonctionne à la mare de Kobadié; ces projets ne sonE pas en relation directe avec la lutte contre ltonchocercose. En revanche, on peuÈ constater une forte immigration spontanée à partir de Niamey et des arrondissements de Ouallan et Filingué. Ce flux atteint rée1lement les va1lées protégées de ltonchocercose, en particulier ce1le de la Sirba. g) Togo27 1 Le développement des zones onchocerquiennes a débuté en 1976. Le vaste programme concernant 1a vallée de 1'Oti est scindé en trois opérations de mise en valeur, celle de 1a plaine de Mandouri, celle de 1a zone Tchiri eË celIe de la plaine de Namié1é; seule cette dernière est en cours d'exécution avec réalisation d'un périmètre hydro- agricole et développement de 1'élevage; le coût de la première phase est de 3,7 milliards de francs CFA. La mise en valeur de la vallée de la Kara commencée en 1974 se complète d'un déveloPPement de 1a culture attelée; les investissements des premières phases de ces deux projets dépassent 2 milliards de francs CFA. L'opéraEion d'inEensification agricole dans 1a région des savanes, d'un coût de 1,47 milliard de francs CFA, est destinée à encadrer 25OO exploitations avec développement de 1a culture attelée,en particulier pour 1e coton. CeÈte action très efficace bénéficie direc- tement des acquis du Programme. Le progrannne vivrier d'Atchangbadé-Sirka, d'un coût de 42O millions de francs CFA, concerne 1a promotion des cultures vivrières dans 7OO exploitations. Dans tous les projets sonÈ prévues les infrastructures villageoises Les projets, en préparation, d'aménagement hydro-agricole de la va1lée du Mono et du développement rural de I'Est-Mono se situenE dans 1a zone d'extension méridionale du Programme ocPf 84.3 Page 68 Le premier d'entre eux serait exécuté conjointement avec 1e Bénin; outre 1a production é1ec- trique, 1e barrage projeté permettrait f irrigation de 15 OOO ha. Le projet' en préparation, de ttla fosse aux lionst' près de Dapaong prévoit la construction d'un barrage sur le Koumfab et f irrigation de 15OO ha. 4.3.2 Occupation et mise en culture de s terres D'une manière généraIe, la mise en culture des vallées est le fait soit d'implantations encadrées intégrées dans 1es programtres nationaux de développement que I'on vient de décrire, soit d'occupations spontanées par inunigration allochtone ou à partir de villages déjà existants proches des val1ées; en effet, 1a popularisation de moyens de transport individuels, bicyclettes et cyclomoteurs, permet de cultiver des champs à dix ou quinze kilomètres du village de rési- dence. Cependant, certains cultivateurs construisent des habitations temporaires utilisées pendant 1a saison des cultures. Enfin, dans certains cas, les exploitants des nouvelles terres créent des quartiers ou des villages satellites du village d'origine. Les cas d'occupation à partir d'un village d'interfluve posent en généra1 peu de problèmes sociaux car les communautés possédaient déjà, la plupart du temps, la terre des vallées. Dans ces conditions, le système de tenure des sols ne subit pas de perturbations. Par contre, 1'occupation de nouvelles terres par des migrants allochtones (nationaux ou étrangers) ne peut se faire qu'avec l'accord ou 1a neutralité des conrnunautés locales qui tiennent traditionnellement la terre. El1e entraîne éventuellement des rnodifications sociales importantes. Au Burkina Faso, ces migrations sont souvent le fait de 1'ethnie mossi. L'importance de 1'occupation et la mise en culture des terres protégéesde 1'onchocercose varient donc considérablement d'une va11ée à 1'autre suivant 1es plans de développement, 1a pression démographique dans f interfluve, 1es systèmes d'occupation et de tenure de 1a terre, 1'organisation sociale, etc. En 1983, 1e Prograntrne a recruté quatre consulEants pour étudier la mise en culture depuis le début du Programme (1975) d'un certain nombre de vallées du Burkina Faso et de la région du Farako au Mali. a) Bassin du Farako, u.lil93 Entre L952 et L975,les surfaces cultivées dans Ia zone inondable se sont accrues de 625 7" et actuellement celle-ci est totalement occupée. Une plantaEion de thé fournit le sixième des besoins du Mali. Les cultures rrsèchest' continuent d'augmenter au rythme de 4 "L par an. Des périmètres ont été plantés d'anacardiers et de tecks. Les communauEés villageoises qui étaient menacées dans leur existence même avant le début des campagnes de lutte contre 1es simulies sont maintenant en pleine exPansion. Le bassin du Farako préfigure ce que pourrait êEre, à moyen terme, 1'évolution économique de certaines zones protégées de 1'onchocercose. Mais ce modèle n'a pas, dans ce domaine, la même valeur générale qu'en épidémiologie car 1e développement socio-économique dépend de déter- minants culturels, sociaux, écologiques et politiques, spécifiques de chaque région. b) Bassins de Ia Volta Blanche et de la Volta Rouge, Burkina Fr"o193 Dans les deux bassins coexistent des périmètres de mise en valeur planifiés par I'Autorité de 1a Vallée des Volta (AVV) et des exploitations sPontanées. Dans les vingt années qui ont précédé 1a campagne de lutLe contre I'onchocercose, 1a croissance des surfaces utilisées était de 0,2 à 0,3 % par an, c'est-à-dire inférieure à la croissance démographique du Burkina Faso qui atteint 1,2 à 2 % par an. La superficie des espaces habités avait même diminué de 7,9 %. Depuis 1e début du Programme, 1a croissance annuelle des surfaces utilisées a été en moyenne de ll %, soil. 223 %, depuis le début du Progranrne. ocPf 84.3 Page 69 Dans 1e Yeriba (Volta Blanche) , zorle qui a présenté 1a plus forte expansion, le pourcentage de surface utilisée par rapport à la surface disponible est passé de 28 à 99 %. La création de nouveaux champs s'est intensifiée au cours des cinq dernières années. En général, le nombre de migrants spontanés, résidents ou temporaires,est plus de deux fois supérieur au nombre de personnes installées par I'AW. Dans deux zones de peuplement de 1a Volta Blanche, à Mogtedo, on a ainsi recensé,pour 2178 familLes, 572 familles résidentes de 1'ÀW, 751 familles de migrants spontanés résidents et 855 familles de migrants spontanés temporaires. La surface de chaque exploitation spontanée est, en général, inférieure de moitié à ce1le des fermes de 1'AW. La densiÈé de population dans les périmètres de 1'AW est de 32 à 35 habitants par km2 c) Bassin de la Bougouriba et de la Volta Noire, Burkina Faso 2L7 Dans le pays dagara, au nord du confluent des deux rivières, la croissance annuelle des aires utilisées est de 7,8 % par an en direction de la Volta Noire et de 2,4 % par an en direc- tion de la Bougouribal la distance entre le front des cultures et la rivière a diminué de moitié au cours des dix dernières années. Ces terres sont exploitées à partir des anciens villages, sans création de nouvelles unités d'habitations; cela s'explique par 1a malédiction qui s'attache aux vallées ravagées par les épidémies de maladie du sonmeil de 1905 à 1935,79 et par la très forte cohésion sociale des populations qui restent groupées dans leurs villages traditionnels. I1 n'y a pas de migrants provenant d'autres ethnies. Dans 1e pays birifor au sud du même confluent, 1'augmentaÈion annuelle des superficies cultivées en direction de la Bougouriba a été de 6,4 % suivant les mêmes modaliÈés qu'en pays dagara. Dans le pays 1obi, à faible densité de populaÈion, on ne note pas dtextension des cultures vers les rivières. De plus, les habitants refusent toute iroplantation de migrants. La situation est donc restée stationnaire depuis dix ans. Dans le pays wiilé, Ia situation est interroédiaire, sans qutil y ait création de nouveaux vi11ages. La mise en valeur du périmètre de I'AW de Djipologo sur 1a Bougouriba (six vil1ages, 237 faal]-]-es) a démontré que les vallées pouvaient être oecupées sans risques, et un mouvement migratoire de résidents permanents dans 1es vallées srest créé paral1èlement aux installations de lrAW; ils sont, en général, originaires des villages voisins de ltinterfluve à qui appart.e- naienÈ 1es terres. LtÀW essaie de 1es encadrer pour éviter une exploitation anarchique et destructrice des dernières terres libres de cette région. d) Région de Samadéni, Burkina F""o175 Dans les années 60, 1es espaces cultivés occupaient moins de 5 Z de 1a superficie totale. Depuis cette époque, 1e gain dtespaces cultivés a été de 3OO Z, et depuis 1981 la haute va11ée de la Volta Noire, qui était déserte, est mise en culture. Ctest dans ceEte région que se produit une forte irmigration mossi. Dans 1a région de Sarnandéni, lapopulation a augmenté de 229 Z entre L977 et 1982. e) Région de Saint-Pierre, Burkina Faso t75 Sur lfensemble du district, lrespace cultivé a augmenté de 600 7. et représente aujourdthui 2417 7" de la superfieie disponible. Dans les val1ées, noÈalment celle du Kéralié, la presque totalité de ltespace cultivable est occupée. Le pays a été soumis à une forte irmigration, avec création de nouveaux villages. Les Maliens constituent une part importanÈe de cetEe nouvelle population mais un fort contingenÈ de migrants nationaux sty est ajouté surtout entre 1975 et 1981; ces derniers se sont installés dans des villages déjà anciens. ocP Pag, t) ! 38470 Bassin de la Léraba, Burkina Faso L75 La superficie totale des espaces cultivés srest accrue de L2 Z pour le terroirs autour des villages existants se sont agrandis et Itespace vide 1e stest humanisé; seuls restent inhabités 13 km2 de rives en amont du pont de nouveaux occupanËs, souvent des autochtones, consÈruisent leurs habitations culture, créant les noyaux de futurs vil1ages. g) Bassin de 1a Comoé, Burkina F."o175 district. Les long de la rivière la Léraba. Les sur les lieux de En 1956 existaient deux pôles de peuplement, Saterna et Folonzo, et, entre 1es deux, 1e vide absolu. En 1983, les terroirs de village ont plus que doublé. La va11ée de la Comoé est occupée par des champs cultivés en saison des pluies, et 1e vide se comble, mais l-entenent; les berges ne sont pas encore occupées. 11 y a peu drinr.igratioD, mais occupation de la vaIlée par déplacement des champs, souvent ternporaires. En conclusion, ainsi quton peut 1e voir sur la figure 18, le processus droccupation des terres des vallées a été drautant plus inÈense que Ia densité de population était plus élevée dans 1es interfluves, provoquant une surpopulation. La mise en culture a été en général plus rapide que lrimplantation de villages. Les migrations dans le terroir drautres ethnies sont moins fréquentes et de date plus récente que les déplacements dans Ie terroir drorigine. Le processus généra1 droccupation des valIées srest intensifié au cours des cinq dernières années. Les études réalisées au Burkina Faso sont 1e prélude à une évaluation complète de la dyna- mique droccupation des vallées depuis le début du Prograrrme. Ce travail a été entrepris par la FAO par comparaison des images prises par satellite Landsat en 1974 et 1983; 1es résultats en seront disponibles au cours de 1984. Ce type d'investigationsdevra toutefois être complété par des études multidisciplinaires sur 1e terrain. 4.3.3 !.a protection de lrenvironnement dans 1es terres protégées de lronchocercose La sécheresse de ces dernières années, en accentuant 1es processus de désertification, a interpellé lropinion mondiale sur Ia nécessité de sauvegarder le rnilieu naÈurel pour assurer lq, cadre de vie des générations futures. Le problème est mondial come i1 ressort des études pluridisciplinaires menées par le p1199279 lais 1'Afrique de lrOuest fait partie des régions où il se manifeste avec le plus 6t."rrig6.187 Lors de la réunion du CCP de 1983,266 pl,rrieurs voix se sont élevées pour exprimer leur crainte que les occupations non contrô1ées des terres neuves nrenÈraînent des destructions irréversibles des écosystèmes. La préservation de la couverture arborée et, en particulier, des galeries forestières est appanre courme essentielle pour enrayer 1es processus de dégradation de 1a végétation et maintenir 1e cycle de 1reau. Or le défrichement incontrôlé et surtout la coupe des arbres pour 1e bois de chauffe font courir un grave danger aux formations ligneuses. En effet, le bois est la principale sinon lrexclusive source dténergie utilisée pour la cuisson des aliments et la demande croît en fonction de ltexpansion démographique. Le reboisement intensif est actuelle- ment le seul moyen de répondre à ces besoins et dréviter que le préIèvement se fasse uniquement au détriment des formations naturelles. La plupart des Etats du Prograrme ont dtailleurs des plans de reboisemenE, souvent ambitieux. Les dangers encourus par la grande faune dont de nombreuses espèces sont localement en voie de disparition ont été évoqués. La création de réserves eË la mise sous protection des espèces menacées ont été vivemenE encouragées. Certains Etats ont augmenté la superficie et 1a surveillance de leurs réserves. Tous les pays disposent dtune 1égislation de la chasse qui permet de protéger certains éléments de leur faune. La gestion des troupeaux dtani.aux domestiques doit être rigoureuse pour éviter les sur- pâturages des bovins et 1a desÈrucÈion des jeunes arbres pas les caprins et 1es ovins. ocPf 84.3 Page 71 09rr8 oHût o I =I Flrifo æ. trJ a o- Àd o 3$aeè 6o iB+ÉËE -3;= -oe €Ë.Es r| 3-oÈE -- > AEE.3Àcc!X.o.9 3 oÇ!!- €EàËr!âEN J c,i ÿi + .= o E s € atl r tr (.,U =U'F(JUèo 6 o lrl o c, ?E s otsÉ.É.2 -g.= à =oiÉ;Ë € oË 3 -Ë §.Eg§sË €=-= ,E @ = € -î ËËÈgË Ë: E 3 sëgËEe EEEEE '- oE= !!ëtrâasà! E E.Eȧ;:€: HI ËT€ E e Es Ë Ë s€ie 5 b eîo.=>>o-oÉ==oglo(300<: -'.\i Fi + ri «; I +l t I G =C o $ .O o ..16 L F 6l c!À 6l-oUÀ6 z I(, .8 o .U J o(9 o Eô J a, la..... I ot .l b ô \. !l*tt' o àlrT' t o a) a l ola + a a ot ,! t l a a ,t atl a a 0 ,i t a e I 'a og oI c oz o EI o I E J .E d c E o lâ oâ:- ots t!:-rtt:!t§!::ÿ tt +t t )gr3 <2 I a tI DIfôô ü Éo 0rrôart = - \' F o I lrJ Ff I + ùt I , ,tt ait .goô -8 g o)! oz .goo6ô. § oE oz Eoac (, o o. rr.r t to z UJ(, rlu J .E oo (, oo tu at, o(J G u,t() oIoz 9 UJ o Ît UJsl cîêEco rtJ o) @ -or o€ ü§JOiz uJ=or zos FJ (JUJ C'Fof:lf ul o u.t DI =z o æ d ]L \.-ttt- z 6 tr I ! T a I ! I a a a !I ! a I t I I I rXt rt ocPf 84.3 Page 72 Lrattention des participants du CCP a été attirée sur les usages abusifs et incontrôlés des pesticides par certains agriculteurs qui causent des donrneges profonds à la faune des invertébrés. De plus, certains insecticides sont utilisés cott-e poisons de pêche et sont autre- ment plus nocifs que 1es traitements du Prograrrme. Ctest néanmoins quelquefois à celui-ci que lron impute les mortaliÈés anormales de poissons dont i1 ntest en rien responsable. Les membres du CCP nronÈ pas cherché à dresser un bilan des problènes écologiques dfAfrique de lrOuest qui dépassent de loin ceux qui se posenÈ,aux zones protégées de lroncho- cercose. IIs ont attiré lrattention sur la nécessité drorganiser, dans toute 1a mesure possible, la mise en valeur des terres neuves pour éviter que leur exploitation anarchique ne cause des dégâts irréversibles à ltenvironneuent. Le progranme a rappelé aux Etats les voeux des organismes consultatifs en même temPs qutil leur faisait part de ses propres informations sur la réoccupaEion des va11ées, en Particulier par des migrants spontanés. 11 a de plus décidé de 1es aider en accordant des bourses de forma- iior,.n gestio., agraire, gestion de lrenvironnement, techniques forestières, é1evage, socio- logie en sus des domaines où il apportait déjà son concours (cf. chapitre VI). 4.4 L taccroissement de la capacité de travail Lranalyse faite au Burkina Faso après 7 années de traiteoent a montré que Itonchocercose ntavaiË pas drinfluence sur la fécondité humaine et qurelle affectait peu 1a démographie. SeuIs les aveugles présentaient une surmortalité. Dans les zones hyperendéuiques, la cécité apparaît en Eoyenne à 39 ans, dans les zones mésoendémiques à 45 ans et en zone hypoendénique entre 49 et 51 ans. La non-voyance déterminée par le test de réduction du champ apparaît encore plus tôt. Dans les zones hyperendémiques en particulier, Ia perte de 1a vue intervient donc à une période cruciale de la vie de lrindividu, alors quril est en pleine productivité et a souvent de grosses charges faniliales. Ltespérance de vie dtun aveugle, à partir du moment où il a perdu la vue, est de 9 ans en zone hyperendémique et de 7 ans en zone mésoendémique; elle est inférieure de 13 à 15 ans à celle des voyants.l2o Dès le moment où il perd la vue, le sujet est improductif et n'a plus de vie active pour Ia collectiviÈé. Plus même, iL est une charge pour elle. Dans 1'anal-yse faite au Burkina Faso, on a donc considéré contrne années perdues du fait de \'onchocercose celles pendant lesquelles f individu est vivant mais aveugle, ainsi que celles qui ont été perdues du fait d'un décès prématuré. Seule une partie de ces années, celles qui se situent entre 15 et 60 ans, aurait été consacrée à une activité productive. Au Burkina Faso, on a évalué ltaccroissement du nombre drannées de vie et surtout de vie productive, crest-à-dire lraccroissement de Ia capacité de travail qui a résulté de lraction du Progra'nme. CeÈ aspecE économique srajoute à lrimpact humanitaire considérable de la suppres- sion du handicap terrible de la cécité. Avant 1es opérations, 5OO OOO personnes vivaient dans des zones hyperendéniques où 1e taux moyen de cécité était de 30 à 50 pour 1OOO et pouvait atteindre 13O pour 1OOO dans certaines cormunautés; 5OO OOO autres personnes vivaient dans des zones mésoendémiques.112 Lrincidence annuelle de la cécité variait de 3 à 11 pour 1OOO dans les zones hyper- endémiquesl34 er 1a moyenne srétablissait à 5 pour 1OOO;115 elle était due pour plus de 8O Z à lfonchocercose. Dans 1es zones mésoendémiquesr ltincidence était de 118 pour 1OOO. A 1a suite des opérations drOCP quelques lésions continuèrent à évoluer sPontanément vers la cécité. Depuis 1980, celle-ci ntapparaît plus que sous forme de cas sporadiques. En 1981' on a estimé que plus de L2 OOO personnes avaienE été sauvées de Ia cécité et que ce chiffre s'élèverait à près de 49 ooo à la fin du Programne.l16 ocPf 84.3 Page 7j Le total des années de vie normale qui auront été gagtées à la fin de la campagne en 1995 esg estimé à 425 OOO dont 145 OOO de vie productive pendant lesquelles les individus accom- plissent normalement leur travail. Le coût des vingt années de campagne Pour le seul Burkina F."o ""t estimé à US $26,82 mi[lions. Chaque année de vie gagnée aura coûté US $63 et chaqueannée de vie active US 9184. Ce chiffre peut paraître élevé, mais il est en fait inférieur à celui de la prévention de 1a rougeole estirné à US $190 par année de vie active. 0r, 1a vaccina- tion contre 1a rougeole est maintenant intégrée dans les soins de santé primaires. Ltaugmentation de la capacité de travail nrest qutune des nombreuses retombées du Progranrme mais, àe11e seule, e11e en justifierait 1es charges financières. 4.5 Ltamélioration du cadre de vie Dans les paragraphes précédents, il a été plusieurs fois répété que les projets de déve- loppement éconouique incluaient la mise en place de structures de base : construction dtun réseau routier raccordé au réseau national, forage de puits et éventuellement adduction d'eau, construction dréco1es et de dispensaires suivie de la mise en place dtinstituteurs et drinfir- miers, création de coopératives agricoles où les paysans peuvenÈ stapprovisionner en semences, engrais et quelquefois produits de premièrenécessité.De p1us, des techniciens du dévelopPement agricole sont souvent affectés à la promotion de la culture attelée et de nouvelles méthodes cul turales . Ces avantages attirent les habitants de villages démunis où scolarisation et soins de santé ne sont que très partiellement assurés. DtauËre part, 1a mise en culEure des terres des vallées par des organismes officiels a montré aux autochtones que les abords des cours dteau pourraient être peuplés sans risque; or, ces Eerres étaient souvent sous le coup dtune malédiction dans 1a représentation culturelle locale.217 gn invoque le souvenir des terribles épidémies de trypanosomiase des trente premières années du siècle, mais dtautres facteurs corme la cécité, la présence de bêtes sauvages sont probablement inscriÈs dans la mémoire collective des comunautés. Enfin, 1a suppression de Ia nuisance causée par les piqûres de simulies a été un soulage- ment pour le paysan dont les conditions de Èravail se sont améliorées du tout au tout. Ctest dtailleurs 1e bénéfice le plus irmédiat qutil a ressenti de lraction du Progrrmme. Celui-ci a eu un effet incitatif certain sur la mise en culture de terres riveraines. I1 est probable qutune interruption sans préparation des Èraitements exécutés par Ie Progremme serait pour 1e moment très mal reçue par les habitants des vallées autrefois 1es plus infestées. Dtailleurs, certains villageois continuent de se plaindre de piqûres plus ou moins imaginaires dans des zones assainies de crainte que 1e Progreme ne cesse ses traitements en ltabsence de simulies. 4.6 Le Progr:nme et la santé publique 4.6.1 Le Progremme et les objectils de santé pour tous en ltan 2000 Actuellement, la lutte contre Itonchocercose ne peut faire appel qutà 1a destruction du vecteur puisqutil ntexiste pas de médicament uÈilisab1e en action de masse et nul ne peut prévoir pendanE combien de temps se prolongera cette situation. Cette lutte antivectorielle contre 1es sinulies fait appel à du personnel hautement qualifié et à des techniques très éla- borées qui doivent être stricÈement planifiées dans le temps et dans ltespace et dont 1a mise en oeuvre dépasse le cadre des soins de santé primaires. Le Progr:mms, §f§6ent essentiel de pro- motion de Ia santé en Afrique de 1rOuest, est donc, de par ses contraintes opérationnelles, une action verticale et régionale, en particulier dans sa phase drattaque. Les structures et 1'action du Progrenrme peuvent, à première vue, sembler en contradiction avec la politique géné- rale de santé pour tous en 1'an 2000 fondée sur la participation des conrmunautés et le dévelop- Pement des soins de santé primaires. En fait, le programe est complémentaire des actions coumu- nautai.res et comne tel, a été prévu dans 1e rapport conjoint OMS/UNICEF à la Conférence d'Alma-Ata (1978) : rrl.e soutien des autres échelons du système sanitaire est nécessaire pourgarantir que la population bénéficie des avantages des connaissances valables et utiles qui sont troP cornplexes ou trop coûÈeuses pour pouvoir être appliquées systématiquement par les organismes chargés des soins de santé primairesrr. ocPf 84.3 Page 74 Dans les régions dronchocercose hyperendéroique oir la cécité peut toucher 10 7" de la popula- tion, 1a suppression de cette endémie est un préalable indispensable à toute promotion de 1a santé; pour ltheure, elle ne peut être obtenue que grâce aux stratégies utilisées par le Progr:nme. 4.6.2 Les retombées du Progremme sur 1a santé publique En dehors des accidents oculaires, dermiques ou généraux dus au parasite, Itonchocercose perturbe lti-*unité ce11u1aire. Vingt-cinq à 30 Z seulement des sujets atteints de formes Braves dronchocercose de savane ont une réaction positive à IrIDR tuberculinique contre 70 7" dans une population normale.l39 9n a écrit que la prévalence de la lèpre était plus élevée chez les onchocerquiens, mais ceEte affirmation demanderait à être précisée. En fait, 1es consé- quences de cetEe baisse dtinrmunité cellulaire nront pas été réel1ement étudiées, ce qui ne permet pas dfévaluer les avantages drune restauration de ltitnmunité ce1lulaire. Ctest probablement de manière indirecte que le Programme, incitateur de développement éco- nsmique, a exercé le plus drinfluence sur le niveau de santé des populations. En effet, la création de centres de santé primaires dans la plupart des zones mises en valeur donne à la population accès aux soins et aux médicaments dont elle ne pouvait. bénéficier dans 1es villages isolés. Lrauem.entation des revenus permet lrachat de médicaments essentiels et lrautotraitement. Par exemple, dans les environs de Bobo-Dioulasso, à Saoandéni en particulier, 1a population débarrassée du poids de lronchocercose pratique largement lrautotraitement des cas fébriles par la chloroquine. Cette pratique, associée à ltaction des dispensaires, réduit à un très bas niveau la mortalité par paludisme. Drautre part, la production agricole des exploitaÈions, encadrées ou spontanées, assure Irautosuffisance alimentaire des ferrniers et permet 1a revente d'une partie des produits. A une période oir ltalimentation de la population des pays du Sahel devient préoccupante, lrapport des terres protégéesde 1'onchocercose contribue significativement à 1a solution des problèmes nutri- tionnels locaux et nationaux. Les reÈombées indirectes du Programe sur la santé des populations ne sont dtailleurs qutun aspect particulier des relations réciproques entre développement économique et niveau de santé. 4 .6 .3 Part icipation des cornrnunautés au Programme Au stade actuel de 1a lutte contre ltonchocercose, 1a parEicipation des comunautés ntest pas un facteur déterminant du succès de ltopération. Mais, à moyen et long terme, lorsque la modification du panorama épidémiologique permettra un allègement du dispositif du Programme, 1es activités de lutte ou au moins de surveillance seront ttdévoluest' aux services nationaux de santé. De ce fait, lraction cormunautaire sera essentielle, surtout si des médicaments efficaces sont mis au point. Depuis la création du Prograrme, ses dirigeants ont manifesté un désir constant de faire participer à leur acEion les différents éléments sociaux des collectivités dans tous les domaines oir cela stavérait possible. a) Information du public et des responsables Dès 1975, une c2mpagne dtinformation par la presse et les services dtéducation sanitaire sensibilisa 1es populations aux dangers de Itonchocercose. La publicité par affiches, aussi bien que 1es médias, furent utilisés. Le contact des agenÈs du Progr:nrme avec les villageois contribua à 1a réussite de cette opération. Rapidement, les communautés furent en mesure de comprendre les relations entre la simulie et la cécité, ainsi que Ies objectifs du Programe. Aussi, lrintervention des avions et hélicoptères fut-el1e très bien accueillie. La suppression des piqûres de simulies fut le garant de lrutilité et de 1a qualité de la lutte antivectorielle Lreffort drinformation ne stest pas liuité aux populations à risque, i1 stest adressé aux autorités dont i1 a entraîné ltadhésion totale. I1 a également été dirigé vers les pays dona- teurs, soucieux de suivre 1es progrès dtune action à laquelle i1s ont apporté leur soutien. ocPf 84.3 Page 75 Bien que le corps médical ait soutenu Ie Prograrme, on a pu noter certaines réticences devant lrabsence de traitement systématique des malades. Pareille lacune - il faut le souli- gner - découle purement et simplement de 1'absence de médicaments efficaces et maniabl-es. Le Progren'me, parfaiEement conscient de 1a nécessité de disposer dtun arsenal thérapeutique, subventionne très substantiellement la recherche en chimiothérapie (cf. 5.4) dans le but précis de traiter avec succès les onchocerquiens et de parvenir, éventuellement, à une prophylaxie chimique de 1'endémie. b) Participation aux enquêtes d'évaluation épidémiologique Les enquêtes longitudinales sont à la base de 1'évaluation épidémiologique. 11 importe donc que Ie même échantillon de population se présente à plusieurs années drintervalle aux examens parasitologiques et ophtalmologiques pratiqués par les équipes du Prograrme. I1 y a eu jusqutici deux ou trois passages. Bien que ces examens ne soient pas douloureux, il sont néanmoins con- traignants et il faut une bonne collaboration de la population pour que 1téchantillonnage soit nr-mériquement et qualitativemenÈ suffisant pour per:rDettre une interprétation significative. Le concours des antennes périphériques des services de santé, des collaborateurs volon- taires ou des responsables des coomunautés est requis pour moEiver 1a population à se présenter librement aux séances dtexamen. I1 incombe aux équipes du Progrrtr-e dtentretenir la confiance de la population. Le succès du Progranme a été tel que dans certaines co--unautés le souvenir de Itonchocer- cose, et surtout de la nuisance simulidienne, stest esÈompé. Le problème est considéré co--e rég1é. Dès lors, la population peut désormais trouver inutile de se PrésenEer aux exanens. 11 est nécessaire de poursuivre lreffort de propagande pour que ltévaluation épidémiologique et ophtalmologique staccomplisse dans de bonnes conditions. c) Participation à 1t:ménagement des équipements hydrauliques Certains aménagements hydrauliques, notâmenÈ les barrages au niveau de leurs déversoirs et les canaux dtirrigation, sont suscep tibles de créer des gîtes à S. damnosum dans des régions oir ces insectes étaient peu abondants, voire absents, et de créer des siEuations épidémio1o- giques graves. Des dispositifs appropriés mis en place lors de la construction des ouvrages permeEtent de pallier ces inconvénients (cf.5.3) et un effort dtinformation est donc nécessaire auprès des promoteurs du développement. Mais, même lorsque ces mesures ntont pas été prises en Èemps voulu, 1es utilisateurs peuvent intervenir utilement. En fermant les vannes des déversoirs, i1s peuvent assécher pério- diquement les canaux dtécoulement et amener la mort des larves de simulies par déshydratation. Lfaccomplissement de ces gesEes simples demande néanmoins une bonne connaissance de 1a biologie des simulies; i1 nécessite un encadrement de professionnels ou de volontaires ayant bénéficié dtune formation. Les premières expériences dans ce sens sont en cours au pays dogon au Mali . 1O4,260 d) Participation à 1'évaluation entouologique 260Dans le pays dogon précisément, le Programe a pris avantage du caracÈère saisonnier de 1a transmission et de la lirnitation spatiale de 1'onchocercose, ainsi que de la présence drun réseau dthygiénistes secouristes bénévoles motivés et drun animateur dynamique et respecté, pour tenter d'intéresser 1a population à 1a lutte conEre cette maladie. Le Prograrrure y dispose dtune infrastructure permanente dtévaluation entomologique et de traitement des gîtes larvaires des simulies. Ces gîtes sonÈ peu nombreux, temporaires et de faible débit; ils peuvent donc être traités économiquement par voie terrestre. A côté du personnel du Prograurme, 1es "secouristes" bénévoles assistent aux épandages, aidenÈ aux prélèvementsdes larves et à la surveillance des pièges, donnent lralerte lorsque des poussées de piqûres de simulies sont observées, et pro- cèdent aux relevés hydrologiques et pluviométriques. ocPf 84.3 Page 76 Cette expérience réussie se poursuit pour déterminer quelles activités pourront être attribuées à ces agents communautaires dans 1e cadre de la dévolution. Une expérience a été tentée dans le sud-ouest du Burkina Faso pour confier la surveil- lance des pièges (plaque dtaluminium) aux villageois. Les premiers essais ont été positifs. e) Ltavenir de 1a participation communautaire Toutefois, il ne faudrait pas tirer de conclusion drordre général de lrexpérience du pays dogon car la situation entomologique y est exceptionnellement favorable, unique dans ltaire du Progr:.rme1 de plus, la structure sociale a été très propice à 1a motivation de la population. Ce quril faut en retenir, cfest que le Progrnmme est attentif à promouvoir Ia participation communautaire partout, dans tous 1es domaines otr e11e est possible. Dans une enquête faite par 1tOMS auprès des Etats pour examiner les possibilités de parti- cipation dss qsmunautés aux différentes formes de lutte antivectorielle, i1 a été proposé de protéger les sujeÈs sor:mis aux piqûres de simulies par 1e port de vêtements protecteursl cela semble très difficile étant donné que 1a plupart des gens sont contpminés sur leurs lieux de travail aux heures chaudes de 1a journée pendant lesquelles le port de tels vêtements, pâE ailleurs onéreux, serait insupportable. Des répulsifs dtorigine loca1e ont été préconisés; lrhuile de palme, éventuellement additionnée de divers ingrédients, présente un certain effet répulsif qui est en cours dt éa)de.212 A moins que des découvertes importantes nrinterviennent dans un proche avenir, notâmment dans 1e domaine de 1a chiniothérapie de masse, la lutte contre Itonchocercose requerra encorer. dans 1es prochaines décades, ltintervention de personnel spécialisé appartenant au Progr:nrme ou à des services nationaux. A ceux-ci, les communautés apporteront leur appui, mais ne pourront probablement pas se substituer. 4.7 Conclusions sur ltimpact du Progrmme dans le domaine socio-é conomique 1) Le Progr:me de Lutte contre ltOnchocercose a parÈout eu un effet dynamisant sur le déve- loppement socio-économique si lron se réfère au nombre croissanÈ des projets de mise en valeur élaborés. Les formes dracÈion varient suivant les Etats. Le Burkina Faso a mis en place une structure spécifique (lrAW) pour 1a mise en valeur des va11ées protégées de ltonchocercose. 2) Au BurkinaFaso, les périmètres de mise en valeur de ltAW, outre leur dynrmique propre, ont été 1es catalyseurs dtune occupation spontanée très importante. 3) La suppression de 1a cécité augmente considérablement Ia capacité de travail des popula- tions. A elle seule, el1e justifierait les investissements du Progrenrme. 4) Le Progremme a considérablement amélioré 1e cadre de vie des habitants des vaIlées en supprimant la nuisance simulidienne. Le développement des infrastructures de base: routes, écoles, dispensaires, équipements agricoles, etc., qui accompagnent les projets de mise en valeur a été une contribution Eoyenne à la pronotion de la vie rurale. 5) Le Programe est un préalabIe à la mise en place des actions de santé décentralisées. En effet, son objectif est de supprimer une maladie sur laquel1e 1es méthodes curatives applicables dans les échelons périphériques de services de santé ou au niveau des comandes sont sans action. De plus, ses retombées économiques contribuent à 1a solutiondesproblèmes nutritionnels. 6) Les gouvernements et les comnunautés ont été informés des objectifs de lfaction du pro- Srarmre et son déroulement, ce qui a pertis drobtenir leur collaboration pour les enquêtes épidé- miologiques. Tous les domaines dans lesquels les comunautés peuvent participer à la lutte contre 1'onchocercose sont explorés dans la perspective de la dévolution des activités du Programme aux Etats parÈicipants. ocP/84. 3 Page 77 CHAPITRE V LES RECHERCITES MENEES ET SOUTENUES PAR LE PB,OGRA}'IME 5.1 La place de la recherche dans le Prosramme Le Programme a certes tiré les leçons des opérations antérieures et en Particulier des campagnes OCCGE/FED (cf. 1.1) pour définir sa sÈratégie et ses méthodes d'évaluation. Mais dans tous les domaines i1 a dû innover pour créer les stnrctures et les outils nécessaires pour atteindre ses objectifs. Sans exagération, on peut considérer 1'ensemble du Programme comme une opération de recherche opérationnelle. L'établissement des limites du Programne a été un des premiers sujets de réflexion, qui a émergé à nouveau à chaque demande d'extenston et à fortiori lors de Ia définition d'une stratégie à long teme (cf . 1.4 et 3.2). La mise sur pied de la surveillance entomologique, épidémiologique, ophtalmologique et hydrobiologique ainsi que de 1a transmission et du stockage de f information s'est faite dans un esprit novateur en adaptant 1'entreprise aux dimensions du Programme et à ses exigences. L'adaptation des techniques et appareils d'épandage aux différents types d'insecticides employés nécessite une recherche pennanente puisque le Progranune ne peut se référer à des opérations similaires. Les études sur la réinvasionr la résistance et la surveillance du milieu aquaÈique ont nécessité Ia création de méthodologies propres et leurs résultats non seulement fournissent les informations nécessaires au bon fonctionnement du Programme rnais constituent un aPport inestirnable à la connaissance de 1'écologie des écosystèmes lotiques et à la bio- écologie des simulies. L'évaluation épidémiologique et ophtalmologique du Programe constitue la plus vaste étude réalisée à ce jour sur la transmission, 1'épidémiologie et les rnanifestations oculaires de 1'onchocercose. L'interruption ou 1'atténuation de la transmission a êtê une occasion unique d'observer la cinétique de la réduction de la parasitose. Les retombées du Programme sur Ie développement socio-économique et sanitaire ouvrent un champ d'investigation à peine exploré appelé à intégrer nombre de disciplines complémentaires des sciences médicales, sociales et économiques. L'étude sur les liaisons entre 1'écologie humaine et I'onchocercose est un exemple de ce type de recherches interdisciplinaires. Enfin, la définiEion d'une stratégie à long terme et l'identification des moyens humains et mâtériels ainsi que des ressources budgétaires pour la mener à bien constituent un exercicequi fait appel à un esprit de créativiÈé qui est la caractéristique de toute recherche. Dans ces conditions, pourquoi faire un chapitre spécial- sur la recherche qui est en fait très réduit Par rapport au rôIe réel du Programme dans ce domaine ? C'est essentiellement pour relater des travaux qui, effectués par des équipes du Programme ou des laboratoires collabo- rateurs' ne s'insèrent pas dans le quotidien du Programme, mais sont destinés à fournir les outils nécessaires à son développement. Conme la plupart des découpages, celui-ci est arbi- traire, et les Parties consacrées à Ia réinvasion, la résistance, la surveillance du milieu aquatique, voire 1'épidémiologie, l'ophtalmologie et 1es études sur 1'écologie humaine, pourraieng facilement se placer dans la rubrique ttrecherchesrt. Dans ce chapitre V sont donc regroupées les études sur la taxonomie et la bioécologie des vecteurs puis sur les moyens de les détruire, c'est-à-dire Ie développement de nouveaux insec-ticides et de nouvelles méthodes de lutte. Ensuite sont mentionnés les travaux sur le parasite et la chimiothérapie. ocP/84.3 Page 78 5.2 Les études sur 1e vec eur Simulium darmrosum s .1. 5.2.1 Taxonomie et distribution 5.2.1.1 Cytotaxonomie et répartition des espèces 45On savait depuis 1966 que le nom de Simulium darmrosum regroupait un certain nombre de formes, très proches morphologiquement, mais séparables d'après I'examen des chromosomes glandes salivaires. Actuellement,28 formes ont été décrites dans le coolvtènes des i. â"rrro",1146 rsTslÿ d;' a huit d'entre elles ont été observées en Afrique de I'Or:est et ont reénominations spécif iques S. dieguerense S. sanct lDau I1 S. soub rense omplexe çu en , S. squamosum, S. vahense, S. damnosum s.s., S sirbanum et S. sudanense. Cette dernière espèce est rnaintenant tacitement considérée comme synonyme de la précédente. comP La cytotaxonomie fournit lexe S. darmrosunr; c'est d' les crit,ères de référence pour f identification des simulies du après elle qu'a été dressée en 19819orL26'127,158'2o9 une carte de distribution des différentes espèces en Afrique de 1'Ouest (fig. 19), pLus complète que celle de L978. Elle englobe des régions hors du Programne actuel où l'extension des opéraÈions est envisagée. En fait, Ia situation est encore plus complexe que ne le révélaient les premiers travaux. S. sanctipaq!! et S. soubrense sont considérées cortrne deux formes d'une espèce variable qui regroupe deux autres formes |tKonkourétr de Guinée et ItBeffarr du Togo. Cette dernière est inter- féconde avec S. sanctipauli de Côte d'Ivoire. On observe une série de rrclinesrr ouest-est et nord-sud entre les différentes formes (fig. 19) qui se traduisent sur les inversions des chro- mosomes. En Côte d'Ivoire, S. soubrense est la forme du groupe la plus fréquente en savane et dans la région préforestière, alors que S. sanc tipauli est dominante dans la zone forestière du sud; dans les zones de contact entre les deux formes, on Peut trouver jusqu'à 50 % d'hybrides.9o S. squamosum occupe des habitats très variés dans les diverses parties de son aire de rs de forêt au Libéria et en Côte d'Ivoire' cours d'eau de savanerépartition : petites rivière au Togo et au Bénin, grands fleuves cornme 1e Congo en Afrique centrale. Ces différences d'éco- logie se reflètent dans le polym.orphisme des inversions. Aussi, 1'unicité de I'espèce est-elle fortement mise en dout.e. est La dualité de S. damnosum et de S. sirbanum est admise Par tous les auteurs. S. sirbanum l'espèce aominarrtè aans tes cours d'eau temporaires au nord du Programme.L26,l27,L58,2O9 S. dieguerense n'a étêrencontréeque dans l-e bassin du fleuve Sénégal, hors de I'aire actuelle du Programme. L'évolution des caractéristiques génétiques des populations a pu être suivie depuis plusieurs années. Dans les bassins inférieurs du Sassandra et du Bandama, la fréquence des inversions chez S. sanctipauli n'a pas changé depuis 1968, ce qui montre Ia stabilité et la sédentarité des popu1ations.Aucontraire,@aunepropensi.onpluSnette lation résistante aux insecticides, Présentant des inversions carac à la dispersion; une popu- téristiques, a migré de Côte d,Ivoire au Ghana en l-'absence de t.oute pression insecticide De 1981 à 1983, la fréquence des inversions a notablement changé dans les populations de s damnosum s.s. et S. sirbanum de I'aire du Progranrne ainsi que chez les femelles d'invasion. En particulier, une inversion qui semblerait liée au raccourcissement de la durée du développe- ment larvaire est devenue beaucoup plus fréquente, passant de O à 60 % à certains endroits. On ne peut dire actuellement s'il s'agit d'un processus cyclique otr d'un phénomène résultant de la pression insecticide.9o ùLP I 84 .3 Page 79 oÈ / è-.br-o:_,! ! : P ?I51 4 Seletë9l9t9lo Ht a!t E -l I lo6lOl0lL gre pt3 3l sôt È @lÈ ot utl6l :l pl 3l Èl il:l6t@l I ! \--tj 9 \ ,_Ê ,,i'l'P:, -- {. -v-. a 'l Jr t €t& t\/1 " - -i1!.- *!dT, ,'lt ù d oô .1 ,lEI oc Eo! E E a È .â lux UIJÈ =oL' :) o u,UÀ FoF (J u,U o z o trl _o É,FI o gl g L t 1l \r ,J'.) ^ i / _/'i ,L.. ) .É&" f* J OO 't. lttt,, î.r ._-i{. \,ti-'\\.. \ I rrf a .__^"_*,_î1. ;tt. z ) \q- )..-.{f" {'.\ I oI, I J ; )ù, -\ ! I -J--. >j J ocP/84. 3 Page 80 11 y a des variations salsonnières dans les proportlons respectives des dlverses espèces dans un même site. Par exemple, sur le bas Monci au Togo, la proport ion de S. damnosum Par rapport à des pluies S. soubrense22- (forme Beffa) est beaucoup plus élevée en saison sèche qu'en saison Le Programrne a fortement encouragé les études sur la recherche des caract.ères morpho- logiques permettant d'identifier les spécimens sur le terrain. Aucun bon caractère différentiel n'a pu être trouvé sur les oeufs et les,nymphes. I"l,ais les larves des trois paires d'espèces d'Afrique de 1'Ouest. (S. darnnosum s.s./S. slrbanum, S. soubrense/S. sanctipauli ets.squamosum/ 5.2.1.2 Morphologie des simulies du complexe S. danrrosum S. yahense) peuvent être séparées d'après la forme et lrarrangement des écailles du dernier s Ia tallle des tubercules àor"".r*.L23rL28segment abdominal ainsi que d'aprè Les nombreuses éÈude s22'58'rol'123'r29t130 sur les caractères d'identlficatlon des femelles piqueuses n'ont que partlellement résolu le problème. I1 n'y a en effeÈ pas de caractères mor- phologiques nets permettant de distinguer les six formes du complexe. En utilisant une combinaison de caractères - couleur et forme des antennes, couleur des Eouffes alaires, couleur des soies scutellaires et postcrâniales, rapport de la longueur des antennes sur celle du thorax - iI est possible, dans certaines parties de 1'aire du Programme, de séparer les paires d'espèces. Mais, Eous les spécimens ne peuvent pas être identifiés avec certitude. Ainsi, dans la partie occidentale de 1'alre du Programme, la plupart des mouches à touffes alaires pâles appartiennent à la paire S. damnosum/S. sirbanum; au contraire, les mouches à touffe sombre n'appartiennent jamais à ces espèces. Ce caractère, faclle à observer, est pris en compte par les équipes des sous-secteurs lors des dissections de rouÈine. I1 a permis de sulvre 1'expansion des populations de S. soubrense résisEantes aux composés organo- phosphorés en Côte d'Ivoire. 78 Mais ce criLère de la coloration alaire nta que peu dtintérêt au Togo eÈ au Bénin où 1a forme "Beffa" et Sj__squamoe.ym, qui est très abondant, peuvent avoir des touffes alaires pâles. Là lridentification e.st très aifficile et fait appel aux autres critères morphologigues indiqués plus haut. Lridentification des diverses formes est rendue difficile par la très grande parenté entre les deux formes ou espèces qui composent chaque paire et draulre Part Par Ia variabilité des spécimens de certains laxons, en particulier S. sqqêllqslrm et S. soubrense variabilité qui n'est peut-être que la traduction du clivage de ces espèces en entités plus ou moins ind ividualisées à Itintérieur dtun genre en pleine évolution et diversificaEion. 5.2.1.3 Les techniques biochimiques en taxonomie Lranalyse électrophorétique des enzymes appliquée aux larves, nymphes et adultes de simulies nra fourni que des informations très restreintes. Sur les 44 systèmes testés, deux seulement, la phosphoglucomutase et la tréhalase, ont valeur diagnostique. Seules S. Yahense et S. squamo sum peuvent âtre distinguées 1'une de 1'autre et séparées des quatre autres formes du complexe. De p1us, d'après 1'électrophorèse de la tréhalase, 1es S. squamosum du Togo 89peuvent âtre séparées de cel1es de l-a Côte d'Ivoire, ce qui confirme leur isolement génétique. Les populations de moustiques résistantes aux composéb organophosphorés Peuventêtre séparées des populations sensibles par 1tétude des estéra"...99 La méthode appliquée à S.,damnosum s.1. nta pas permis de porter le diagnostic de résistance, probablement Par suite du polymorphisme dans ltactivité des estérases et du caractère plurifactoriel de cette résistance. Ltétude des hydrocarbones de la cuticule par chromatographie en phase gazeuse a montré des différences entre S. squamos um et S. sirbanum dont 1a valeur taxonomique nta Pas encore été étau1ie. 1 9 Les auÈres espèces du comPlexe n ront pas été étudiées. ocP/84. 3 Page 81 Les études taxonomiques du complexe. S. damnosum ont été facilitées par la mise au point de techniques dtélevage des pontes individuel-1es en laboratoire. Les larves et- 1es inaEos +." arns l. obtenus sont de même tai11e que ceux réco1tés dans 1a nature et peuvent être utilisés pour 1tétude des chromosomes et 1es hybridations. 1 3 1 5.2.2 Bioécolosie et échantillonnage des sÈades .*Prermag]-naux Au début du Progra.mne, 1es informations alors disponibles sur 1a distribution et lrécologie des stades préimaginaux étaient considérées corme suffisantes pour ltexécution des opérations de lutte. Le succès de ces dernières a montré le bien-fondé de ce point de vue. Les recherches exécutées depuis 10 ans ont été motivées par Itamélioration des techniques drévaluation des traitements et la nécessité de connaître le conportement des larves vis-à-vis des insecticides. De plus, 1a surveillance du milieu aquatique a beaucoup apporté à la connais- sance de 1'écologie larvaire des simulies. 5.2.2.1 Techniques dréchantillonnage Ltexamen des supports naturels minéraux ou végétaux sur lesquels se fixent les larves ne fournit qurune information du type présence-absence de ce11es-ci, néanmoins fort uEile pour évaluer 1es t.raitements insecticides, expérimentaux ou opérationnels. I1 est drailleurs uÈilisé courâment dans le Prograrnme (c.f..2.1). Appliquée sur de grands échantillons dans des biefs connus, la méthode peut devenir semi-quantitative .47,146 Les récoltes périodiques des larves sur les rochers à 1'aide de 1réchantillonneur de Surber permettent un suivi, à long terme, de 1a faune simulidienne. La récolte de la dérive dans des filets fournit des ou 1 t impact irmédiat d'un insecticide. informations sur le rythroe nycthéméral Les substrats art.ificiels (rubans de plasÈique, balais, piquets gradués et panneaux- drapeaux)47 r50r54 fournissent des renseignements quantitatifs et reproductibles, très utiles pour les études écologiques. Etant donné 1es fluctuations du niveau des rivières et la distribution agrégative des larves de S. dannosum, aucune méthode ne permet une estimationdeseffectifsdeleurspopulations. 5.2.2.2 Ecologie des formes préimaginales Les formes préimaginales de S. damnosum s.l. sont en général ancrées à des sllpports végéÈaux ou des rochers inr-ergés dans les 40 cm en dessous de la surface de lreau; elles ont cependant été Èrouvées jusqutà quatre mètres de profondeur, mais on ignore la fréquenee de cette répartition et la viabilité des spécimens vivant à de tell,es profondeurs. La présence dtalgues cyanophycées empêche 1a colonisation des substrats. Les oeufs sont rarement déposés sur des rochers.47 r50,54r80,146 Les larves vivent préférentiellement dans des courants de 0r70 à 2r00 n/seconde mais ell-es ont éE.é observées dans des courants moins rapides de 0,10 m/seconde et plus rapides, de 2r50 m/seconde. Les diffèrentes espèces du complexe S. damnosum ne se différencient pas par les rhéopréférendums; toutefois, S. sirbanum peut coloniser des courants assez lents dans 1a partie septentrionale de son aire ae r"p..titio".54,80,146 Les pontes sont déposées dans le courant 1e plus rapide en amonÈ de 1a ligne de gîtes larves de simulies colonisent les supports en aval par dérive .47 ,54 et 1es Les larves de simulies ont deux pics dtactivité, le matin et à l-a fin de 1'après-midi; le maximuo de la dérive se situe autour de 20 heuresl 1'exuviation larvaire a lieu en fin d'après-midi .53 * Les stades préimaginaux comprennent lroeuf, la larve et 1a nymphe à vie aquatique et stopposen! à ltadulte ou "imago" à vie aérienne. 1a répartitiorL des diverses espèces clu r:omplexe dteau à pH acide,124,158 alors que les autres e basiques. La température de 1'eau nrest nulle p ocP/84.3 Page 82 Parmi les caractères physico-chimiques des eaux, seul 1e pH pourrait jouer un rôle dans S. squemoluro et S. yahense peuPlent des cours spèces se rencontrent dans des mil ieux plus art dans Itaire du Progr:trme un obstacle au développernen t de S. damnosgm ".1.123,125,127 5.2 "2.3 Cycle préimaginal La durée du cycle préimaginal varie suivanE 1es saisons, les régions et les espèces. I1 en généra1 drautanÈ plus rapide que la température de lteau est plus élevée.est Dans 1e bassin du Sénéga1, en saison sèche, le déveloPPement préimag inal de S. sirbanum dure de six jours er demi à neuf jours lorsque lreau est à 3l'C; 24 heure. p?y[ lréclosion des oeufs; 4 à 5 jours pour 1a vie larvairei 1rl à 2 jours pour Ia vie nymphale.'*'Au Niger, en saison fraîche, il atteint 14 à 15 3ours.l73 En forêt de Côte dtlvoire, la durée de vie et 12 jours en décembre. larvaire de S. soubrense est de 8 jours en mai Dans Ie Prograrme OCCGE-FED, des nymphes avaient été observées I jours seulement après le traitement. Le rythme hebdomadaire des traitements est donc bien adapté à 1a durée de vie larvaire desil nty a aucune preuve que des traitements aient trop rapide des larves, même dans les régionssimulies du comp lexe S. demnosum; dtailleurs été inefficaces en raison dtun déveloPPenent septentrionales du Progr arme, où S. sirbanum est abondant. 5.2.2.4 Nutrition des larves Les larves de siurulies sont des "filtreurs passifs"; fixées à leur suPPort, e1les captent avec leurs soies prémandibulaires les éléments figurés enÈraînés par le courant et les ingèrent; cette ingurgitation ininEerrompue de particules, véritable "bourrage", fait pro- gresser le bol alinentaire. Le transit du bol alimentaire dure de 2 à 40 minuEes, suivant la taille de la larve et, partant, la longueur de son tube digestif. Au cours de ce transit rela- tivement bref, 1a larve absorbe 1es matières nutritives et, éventuellement, 1es insecticides particulaires ou adsorbés sur 1es particules dtargile. La taille maximum des particules ingérées varie de 13 microns pour le premier stade à 150 microns pour le septièms.37,5'l Mais une partie importante du bol alimentaire de tous 1es sÈades estconstituée par des petites particules inférieures à 3 microns et même dféléments colloîdaux de 0,2 à 1 micron;87 ces petites particules sont captées Par adhésion sur le mucus qui recouvre les pièces 5rr"""1.".137 La composit.ion des particules ne semble pas être un élément discriminatif de leur absorption. l,a connaissance de I'ingestion et de la digestion des aliments par 1es larves de simulies esE donc essentielle pour 1a mise au point de formulations insecticides contre ces insectes. 5.2.2.5 Dynamique des populations larvaires Les principaux compéÈiteurs deslarves de S. damnosum s.1. pour 1'occupation des suPports sont drâutres espèces de simulies, S. adersi et S. schoutedeni qui pullulent lors de la tements insecticides, S . damnosr:msuppression de la première espèce. Après cessation-des tr ""1- l" première ".pà"" qui repeuple les supports.4T La présence d'algues sur les supports gêne leur colonisation par 1es larves de simulies. Les prédateurs, en majorité des larves de Trichoptères, sont des "opportunistesrt, nullement inféodés aux seules sirnulies bien qutils capturent leurs larves lors de leur dérive. L'incidence du parasitisme naturel, par des nématodes Mermithides ou des Microsporidies, sur la dynamique des simulies, n'a pas été évaluée. TouÈefois, mâme dans les gîtes où i1 affecte une partie importante des larves, il n'empêche pas la présence d'importantes popula- tions de simulies.92 ocP I 84.3 Page 83 facteur limitant la vitesse du La quanti! des populations co,.rrant . 103 é de nourriture charriée par larvaires de S. damnosum s.1 la rivière est également un autre . si el1e nrest pas compensée par La sélection naturelle est très forte; en saisol sèche, on a estimé que 2,8 Z seulement des oeufs pondus évoluaient jusqutau stade nymphal.5J Mais, étant donné le nombre des variables impliquées, cette estimation doit être acceptée avec prudence. En période de hautes eaux, la vitesse moyenne du courant sraccroît et la superficie recou- verte par les eaux augmente; ces deux éléments concourent à la formation et à ltextension desgîtes larvaires. Par ai1leurs, la nourriture charriée par les rivières est très abondante. I1 s'ensuit de façon globale un accroissement considérable des nombres de larves, puis dfadultes de simulies. Lors de 1a baisse des eaux, 1a régression des gîtes larvaires aoène une diminution du rtombre de larves puis d'adultes. Les variations de débit des cours dteau sont donc à 1'origine des rythmes saisonniers de S. damnosum.2Or103 Les rivières temporaires migrantes en attente. Dans 1e après le début de 1'écoulement semblent colonisées dès leur mise en eau par des femelles Sahe1, des pontes de S. sirbanum ont été réco1tées deux heures 145 Dans la première catégorie figurent les pièges d'interception, plaques de verre ou deplastique transparent, engluées, placées en travers des cours d'eau ou dans 1a végétation.permettent d'explorer les voies et périodes de déplacements des simulies à tous 1es stadesleur vie imaginale. Leur emploi est contraignant et souvent peu productif.LO En général, Les supports placés dans des courants favorables sont colonisés en 24 heures par des larves dérivantes ou des pontes .47,54,L22 Enfin, certains ouvrages de génie civil peuvent provoquer des accélérations de courants, entraînant la création de gîtes à S. damnosum (ponts, radiers, déversoirsdebarrages, canaux, vannes' etc. ) alors que d'autres amènent leur suppression (1acs de retenue des barrages; . LO3' tu+ 5 .2.3 Bioécol-osie et échantill onnage des simulies adultes 5.2.3.1 Méthodes d'échantillonnage La capture sur appât humain reste 1a méthode d'échantillonnage La plus utilisée. Elle permet 1a récolte de femelles anthropophiles à 1a recherche d'un hôÈe et est, actuellement, irremplaçable pour évaluer f intensité de 1a transmission. Ivlais el1e est insuffisante pour 1es recherches écologiques et exige un personnel abondant. Aussi le Progranrne a-t-il soutenu les recherches sur 1e piègeage dans 1a double perspective de se doter d'outils performants, pour alléger les réseaux de captureurs, et d'explorer 1'écologie des adultes de S. damnosum s.1.. Les pièges Peuvent fonctionner "passivement" ou attirer sélectivem""a ;;arr""" ".tégoriesd'insectes par des stimuli olfactifs ou visuels. Ils de Dans la même catégorie se placent les supports englués mimant les différenEs éléments dela végétation. considérés contrne des leurres, ce sont jusqu'à maintenant 1es meilleurs instru- ments pour étudier les lieux de repos des simulies; leur rendement relativement faible reflèteprobabiement la très grande dispersion des simulies gorgées dans 1'ensemble de la végétationdes galeries forestières.11, 13 Dans la deuxième catégorie figurent 1es plaques d'aluminium engluées ( 09); placées prèsdes sites d'oviposition e11es attirent par leur'rbrillance" les femelles qui viennent pondre.l.'e choix de leur emplacement est donc très important. Jusqu'à maintenant ce sont les pièges ocP/84.3 Page 84 qui ont les meilleurs rendements, en particulier en saison sèche. Sur chaque plaque, on réco1te alors davantage de femelles que n'en prend un captureur; quelquefois ils décèlent la présence de mouches alors que les captures sur homme sont négatives. CeIa peut provenir soit de 1a meilleure capacité du piège à détecter les faibles densités, soit de son aptitude à 1a réco1Le de femelles non anthropophiles. Ces pièges sont en cours d'évaluation comme sentinelles, susceptibles d'al1éger 1e réseau de surveillance entomologiq,re.lS Pour éviter qu'iIs ne soient submergés lors de 1a montée des eaux, on a placé Ia plaque sur des flotEeurs. Des recherches sonE actuellement en cours dans le Prograrmne, en collaboration avec 1'IR10 de Bouaké pour essayer de rendre ce piège opération- ne1, en particulier en saison des pluies. Jusqu'ici, sa meilleure performance a été de détecter I'arrivée des simulies se soient réalimentées migrantes sur 1es sites d'oviposition avant qu'e1les n'aient pondu et ne18" De nombreux autres types de pièges ont été essayés mais leurs performances ont été moins bonnes, ou leur emploi s'est montré impossible sur le terrain; c'est notament Ie cas des pièges utilisant Le gaz carbonique coulme attractif qui, s'ils ont un bon rendement, ne Peuvent être utilisés au bord des rivières de 1'aire du Programme Pour des raisons de logistique et de coût de fonctionnement. 5.2.3.2 Ecologie des simulies adultes L'émergence des adultes, c'est-à-dire leur sortie de la nymphe après leur méÈamorphose, et le passage de I'insecte de la vie aquatique à la vie aérienne, se produit 1e matin et le soir, avec une préférence pour 1'une ou 1'autre période suivant 1es saisons.16 L'accouplement a lieu peu après l'émergence' II était déjà connu que 1es femelles de S' damnosum s'1' Prennent leurs repas de sang durant toute 1a journée. Lorsque la température est t.rès élevée, au dessus de 30"C, 1'activité de piqûre se manifeste dans Ia matinée et en fin d'après-midi; elle diminue aux environs de midi; lorsque la tenPéra t.ure est inférieure à 25oC, c'est au contraire au milieu du jour que les femelles sont 1es Plus actives.SO Sans que Ie schéma généra1 soit remis en cause, on a montré que les horaire s d'activité variaient suivant les espèces du complexe; S oubrense notafinent Présente un pic vespéral en forèt.232 Les mâles et plus de 50 7" des femelles nullipares et Pares absorbent des repas de jus sucrés (nectar de ile.rr" en général) pour satisfaire leurs besoins en aliments énergétiques; 1a digestion de ce rePas hydrocarboné- prend 24 heures '12'L46'L65 iques pour Ie déveloPPement des hophiles, c'est-à-dire que si des animaux. Le Pourcentage de lité des hôtes. Dans 1a Partie nette tendance à la zooPhilie, fauE éviEer de confondre les .35,97, 103, 146, 173 En forêr, Chez S. soubrense, 1a zooPhilie ai. t.il;;i;îT673z,234 Le repas sanguin fournit à Ia femelle les éléments proEid oeufs. Les espèces du complexe S. damnosum sont en général amp e1les piquent 1'honrne, elles Peuvent également se nourrir sur zoophilie varie suivant Ies espèces, 1es régions, 1a disponibi nord de son aire derépartition, s. sirbanum manifeste une très iI est alors un bon vecteur des onchocerques animales dont il larves infectantes avec ce1les des parasites d'origine humaine S. sanc tipauli est fortement zoophile en basse Côte d'Ivoire semble augmenter dans la Partie sePten trionale de son aire de La durée du cycle gonotrophique sur le terrain a étê précisée par Ie marquage' le lâcher et la recapture des femelles. Le délai entre la ponte et la prise du repas de sang (phase r du cycte) est inférieur à 24 heures; la période de maturation des oeufs concomitante à la digestion du sang (phase II) dure de deux à quaÈre jours suivant la température ambiante; 1a recherche du site dioviposition (phase III) est très brève. En moyenne, ladurée du cycle gono- trophique peut être estimée à quatre jours et it y a une bonne concordance gonotroPhique, c'est- à-dire que chaque repas entralne La maturation des oeufs d'un cycle 'L2'3L'80 C"" résultacs ont été confirmés par des essais en laboratoire'27 ocP I 84.3 Page 85 Les lieux de repos des femelles du complexe S. damnosum sont longtemps restés mystérieux, à 1'exception de quelques récoltes dans des abris sous rochê.Lvz L'utilisation de pièges simu- lant les supports naturels a montré que les adultes, mâles eÈ femelles, se rencontrent dans toutes les strates de la végétation riveraine sur une largeur de lOO mètres. Les femelles gorgées et gravi-des se tlennent dans les straÈes élevées. Avant la ponte, lesfernelles gravides semblent se concentrer le soir près des sites d'ovlposition, mai-s on ignore encore si elles se reposent sur Ia végétation avant de pondre.45,13O,146,165 On savait avant Ie début du Programe que le.s simulles se dispersaient, à partir de leurs sites d'émergence, le long de 1a rivière (disperslon linéalre) et perpendiculairement à cel1e-ci(dispersion radiaire). Ces dispersions élaign! beaucoup plus importantes en forêt quren sâvan€r en saison des pluies qu'en saison sèche.80'102 l,es travaux menés depuis 1975 ont précisé ces donnée".17'3L'232 IL est apparu aussi. que les déplacements des trouPeaux, et peut-être des hommes, pouvaient provoquer des concentrations de simulies à distance des gîtes.r4b L'oviposition a lieu de 15 à 90 minutes avant le coucher du soleil. Les femelles à 1a recherche du site 1e plus favorable volent au ras de I'eau à contre-courant et déposent leurs oeufs dans la Partie amont des rapides, de préférence sur des supports de couleur claire.13,1O3 Les migrations à longue distance et la redispersion des mouches migrantes à partir de leurs sites d'ovipositlon ont été décrites àu chapitfe II (cf. 2.3.1). 5.2.3.3 Dynamique des populations d'adultes a) Iongévité des femelles Les femelles pares, c'esE-à-dire qui ont déjà pondu, peuvent être séparées des nulllpares par la présence de reliques folliculaires, 1'absence ou 1'amenuisement du corpq gras abdominal, 1'éclaircisseuent relatif et le changement d'aspecÈ des tubes de Malpighi.80,86,IOZ 11 n'est pas encore possible de déterminer Ie nombre de pontes de chaque femelle pare bien que certains auteurs aient tenté d'en faire une estioalfon d'après Ie nombre d'ovocytes en maturatlon dans l'ovaire, ce nombre dlminuant avec 1'âge;91 mais ie notubre d'ovocytes varie suivant la taille de la mouche, ce qui retire une partie de son intérêt à la oéthode'.t) Des recherches sont en cours pour déteruiner 1'âge des simulles d'après la croissance des tuniques cuticulalr"r.95 11 était connu que 1e taux quotidien de survie, évalué d'aptès le pourcen était plus é1evé en savane (O,91) qu'en forêt (O,64) et en saison sèche qu'en pluies.80'1O2 On a montré qu'il était plus élevé chez les espèces savanicoles s sirbanum chez 1es formes forestières S. soubrense/s. sancEipauli. Chezque taux de parturité peut descendre à 2O à celui de S. danncisum s.s. en sevâne. .tage de parturité, saison des S. damno,sum s.s./ ces dernlères, le %. Par -cgqÈre, .chez §-4@. en forât, i1Loz,L23,233,234 est analogue larvaires, se situe entre trois et quatre semaines eu cours desquelles 1es femelles peuvent accomplir au moins cinq cycles gonotrophiques.Jr Ce" obsertatigns concordent avec les extra- polations faiÈes antérieurement à partir du taux de parturtté.80'IO2 La longév iÈé absolue de S. dasmosuû s.l observée après traitement insecticide deg gltes La tai1le des populatlons irnaginales est directement liée à celle des populations vaires.lO2 S11" n'a pas de liaison avec la longévité; c'est même pendant la sai.son des lorsque celIe-ci est 1a plus réduite que les populations sont le plus importanÈes. 1ar - pluies b) Fécondité Ie nombre d'oeufs, identique dans chacun des deux ovaLres, varie en moyenne de 400 à 600(valeurs extrêmes 9O et 1123) . La fécondité est plus forte chez les espèces forestières que çhez Ies espèces savanicoles. Les femelles nullipares sont plua fécondes que Ies femelles pares.15'91 c) Variatlon de 1a taille des populations de simulies adultes L,accouplement en captivité est très difficile à obtenir et constitue une des principales barrières à Ia création de colonies autonoEea de sioulles. Bien que quelques accoupleEents eient été observés entre des spéçlEens de s. dannosum originaires du Ghana, le tâux d'tnsémination en cage ne dépassait pas I i..]-3]- urr" t.ftiEi" a'"ccouplernent provoqué a amené le taux d'insémina- tion de Or4 à 7 % sur des S. damnos,m ".i. a. même provenance. Par contre' un taux d'insémlna- rion de 50 ,L a pu êrre obrenu .r"" If forue Beffa originaire du MoBg,rf! iogo.L47 'L48 Le déclen- chement de l,oviposition a été anélioré en simulant le crépuscule.2l'L47 Le gorgement sur animal a été meilleur que sur membrane. En partant de 77OO oeufs de la forme Beffa de S. soubrense, on a pu obtenir cinq générations successives dans un laboratoire des Etats-Unis. Mais, à larguatrtème générationrla sex-ratio avait été modifiée et il n',y avait plus que 7 7. de mâles.t*/ A Akosombo, par deux fois,on a pu obtenir la reproduction d'un très petit nombre de simulies pendant trois et cinq générations successiver".ra.13l ocP/84. 3 Page 86 Dans les grands cours d'eau de forêt, il y a une relation directe entre le nlveau de la rivière et ltabondance de S. soubrense . sanctipauli. Dans les petits cours d'eau de forêt' les populattons de S. vaheÀse r""tunT-Jt"bl-." torte l'année. En savane, si 1a densité de I s. arrrro.,r. "i.uâilr'ruit uien le niveau des eaux, la présence de gltes très productifs en saison sèche entralne localement ce1le de populations importantes de ces slmulies; enfin' dans les mêmes localités, ladenslté simulidlenne peut présenter un asPect bimodal avec un pic en saison des pluies et un autre en sai-son sèche ' 5 .2 .4 Elevage de S . damnosr:m s ' 1 ' Depuls de nombreuses années, on avait obtenu, à partir de feoelles gravides ou de Pontes' le développement des sinulies jusqu'à la production d'adultes de la génération suivante' Une méthode utilisable sur Ie terrain a été développée dans le Programre' Elle a Pemis' à partir de femelles capturées dans la nature, d'obÈenir des larves pour 1es identifications cyÈotaxono- miques ou pour les tests de résistance aux insecticldes.13l^ 5 .2.5 Iæ rôle vecteur des diverses espèces complexe S. sum L€ constat de l'existence dans l'onchocercose de différents degrés de gravité, géographi- quement superposables à la distribution des diverses fotmes du cmplexe S. damnosumra provoqué de très nombreuses études, de laboratoire et de terrainr pou! déterniner le rôle vecteur actuel et potentiel de chaque espèce du ccnrplexe. Ces travaux ont été et sont toujours handicapés par f incertitude du statut d'@ (cf' 3'3 et 5'4)' 5.2.5.1 Transmlssions expérimentales Iæs études menées depuis 1975 sont le prolongement de travaux antérieurs dont i1 est diffi- cile de les séparer; elles concourent toutes à élucider le problème du rôle des différentes espèces de simulies dans la transmission des diverses formes d'onchocercose. Des volontaires souffrant d'onchocercose contractée en forêt ou en savane ont été soumis aux piqûres de simulies à la fois dans leur pays d'origine et dans d'autres zones bioclimatiques où les espèces simulidiennes étaient différentes ' Iæs six espèces du comPlexe S. daglnosum sont de bons vecteurs des souches d'onchocerque de leur région d'origine. En fin de cycle, Ie nomb re moyen de larves infectantes parasitant 1ooO femelles survivantes est de 1350 pour @!ry' 1O5O pour S. sanctiPauli, 719 Pour 4o8 pour S. squanosum et seulement 138 pour S.lsirbanrrm, et 1o1 pour @s.sense Les transmissions ttcroisées" ont montré que Ei aul , espèces forestières, transmettent très bien, dans leur biotope asites de savane; le nmbre des larves infectanÈes est supérieur à celuisoubrensoriginel, Ies rencontré chez S Par darmo rbanuql, vecteurs naturels de ces Parasites. - S. vahense et S. squérmosum forêt, transmettent ma1 les parasites bien les ttonchocerques de savanett. -[@s." gorgent sur des et S. sirbanum n' ocP /84.3 Page 87 (populations de Côte d'Ivoire), espèces de petites rivlères de associés aux grandes rlvières de forêt et encore moins ont qu'un très faible rendement parasitaire.lor;9u'ils taoinés aux abords des rivières de forêt.LvJ'LLJonchocerquiens con 5.2.5.2 Rôle des différentes espèces dans les conditions naturelles Dans les conditions naturelles, Ie rôIe vecteur d'une population Çe simulies dans la trans- mission d'0. volvulus dépend non seulement de sa gapacité vectrice intrinsèque et de 1'origine du parasite, mais aussi: - de la longévité moyenne des mouches et en particulier de celles qui sont infectées; en effet, 1a présence de parasltes trop nombreux peut abréger 1a vie du vecteurl - du contact avec 1e réservoir de parasiEe lié à I'anthropophilie des vecteurs et au pourcen- tage de porteurs de parasites dans la population humaine; - de la dispersion des mouches qui peut entralner une dissipation des parasites. En savane, lepourcentage de femelles pares de la paire S. dannosum/S. sirbanup, porteuaes de larves infectante§,est en moyenne de 2,5 7"mais peut atteindre 8,5 7. dans des foyers hyper- endémiques où le contact hosune-simulies est très étroit. I1 y a une grande homogénéité des résultats du Ucli aq Bénln. La charge parasitaire est voisine de 2 larves par femelle infectée .Loz '123 '226 La paire S. soubrense,/S. sancEipauli est intrinsèquement Ie meilleur vecteur du complexe S. dannosum en Afri que de l'Ouest. Dans les conditions naturelles, le nombre de larves L 3 d'Onchocerca par femelle infectée varie de 2 à 8 tes chez S. sanctipauli en forêt est de O,25 % en CôteLe laux-de femelles pares infecEan d,IvoireL23,233 et 2,9 7. au Libéri..59 Le taux de fenelles pare s infectantes chez S. soubrense en Côte d'Ivoire diminue vers la limite nord de son aire de répartition et passe de 2,1 7. en forêt à O,54 en savâne du nord de ce pays. De rnême, I'anthropophilie de cette espèce diminue du Sud au Nord.232'233 Au Togo et au Bénin, dq!9 les facies savanicoles, le pourcentage de femelles pares infectantes atteint presque les 4 7".226 I1 faut rappeler que le rôle de S. soubrense/S. sancEipauli dans la transmission des formes graves de 1'onchocercose a été discuté plus haut (cf. 3.2). S. yahense e été jusqu'ici associé à des formes d'onchocercose bénigne même lorsque le taux de transmisaion est élevé. En forêt ivoirienne, 1a proportion de femelles pares infectantes de cette espèce atteint LO % et 1a charge, huit larves par feme savane ivoiriennerÇette espèce n'est pratiquement pas infecEée. 1IeL23 parasitée. Par contre, en I1 est actuellement hasardeux d'associer S. sgu€unosum à une forme particulière d' onchocer- cose ' car cette dénouination spécifique recouvre probablement plusieurs taxons de simulies . Si en forêt ivolrtenne §. squanosum se rencontre dans des foyers d'onchocercose peu grave, par contre dans leE savanes du Ghana, du Togo et du Bénin, il est très abondant dans des régions où 1'onchocercose est considérée cortrne grave. Le pourcentage de femelles pares infectanEes_est alors de 5 % et chacune d'entre elles héberge en moyenne 1,4 larve infectante (t l;.61,+0 Une masse considérable d'informations a été recueillie dans Ie domaine de Ia transmission de 1'onchocercose, nais leur interprétation est souvenÈ difficile en termes d'épidénriologie. De nombreuaes a,mbiguités ne pourront être levées que lorsque les parasites véhiculés par les diverses espèces pourrant être identifiés avec certitude. ocP/84. 3 Page 88 5.3 de nouveaux larvicides et de nouvelles lutte contre 1es s 5 .3 .1 Hlstorique et obiets La lutte contre les simulies est jusqu'ici fondée sur la destruction des larves. On uti- Iisa d'abord le DDT8,64,2L9 puisr, lorsque celui-ci fut banni pour des raisons écologigueg:^le méthoxychloreenAmérique du Nord/r et le téméphos en Afrique et en Amérique centrale.r)r'219 Les adulticides nront été d'une évaluation inpossible. 152 emolovés ,166 - que pour des actions ponctuelles dont lrefficacité esÈ On a constaté que certaines ruodifications du milieu, en particulier 1a construction de barrages, réduisaient les populations de simtrlies mais aucune opération spécifique de lutEe écololique à grande échelle nra été réalisée à ce jour ni ne semble envisageable à moyen tertoe et on se préoccupe surtout dréviter que Ies travaux draménagement nraient des répercussions fâcheuses sur la santé.1o4 Lreffort de recherche du Prograrnme a donc porté, en priorité, sur le développement de nouveaux larvicides. Les travaux dans ce do-rine avaient débuté bien avant le démarrage du progranrne dans des laboratoires de 1a région, en particulier à I|IRTO de Bouaké. Ils ont été poufsuivisavecl'appui du Prograrrme puis amplifiés à partir de 198O lors de lrapparition de résistances aux organophosphorés; une équipe de recherche spécialisée dans 1révolution de nouveau:r< insecticides ar en outrer été ctéée au sein de VCU' La lutte adulticide et des techniques de lutte non chimiques ont égaleoent été objets de recherches. 5.3.2 Performances attendues des larvicides La formulation larvicide idéa1e devrait '67 '265 - provoquer 1O0 z de mortalité des siuulies à la dose de or1 mg/t/to min - avoir une toxicité faible (or, ro mglkgl rat) - être peu agressive pour lrenvironnement, en particulier ne cuer ni les mâcrocrustacés, ni les poissons, à la dose efficace - stéutlsiormer spontanément et être stable en climat tropical. Ltefficacité drun insecticide dépend de : - son activité intrinsèque qui peut varier avec 1a température - 1a quanÈité de produit actif qui atteint lrinsecte cible; dans le cas des sirnrlies, ctesE la quantit é iragZrée soit directenent soit avec les particules en suspension sur lesquelles il est adsorbé (cas de l'Abate) - du temps de contact du larvicide avec lrinsecte' Deux remarques stimposent. Dans 1es régions tropicalesr la turbidité de lreau favorise 1,emploi de concentrés émrlsionnables dont les parties actives stadsorbent sur les éléments tiguiés en susPension dans le cours dreau, éIénents qui sont ingérés par les larves de simrlies. Au contrairer les formulations particulaires sont concurrencées par ces particules en suspension et sont âonc peu actives dans les eaux turbides, à ltinverse de ce qui se produit dans les eaux claires des pays tempét6"'189'19o La deuxième re[Erque concerne le t.emps de contact de lrinsecticide avec la larve' Celui-ci dépend de la durée du passage de la vague insecticide, qui varie de quelques minutes au point drépandage à plus d'une demi-heure 10 km en ava1, et de la durée du transit du bo1 alimentaire pendant leque1 Ie produit est absorbé1 or celle-ci est très courte chez S. damros-um,263 gg i] nre6t donc pas.*.i,, que certains produits à absorption Lente puissent traverser le tube digestif de la simglie sans être absorbés. r1 stensuit que 1es essais drinsecticides doivent 0cP/84.3 Page 89 être exécutés dans lraire du Programe ou dans-des régions écologiquement très proches et sur les espèces cibles. À titre drexemple, lrAbaten, qui srest révélé excellent en Afrique de lrouest, avait été considéré co*e inadéquat en Anérique du Nordl lrinverse stest produit pour le méthoxychlore .73 '190 5.3.3 !,e programe accéIéré de développement des larvicides Placé sous la double responsabilité de t/BC et du Progr:rme, le développeuent de nouveaux larvicides se déroule conme suit : - Phase 1 pour Ies les marnrnifères. 11 est vérifié qurils ne présentent pas de résistance croisée au Téméphos chez S. damnosum s.1. - Phase 2: Les formulatious des produits retenus sont demandées.à lrindustrie. Leur effi-Ëffiest testée en auge ("troughs";97r198 en minigouttières.67 L.. larves restent en contact pendanË 1O minutes avec la formrlation insecticide dans de lreau courante. Sont jugés prometteurs eÈ retenus pour la qhase suivante les produits qui provoquent IOO 7" de mortalité des larves à une concentration de datière active inférieure à O,5 u;gl1- /Lo min, eE qui ne tuent ni 1es mrcrocrustacés, ni les poisqons à la dose efficace sur les simuliee. Pour les préparations à base de Bacillus thuringiensils H-14,le seuil d'activité est fixé à L,6 mrgll-ll-O min. - Phase 3 : Essais en rivières a) Les essais à petite échelle sont destinés à mesurer l'efficacité et Ia portée de la fotmu- lation sur une section de rivière ainsi qutà évaluer son impact sur la faune non cible. Lreffi- cacité esE appréciée par la réduction du nombre des larves sur des ,supports naturels ou artifi- ciels à différentes distances en aval du point dtépandage. Lreffet "écologique" est mesuré par 1a réduction du nombre dtorganismes sur des supports, lraugmentation de la dérive et la morta- 1ité de la faune placée dans des gouttières meintenues au fi1 de 1'eau (Fig. 20).155 bis b) Les essais en vraie grandeur doivent ,se dérouler pendant une année ou au moins une saison sèche sur toute 1tétendue drun bassin. Leur but est de mesurer 1es effets, à moyen Eerme, drapplications répétitives du produit. De plus, on devrait alors résoudre les problèmes relatifs à 1tépandage eL au stockage des formulations. Enfin, on évalue lreffet des traitements sur 1es populaÈions de vecteurs et 1a transmission de lronchocercose. Les résultats de chaque expérimentation sont coununiqués à la direction du Programe et à VBC qui informent 1es industriels et le groupe écologique. 5.3.4 Résultats des travaux menés jusqu'à ce jour a) Organochlorés Le DDT avait été utilisé à grande échelle dans Ia caupagne FED de 1963 à 1973 sans provo- quer de désastre écologique. Son bannissement a été prononcé à la suite drobservaÈions faiEes dans Les pays tempérés dans des conditions diutilisation bien différentes. Les dlfférentes formulations de méthoxychlore ont été insuffisantes en Afrique de 1'Ouest.67,166,L98 b) Organophosphorés Le Téméphos en concentré émrlsionnable à 20 7. (Abate C 2OO) esË le produit employé par le Prograrnme depuis ses débuts à o,O5 ng/lll} min en hautes eaux et O,1 ng/Ill-O nin en saison sèche. I1 est dtapplication simple par aéronef, a une portée de 50 km en hautes eaux et est tolérable pour ltenvironnement. Le composé ainsi que la formulation, sélectionnés après dtimportantes recherches avant le début du Programrez04r2O5,22O,22L,224,225 et considérés con*e : Sélection des produiEs techniques qui présentenE une CL.,., inférieure à O,1 mg/1 larves du noustique Aedes aegypti et dont les formulatiotË sont peu toxiques pour ocP/84.3 Page 90 très satisfaisants, ont servi de référence Pour le dévelopPeDent des autres produits' Le Pro- graErne continue à tester de nouvelles formulations de Ténéphos Pour identifier celles qui ont 1e meilleur rapPort coût-eff icacité' La chlorphoxime en concentré émulsionnable^a des performances analogues à lrAbate, m"is i1 est plus agressif pour la faune non cible'223 Des résistances croisées ont été mises en évidence chez tous les composés organophosphorés testés sauf le dichlorvos, très toxique,et Ltazaaéthifos; diverses formulations de ce dernier produit sont en cours drévaluatio' "i rivTète'267 Le développement de Ia résistance aux organophosphorés a minoré ltintérêt des recherches sur 1es composés de cette classe, qui avaient été très poussées entre 1975 et 1980' c) Les pyréthrinoîdes Dans cetÈe crasse se recrutent dtexcellents larvicidesr m'lheureusement très agressifs pour ra faune non cible. on recherche les produits présentant 1e meilleur rapPort efficacité sur sécurité dreruPloi. La perméthrine en concentré émulsionnable à 20 7" a donné des résultats Prometteurs en saison sèche, à o,o2 wlLlLO uin au Togo. son action imédiate sur la faune non cible est plus importante que celle du Téméphos mris Ill. rrtentraîne cependant Pas son exclusion'277 Les foruu- lations testées récemment en vraie grandeur,en Côte drlvoire, ntont pas'jusqutici' présenté une eff icacité satisfaisante. De nouverres formulations synergisées de deltaméthrine vont être Èestées en rivière à la suite de leurs bonnes performances en laboratoire' oMS 3OO2 eÈ cyperEéthrine sont troP agressifs sur lrenvironnement. d) Les prépqrations de Ba llus thurinçlenrsis H-14 est une bactérie sPoru lante entonoPathogène connue depuis plus deBacillus thr.j.tgi"t "i". --_.;_.20 ans et utilisée contre le Et L977 fut découverÈe las chenilles processionnaires no tament. tt-L4,7 ,6 5 trèt toxique Pour 1esvariété israeliensis constituant le sé H-14 ou B.t larves de moustiques et de simulies.66, L'activG de la bactérie est due à 1a séc rétion rotype L56,25O drune endotoxine se Présentan t sous forme de cristaux de densité 1r3' Cette endotoxine est en faiE une protoxine qui est décomPosée en toxines Par les enz)mes du tube digestif des moustiques et des simulies agis sant en milieu alcalin (PH 10) Ces toxines lèsent le tube digestif des larves et entraînent leur mort en quelques heures' 250 Le produit est spécifique des larves de simulies, de moustiques et, à un degré moindre' de chironomes qui sont lL" ..rri". farnilles dtinsectes aquatiques dont le tube digestif présente un pH assez alcalin Pour Permettre lthydrolyse de Ia protoxine' Le B't' Il-14 présente donc une gr"rdu sécurité dtemploi vis-à-vis de la faune non cible. Le bacille ne se reproduit pas dans 1e milieu naturel et il faut répéter les traitements tout conme Pour un insecticide chimique' L,application du TeknarR, formulation actuellemenE utiliSée dans Ie Prograrnme, entraîne de nombreuses contraintes qui limitent lremploi du produit (cf. 1.5.1). Aussi, le déveloPPement de formulations opérationnelles de B.t. H-14 est-il devenu une des priorités du Prograrrme' Le laboratoire collaborateur de ltIRTO a testé un très grand nonbre de produits fournis par lrindustrie. Des améliorations sensibles ont été enregistrées dans des formtrlations expérimentales. ocP /84.3 Page 91 Cette recherche présente un côté empirique car certains des nombreux ParalDètres physiques et biologiques sont rà1 "o.r.rrr". I1 faut alors multiplier les expérimentations et remonter très en amont dans la fabrication du produit. e) Autres produitg Les inhibiteurs de croissance ntont pas jusqutici donné de résultats encourageants' soit qutils nragissent que sur certains stades, soit que le temPs de contact nécessaire à leur action soit trop long pour êEre-obtenu en eau courante. De nouvelles méthodes dtévaluation sont en cours de mise au point.264 Les carbamaÈes ont été peu prometEeurs et il est difficile de les formuler en concentrés émuls ionnables . Lrexploration de nouvelles classes de pesticides conrme 1es avermectines et les sulfites est en cours. 5.3.5 Les formulations des larvicides Les formulations jouent un rôle capital dans 1'efficacité de la portée dtun larvicide ainsi que dans sa facilité dtépandage. Dans certains cas, e1les déterminent 1a spécificité dtune molécule vis-à-vis de certains groupes dtinsectes puisqutelles présentent celle-ci sous une forme que seuls certains drentre eux sont capables drabsorber (formulations Particulaires ou microcapsules, par exemple) . Les concentrés éroulsionnables (CE) ont été les meilleurs véhicules des larvicides chiniques utilisés jusqurà présent. Dans le cas de lrAbate, le produit actif sradsorbe sur les particules d'argile charriées par la rivière et ingérées par 1es larves. La densité des CE doit être comprise enEre 0r95 et 0r98 pour qutils restent dans les couches dteau supérieures de la rivière où vivent 1es larves de simulies. Des variations très roinimes des ingrédients de la formulation peuvent se traduire par des différences considérables de ltefficacité et surtout de la portée; des CE d'Abate à 20 7" supposés identiques mais provenant de firnes différentes pouvaient avoir des portées variant du simple au double. I1 est donc nécessaire drévaluer en vraie grandeur Eoutes les formulations destinées à être utilisées dans Ies opérations67,190 sg même dtavoir un système de test penûanent des lots reÇus. Des briqueÈtes donnant un relargage lent du téméphos ont été es Guatemala mais leur emploi resÈe réservé aux très petits cours dteau avec succes au Les formulations particulaires et colloidales sont peu efficaces dans les conditions du Progra*s.223 Les concentrés dispersables dans lteau sont les véhicules de B.t. H-14 dans le Teknar; le produit act.if, représenÈé sous forme de particules de 1 micron, s'est révé1é beaucoup plus actif que les formulations particulaires deB.È. H-14où les particules avaient des tailles de 5 à 15 microns; ces dernières entraient en effet en compéÈition avec les éléments en suspension dans lteau de la rivière.69,189 Les microcapsules digestibles de ReldarrR 1réahy1 chlorpyrifos) ou à relargage lent d'actellicR (piriroiphos méthyl) avaient donné de bons résultats expérimentaux qui ntont pu être reproduits avec des lots industriels.l88 1s5 microcapsules digestibles qui ne 1ibèrent le produit actif que dans lrestomac de ltinsecte sont envisagées pour formuler des pyréthrinoîdes et diminuer ainsi leur toxicité pour la faune non cible. Mais les techniques de fabrication des microcapsules ne semblent pas absolument maîtrisées. 5.3.6 Traitemenrs adulticides On a constaté que les traitements par hélicoptères des galeries forestières à 1a delta- méthrine, dirigés contre 1es glossines, provoquaient une diminution très sensible des popula- tions de simulies.32 Partant de cette constatation, on a envisagé des traitexoents adulticides pour détruire les simulies de réinvasion de préférence avant qurelles ntaient pu transmettre sayées 151 ocP/84.3 \ Page 92 aux habitanÈs les larves infectantes dont elles sont porteuses. Si cette stratégie donnait de bons résultats, elIe pourrait être envisagée pour la protection de sites isolés. Labasede ceÈte lutte adulticide est le traitement dtune partie plus ou moins ir0Portante des galeries forestières près des sites dtoviposition des simulies. rl est eu effet prouvé que les femelles de réinvasion pondent avant de piquer et on Pense qurelles se reposent sur 1a végétation autour de ces lieux de ponte. Cependant, on ignore la proportion dtentre elles qui se reposent ainsi, avant ou après ltoviposition. Drautre Partr les informations obtenuesjusquiici sur les lieux de repos des simulies montrent que ceux-ci sont Erès diffus dans l,ensemble des galeri...13 si ces résultats sont confirmés, 1tétendue des surfaces à traiter liniterait alors les perspectives de cette stratégie conme alternative de la lutte antilarvaire' 11 nrest pas encore pàssible de se prononcer sur son rôIe éventuel dans la stratégie future du Progranme. pour évaluer 1es potentialités de la lutte adulticide, le PrograElme a exécuté des traite- Eents expérimentaux à ia perméttrine à partir du sol dans le bassin de la Mô, au Togo, qui n'ont pas aPPorté des résultats positifs' 5.3.7 Méthodes écologiques de lutte La lutte antisinulidienne tire avantage de certains travaux de génie civi1, tels que les barrages qui suppriment les gîtes dans leur retenue;104 ""Pg*dant, elle ne sauraiÈ à elle seulejustifier des entreprises a,rssi onéreuses. Au CCE de 1983,273 on a proposé de creuser des biefs de déviation des lignes de rapides à condition que ces travaux de grande ampleur stinscrivent dans 1es plans généraux dtaménagement des pays' on a beaucoup écrit sur la suppression des seuils rocheux pour éliminer les gîtes à simulies mais rien nta été entrepris jusqutà maintenant. on a par contre maints exemples de cas où les travaux dtaménagement ont créé des gîtes très productifs : déversoirs des barrages, canaux dtirrigation, piles de ponts, radiers' etc' 11 iuporte d,en minimiser lteffet à déiaui de pouvoir les supprimer. Le fonctionnement alterné des turbines de selingué, Mali, ltutilisation rationnelle des vannes des barrages en terre sont des exemples d'ule bo.rrr. gestion de ces ouvrages' dans lroptique de 1a lutte antisimuli- dienne. L,élinination des ruines des radiers eE des Ponts est recormandée'1O4'194'261 5.3.8 Au tres méEhodes de lutEe peuvent réduire significativement le de réinvasion en capturant ces der- La pro tection individuelle par 1e port de vêtements p roEecEeurs est contraignante pour les travailleurs des chanps, les plus exposés' Lronction avec des répulsifs ne Procure qu'une pro- tection de courte durée dont la répétition devient drun coût prohibitif. Un effort de recherche est mené en direction des produits locaux, des essais lirnités seront exécuÈés avec 1'huile de oalme au ;hides2 1 1 Togo.2L2 Les perspectives offertes par la lutte biologique en utilisant des mermi- et Bac i1lus sphaericus ne sont Pa s encourageantes. La lutte génétique n'est pas actuel-lement envisageabl-e dans 1'état de nos conna issances. 5.3 .9 Déve pement des moyens de lutte et a nir du ramme LedévelopPementdenouveauxinsecticidesrépondàdeuxobjectifs: - disposer de produits moins chers et plus performants que ceux actuellement utilisés; - disposer de produits ou de méthodes de lutte de remplacement en cas de dévelopPement de résistance aux organophosphorés' on doit évaluer si des pièges (plaques d'aluminium) nombre de larves infectantes introduites Par 1es femelles nières lorsqutelles viennent pondre avant de piquer' Les produit s conclusions que nous avons tirées au chapitre II sur 1a nécessité dravoir de nouveaux et sur les conséquences budgétaires de leur emploi trouvent également leur place ici' ocP / 84 .3 Page 93 Act.uellement, le Progre"rme dispose de - deux produits organophosphorés très opérationnels, lrAbate et 1a chlorphoxime dont ltemploi est limité aux populations de S. damnosum s.1. sensibles aux organosphosphorés ; - une formulation deB.t. H-14,Ie Teknar, utilisée surtout dans les condiEions de basses eaux et qui présente de sérieuses difficultés dtemploi. Des recherches se poursuivent active- ment pour obtenir des formulations améliorées. Les recherches en phase 3 portent sur un composé organophosphoré, lrazaméthiphos et deux pyréthrinoîdes, la perméthrine et 1a deltaoéthrine synergisée. Les recherches en phase 2 portent sur les régulateurs de croissance (fçn) et un certain nombre de nouveaux pyréthrinoîdes. Les essais de lutte adulticide ne sont qutà leur début. 5.4 Recherches sur le parasite E11es ont porté sur la taxonomie du parasite, sa biologie et sa détection chez lrhome. 5.4.1 Taxonomie des parasites Les objectifs et les justifications des recherches sur la Èaxonomie du parasite Onchocerca volvulus ont été décrits au chapitre TII.2. Lrexamen morphologique pemet de séparer les vers adultes eÈ les microfilaires 35dt0. volvulus des espèces du même genre inféodées aux bovins, 0. ochengi en particulier, ce qui présente un intérêt linité, étant donné que ces forues évoluent chez des hôtes vertébrés différents. I1 ntavait pas été possible de séparer 1es spécinens dtO. volvulus de provenances géographiques différentes. De plus, les larves L3 dtO. volvulus et d'0. ochengi gui évoluent chez les oêmes espèces du comp lexe S. damnosum reste.rt ,orpt oiogiquemenÈ indif férenciables ; cela empêche dt évaluer correctenent 1es PAT dans les régions où S. da:nnosum s.1. présenEe un degré important de zoophi1i".146 Ltétude des chromosomes, appliquée avec succès à divers néoatodes, dont pas encore été entreprise chez les filaires. 1es Ascaris, n a L | électrop O. volvulus des montré de légères différences entre les populations dr0. volvulus. Des travaux plus récents ont montré des différences entre les isoenzymes de a"rrilo!ffirs de vers, Eais la distance génétique entre ces populations est minime.77 Ltétude histochimique des phosphatases acides des microfilaires dermiques a falt ressortir des différences constantes entre populations de parasites de savane et de forêt chez 20 Z des microfilaires.119,215 La même méthode appliquée aux larves L3 a montré qutun certain nombre de celles préIevées chez S. demnosum s.1. ntétaient Pas des Onchocerca volvul,rs.96 Les recherches actuellement en cours pour ltidentification des parasites font en outre appel aux techniques intmunologiques, à ltanalyse de IiADN et à ltutilisation de la sPectro- graphie de masse. 5.4.2 Biologie des parasites a) Longévité des différents stades chez I t honrme La latence parasitaire, ctest-à-dire le temps qui sépare la pénétration de la larve infectante (t3) aans ltorganisoe humain de ltapparition de nicrofilaires dermiques, a été esEinée dtun à trois a.rs.20,42,110 horèse des isoenzymes des vers adulÈes avait seulement permis de séparer espèces voisines.55 U, seul système enzymatique (LDH) sur les 7 testés avaiÈ ver6 ocP / 84 .3 Page 94 Dans ltaire du Progranme, les estimations préliminaires siEuent la longévité mglelne des femelles entre a et t 2 arrs, ce qui recoupe les observations épidéniologiques .77,133 La durée de vie des microfilaires pourrait être supérieure à trois ans. Structure des populations de vers adultes 135,140 b) Ltétude de la structure des populations de vers adultes a été rendue possible par la technique de digestion des nodules par 1a collagénase qui libère les vers sans 1es 16r"r.142 Dans 1es régions non traitées, Ies populations de vers femelles observées se cooposaient de 3 Z de juvéniles, 70 Z de spécimens sexuellement actifs, 10 à 2O Z de vers à utérus vides en diapause ou "ménopausés" et 10 Z de femelles mortes. Dans les régions protégées depuis 7 ans, les populations sont plus vieilles puisqutil nty a pas dtapports de vers jeunes. Les juvéniles en sont évidenment absents, 1e pourcentage des femelles inactives sréIève jusqu'à 45 Z et celui des femelles mortes à 37 Z. De p1us, le nombre Eoyen de vers par nodule diminue, car les vers Eorts sont lysés au bout drun certain teurps et ne sont pas remplacés par de nouveaux vers .77 1143 c) Fertilité des vers Chaque femelle émet de 500 000 à 1 million de microfilaires par an; ces émissions sont réparties en Èrois périodes enErecoupées de diapauses.TT 5.5 5.5.1 La spermiogenèse, encore peu étudiée, starrêterait avant la morE des mâles. 144 d) Déplacement de vers adultes Les vers juvéniles produisent des nodules ou stintroduisent dans les nodules préexistanÈs Les mâles peuvent se déplacer dtun nodule à lrautre. 5.4.3 Diagnostic imunologique Le diagnostic parasitologique manque de sensibilité dans 1es cas de faible parasitisme. Or, dans 1es phases terminales du Progr:nrme, ce seront surtout ces types de parasitisme qui persisteront. Crest pourquoi la mise au point dtune méthode diagnostigue imunologique sensible, spécifique et simple serait très souhaitable dans ltoptique de la stratégie à long terme. La recherche des anticorps se heurte à la difficulté dtobtenir des antigènes très purs' donnant des réactions spécifiques.l On a essayé d'utiliser comme antigènes des produits de métabolisme d'0. volvulus adultes maintenus en survie ; dans des tests préliminaires, on aurait obtenu une spécificité de 95 Z en employant la Eechnique ELISA, mais ces résultats demandent à être confirmés. La mise en évidence des antigènes circulants par des anticorps monoclonaux esÈ une néthode de diagnostic prometteuse qui fait aÇtuellement ltobjet de recherches dans différents laboratoires. Recherches sur 1a chirniothéraPi e de lronchocercose obj ectifs et organisation des recherches en chimiothéraPie La lutte contre ltonchocercose a été fondée, en Afrique de lrOuest, sur la destruction du vecteur parce qutil ntexistait pas dtalternative et notanrnent Pas de médicament utilisable en campagne de m:sse ou par des dispensateurs de soins de sanEé primaires. Les rédacteurs du projet APG eurent parfaitement conscience de cette carence eÈ de ses conséquences, en particulier pour 1es phases finales du Progra'nme. Les organismes consultatifs ocP /84.3 Page 95 du prograrme, dès leurs premières sessions, reconnlandaient qutune action énergique fût entre- prise par f'OMS pour 1e développement de filaricides actifs et maniables. Aussi, la chimiothé- rapi. àe ltonchoà.."o"" devint-elle un des objectifs majeurs de 1a section t'Filariose" du Programe ïDR. A partir de L982, des fonds spéciaux furent dégagés par le Progranrme Pour un projet de développement de 1a chimiothérapie (OCT) placé sous la responsabilité scientifique du Directeur de TDR et sous la responsabilité adminisÈrative du Directeur du Prograntme. OCT dispose de son propre Comité df orientation. .pans la recherche de nouveaux médicaments, priorité fut donnée aux mscrofilaricides seuls capables de permettre 1télimination du parasite. Mais les microfilaricides et les agents Pro- phylactiques furent également pris en considération. Les actions furent entrePrises dans deux directions : - réévaluaÈion des filaricides existants, diéthylcarbarnazine (OgC) et suramine. ]-gL,l92 - développement de nouveaux filaricides. Les "candidatsttont été choisis parmi les médica- ments utilisés à drautres fins, corme les anthelminthiques, dont 1a formule a été éventuellement remaniée, ainsi que parmi les produits synthétisés par lrindustrie ou des laboratoires de recherche. 5.5.2 Réévaluation des filaricides 5.5 .2.1 La diéthylcarbarnazine (oeC) La DEC est un microfilaricide qui provoque une baisse de la charge parasitaire sans toute- fois 1a supprimer. Les divers schémas thérapeutiques sonÈ basés sur lradministration de doses répétées pendant au moins une sernaine, en généra1 pendanÊ plus longtemps. Le traitement à la DEC provoque un ensemble de Èroubles secondaires connus sous le nom de réaction de ÿ1azzoÈti. Il peut aussi provoquer des effets nocifs sur le fond droeil des sujets porteurs de parasites oculaires.l23 Lradministration du produit en doses croissantes ou en association avec des corticoîdes ou des antihistaminiques ne supprime pas totalement la réaction deYlazzotti (prurit, fièvre, dermatoses, inflarnm:tion oculaire) qui est très mal ressentie par les patienEs .2,L38,149 Lrassociation de la DEC avec 1e lévamisole n'a pas amélioré la tolérabilité du produit; ltadjonction de prednisone a diminué la réaction de ÿIazzotti.3 '23'lo7 La podoxamide associée à la DEC stest montrée efficace, sur 1es chiens parasités par E1le va être testée chez lrhotr*e.Dirofilaria immitis pour prévenir 1es réactions secondaires. 5.5.2.2 La suramine Des Erairements à faible dose éta1és sur 6 semaines (4 g de produit par sujet adulte) ont provoqué des effets micro et macrofilaricides. Malgré 1es précautions prises, les effets secondaires nront pas été négligeables et des patients ont dû interrompre leur cure. Le traite- meng à la suramine est donc réservé à des cas ou des situations particulières et exige une surveillance médicale.140, 141' 168 5.5.3 Développement de nouveaux filaricides 5.5.3.1 Schéma de criblage des produits Le schéma mis en place par TDR comporte une première expérimentation in vitro ou sur des modèles animaux, puis i." pràa,rits prometteurs sont testés sur lthorr-e "tt @.tt les règ1esdréthique de lroMS. ocP/84. 3 Page 96 Expérimentation in vitro et sur ltani-r1 Stade 1 in vitro sur larve L4 de Brugia pahangi ".r. ,r*.es de rongeurs Stade 2 - sur Dipetalonema viteae chez I'lastomys ou drautres rongeurs Stade 3 - sur Onchocerca gibsoni chez les bovins 24 ESSaiS Sur honme Stade 1 - Essais sur sujets non malades Essais préalab1es de t.oxicologie, térato- génie et carcinogénie Stade 2 - A. B. Essais Essais sur sujets à infection faible sur sujets très infectés, en hôpital Stade 3 - Essais de masse sur le terrain. Aucun produit nra atteint ce stade. 5.5.3.2 Les performances des dif férents composés tesÈés Le métrifonate est un microfilaricide moins actif que la DEC avec les mêoes inconvénients . 2 ,41 ,56 ,7 6 ,168 Le mébendazole perturbe ltembryogenèse des onchocerques.75,76 Il a été peu convaincant et, de plus, Èératogène.4,88 Le flubend azo]e est un embryostatique de longue durée qui doit être administré par voie parenÈéra1e. Lrinjection est douloureuse et provoque des abcès; on recherche des préparations -"niab1es.o4 Le lévaroisole seul esÈ inefficace; en mélange, avec 1a DEC ou le mébendazole, iI nta pas présent-é dravantage tangible .4,7 4,88, 1O7,231 Le mélarsonyl sodique est un -,crofilaricide actif mais toxique provoquant des encéphalo- pathies arsenicales. J9 Un nouveau composé proposé par Ciba-Geigy stest montré un macrofilaricide efficace sur O. gibsoni. 11 va êt.re essayé sur homme dès autorisation de la Cormnission dtéthique de l{erck, Sharp et Doehm. Ltivermectine est un t'outsider" qui nta pas suivi le processus de criblage"dS^DR,.mais a été testé au Sénégal et en France avant dtêtre repris dans 1e circuit de 1'OMS.'''" C'est un nicrofilaricide qui agit à dose unique sans provoquer,semble-t-i1, de réaetion de Mazzottr ni draggravation des troubles oculaires même lorsque la dose atteint 2OO microgramm""fXilo et que la charge parasitaire est élevée (2OO microfilaires par biopsie cutanée). 11 provoque 90 Z de réduction des microfilaires eE cette réduction se mainEiendrait pendant 3 mois draprès des essais exécutés au Centre de Recherche de TDR à Tamalé, Ghana. Enfin, iI a montré un effet prophylact ique vis-à-vis dtO. gibsoni sur 1e bétai1. Ces essais sonÈ éviderment préliminaires. ocP /84 . 3 Page 97 5.5.4 Les perspecÈives de Ia chimiothérapie Un médicamenÈ efficace et dradministration facile est très vivement souhaitable pour aborder les phases teroinales du Progr"mme. En effet, sa distribution pourrait se faire à travers 1es structures périphériques horizontales de santé publique qui auront un rôle à jouer dans la dévolution des activités du Programme aux Etats. Un m"crofilaricide permettrait dréliminer des poches résiduelles, qui nécessitent la prolongation de la lutte antiveetorielle; il pourrait également être utilisé dans les foyers isolés et restreints. Un agent prophylactique permettrait drassurer la protection des zones réenvahies; un microfilaricide, en diminuant le réservoir de parasites, contribuerait à la réduction de la transmission, mais ne semble pas présenter 1e même intérêt que 1es précédents. ocPf 84.3 Page 98 CHAPITRE VI LA FORMATION DU PERSONNEL La 1utte contre ltonchocercose ne pouvait se concevoir sans une conPosante de formation qui figurait dans le rapport LPG245 (annexe V.6). I1 était alors essentiellement prévu de former 1es cadres supérieurs et intermédiaires du Progranrme, recrutés dans les Etats participants. 247 Le CCST, lors de sa quatrième session en 1976,--' soulignait la nécessité de former du personnel, non seulement pour les besoins du Progr:mmê, mais pour créer un corPs de profes- sionnels de haute qualification couvrant tous les aspecEs de lronchocercose dans les pays participants ainsi que dans les autres Etats où sévissait 1a maladie. 11 considérait en outre lue des postes devaient être créés dans les structures nationales Pour assurer des carrières décentes à ces professionnels, surtout srils ntétaient pas médecins. Ltétablissement drune stratégie à long terme dans laquelle 1a dévolution joue un rô1e clé ne fait que conforter ces vues et souligner, si besoin était, 1a nécessité de former des personnels nationarr*. Un bilan détai11é des activités de formation du P-r-ograme a été présenté à la session de décembre '1982 du Comité conjoint du Prograrune à Bamako.255 un résumé réactualisé en est fourni au tableau ci-joint. en les de Les bourses sont accordées sur demande des EtaEs. Le Prograntme sélectionne les candidats fonction de leur curriculurn et des fonctions auxquelles i1s seront destinés; depuis 1983, candidats accouplissent un stage dtun mois au sein du Prograrme pendant lequel on juge leur aptitude à suivre une formation spécialisée. 6.1 Niveau de fornation Dès 1973, la formation avait été envisagée à deux niveaux, cadres supérieurs et techni- ciens, mais avec des modules différents suivant le niveau des candidats. a) Cadres supérieurs Le personnel médica1 a bénéficié de spécialisations dans le cadre de cours universi- laires de un à trois ans en parasitologie, ophtalmologie, épidémiologie et santé publique. En outre, des formations complémentaires postuniversitaires de trois à 12 mois ont été dispensées aux candidats qui avaient la formation de base requise. Enfin, les stages de recyclage ou dtinitiation, le plus souvent à ltintérieur du Progranrme, ont complété 1téventail des activités de formation. Le personnel non médical (essentiellement entomologistes, hydrobiologistes, économistes) a suivi des filières menant à des maîtrises puis à des diplômes d'études approfondies (système francophone) ou à lrobtention dtun titre de Master of Sciences (systène angl-ophone); des thèses ont pu être soutenues dans certains cas. Ces enseignements ont été régulièrement complé- tés de stages sur 1e terrain dans la région du Programme. pour certains spécialistes déjà qualifiés, la foraation stest limitée à un complément pos tunivers itaire . b) Techniciens Des formaÈions de 4 à 6 mois, ainsi que des recyclages, ont été mis sur pied pour 1es techniciens, en général dans Itaire du Programme. c) Autres personnels Des agents administratifs ou techniques ont été recyclés en fonction des besoins du Programue. ocP,,/o+ .3 Page 99 Des cours de langue anglaise ou française ont été dispensés aux personnels pour lesquels le bilinguisme était indispensable. 6.2 Les disciplines Le tablealr 8 montre que 1a plus grarrde part des activités de formation a porté sur ltento- mologie. Cela tient drune part à ce que 1a lutte antivectorielle a été le fondement de la stratégie de lutte et a constitué son arme de choc, drautre part, à 1a carence drentomologistes au début du Progranrne. La surveillance du milieu aquatique a nécessité la formation complète ou complémentaire d'hydrobiologistes . Pour tous les médecins et infirmiers ayant déjà des notions ou même une bonne pratique de 1a parasitologie, la formation a été le plus souvent limitée à des compléments postuniversi- taires ou à des recyclages. Quatre spécialistes en ophtalmologie ont été formés; deux ont été recyclés Des bourses pour des formations en santé publique, en épidémiologie et en économie de la santé ont été accordées depuis 1980. La part des diverses disciplines dans l tensemble des bourses distribuées est revue chaque année en fonction de la stratégie ainsi que des besoins et demandes des Etats. Ctest ainsi quten 1983, le Programme a décidé droffrir des bourses dans des disciplines nouvelles pour aider 1es Etats à assurer un développement socio-économique harmonieux des terres protégées de ltonchocercose. La gestion agraire, la conservation de ltenvironnement, les techniques forestières,1télevage,la sociologier la statistique figurent dans 1a liste des bourses proposées par 1e Progranune. 6.3 Les lieux de formation Ce sont évidemment les universités qui ont donné les forrnations de type universitaire; 1a plupart de ce1les-ci se sont dérou1ées hors drAfrique occidentale. Cependant, ltUniversité de Dakar a formé un ophtalmologiste. LtUniversité dtAbidjan vient de créer un centre de for- mation en entomologie médicale et vétérinaire à Bouaké, qui a vocation régionale et est soutenu par l'oMS. L'Institut de Santé publique du Bénin a également reçu des étudiants. Ce transfert de 1a formaÈion à la région intéressée stinscrit dans la logique du Progrannne. La pluparE des formations complémentaires et des recyclages des cadres supérieurs ainsi que la formation des techniciens se sont déroulées dans 1'aire du Progranrne ou à proximité, dans 1es organismes régionaux (IRTO, IOTA) ou nationaux (Universités d'Abidjan et Legon d'Accra). Les structures du Programme se sont également révélées très efficâces pour certaines formations spécialisées. 6.4 Conclusion A ce jour, le Programne a assuré la formation de 133 personnes : Bénin (16), Burkina Faso (27), CôEe d'Ivoire (10), Ghana (17), Guinée (13), Guinée-Bissau (2),Mali (12), Niger (6), Nigéria (1), ouganda (1), République-Unie de Tanzanie (3), Sénégal (3), Sierra Leone (1), Soudan (1), Togo (18), Bureau régional de 1'OMS (3). 11 a répondu aux attentes de ses promoteurs, non seulement en formant un nombre important de spécialisÈes de ltonchocercose pour lrAfrique occidentale, mais aussi en stimulant lrintérêt des Etats participants pour certaines disciplines considérées jusqutici conune mineures. Au sein de ses sLructures, i1 a développé la notion dtinterdisciplinarité qui se répercute dans la variété de ses filières de formation. Celle-ci est 1a base de toute intégration des acti- vités. L'échéance de la dévolution doit inciter à la poursuite drune telle action que tous les pays participants considèrent comme prioritaires. Drores et déjà, les cadres du Programme sont, en majorité, des ressortissants des Etats participants ou de pays voisins; 1a plupart ont été formés par le Programme, ou grâce à son appui. ocPf s4.3 Page lOO TABLEAU 8 LES ACTIVITES DE FOR}.,I.ATION EXECUTEES OU SOUTENUES PAR LE PROGRAMI'IE ENTRE 1975 ET 1983 FormaEion longue durée de niveau univers ita ire 2à3ans Entomo logie Hydrobio logie Paras i to logieEpidémiologie OphEalmologie Sc iences économiques Divers BN CI GH HV TG 2 1 1) I GH2 cH 1 épi. GH 1 par. HV 2 par. BN GH TG 1 2 1 BN CI GH HV ML SN I 1 2 1 1 ,l Santé pub HVl Méd. généra1e NG1 Total = 25 Formation complémen- taire spécialisée post- universitaire 3 à 12 mois GC ML NG TN 2 1 1 BN CI HV 2 1 1 GH GC OMS GC NG 1 1 Santé pub. BNl Anal. des pesticides GHl Méd. génér NG1 Total = 17 Formation de techniciens 4 à 6 rnois BN7 CI 7 GHl HV8 ML7 NG3 TG 14 GC5 GB2 TN2 SN2 UGl GH GC HV 1 2 1 GC1 HV ,l Total = 65 SEage de recyclage ou d'initiation 1 à6mois Cad res Techniciens ML NR SL SU BN GC HV ML TG oMs OMS I HV 2 Total = 14 BN GH 1 4 MLl HV4 HV3 Total 13 80 14 18 10 7 5 Total 134 BN = Bénin CI = CôEe drlvoire GB = Guinée Bissau GC = Guinée Conakry GH = Ghana lIV = HauEe-Volta ML = Mali NG = Niger NR = Nigéria SL = Sierra Leone SN = Sénéga1 SU = Soudan TG = Togo TN = Tanzanie UG = Ouganda ocPf 84.3 Page 101 FrG. 20 SCHÉMA DE L'APPAREIL A GOUTTIÈRES MULTIPLES Système de fixation individuel de chaque' gouttière réglable en hauteur et latérale ,ù I Corps des gouttières (partie expérimentalc) rtHo u'222 où sont disposés les substrats naturels 2 Système de support permettant le réglaç en hauteur de l'ensemble du bâti 3 Tamis d'arrêt de la dérive naturelle avec dispositif d'accélération du courant 4 Réservoirs contenant les solutions de pesticide 5 Collecteurs 6 Filets de récolte de la dérive des organismes de gouttières ocPi 84.3 Page 1 02 BIBLIOGRAPHIE Articles parus dans des ouvrages ou revues scientifiques Arnbroise-Thomas, P. 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Tableau résumé des et conventionnelles de nouveaux insect icides et 10 eur de ltonchocercose en Afrique des pluies. Méthodes d'applications, tesÈs par applications aériennes e nouvelles formulations. Rapp.d t7 7 6 .6t6 t97 6) ov r19 5 L972 (Trad. anglaise ocP/84. 3 Page 116 225. 228. 229. 230. 23t. Quillévêré, D. , Escaffre , H. , Be1lec, C., Philippon, B. de 1'onchocercose en Afri larguées par hélico P Eère ronéot. OCCGE 5j Pendriez, B. , Gre & Le Berre, R. ( que de l'Ouest. I et simulation d'u anv. 1973. Trad . baut, S., Ouedraogo, J., Kulzer, H., 19 73) Lutte contre S darnnosum , vecteur V. Evaluation de nouvelles formulations ne opération de lutte insecËicide. Lg22-" wtro/vsc/to.ott 226. Renz, A. (1983) Studies on the reinvasion by Simulium damnosum s.1. into the areas of OCP and on the vectorial capacity of differents species of the complex in Togo and Benin in 1982. WHO Consultantship Report, 28 July to 1982, 62 pages 227. Rolland, A. 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Nieer. loso Genève, 1973 (PNID, FAO' BIRD er oMS) 246. Anon1me1977 - Critères biomédicaux pour le repeuplement de 1'aire du Progrannre de LutÈe contre 1'Onchocercose dans le bassin de 6-8 juin tg77 ocPfsAPfTT.L Ia Volta. Rapp. d'un groupe de travail. 247. 248. 249. Anonyme L978 - Rapport de la 5ème session du Comité conjoint de Coordination du Progranure de Lutte contre 1'Onchocercose dans la région du bassin de la Volta, L978 Anonpe L978 - Progrerrrrne de Lutte contre 1'Onchocercose dans 1a région du bassin de la Volta. Rapport d'évaluation 1975-1978 Anonlmre L979 - Rapport de la 6ème session du Comité conjoint de Coordination du Prograrure de Lutte contre 1'Onchocercose dans la région du bassin de la Volta. 3-5 décembre 1979, Genève Anonlme LgTg - Fiche technique du B.t. H-L4 wtl)fvB}/\g.75O Anonymel9SO- Comité conjoint du Progra*e de Lutte contre 1'Onchocercose dans la région du bassin de la Volta. Rapport de la première session. Yamoussoukro. Côte d'Ivoire, 25-27 novembre 198O Anonym.e1980- 5ème rapport du Comité OMS d'experts de la Blologie des Vecteurs et de la Lutte antivectorielle - 1980 - Résistance des vecteurs de maladies aux pesticides. Sér. Rapp. techn. N' 655, OMS Genève ed. , 1980, 89 pagesa 250. 25L. 252. 254. 255. 256. Anonpe 1981 - Ocular onchocerciasis, Five years after cournencing vector control. Rpr. ro EAC, Genève, ocpfeec. 2.3a1981 AnonyureL9S2- Conité conjoint du Programne de Lutte contre 1'Onchocercose dans la région du bassin de Ia Volta. Rapport de 1a troisième session, Bamako, 7-1O décembre 1982 Anonyme L982 - Rapport sur le développement socio-économique des zones proÈégées de 1'onchocercose au Bénin présenté à la troisième session du CCP, Bamako, 1982(point 3.4.A) Ànonlrme L982 - Rapport sur le développement socio-économique des zones protégées de 1'onchocercose au Ghana présenté à la troisième session du CCP, Bamako, t982(point 3 .4.B) 257. ocP I 84.3 Page 118 25g. Anonyme 1gg2 - Rapport sur le développement socio-économique des zones Protégées de l,onchocercose au Mali présenÈé à 1a troisième session du CCP, Bamako, L982(point 3.4.C) Z5g. Anonyme Lg82 - The pathogenesis and treatment of ocul-ar onchocerciasis : Report of the eight meeting of the scientific working grouP on filariasis in collaboration with the progra.mme for the prevention of blindness. Doc. miméog. OMS, Genève TDR i1 '?G (8\ /82.3 260. 264. 265. 266. 267 . 268. 269. 270. 27L. a'7, 273. 274. Anonyme 1982 ' Actions et Anonyle 1983 - Insecticide requirements L'onchocercose dans la région de Bandiagara. résultats d'ocP. Doc. int. OCP. 16 oct. L9§2 Epidéniologie et lutÈe. , 12 pages 26t. Anonyre L1SZ - L'onchocercose dans la région de Selingué, Ilali. Epidémiologie et lutte Action et résultats d'OCP. Rapp. int. OCP 1982, 11 pages 263. Anonyre 1982 - The WHO Pesticides EvaluationScheme Doc. miméos. OMS - wlo/vsc/82.846 and !üHO vBc I 82 .854 Anonyme 1983 - IüttO informal consulÈation on IGR-Geneva, August 1983. WHO/VBC/83.883 for 198 pub lic 3. Doc. health . YBc/83 hrHO/Pesticide manufacturing industrv meeti ne. Genève 13-14 iuin .3 , 25 pages Anonyme l-983 - Comité conjoint du Prograrmre de Lutte contre 1'Onchocercose dans 1a région du bassin de la Volta. Rapport de la quatrième session, Paris, l2-L5 décembre 1983 Anonyme 1983 - Rapport sur 1'évaluaÈion de nouveaux insecticides présenté à la quatrième session du CCP, Paris, 1983 (Point 6) Anonyme 1983 - Rapport d'activité de 1'O!1S à 1a quatrième session du CCP, Paris, 1983(point 4.2) Anonyme 1983 - Rapport sur le développemenE socio-économique des zones Protégées de l,onchocercose en Côte d'Ivoire présenté à la quaÈrième session du CCP, Paris, 1983(point 4.4.A) Anonyme 1983 - Projet Say : Rapport économique mai 1983 présenté à Ia quatrième session du CCP, Paris, 1983 (Point 4.4.8) Anonyme 1983 - Rapport sur les activités de mise en valeur des zones Proté8ées de l,onchocercose au Togo, présenté à la quatrième session du CCP, Paris, 1983(point 4.4.c) Anonyme 1983 - RapporE sur le développement économique et social des zones Protégées de 1'onchocercose en Haute-Volta (jui1let 1983) présenté à 1a quatrième session du CCP, Paris, 1983 (Point 4.4.D) de LutÈe contre 1'Onchocercose dans 1a région du bassin de la t Anonyme 1983 Vo lta . - Prograrune Raooort de la rième session du Comité consu ltatif d'experts. Bouaké, 26-3O seot. 1983 Anonyme 1983 - Progranure de Lutte contre 1'Onchocercose dans la région du bassin de la Volta. RapporE de la quatrième session du Comité consultatif d'experts. Bouaké, 26-30 sept. 1983. Annexe III. Rapport de 1a quatrième session du Groupe écologique. Anonyme 1983 - Rapport de la réunion annuelle pour 1983 des hydrobiologistes chargés de Ia surveillance aquatique des rivières de la zone du Progranrne de Lutte contre 1'onchocercose. @, 15 Pages 275. 276. ocP /84. 3 Page 119 tte contre Simuliuo . Doc. mimé og. 277. Anonyme 1984 - Evaluation of formulations of permethrin as larvicides against Slmuliuq damnosum s .1 . Rapp. 278. Anonyrre 1984 - Stratégie à long terme du Programne de LutÈe contre l'Onchocercose dans la région du bassin de 1a Volta. 26 mai L984(2). Annexe 4. Identlfication des zones opératlonneLles du Prograrme. 1a mise en oeuvre du plan Anonyme 1983 - Télétransmlselon des données hydrologiques dans la lu dannosum. Réunlon informelle, 15-16 mars 1983r OCP, Ouagadougou ocffiuTret/al.t (oMs 182 int. OCP, Anonyme 1984 - Evaluation générale des progrès réalisés dans d'action contre la désertlfication entre 1978 et 1983' 1) furnished by I,Iellcooe /vcu/ozst. Fdv. 1984 279. Rapport au Conseil d'adminis- tration du PNUE, 1984ô a ocPf 84.3 Page 120 ANNEXE I LISTE DES DOCIJMENTS DE TRAVAIL FOI'RNIS PAR LES CONTRIBUTEURS POUR LA REVLTE SCTENITFrQUE 1 Ihe Onchocerciasis J. D. Marr Control Prograrmne in Ehe Volta river basin area in WesE Africa - by 2 3 4 OCP Strategy and its evolution - by F. I,tlalsh OCP Aerial operations - by F. ÿJalsh Larvicide application equipment development and evaluation - by D. A. B. Cliff T. Baldry and Traitements larvicides. Réseau hydrographique traiÈé. Volume et mode de traitemenE - Par J. Mouchet Entomological evaluation and results of Ereatment - by F. Walsh and G. Zerbo Reinvasion of OCP by sPec ies of the S. damnosum complex - by R. Garms Dispersion radiaire des simulies migrantes - par G. Zerbo, S. A. Sowah et K. Iu1uller Résistance aux insecticides chez S . damnos um- par J. Mouchet, D. Kurtak, P. Guillet et B. Philippon Evaluation épidémiotogique. Les grappes géographiques - Par A. ProsE Les résultaÈs épidémiologiques du Prograrune - Par A. .Prost I'1orta1ité des parasites adultes - Par l'1. Karam L'évaluation ophtalmologique d'OCP - par A. Rolland, K. Y. Dadzie eE B. Thylefors A consideration of annual biting rate and annual transmission Potential; t.heir relaEion- ship to each other and to the epidemiological data; the limitaEions of their use - by F. I,Jalsh Relation enEre les niveaux de transmission et les faits cliniques dans 1'onchocercose - par A. Prost Morphologie des stades préimaginaux du complexe S. darnnosum en Afrique de 1'OuesE - par D. QuiIlévéré cytotaxonomy of the simulium damnosum complex - by s. E. o. Meredith Ihe identification of adult members of the R. A. Cheke Simulium damnos um species complex - bY The ageing of adult Simulium damnosum s.1. - by R. A. Cheke Biochemical identification of members of s. d sum complex - by S. E. O. Meredith Bioécologie des simulies adultes - Par D. Quillévéré Bioécologie des stades préimaginaux des simulies - Par J. M. Elouard Caractéristiques vectrices des femelles du comp 5 a t 6 7 8 9 10. 11. L2. 13. L4. 15. 16. L7. 18. 19. 20. 2L. 22. 23. - par D. Quillévéré lexe S damnosum en Afrique de l'Ouest aa a 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40, ocPf 84.3 Page 121 Annexe I Echantillonnage des larves de simulies - Par J. M. Elouard Echantillonnage des simulies adultes - par Ch. Beliec Rearing and colonisation of the S dag,qpsum complex - by J. Raybould Nutrition des larves du comp lexe S daqtnosum - par P. Guillet Durée de vie larvaire de S damnosum sur Erois rivières de Côte d'Ivoire - Par H. Agoua Recherches sur le parasite - par M. Karam Ecologie humaine et onchocercose - Par A. Prost Recherches concernant la toxicité de nouveaux insecticides - Par C. Dejoux Surveillance écologique des milieux lotiques - Par C. Dejoux Le développement de nouveaux insecticides et de nouvelles techniques de lutte contre 1es simulies - par J. I'louchet Chiroiothérapie de 1'onchocercose - par A. Rougemont Role of models in planning of fuÈure Strategies by OCP - by J. B. Davies The economics of Blindness Prevention under Ehe Onchocerciasis Control Program in Upper Volta: a preliminary analysis - by A. ProsE, N. Prescott and R. Le Berre L'impact socio-culturel d'OCP - par C. Pairault L'impact d'OCP sur la santé des populations - par M. Blanc Participation des cormunauEés à la lutte contre I'onchocercose - Par J. Mouchet Formation du personnel à OCP - par J. Mouchet eÈ L. Ravelonanosy ocPf 84.3 Page 122 ANNEXE II Fig.1 Eig.2 Fig. 3 Fig. 4 Fig. 5 LISTE DES FIGURXS ET 1ABLEAUX Cycle de développeme nt d'Onchocerca volvulus L'onchocercose en Afrique et en Amérique Organigramme du Programme Organigramme du Programme de Lutte contre 1'Onchocercose dans du Bassin de la Volta Zones phytogéographiques du Programme .. .. Les différentes phases des opérations de traitements .. Extension maximum des traitements aériens en août 1980 Traitements aériens réduits au minimum - fin avril 1983 Page s 8 9 11 15 a 1a région Fig. 6 FLg. 7 Fig. 8A Fig.88 Fig. 9 F ig. 1o Fig. F iB. Fig. L2 Fig.13 Fig. 14 Fig. 15 Fig.16 Fig. 17 Fig.18 Fig. 19 Fi.e. 20 16 19 23 27 27 34 35 37 37 t Programme de Lutte contre 1'Onchocercose dans Volta Programme la région du Bassin de 1a 11A Potentiels annuels de transmission avant 1es opérations 118 Potentiels annuels de transmission - novembre 1982-octobre 1983 Zones de réinvasion dans 1'aire initiale du Programme et sources des simulies migrantes Les résistances dans le comp lexe Simulium damnosum Evolution de f indice d'intensité du parasitisme dans les différentes zones du Programme .. . Comparaison du rapport #T dans 1'ensemble du Evolution de f indice d'intensité du parasitisme parmi les adultes de différentes communautés .. Evolution de 1'onchocercose oculaire dans le village de l'louvie10 avant et après la mise en place de la lutte antivectorielle .... Principales zones de projets de développement économique de la mission APG à l'année 1983 . Dynamique de 1'occupation des va11ées (Haute-Volta - Ma1i, novembre 1983) 1ibérées de 1'onchocercose Distribution des cytotypes du complexe Simulium damnosum a 40 44 52 52 54 64 7L 79 101Schéma de 1'appareil à gouttières multiples .] ocPf84. Page 12 Annexe 3 3 II Tableau 1 Tableau 2. Tableau 3. Tableau 4. Tableau 5. Tableau 6. Tableau 7. Tableau 8. Calendrier des différentes rivières phases; superficies et kilométrage de Pages 22 28 38 50 55 59 100 Consommation d'insecticides et heures de vol dans 1e Programme Points de contrôle entomologique Pourcentage de points de capture pour chaque catégorie de PAT dans 1'aIre initiale du Progranune .... Baisse de Ia prévalence dans 1'aire du Programme Incidence de I'onchocercose dans quatre villages du foyer du Farako entre 1971 et 1983 . Relations entre PAT et variebles épidémlologiques Les activités de formation exécutées ou soutenues par le Programme entre 1975 et 1983 . 30 a a a I a t ocP f 84.3 Page 124 ANNEXE III l"lission d rAssisEance Prépararoire aux Gouvernements AutoriEé pour 1'Aménagement des Va11ées des Volta Banque Africaine de DéveloppemenE Banque Internationale pour la Recons- Eruction et le DéveloppemenE Comité des Agences parrainantes Comicé ConjoinE de CoordinaEion(du Programme) Comité Consultatif drExperEs(du Programme) Comiré Conjoint du Prograurne Comité Consultatif Scientifique et Techniq ue Compagnie Ivoirienne de Développement des Textiles Organisacion des Nations Unies pour 1 rAgricul-ture et I'AlimenEat ion Fonds Européen de Développement InsEitut de Recherches sur 1a Trypano- somiase eE lrOnchocercose, Bouaké, Côte d I Ivoire organisation pour la Collaboration eE la Coopération pour la luEte conÈre les Grandes Endémies, Bobo Dioulasso, Burkina Faso Programme de luEEe contre ItOncho- cercose dans 1a région du Bassin de la Volta Projet chimiothérapie de ltOncho- cercose Organisarion Mondiale de 1a Santé Organisations non Gouvernementales Office de 1a Recherche Scientifique et Technique outremer Organisation des Pays ExportaEeurs de Pétrole APG AVV BAD BIRD ÇAP ccc CCE CCP CCST CIDT FED IRTO OCCGE OCT 0Ms ONG ORSTOM OPEP ABREVIATIONS PAG ADB CSA JCC EAC JPC STAC FAO EDF OCP l4ission of PreparaEory AssisEance to Government s Af rican DevelopmenE Bank CommiEEee of Sponsoring Agencies Joinc Coordinating Committee ExperÈ Advisory CommitEee JoinÈ Programme CommiÈtee Scientific and Technical Advisory Commit Food and Agricultural Organization European Development Fund Trypanosomiasis and Onchocerciasis Research InsÈiEuEe Onchocerciasis Control Programme Onchocerciasis ChemioEherapy Proj ect WorId Health Organization Non Governmental 0rganizations ü , I I OCT I^]HO NGO t Sigle françai s Sigle anglai s DénominaEion anglaiseDénominat ion f rançaise OPEC ùtP / 84. ., Page L25 Ânnexe III ABREVIATIONS (suite) I Dénomination f rançaise Pott:ntiel Annuel de Transmission Potenriel Mensuel de Transmission I'rogranme des Nations Unies pour 1e D éve 1 oppemen E Programme des Nations Unies pour I I Env i ronnemen E Socieré dtAssisEance Eechnique pour 1a ModernisaEion de lrAgriculture en Côt.e drlvoire Société pour le Développement er I'Exploicacion Qu Palmier à huile Société de Développement du Riz Société de Développement du Sucre Taux annuel de Piqûres Programme du PNIID/BIRD/oMS pour la Recherche e! la Formation dans les Ilaladies tropicales Taux Mensuel de Piqûres 0rganisarion des Nations Unies pour 1'Education, la Science eE Ia Cul ture l\gence des EEât.s-Unis pour le Dévelop- pement InEernaÈiona1 Division de 1a Bi-ologie des VecÈeurs et de 1a Lutte anrivecÈorielle (OMS, (ienève) Unité de lutte anEivectorielle(dans 1e Programme) Zone opérationnelle du Prograrmne PAT PMT PNLID PNUE SATMACI SODEPAIM SODERI Z SODESUCRE TAP TDR ATP MfP UNDP IJNEP ABR TRD Annual Transmission Potential Monthly Transmission Potential United Nations Development Programme United NaEions Environmental Programme Annual BiEing RaEe UNDP/!ÿoRLD BANK/WHo Special I'rc,gramme for Research and Training in Tropical Diseases Monthly Biring Rate UniEed Nations Education, Science and Cultural Organizarion UniEed StaÈes Agency for International Deve lopmen t Vector Biology and Control (a Lt{O divis ion) Vector Control Unit (in OCP) OCP Operational Zone t a TMP MBR IJNESCO USAID VBC VCU ooz a ZOP i I Sigle françai s Sigle anglais Dénomination anglaise I

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Document type Technical Documents
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