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FISH POISONING = INTOXICATIONS LIÉES A LA CONSOMMATION DE POISSON

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W kly Epidem. Bec.: No. 34 • 22 Au*. 1980

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Relevé épidém. hebU. : N" 3 4 - 22 août 1980

FISH POISONING J a m a ic a . — On 4-5 July 1979, 67 persons from the one district in Jamaica presented a t the local hospital for treatment of acute gastroenteritis. Of these ill persons, one died on the way to hospital, 60 were treated and sent home, and six were admitted for a maximum of two days. Three other persons presenting the same symptoms did not seek medical help but had treated themselves. All ill persons were known to have consumed sp rats1 prior to onset of illness, and fish poisoning was suspected.

INTOXICATIONS LIÉES A LA CONSOMMATION DE POISSON J am a Iq u e . — Les 4 et 5 juillet 1979,67 habitants d ’un district de la Jamaïque se sont présentés à l’hôpital local atteints d ’une gastroentérite aiguë. U n de ces malades est décédé sur le chemin de l’hôpi­ tal. Soixante autres ont été traités et renvoyés chez eux, et six ont été hospitalisés pendant un jour ou deux. Trois autres personnes présentant les mêmes symptômes n ’ont pas demandé d ’assistance médicale et se sont soignées seules. Tous ces malades avaient con­ sommé des sprats1 avant l’apparition des troubles, et l’on a soup­ çonné une intoxication par le poisson. L ’étude qui suit est une analyse des données obtenues auprès de ces 70 malades; d ’autres données ont été recueillies auprès de 20 per­ sonnes qui avaient consommé des sprats de la même pêche sans ressentir de troubles.

The present study is an analysis o f data from interviews with these 70 cases. In addition, data was also collected during interviews with 20 persons known to have consumed sprats from the same catch without any ill effects. Symptomatology Onset was rapid, with a median incubation time o f 72 minutes, the first symptoms being a bitter taste in the mouth and nausea. In addition it was noted that the later in the day the fish were eaten, the more rapid were the symptoms. O f those eating fish before 18.00 hours, less than half (42% ) showed symptoms within two hours, whereas 69% of those eating fish after 18.00 hours showed symptoms within two hours. The significance o f this is not clear, but it might suggest greater diffusion o f toxin in the fish with time.

The most immediate and constant feature was a peculiar taste on ingestion, variously described by patients as “ bitter” , “rough” or “strange” (93 %). Other predominant features were nausea (76%) and abdominal pain (61 %). The one fatality, a 34 year old man in apparent good health, immediately on ingestion complained of a bitter taste and nausea. He had some gin and salt and it was reported that about two and a half hours later he was affected with vomiting, severe diarrhoea, marked weakness and he died in com­ plete prostration. There were no convulsions. Diarrhoea and vomiting seem to have been indicators of severity of intoxication. Analysis of the symptoms per number o f fish eaten showed that severity was significantly related to the number of fish eaten. Preparation and Part of Fish Eaten The Great Bay catch of 4 August was sold at about 11.00 h. to four vendors while the fisherman kept some for himself. All patients interviewed had bought fish from the same vendor or from the fisherman. Among the 20 persons without symptoms, only one had fish roasted while 15 (75%) had fried fish. In four instances (20%) the mode of cooking was unreported. O f the 70 patients with symp­ toms, 70 % ate fish roasted and in 27 % the mode o f cooking was not reported; 3% had the fish fried. Of the poisoned group 63% ate fish complete with viscera while 33% ate the flesh only. The investigation was initially oriented to gastroenteritis due to bacterial contamination. In support o f this was the predominantly digestive symptomatology and the fact that only one vendor’s batch produced ill effects. In addition, inspection of that vendor’s shop and the cooking facilities was in favour of that hypothesis. Subsequently it was considered that the mode of preparation which permitted tiré viscera of the fish to be eaten with the flesh was important. In support of this, it was noted that another vendor gave viscera from her batch of fish to her cat which vomited and died a few minutes later. This vendor ate the fish that day and the following day without any ill effects. A customer of a third vendor ate the fish fried and gave viscera to his cat. Again the latter died whde the owner showed no ill effects. The local population a t the area where the fish were caught reported a disappearance of pelicans from the bay about three to four months prior to the incident. This they associated with the presence of floating dead sprat, the food of the pelicans. Discussion There is very little known about clupeotoxism although the findings were consistent with certain features o f clupeoid poisoning reported in the literature. Various species of sardines, herrings, and anchovies have been associated with clupeoid fish poisoning. 1 Sprat is the local name given to a group o f small fish: “ herring sprat", the type eaten here, “jack sprat" and “ pilchard". The yellow billed sprat (Oplsthonema oglinum ) is classified in the order Clupeidae,

Symptomatologie Les troubles se sont manifestés rapidement; le temps d ’incubation moyen a été de 72 minutes, les premiers symptômes étant un goût amer dans la bouche et des nausées. On a noté en outre que plus l’ingestion du poisson était tardive, plus l’apparition des symptômes était rapide: moins de la moitié (42%) des personnes qui avaient consommé du poisson avant 18 heures ont présenté des symptômes dans les deux heures suivantes, tandis que chez 69% des personnes qui avaient consommé le poisson après 18 heures, les symptômes se sont déclarés dans les deux heures. La signification de ce phénomène n ’est pas nette mais on peut penser à une diffusion accrue des toxines. Le signe le plus immédiat et le plus constant était un goût parti­ culier, diversement qualifié par les malades d ’amer, d ’âcre ou d ’étrange (93%). D ’autres signes prédominants étaient les nausées (76%) et les douleurs abdominales (61 %). Le cas mortel, un homme de 34 ans apparemment en bonne santé, s’est plaint d ’un goût amer et de nausées immédiatement après l’ingestion du poisson. Il a pris du gin et du sel; deux heures et demie plus tard environ, il a présenté des vomissements et de la diarrhée, ainsi qu’une faiblesse marquée et est mort dans un état de prostration complète. Il n ’avait pas eu de convulsions. La diarrhée et les vomissements semblent avoir été des indicateurs de la gravité de l’intoxication. L’analyse des symptômes par rapport au nombre de poissons ingérés fait apparaître une relation signifi­ cative entre ces deux données. Préparation des poissons et parties consommées La pêche du 4 août à la Grande Baie avait été vendue vers 11 h . à quatre marchands, le pêcheur en conservant une partie. Tous les malades interrogés avaient acheté leur poisson au même vendeur ou au pêcheur. Sur les 20 personnes indemnes, une seule avait mangé le poisson rôti, 15 autres (75%) l’avaient mangé fnt. Pour les quatre autres cas, le mode de préparation n ’a pas été indiqué. Soixante-dix pour cent des 70 personnes intoxiquées avaient consommé le poisson rôti et 3 %, frit. Dans 27 % des cas, le mode de préparation n ’a pas été notifié. Soixante-trois pour cent sujets de ce groupe avaient mangé le poisson entier avec ses viscères et 33 % n ’avaient inséré que la chair. On a d ’abord pensé à une gastro-entérite d ’origine bactérienne. Cette hypothèse se fondait sur le fait que les symptômes étaient à prédominance digestive et que la marchandise d ’un seul vendeur avait provoqué les troubles. En outre, l’inspection de la boutique et des installations de cuisine de ce vendeur renforçaient cette hypo­ thèse. Ensuite, il est apparu que le mode de préparation qui impli­ quait l’ingestion des viscères en plus de la chair avait de l’importance. On a relevé qu’un autre vendeur avait donné les viscères à son chat qui avait vomi et était mort quelques minutes plus tard. Ce vendeur avait consommé le poisson le même jour et le jour suivant sans présenter le moindre trouble. Un client d ’un troisième vendeur avait mangé le poisson frit et donné les viscères à son chat; l’anunal était mort lui aussi tandis que son propriétaire était indemne. Les habitants de l’endroit ont signalé que les pélicans avaient disparu de la Baie trois à quatre mois environ avant l’épisode Ils associaient ce phénomène à la présence de cadavres de sprats flottants, ce poisson étant Tabulent des pélicans. Discussion On connaît très mal le clupéotoxisme. Les faits relevés corres­ pondaient à certains caractères de l’intoxication par les Clupetdae, décrits dans la littérature. Divers Clupeidae — sardines, harengs et anchois — ont été associés à des intoxications. 1 Sprat est le nom local donné à un groupe de petits paissons: hareng sprat (dont il est question ici), jack sprat et pilchard. Le sprat à bec jaune (Ophihoneeno oglinurn) appartient à Tordre des Clupeidae*

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Symptomatology As in the outbreak presented here, the most distinctive and immediate symptom is that of a sharp metallic or bitter taste ac­ companied by nausea, tingling of the tongue and lips, itching, gastro­ intestinal disorders, weakness and prostration. Death after res­ piratory failure is not infrequent. Cats, dogs, poultry and pigs are very vulnerable to this form of fish poisoning. Environmental Factors It has been suggested that changes in the environment modify the food chain and might account for the intermittent nature of certain fish poisoning, notably in ciguatera and clupeoid poisoning. These changes might be triggered off by flood weather with large quantities of fresh water entering the sea or by unusual dumping of debris in the sea. I t is interesting to note that one of the most severe flooding reported in over a century occurred on 12 June in the involved part of the island. The previous incident of sprat poisoning in May was also preceded by flood weather in March. Plankton and dynoflagellates “bloom” in great quantity in these conditions. If there is toxicity in these organisms, toxicity levels in fish that feed on them will be high. Fish Preparation Viscera seem to be the most toxic part of the fish. It has been reported that in Fiji half of a batch of fish that had been gutted and fried caused no illness, whereas consumption o f the other half, grilled with viscera, resulted in death. However, in the outbreak presented here, gutted and fried fish caused two cases of illness. This suggests that the flesh could also be toxic. Finally, it is to be noted that clupeotoxin is not degraded by cooking nor is toxicity related to the degree of freshness. However, in the present episode the onset of symptoms tended to be more rapid if the fish were less fresh. Both ciguatera and clupeoid fish poisoning have occurred inter­ mittently at the same latitudes. However, file species affected by ciguatera tend to be bigger fish (barracuda, jack, grouper etc.) feeding on algae rather than plankton. Although the symptoma­ tology is similar in some respects, the ciguatera toxin seems more neurological and less gastro-intestinal than in clupeoid poisoning. Clupeoid poisoning in the Caribbean seems to be widespread but poorly documented. Although clupeotoxism in sprat is known in these islands, most information is based on verbal reports. In the same way, yellow-billed sprats are considered poisonous in Tobago where they are found in great quantity. Conclusion This incident involving 70 patients could well have been due to clupeotoxin and although this type of toxin may be rare and relatively unkown it is associated with a high fatality rate and mvolves a type of fish which is eaten over wide areas. The public health implications are consequently serious. It is recommended that: 1. Fish o f the order Clupeidae (herrings, sprats, anchovies and sardines) be carefully cleaned before cooking. 2. They should not be eaten after unusual weather conditions or pollution of the juxta-littoral sea waters. 3. Samples taken should be dispatched rapidly to adequately equipped laboratories for further research on this little known toxin and epidemiological data on all fish poisoning incidents should be reported routinely on standard forms to a central body. E d it o r ia l N o t e : Clupeoid poisoning, a t least as reported, is much less common than ciguatera poisoning. However it appears to be m ore commonly associated with sudden and severe illness and with a higher case-fatality rate. Depending on available sources of fish protein, fish of the family Clupeidae may be eaten in one country and not in another. An absolute change in eating habits is not likely so there is a need to advise the fish trade and the consumers of the apparent special risk of consuming the intestines of the fish. As for ciguatera poisoning, there is no reliable market test, nor does cooking destroy the toxin. Domestic animals are susceptible but it is not necessarily possible to use them as test animals. Furthermore, the part given to the animal may not be the part eaten by the human consumer.

Symptomatologie Comme dans l’épisode exposé ici, le symptôme le plus caractéris­ tique et le plus immédiat est le goût métallique ou amer, s’accom­ pagnant de nausées, de picotements de la langue et des lèvres, de démangeaisons, de troubles gastro-intestinaux, de faiblesse et de prostration. La m ort p ar défaillance respiratoire n'est pas rare. Les chats, les chiens, la volaille et les porcs sont très vulnérables à cette forme d ’intoxication par le poisson. Facteurs d’environnement On a émis l’idée que des modifications de l’environnement entraînaient des modifications de la chaîne alimentaire qui pour­ raient expliquer la nature intermittente de certains ichtyosarco­ toxismes, notamment de la ciguatera et des intoxications par les Clupeidae. Ces changements pourraient être déclenchés par les fortes précipitations qui amènent de grandes quantités d ’eau douce dans la mer ou par un déversement inhabituel de détritus. Il est intéressant de noter qu’une des plus fortes précipitations enregistrées en plus d ’un siècle dans la partie de l’ile qui nous intéresse avait eu lieu le 12 juin. L ’épisode précédant l’intoxication par les sprats, en mai, avait aussi été précédée de précipitations abondantes en mars. Le plancton et les dynoflagellés prospèrent dans ces conditions. Si ces organismes sont toxiques, le niveau de toxicité du poisson qui s’en nourrit est élevé. Préparation du poisson Il semble que les viscères soient la partie la plus toxique du poisson. On a rapporté qu’aux Fidji, la moitié d’un lot de poissons consommés vidés et fnts n ’avait entraîné aucun trouble, tandis que l’autre moitié, consommés avec les viscères et grillés, avait provoqué la mort. Toutefois, dans l’épisode présenté ici, du poisson vidé et frit a entraîné des troubles chez deux personnes. Il se pourrait donc que la chair soit également toxique. Enfin, on notera que la clupéotoxine n ’est pas dégradée par la cuisson et que la toxicité n’est pas liée au degré de fraîcheur du poisson. Cependant, dans le présent épisode, l ’apparition des symp­ tômes a été plus rapide lorsque le poisson était moins frais. Des ciguateras et des ichtyosarcotoxismes par les Clupeidae ont été enregistrés par intermittence sous les mêmes latitudes. Toutefois, les espèces responsables de la ciguatera sont généralement des espèces plus grosses (barracuda, brocheton, serran, etc.) qui se nourrissent d ’algues plutôt que de plancton. Bien que la symptomatologie soit la même à certains égards, la toxine de la ciguatera semble présenter plus d ’affinité pour le système nerveux et moins pour le système gastro-intestinal que l’intoxication par les Clupeidae. Cette dernière semble être très répandue dans les Caraïbes mais on possède peu d ’informations à son sujet. Le clupéotoxisme des sprats est connu dans ces îles, mais l’information dont on dispose se fonde sur des rapports verbaux. De même, les sprats à bec jaune sont consi­ dérés comme toxiques à Tobago où on les trouve en grande quantité. Conclusion Cet épisode de 70 cas d ’intoxication pourrait bien être dû à la clupéotoxine. Si celle-ci est assez rare et relativement peu connue, elle entraîne nénamoins un taux élevé de mortalité et concerne un type de poisson qui est largement consommé, d ’où son importance en santé publique. Il est recommandé: 1. De nettoyer soigneusement les poissons de l’ordre des Clupeidae (harengs, sprats, anchois et sardines) avant la cuisson. 2. De ne pas les consommer après des manifestations climatiques inhabituelles ou après une pollution des eaux marines littorales. 3. De prélever des spécimens et de les envoyer rapidement à des laboratoires convenablement équipés afin de procéder à des recherches sur cette toxine mal connue; en outre, les données épi­ démiologiques relatives à tous les épisodes d ’ichtyosarcotoxisme devraient être régulièrement communiquées à un organisme central, au moyen d ’un formulaire normalisé. N o t e d e l a R é d a c t io n : Le clupéotoxisme, du moins tel qu’il est rapporté, est beaucoup moins courant que la ciguatera. Cependant, il semble être plus fréquemment associé avec des troubles graves, d ’apparition subite, et avec un taux de mortalité plus élevé. Suivant les sources de protéines fournies par le poisson dont disposent les différents pays, les poissons de la famille des Clupeidae y sont consommés ou non. Un changement absolu des habitudes alimentaires étant peu probable, il importe d ’avertir les marchands et les consommateurs de ces poissons du risque spécial qu’entraîne la consommation de leurs viscères. D e même que pour la ciguatera, il n’y a pas d ’épreuves sûres au niveau du marché et la cuisson ne détruit pas la toxine. Les animaux domestiques y sont sensibles mais il n’est pas forcément possible de les utiliser comme animaux d ’épreuve. De plus, la partie donnée aux animaux peut être diffé­ rente de celle qui est consommée par les hommes.

(Based on/D ’après: CA REC Surveillance Report, Vol. 5 No. 9, September/septembre 1979.)

Основные сведения
Тип документа Journal articles
Дата принятия
Источник Всемирная организация здравоохранения