Bull. Org. mond. Sante 1972, 46, 675-684 Bull. Wid Hiths Org. Prospection sur les vecteurs potentiels de fievre jaune en Tanzanie J. MOUCHET 1 S'il n'y a pas eu de cas recents de fievre jaune en Tanzanie, plusieurs epidemies de dengue et d'infection & chikungunya y ont e'te signalees dans le passe'. Les vecteurs potentiels de ces viroses, notamment Aedes aegypti et Ae. simpsoni, y sont trWs largement re'pandus. La presente prospection a porte essentiellement sur le centre et l'ouest du pays. Ae. aegypti, represente par sa forme noire (formosus) n'y est pas associe au stockage des eaux de boisson. II se developpe dans desgftesperidomestiques (recipients abandonnes, pneumati- ques usages) et naturels (creux d'arbre), et les fluctuations de ses populations sont de ce fait liees au regime des pluies. Les indices stegomyiens sont ge'neralementpeu eleves, souvent au-dessous du seuil considre'r comme e'pidemiologiquement dangereux. Ae. simpsoni est presque aussifrequent qu'Ae. aegypti a proximite des habitations, ses larves se developpant a l'aisselle des feuilles engainantes des plantes cultive'es (bananiers, Colocasia), dans les creux d'arbre et meme dans des re'cipients domestiques. Les autres vecteurs potentiels, Ae. vittatus et Ae. metallicus sont peu fr&quents. Huit souches d'Ae. aegypti, testees au laboratoire, etaient sensibles au DDT et aux organo-phosphores, mais trois (Tanga, Dar es-Salaam, Pugu) etaient re'sistantes a la dieldrine. OBJECTIFS ET PROGRAMME Cette mission d'une duree de cinq semaines, effectuee en 1969, avait pour but le'tude de la repar- tition des principaux vecteurs de fievre jaune (Aedes aegypti et Aedes simpsoni) dans l'interieur de la Tanzanie ainsi que de leur abondance locale et la determination de leurs gites larvaires en relation avec l'habitat humain. L'indice Aedes avait ete etabli avant la guerre dans les Annual Medical Reports of Tanganyika Territory. Ces rapports, disponibles 'a la bibliotheque du Muhimbili Hospital, ont ete compiles A Dar es- Salaam.2 Ils pourraient etre precieux si davantage de precisions etaient donnees sur le mode de calcul des indices. 11 est probable qu'ils correspondent au pour- centage de maisons hebergeant des gites larvaires mais aucune precision n'est donnee sur la position de ces gites, 'a l'interieur ou 'a l'exterieur des habita- tions. Par ailleurs, de brusques variations des indices dans une meme localite laissent planer quelques 1 Entomologiste m6dical, Services scientifiques centraux, Office de la Recherche scientifique et technique Outre-Mer, 93 Bondy, France. 2Rapport mensuel de novembre 1969 de l'unit6 OMS de recherche sur Aedes en Afrique orientale. doutes quant 'a 'identite des methodes d'etablisse- ment des indices et d'identification des larves d'une annee a I'autre. OURANDDA RWA) LACAT-_%% f ACO BURg u c" l i I#g LA}CEVASI U~~~~~~~ EAS K w TABORAW uA "AYONI Gush~~~~~t D\0057 A1 _ Z A A I Q UElisA RgiE \ 6 en T S 1*td . 1u -s R6gon proLspectlKevs en Tanan 2846 -675- J. MOUCHET Nous avons ensuite execute une tournee de 16 jours (23 novembre-9 decembre) dans le centre et l'ouest (Dodoma, Singida, Tabora, Mwanza, Biharamulo, Kigoma, Mpanda, Sumbawanga et Mbeya) (voir carte). En raison des conges a l'occasion de fetes de l'independance, nous avons deu rentrer a Dar es- Salaam. Une deuxieme tournee du 15 au 18 decembre a permis de visiter le district de Kilosa et les mon- tagnes de Morogoro. Nous avons dispose d'un chauffeur, de deux cap- tureurs et d'un vehicule Land Rover, ainsi que de tout le materiel de tournee necessaire. Dans la mesure du possible, nous avons pris contact avec les autorites sanitaires locales et nous avons beneficie la plupart du temps de l'appui du # Health Officer)> ou du ( Malaria Assistant )>, pre- cieuse introduction aupres des populations. METHODES DE PROSPECTION La brievete du temps disponible ne permettait pas un travail en profondeur. Dans chaque region, typique au point de vue physiographique, des pros- pections ont ete executees dans la ville principale (habitat urbain) et dans deux ou trois villages repr& sentatifs de l'habitat rural. Dans les visites domiciliaires, on a releve le nombre des recipients contenant de l'eau susceptible d'heberger des Aedes a l'interieur aussi bien qu'a l'exterieur. De ce fait n'ont pas ete comptes ceux qui contenaient des aliments, des boissons fermentees, ou qui etaient vides. L'etablissement de l'indice <(recipient)> pose de serieux problemes. Dans les maisons oiu la jarre contenant l'eau de boisson est nettoyee tous les jours lorsqu'elle est directement remplie au puits ou a la source, peut-on la compter comme un gite potentiel ? Or, c'est le cas g6n6ral rencontre tout au long de cette tournee. Par ailleurs, a l'exterieur, les recipients contenant des larves se trouvent a une distance plus ou moins grande de la maison. Jusqu'a quelle dis- tance peut-on les considerer comme <<appartenant* a une maison et les incorporer dans 1'a indice mai- son)> lorsque les abords du local n'ont pas une limite materialisee? De plus, certains recipients abandonn6s a sec se rempliront aux fortes pluies et sont a ce titre des gites potentiels. La visite des garages et magasins, oiu sont entre- poses pneus et ferrailles, a 6te aussi systematique que possible. Les trous d'arbre et les bananiers au voi- sinage des habitations ont et egalement prospectes. Ces types de gites se sont reveles les plus productifs en Aedes. (A Mwanza et Kigoma notamment, ce furent les seuls gites positifs.) Or, il est difficile de les incorporer dans les indices habituels d'une fagon rationnelle. Dans les localites oiu Ae. aegypti se developpe directement dans les reserves d'eau de boisson, comme c'est le cas dans certaines regions de Tan- zanie (Newala), en Somalie, dans beaucoup de regions d'Afrique de l'Ouest, en Extreme-Orient, etc., l'etablissement des indices ne pose pas les memes problemes. II est neanmoins indispensable qu'une decision soit prise en vue d'unifier les indices. Si l'OMS entend utiliser des ordinateurs pour centra- liser les resultats, il est absolument necessaire que les donnees fournies aient ete etablies suivant les memes criteres pour pouvoir etre comparees valablement. Dans le tableau 1, nous avons calcule separement les indices maison, interieurs et exterieurs (pourcen- tage de maisons contenant des gites positifs a l'int& rieur ou a l'exterieur). De meme les indices recipient ont ete etablis pour l'interieur (ici toujours egal a 0) et l'exterieur; l'indice recipient total cumule les deux situations. Enfin, l'indice de Breteau est le nombre de gites positifs pour 100 habitations. L'enquete par le procede dit <une larve par reci- pient)> (Sheppard et al., 1969) est discutable car beaucoup de gites contiennent de grandes quantites de Culex et seulement quelques Aedes qui peuvent passer inaper9us dans une prospection trop rapide. Les essais de capture d'adultes sur homme ont ete abandonnes en raison de leur tres faible rendement a cette periode de l'annee et du manque de temps disponible. Les resultats des prospections ont ete groupes d'apres les grandes zones de vegetation et c'est dans ce cadre que nous les discuterons (tableau 1). RESULTATS Zone des steppes arbustives (Woodland steppe) C'est une tres vaste region qui s'etend en triangle allonge, entre la zone de barres rocheuses NE-SW, allant du lac Nyassa a l'angle NE du pays, et une ligne Mwanza-Mbeya. A l'ouest de cette zone, jusqu'au lac Tanganyika, le pays est couvert par des savanes arborees (Woodland savanna). Les steppes arbustives correspondent a une zone seche, de precipitations toujours inferieures a 750 mm, souvent a 500 mm. La vegetation primitive est composee d'epineux, Acacia et Commiphora etant les essences dominantes. Les gros baobabs marquent particulierement le paysage. Autour des 676 Tableau 1. Rdsultats des prospections BAtiments R6cipients a Autres types do gttes Zone do District LocalitM Positifs A Positifs A Pros- Positifs Pros- Positifa ndiceI v6g6tation Prospect6s~~~ I'n6iu 'x6iu etsApcd ndice de D6inition et nombre Gltes EspAces d'Aed ______________Nombrol ~~~~~~~~~'it6reu j e_t_rieur total Jrteude gites positifs dens les gltes ncNobrIndice Nombrel Indice rurNombrell Indico e trir Nombre Indice rta Steppe arbustive Dodoma Dodoma 39 maisons 0 0 0 0 60 0 0 2 0 0 0 0 12 creux d'arbre 0 I garage 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 Mvumi lO0maisons 0 0 0 0 15 0 0 0 0 0 0 0 1 creux d'arbre 0 Hombolo 8 fermos 0 0 0 0 9 0 0 0 0 0 0 0 2 creux d'arbre 0 Singids Singida 40 maisons 0 0 0 0 90 0 0 19 0 0 Umwaja 6 fermes 0 0 0 0 14 0 0 2 0 0 0 0 12 creux darbre 0 Nzegs Nzega 35 maisons 0 0 1 3 40 0 0 12 1 8 2 3 10 creux d'srbre 3 aegyptl-Slmpso Itirima 20 maisons 0 0 0 0 32 0 0 9 0 0 0 0 5 creux d'arbre 1 slmpsoni Shinyanga lkunu 10Omaisons 0 0 0 0 10 0 0 8 0 0 0 0 Kilosa Kidika 9 maisons 0 0 0 0 13 0 0 0 0 0 0 0 Savane srbor6e Manyoni Manyoni 3 maisons 0 0 0 0 0 0 0 10 0 0 0 0 2 creux d'arbre 1 aegyptl-meteii Tabora Tabora 35 maisons 0 0 1 3 46 0 0 130 1 0,8 0,6 3 9 creux d'arbre 3 aegyptl Manoleo 12 maisons 0 0 2 17 15 0 0 20 5 25 14 42 Nzega Kiriziwae lO0maisons 0 0 0 0 3 0 0 10 0 0 0 0 Kigoma Kigoms 22 maisons 0 0 0 0 14 0 0 80 0 0 1 gsrage 0 0 1 4 0 0 0 5 1 1,2 1 4 1 croux d'arbre 1 aegyptl-slmpso Ujiji 45 maisons 0 0 1 2,2 20 0 0 30 2 6,6 4 4,4 5 creux d'arbre S aegyptl-slmpso Uvinza 45 maisons 0 0 5 1 1 30 0 0 38 8 21 12 18 1 creux d'arbre 1 slmpsonl-aegy 3 creux do rocher 3 vlttatus-slmpso Machazo 0 msisons 0 0 1 10 5 0 0 8 2 25 15 20 Kasulu Kssulu 40 msisons 0 0 2 5 10 0 0 58 2 4 3 5 1 creux d'arbre 1 aegyptl Mpsnda Mpsnds 50 maisons 0 0 4 8 25 0 0 70 15 21 16 30 2 creux d'arbre 2 aegyptl-simp.o60 bananlers 6 slmpsonl Kilosa Yovi 15 maisons 0 0 1 7 18 0 0 1 1 2 18 7 13 slmpsonl-aegy Cogoro Dome 20 maisons 0 0 1 5 55 0 0 2 1 50 1,8 5 13 creux d'arbre 2 aegypt, Lac Victoria Mwanza Mwanza S maisons 0 0 0 4 0 0 0 60 01 8 15 1 tombe 1 luteocephalus- Homers ~ graes 0 0 21 0 0 0 28 7J 3 creux do rocher 0 MukoLai 1lOmaisons 0 0 1 10 1 1 0 0 25 2 8 6 20 Kigongo 2 creux do rocher 2 vlttatus Montagnes Biharamulo Biharamulo 15 maisons 0 0 2 1, 19 8 0 0 33 21 i 9 25 du N-W 1 garage 0 0 1J 0 0 0 4 2j Katoke 12 maisons 0 04 33 9 0 0 28 4 14 1 1 33 ~~~~~~~~f1 creux d'arbre 1 aegyptl-slmpscKatoke 12 maisons 0 04 9 1 ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ 3 bambous 1 aegypti Kibondo Kalende 10Omaisons 0 0 0 0 6 0 0 12 0 0 0 0 Kibondo 25 maisons 0 0 1 4 8 0 0 34 2 6 5 8 30 Muanese 3 simpsonl Kabwangwa 12 maisons 0 0 0 0 8 0 0 9 0 0 0 0 Kasulu Herujun iS maisons 0 0 0 0 10 0 0 6 0 0 0 0 Montagnes Uf ipa Sumbawanga 32 maisons 0 0 0 0 6 0 0 25 0 0 0 0 1 creux d'arbre 0 du S-W Kasunato 20 maisons 0 0 0 0 5 0 0 15 0 0 0 0 j50 bananiers 1 slmpsonl Laela 36 maisons 0 0 1 3 18 0 0 35 1 3 2 3 2 creux darbre 0 10 bambous 1 aegyptl Mbeya Mbeya 6 maisons 0 0 0 0 10 0 0 4 0 0 0 0 1 creux darbre 0 4 garages 0 0 0 0 0 0 0 50 0 0 0 0 Zones inter- Kilosa Kilosa 20 maisons 0 0 3 16 0 0 66 3 44c19u1bananiors 2 m6diaires 1 garage 0 0 ij 19 0 0 0 10 1 J4 1 1, 0 boaoaniea 1 l ananas Kid6t6 16 maisons 0 0 0 0 3 0 0 12 0 0 0 0 f1 creux d'arbre 1 aegypti Kid6tA ~~~~~~~~~~~ ~ ~~ ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~8bananiers3slmpsonl Radewa 1 manufac- 0 0 1 0 0 0 0 10 2 20 1 creux d'arbre aegypti ture Ulaya 10Omalsons 0 0 0 0 8 0 0 9 0 0 0 0 2 creux d'arbre 2 creux d'arbre, aegyptl-metall Morogoro Tawa-mikano 16 maisons 0 0 0 0 12 0 0 4 0 0 0 0 ananas, Colocasie, slmpsonl bambous aegypti Tawa-mfisigo IO maisons 0 0 0 0 14 0 0 0 0 0 0 0 Mwewe 16 maisons 0 0 0 0 20 0 0 1 0 0 0 0 2 creux d'arbre 2 aegypti a Tous los rAcipients artificiels (pots do terre, jarres, fOts, boltes do conserves, pneus, carrosserie). Souls sont retenus los r6cipients contonant do 1loau susceptible d'h6berger des larves dAe. aegypti. On a retenu los pots A eau potabjours lora do la corv6s d'eau, mais, on fait, is devraient Atreexclus car ils no peuvent constituer des gltes potontiels du fait clu renouvellement total do oeur contenu. Lorsque los r6cipients contenaient Ae. slmpsonl, mention en oat faite dans Ia dernl et dans Ie texte. es rencontr6es rn domestiques on icus-stokesi wnl Wni pti inl )ni (rdc.) ptl (Mrc.) mni (rMc.) in' ,le lavs tous lesire colonne (r6c.) PROSPECTION SUR LES VECTEURS POTENTIELS DE FIEVRE JAUNE EN TANZANIE etablissements humains ces formes vegetales se degradent et la flore arbustive disparait. La region de Dodoma presente toutes les caracteristiques de cette zone de vegetation. Mais plus au nord, dans les regions de Singida et de Shinyanga, le paysage est plus ouvert, surtout dans les larges depressions drai- nees par les tributaires des lacs Eyasi et Victoria. I1 n'y a plus qu'une herbe rase parsemee de baobabs qui se rarefient vers le nord. Beaucoup de ces terrains decouverts sont sales avec des lacs d'eau saumatre tres abondants autour de Singida. La population rurale est composee d'agriculteurs- eleveurs, vivant dans des fermes dispersees au milieu des terrains de culture (Hombolo, Umwaja). Hom- mes et animaux domestiques vivent en contact etroit, le parc 'a betail jouxtant une maison assez primitive, le tout limite par une palissade. Les sources d'eau potable sont essentiellement des puits souvent natrones. En saison seche, l'approvi- sionnement en eau pose de serieux problemes, exi- geant des marches de plusieurs kilometres. Nean- moins 1'eau n'est pas stockee. Elle est recueillie et transportee dans des #gourdes *, grandes courges sechees et evidees, puis conservee pendant un 'a deux jours dans ces recipients jusqu'a epuisement. Quelques familles utilisent le pot en terre ou le reci- pient metallique sans qu'il y ait de stockage. Ces conditions ne sont absolument pas propices au developpement d'Ae. aegypti dans les maisons. Etant donne que les pluies n'avaient pas commenc6 ou venaient de debuter, 1'examen des gites exterieurs n'etait pas significatif. Neanmoins, les gites potentiels sont rares: peu ou pas de recipients, tres peu d'arbres et donc pas de coins ombrages. Les zones rurales que nous avons visitees dans cette region sont peu favorables 'a Ae. aegypti. Des villages plus agglomeres se sont etablis autour des missions (Mvumi) ou des centres de developpe- ment rural (Hombolo, Ikunu). Les habitations, d'un standing ameliore, sont alors separees des enclos 'a betail. Les sources d'eau sont des puits amenages ou des robinets et il n'y a toujours pas de stockage d'eau a l'interieur. Les possibilites de gites a l'exterieur restent tres limitees. Dans les villes de Dodoma, Singida et Nzega, l'urbanisation cree des conditions meilleures pour Ae. aegypti. Les methodes de conservation de l'eau ne se pretent toujours pas a l'etablissement de gites intradomiciliaires sauf par exception, mais les multi- ples magasins, garages, dep6ts de vieux vehicules creent de plus nombreuses possibilites de gites dans les vieux pneus, ffits et ferrailles. Enfin, les allees d'arbres, notamment de flamboyants, offrent de nombreux trous qui sont autant de gites possibles en saison des pluies. A Dodoma, il n'avait pas encore plu et toute possibilite de rencontrer des Stegomyia a l'exterieur etait donc exclue. A Singida, les pluies venaient de debuter et les recoltes furent negatives. A Nzega, par contre, oiu les premieres ondees dataient de dix jours, trois sur dix des creux d'arbre examines etaient positifs pour Ae. aegypti et Ae. simpsoni et il y avait un glite dans un pneu. Cette demiere localite est pratiquement 'a la limite de la zone des savanes arborees et pourrait aussi etre rattachee 'a ce second facies. Dans la region des steppes arbustives, Ae. aegypti ne pouvant vivre qu'a l'exterieur - et ceci sera vrai pour toutes les regions visit&es en Tanzanie - est contingent au regime des pluies. Les conditions de proliferation apparaissent mediocres en campagne, un peu superieures dans les agglomerations, mais seule une prospection plus approfondie en pleine saison des pluies (fevrier ou mars) peut fixer l'impor- tance des Stegomyia dans la region. D'ailleurs, l'examen des ( indices Aedes # de la periode d'avant- guerre montre bien ce pic de saison des pluies, 'a Dodoma au moins. Region des savanes arborees (Woodland savanna) Elle s'etend 'a l'ouest de la precedente jusqu'aux frontieres occidentales de la Tanzanie, a l'exclusion de certaines regions de montagnes. Les pluies toujours superieures a 500 mm augmen- tent d'est en ouest et depassent 1000 mm dans la region de Kigoma-Kasulu-Uvinza. Elles s'etalent de la mi-novembre a avril ou mai avec generalement deux pics, un en decembre peu marque, l'autre en mars ai Tabora, en avril a Kigoma. Lors des prospec- tions, les pluies avaient debute depuis une dizaine de jours a Tabora, trois semaines a Kigoma. Dans cette region, il pleuvait journellement durant les prospec- tions, ce qui ne fut pas sans perturber le travail. La vegetation est celle de la foret claire et uniforme. Une variante xerophile se rencontre autour et au sud de Mpanda, avec abondance de grands acacias. Les baobabs si caracteristiques de la zone precedente sont rares ou absents. Autour des villages, la foret a disparu sur des sur- faces d'autant plus vastes que l'agglomeration est plus importante et plus ancienne. Les maisons des cultivateurs sont sises au milieu des plantations, souvent pres des voies de communications, mais beaucoup moins dispersees que dans la zone prec& dente. Cela tient a l'absence d'elevage (sauf dans la 677 J. MOUCHET region d6nudee autour de Kigoma) du fait de la pre- sence de ts6-tse, Glossina morsitans surtout. Les cultures sont vari6es: mil, mals, manioc et bananes, ces dernieres d'une importance tres variable suivant les localit6s. Les maisons r6centes sont dega- gees de la vegetation; les plus anciennes, souvent entourees de palissades tressees, voisinent avec quel- ques arbres, manguiers, bananiers, etc. Les r6serves d'eau sont, dans toutes les localites visitees, renou- velees journellement et maintenues dans des jarres en terre ou plus rarement des recipients metalliques. Nous n'avons jamais rencontre de larves a l'interieur. Par contre, dans la plupart des villages, quelques recipients autour des habitations ombragees heber- geaient des larves d'Ae. aegypti. Le village de Kiri- ziwae pres de Tabora, recemment construit en pleine foret pour la culture du tabac, negatif lors de la prospection, serait A revoir. Dans les villes, les stocks domiciliaires d'eau sont d'autant plus reduits qu'il y a partout l'eau courante au robinet. Les habitations possedent toutes une cour limitee par une palissade tressee. Dans les bourgs les plus anciens (Ujiji, Kigoma, Uvinza), les arbres abondent autour de toutes les maisons. Ils sont moins frequents a Kasulu et surtout A Mpanda qui offre un aspect plus denud6 sauf autour de la Mission. Cependant, les recipients abandonn6s sont rares autour des maisons, et les gites vraiment domes- tiques rares sauf a Uvinza: a Kigoma, le seul gite etait dans un garage; A Ujiji, dans une maison aban- donnee et dans des creux d'arbre; a Mpanda, dans des ferrailles autour de la Mission ou de la mine abandonnee, ainsi que dans les bananiers. Au meme type de region se rattachent les villages de Yovi (district de Kilosa) et Doma (district de Morogoro), d'altitude moindre et d'aspect plus aride, tres dega- ges, avec peu de recipients exterieurs mais cependant des gites positifs a Ae. aegypti dans les rares endroits favorables. Une conclusion se degage: c'est la presence de gites dans la plupart des etablissements humains, mais A l'exterieur des demeures seulement. De ce fait, la densite enregistree en ce debut de saison des pluies peut augmenter au cours de cette saison. II faudrait donc revoir toutes ces regions en fin de saison des pluies pour evaluer la dynamique des populations de ces Aedes exophiles. La seconde remarque est la presence constante d'Ae. simpsoni dans les bananiers autour des villages lorsque des varietes favorables se presentent, ce qui n'est pas un cas general. En effet, les differentes varietes de bananiers se pretent tres inegalement a la constitution de collections d'eau axillaires et les varietes favorables aux larves de Stegomyia ne sont pas les plus nombreuses (sauf a Mpanda), bien au contraire, ce qui limite les pullulations d'Ae. simp- soni. Ce moustique colonise aussi un grand nombre de creux d'arbre et meme des recipients domestiques a l'exterieur des maisons. Ce dernier type de gites a ete observe quatre fois (Machazo, Yovi, Mpanda et Ilemera). Cette presence frequente d'Ae. simpsoni autour des habitations ne s'observe pas seulement dans la zone de savanes arbor6es mais aussi autour du lac Victoria, dans les montagnes et dans la plaine cotiere. Bords du lac Victoria Les bords du lac Victoria bdneficient d'une pluvio- m'trie plus 6levee que les regions environnantes, superieure A 750 mm. La saison des pluies s'etend de novembre a mai avec deux maximums en decembre et avril-mai. La v6getation est beaucoup plus riche, les arbres plus nombreux et plus importants. Lors de notre prospection, les pluies avaient debute depuis trois semaines avec une vigueur exceptionnelle et furent un obstacle A notre travail. Dans la ville meme de Mwanza, aucun gite n'a ete releve a l'interieur ou a l'exterieur des maisons d'habitation. Par contre, dans les garages, on a note une dizaine de gites, la plupart du temps mixtes, Culex fatigans-Ae. aegypti. Les tres nombreux arbres de la ville sont surveilles par les services muni- cipaux et les creux combles de sable et de pierres. Les deux seuls gites rencontres recelaient Ae. aegypti. Enfin, malgr6 une prospection minutieuse, nous n'avons pas trouve de creux de rocher dans les zones rocheuses qui bordent le lac bien que Harris (1941) ait signale la grande abondance d'Ae. vittatus dans ces biotopes. Nous ne les avons rencontres qu'a Kigongo au depart du ferry-boat de Geita. Les deux villages visites, Ilemera au bord du lac et Mukolami (a 11 km au sud de Mwanza), tres om- brages de grands arbres, au voisinage immediat de plantations de bananes, presentaient des gites exte- rieurs a Ae. aegypti. A l'interieur, il n'y avait pas de stockage d'eau de longue duree. Montagnes du nord-ouest Dans le nord-ouest, I'altitude s'eleve le long de la frontiere du Rwanda et du Burundi. La region se presente sous forme de collines ou de plateaux plutot que de montagnes. La pluviometrie depasse un metre avec un regime analogue a la region precedente. La vegetation primitive foresti6re a disparu devant les cultures. Actuellement, bananiers et manioc 678 PROSPECTION SUR LES VECTEURS POTENTIELS DE FIEVRE JAUNE EN TANZANIE alternent avec des jacheres herbeuses et buissonneu- ses, et quelques rares massifs de bambous. I1 pleuvait depuis trois semaines lors de la prospection et la region etait tres humide et boueuse. Dans le village tres ouvert de Biharamulo, seul Ae. aegypti a ete rencontre a l'exterieur, alors qu'a Kibondo il y avait en outre Ae. simpsoni dans les bananiers et Musa ensete. Ces localites se situent a une altitude de 1800 'a 2000 m. Les villages sont tres disperses, chaque maison etant au milieu des champs et des plantations de bananiers. Nulle part nous n'avons trouve de larves dans les reserves d'eau renouvelees tous les deux jours au moins, mais les indices exterieurs etaient eleves a Katoke alors qu'aucun gite n'etait releve dans les autres villages. Les bananiers de ces localites ne comportaient pas de gites. Le village d'Herujun se trouve dans une foret d'eucalyptus et de coniferes et presente un aspect different avec des maisons grou- pees par 7 ou 8, suivant l'importance de la famille. Les maisons sont tres primitives. La prospection fut trop rapide et meriterait d'etre refaite dans de meil- leures conditions etant donne la situation assez exceptionnelle du lieu. Montagnes du sud-ouest Elles se composent en fait de deux massifs separes par une depression, ouverte sur la Zambie. A l'ouest, le plateau de Sumbawanga entre les lacs Tanganyika et Rukwa, d'une altitude de 1800 a 2000 metres, se caracterise par la rarete des formations arbustives, probablement due a l'intensite du peuplement humain. C'est une zone de prairies et de cultures. La pluviometrie se situe autour de 750 mm a 1000 mm, distribuee de decembre a avril. Dans les deux localites de Sumbawanga et Kasu- nuto, aucun gite n'a ete releve, bien que les pluies aient debute depuis 3 semaines. A Laela, d'altitude moindre (1500 m), tous les gites etaient localises autour de la Mission tres ombragee, aussi bien dans les recipients exterieurs que les bana- niers, bambous et creux d'arbre. Dans le reste du village, plus ouvert, aucun gite n'a ete observe. Les montagnes de la region de Mbeya comptent parmi les zones les plus arrosees de Tanzanie. Mal- heureusement nous n'avons pas pu les prospecter. A Mbeya, oiu il n'avait pratiquement pas plu, une prospection rapide n'a pas permis de decouvrir de gites. Re'gions intermediaires Ce terme designe les regions intermediaires entre la plaine c6tiere et le plateau. Le district de Kilosa est occupe par des cultures vivrieres et des plantations industrielles de sisal. I1 se situe dans la zone de 750 mm de pluies reparties de novembre a mai. La ville de Kilosa avait un indice maison exterieur de 15% et de nombreux gites extra-domestiques (bananiers, ananas, Colocasia) avec Ae. aegypti et Ae. simpsoni. Ces types de gites ont ete les seuls releves dans les villages de Kidete et Ulaya avec les memes especes. Autour de l'usine de traitement de sisal d'Ilonga (Rudewa), Ae. aegypti colonisait les collections d'eau dans les ferrailles et les creux d'arbre. La montagne de Morogoro porte les restes d'une foret tropicale dont des formations importantes per- sistent dans les vallees alors que les hauteurs sont plus denudees. Les habitations de montagne sont tres dispersees; aucun gite domestique n'a ete repere a Tawa et il n'y a pas de stockage d'eau domestique. Les memes observations s'appliquent a Mwewe, village de la vallee. Mais dans tous les cas, les creux d'arbre ont fourni Ae. aegypti et les plantes a feuilles engainantes Ae. simpsoni. CONCLUSIONS Les points les plus saillants qui se degagent de cette prospection sont les suivants: 1) Dans toutes les regions visitees, il n'y a pas de gites dans l'eau de boisson, et en general a l'interieur des maisons. Le stockage de l'eau pendant un temps plus ou moins long, dans des conditions favorables a Ae. aegypti, est generalement la consequence d'un comportement ethnique traditionnel (Pichon et al., 1969) et lie a la forme et au volume des jarres. Dans les regions visitees, les jarres a eau sont de dimen- sions modestes. La ofu elles ne sont pas directement utilisees pour puiser l'eau au puits elles sont nean- moins nettoyees lors du remplissage tous les 2 ou 3 jours. La presence de larves ne pourrait donc resulter que d'une negligence individuelle et resterait un fait isole sans portee epidemiologique. Cette situation n'est valable que pour les zones visitees car dans d'autres regions de Tanzanie l'eau est effective- ment stockee a l'interieur. Ii faut noter que ces methodes de stockage de grandes quantites d'eau liees originellement aux difficultes d'approvisionne- ment ont persiste dans les villes apres l'installa- tion de 1'eau courante en Afrique de l'Ouest (cer- tains quartiers d'Abidjan) ou en Extreme-Orient (Bangkok). 679 J. MOUCHET 2) Il r6sulte de cette situation que les gites d'Ae. aegypti se trouvent 'a 1'ext6rieur (recipients, creux d'arbre, etc.). La presence des larves et la dyna- mique des populations se trouvent donc li6es inti- mement au r6gime des pluies. Dans ces conditions, les resultats negatifs obtenus dans les zones de steppes arbustives et i Mbeya 'a une periode seche n'ont qu'une valeur indicative et ne permettent pas de prejuger de la situation en saison des pluies. Ailleurs, Ae. aegypti se retrouve partout dans les villes (sauf Sumbawanga), plus irregulierement dans les villages. Son absence dans certains de ces derniers s'explique par l'absence de r6cipients exterieurs ou d'arbres a cavites; Ae. aegypti a toujours W ren- contre en densit6 faible et les indices etaient bas, sauf a Uvinza. Dans les villes, les garages, ateliers de tra- vaux publics et decharges prennent une part tres importante a la production d'Ae. aegypti. A Mwanza et Kigoma, ce sont meme les seuls endroits oL ils ont ete rencontres, aucun gite domestique ou peridomes- tique n'ayant ete releve. Les gites naturels et notam- ment les creux d'arbre sont numeriquement tres importants par rapport aux gites dus ai l'activite humaine, quelquefois meme comme a Ujiji plus nombreux que ces derniers. C'est un facteur primor- dial 'a prendre en consideration lors de l'etablisse- ment de tout plan de lutte contre ce moustique. Ces indices toujours faibles ne sont pas contradic- toires avec les indices Aedes 6tablis dans ces regions de 1933 a 1938. Toutefois, une deuxieme prospection au paroxysme de la saison des pluies serait n6cessaire a la fois pour observer l'6volution des indices au cours de la saison humide et pour evaluer des densites maximales des populations d'Ae. aegypti. 3) Le troisieme point est la presence tres frequente d'Ae. simpsoni au voisinage immediat des habitations dans des gites naturels (creux d'arbre, bananiers, ananas, Colocasia, etc.) mais aussi dans des r6ci- pients domestiques L Machazo (Kigoma), Yovi (Kilosa), Ilemera (Mwanza) et Mpanda. Toutes ces localites 6taient des villages constitues de maisons isolees et les r6cipients contenant les larves d'Ae. simpsoni etaient au voisinage immediat de ces gites naturels. II peut donc s'agir d'une colonisation secondaire localis6e n'impliquant pas une adapta- tion domestique g6n6ralis6e de ce moustique. II convient n6anmoins de prendre en consid6ration l'6ventualite d'un tel comportement qui amplifierait singulierement l'importance epidemiologique de ce moustique. La densite larvaire d'Ae. simpsoni etait toujours faible, les plantes hotes favorables n'etant pas tres abondantes sauf en quelques points particuliers (Mpanda, Tawa). Dans un recent article, Gillett (1969) a discute la valeur des differentes vari6tes de bananiers comme gites a Ae. simpsoni aux environs du Kilimandjaro. L'importance exacte d'Ae. simpsoni dans les diverses r6gions de Tanzanie devrait etre 6valuee en fonction du nombre de piquires des adultes, car le reperage de tous les gites larvaires est difficile et les dimensions de l'aire de dispersion des moustiques La partir de ceux-ci restent L determiner. Dans la plu- part des localites prospectees les bananiers se trou- vent au contact immediat des habitations et le contact Ae. simpsoni-homme se ferait donc au niveau du village ce qui n'exclut pas un contact au niveau des plantations eloign6es du village. Mais ce dernier cas demanderait a e'tre examine dans le cadre d'un travail plus approfondi. 4) Sur le plan epidemiologique, il faut relever qu'aucun cas de fievre jaune n'a ete signale en Tan- zanie continentale au cours des 50 dernieres annees, mais plusieurs epidemies de dengue ont ete signalees dans la r6gion cotiere et le virus chikungunya est pre- sent dans le sud du pays. En Afrique de l'Ouest, Pichon et al. (1969) considerent que lorsque l'indice de Breteau est inf6rieur i 10, les risques d'epidemie de fievre jaune sont extremement faibles. D'autre part, Bres et al. (1967) ont constate lors de la der- ni&re epidemie de Diourbel (Senegal) que la plupart des morts survenaient lorsque 30% des jarres conte- naient des larves d'Aedes; il n'y avait que de rares cas mortels IL otu seulement 10% des jarres 6taient positives et aucun cas lorsque moins de 10% taient infestees. L'examen des r6sultats des enquetes montre que l'indice de Breteau depasse 10 dans beaucoup de localit6s, mais les gites sont toujours exterieurs aux maisons, quelquefois meme dans des garages inba- bites. Or, nous ne sommes pas encore en mesure d'evaluer l'importance epidemiologique de ces popu- lations t exophiles * dont le contact avec l'homme est certainement moins etroit que dans le cas des Aedes se developpant dans les r6serves d'eau potable. D'autre part, la presence d'Ae. simpsoni, conjoin- tement avec celle d'Ae. aegypti, au niveau du village cree une situation qui n'a ete 6tudi6e nulle part du point de vue epidemiologique. Ae. simpsoni a entre- tenu seul l'6pid6mie humaine de la foret de Menera en Ethiopie (Neri et al., 1968), mais sa densit6 6tait beaucoup plus 6lev6e que dans les r6gions visit6es de Tanzanie. Dans la r6gion bananiere du Kilimandjaro (Chaggaland), les risques de fievre jaune sont consi- 680 PROSPECTION SUR LES VECTEURS POTENTIELS D)E FItVRE JAUNE EN TANZANIE 681 Tableau 2. Liste des espbces r6colt6es en Tanzanie District ] Localit Gtte T Espbce Morogoro Doma Pneu Ae. aegypti Tawer Creux d'arbre Toxorhynchites brevipalpis, Neoculex Ae. aegypti, Ae. metallicus Bambous T. brevipalpis, Ae. aegypti Ananas Ae. simpsoni Colocasia Ae. simpsoni Mwewe Creux d'arbre Ae. aegypti Kilosa Kilosa Pots a Ae. aegypti Kidete Creux d'arbre Ae. aegypti Bananiers Ae. simpsoni Rudewa Ferrailles Ae. aegypti Creux d'arbre Ae. aegypti Ulaya Creux d'arbre Yovi Pots Ae. aegypti Nzega Nzega Pots Ae. aegypti Creux d'arbre Ae. aegypti, Ae. simpsoni, C. fatigans Itirima Creux d'arbre Ae. simpsoni, C. nebulosus Aedes sp., Neoculex sp. Tabora Tabora Pots Ae. aegypti Creux d'arbre Ae. aegypti Manoleo Pots Ae. aegypti, C. nebulosus Manyoni Manyoni Creux d'arbre Ae. aegypti, Ae. metallicus, Ae. stokesi, Aedes sp. Mwanza Mwanza Creux d'arbre Ae. aegypti Tombe Ae. luteocephalus Garages Ae. aegypti, C. fatigans llemera Pots Ae. aegypti, Ae. simpsoni Mukolani Pots Ae. aegypti, C. nebulosus Kigongo Creux de rocher Ae. vittatus Biharamulo Biharamulo Pots Ae. aegypti Katoke Pots Ae. aegypti Creux d'arbre Ae. aegypti, Ae. simpson, Bambous Ae. aegypti Kibondo Kibondo Pots Ae. aegypti Musa ensete Ae. simpsoni Kasulu Kasulu Pots Ae. aegypti Creux d'arbre Ae. aegypti Kigoma Kigoma Pneus Ae. aegypti Creux d'arbre Ae. aegypti, Ae. simpson Ujiji Pots Ae. aegypti Creux d'arbre Ae. aegypti, Ae. simpsoni, C. fatigans Uvinza Pots Ae. aegypti Creux d'arbre Ae. aegypti, Ae. simpsoni Creux de rocher Ae. vittatus Forkt Uvinza Creux d'arbre Ae. marshalli, Ae. schwetzi Machazo Pots Ae. simpsoni Mpanda Mpanda Pots Ae. aegypti, Ae. simpsoni, C. duttoni Creux d'arbre Ae. aegypti, Ae., simpsoni, Cu/ex sp. Bananiers Ae. simpsoni Ufipa Laela Pots Ae. aegypti Bambous Ae. aegypti Bananiers Ae. simpsoni a Pots designe les r6cipients domestiques, jarres, calebasses, boltes de conserves, etc. J. MOUCHET dere's comme nuls par Gillett (1969) et les risques de propagation d'une 6pidemie provenant de l'exterieur sont estim6s faibles. L'absence d'epidemies au cours des 50 dernieres annees est un fait rassurant, mais des 6tudes plus approfondies seraient necessaires pour confirmer ou infirmer cet optimisme. 5) Tous les Ae. aegypti recoltes appartenaient 'a la forme noire (formosus) d'Afrique continentale. Les tableaux 1 et 2 donnent la liste des moustiques ren- contres au cours de cette prospection. Ae. vittatus a et6 trouve chaque fois que des circonstances ecolo- giques favorables se presentaient. Ae. metallicus n'a e rencontre que deux fois dans des creux d'arbre en association avec Ae. aegypti et une fois avec Aedi- morphus stokesi non encore signale en Tanzanie. Ae. (Steg.) schwetzi represente egalement une esp&ce nouvelle pour le pays alors qu'Ae. marshalli observe dans l'Ouest (Uvinza) n'etait connu que des bords du lac Victoria. Ae. luteocephalus n'a W trouve qu'une fois dans un microgite. Quelques autres esp&ces sont encore en cours d'identification. Par trois fois des larves de Culex du groupe pipiens ont Wt6 trouv6es dans des creux d'arbre. L'absence d'adultes ne permet pas de d6terminer s'il s'agit de C. p. pipiens ou de C. p. fatigans, mais dans les localit6s oiu ces larves ont dtd recolt6es C. p. fatigans dtait tres abondant. Etant donne l'im- portance de cette demiere espece, il serait neces- saire d'obtenir de plus amples informations. REMERCIEMENTS Nous tenons 'a remercier toutes les personnes qui nous ont aid6s: le Dr G. A. H. McClelland, unite OMS de recherche sur Aedes, i Dar es-Salaam, qui a organise ce voyage; le Dr M. Trpis et Dr W. K. Hartberg, qui nous ont aides dans l'exploitation du materiel; le Dr Bulengo, du Ministere de la Sante publique, et le Dr Roig, Repre- sentant de l'OMS, qui nous ont fourni les introductions aupres du personnel de sant6 publique; les Regional Medical Officers, District Medical Officers, Health Offi- cers, Malaria Officers et Malaria Assistants de Dodoma, Kigoma, Mbeya, Morogoro, Mwanza, Singida, Bihara- mulo, Kasulu, Kibondo, Kilosa, Mpanda, Nzega, qui nous ont fourni sur le terrain toute l'aide desirable; M. Souter, des Mines de sel de Nyanza, 'a Uvinza, et les Missions des Peres Blancs, ia Biharamulo, Mpanda et Sumbawanga qui nous ont offert l'hospitalit6. SUMMARY SURVEY OF POTENTIAL VECTORS OF YELLOW FEVER IN TANZANIA A survey for potential vectors of yellow fever was made in 1969 in the central and western parts of Tanzania. The survey was carried out at the end of November and throughout December; this is the start of the rainy season in Tanzania, although rains had not begun in most of the woodland steppe areas. Altogether, 41 towns and villages were surveyed; these were distributed between the following main physiographical areas: woodland steppe, woodland savanna, Lake Victoria shores, high- lands, and intermediate regions. The density of Aedes aegypti was evaluated in terms of the house index, the container index, and the Breteau index; no index could be derived for Ae. simpsoni since a standard index for this species has not yet been developed. In the areas surveyed, no breeding of Ae. aegypti in drinking-water was observed, probably because water is stored in small jars that would be emptied frequently. This species was found breeding mainly in outside con- tainers (pots, drums, and tires) and in tree-holes, and, as a result, its seasonal fluctuation follows the rainfaU pattern. Thus the negative results that were recorded in many places in the woodland steppe area where the rains had not yet begun cannot be considered as definite proof of the absence of this species of mosquito. The indices of density were found to be generally low, often below the level of epidemiological significance, and they varied con- siderably from place to place, even in similar ecological conditions. The only colour form of Ae. aegypti en- countered was the black one (formosus). Larvae of Ae. simpsoni were found to be quite plentiful in and around the villages, and were frequently as abundant as those of Ae. aegypti not only in their natural breeding sites, such as the axils of banana trees, colocasia, pineapple plants, etc., and in tree-holes, but also in domestic containers. Thus in the parts of Tanzania covered by the survey, Ae. simpsoni can be considered as both a peridomestic and a feral species. The other potential vectors, such as Ae. vittatus, Ae. metallicus, and Ae. luteocephalus, were sel- dom encountered, but this is not surprising since the sur- vey was biased towards towns and villages. Larvae of 682 PROSPECTION SUR LES VECTEURS POTENTI ELS DE FIEVRE JAUNE EN TANZANIE 683 Ae. stokesi, Ae. schwetzi, and Ae. marshalli were among the culicine larvae collected, in addition to those of several species of Culex and Toxorhynchites brevipalpis. Altogether, eight Tanzanian strains of Ae. aegypti have been colonized in the laboratory and tested for suscepti- bility to various insecticides. Three strains-namely, those from Tanga, Dar es Salaam, and the Pugu forest- were found to be resistant to dieldrin, but all of them were susceptible to DDT and organophosphorus com- pounds. REF1JRENCES BIBLIOGRAPHIQUES Bres, P., Comet, M., Cire Ly, Michel, A. & Lacan, A. (1967) Bull. Org. mond. Sante, 36, 114-119 Gillett, J. D. (1969) In: East African Aedes Research Unit, Mth. Rep. Syt., 1969, Annexe 1, pages 14-20 Neri, P., Serie, C., Andral, L. & Poirier, A. (1968) Bull. Org. mond. Sante', 38, 863-872 Pichon, G., Hamon, J. & Mouchet, J. (1969) Cahiers ORSTOM (Sir. Ent. Mid. Parasit.), 7 (1), 39-51 Sheppard, P. M., MacDonald, W. W. & Tonn, R. J. (1969) Bull. Org. mond. Sante, 40, 467-468 Addendum SENSIBILITE ET RESISTANCE AUX INSECTICIDES DE QUELQUES SOUCHES D'AEDES AEGYPTI DE TANZANIE Huit souches de Tanzanie ont fait l'objet d'epreu- ves de sensibilite aux insecticides. Elles provenaient pour 3 d'entre elles de differents quartiers de Dar es- Salaam ou des environs; une de la foret subc6tiere de Pugu; une des reserves d'eau des cotres a Tango; enfin les trois autres de villes de l'interieur (Mwanza, Uvinza et Newala). Les resultats des tests sont resumes dans les tableaux I et 2. Sensibilite aux insecticides chlores En Afrique, on peut retenir comme criteres de la resistance aux insecticides chlores: - pour le DDT: sensibilite si la CL0o0 est inferieure ou egale 'a 0,05 partie par million; resistance si la CL100 est superieure ou egale 'a 0,5 partie par million; doute dans la situation intermediaire oiu il faut proceder a des selections avant de se prononcer; Tableau 1. Sensibilit6 aux insecticides chlor6s de larves d'Aedes aegypti de Tanzaniea DDT Dieldrine HCH Origine de la souche I__ CLso CLioo CL5o CLloo CL50 CLioo Buguruni 0,014 < 0,05 0,07 > 0,1 0,12 > 0,5 Dar es-Salaam Mbagala 0,004 < 0,05 0,012 > 0,1 0,06 > 0,5 Msasani 0,009 < 0,25 0,05 > 0,5 0,07 > 0,5 Tanga (Dhow) 0,0085 < 0,05 0,014 < 0,25 0,085 < 0,5 Newala 0,003 < 0,02 0,003 < 0,02 0,03 < 0,1 Uvinza 0,0026 < 0,02 0,0035 < 0,02 0,013 < 0,1 Mwanza 0,0037 < 0,05 0,01 < 0,02 0,035 < 0,5 Foret de Pugu 0,014 < 0,25 0,12 > 2,5 0,16 < 2,5 a Les CLso et les CLioo sont exprimees en parties par million. J. MOUCHE1 0 0 -J U) N N N N N N N v v v v v v v v 0 L)~~ ~ ~ ~~)U 20 o o N N q N * N 0 00 000008 -° o o dv ov dv o 0_ C 4 el 0 to VVVVVVV0 .0 , N 0_O N 0)N co 3 o o N N_ N N _8 - o o odo , o o V A V V V V V V 0 o 3 o) o o o Eo Eo° o°o oo o 00000oo E 0 Lo 66 U) U) N U) N N U) 0 o oco co o co oo 0 _ o oo oo d o .o C4V0V0 coV j 0O 0 U) U)r8 - o N 0 00 N U) N co_ LO LO O LO O LO_ L) O 0C O0 co 0 LO Le '-0 0 o ) LI) S C0000 0 -_ dd dd 6 C 0 ._ = 'E a= m 2 ( = 0 0co 2 0 0 'a> 0 CZ0 > 1- .2E. C a0 10C C 0 co 0 E CL 0C. 0 o 0 -J U 0 D 0 to -J U 09 e pour la dieldrine: sensibilit6 si la CLjoo est inf&e rieure ou 6gale a 0,05 partie par million; r6sis- tance si la CLL00 est superieure ou 6gale a 0,1 partie par million; doute dans les situations inter- mediaires. La CL50 ne fournit que peu d'indications. En effet, le nombre des individus resistants peut etre tres faible dans une population en l'absence de pression insec- ticide s6lective ce qui n'influe guere sur la CL50. L'analyse du tableau 1, sur la base de ces criteres, permet de constater que: a) toutes les souches sont sensibles au DDT, y compris celles de Msasani et de Pugu, dont la selec- tion en laboratoire pendant 3 gen6rations n'a pas abaiss6 la sensibilite; b) les trois souches de Dar es-Salaam, celle de Pugu et celle de Tanga sont r6sistantes A la dieldrine; ce r6sultat est assez surprenant en ce qui concerne la souche ( sauvage * de Pugu qui n'aurait pas diu avoir de contact avec les insecticides. Ces observations rejoignent celles contenues dans les rapports de juin et juillet 1969 de l'unite OMS de recherche sur Aedes en Afrique orientale; c) cette resistance a la dieldrine s'assortit d'une baisse de la sensibilite au HCH. C'est un phenomene peu marqu6 comme pour toutes les souches africaines; d) les souches de Newala, Uvinza et Mwanza pre- sentent une extreme sensibilite aux produits chlores. Elles sont certainement parmi les plus sensibles qui aient ete observees A ce jour. Sensibilite aux insecticides organo-phosphores Aucune r6sistance aux organo-phosphor6s n'appa- ralt a la lecture du tableau 2. On constate la grande efficacit6 de l'Abate (insecticide le plus souvent recommande contre ce moustique, compte tenu de son innocuit6 pour l'homme), du Dursban, du fenthion, de l'OMS-437, du bromophos et du f6ni- trothion. Le malathion n'a que des perform. nces de beaucoup inf6rieures. Conclusion La r6sistance a la dieldrine, tres largement repan- due chez Ae. aegypti en Afrique de l'Ouest, se retrouve donc pour la premiere fois en Afrique de l'Est, dans la r6gion cotiere. Des prospections plus pouss6es seraient necessaires pour d6terminer son extension A l'int6rieur. . La r6sistance au DDT n'est pas encore mise en evidence dans cette region. La sensibilit6 aux insecticides organo-phosphores est normale. 684 C 0 a .) to N C co Ur) U) co U) ;CE b- coU) U) n._ Co U) 0 ._ x 0. Co 0 0. C U) .5 0 ~0 0) Co x -U) CU) CI) CNI U) I- 0 U 0 0 C 6 ._ 1: 0
World Health Organization (WHO) · Journal articles
Prospection sur les vecteurs potentiels de fièvre jaune en Tanzanie
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