Organisation ~ondiale de la sante - Bureau regional de }'Europe f • lf Copenhague ~ Rapports et Etudes EURO 78 Les expositions aux polluants de l'air des espaces clos et leurs eff ets sur la sante Rapport sur une reunion de l'OMS Nordlingen, 8-11 juin 1982 ICP/ RCE 304(2) La presente publication est dediee a la memoire du Dr Craig D. Hollowell, Berkeley, CA, Etats-Unis d'Amerique, eminent scientifique, specialiste du probleme de la qualite de !'air des espaces clos, et participant designe du groupe de travail , qui est soudainement decede le 18 janvier I 982 a !'age de 41 ans. La communaute scientifique perd en lui un grand savant et un excellent ami. ISBN 92 890 2244 2 CJ Organisation mondiale de la sante I 985 Les publications de )'Organisation mondiale de la sante beneficient de la protection prevue par Jes dispositions du Protocole N° 2 de la Convention univer- selle pour la Protection du Droit d' Auteur. Pour toute reproduction ou traduction partielle ou integrale, une autorisation doit etre demandee au Bureau regional de )'OMS pour )'Europe, 8 Scherfigsvej, DK-2100 Copenhague 0, Danemark. Le Bureau regional sera toujours tres heureux de recevoir des demandes a cet effet. Les appellations employees dans cette publication et la presentation des don- nees qui y figurent n'impliquent de la part du Secretariat de ('Organisation mon- diale de la sante aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones , ou de leurs autorites, ni quant au trace de leurs frontieres ou limites. La mention de firmes et de produits commerciaux n'implique pas que ces firmes et produits commerciaux sont agrees ou recommandes par )'Organisation mondiale de la sarite de preference a d'autres. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale indique qu'il s'agit d'un nom depose. Ce rapport exprime Jes vues collectives des participants et ne represente pas necessairement Jes decisions ou la politique officiellement adoptees par l'Organisa- tion mondiale de la sante. IMPRIM E AU DAN EMARK ISSN 0250-8400 SOMMAIRE Page Resume ....... ...... .... ........ ... ............ ..... ..... ..... .. ..... ....... ....... .......... .......... .......... .. ..... ... . Introduction ........... ................. ... .. .... .. ........... ......... ............. .. ... ............ ....... ..... .... .. 2 Les caracteristiques de l'approche preventive ............. ................ .. .............. 5 Estimation des expositions ...... .. ............ ... ............................ .. ... ..... .. ...... ........... 7 Construction de model es . . . ... . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . ... ... . . . . . . . .. . . . . . . . . . ... . . . .. . . . . ... . . . . . . ... . . . . .. 7 Puissance des sources de pollution ..... ... .... ... .. .. ... ... ................ .. .......... ...... .... ......... .. 9 Infiltration et ventilation .......... ..... ..... .. .. ..... ......... .. .. ... .. ... ........ ................ ..... ..... .... 10 Methodes de mesure ................................ ............ ......................... .............. ... ... ...... 11 Evaluation des effets de la pollution des locaux sur la sante ......... .. ...... . 15 Etudes toxicologiques sur ('animal ......... ... .. ... ... ... ... .... .... ..... ......... .... .. .. ........... .. .. .. 16 Etudes en milieu professionnel .. ... ... ...... .................. ................... .. ........ ... ............ ... 16 Etudes par exposition controlee d'ctres humains ...... .......... .......... .................... ...... 17 Etudes scquentielles ... .. ......... ... .... ..... . ...... .... ............. .... .. ................... .. ........ ........... 17 Etudes epidcmiologiques .................................... ... .... ... ......... ...... .. ... ...... ........... ..... 18 Connaissance des expositions et de leurs effets sur la sante ......... .. ........ 20 Le syndrome des «batiments malades» .......................................................... 25 Symptomes .. .... ... ...... .. .. ... ... ... ........................... ... ..... .... ...... .. ... .... ... .... ..... ... ...... ...... 25 Frcquence .... ............ ....... .... ......... .. ........... ....... ......... . ...... ... ...... ... ... .... .............. .. .... 27 Caractcristiques du syndrome des «batiments malades» .... ............................. .. ... ... 27 Causes suggcrces du syndrome des «blitiments malades» .... .. .... .... .. .... .. ... ...... ... ... ... 28 Methodologie et priorites des etudes futures ......... ........... ... ............. ........... 29 Conclusions ... ... .. ....... ... .............................. ..... ...... .. ........ .............. .... ... ...... .. .... ... ... 32 Recommandations ...... ... .. ....... ... ... .. ........ ............ ............. ............ .... ... ...... ........ .... 34 Bibliographie . ..... ...... ......................... ............ ........... .... .................. ..... .... .......... ..... 35 Annexe I Composition des sous-groupes ................. ...... .................... ....... 39 Annexe 2 Comite d'orientation des travaux sur la qualite de !'air en espace clos ........ ......... ...... ............................................. 41 Annexe 3 Liste des participants ........ ................ ... ..... ...... ... ... ... .... .. ... .. .. ....... . 43 RESUME Le groupe de travail sur !'evaluation et la surveillance des expositions aux polluants de !'air des espaces clos a etc reuni par le Bureau regional de !'OMS pour !'Europe en collaboration avec le gouvernement de la Repu- blique federale d' Allemagne, pour faire le point sur cette question ainsi que sur celle des consequences de ces expositions pour la sante, sachant que ce travail presente des difficultes particulieres en raison du nombre et de la diversite des sources de pollution et des locaux a prendre en consideration. On a observe beaucoup de cas de dommages graves causes a la sante de l'homme par des expositions, en espace clos, aux formaldehydes, a l'oxyde de carbone et a d'autres produits des combustions en milieu pauvre en oxygene, ainsi qu'a une serie de produits chimiques organiques provenant d'articles de consommation. Les insuffisances actuelles de !'evaluation des expositions chroniques a des concentrations mal definies de plusieurs polluants connus des locaux fermes posent un serieux probleme de sante publique. Les membres du groupe ont fait le tour de ce que l'on savait alors au sujet des sources de plusieurs polluants frequemment presents dans les locaux fermes, et des concentrations signalees. Ils ont evalue l'efficacite des moyens techniques de mesure existants et l'adequation des donnees appor- tees par la surveillance des concentrations lorsqu'il s'agit d'estimer les expositions des populations. Ils ont dresse la liste des effets potentiels sur la sante de !'exposition a chacun des polluants, et ont determine dans quelle mesure les connaissances actuelles concernant les relations exposition-effet suffisaient pour evaluer !'impact total de ces polluants sur la sante publique lorsqu'on pouvait disposer d'estimations acceptables des expositions. Pour chacun des polluants, ils ont evalue la fraction de population exposee a de faibles concentrations, ainsi que celle exposee a des concentrations qui depassent un seuil critique donne. Le groupe ajuge que, pour arriver a une quantification valable des effets nocifs d'un polluant de l'air sur la sante d'une population, ii fallait d'abord disposer de donnees chiffrees sur !'expo- sition a ce polluant, sur la population exposee et sur la relation I , exposition-effet. II a considere le cas de la fumee de tabac (inhalation passive), du NO 2, du CO, du radon, des formaldehydes, du SO 2, du CO 2, de !'ozone, de l'asbeste, des fibres minerales, des substances organiques et des allergenes, et constate, dans )'ensemble, que Jes instruments de mesure des expositions etaient en general d'assez bonne qualite, mais que Jes donnees reunies, grace a la surveillance, sur la repartition des sources et des concen- trations de polluants etaient insuffisantes ou plus que sommaires. II a observe que Jes effets potentiellement nocifs sur la sante etaient pour l'essentiel connus, contrairement, bien souvent, aux relations exposition- effet, et notamment aux relations entre effets differes et expositions chroniques. Le groupe a conclu que Jes connaissances du moment ne permettaient pas encore de chiffrer !'impact des polluants sur la sante publique. Cela etant, et dans l'attente d'une amelioration de ces connaissances, ii a pro- pose, pour la plupart des polluants consideres, des estimations des concen- trations au-dessous desquelles, a son a vis, ces polluants n'exerceraient pas, en milieu clos, d'effets nocifs inacceptables sur la sante. De meme, ii a estime Jes concentrations au-dela desquelles ii fallait compter que Jes polluants consideres risquaient serieusement de nuire a la sante. Le groupe a formule une serie de recommandations sur Jes priorites et Jes methodes de recherche a suivre afin d'estimer plus precisement l'effet de la pollution de l'air des espaces clos sur la sante publique, et afin de mettre au point des strategies efficaces pour !'amelioration de la qualite de cet air. INTRODUCTION En raison de l'interet croissant porte a la qualite de !'air des espaces clos, on s'est trouve amene a realiser un certain nombre d'etudes et a organiser plusieurs reunions a ce sujet, notamment un premier symposium interna- tional sur Jes effets du climat interieur des batiments sur le confort, l'acti- vite et la sante de l'etre humain (1 ), la reunion d'un groupe de travail sur Jes problemes de sante lies a la qualite de !'air a l'interieur des batiments (2), une etude du co mite des polluants en es pace clos cree par I' Academie nationale des sciences et le Conseil national de la recherche des Etats-Unis (3), un symposium sur Jes problemes de sante causes par la pollution de l'air dans Jes locaux fermes ( 4), un symposium sur la qualite de l'air dans Jes espaces clos (5), enfin un symposium international sur la pollution de !'air a l'interieur des batiments, la sante et Jes economies d'energie (6). Le groupe de travail sur !'evaluation et la surveillance des expositions aux polluants de !'air des espaces clos a ete reuni par le Bureau regional de !'OMS pour !'Europe en collaboration avec le gouvernement de la Republique 2 federale d' Allemagne. II se composait de I 3 conseillers temporaires venus de 10 pays, ainsi que de representants du Siege de !'OMS et de la Commis- sion des Communautes europeennes. Le Dr M. Fugas a ete elu president, le Dr B. Seifert vice-president, et le Dr J.A.J. Stolwijk rapporteur. Le Dr M.J. Suess a exerce Jes fonctions de secretaire scientifique. La liste des participants figure a !'Annexe 3. Le groupe avait pour mission d'etudier Jes resultats des travaux deja consacres a la qualite de !'air en espace clos, ainsi que le dossier des travaux en cours ou en projet, afin de determiner dans quelle mesure tous ces travaux pouvaient permettre d'evaluer sans trop tarder Jes expositions veritables des populations et les effets sur la sante qui pourraient en resulter. II devait aussi etudier Jes a vantages et Jes insuffisances des typolo- gies des sources de polluants effectuees en laboratoire, Jes modeles predic- tifs de !'action des concentrations de polluants en espace reel, le probleme de la surveillance de ces concentrations sur le terrain et de la surveillance des sujets exposes, enfin celui de la determination des effets sur la sante en laboratoire et sur le terrain. De plus, le groupe devait en principe chercher a savoir s'il serait necessaire et avantageux de realiser simultanement des etudes dans plusieurs pays et de coordonner entre elles ces etudes, a la fois dans le temps et du point de vue demarche adoptee et conception, conside- rant que les priorites des chercheurs des differentes disciplines appelees a y participer ne correspondraient pas forcement a celles qu'il faudrait respec- ter pour evaluer rapidement l'effet global, sur la sante, de la pollution des espaces clos dans son etat actuel. Les participants se sont repartis en sous-groupes pour etudier neuf grands volets du probleme, a savoir : les expositions deja connues des populations, leurs effets nocifs connus sur la sante, Jes concentrations jugees preoccupantes dans !'air des espaces clos, les normes existantes, la creation eventuelle d'un comite international d'orientation des travaux sur la qualite de !'air en espace clos, !'evaluation des expositions et Jes priorites, le syndrome des «batiments malades», Jes concentrations de SO 2 et Jes rapports entre !'air des espaces closet !'air exterieur, enfin les methodes et priorites de !'evaluation des effets des polluants sur la sante de l'homme. La composition des sous-groupes est donnee a !'Annexe I. La qualite de !'air en espace clos a toujours pose un probleme de sante publique et individuelle, mais ce probleme s'impose davantage a !'attention depuis quelques annees. On constate !'apparition de nouvelles sources de pol- luants, ainsi qu'une tendance a reduire la ventilation des locaux et les infiltra- tions d'air en raison de la hausse du c01it de l'energie, ce qui amene Jes occupants de ces locaux a se plaindre. Certaines etudes ont mis en evidence des points preoccupants. Comme Jes expositions sont frequentes et ont des causes toujours semblables, ii faudrait en savoir plus long sur les rapports et facteurs quantitatifs qui determinent la qualite de !'air des espaces clos, de fa~on a pouvoir reduire le nombre des problemes qui se posent, ainsi que leurs effets. 3 II a ete entrepris dans plusieurs pays des etudes globales des facteurs qui conditionnent la qualite de !'air en espace clos, de fa~on a pouvoir definir, puis adopter, des mesures efficaces allant de l'etablissement de normes de ventilation minimales a la limitation de l'emploi, voire a !'inter- diction absolue, de certains produits comme !es mousses isolantes a base d'uree-formaldehyde ou des appareils de chauffage au kerosene sans conduits d'evacuation. II est toutefois reconnu que !es maitres de maison et !es occupants des locaux resteront en partie responsables du maintien d'une qualite d'air acceptable et salubre a l'interieur des locaux; ii faut done leur apporter des informations serieuses et exactes pour qu'ils prennent leurs decisions et fassent leurs choix en connaissance de cause. Pour determiner !es dispositions a adopter, ii faut se souvenir que presque tous !es polluants de !'air des espaces clos ont fait l'objet de rapports denon~ant leurs graves effets nocifs sur la sante, qui appellent des mesures correctives immediates. Par ailleurs , des controles attentifs d'un grand nombre d'espaces clos ont demontre que beaucoup d'entre eux ne contenaient pas de concentrations de polluants inquiet~ntes du point de vue sante. II est done prouve que !es polluants de !'air des espaces clos peuvent gravement nuire a la sante, mais ii n'est pas possible d'en chiffrer l'effet global sur la sante publique. La qualite de !'air de tout espace clos, et plus precisement la concentra- tion d'un polluant donne a l'interieur d'un local, depend de la qualite de !'air exterieur, de !'existence d'emissions provenant de sources a l'interieur du local et de leur puissance, de la ventilation et du taux de renouvellement de !'air, ainsi que de la presence ou de !'absence de materiaux absorbants, filtres ou ecrans, et de leur efficacite. Comme !es proprietaires, ou !es occupants, d'un local en choisissent selon leur gout l'equipement, l'ameu- blement et beaucoup d'autres materiaux, et comme leur comportement meme peut modifier !es proprietes de ce local, ils determinent la qualite de !'air qui y est contenu au moins autant que le font !es caracteristiques physiques et chimiques du local et !es materiaux employes pour sa construction. Les fabricants d'articles de consommation influent eux aussi sur la qualite de !'air des locaux fermes par le choix des composants chimiques de leurs produits et par la clarte de leurs conseils et des modes d'emploi qu'ils proposent. En raison de !'extreme variabilite intrinseque des nombreux facteurs qui conditionnent la qualite de !'air des locaux fermes, on se heurte a des difficultes particulieres lorsqu' on veut evaluer !'exposition des populations aux agents qui polluent cet air. On ne connait pas suffisamment !es caracte- ristiques de ventilation et d'infiltration de !'air dans !es pares immobiliers existants pour etablir avec certitude !es taux de dilution des polluants qu' on y rencontre. On ignore le nombre de cigarettes fumees dans chaque local, et on ne peut estimer que tres aleatoirement la diffusion de la fumee de cigarette a l'interieur des immeubles. On manque d'informations precises 4 sur l'emploi, sans conduits d'evacuation, des appareils de chauffage des locaux, des poeles a bois et a charbon, ainsi que des rechauds et fours de cuisine a gaz, comme sur leur repartition dans les batiments. Enfin, on n'en sait pas assez non plus sur la repartition des materiaux de construction, des produits d'entretien et de nettoyage, des mousses isolantes et des autres sources possibles de pollution de !'air des locaux fermes, non plus que sur les habitudes des occupants en matiere de ventilation de ces locaux. II nous faudrait connaitre non seulement la repartition de tous ces facteurs, mais aussi la maniere dont ils se trouvent associes et reunis, ainsi que le nombre des personnes exposees a des environnements clos de cette nature. II importe de connaitre ces donnees pour evaluer !'impact des polluants et concevoir des strategies efficaces pour le reduire. D'ordinaire, !'existence d'un probleme de sante generalise se constate au travers des cas declares d'exposition excessive. Au cours des vingt dernieres annees par exemple, on a observe une forme d'exposition particu- liere qui a cause suffisamment d'inquietude pour qu'on la baptise le «syn- drome des batiments malades». La figure I indique Jes etapes de la demarche commune dite «preventive», qui mene a des mesures correctives generales, et celles de la demarche «curative» suivie dans le cas des « bati- ments malades» . Les occupants de «batiments malades» se plaignent en general de fa9on energique et systematique, ce qui conduit a la realisation ponctuelle d'enquetes «de diagnostic» et a la recherche des mesures correctives a appliquer au batiment en cause. Pourtant, on constate souvent dans ce cas des expositions tres faibles. La demarche preventive, quanta elle, se met en route au vu de cas declares qui font etat de tres fortes expositions et qui amenent a s'inquieter au sujet de populations beaucoup plus nombreuses. LES CARACTERISTIQUES DE L'APPROCHE PREVENTIVE Les declarations de cas isoles d'exposition excessive constituent parfois le point de depart de !'action preventive decrite dans la figure l. Dans ces cas-la, Jes personnes exposees, assez peu nombreuses, subissent un preju- dice de sante si grave que Jes responsables de la sante publique et la presse en sont informes. Si Jes responsables de la sante et Jes experts constatent que les sources d'exposition sont nombreuses, que la coi'ncidence entre leur presence et les effets nocifs observes est marquee, et que ces effets sont graves, ils s'inquieteront de leur impact non encore signale sur !'ensemble de la population et entreprendront des etudes descriptives. En !'occurrence, ii peut s'agir de surveiller sur le t"errain Jes concentrations des polluants soup9onnes responsables. D'ordinaire, cela se pratique au moyen d'un 5 0\ Fig. 1. Etapes et duree des mesures A prendre en cas d'expositions de la population en general ou de plaintes ponctuelles plaintes des occupants o,marche «curative• - effets imm,diats etude ponctuelle du bAtiment action corrective ponctuelle •------------ une ou plusieurs semeines -----------+- o,marche pr,ventive - expositions chroniquea et effets diff,r,s etude des etudes mesures eveil de !'attention etudes ____ analyse ___ expositions epidemiologiques correctives des experts - descriptives globale et des effets - et estimations - globales sur la sante de !'impact ----------------------- 5- 10ens --------------------- materiel d'enregistrement classique (7, 8) dans un nombre limite d'espaces «typiques», ou dans des espaces ou l'on sait qu'existent des sources de pollution potentielles. Dans d'autres cas, on peut employer un materiel specialement conr;u pour determiner les expositions individuelles au moyen de compteurs portatifs actifs (9) ou passifs. II arrive que les etudes descrip- tives portent sur un nombre limite d'espaces pour en definir les caracteris- tiques d'exposition ( 7, 8) sans pour autant evaluer les effets sur la sante, ou vice versa (JO, J ]). Ou encore, les deux demarches peuvent etre appliquees ensemble a un echantillon pas tout a fait representatif d'une population beaucoup plus nombreuse (12) . Ces etudes descriptives ameliorent la connaissance des faits et permettent aux experts et aux autorites de la sante de mieux cerner la nature et l'ampleur potentielle de !'impact des differents polluants de l'air sur la population. Les connaissances, a ce point precis de I'approche preventive, laissent souvent encore beaucoup a desirer : les expositions observees sont encore exclusivement celles qui caracterisent Jes espaces etudies et leur description n'est pas toujours suffisamment representative. D'ordinaire, on connait alors la nature des effets nocifs immediats sur la sante, mais on en sait tres peu sur celle des effets a long terme et sur leur relation avec Jes expositions, notamment dans des groupes bien particuliers de population. A bien des egards, la connaissance de la pollution de I'air des locaux fermes consiste simplement ace point a confirmer Jes craintes initiates et a constater qu'elle exerce un impact considerable sur la sante publique. II faut ensuite entre- prendre de nouvelles recherches coordonnees pour quantifier cet impact et elaborer des mesures correctives. Cela veut dire que la mesure de la pollu- tion et sa surveillance devraient permettre d'estimer Jes expositions de populations representatives et globales au moyen de modeles d'expositions construits a partir d'informations selectives mais relativement limitees. De meme, I'etude des effets sur la sante devrait s'attacher essentiellement a determiner Jes relations exposition-effets dans differents groupes de popu- lation, afin de permettre une evaluation plus sure de )'impact global de la pollution sur Ia population et des mesures correctives a adopter. ESTIMATION DES EXPOSITIONS Construction de modeles Lorsqu'il s'agit de mesurer et surveiller la pollution de l'air en espace dos, puis d'en construire des modeles, ii importe de ne pas perdre de vue qu'il est impossible de mesurer ou surveiller )'ensemble des polluants significatifs de I'air dans tous Jes espaces occupes par une population assez nombreuse. II 7 faut done estimer les taux de la pollution en espace clos au moyen d'une equation d'equilibre global, dont on aura calcule ou estime au mieux les coefficients et les constantes. Cette equation, dans sa forme la plus simple, et appliquee a un local ou espace Clos unique ou !'air se trouve bien brasse, se lit comme suit : VdCj dt ou V C I p volume d'air contenu dans l'espace considere, concentration du ·polluant dans cet espace, temps, 1) vitesse de production ou d'emission du polluant dans l'espace considere, E = taux d'elimination du polluant par reaction chimique, filtration ou deposition, Q = vitesse des echanges d'air avec !'atmosphere exterieure, par infiltration ou ventilation, et C0 = concentration du polluant dans !'air exterieur. En etat de stabilite, cette equation se ramene a la suivante : P-E C=C+--1 0 Q (2) Les equations 1) et 2) representent des simplifications extremes s'il s'agit d'emissions occasionnelles d'un polluant dans un local ou le brassage d'air est insuffisant, ou dans une piece lorsqu'il faut evaluer la concentra- tion dans une autre piece. Beaucoup de chercheurs se sont servi d'equations derivees du modele 1) pour l'estimation du CO et des particules en suspen- sion associes a !'emission de fumee de tabac (13). Drivas et al. (14) ont utilise ce type de modele pour evaluer les systemes de ventilation. Jacobi (15) a etudie !'interaction entre ventilation et concentration de radon. Berglund et al. (16) ont signale les differences de comportement de plu- sieurs composes dans des conditions de variation experimentale de la ventilation d'un immeuble commercial. Lorsqu'on se sert de modeles pour determiner la pollution de !'air d'un local clos, ii faut d'abord calculer les constantes et les coefficients propres a l'espace considere, puisque les resultats obtenus grace au modele ne peuvent etre plus exacts que ne le sont ces valeurs. II est done indispensable de s'assurer de lajustesse des estimations sur modele en mesurant exactement 8 la pollution dans une partie au moins de l'espace reconstitue dans ce modele. Moschandreas et al. (17) et !'OMS (18) se sont penches sur la question et ont etudie quelques resultats obtenus. II est parfois possible de simplifier encore !'equation 2) en partant de l'hypothese supplementaire que le taux d'elimination de certains polluants produits ou emis en es pace closest tres faible ou nul, et que leur concentra- tion dans !'air exterieur, elle aussi tres faible, peut sou vent etre negligee; on peut alors retirer de !'equation Jes expressions correspondantes. Si !'on a affaire a un polluant produit a l'exterieur, puis absorbe ou inactive a l'interieur, ii existe une equation siniplifiee sans P. Le taux d'infiltration d'air ou de ventilation d'un espace compte enormement, car c'est lui qui determine en grande partie le degre de pollution de !'air de cet espace. Avec Jes appareils de chauffage sans conduits d'evacuation, !'aug- mentation de la ventilation reduit d'autant !'exposition en etat de stabilite ou I'exposition totale aux produits de combustion. Lorsqu'on calcule la concentration d'ozone de lieux charges de brouillard photochimique, on s'apen;:oit normalement qu'elle est plus faible a l'interieur des locaux qu'a l'exterieur, phenomene qui s'explique par la reactivite de !'ozone en pre- sence du mobilier et du contenu des locaux. Dans ce cas, l'augmentation de la ventilation provoque une augmentation de la concentration d'ozone a l'interieur. Puissance des sources de pollution Pour construire des modeles quantitatifs de la pollution des locaux fermes , ii importe beaucoup de connaitre la puissance (P) des sources, qu'il s'agisse de materiaux, d'appareils, d'humains, d'animaux domestiques ou d'activi- tes qui produisent ou emettent des polluants de !'air interieur dans certaines circonstances. Leaderer (19) a mis en evidence les coefficients d'emission des appa- reils de chauffage au kerosene. Mli!llhave et al. (20) ont etudie Jes emissions de 42 materiaux couramment employes dans la construction. On peut definir Jes coefficients correspondant a d'autres sources, par exemple la fumee de cigarette (21), le radon emis par les materiaux de construction, l'eau des robinets (22, 23) et !es formaldehydes (24). C'est dans les condi- tions rigoureusement controlees du travail en laboratoire que se mesure le mieux la puissance des sources, mais on peut aussi l'estimer souvent a partir de mesures effectuees sur le terrain, si elles sont assez completes, en appli- quant !'equation 2) pour trouver la valeur de P. Lorsqu'il s'agit de produits de nettoyage ou d'entretien et de bon nombre d'autres articles de consommation, ii est possible d'estimer la puissance d'emission, par la source, de tous !es polluants volatils, si !'on connait la quantite de materiau employee, la composition du materiau et son temps de sechage. 9 On pourrait a l'avenir evaluer plus facilement !es expositions aux polluants de !'air des locaux fermes a condition de concevoir des expe- riences et des systemes de mesure qui permettraient de se renseigner, autant que faire se peut, sur la puissance des sources. Infiltration et ventilation Tout espace clos, sauf s'il !'est hermetiquement, subit des echanges d'air avec !'atmosphere exterieure par infiltration et diffusion, et ii s'agit tres souvent la de la seule forme d'echange d'air en local ferme. II se peut que certaines pieces laissent filtrer plus d'air que d'autres, en fonction de la direction et de la vitesse du vent, de la taille des fissures aux fenetres et aux portes, etc. D'autres batiments disposent exclusivement de systemes de ventila- tion forcee qui remettent d'habitude en circulation une bonne partie de la quantite totale d'air contenu, et en expulsent la partie restante, la rempla- ~ant par de !'air exterieur. D'ordinaire, on exprime Jes taux d'infiltration et de ventilation en renouvellements de !'air par heure, autrement dit en nombre de fois par heure qu'un volume d'air exterieur egal au volume total de l'espace penetre dans ce dernier. En general, ces taux ne descendent pas au-dessous de 0,2 renouvellement par heure et, lorsqu'ils depassent ce chiffre, le chauffage ou le rafraichissement de !'air exterieur coute tres cher en energie. On utilise essentiellement deux methodes pour mesurer le renouvellement de !'air d'un espace clos. La plus courante consiste a y introduire un gaz traceur en quantite suffisante pour porter rapidement la concentration de ce gazjusqu'a 10 a 100 fois au moins le minimum que peut mesurer un appareil de controle. Si !'air de cet espace est bien brasse, la reduction de cette concentration, observee par l'appareil, indiquera le taux de renouvellement conformement a !'equation I). Un certain nombre de gaz peuvent servir de traceurs, entre autres le radon, le N 20, le CO2 et le SF6 • Assez recemment, Dietz et al. (25) ont preconise d'employer le perfluoro-dimethyl-cyclohexane comme traceur de source constante pour calculer les taux d'infiltration dans des concentra- tions a l'etat stable. Une toute autre fa~on de determiner la resistance d'un batiment aux infiltrations consiste a surpressuriser legerement !'ensemble de !'edifice, puis a mesurer le debit d'air necessaire au maintien de la pression ainsi obtenue (26). Ces mesures presentent l'avantage de ne pas etre particulierement faussees par des changements momentanes de la vitesse ou de la direction du vent. Mattingly & Peters (27) ont etudie !'influence du vent et d'autres facteurs sur Jes taux d'infiltration et ont constate, dans un meme espace, des variations de 0,2 a 2,3 renouvellements par heure selon la direction du vent, la presence de pare-vents et la superficie exposee des murs exterieurs des espaces constituant un ensemble donne. On a propose toute une serie de techniques pour !'estimation des taux d'infiltration en fonction des caracte- ristiques des batiments (28-30). Grot & Clark, qui ont mesure les taux d'infiltration naturelle dans plusieurs dizaines d'habitations situees dans trois zones climatiques des Etats-Unis (31), ont observe qu 'ils s'etablissaient en moyenne a 1,2 renou- vellement par heure (erreur type : 0,86 r/h) en Caroline du Sud sous climat tempere, et a 0,77 r/h (erreur type : 0,57 r/h) dans le Dakota du Nord ou l'hiver est rigoureux. Pour evaluer la pollution de !'air en espace clos, ii faut mesurer ou estimer le taux d'infiltration ou de ventilation. Ce taux accuse des varia- tions systematiques imputables aux caracteristiques des batiments et aux pratiques de construction, qui peuvent faciliter les estimations, mais ii faut effectuer Jes mesures dans uncertain nombre d'espaces pour etablir le taux moyen de renouvellement de !'air typique de chaque categorie. Les divers espaces d'un batiment presentent souvent des taux de ventilation diffe- rents , et le comportement de leurs occupants peut y introduire une varia- tion supplementaire. La puissance de certaines sources, mais pas de toutes , peut varier davantage, d'un espace clos a un autre, que les taux d'infiltra- tion dans ces espaces. Des normes concernant Jes taux d'infiltration ou de renouvellement figurent dans Jes codes du batiment ou Jes pratiques de construction recommandees. En Republique federale d' Allemagne, on a propose un taux de 0,8 renouvellement/heure (32) . En Suede, le reglement de 1980 sur la construction interdit des taux de renouvellement superieurs a 3 r/h, pour Jes habitations individuelles et a I r/h pour Jes immeubles de plus de trois etages, avec une surpression interieure de 50 Pa. De plus, ii faut assurer une ventilation positive qui apporte 0,35 1/s d'air exterieur par m2 au sol dans Jes batiments d'habitation (33) . Methodes de mesure Mesure de I' air interieur des locaux La mesure constitue la methode la plus directe pour determiner Jes concen- trations de polluants de !'air des espaces clos. On peut la pratiquer a des fins diverses, en variant Jes techniques et Jes types d'instruments; elle est le plus souvent assez tongue et onereuse. Lorsque Jes habitants d'un batiment se plaignent sans cesse et unani- mement de malaises ou de troubles de sante aigus ou chroniques, on analyse souvent !'air interieur de ce batiment pour connaitre Jes polluants en cause et leurs concentrations. II s'agit alors de choisir Jes techniques de mesure, ainsi que Jes points et Jes moments de prelevement de fa9on a resoudre un probleme ponctuel qui se pose dans un batiment donne. II est probable que ces operations de mesure ne contribueront que d'une maniere limitee a faire mieux comprendre le probleme general de la pollution de !'air en espace clos. 11 De nombreuses etudes consacrees a la mesure et au controle des concentrations de polluants dans !'air des espaces clos portent sur la repartition de ces polluants dans certains types de batiments, parfois en fonction de la presence de certaines sources. Si, en !'occurrence, on mesure simultanement Jes concentrations de polluants dans !'air exterieur et !es taux d'infiltration, on peut evaluer la puissance des sources contenues dans !es espaces consideres. Lorsque ces mesures s'accompagnent d'observa- tions detaillees des caracteristiques et du contenu des batiments, elles peuvent servir a !'elaboration de modeles predictifs des concentrations de polluants de !'air dans des batiments similaires, ou pour confirmer la justesse des modeles predictifs construits a partir d'autres series de donnees. On mesure !es concentrations de polluants en espace clos de trois fa9ons: - par prelevements ponctuels; - par prelevements accumules dans le temps; - par une surveillance continue en temps reel. Pre/evements ponctue/s. La fa9on la plus simple consiste a prelever de !'air en une fois dans un recipient, ou a faire passer un volume d'air connu a travers un materiau absorbant. Les recipients, qui doivent etre imper- meables au gaz recherche, peuvent se presenter sous la forme de bouteilles en matiere plastique, de sachets en My Ion ou en Tedlar, ou de tubes de verre remplis d'absorbant (34) . Si la concentration risque de varier dans le temps, ii faut pratiquer une serie de prelevements successifs. Pour une efficacite maximale des preleve- ments ponctuels, ii faut que le materiel d'analyse se trouve place en un point central. La methode, peu onereuse, a par contre le defaut de ne couvrir qu'une periode assez courte, et ii se peut que la concentration relevee ne corresponde que de loin a une «moyenne». En general , Jes prelevements ponctuels se font avec d'assez petites quantites d'air; c'est pourquoi le materiel d'analyse doit pouvoir relever directement !es concentrations ambiantes et interieures. II est possible d'effectuer un grand nombre de mesures sur le terrain a !'aide d'un meme instrument, mais l'economie ainsi realisee sur l'investissement est souvent compensee par le c011t plus eleve de !'acquisition et de !'analyse des donnees. Pre/evements accumules. II est postule que Jes effets de beaucoup de polluants, y compris ceux de la masse totale des particules en suspension et ceux du radon et de ses descendants, sont proportionnels aux concentra- tions moyennes de ces polluants sur longue periode, et on prefere dans leur 12 cas des techniques de mesure qui permettent de connaitre aussi leur concen- tration accumulee avec le temps. Le plus souvent, on mesure la concentra- tion moyenne, sur 24 heures ou davantage, des particules en suspension recueillies sur un papier filtre a travers lequel on a fait passer une quantite d'air connue. Sur le plan de la methode, ces mesures presentent de l'interet chaque fois que Jes concentrations ponctuelles s'etablissent au-dessous du seuil de detection des instruments d'analyse et qu'il est possible d'augmenter la concentration des substances a analyser par accumulation sur papier filtre ou au moyen d'un absorbant liquide ou solide. On peut recueillir Jes gaz solubles, formaldehydes et SO2 par exemple, par barbotage ou lavage. II faut bien entendu connaitre ou determiner le debit total pendant la periode d'accumulation. Les mesures a partir d'echantillons accumules sont relati- vement peu couteuses et relativement precises, mais la difficulte d'assurer le controle de qualite de !'operation contrebalance tant soit peu ces deux a vantages. Les prelevements accumules conviennent moins lorsque !es effets des polluants atmospheriques n'ont pas de relation lineaire avec leurs concentrations. Ils ne sont done pas a recommander pour des polluants tels que !'ozone, dont !es effets biologiques sont proportionnels aux concentra- tions sur courte periode qui ne ressortent pas des mesures cumulatives sur relativement longue periode. Les prelevements accumules reposent sur deux principes. A l'origine, on pratiquait le plus souvent des prelevements <lits «actifs» qui consistaient a aspirer, au moyen d'une pompe, une quantite connue d'air, avec un debit constant, a travers un materiau absorbant ou un filtre, puis a peser ou mesurer, par des methodes chimiques ou colorimetriques, le polluant accu- mule ou recueilli. Les appareils portatifs de prelevement actif fonctionnent au moyen de pompes alimentees par accumulateurs, ce qui !es rend encom- brants, lourds et couteux. Depuis !es premieres annees 60, on utilise couramment un nouveau type d'appareil, dont Palmes (35) a decrit un des modeles primitifs. Les echantil- lonneurs <lits «passifs» fonctionnent sur le principe de la diffusion ou de l'osmose de !'air ambiant a travers un obstacle ou se deposent !es molecules polluantes. Ils consistent essentiellement en des tubes ou recipients, munis d'un collecteur qui maintient la concentration du polluant a l'interieur de l'appareil a un niveau tres faible ou nu!. Selon sa structure moleculaire, le polluant diffuse dans le collecteur a une vitesse determinee par sa concentra- tion dans le milieu. Des echantillonneurs passifs existent pour des polluants atmosphe- riques tres divers, y compris !'anhydride sulfureux (35), l'oxyde de carbone (36), le benzene (37) et le peroxyde d'azote (36). En principe, ii est possible de controler ainsi tout gaz pour lequel existe un materiau absorbant selectif et efficace. On peut aussi se servir d'absorbants non specifiques, comme le charbon de bois active, puis differencier !es gaz absorbes par chromato- graphie en phase gazeuse (9, 38, 39). 13 Les concentrations de pollen dans !'air se mesurent couramment par comptage du pollen recueilli sur une surface collante au moyen de methodes classiques. Le radon peut se mesurer en espace clos a l'aide de collecteurs passifs ( 40). Les appareils a accumulation se distinguent tous par le fait qu'en presence de faibles concentrations dans le milieu, ii faut prolonger la duree du prelevement pour en assurer la precision. L'accumu- lation s'etend sur des jours, des semaines ou des mois; on ne la limite en general a quelques heures qu'en presence de fortes concentrations ambiantes. Surveillance continue en temps-reel. La concentration de nombreux polluants de !'air des Jocaux fermes varie enormement dans le temps et dans l'espace. La surveillance continue en temps reel permet d'enregistrer soit Jes concentrations instantanees, soit Jes concentrations moyennes sur courte periode. Ce systeme offre des a vantages evidents lorsque Jes concentrations de crete sont elevees, ou bien lorsque la puissance des sources ou Jes taux d'infiltration varient dans le temps, mais ii s'assortit aussi de nombreux inconvenients. Le materiel consomme beaucoup d'energie electrique, ii est encombrant et coiiteux, et ii exige de nombreuses manipulations. Pour l'etude de la qualite de l'air en espace clos, on le place souvent dans un Jaboratoire mobile qui aspire des echantillons d'air dans l'espace considere. L'entretien, le reglage et le calibrage des appareils, ainsi que la lecture des releves, imposent beaucoup de travail. Comme la surveillance continue exige de la competence et du soin, qu'elle est encombrante et coiiteuse, elle ne sert en general qu'a la recherche. II existe des appareils normalises pour un grand nombre de gaz et pour Jes particules en suspension. Contro/e de I' exposition des personnes et des groupes de population Comme ii est admis de plus en plus que Jes concentrations de polluants de !'air varient souvent enormement dans l'espace et dans le temps, et que Jes individus passent frequemment 80 a 90% de leurs journees dans des locaux fermes, ii faut connaitre l'exposition totale des individus et des groupes de population aux divers polluants de !'air afin d'evaluer Jes effets nocifs de ces polluants sur Jeur sante. L'etude epidemiologique de ces effets devrait, dans l'ideal, partir de l'exposition totale des personnes, mais cela n'est pas toujours possible dans la pratique, et la surveillance passive des sujets constitue souvent le seul moyen de connaitre cette exposition. De plus, tout effort de reduction des expositions necessite une surveil- lance des espaces occupes par des personnes et qui contiennent la plupart des sources de polluants de l'air de ces espaces. On peut aussi estimer la concentration des polluants au moyen de modeles de ces espaces, construits a partir de certaines caracteristiques de leur structure et de Jeur contenu, ainsi que de la nature des activites qui s'y deroulent. 14 En fait, ii faudra representer la plupart des espaces par des modeles, verifier Jes hypotheses retenues moyennant une surveillance passive d'un certain nombre de ces es paces, puis Jes confirmer grace a une surveillance continue en temps reel d'un nombre d'espaces encore plus reduit. Les emplois du temps declares par un certain nombre de personnes appartenant a un groupe de population etudie peuvent servir pour verifier la validite des indications sur Jes emplois du temps extraites d'autres etudes (41). Surveillance bio/ogique II est possible de mesurer Jes concentrations de certains polluants, ainsi que !'exposition qui en resulte pour l'etre humain, en connaissant leur teneur dans le sang, !'urine ou le systeme pileux. On peut ainsi evaluer efficace- ment !'exposition aux metaux lourds comme le plomb ou le mercure. L'exposition au CO peut s'evaluer en determinant la teneur du sang en carboxyhemoglobine, ou celle de !'air expire en CO. Dans bien des cas ou des odeurs sont repandues dans !'atmosphere, le seul moyen d'evaluer la pollution consiste a effectuer des mesures psychophysiques sur des obser- vateurs humains ( 42, 43). EVALUATION DES EFFETS DE LA POLLUTION DES LOCAUX SUR LA SANTE Les methodes d'evaluation des effets nocifs des polluants sur la sante varient selon Jes caracteristiques du polluant et la nature de l'effet. On connait parfois la relation exposition/reaction, mais non la population exposee (au CO par exemple). D'autres fois, Jes effets sont eux aussi ma! connus (par exemple ceux de la plupart des substances organiques vola- tiles). En general, ii faut d'abord typer chimiquement Jes polluants dont on connait mal les caracteristiques et les effets, puis en etudier la toxicologie, avant d'essayer d'en evaluer Jes effets sur la sante. S'il s'agit de polluants deja types, mais en association chimique, ii faudra peut-etre approfondir leur etude toxicologique pour connaitre Jes mecanismes et Jes interactions de leurs effets et estimer les relations exposition/effet (c'est la cas par exemple des composants organiques de la fumee de tabac). Certains pol- luants sont, quanta eux, bien types, mais, pour autant qu'on sache, ils ne se presentent en concentrations suffisantes pour en permettre l'etude que sur Jes lieux de travail (par exemple l'asbeste, certaines fibres minerales et certaines substances organiques volatiles); c'est sur Jes lieux de travail qu'il est alors plus facile d'en etudier Jes effets nocifs sur la sante. 15 Si l'on veut mieux connaitre la relation entre !'exposition et la reaction en cas d'effets immediats, ii peut s'averer necessaire d'effectuer des etudes controlees d'exposition d'etres humains (par exemple pour Jes substances organiques odorantes ou le N02) . S'il faut en savoir plus sur Jes effets nocifs chroniques ou differes, notamment pour chiffrer le rapport exposition/ reaction, la methode la plus pratique et la plus efficace consiste a realiser des etudes epidemiologiques cas par cas com me cela se fait pour determiner Jes effets a long terme des formaldehydes. Les enquetes descriptives consti- tuent souvent le meilleur moyen de se faire une premiere idee des groupes de population exposes a differentes quantites d'un polluant donne et des effets que ce polluant produit dans un environnement complexe et mat connu (Jes «batiments malades» par exemple). Pour quantifier les effets nocifs des polluants dans des groupes de population, ii faut recourir a des techniques epidemiologiques plus compliquees et plus couteuses qui per- mettent de mesurer Jes interactions et d'essayer de deceler Jes variables perturbatrices. En general, ces etudes prennent beaucoup plus de temps que Jes autres. Etudes toxicologiques sur l'animal On ne sait pas grand-chose de la plupart des substances organiques vola- tiles de nature complexe qui emanent des dissolvants, des produits de nettoyage ou d'entretien, ainsi que de la fumee du tabac ambiante; ii faut done commencer par en etudier la toxicologie ( 44). II se pourrait que Jes fibres minerales synthetiques produisent des effets nocifs jusqu'ici incon- nus et qu'il faille alors en approfondir l'etude toxicologique sur une a trois especes d'animaux, dans des conditions d'exposition aigue et chronique a des concentrations tres diverses et en employant des techniques d'evalua- tion biochimique et pathologique. Etudes en milieu professionnel Certains polluants sont bien types, mais se rencontrent surtout sur Jes lieux de travail, ou ii faut effectuer d'autres etudes pour en mieux definir Jes effets et Jes relations exposition/effet. La plupart des etudes sur l'asbeste ont ete realisees en milieu profes- sionnel, mais on peut aussi en effectuer dans la population ou avec le concours des registres du cancer, par suivi de cas, s'il est possible de mesurer convenablement Jes expositions. De meme, ii peut se reveler necessaire d'etudier de cette fa~on des polluants tels que Jes fibres minerales synthetiques ou certaines substances organiques volatiles (par exemple le toluene et Jes formaldehydes), types et reperes en milieu professionnel. Ce sont Jes observations des effets des produits de filiation du radon sur Jes mineurs d'uranium et d'autres metaux radioactifs qui ont apporte la plupart 16 des indications concernant les relations exposition/effet de ces produits, mais seulement a relativement hautes doses et en presence de fortes concen- trations d'autres polluants tels que Jes poussieres ou Jes combustibles Diesel. L'etude epidemiologique des effets des produits de filiation du radon sur la population en general ne semblerait meriter qu'une modeste priorite, considerant la faible probabilite d'en tirer des resultats significatifs. Etudes par exposition controlee d'etres humains On connait encore ma!, dans le cas de certains polluants cependant bien types, Jes relations exposition ponctuelle/reaction chez l'etre humain. II faut done encore etudier Jes expositions ponctuelles, dans des conditions controlees, au N02 a diverses doses et dans differentes circonstances chez des sujets qui peuvent se caracteriser par des sensibilites differentes (par exemple Jes asthmatiques et Jes sujets souffrant de dermatites allergiques). C'est en recourant aux expositions controlees, souvent combinees avec des enquetes descriptives et des evaluations psychophysiques, qu'on etudie le mieux Jes polluants odorants ( 42, 43). Etudes sequentielles II existe une sequence donnee pour l'etude des substances cancerigenes, qui debute d'ordinaire par des etudes de la mutagenese dans Jes cultures cellulaires, suivies par d'autres etudes prolongees de la carcinogenese et de la mutagenese chez !'animal, puis eventuellement d'etudes de sujets en milieu professionnel ou d'etudes de cas. Si !'on veut obtenir des donnees plus completes, on y ajoute souvent des etudes epidemiologiques de groupes de population. Les etudes de la teratogenese peuvent proceder de fa~on similaire. II existe egalement une sequence des etudes des «batiments malades». Apres avoir evalue Jes expositions et dresse des bilans de sante, on analyse Jes schemas repetitifs pour en tirer des hypotheses sur Jes eventuelles relations expos1tion/reaction, qui seront verifiees d'autre part, y compris en laboratoire. L'etude des substances odorantes peut adopter une demarche sequentielle similaire : a) etat descriptif des symptomes, analyse des plaintes des occupants (dans le cadre d'un systeme d'alerte); b) mise en evidence des associations entre Jes symptomes et Jes composantes evidentes de l'environnement; c) formulation d'hypotheses sur Jes relations exposition/reaction; 17 d) verification des hypotheses au moyen d'etudes controlees : - sur !'animal - sur l'etre humain e) confirmation des constatations, en laboratoire et sur le terrain; .f) recherche de l'etiologie : - sur modeles animaux - par d'autres moyens. Les methodes d'evaluation des effets specifiques sur la sante sont choi- sies en fonction de ces effets eux-memes, et on Jes a abondamment etudiees, de meme que leur qualite ( 45). II s'agit d'enquetes par questionnaire, de controles des fonctions, de biotests et de la surveillance biologique. On a aussi constate recemment l'efficacite des methodes cliniques et psycho- physiques pour l'etude des polluants de !'air des locaux fermes. Etudes epidemiologiques Plusieurs facteurs conditionnent l'adequation des methodes epidemio- logiques a l'etude de la relation entre un polluant et ses effets nocifs sur la sante. Grace aux connaissances apportees par l'etude des polluants isoles de l'environnement et a des experiences de toxicologie, ii est possible de se faire une idee des informations que pourrait procurer l'etude de populations; tout depend cependant de ce qu'on attend des etudes et de la maniere dont on veut en utiliser Jes resultats. C'est ainsi que certaines pourront revetir un caractere descriptif, pour faire connaitre Jes effets potentiels de certains types de polluants sur la population exposee, et que d'autres pourront viser a chiffrer la relation dose/reaction entre un polluant et ses effets nocifs sur la sante. Dans ce dernier cas, ii faudra veiller a mesurer avec precision !'exposition et les effets, sans confondre ces derniers avec Jes effets d'autres composantes de l'etat de sante. II faut tenir presents a !'esprit Jes points suivants : l. Le choix des methodes de mesure du polluant. Certaines, par exemple, sont incommodes a appliquer ou trop couteuses a utiliser pour des enquetes a grande echelle. 2. La repartition du polluant dans le temps et dans l'espace. Comme on ne peut pas proceder indefiniment a des mesures aux fins des grandes enquetes, !'evaluation precise des expositions risque de se reveler impossible. 18 Cela peut conduire a des erreurs systematiques ou aleatoires, de nature a devaluer les resultats de l'etude epidemiologique. 3. L'existence ou non de methodes de mesure de l'effet nocif a etudier. II arrive qu'il n'existe pas de methodes commodes pour les enquetes de vaste portee, ou bien que certaines methodes ou techniques de mesure ne convien- nent pas si l'on a affaire a certains groupes de population, les enfants par exemple. 4. La frequence des effets sur la sante. Lorsqu'elle est faible, par exemple, ii faut utiliser un large echantillon si le polluant a peu d'effets sur la sante ou s'il n'affecte qu'un faible pourcentage de la population . 5. Le decalage escompte entre !'exposition et l'effet. Ainsi, les effets cancerigenes n'apparaissent que plusieurs annees apres !'exposition. 6. L'interaction entre les polluants et d'autres facteurs tels que les caracteristiques socio-economiques du foyer, la fumee du tabac et !es exposi- tions en milieu professionnel, qu'il n'est pas toujours facile de mettre en evidence dans les etudes de populations. II importe de tenir compte des points ci-dessus dans la conception des etudes epidemiologiques futures des effets des polluants de !'air des locaux fermes . On peut reduire considerablement la taille de l'echantillon en choi- sissant des sujets de grande sensibilite ou vulnerabilite, qui ont subi de fortes expositions connues, et des temoins qui presentent les memes caracteris- tiques mais n'ont pas ete exposes. Cela permet de connaitre bien mieux les expositions, et partant d'accroitre la valeur de l'etude. Ce qu'on pourrait appeler un «echantillonnage par paliers» conviendrait done peut-etre parti- culierement pour les etudes epidemiologiques de l'effet des polluants de !'air des locaux fermes. Pour le realiser, on precede aux premieres estimations des expositions a la pollution de !'air de ces locaux au moyen d'un modele simplifie d'un grand nombre de logements contenus dans un echantillon representatif d'un univers encore plus vaste. Si on caracterise la population de chacun de ces logements en fonction de sa demographie, des sources de pollution et de son profil sanitaire simple, ii devient possible d'etudier de petites cohortes soumises a des expositions particulieres, ainsi que les temoins voulus, par des methodes prospectives ou en coupe ponctuelle. Ces etudes de petits echantillons sont bien souvent plus precises que celles effectuees sur l'echantillon initial beaucoup plus fourni, ou les expositions et les vulnerabilites accusent des variations aleatoires beaucoup plus marquees. 19 CONNAISSANCE DES EXPOSITIONS ET DE LEURS EFFETS SUR LA SANTE Dans un premier temps, le groupe a dresse la liste des polluants de !'air des espaces clos, simples ou en combinaison, qu'il souhaitait etudier, sans les ranger pour autant par ordre d'importance. II a ainsi retenu : la fumee du tabac (inhalation passive), le NO2, le CO, le radon, les formaldehydes, le SO2, le CO 2, !'ozone, l'asbeste, les autres fibres minerales, les substances organiques et Jes allergenes (tableau I). Dans son evaluation de ce que l'on sait des expositions, le groupe a distingue, pour ce qui concerne chaque polluant, d'une part la fraction de la population exposee a des concentra- tions minimales ou faibles, d'autre part celle qui est exposee a des concen- trations suffisamment fortes pour constituer un probleme de sante publique, et ii a essaye de savoir dans quels types d'espaces se produisaient les expositions en question. Tous ces polluants sont presents dans les habita- tions, et la plupart d'entre eux dans les bureaux, les ecoles et d'autres biitiments publics. On trouve du CO dans les voitures et de !'ozone dans les avions, ainsi que du CO et du NO 2 dans Jes patinoires fermees lorsqu'on y utilise des glaceuses a essence. Les substances organiques et les allergenes se manifestent surtout dans Jes hopitaux . En outre, le groupe a fait le point de ce que l'on savait des sources de polluants de !'air des espaces clos, de leur repartition, et des caracteristiques de leur evacuation, y compris la ventila- tion. II s'est aussi attache a determiner l'adequation des instruments et les expositions humaines qui sont connues grace a la surveillance des concen- trations dans !'air des locaux fermes et a celle des expositions individuelles. Le tableau I presente le consensus du groupe sur ces points. Les fractions de la population exposees a des concentrations plus ou moins fortes de polluants sont qualifiees de la fai;:on suivante : «peu» indique que la fraction estimee se situe au-dessous de 10%, «quelques-uns» qu'elle est comprise entre IO et 50%, et «la plupart» qu 'elle depasse 50%. Le groupe a egalement pense aux expositions aux agents infectieux, mais ii a decide de Jes laisser de cote car ces agents different a beaucoup d'egards des autres polluants. II a, bien sur, reconnu cependant que la ventilation et le renou- vellement de l'air determinent largement la concentration et la diffusion, dans les biitiments, des agents infectieux vehicules par l'air. II ajuge que Jes instruments existants etaient en general capables de mesurer Jes concentra- tions de polluants en espace clos, sauf peut-etre dans le cas des fractions organiques et gazeuses de la fumee du tabac, des fibres minerales, des substances organiques et des allergenes. Beaucoup d'instruments sont cependant couteux, ce qui en limite l'utilite pour !'estimation des exposi- tions humaines en general. Le groupe a considere que, dans !'ensemble, les informations apportees par la surveillance des concentrations en espace 20 Tableau 1. Connaissance actuelle des expositions des populations Sujets Sujets Repar- lnstru -Polluants peu tres Sources exposes exposes tition ments Fumee de tabac (inhalation quelques- passive la plupart uns + ± ±" NO2 quelques- quelques- uns uns ± 0 + co la plupart peu ± 0 + Radon et produits de filiation la plupart peu ± 0 + Formal- dehydes la plupart peu ± ± + SO2 peu peu ± ± + CO2 la plupart peu + ± + Ozone peu peu ± + + Asbeste peu peu 0 0 ± Fibres minerales peu peu 0 0 ± Substances quelques- organiques la plupart uns ± 0 ± Allergenes la plupart quelques- uns 0 0 ± 8 Particules respirables + = suffisant ±= plus ou moins 0 = insuffisant Surveillance de l'air des locaux fermes/ des expositions individuelles ± ± ± 0 ± 0 + ± 0 0 0 + 21 clos et des expositions individuelles etaient a la limite du valable ou insuffisantes, tandis que, bien souvent, le reperage des sources de polluants, comme la quantification de leurs emissions et de leur puissance, donnaient des resultats allant du marginal au suffisant. Par contre, on connait beau- coup moins bien leur repartition, de sorte qu'il est difficile de se renseigner sur Jes expositions humaines a partir des informations quelque peu meil- leures dont on dispose au sujet des sources. Le groupe a ensuite fait le point de ce que !'on savait des relations exposition/reaction (tableau 2). A partir des informations sur les popula- tions exposees aux polluants de !'air des locaux fermes, et notamment sur la repartition de ces expositions, ii a determine la mesure dans laquelle on pouvait estimer le degre d'exposition de certains groupes particuliers comme les jeunes enfants, Jes personnes agees et les sujets atteints de troubles cardiorespiratoires chroniques. Le tableau 2 montre que la repar- tition des expositions dans la population a ete jugee mal connue, ou a peine dans le cas de quelques polluants provenant de sources surtout exterieures, par exemple !'ozone et le SO 2. La fumee du tabac se caracterise par son ubiquite et le groupe a considere qu'on en connaissait plus ou moins bien la repartition. Les participants se sont declares unanimement d'accord sur la nature des effets nocifs pour la sante attendus de chaque polluant, ou soup9onnes d'etre associes a sa presence. II importe beaucoup de connaitre la relation exposition/reaction pour evaluer Jes effets des polluants sur la sante, mais le groupe a estime que cette condition n'etait qu'assez rarement remplie. II Jui a semble que les relations typiques exposition/reaction etaient mieux comprises lorsqu'on avait affaire a des reactions immediates, mais beaucoup moins dans le cas des effets cancerigenes ou generaux. En raison de la nature meme des expositions chroniques et des effets differes, ii est impossible de mettre en evidence les relations exposition/reaction par des expositions contr6lees d'etres humains, et d'autre part ii existe peu d'informations epidemiologiques. Le groupe n'a pas pu etudier efficace- ment le cas des polluants organiques, en raison de la diversite des subs- tances chimiques en cause et de celle des reactions specifiques qu'elles provoquent. Apres identification d'une substance chimique, ii suffit sou- vent de consulter la documentation sur la medecine du travail pour trouver des donnees concernant Jes reactions, qui serviront a une premiere evalua- tion, mais ii n'est d'ordinaire pas possible d'evaluer les effets cumules ou synergiques des combinaisons de ces substances. Le groupe s'est egalement interesse aux moyens qui existent et qui conviennent pour combattre chacun des polluants, qu'il s'agisse de techniques , de reglements, d'inter- ventions sociales, d'education ou de prevention medicale. Les tableaux I et 2 montrent clairement que le groupe a juge que Jes connaissances actuelles ne suffisaient pas aux fins de !'estimation de !'im- pact des polluants sur une population. Les types de sources et Jes problemes de sante publique different nettement d'un pays a l'autre. Comme les 22 chauffe-eau a allumage instantane au gaz et sans conduits d'evacuation sont tres repandus aux Pays-Bas ( 46), on s'interesse naturellement aux expositions de la population de ce pays au CO et au NO2 en particulier. Dans Jes pays scandinaves, ou Jes appareils de combustion sans conduits d'evacuation sont rares ou interdits, mais ou Jes batiments sont mieux isoles et ou Jes sols emettent plus de radon, on s'inquiete davantage des expositions a ce gaz et a ses produits de filiation ainsi qu'aux formalde- hydes et autres substances organiques qui proviennent des materiaux de construction, du mobilier et des articles de consommation. II se peut qu'ailleurs le souci principal porte sur Jes concentrations en espace clos de polluants provenant de l'exterieur, ou sur Jes emissions dans l'air des locaux fermes de substances organiques resultant de l'emploi d'articles de consommation. Le groupe a observe que, selon Jes regions, Jes priorites differaient en fonction du climat, des caracteristiques de construction, des types de combustibles utilises et des concentrations de polluants dans l'air exterieur. II est encore tres difficile d'estimer l'impact total des polluants sur la sante publique, mais le groupe s'est declare unanimement d'accord sur Jes concentrations en de9a desquelles le risque serait minime et sur celles au-dela desquelles le risque suffit pour appeler des mesures correctives. Ces estimations figurent au tableau 3, ainsi que Jes concentrations relevees dans des locaux clos non professionnels. A noter qu'il s'agit la d'estimations qui s'appuient sur Jes connaissances actuelles et qu'il faudra peut-etre Jes reviser au vu de nouvelles informations. En outre, ii convient de preciser que tous Jes polluants gazeux ont ete consideres isolement et non en association avec d'autres substances contaminantes. Au sujet des concentrations, le groupe a debattu des problemes gene- raux que pose l'application aux locaux non professionnels de la masse considerable d'observations apportees par la recherche, de directives et de normes concernant l'environnement exterieur et Jes locaux professionnels. Une application indiscriminee conduirait sans nul doute a de serieuses difficultes. Les concentrations a l'interieur des locaux sont tantot plus fortes, tantot plus faibles, que les concentrations exterieures, selon l'origine du polluant et la presence ou non de moyens d'evacuation et de sources interieures. Leur profil dans le temps peut varier: dans le cas des polluants provenant de l'exterieur, Jes concentrations a l'interieur se forment avec un certain decalage et leurs cretes sont plus basses que celles des concentra- tions exterieures. Au contraire, avec Jes sources interieures, ces cretes peuvent depasser de beaucoup celles qui sont observees a l'exterieur. Les expositions professionnelles durent moins que Jes expositions dans Jes locaux non professionnels, et Jes populations particulierement sensibles ne Jes subissent generalement pas; a l'inverse, ii arrive que Jes occupants Jes plus vulnerables de locaux fermes y passent pres de 100% de leur temps. A l'exterieur, Jes polluants atmospheriques «indicateurs», par exemple le SO2, 23 Tableau 2. Connaissances actuelles concernant les relations exposition / reaction Sujets Sujets Popu - Effets Relation Moyens Polluants peu tres lation inde- exposition / de exposes exposes exposee sirables reaction lutte Fumee la plupart quelques- ± irritation ± reglementaires du tabac uns odeur ± techniques (inhalation respiratoires ± sociaux passive) cancerigenes 0 education generaux 0 NO2 quelques- quelques- 0 respiratoires 0 techniques uns uns odeur ± reglementaires generaux 0 education co la plupart peu 0 generaux + techniques. reglementaires Radon et la plupart peu 0 cancerigenes ± techniques, produits de reglementaires filiation Formal - la plupart peu 0 irritation ± techniques dehydes odeur ± reglementaires respiratoires ± cancerigenes 0 generaux 0 SO2 peu peu ± respiratoires 0 techniques, reglementaires CO2 la plupart peu 0 generaux ± techniques Ozone peu peu ± irritation + techniques (en espace clos) respiratoires ± odeur + generaux 0 Asbeste peu peu 0 maladies ± techniques respiratoires cancerigenes ± reglementaires Fibres peu peu 0 respiratoires ± minerales irritation ± 24 Tableau 2 (suite) Su jets Su jets Popu - Polluants peu tres lation exposes exposes exposee Substances la quelques- 0 Effets inde- sirables odeur Relation exposition / reaction 0 Moyens de lutte techniques organiques plupart uns irritation 0 reglementaires generaux 0 education respiratoires 0 cancerigenes 0 Allergenes la quelques- 0 respiratoires ± sociaux plupart uns odeur ± reglementaires irritation ± medicaux8 8 Les mesures medicales sont preventives + = suffisant ± = plus ou moins 0 = insuffisant peuvent se resorber en partie, par transformation en sulfates ou precipita- tion sous forme d'acides , phenomene qui ne se produit guere dans !es environnements clos. LE SYNDROME DES «BATIMENTS MALADES» On s'est aper~u de !'existence de «batiments malades» avant 1960, et on a enregistre depuis, et notamment ces six dernieres annees, un nombre crois- sant de cas dans plusieurs pays. Symptomes Les symptomes signales, surtout dans !es pays scandinaves et aux Etats- Unis, couvrent un large spectre mais comportent de nombreuses caracteris- tiques communes, par exemple : irritation des yeux, du nez et de la gorge sensation de secheresse des muqueuses et de la peau erytheme 25 . N °' Tableau 3. Consensus sur les concentrations de polluants de l'air des espaces clos au vu des connaissances de 1982 Polluants• Fumee de tabac (inhalation passive) N02 co Radon et produits de filiationd Formaldehydes S02 CO2 Ozone Asbeste Fibres minerales Substances organiques Concentrationsb observees 0, 1 - 1 particules respirables 0,05- 1 - 100 4 -8000Bq / m3 0,06- 1,3 0,02- 600 -9000 0,04- 0,4 < 106 fibres/ m3 Concentrationsb ii risque limits ou nul = 0 < 0,19 < 11 (2% COHb) = 0 < 0,06 < 0,5 < 4500 < 0,12 = 0 _c 8 Tous les gaz ont 8t8 consid8r8s seuls, et non en association avec d'autres contaminants. b Concentrations en mg / m3 sauf indication contraire. Concentrationsb inquietantes _c > 0,32 > 30 > > > (3% COHb) 70Bq / m3 0,12 1,35 > 12000 > 0,15 > 105 fibres / m3 _c c En raison de la nature complexe de ces polluants, on ne peut proposer aucune concentration significative. d 1 Bq/ m' = 0.027 nCi/ m'. Observations Norme japonaise 0,15mg/ m3 Selon OMS CSE 4 (47), 99,9% Exposition continue Norme suedoise concernant les habitations nouvelles Expositions courtes ou prolongees S02, seul, courte duree8 Norme japonaise 1 800mg / m3 OMS CSE 7 (48) Expositions prolongees 6 II n'a pas 8t8 tenu compteque des effets surcourte p&riode du SO1 saul, sans particules, ni sulfates, ni NO1, qui peuvent se presenter en mAme temps qua lui et constituent vraisemblablement alors le facteur critique. Dans le cas des expositions prolong8es, les normes ou directives concernant la qualit9 de l'air ext&rieur off rent une meilleure marge de s8curit8. fatigue mentale cephalees, frequence elevee d'infections des voies respiratoires et toux enrouement, respiration sifflante, demangeaisons et hypersensi- bilite non specifique nausees , vertiges. Les symptomes ci-dessus sont frequents dans tout groupe de population, aussi est-ii malaise de Jes associer aux environnements clos dans tel ou tel cas pris isolement. Pourtant, ii existe a l'heure actuelle tellement de cas signales de symp- t6mes similaires qu'il est permis de croire que l'on se trouve en presence d'un veritable probleme de sante du a l'environnement, souvent baptise le «syndrome des batiments malades». Frequence Une enquete nationale effectuee au Danemark au pres de 1500 citoyens ages de 15 a 67 ans a permis de constater que 15 a 30% d'entre eux presentaient des symptomes du type decrit ci-dessus (chez eux et au travail). A Stockholm, les occupants de 110 ecoles maternelles (sur un total de 1800) se sont plaints de symptomes similaires. Les resultats d'une enquete effectuee en Suede par le syndicat des enseignants revelent que 40% des ecoles, ecoles maternelles et etablissements semblables construits depuis 1976 connaissent des problemes de climat interieur qui s'appa- rentent au syndrome des «batiments malades». Caracteristiques communes des «batiments malades» II faut distinguer la une premiere categorie, celle des batiments dits «tem- porairement malades», qui comprend !es batiments recents ou restaures depuis peu, ou !es sympt6mes diminuent avec le temps et disparaissent pour la plupart au bout d'environ six mois. II se peut que cette disparition tienne a !'evaporation des composes volatils contenus dans !es materiaux de construction, peintures, etc. Dans la seconde categorie, celle des batiments «definitivement malades», !es symptomes persistent durant des annees et parfois resistent meme a des mesures correctives poussees. Normalement, on ne trouve pas de cause evidente dans !es batiments de cette categorie, meme a pres etude approfondie de la composition de !'air, du fonctionnement du systeme de ventilation et de la structure meme du batiment. II apparait toutefois que ces batiments possedent des caracteristiques communes : 1. Ils ont presque toujours un systeme de ventilation forcee, qui dessert en general tout le batiment ou une bonne partie des locaux qui le 27 ' composent, et qui fonctionne selon le principe de la recirculation partielle de l'air. Certains ont des prises d'air mal placees, tandis que d'autres utilisent des echangeurs de chaleur qui remettent les polluants de !'air vicie dans le circuit d'aeration. 2. II s'agit souvent de constructions assez legeres. 3. Les surfaces interieures sont en grande partie couvertes de textiles, par exemple de moquettes, et d'autres caracteristiques d'agencement inte- rieur aboutissent a un rapport surface/volume eleve. 4. Ils ont un bon rendement energetique, sont assez bien chauffes et presentent un environnement thermique homogene. 5. Ils se caracterisent par leur etancheite a l'air (aux Etats-Unis par exemple, ii arrive souvent que Jes fenetres ne puissent pas s'ouvrir). Causes suggerees du syndrome des «batiments malades» II faut souligner que notre connaissance des causes du syndrome des «batiments malades» demeure fragmentaire et qu'elle ne permet guere de recommander des mesures correctives. Les facteurs thermiques jouent souvent un role, auquel cas ii est recommande d'analyser l'environnement thermique pour s'assurer que les temperatures et leurs gradients ne soot pas excessifs et que l'habillement des occupants ainsi que l'humidite et la vitesse de circulation de l'air conviennent. Ence qui concerne Jes irritants vehicules par l'air, ii faut s'assurer de !'absence de formaldehydes en concentrations nocives. A noter cependant que d'autres irritants, provenant par exemple des materiaux de construc- tion et de revetement, du mobilier ou de l'emploi d'articles de menage ou de bricolage, peuvent provoquer des sympt6mes presque identiques a ceux que produisent Jes formaldehydes. A l'heure actuelle, on en sait tres peu au sujet des interactions entre irritants en faibles concentrations. II se peut que Jes melanges de certains composes en concentrations subliminales exercent un effet cumulatif ou synergique et provoquent des reactions sensorielles. II peut se produire aussi des reactions chimiques qui transforment Jes compo- ses moins irritants en des composes qui le soot davantage. II arrive que l'homogeneite thermique de l'environnement des espaces dos et celle de la qualite de l'air resultant de sa remise en circulation augmentent la probabilite de propagation, dans tout le batiment, de pol- luants de source localisee et celle d'une exposition prolongee de tous Jes occupants a ces polluants. 28 Les plaintes des occupants peuvent d'ailleurs aussi avoir des causes subjectives. Lors d'un sondage effectue dans un grand batiment adminis- tratif de Zagreb, Jes deux tiers des personnes interrogees se sont declarees opposees a la climatisation pour des raisons surtout psychologiques ( 49). II est d'ordinaire impossible de trouver Jes sujets-temoins necessaires pour etablir la prevalence des plaintes dans une population comparable qui pourrait servir de reference, mais, dans un cas ou on a pu le faire , on a constate dans les deux batiments consideres la meme prevalence des memes sympt6mes (50). METHODOLOGIE ET PRIORITES DES ETUDES FUTURES II faudrait donner aux futures etudes des expositions les trois grands objectifs suivants : 1. Determiner la repartition des expositions dans la population, de maniere a pouvoir evaluer Jes expositions des divers groupes au risque. 2. Ameliorer !'evaluation des effets sur la sante en mesurant les expositions individuelles des sujets etudies. 3. Concevoir des strategies correctives efficaces et en evaluer l'efficacite. Comme on l'a deja vu, Jes etudes de l'effet de la pollution de I'air des es paces clos sont souvent sequentielles. Elles debutent frequemment par une sorte de prospection, consistant a choisir quelques espaces ou I'on effectue sur place, selon une demarche preetablie, un certain nombre de mesures de la concentration des polluants. En general, on n'evalue pas alors les effets sur la sante, mais seulement les expositions. La deuxieme etape consiste en une recherche plus systematique ou, d'une part, on ajoute a des releves plus complets sur place des mesures de la puissance des sources et de la capacite des moyens d'evacuation dans des locaux specialement amenages en laboratoire et, d'autre part, on mesure sur place Jes taux de renouvellement de !'air et Jes effets de l'activite humaine. Ces mesures permettent de construire un modele predictif, qui peut servir pour estimer les concentrations de polluants dans un es pace donne si on connait un petit nombre de caracteristiques de cet espace. II faut s'assurer de la validite des modeles de ce type en effectuant des mesures dans plusieurs espaces, pour pouvoir les appliquer ensuite avec quelque fiabilite a de nombreux autres. 29 • On peut enfin realiser des etudes epidemiologiques pour parfaire Jes esti- mations des expositions, non seulement a un polluant mais a plusieurs polluants simultanement. Parmi Jes nombreuses etudes d'expositions controlees d'etres humains mettant en cause de nombreux polluants, ii yen a encore tres peu qui aient porte sur des sujets particulierement sensibles ou atteints de troubles cardiorespiratoires. L'evaluation des expositions non professionnelles en espace clos devra se faire sur des groupes vulnerables de ce genre. II importe au premier chef, notamment lorsqu'il s'agit d'etudes sur le terrain ou ii faut effectuer beaucoup de mesures dans de nombreux empla- cements, d'observer scrupuleusement uncertain nombre de precautions. A des fins de comparaison et d'evah.iation des mesures effectuees, ii faut reunir des informations sur Jes points suivants : a) type , modele et sensibilite des instruments utilises; b) plan de )'experience, comportant non seulement l'enonce du pro- gramme quotidien, mais aussi un releve des periodes d'observation; c) description detaillee des methodes employees pour assurer et verifier la qualite des mesures effectuees (voir dans 18, bibliographie, Jes programmes de mesures recommandees); d) indication de )'emplacement des lieux de prelevement, assez detaillee pour permettre la repetition des mesures, notamment en presence de sources ponctuelles; e) periode sur laquelle sont calculees Jes moyennes, duree des mesures, et formules d'agregation des donnees; f) caracteristiques du batiment, vitesse de renouvellement de !'air, sources d'autres polluants, consommation de tabac par Jes occupants, et autres facteurs pertinents. II faudrait, en principe, disposer d'instruments pour la quasi-totalite des mesures, mais le groupe a reconnu que leur utilisation etait, dans un certain nombre de cas, soit sans objet, soit trop couteuse considerant l'envergure de !'operation. Les instruments sont cependant necessaires dans Jes cas precis enumeres ci-apres : I. L'evaluation des expositions individuelles necessite l'emploi d'un compteur portatif capable d'enregistrer la concentration de NO2 soit en continu, soit a de courts intervalles reguliers. II faut aussi disposer d'un appareil qui puisse evaluer !'exposition moyenne aux formaldehydes sur 6 a 24 heures et l'exposition aux allergenes pendant de courtes periodes. 30 2. La surveillance des espaces necessite l'emploi de compteurs pas- sifs capables de fonctionner 24 heures et d'autres moyens de detection simples et peu onereux. II faut aussi recourir a des moyens plus simples, moins couteux et moins encombrants pour mesurer la ventilation et Jes infiltrations d'air. 3. Le travail en laboratoire et Jes releves detailles sur le terrain necessitent l'emploi d'instruments capables de detecter Jes acides et Jes composes reactifs organiques. 4. II reste encore a perfectionner Jes methodes de biotest et de surveil- lance biologique et a mettre au point des methodes normalisees d'evalua- tion psychophysique des odeurs. II existe en principe des procedes d'ana- lyse des melanges organo-chimiques complexes, mais Jes instruments actuels sont couteux, complexes et souvent inaccessibles. Le groupe a etudie Jes priorites a affecter aux divers polluants !ors des futurs travaux d'evaluation des expositions, en fonction de !'importance relative de ces expositions et de ce que I 'on peut faire actuellement pour Jes mesurer. II a donne une haute priorite aux substances chimiques orga- niques, aux particules respirables en suspension, au NO 2 et aux allergenes , une priorite moyenne au CO, aux formaldehydes, au radon et aux agents infectieux, enfin une moindre priorite au CO 2, a l'asbeste, aux autres fibres minerales, a !'ozone et au SO 2. Ence qui concerne !'evaluation des effets nocifs sur la sante, le groupe a note que, malgre Jes recherches epidemiologiques sur Jes effets canceri- genes eventuels de !'inhalation passive de fumee du tabac et sur sa relation avec Jes maladies des voies respiratoires, ii restait encore incontestablement a faire dans ce domaine. Un certain nombre d'etudes epidemiologiques ont permis d'evaluer, au moyen quelquefois d'appareils portatifs, les exposi- tions au NO 2 et !'impact de ce gaz sur Jes environnements clos (5 ]). Com me cette demarche ne renseigne pas sur les cretes de concentration du NO 2, qui jouent peut-etre le role determinant en !'occurrence, de nouvelles etudes s'imposent. II faudra etudier Jes expositions controlees d'etres humains au NO 2 seul pour observer Jes reactions immediates a ces expositions. II faut mieux connaitre la repartition des expositions humaines au radon et a ses produits de filiation, aux formaldehydes, au SO 2, a !'ozone et au CO 2, pour s'assurer de la necessite et de l'efficacite des etudes epidemio- logiques. II arrive que des etudes de cette nature ne soient pas faciles a realiser, tantot parce qu'il est malaise de determiner quelles sont la four- chette d'expositions et Jes methodes de mesure qui conviennent, tantot, comme dans le cas du radon, parce qu'un long delai s'ecoule entre !'exposi- tion et la reaction. On a deja abondamment etudie les allergenes. Au fur et a mesure que les etudes epidemiologiques des effets de la pollution des espaces clos deviendront plus complexes, ii y aura a vantage a 31 • typer un grand nombre de batiments selon leurs caracteristiques structu- relles et leurs sources specifiques de pollution ainsi que selon Jes caracteris- tiques de leurs occupants. En procedant ainsi, on pourra choisir un relati- vement petit nombre d'espaces et leurs occupants pour evaluer un effet particulier sur la sante. Ce processus de selection permettra eventuellement d'exclure tels ou tels parametres, ce qui accroitra la precision de l'etude et en reduira le cout. On pourra enfin etudier successivement divers polluants a partir du meme choix initial de batiments. Le groupe a reconnu qu'il etait necessaire et souhaitable decreer, pour ce travail complexe, un comite d'orientation qui aurait pour mission de donner des a vis et de coordonner, sur demande, !es initiatives. Des sugges- tions concernant !es objectifs, la composition et !es modalites de fonction- nement de ce comite figurent a I' Annexe 2. CONCLUSIONS Le groupe est parvenu a plusieurs conclusion's, , largement acceptees, concernant !'estimation et la mesure des expositions a des polluants de !'air des espaces clos ainsi que la nature et l'ampleur de leurs effets nocifs sur la sante. I . Les tres nombreuses etudes de cas montrent que divers polluants de !' air, en fortes concentrations, provoquent des effets nocifs graves sur la sante , notamment des effets immediats. On a moins de certitude concer- nant !es effets differes d'une exposition chronique a des polluants de !'air des espaces clos en concentrations legerement superieures a la normale naturelle. 2. La qualite de !'air des espaces clos a fait l'objet de tres nombreuses observations, mais on n'en sait encore pas as~ez sur !es expositions humaines en general. II faudra done estimer ces expositions sur la base d'une description appropriee des caracteristiques des pares immobiliers et des sources de pollution interieures, homme compris, dont ii faudra connaitre pour cela la repartition combinee. 3. Le nombre des «batiments malades» signales augmente. II est souvent difficile, voire impossible, d'etablir une relation entre !es polluants de !'air de ces batiments et leurs effets pretendus sur la sante, car ces effets sont en general du type de ceux que !'on observe dans d'autres groupes de popula- tion similaires. 4. Les polluants de !'air des espaces clos se rencontrent aussi a !'air libre et dans !es lieux de travail. Pour beaucoup d'entre eux, Jes autorites responsables 32 de la sante publique ou professionnelle ont elabore et publie des criteres sanitaires, des directives applicables aux concentrations, et meme des normes de qualite de !'air ambiant. Le groupe en a etudie Jes possibilites d'application aux environnements closet a conclu qu'elles etaient limitees. Le choix des valeurs retenues dans Jes directives et Jes norm es repose sur un grand nombre de facteurs : fluctuation des concentrations dans le temps, melanges de polluants, transformation des polluants dans !'atmosphere, etc., qui varient enormement selon les circonstances; aussi, les directives, criteres et normes relatifs aux environnements professionnels, exterieurs et interieurs respectivement peuvent-ils beaucoup differer les uns des autres (dans le cas du SO2 par exemple). 5. De l'avis general des participants, les instruments de mesure de la qualite de !'air des espaces clos existent en principe, mais leur c0tit demeure souvent eleve. On n'est pas encore tres a meme d'analyser et de typer les melanges complexes de substances chimiques organiques, et ii n'existe pas a ce jour de moyens peu onereux de les dissocier en leurs composants. 6. Les etudes epidemiologiques des effets nocifs des polluants de !'air exterieur sur la sante ne presentent sans doute guere d'utilite lorsqu' on veut evaluer !'impact, sur la sante, des expositions a la pollution des locaux fermes, car la plupart d'entre elles n'ont pas tenu compte de la fa~on dont l'environnement interieur de ces locaux pourrait influer sur ces expositions. II est tout a fait probable que de nouvelles etudes, qui prendront en compte Jes environnements interieurs, demontreront que des concentrations au sujet desquelles Jes resultats n'avaient guere ete pro ban ts jusque-la peuvent exercer des effets non negligeables sur la sante. 7. On ne connait pas suffisamment bien Jes expositions des populations ni la relation exposition/effet, ne ffit-ce que pour estimer !'impact total sur la sante publique des expositions en espace clos a l'un quelconque des pol- luants consideres : fumee du tabac, NO2, radon et produits de filiation, formaldehydes, SO2, CO2, ozone, asbeste, fibres minerales, substances organiques et allergenes. Les lacunes les plus serieuses concernent la repar- tition des sources de pollution, la relation exposition/reaction et les popu- lations exposees. D'autre part, la surveillance des expositions n'a pas apporte d'informations suffisantes. On connait mieux, par contre, les caracteristiques d'emission des sources, les instruments de mesure et la nature des effets nocifs a escompter. 33 ' RECOMMANDA TIO NS Le groupe a formule Jes recommandations ci-apres : l. II conviendrait de realiser une analyse critique des effets nocifs des formaldehydes sur la sante, qui pourrait se conclure par des recommanda- tions concernant les recherches a effectuer par la suite. 2. II conviendrait, dans un premier temps, de determiner quels sont Jes materiaux de construction et Jes articles d'ameublement a forte emission de substances toxiques, afin de Jes classer ensuite selon leurs effets nocifs sur la sante. 3. II y aurait lieu de mesurer Jes concentrations de S02 et d'ozone dans Jes differentes parties des environnements clos, pour se renseigner sur les expositions totales aces gaz et determiner a nouveau Jes risques lies a leur presence. 4. II conviendrait d'etudier conjointement Jes effets nocifs produits par le N02, le CO et d'autres polluants en cas d'inhalation passive et de mauvaise combustion en espace clos. 5. Les substances organiques se caracterisent par leur ubiquite dans l'air des espaces clos, mais on sait tres peu de choses sur les formes d'exposition aces substances. II faudrait en priorite recenser et quantifier ces substances dans Jes environnements clos. 6. Les expositions au radon et a ses produits de filiation dependent pour beaucoup des quantites de radon emises par le sol, Jes eaux souterraines et Jes materiaux de construction. II faudrait etudier en priorite la contribution de ces trois sources a la pollution dans diverses regions. 7. II conviendrait d'inciter les consommateurs a utiliser Jes moyens tech- niques voulus pour combattre efficacement la pollution des locaux fermes par Jes produits de combustion. II faudrait deconseiller, voire interdire, l'usage en interieur d'appareils de combustion sans conduits d'evacuation. Sensibiliser l'opinion publique contribue efficacement a !'amelioration de la qualite de !'air des espaces clos. 8. II est recommande de reunir un groupe de travail qui serait charge d'etudier les incidences des codes du batiment et du logement sur la qualite de l'air des locaux fermes et, le cas echeant, de faire des recommandations concernant !'inclusion dans ces codes de dispositions consacrees a la qua- lite de l'air en espace clos. 34 9. II existe dans certains pays des registres qui contiennent des informa- tions specifiques sur les batiments, par exemple sur les materiaux employes, les systemes de chauffage, la dimension des pieces, etc. Ces registres ont ete constitues a d'autres fins, mais ils pourraient aussi servir a l'etude des effets des caracteristiques des batiments sur la sante de leurs occupants. 10. Aux fins d'enquetes, le groupe recommande, pour presque tous Jes contaminants, !'usage de moniteurs passifs fonctionnant sur 24 heures, c'est-a-dire capables de mesurer !'accumulation des polluants en 24 heures. II faudra aussi elaborer les questionnaires voulus pour obtenir des informa- tions supplementaires. Pour les enquetes sur la qualite de l'air en espace clos, ii faut un appareil simple et peu couteux qui mesure le renouvellement de l'air, et le groupe recommande instamment sa mise au point. 11 . II conviendrait d'effectuer sur le terrain des etudes des polluants de l'air des espaces closet des effets nocifs qui leur sont associes, en utilisant autant que possible des echantillons representatifs de populations. BIBLIOGRAPHIE 1. Fanger, P.O. & Valbj;rn, 0., ed. Indoor climate effects on human com/ ort, performance and health. Copenhague, Institut danois de recherche sur le batiment, 1979. 2. Prob/emes de sante lies a la qualite de /'air a /'interieur des biitiments: rapport sur la reunion d'un groupe de travail de /'OMS. Copenhague, OMS, Bureau regional de !'Europe, 1981 (Rapports et Etudes EURO, N° 21). 3. US National Academy of Sciences/National Research Council. 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Principes et methodes d'evaluation de la toxicite des produits chimiques. Partie I. Geneve, Organisation mondiale de la sante, 1978 (Criteres d'hygiene de l'environnement, N° 6). 45 . Guidelines on studies in environmental epidemiology. Geneve, Organisa- tion mondiale de la sante (Criteres d'hygiene de l'environnement) (sous presse). 46. Brunekreef, B. et al. Indoor carbon monoxide pollution in the Nether- lands. Environment international, 8(1-6) : 193-196 (1982). 47. Oxydes d'azote. Geneve, Organisation mondiale de la sante, 1977 (Criteres d'hygiene de l'envii:onnement, N° 4). 48. Oxydants photochimiques. Geneve, Organisation mondiale de Ia sante, 1979 (Criteres d'hygiene de l'environnement, N° 7). 49. Sverko, B. & Vulmirozic, Z. [Sonda~e d'opinion sur la climatisation dans Jes batiments administratifs] . Arhiv za higijenu rada i toksikolo- giju, 30: 323-332 (1979) (en serbo-croate, avec resume en anglais). 50. Levine, M.S. et al. 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Annexe 1 COMPOSITION DES SOUS-GROUPES Sous-groupe 1 : Connaissance des expositions humaines Dr Benarie Dr Moschandreas Dr Boleij Dr Muylle Dr de Koning Dr Seifert Dr Fugas Dr Spengler Dr Knoppel Dr Stranden Sous-groupe 2 : Connaissance des effets nocifs sur la sante Dr Andersen Dr Melia Dr Lebowitz Dr Stolwijk Dr Lindvall Sous-groupe 3 : Concentrations compromettant la qualite de I' air en espace clos Dr Andersen Dr Melia Dr Lebowitz Dr Stolwijk Dr Lindvall Sous-groupe 4 : Etudes des normes existantes Dr Spengler Sous-groupe 5 : Comite international d'orientation des travaux sur la qualite de !'air en espace clos Dr Moschandreas Dr de Koning Dr Suess Sous-groupe 6 : Evaluation des expositions et priorites Dr Benarie Dr Muylle Dr Boleij Dr Seifert Dr Fugas Dr Spengler Dr Knoppel Dr Stranden Dr Moschandreas 39 Sous-groupe 7 : Le syndrome des .. batiments malades» Dr Andersen Dr Lebowitz Dr Lindvall Dr Melia Dr Stolwijk Sous-groupe 8: Concentrations de SO 2 et relations air interieur/air exterieur Dr Seifert Dr Spengler Sous-groupe 9 : Evaluation des effets sur la sante - metbodes et priorites Dr Lebowitz Dr Melia 40 Annexe 2 COMITE D'ORIENTATION DES TRAVAUX SUR LA QUALITE DE L'AIR EN ESPACE CLOS La communaute scientifique et !es organismes reglementaires portent, depuis quelques annees, un interet croissant aux travaux de recherche sur la qualite de !'air en espace clos (QAEC). Un certain nombre d'instituts de recherche effectuent d'autre part des travaux approfondis dans ce domaine. Quelques-uns de leurs experts ont assiste aux travaux du groupe charge d'etudier la question de !'evaluation et de la surveillance de la QAEC, reuni du 8 au 11 juin 1982 par le Bureau regional de !'Europe de !'OMS a Nordlingen, Republique federale d'Allemagne. Les participants a cette reunion ont insiste sur la necessite de coordon- ner les travaux de recherche sur la QAEC et ont juge qu'il serait utile et opportun decreer, a cet effet, un comite d'orientation. Pour Jes besoins de ce comite, !'expression «locaux fermes» ou «espaces clos» devrait s'entendre des environnements tels qu'habitations, ecoles, batiments publics, vehi- cules et autres espaces clos auxquels le public a acces; ii excluerait toutefois Jes environnements de travail dans l'industrie. Sachant que le Bureau regional souhaiterait que l'etude du probleme de la QAEC acquiere une dimension internationale, les participants lui ont demande de creer ce comite et d'en assurer le secretariat permanent. Le groupe a defini comme suit Jes objectifs, la composition et !es modalites de fonctionnement du comite. Objectifs I. Recenser et juger !es activites de recherche et autres menees dans divers domaines au sujet de la qualite de !'air en espace clos, y compris sa surveillance, la mesure des expositions, ses effets sur la sante de l'etre humain et son confort, !es strategies de lutte contre la pollution et !es politiques officielles. 2. Participer a !'elaboration et a l'etude des criteres de QAEC et de salubrite de l'environnement. 3. Encourager la coordination internationale des travaux de recherche afin d'eviter tout double emploi sans necessite, en servant de point de rassemblement et de diffusion des informations nouvelles, avec le concours d'un centre collaborant approprie de !'OMS. 41 4. Agir, par l'intermediaire de l'OMS, en qualite de consultant au pres des autorites nationales et organisations intergouvernementales au sujet des travaux de recherche particuliers a effectuer dans le domaine de la QAEC et donner sur demande des conseils pour l'elaboration de programmes de reglementation. \ 5. Signaler aux instituts de recherche les lacunes a combler. 6. Servir de co mite consultatif pour les programmes scientifiques lors des congres consacres a la QAEC. Composition Le comite se composera de membres assez nombreux et competents pour etudier les effets de la QAEC sur la sante, ainsi que ses caracteristiques physiques, chimiques et biologiques. II comprendra en tous temps, pour permettre son bon fonctionne- ment, au maximum 20 et au minimum 14 membres. Toutefois, ii pourra decider, en cas de necessite, de faire appel a titre temporaire a d'autres experts. Modalites de fonctionnement Pour atteindre les objectifs precites, le comite se reunira normalement au moins une fois l'an. II pourra, s'il y a lieu, se voir confier a l'occasion d'autres taches specifiques. S'il se tient telle ou telle annee un congres international consacre a la QAEC, le comite se reunira de preference immediatement apres ce congres. 42 Annexe 3 LISTE DES PARTICIPANTS Conseil/ers temporaires Dr I. Andersen, directeur general, Institut danois de sante du travail, Hellerup (Danemark) Dr M. Benarie, departement de la pollution atmospherique, Institut national de recherche chimique appliquee, Bretigny (France) Dr J.S.M. Boleij, professeur associe, departement de la pollution, atmospherique, Universite d'agriculture, Wageningen (Pays-Bas) Dr M. Fugas, chef du laboratoire d'hygiene de l'environnement, Insti- tut de la recherche medicate et de la sante du travail , Zagreb, Yougo- slavie (president) Dr M.D. Lebowitz, professeur de medecine interne, centre universi- taire des sciences de la sante, faculte de medecine, Universite d' Ari- zona, Tucson, AZ (Etats-Unis d'Amerique) Dr T. Lindvall, professeur et directeur adjoint, Institut national de medecine de l'environnement, Stockholm (Suede) Dr R.J . W. Melia, charge de cours, departement de medecine commu- nautaire, St Thomas ' s Hospital Medical School, Londres (Royaume-Uni) Dr D .J . Moschandreas, conseiller scientifique principal, division de recherches sur la chimie et Jes techniques de la chimie, IIT Research Institute, Chicago, IL (Etats-Unis d' Amerique) Dr E. Muylle, assistant principal , section de la pollution atmosphe- rique , departement de l'environnement , Institut d'hygiene et d'epide- miologie, Bruxelles (Belgique) Dr 8. Seifert , professeur et directeur, application des mesures de l'air ambiant a l'hygiene de l'environnement, Institut d'hygiene de l'eau, des sols et de !'air, Service federal de la sante, Berlin-Ouest ( vice-president) 43 Dr J.D. Spengler, professeur associe, salubrite de J'environnement, ecole de sante publique, Universite d'Harvard, Boston, MA (Etats- Unis d' Amerique) Dr J .A.J. Stolwijk, professeur d'epidemiologie (salubrite de l'environ- nement), departement d'epidemiologie et de sante publique, ecole de medecine de J'Universite de Yale; directeur adjoint, J.B. Pierce Foun- dation Laboratory, New Haven, CT (Etats-Unis d'Amerique) (rapporteur) Dr E. Stranden, physicien sanitaire, Institut national d'hygiene des rayonnements, Osteraos (Norv~ge) Represent ants d' autres organisations Commission des Communautes europeennes (CCE) Dr H. Knoppel, chef du service des substances chimiques dans l'envi- ronnement, division chimie, Centre de recherches, Ispra, ltalie Organisation mondiale de la sante Bureau regional de I' Europe 44 Dr M.J. Suess, fonctionnaire regional pour Jes risques lies a J'environ- nement (secretaire scientifique) Siege Dr H. W. de Koning, specialiste scientifique, pollution atmospherique, dangers de J'environnement et protection des produits alimentaires, Division de la salubrite de l'environnement
World Health Organization (WHO) · Publications
Les expositions aux polluants de l’air des espaces clos et leurs effets sur la santé : rapport sur une réunion de l’OMS, Nördlingen, 8-11 juin 1982
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