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Rapports de situation sur des questions techniques et sanitaires : rapport du Secrétariat : table des matières

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SOIXANTIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE Point 12.21 de l’ordre du jour provisoire

A60/28 5 avril 2007

Rapports de situation sur des questions techniques et sanitaires Rapport du Secrétariat TABLE DES MATIERES Pages A. B. Améliorer l’endiguement de la résistance aux antimicrobiens (résolution WHA58.27) ....... Mise en oeuvre par l’OMS des recommandations de la cellule mondiale de réflexion pour une meilleure coordination entre les organismes multilatéraux et les donateurs internationaux dans la riposte au sida (résolution WHA59.12) ............................................. Rapport mondial sur la violence et la santé : mise en oeuvre des recommandations............ Promotion de la sécurité routière et prévention des traumatismes dus aux accidents de la circulation (résolution WHA57.10) ....................................................................................... Incapacités, prévention, traitement et réadaptation compris (résolution WHA58.23)........... 2

3 5

C. D.

7 8

E. F. G. H.

Prévention et lutte anticancéreuses (résolution WHA58.22) : cancer du col de l’utérus....... 10 Eliminer durablement les troubles dus à une carence en iode (résolution WHA58.24) ........ 11 Vieillir en restant actif et en bonne santé : renforcement de l’action (résolution WHA58.16) ......................................................................................................... 13 Préparation aux situations d’urgence et organisation des secours (résolution WHA59.22) .. 14 Réduction de la mortalité par rougeole dans le monde.......................................................... 16 Réseau de métrologie sanitaire .............................................................................................. 19

I. J. K.

Mesures à prendre par l’Assemblée de la Santé............................................................................... 20

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A.

AMELIORER L’ENDIGUEMENT DE LA RESISTANCE AUX ANTIMICROBIENS (résolution WHA58.27)

1. Dans sa résolution WHA58.27, l’Assemblée de la Santé a prié le Directeur général d’élargir et de renforcer l’appui technique fourni aux Etats Membres afin d’accélérer l’application des résolutions WHA51.17 et WHA54.14 concernant l’endiguement de la résistance aux antimicrobiens. Elle a également noté que la stratégie d’endiguement de la résistance aux antimicrobiens1 n’a pas été largement appliquée, et elle a réaffirmé la nécessité d’adopter une approche nationale cohérente globale et intégrée pour promouvoir l’endiguement de cette résistance.

Application de la stratégie d’endiguement de la résistance aux antimicrobiens 2. Du fait du recoupement des points et des recommandations, le thème de l’endiguement de la résistance aux antimicrobiens s’est retrouvé incorporé dans le domaine de l’usage rationnel des médicaments. Le Conseil exécutif a examiné cette question à sa session de janvier 2007,2 adoptant la résolution EB120.R12 sur l’usage rationnel des médicaments. La résolution dont le Conseil a recommandé l’adoption par l’Assemblée de la Santé prie notamment le Directeur général de renforcer l’appui technique de l’OMS aux Etats Membres lorsqu’ils s’efforcent de créer des organes nationaux multidisciplinaires chargés de surveiller l’usage des médicaments ou de les renforcer, le cas échéant, et de mettre en oeuvre des programmes nationaux relatifs à l’usage rationnel des médicaments. Cette demande englobe la principale composante de la stratégie de l’OMS, à savoir que les pays devraient établir des équipes spéciales nationales intersectorielles chargées de coordonner les stratégies d’endiguement ainsi qu’une proposition antérieure tendant à mettre sur pied une équipe spéciale intersectorielle indépendante dotée de toutes les ressources nécessaires sur la résistance aux antimicrobiens au Siège et au niveau régional afin de formuler un plan d’action.3 Les incidences financières de cette résolution4 envisagent des ressources suffisantes pour créer une équipe mondiale afin de fournir l’appui technique supplémentaire nécessaire aux pays. Un projet de plan d’application sera examiné à la quinzième réunion du Comité d’experts de la Sélection et de l’Utilisation des Médicaments essentiels (qui doit avoir lieu à Genève du 19 au 23 mars 2007). 3. Des progrès ont été réalisés pour renforcer les bases factuelles, le Secrétariat ayant mis l’accent dans ses travaux sur la collecte et l’analyse de données concernant le recours aux antibiotiques en soins de santé primaires dans les pays à revenu faible et intermédiaire et sur les politiques pharmaceutiques concernant la résistance aux antimicrobiens. Alors que 792 enquêtes ont désormais été analysées, il apparaît que les antibiotiques continuent d’être utilisés abusivement et de manière inappropriée dans le monde entier.5 Les données sur les politiques suivies montrent que rares sont les pays qui disposent d’une équipe spéciale nationale ou d’une stratégie d’endiguement de la résistance, d’un laboratoire de référence chargé de la surveillance ou qui appliquent des politiques visant par exemple à exclure l’accès aux antibiotiques sans ordonnance.6

1 2

Document WHO/CDS/CSR/DRS/2001.2.

Voir le document EB119/2006-EB120/2007/REC/2, procès-verbal des sixième, huitième et douzième séances de la cent vingtième session du Conseil. 3 4 5 6

Document WHO/CDS/CSR/RMD/2003.7. Document EB120/7 Add.1. Voir le document EB120/7 pour plus de détails. Document WHO/TCM/2006.2.

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Sensibilisation et recherche 4. L’OMS a poursuivi son action pluridisciplinaire en mettant l’accent sur les approches ci-après en matière d’endiguement de la résistance aux antimicrobiens : • recherche sur la surveillance de l’utilisation des antimicrobiens et de la pharmacorésistance dans les communautés pauvres en ressources ; • diffusion de principes directeurs visant à améliorer la prise en charge des infections courantes de l’enfant, notamment de stratégies fondées sur des bases factuelles permettant de réduire l’abus des antibiotiques (par exemple sur la base de l’efficacité d’une antibiothérapie de trois jours en cas de pneumonie et de l’utilisation de zinc dans le traitement de la diarrhée) ; • conseils fournis par l’intermédiaire de l’Alliance mondiale pour la sécurité des patients concernant la prévention des infections associées aux soins de santé et l’antibioprophylaxie en chirurgie ; • application de la nouvelle stratégie Halte à la tuberculose lancée en 2006 afin d’améliorer la lutte antituberculeuse en favorisant une approche centrée sur le patient, l’utilisation d’associations médicamenteuses de qualité en doses fixes, la surveillance régulière de la résistance et la création du Comité Feu vert qui facilite l’accès aux médicaments de qualité de deuxième intention contre la tuberculose tout en assurant leur usage rationnel par des procédures d’examen et de surveillance strictes ; • encouragement du recours à des associations médicamenteuses comportant de l’artémisinine pour traiter le paludisme à falciparum non compliqué et interdire la commercialisation et l’utilisation de monothérapies à l’artémisinine par voie orale.

L’avenir 5. Les progrès limités enregistrés jusqu’ici dans l’application de la résolution WHA58.27 reflètent les faibles investissements consentis pour élaborer des programmes cohérents et complets dans l’ensemble des systèmes de santé pour promouvoir l’usage rationnel des antimicrobiens et endiguer la résistance. Toutefois, la question est reconnue dans le onzième programme général de travail et fait partie de l’objectif stratégique 11 du projet du plan stratégique à moyen terme 2008-2013 et du projet de budget programme 2008-2009.

B.

MISE EN OEUVRE PAR L’OMS DES RECOMMANDATIONS DE LA CELLULE MONDIALE DE REFLEXION POUR UNE MEILLEURE COORDINATION ENTRE LES ORGANISMES MULTILATERAUX ET LES DONATEURS INTERNATIONAUX DANS LA RIPOSTE AU SIDA (résolution WHA59.12)

6. Dans sa résolution WHA59.12, l’Assemblée de la Santé a souscrit aux recommandations de la cellule mondiale de réflexion pour une meilleure coordination entre les organismes multilatéraux et les donateurs internationaux dans la riposte au sida et a prié le Directeur général de mettre en oeuvre ces recommandations en collaboration avec l’ONUSIDA et les autres organismes coparrainants et de faire rapport au Conseil exécutif et à la Soixantième Assemblée mondiale de la Santé. 7. La cellule mondiale de réflexion a notamment recommandé aux donateurs et aux organismes multilatéraux (entre autres l’OMS, l’ONUSIDA, la Banque mondiale et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme) de collaborer plus étroitement pour harmoniser le soutien 3

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financier et technique qu’ils apportent aux pays et le rendre conforme aux « Trois Principes », à la Déclaration de Rome sur l’harmonisation (2003) et à la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au développement (2005). 8. Fin octobre 2006, l’ONUSIDA avait aidé à mettre sur pied des équipes communes des Nations Unies chargées du sida dans 44 pays. L’OMS a joué un rôle actif dans ces équipes et a notamment participé à la programmation avec d’autres organismes et partenaires du système des Nations Unies. 9. La contribution de l’OMS à la mise en oeuvre des recommandations de la cellule mondiale de réflexion a principalement consisté à assurer une meilleure coordination entre les organismes multilatéraux, en ce qui concerne surtout le soutien technique aux pays. Présidant l’équipe mondiale mixte chargée de résoudre les problèmes et de soutenir la mise en oeuvre, l’OMS dirige les opérations visant à résoudre les difficultés rencontrées dans l’utilisation des subventions que reçoivent les programmes nationaux de lutte contre le VIH/sida. Les principaux membres de l’équipe sont l’OMS, le PNUD, l’UNICEF, le FNUAP, l’ONUSIDA, la Banque mondiale et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. L’équipe facilite l’analyse des difficultés dans les pays et l’élaboration de plans de soutien technique pour les résoudre. Une téléconférence ou visioconférence est organisée tous les mois avec les pays pour étudier leurs demandes de soutien technique. Les décisions concernant les organismes chargés d’apporter le soutien technique demandé sont prises selon le mécanisme de répartition des tâches dont il a été convenu.1 10. L’équipe mondiale a coordonné le soutien politique, technique et gestionnaire en y associant de près les groupes thématiques des Nations Unies sur le VIH/sida, les équipes des Nations Unies dans les pays et d’autres partenaires nationaux et internationaux. En mars 2007, elle avait fait une analyse rapide des obstacles à la mise en oeuvre des programmes dans 32 pays et facilité l’action dans 15 autres. Un soutien a été apporté dans les domaines de l’achat et de la gestion des approvisionnements, de la supervision et de la gestion des subventions, du suivi et de l’évaluation des difficultés systémiques que posent les politiques, les méthodes et les pratiques des organismes multilatéraux et de leurs partenaires. En novembre 2006, on a élargi l’équipe aux donateurs bilatéraux et aux partenaires de la société civile qui s’engagent pleinement aux côtés des membres de base pour surmonter les obstacles concernant l’utilisation des subventions par les programmes nationaux de lutte contre le VIH/sida. 11. Les travaux de l’équipe mondiale complètent le soutien technique fourni par l’ONUSIDA et ses coparrainants au niveau des Régions et des pays, par exemple par l’intermédiaire des organes de liaison spécialisés mis en place par l’OMS et ses partenaires ou par l’intermédiaire des dispositifs d’appui technique de l’ONUSIDA. L’OMS collabore également avec les responsables du plan d’aide d’urgence des Etats-Unis en matière de lutte contre le sida et de l’initiative BACKUP de GTZ pour harmoniser l’assistance technique apportée par les organismes bilatéraux avec l’action menée par le système des Nations Unies. L’OMS et le plan d’aide d’urgence en matière de lutte contre le sida, l’UNICEF, la Banque mondiale, l’ONUSIDA et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme assurent le coparrainage de la prochaine réunion des responsables de l’exécution pour le VIH/sida (Kigali, 16-19 juin 2007), qui a pour but d’échanger les données d’expérience issues de l’extension des programmes sur le VIH/sida. 12. Les pays faisant de plus en plus de demandes de soutien technique, on s’efforce d’obtenir un financement suffisant. Pendant l’exercice en cours, 79 % des fonds que l’OMS consacre au VIH/sida ont été distribués aux bureaux régionaux et bureaux de pays. L’OMS collabore également avec l’ONUSIDA et les autres organismes coparrainants pour mobiliser davantage de ressources destinées

1 Mécanisme ONUSIDA de répartition des tâches en matière d’appui technique. Synthèse et bien-fondé, ONUSIDA, août 2005.

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au soutien technique, en étudiant par exemple la possibilité de mettre davantage de crédits à disposition au niveau des pays dans le budget-plan de travail intégré de l’ONUSIDA. 13. Tout en contribuant aux efforts de coordination d’une manière générale, l’OMS soutient plus particulièrement l’action des pays contre le sida de façon à étendre les interventions clés du secteur de la santé et à se rapprocher le plus possible de l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien d’ici 2010. A la fin de 2006, 90 pays avaient fixé des cibles nationales sur la base des indicateurs proposés pour les résultats par l’ONUSIDA, dont 81 avaient fixé des cibles concernant le traitement et 84 des cibles concernant les résultats pour une intervention préventive au moins. L’OMS élabore actuellement des recommandations techniques pour la fixation de cibles en matière de traitement antirétroviral, de prévention de la transmission mère-enfant du VIH, de dépistage et de conseil, ainsi que de prévention, de traitement et de soins pour les toxicomanes par voie intraveineuse. Ces recommandations seront utiles aux pays qui n’ont pas encore fixé des cibles dans ces domaines ou qui souhaitent adopter une approche systématique pour fixer, revoir ou ajuster les cibles selon les interventions. 14. Le Conseil exécutif a examiné le rapport de situation ci-dessus à sa cent vingtième session, en janvier 2007.1

C.

RAPPORT MONDIAL SUR LA VIOLENCE ET LA SANTE : MISE EN OEUVRE DES RECOMMANDATIONS2

15. Dans sa résolution WHA56.24, l’Assemblée mondiale de la Santé a invité instamment les Etats Membres à faire connaître le Rapport mondial sur la violence et la santé, les a encouragés à établir un rapport sur la violence et la santé et a encouragé tous ceux qui ne l’avaient pas encore fait à désigner au ministère de la santé un centre de liaison pour la prévention de la violence. Elle priait également le Directeur général de coopérer avec les Etats Membres pour mettre en place des politiques et des programmes en vue de l’application des mesures destinées à prévenir la violence. 16. Depuis 2005, le nombre de pays où le rapport a été diffusé est passé de 40 à 52 ; le nombre de pays qui établissent un rapport national sur la violence et la santé est passé de quatre à 15 ; le nombre de centres de liaison a doublé et ils sont maintenant 100. Les pays suivants ont entrepris de nouvelles activités de prévention de la violence en collaboration avec l’OMS – recueil de données, travaux de recherche sur les coûts de la violence, évaluation des programmes de prévention, création d’instituts ou de groupes spéciaux nationaux de prévention, amélioration des services aux victimes : Afrique du Sud, Allemagne, Angola, Argentine, Belgique, Brésil, Canada, Colombie, Congo, El Salvador, Etats-Unis d’Amérique, Ex-République yougoslave de Macédoine, Fédération de Russie, Finlande, France, Guatemala, Honduras, Inde, Jamaïque, Jordanie, Kenya, Lettonie, Malaisie, Mongolie, Mozambique, Népal, Nicaragua, Ouganda, Philippines, Pérou, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, République-Unie de Tanzanie, Thaïlande et Yémen. 17. On a fait le point sur certaines de ces réalisations lors d’une réunion intitulée Milestones of a Global Campaign for Violence Prevention, la deuxième de ce type (San Francisco, Etats-Unis d’Amérique, 19 octobre 2005),3 et les progrès de l’Alliance pour la prévention de la violence ont été 1

Document EB119/2006-EB120/2007/REC/2, procès-verbal de la treizième séance de la cent vingtième session du Conseil, section 2. 2 3

Rapport mondial sur la violence et la santé. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2002.

Milestones of a global campaign for violence prevention 2005: changing the face of violence prevention. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2005.

5

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évalués. A la suite de cette évaluation, le Ministère belge de la Santé et l’OMS ont réuni les experts de 14 pays (Bruxelles, 19-20 juin 2006) pour discuter de l’orientation stratégique de l’Alliance. Il a été décidé de créer un groupe de travail de haut niveau sur l’action de sensibilisation à mener pour que la prévention de la violence devienne une priorité du développement dans le monde. 18. En 2005, le Comité régional de l’Europe a adopté la résolution EUR/RC55/R9, dans laquelle il demande instamment aux Etats Membres d’accorder un degré de priorité élevé à la prévention de la violence et des traumatismes. Les coordonnateurs de 34 Etats Membres de la Région ont ensuite tenu plusieurs réunions pour définir un objectif commun et concevoir un programme conjoint d’activités. Cette année, 100 coordonnateurs de 67 pays ont décidé, lors de la première réunion mondiale des coordonnateurs sanitaires pour la prévention des traumatismes et de la violence (Durban, Afrique du Sud, 31 mars-1er avril 2006), de créer un réseau pour échanger leurs informations et renforcer les politiques nationales de prévention de la violence. Lors d’une consultation ultérieure, une trentaine de ministres de la santé africains ou leurs délégués se sont engagés à accorder plus d’importance à la prévention de la violence dans les programmes et politiques sanitaires nationaux et, à titre d’action complémentaire, l’OMS a commencé à rédiger un rapport sur la violence et la santé en Afrique. 19. Au nombre des publications parues en 2005 et 2006 figurent l’Etude multipays de l’OMS sur la santé des femmes et la violence domestique à l’égard des femmes,1 Traumatismes et violence en Europe : leur importance et comment les combattre,2 une série de notes d’information sur la violence interpersonnelle et l’alcool,3 un module pour enseigner la prévention de la violence et des traumatismes,4 des lignes directrices à l’intention des décideurs et des planificateurs5 et un ouvrage pratique sur les systèmes de prise en charge des traumatismes avant hospitalisation.6 20. De concert avec le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme et l’UNICEF, l’OMS a fourni des données et apporté une contribution technique à l’Etude du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies sur la violence contre les enfants. Le rapport a été présenté à l’Assemblée générale le 11 octobre 2006. L’OMS y donnera principalement suite en soutenant les pays dans l’application du guide intitulé Preventing child maltreatment: a guide to taking action and generating evidence.7 21. En 2006, le Secrétariat a constitué un groupe spécial pour la prévention de la violence sexuelle et de la violence entre partenaires intimes, chargé d’établir un projet de plan d’action mondial pour la prévention de ce type de violence. Une consultation d’experts, qui se déroulera les 2 et 3 mai 2007, apportera des éléments pour l’élaboration du plan d’action.

Garcia-Moreno C, Jansen HAFM, Ellsberg M, Helse L, Watts C. Etude multipays de l’OMS sur la santé des femmes et la violence domestique à l’égard des femmes. Premiers résultats concernant la prévalence, les effets sur la santé et les réactions des femmes. Rapport succinct. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2005. 2 Sethi D, Racioppi F, Baumgarten I, Vida P. Injuries in Europe: why they matter and what can be done. Copenhague, Bureau régional OMS de l’Europe, 2006. 3 4 5

1

Disponibles à l’adresse http://www.who.int/violence_injury_prevention/violence/world_report/factsheets/en/index.html. Disponible à l’adresse http://www.who.int/violence_injury_prevention/capacitybuilding/teach_vip/en/index.html.

Schopper D, Lormand JD, Waxweiler R (Eds). Developing policies to prevent injuries and violence: guidelines for policy-makers and planners. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2006. Sasser S, Varghese M, Kellermann A, Lormand JD. Prehospital trauma care systems. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2005. 7 World Health Organization, International Society for Prevention of Child Abuse and Neglect. Preventing child maltreatment: a guide to taking action and generating evidence. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2006. 6

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22. La prévention de la violence ayant fait des progrès, les recommandations de l’OMS en la matière sont de plus en plus suivies au niveau des pays. Pour progresser encore, il faut mieux soutenir l’application des principes directeurs de l’OMS dans les pays, et notamment investir dans l’évaluation des résultats. Les réunions biennales faisant le point de la campagne mondiale de prévention de la violence permettent de stimuler le processus. La prochaine réunion aura lieu en juillet 2007 au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord. 23. Le Conseil exécutif a pris note du rapport de situation ci-dessus à sa cent vingtième session.1

D.

PROMOTION DE LA SECURITE ROUTIERE ET PREVENTION DES TRAUMATISMES DUS AUX ACCIDENTS DE LA CIRCULATION (résolution WHA57.10)

24. Dans sa résolution WHA57.10, l’Assemblée de la Santé a instamment prié les Etats Membres de mobiliser le secteur de la santé publique en désignant des points focaux pour prévenir et atténuer les répercussions des accidents de la circulation en coordonnant l’action de santé publique en matière d’épidémiologie, de prévention et de sensibilisation, et pour établir les liens nécessaires avec les autres secteurs. L’Assemblée de la Santé a accepté l’invitation de l’Assemblée générale des Nations Unies tendant à ce que l’OMS, agissant en étroite collaboration avec les commissions régionales des Nations Unies, assure la coordination pour les questions de sécurité routière au sein du système des Nations Unies. Elle a également prié le Directeur général de collaborer avec les Etats Membres à la mise sur pied de politiques de santé publique fondées sur des données scientifiques et de programmes d’application de mesures visant à prévenir les accidents de la circulation. 25. En application du mandat que lui a conféré l’Assemblée générale, l’OMS assure la coordination du Groupe des Nations Unies pour la collaboration en matière de sécurité routière, dont sont membres plus de 40 organisations gouvernementales et non gouvernementales, des donateurs, des organismes de recherche et des entreprises privées, et qui se réunit deux fois par an. Les membres de ce Groupe concentrent leurs efforts sur la mise en oeuvre des recommandations du Rapport mondial sur la prévention des traumatismes dus aux accidents de la circulation.2 Le Groupe s’emploie notamment à organiser des conférences régionales sur la sécurité routière, à lancer des actions de sensibilisation et à mettre en place un dispositif mondial sur la sécurité routière géré par la Banque mondiale. Un collectif de membres du Groupe prépare une série de manuels de bonne pratique en matière de prévention. 26. En 2006, un manuel visant à inciter les motocyclistes à porter un casque3 a été rédigé en plusieurs langues ; il a tout d’abord été présenté en République démocratique populaire lao, en Malaisie, en Thaïlande et au Viet Nam. D’autres ateliers sont prévus dans différents pays en 2007. Un second manuel consacré à la conduite en état d’ébriété devrait paraître en avril 2007. D’autres manuels concernant la collecte des données, la vitesse, les ceintures de sécurité et la création d’un organisme central chargé de la sécurité routière sont en préparation.

Voir le document EB119/2006-EB120/2007/REC/2, procès-verbal de la treizième séance de la cent vingtième session du Conseil, section 2. Rapport mondial sur la prévention des traumatismes dus aux accidents de la circulation. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2004. 3 2

1

Helmets: a road safety manual for decision-makers and practitioners. Genève, Organisation mondiale de la Santé,

2006.

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27. Trois importantes réunions régionales ont été organisées sur la sécurité routière1 avec l’appui de l’OMS ; on y a appelé l’attention sur la sécurité routière et insisté sur la nécessité d’agir. En outre, l’OMS a organisé en 2006 la première réunion mondiale et plusieurs réunions régionales de points focaux des ministères de la santé pour la prévention des traumatismes et de la violence. 28. L’OMS continue d’apporter son appui technique aux pays à revenu faible et intermédiaire pour qu’ils renforcent les systèmes de collecte de données intégrées sur des traumatismes dus aux accidents de la circulation, les programmes de prévention primaire et la prise en charge des urgences traumatologiques. 29. L’OMS contribue aussi au renforcement des capacités. En 2006, elle a publié un manuel de formation à la prévention des traumatismes dus aux accidents de la circulation2 utilisé dans plusieurs pays, et elle continue d’encourager la mise en oeuvre dans plus de 60 pays d’un programme de formation à la prévention des traumatismes dont des aspects essentiels traitent de la sécurité routière. Elle soutient également la recherche par la mise au point de méthodes permettant d’évaluer les taux de prévalence du port du casque et de la ceinture de sécurité dans les pays à revenu faible et intermédiaire et en apportant son appui technique et financier au Road Traffic Injuries Research Network (Réseau RTIRN), qui est un partenariat mondial pour la recherche sur les traumatismes dus aux accidents de la circulation dans les pays à revenu faible et intermédiaire. 30. Reconnaissant que l’amélioration des soins de traumatologie et d’urgence est un élément essentiel d’une prévention globale des traumatismes dus aux accidents de la circulation, l’OMS collabore avec un groupe de spécialistes à l’élaboration de lignes directrices dans ce domaine et à la promotion de leur mise en oeuvre. 31. En matière de sensibilisation, l’OMS travaille en collaboration avec les commissions régionales des Nations Unies pour préparer la première semaine mondiale de la sécurité routière des Nations Unies (23-29 avril 2007), en application de la résolution 60/5 de l’Assemblée générale. 32. Les actions visant à favoriser une prise de conscience, la préparation de lignes directrices et l’intégration aux mesures de politique générale des recommandations relatives à la prévention des traumatismes dus aux accidents de la circulation ont permis d’obtenir des résultats fort appréciables, mais ces activités doivent être renforcées. Les Etats Membres devraient continuer à privilégier l’amélioration de la collecte de données multisectorielles et les efforts de prévention, ainsi qu’il est préconisé dans le Rapport mondial sur la prévention des traumatismes dus aux accidents de la circulation.

E.

INCAPACITES, PREVENTION, COMPRIS (résolution WHA58.23)

TRAITEMENT

ET

READAPTATION

33. Pour donner effet à la résolution WHA58.23, un plan d’action sur les incapacités et la réadaptation a été élaboré pour la période 2006-2011 ;3 celui-ci comprend neuf éléments clés de nature à contribuer à la mise en oeuvre de la résolution. 34. Les travaux ont commencé en vue de l’établissement d’un rapport mondial sur les incapacités et la réadaptation : du personnel a été engagé et un comité de rédaction et un comité consultatif ont été 1 2 3

Dans les Régions de l’Afrique, de la Méditerranée orientale et des Amériques. Road traffic injury prevention: training manual. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2006. Document NMH/VIP/DAR/2005.1.

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créés. Le comité de rédaction, composé de neuf experts provenant de différentes Régions, a fixé les objectifs et décidé du public à cibler, des modalités rédactionnelles, de la structure du projet et des principaux éléments du rapport. Le projet de rapport sera examiné lors de consultations régionales qui se tiendront en 2008 ; le rapport devrait paraître en 2009. Les données et la terminologie relatives aux incapacités et à la réadaptation appelées à figurer dans le rapport ont été définies. 35. Afin d’aider les pays à renforcer leurs programmes nationaux de réadaptation, deux projets de lignes directrices ont été établis concernant la fourniture de fauteuils roulants à entraînement manuel en milieu défavorisé et sur l’approche communautaire de la réadaptation. Le premier, qui vise à encourager la fabrication, la distribution et l’entretien de fauteuils roulants, a été examiné lors d’une réunion d’experts (Bangalore, Inde, 6-11 novembre 2006) et sera publié en 2007. Le second fera l’objet d’essais sur le terrain et d’un examen collégial en 2007 en vue d’une publication en 2008. Des organismes du système des Nations Unies, des organisations non gouvernementales et des organisations de personnes handicapées sont associés à la préparation de ces lignes directrices. 36. Une réunion interpays (Le Caire, 2-4 mai 2006) s’est penchée sur la mise en oeuvre des règles des Nations Unies pour l’égalisation des chances des handicapés en matière de santé dans la Région de la Méditerranée orientale. 37. Lors du premier congrès consacré à une approche communautaire de la réadaptation tenu à l’échelle continentale (Santiago, 22-24 novembre 2006), des participants venus de 15 pays d’Amérique latine ont fait part de leurs expériences et des enseignements tirés des efforts faits pour que les personnes handicapées jouissent de l’égalité et participent pleinement à la vie de la société. A l’issue de ce congrès, on a entrepris de mettre en place un réseau latino-américain destiné à améliorer la coordination de la réadaptation à base communautaire. 38. L’OMS a fourni un appui technique en vue de renforcer les services nationaux de réadaptation dans des pays des Régions de l’Afrique et de la Méditerranée orientale. Elle a également lancé deux projets de recherche interpays en collaboration avec divers partenaires universitaires et institutionnels : l’un porte sur le coût/efficacité des interventions médicales de réadaptation et leur impact sur la lutte contre la pauvreté, et l’autre sur les effets de la technologie d’assistance sur l’atténuation de la pauvreté. 39. Un module sur les incapacités et la réadaptation a été ajouté au programme TEACH-VIP, qui est un programme informatique complet sur la prévention et le traitement des traumatismes mis au point pour former toutes sortes d’intervenants travaillant sur le terrain. En juin 2007, un programme de formation de formateurs sera dispensé en République islamique d’Iran à l’intention de gestionnaires de projets de réadaptation à base communautaire. 40. L’OMS a participé activement aux réunions du comité spécial chargé d’élaborer la Convention pour la promotion et la protection des droits des handicapés adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 13 décembre 2006. L’OMS continuera de fournir aux Etats Membres les informations et conseils voulus pour la mise en oeuvre de cette Convention. 41. Le Conseil exécutif a examiné une version antérieure du rapport de situation ci-dessus à sa cent dix-huitième session en mai 2006.1

1 Voir le document EBSS-EB118/2006/REC/1, procès-verbal de la quatrième séance de la cent dix-huitième session, section 5.

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F.

PREVENTION ET LUTTE ANTICANCEREUSES (résolution WHA58.22) : CANCER DU COL DE L’UTERUS

42. Bien que pouvant être évité, le cancer du col de l’utérus est courant : on a recensé en 2005 jusqu’à 500 000 nouveaux cas et 257 000 décès, dont plus de 90 % dans les pays à faible ou moyen revenu, où les services de dépistage, de traitement et de soins palliatifs sont souvent insuffisants, voire inexistants. D’après les projections de l’OMS, le nombre de décès par cancer du col atteindra 320 000 en 2015 et 435 000 en 2030. Le cancer du col utérin est dû à une infection sexuellement transmissible courante par les types oncogènes de papillomavirus (HPV). La pathogenèse peut s’étendre sur 10 à 20 ans, avec successivement lésions précancéreuses, cancer invasif et décès. 43. En application des résolutions WHA57.12 sur la santé génésique et WHA58.22 sur la prévention et la lutte anticancéreuses, le Secrétariat a conçu un plan d’action contre le cancer du col de l’utérus selon une approche globale qui regroupe la prévention primaire, la détection et le dépistage précoces, le traitement et les soins palliatifs sous l’égide des programmes nationaux de lutte anticancéreuse,1 que l’OMS s’attache à promouvoir en partenariat avec de grands acteurs, au nombre desquels le FNUAP et l’AIEA. 44. Egalement en application de la résolution WHA58.22, l’OMS recommande de lutter contre le cancer du col de l’utérus,2 par la promotion de l’usage du préservatif et le dépistage systématique afin de déceler les lésions précancéreuses et le cancer invasif et d’assurer une bonne prise en charge. Le dépistage du cancer du col par cytologie s’est avéré un bon moyen de réduire l’incidence et la mortalité, mais il nécessite une infrastructure sanitaire appropriée, des ressources techniques et un système bien défini d’orientation vers les services thérapeutiques. Les autres techniques de dépistage plus adaptées aux pays qui ont peu de ressources telles que l’examen visuel du col après application d’acide acétique, suivi d’une cryothérapie, sont actuellement à l’étude3 et, toujours en application de la résolution WHA58.22, un programme de recherche opérationnelle a été entrepris en vue de recourir à ces techniques dans différents pays africains. 45. Ainsi qu’il était demandé également dans la résolution WHA58.22, on s’est attaché à promouvoir la recherche sur la mise au point de vaccins contre le cancer du col de l’utérus. Le nouveau vaccin anti-HPV ainsi qu’un autre vaccin faisant l’objet de tests cliniques avancés permettent de prévenir 65 à 76 % des infections et des lésions dues aux papillomavirus, selon la prévalence locale des types oncogènes.4 On a recensé plusieurs défis à relever concernant la mise en oeuvre ainsi que des lacunes en matière de recherche.4,5 Il faut mettre au point de nouvelles stratégies de prestation, notamment des stratégies intégrant les vaccins anti-HPV aux programmes existants en matière de prévention du cancer, de santé sexuelle et génésique, de santé des adolescents et de vaccination. Ainsi, les programmes de vaccination systématique actuels de l’OMS visent principalement les enfants de moins d’un an alors que le vaccin anti-HPV est destiné aux préadolescentes et que la couverture vaccinale pourrait par la suite être étendue aux garçons. Il est donc probable que le coût de la mise en

1 Cancer control knowledge into action. WHO guide for effective programmes: Module 1 – Planning. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2006.

Comprehensive cervical cancer control. A guide to essential practice. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2006. 3 4

2

Cervix cancer screening. IARC Handbooks of cancer prevention Vol. 10. Lyon, IARC Press, 2005.

OMS, FNUAP. Phase préparatoire à l’instauration de la vaccination antipapillomavirus : directives stratégiques et programmatiques à l’intention des pays. Genève, Organisation mondiale de la Santé, sous presse. 5 Human papillomavirus and HPV vaccine: key technical information. Genève, Organisation mondiale de la Santé, sous presse.

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oeuvre sera supérieur, à quoi il faut ajouter le prix élevé du vaccin lui-même, même si, vraisemblablement, les fabricants pratiqueront des prix différentiels ; en outre, des dispositifs doivent être mis en place pour accélérer l’adoption de prix abordables. L’utilisation du vaccin touche de surcroît à des questions sensibles comme le comportement sexuel, les infections sexuellement transmissibles et les cancers génitaux, ce qui ne facilite pas la mise en oeuvre. Enfin, tout financement durable des futurs programmes de vaccination anti-HPV doit prévoir le financement des programmes de dépistage, car 10 ou 30 ans s’écouleront peut-être avant que la vaccination ait un effet mesurable sur l’incidence du cancer et la mortalité qui lui est imputable. 46. La décision d’instaurer ou non la vaccination anti-HPV dépendra des politiques nationales conçues en fonction de la charge du cancer du col, du risque d’exposition aux papillomavirus humains, du rapport coût/efficacité des interventions et des stratégies de mise en oeuvre. L’introduction de la vaccination anti-HPV offre aussi des occasions de renforcer la vaccination après l’âge d’un an, notamment au moyen de rappels et de l’administration de nouveaux vaccins aux enfants et adolescents, ainsi que d’apporter d’autres interventions en faveur de la santé de cette classe d’âge. Le suivi et l’évaluation à l’aide des registres du cancer sont des éléments essentiels de tout programme de lutte contre le cancer du col de l’utérus. L’accès universel et équitable aux services de prévention, de dépistage, de traitement et de soins palliatifs sera indispensable pour réduire la charge du cancer du col dans le monde. 47. Le Conseil exécutif a pris note du rapport ci-dessus à sa cent vingtième session.1

G.

ELIMINER DURABLEMENT LES TROUBLES DUS A UNE CARENCE EN IODE (résolution WHA58.24)

48. Au cours des deux dernières années, des progrès ont été faits vers l’élimination des troubles dus à une carence en iode, et le nombre d’Etats Membres où ceux-ci représentent un problème de santé publique continue de diminuer. Au cours de cette période, 41 pays ont communiqué de nouvelles données nationales. Depuis 1993, le nombre de pays disposant d’estimations nationales est passé de moins de 10 à 75 en 2004 et à 94 en 2006, et les données dérivées d’enquêtes sur les carences en iode couvrent désormais 91,1 % de la population mondiale.2 Soixante-trois pays, représentant 8,9 % de la population mondiale, ne disposent d’aucune donnée. Dans 47 des 130 pays pour lesquels des estimations sont disponibles à l’échelon national ou sous-national, les troubles dus à une carence en iode continuent de poser un problème de santé publique, contre 54 en 2004 et 126 en 1993. L’apport d’iode est « suffisant » ou « supérieur aux apports de nutriments recommandés » dans 76 pays, et « excessif » dans sept pays,3 ce qui fait courir des risques d’hyperthyroïdie aux groupes les plus vulnérables. La population affectée, en pourcentage de l’ensemble de la population, a diminué de 4,6 % en 2006 par rapport à 2004, mais le nombre de personnes consommant de l’iode en quantité insuffisante est demeuré stable (environ 2 milliards), les Régions les plus affectées continuant d’être l’Asie du Sud-Est et l’Europe.

1 Voir le document EB119/2006-EB120/2007/REC/2, procès-verbal de la treizième séance de la cent vingtième session du Conseil, section 2, et procès-verbal de la huitième séance, section 2. 2 Les enquêtes portent sur les enfants d’âge scolaire, groupe d’âge servant d’indicateur supplétif pour l’ensemble de la population lorsqu’il s’agit d’évaluer les troubles dus à une carence en iode.

Les pays sont divisés en trois groupes : « apport d’iode suffisant » (entre 100 et 199 µg/l), « supérieur à l’apport recommandé » (UI 200-299 µg/l) et « apport d’iode excessif » (UI >300 µg/l), c’est-à-dire supérieur à la quantité nécessaire pour prévenir et guérir les troubles dus à une carence en iode.

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49. La stratégie de choix pour lutter contre les troubles dus à une carence en iode est l’iodation universelle du sel. Pour les collectivités à haut risque ayant peu de chances d’avoir accès à du sel iodé, on recommande l’iodation de l’huile, en particulier pour les groupes vulnérables tels que les femmes enceintes et les jeunes enfants. On estime que 70 % des ménages dans le monde ont accès à du sel iodé ; cette proportion est supérieure à 90 % dans 33 pays,1 contre 28 en 2004. Dans la plupart des pays, l’utilisation de sel iodé dans les produits alimentaires transformés n’est ni obligatoire, ni réglementée. 50. Les programmes de lutte contre les carences en iode doivent absolument avoir des effets durables, si bien que les activités de suivi et d’évaluation de l’impact en sont un élément essentiel afin de s’assurer que les interventions sont à la fois efficaces et sans danger. On dispose de nouveaux outils pour assurer le suivi des programmes ; c’est ainsi que l’on fait appel à de nouvelles données de référence pour déterminer la taille du goitre par échographie et à des épreuves utilisables sur le terrain pour mesurer la concentration sérique en thyroglobuline. En outre, un groupe d’experts convoqué par l’OMS, l’UNICEF et les Centers for Disease Control and Prevention (Etats-Unis d’Amérique) a fait des recommandations en vue d’améliorer la fiabilité des nécessaires d’épreuves utilisés pour contrôler la teneur en iode du sel. Les lignes directrices relatives aux indicateurs à utiliser pour évaluer et suivre les programmes de lutte ont récemment été révisées. Depuis 2001, 17 programmes nationaux ont été examinés par l’OMS et l’UNICEF avec l’appui technique du Conseil international pour la Lutte contre les Troubles dus à une Carence en Iode, afin de mesurer les progrès accomplis vers l’objectif fixé en matière d’élimination des troubles dus à une carence en iode.2 51. L’expérience acquise dans différents pays montre que l’application d’une législation sur l’iodation du sel et la collaboration entre secteurs sont également importantes si l’on veut que les programmes de lutte aient une efficacité durable. Parmi les pays où les troubles dus à une carence en iode constituent un problème de santé publique, la plupart (81 %) ont mis en place un organe national intersectoriel. Le réseau mondial pour l’élimination durable de la carence en iode, créé en vue d’appuyer les efforts des pays en favorisant la collaboration entre les secteurs public et privé et entre les organisations scientifiques et celles de la société civile, a organisé des conférences régionales3 en vue de mobiliser les différentes parties prenantes et de renforcer la coopération entre elles. Le réseau participe également à l’examen des programmes nationaux et est en train d’élaborer un plan de communication destiné à appeler l’attention des décideurs et des autorités de santé publique sur l’importance des carences en iode. 52. Au cours des deux dernières années, les actions entreprises pour lutter contre la carence en iode se sont poursuivies, le but étant de soutenir les programmes de lutte dans les 76 pays où l’apport en iode est suffisant, d’améliorer le suivi dans les sept pays où il est excessif et de renforcer les programmes dans les 47 autres pays où cette carence subsiste. Les principales difficultés sont liées à un défaut de suivi des programmes, à des concentrations insuffisantes d’iode dans le sel, aux difficultés rencontrées pour fournir du sel iodé aux populations les plus vulnérables, à l’absence d’une réelle volonté de la part de l’industrie du sel et à une mauvaise application de la législation pertinente.

1 Argentine, Arménie, Belize, Bhoutan, Bolivie, Bulgarie, Burundi, Chili, Chine, Colombie, Costa Rica, Croatie, Equateur, Ex-République yougoslave de Macédoine, Iran (République islamique d’), Jamahiriya arabe libyenne, Jamaïque, Kenya, Liban, Lesotho, Mexique, Nicaragua, Nigéria, Ouganda, Panama, Pérou, Rwanda, Saint-Kitts-et-Nevis, Sri Lanka, Tunisie, Turkménistan, Venezuela (République bolivarienne du), Zimbabwe. 2 Dans les pays suivants : Arménie, Bhoutan, Bulgarie, Cambodge, Chine, Ex-République yougoslave de Macédoine, Haïti, Indonésie, Malaisie, Mongolie, Nigéria, Panama, Pérou, République populaire démocratique lao, Thaïlande, Turkménistan, Viet Nam. 3 Au Sénégal (Dakar, 2004), au Pérou (Lima, 2003) et en Chine (Beijing, 2003), conférences parrainées notamment par l’OMS et l’UNICEF.

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53. Une liste des pays où l’apport d’iode a été suffisant ou supérieur aux apports recommandés pour la période 1993-2006 est disponible sur demande.

H.

VIEILLIR EN RESTANT ACTIF ET EN BONNE SANTE : RENFORCEMENT DE L’ACTION (résolution WHA58.16)

54. Dans sa résolution WHA58.16, l’Assemblée de la Santé a prié le Directeur général d’entreprendre et de soutenir plusieurs activités afin de renforcer l’action menée par l’OMS pour aider les personnes âgées à rester actives et en bonne santé, et de faire rapport à la Soixantième Assemblée mondiale de la Santé, par l’intermédiaire du Conseil exécutif, sur les progrès accomplis. 55. Le Secrétariat a pris des initiatives associant les Etats Membres et des organisations professionnelles, universitaires et non gouvernementales pour sensibiliser l’opinion partout dans le monde aux problèmes de santé publique liés au vieillissement. Le projet intersectoriel « villes amies des personnes âgées », auquel participent 27 villes de 18 pays,1 prévoit par exemple un protocole commun de recherche qualitative consistant à demander aux personnes âgées de définir les interventions prioritaires qui pourraient rendre leur environnement urbain plus accueillant. 56. L’OMS contribue à la mise en oeuvre du Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement (2002) en suivant le cadre d’orientation qu’elle a défini et d’après lequel vieillir en restant actif consiste à « optimiser les possibilités de bonne santé, de participation et de sécurité afin d’accroître la qualité de la vie pendant la vieillesse ».2 Les principes et recommandations figurant dans ce document ont été adoptés par les Etats Membres et les grandes organisations universitaires, professionnelles et non gouvernementales. Le cadre suit une approche qui couvre l’existence tout entière et qui prend en compte le vieillissement à tous les stades de la vie au lieu de considérer les personnes âgées comme un groupe à part. De ce fait, la question du vieillissement a été mieux intégrée dans toutes les activités et tous les programmes de l’OMS. 57. L’OMS collabore avec les instituts universitaires et les instances gouvernementales de l’Australie, du Brésil, du Canada, du Costa Rica, de l’Espagne, de la Jamaïque, de Singapour et de la Turquie qui développent les services de soins de santé primaires pour répondre aux besoins des personnes âgées. Grâce à cette collaboration, des documents énonçant des principes et incitant à agir dans les domaines des compétences de base, de l’environnement physique et des procédures administratives ont été largement distribués. Un module sur les moyens de rendre les centres de santé primaires plus accueillants pour les personnes âgées est actuellement expérimenté dans cinq des pays précités. 58. L’OMS a réalisé dans 18 pays une étude qualitative et quantitative à plusieurs degrés sur la réaction intégrée des systèmes de santé au vieillissement rapide de la population dans les pays en développement. L’étude était axée sur le renforcement des capacités, l’échange Sud-Sud de modèles et de données d’expérience, l’adoption d’approches « ascendantes », l’élaboration et la mise en oeuvre des politiques. 59. L’étude de l’OMS sur le vieillissement et la santé des adultes dans le monde a été conçue dans le but de mettre au point des méthodes d’enquête valables, fiables et comparables pour étudier l’état de

1 Allemagne, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Costa Rica, Espagne, Fédération de Russie, Inde, Irlande, Jamaïque, Japon, Mexique, Pakistan, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, Suisse et Turquie. 2

Document WHO/NMH/NPH/02.8.

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santé et le bien-être des personnes âgées dans six pays.1 C’était la première enquête internationale pluridimensionnelle en communauté sur le vieillissement ; les instruments qu’elle a permis de mettre au point devraient pouvoir être utilisés pour d’autres études ailleurs dans le monde. 60. Pour utiliser au mieux des ressources comptées, le Secrétariat, y compris le personnel des bureaux régionaux et des bureaux de pays, s’est concentré sur quelques projets touchant à des aspects prioritaires et pourtant négligés. De nature intersectorielle, les travaux sont menés en collaboration avec d’autres institutions spécialisées du système des Nations Unies et des organisations non gouvernementales internationales. Ils portent notamment sur les personnes âgées dans les situations d’urgence ; la prévention des chutes ; les femmes, le vieillissement et la santé selon des critères de sexe ; le contenu minimum du programme d’études des professionnels de la santé sur le vieillissement ; et les personnes âgées en tant qu’auxiliaires de vie dans le contexte des épidémies de sida en Afrique. 61. Le Conseil exécutif a examiné le rapport ci-dessus à sa cent vingtième session, réaffirmé son soutien en faveur de la résolution et exprimé sa satisfaction devant son application.2

I.

PREPARATION AUX SITUATIONS D’URGENCE ET ORGANISATION DES SECOURS (résolution WHA59.22)

62. Dans sa résolution WHA59.22, l’Assemblée de la Santé a prié le Directeur général d’apporter aux Etats Membres l’appui dont ils ont besoin pour renforcer les programmes du secteur de la santé pour la préparation aux situations d’urgence et l’organisation des secours, aux niveaux tant national que local, en collaboration avec les organisations compétentes du système des Nations Unies et d’autres partenaires, et d’informer la Soixantième Assemblée mondiale de la Santé, par l’intermédiaire du Conseil exécutif, des progrès accomplis dans la mise en oeuvre de cette résolution. 63. L’OMS vient de mettre la dernière main à une stratégie de préparation aux situations d’urgence et de réduction des risques s’étendant sur cinq ans et axée sur le secteur de la santé et le développement du potentiel communautaire. Quatre domaines prioritaires ont été définis : 1) l’institutionnalisation des programmes de préparation aux situations d’urgence au sein des ministères de la santé ; 2) le développement des ressources humaines ; 3) le développement des services nationaux de secours médical et sanitaire dans les situations d’urgence et en cas de catastrophe subite ; et 4) l’appui aux initiatives communautaires. 64. Afin que les Etats Membres puissent mieux faire face aux situations d’urgence, l’OMS a entrepris de rédiger, d’après les conclusions d’une consultation d’experts organisée en septembre 2006, des lignes directrices concernant les aspects techniques et gestionnaires de la prise en charge d’un grand nombre de victimes. Elle a pris d’autres initiatives, et notamment formulé des recommandations pour la prise en charge des maladies chroniques et pour la santé maternelle et infantile dans les situations d’urgence.

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Afrique du Sud, Chine, Fédération de Russie, Ghana, Inde et Mexique.

Voir le document EB119/2006-EB120/2007/REC/2, procès-verbal de la treizième séance de la cent vingtième session du Conseil, section 2.

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65. Une évaluation mondiale de l’état de préparation des Etats Membres aux situations d’urgence est en cours. La phase I, qui porte sur 60 pays, est achevée ; la phase II a débuté en novembre 2006. Le rapport sera présenté en mars 2007. 66. Une initiative pour la sécurité des hôpitaux est en cours d’élaboration en perspective de la campagne qui sera menée dans la même optique en 2008-2009. Conçue en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies dans le cadre de sa stratégie internationale de prévention des catastrophes naturelles et avec la Banque mondiale, elle s’inscrira dans le cadre d’action de Hyogo.1 67. L’OMS est un membre actif du Comité permanent interorganisations des Nations Unies et du Comité exécutif des Nations Unies pour les affaires humanitaires, un partenaire actif du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, et elle participe au processus de réforme de l’action humanitaire. Elle est le chef de file du groupe santé du Comité permanent interorganisations, elle copréside les groupes spéciaux de ce même Comité sur les aspects sexospécifiques de l’assistance humanitaire et sur la santé mentale et le soutien psychosocial, et elle participe à son groupe de travail spécial sur le renforcement du système de coordonnateurs humanitaires. Elle applique, en coordination avec d’autres partenaires de la santé, un plan d’action pour le groupe santé du Comité permanent, plan qui couvre la formation, l’évaluation commune des besoins sanitaires, un module de riposte et de gestion sanitaire coordonnées et le service de suivi de la situation sanitaire et nutritionnelle. 68. Le service de suivi santé et nutrition a fait l’objet de consultations détaillées avec les principaux acteurs. Le projet définitif a été approuvé par les groupes santé et nutrition du Comité permanent interorganisations et accueilli favorablement par son groupe de travail. De nombreux échanges ont eu lieu depuis lors avec des partenaires éventuels. Il a été proposé de tenir la première réunion du comité d’orientation du service de suivi en mars 2007. La mise en oeuvre commencera au cours du premier semestre 2007. 69. L’approche du groupe santé a été appliquée au Liban, au Mozambique et aux Philippines ; elle est actuellement en train d’être adoptée au Libéria, en Ouganda, en République démocratique du Congo et en Somalie. 70. L’OMS a collaboré avec la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à la mise sur pied d’un système de suivi et d’évaluation des opérations de relèvement après le tsunami en Asie du Sud-Est. 71. Dans la Corne de l’Afrique, l’OMS a contribué à faire du secteur de la santé un des principaux bénéficiaires du nouveau Fonds central d’urgence afin de répondre aux besoins humanitaires des communautés les plus vulnérables à Djibouti, en Erythrée, en Ethiopie, au Kenya et en Somalie. La bonne utilisation qui a été faite des subventions dans ces pays a permis au Fonds de venir en aide à 20 pays au total dans le monde, dont 13 dans la Région africaine, en leur octroyant des subventions pour secours rapides et financement d’urgence. 72. L’OMS participe aux mécanismes de logistique et de gestion des approvisionnements communs à tout le système des Nations Unies : elle participe au groupe logistique du Comité permanent interorganisations, au Centre logistique commun des Nations Unies et à l’élaboration du système d’approvisionnement logistique. En 2006, les négociations ciblées engagées avec le PAM ont débouché sur des accords bilatéraux prévoyant, d’une part, un accès privilégié aux moyens logistiques du PAM quand l’OMS doit mener de vastes opérations d’urgence et, d’autre part, l’exploitation 1 Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015 : Pour des nations et des collectivités résilientes face aux catastrophes, adopté à la Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes (Kobe, Japon, 18-22 janvier 2005).

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commune des cinq centres logistiques régionaux à des fins sanitaires, et sur un projet commun de mobilisation de ressources extérieures. Les deux parties ont signé les accords techniques en novembre 2006. 73. Le Conseil exécutif, à sa cent vingtième session en janvier 2007, a pris note du rapport de situation.1

J.

REDUCTION DE LA MORTALITE PAR ROUGEOLE DANS LE MONDE

74. Dans la résolution WHA56.20, l’Assemblée de la Santé a souligné qu’il était important d’atteindre l’objectif consistant à réduire de moitié d’ici 2005, par rapport à 1999, le nombre des décès dus à la rougeole. Les activités menées dans le but de réduire la mortalité par rougeole sont concentrées sur 47 pays prioritaires où sont enregistrés environ 98 % de tous les décès par rougeole au niveau mondial. 75. La mortalité par rougeole a reculé dans le monde puisque, d’environ 873 000 décès en 1999, on était passé à 345 000 en 2005 – soit une réduction de 60 % (voir Figure 1). L’objectif consistant à réduire de moitié le nombre des décès par rougeole a été non seulement atteint mais dépassé, et les chiffres montrent que 2,3 millions de décès ont pu être évités grâce à des efforts accélérés de lutte contre la maladie. En Afrique, Région où la rougeole fait peser la plus lourde charge de morbidité, le nombre des décès dus à la rougeole a diminué de 75 % puisqu’il est passé d’environ 506 000 en 1999 à 126 000 en 2005. 76. Sur la même période 1999-2005, la couverture de la vaccination antirougeoleuse systématique a augmenté dans le monde, passant de 71 % à 77 %, encore que les taux de couverture varient sensiblement d’une région géographique à l’autre. De plus, il y a eu une augmentation marquée du nombre des pays donnant à tous les enfants une deuxième occasion d’être vaccinés contre la rougeole : en septembre 2006, 175 (91 %) Etats Membres avaient donné aux enfants cette deuxième occasion, contre 125 (65 %) en 1999. Parmi les 47 pays prioritaires, 37 (79 %) avaient à cette date mené à bien des campagnes nationales de rattrapage. 77. Cette remarquable victoire dans le domaine de la santé publique est la résultante directe de plusieurs facteurs : • ferme volonté politique au niveau national, et ardeur à la tâche des gouvernements et de leurs partenaires pour améliorer l’accès à la vaccination systématique des enfants ; • organisation de campagnes nationales de vaccination antirougeoleuse par les pays où cette maladie fait peser une lourde charge de morbidité et où plus de 360 millions d’enfants ont été vaccinés contre la rougeole au cours de la période 2000-2005 ; • fourniture d’un appui technique et financier par les partenaires de l’initiative contre la rougeole ;2

1 Voir le document EB119/2006-EB120/2007/REC/2, procès-verbal de la treizième séance de la cent vingtième session du Conseil, section 2.

Les principaux partenaires de l’initiative contre la rougeole sont l’OMS, l’UNICEF, la Croix-Rouge américaine, les Centers for Disease Control and Prevention (Atlanta, Géorgie, Etats-Unis d’Amérique) et la Fondation pour les Nations Unies.

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• intensification de la surveillance, avec confirmation en laboratoire des cas présumés de rougeole. 78. L’objectif est maintenant, à partir de ces résultats, de réduire la mortalité par rougeole dans le monde de 90 % d’ici 2010, par rapport aux taux de 2000.1 Pour y parvenir, plusieurs problèmes devront être surmontés moyennant les mesures suivantes : • il faut intensifier les efforts pour qu’au moins 90 % de chaque cohorte de naissances soit vaccinée contre la rougeole selon le calendrier de vaccination national ; d’après les estimations de l’OMS et de l’UNICEF, plus de 29 millions d’enfants d’un an n’avaient pas reçu de dose de vaccin antirougeoleux des services de vaccination systématique en 2005 (voir Figure 2) ; • les pays très peuplés qui continuent à enregistrer de nombreux décès dus à la rougeole devraient mener des campagnes nationales de rattrapage pour réduire la mortalité par rougeole ; • les pays hautement prioritaires doivent continuer à mener des campagnes de vaccination de suivi tous les trois ou quatre ans jusqu’à ce que leurs systèmes de vaccination systématique soient en mesure de donner aux enfants deux occasions d’être vaccinés contre la rougeole ; • la surveillance de terrain, avec confirmation en laboratoire des cas présumés de rougeole, devra être étendue à tous les pays prioritaires pour permettre un contrôle efficace. 79. Pour arriver à réduire de 90 % la mortalité par rougeole dans le monde d’ici 2010, il faudra susciter durablement un engagement politique actif dans les pays à forte charge de morbidité, et les partenaires internationaux devront maintenir leur appui. Outre les contributions des pays, un montant de US $479 millions est nécessaire pour atteindre le but fixé pour 2010 ; sur ce total, US $147 millions ont été mobilisés par l’intermédiaire du Dispositif international de financement des vaccinations et US $80 millions supplémentaires ont été promis par des partenaires de l’initiative contre la rougeole. 80. Le Conseil exécutif a pris note du rapport de situation ci-dessus à sa cent vingtième session.2

1 L’objectif consistant à réduire la mortalité par rougeole à l’échelle mondiale de 90 % au plus tard en 2010 est inscrit dans « La vaccination dans le monde : vision et stratégie pour 2006-2015 », ce dont s’est félicitée l’Assemblée de la Santé dans la résolution WHA58.15. 2 Voir le document EB119/2006-EB120/2007/REC/2, procès-verbal de la treizième séance de la cent vingtième session du Conseil, section 2.

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K.

RESEAU DE METROLOGIE SANITAIRE

81. Le Réseau de métrologie sanitaire, réseau d’un genre nouveau entre fournisseurs et utilisateurs d’information sanitaire créé lors de la Cinquante-Huitième Assemblée mondiale de la Santé en mai 2005, a pour vocation de mettre à disposition en temps voulu des données sanitaires exactes aux niveaux infranational, national et mondial afin qu’il en soit fait une plus grande utilisation. Il compte parmi ses membres des ministères de la santé, des offices nationaux de statistique, des organisations du système des Nations Unies, des banques de développement, des partenariats mondiaux pour la santé, des donateurs et des experts techniques. 82. Le Réseau a pour principaux objectifs : • de définir un cadre, c’est-à-dire une série de normes pour les systèmes d’information sanitaire, la production de données et les capacités analytiques, ainsi que des principes directeurs pour la création de systèmes nationaux d’information sanitaire ; • d’appliquer le cadre au niveau des pays en mobilisant un appui technique et financier pour faciliter l’instauration de systèmes d’information sanitaire ou leur perfectionnement ; • d’élaborer des politiques et de prendre des mesures incitatives pour faciliter l’accès à l’information et faire en sorte qu’elle soit mieux utilisée aux niveaux local, régional et mondial. 83. Un premier projet de cadre a été établi en 2005 en collaboration avec les pays, les partenaires techniques et les organismes d’aide au développement. Il reflète de façon dynamique les meilleures pratiques en matière d’information sanitaire auxquelles les partenaires adhèrent et adaptent déjà leur assistance dans le domaine statistique. L’expérience acquise grâce à cette coopération aidera à perfectionner le cadre. 84. Après la création du Réseau, les demandes d’appui des Etats Membres souhaitant mettre en place des systèmes d’information sanitaire se sont multipliées. Quarante pays ont reçu une aide du Réseau à l’issue de la première série d’appels à propositions et 25 autres après la deuxième série. La plupart des propositions émanent de pays à revenu faible ou moyen (tranche inférieure) qui ont grand besoin d’informations fiables pour prendre des décisions mais manquent de moyens techniques et financiers. Les subventions servent à mobiliser un soutien politique, technique et financier et à dresser des plans chiffrés exhaustifs, qui définissent des priorités et prévoient un budget, pour développer les systèmes d’information sanitaire. 85. Le Réseau est censé définir et appliquer des stratégies pour remédier au manque de ressources pour certains éléments du système d’information sanitaire. Des principes directeurs pour la surveillance démographique et le recueil de données sur des échantillons de population ainsi que des méthodes harmonisées d’autopsie verbale permettront aux pays de s’acheminer vers des statistiques d’état civil complètes et universelles. Les méthodes permettant de recueillir de bonnes données en population au niveau infranational renforceront la position des responsables de district et contribueront à une plus grande équité. Les instruments permettant de mesurer le fonctionnement des systèmes de santé (par exemple la disponibilité et la répartition des ressources humaines, matérielles et financières pour la santé) permettront de mieux prévoir les besoins sanitaires. 86. L’utilisation du cadre a montré qu’un bon système d’information sanitaire devait avoir une structure plus élaborée. Le cadre sera donc élargi pour tenir compte de la relation entre l’offre et la demande d’information, des liens entre indicateurs et sources de données, de la fréquence de la 19

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collecte et de la décomposition des données, et des moyens de faciliter la circulation de l’information entre indicateurs et sources de données. On étudiera aussi les cadres de politique générale, les mécanismes institutionnels et les compétences en matière de « leadership » nécessaires pour convertir les données en information et fonder les décisions sur le savoir acquis. 87. Il faudrait que, d’ici à 2011, le cadre soit la norme universelle pour la collecte, la présentation et l’utilisation des informations sanitaires. Pour cela, il faut prendre un engagement politique résolu et chercher à établir un consensus. D’importants progrès ont déjà été obtenus. Des partenaires tels que la Banque mondiale, les banques régionales de développement et le Partenariat statistique au service du développement au XXIe siècle (PARIS 21) ont adopté le cadre comme composante sectorielle de stratégies statistiques plus larges. Au niveau des pays, les ministères de la santé, départements de statistique et partenaires du développement s’attachent à intégrer les systèmes d’information sanitaire aux stratégies nationales d’établissement des statistiques. 88. L’OMS assure le secrétariat du Réseau et facilite la collaboration entre ceux qui participent au renforcement des systèmes de santé, à la production et à l’utilisation de l’information sanitaire. Par exemple, le Comité régional OMS de l’Asie du Sud-Est a instamment invité les Etats Membres à envisager de se servir du cadre du Réseau de métrologie sanitaire pour évaluer les systèmes d’information sanitaire et mieux coordonner les efforts qu’ils font pour les renforcer.1 Des cadres stratégiques régionaux ont été mis au point pour renforcer les systèmes d’information sanitaire, exploiter les nouvelles possibilités techniques et financières qu’offre le Réseau et faciliter la diffusion de l’information sanitaire au niveau mondial. 89. Le Conseil exécutif a pris note du rapport ci-dessus à sa cent vingtième session.2

MESURES A PRENDRE PAR L’ASSEMBLEE DE LA SANTE 90. L’Assemblée de la Santé est invitée à prendre note du rapport de situation ci-dessus.

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Résolution SEA/RC59/R10.

Voir le document EB119/2006-EB120/2007/REC/2, procès-verbal de la treizième séance de la cent vingtième session du Conseil, section 2.

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Key facts
Adoption date
Source World Health Organization