-1- Recherche des contacts et placement en quarantaine dans le contexte du variant Omicron du SARS-CoV-2 Orientations provisoires 17 février 2022 Points essentiels ● Ce document fournit des orientations actualisées pour la recherche des contacts et la mise en quarantaine des contacts lorsque la circulation du SARS-CoV-2 est élevée, en particulier celle du variant préoccupant Omicron qui circule à l’heure actuelle à des niveaux élevés et submerge les systèmes de santé du monde entier. ● L’OMS continue de recommander aux pays d’utiliser une approche pragmatique fondée sur les risques lorsqu’ils apportent des modifications aux mesures existantes de recherche des contacts et de mise en quarantaine, en tenant compte de la continuité des fonctions essentielles dans la société, et des risques et des avantages pour la santé publique associés à toute modification. ● Toute interruption de la recherche des contacts ou toute réduction de la durée de quarantaine augmentera le risque de transmission ultérieure et doit être pondérée par les capacités en matière de soins de santé, l’immunité de la population et les priorités socioéconomiques. ● L’identification et le suivi des contacts doivent continuer à concerner en priorité les personnes contacts les plus susceptibles d’être infectées, de propager le virus ou de contracter une forme grave de la maladie, et les personnels de santé et d’aide à la personne. ● Le dépistage du SARS-CoV-2 (par PCR ou par test de diagnostic rapide antigénique [TDR-Ag]) peut servir de mesure pour réduire la durée de la quarantaine, à sept jours par exemple, si le résultat du test est négatif et si la personne contact ne présente aucun symptôme. ● S’il n’est pas possible d’effectuer un dépistage pour réduire la durée de la quarantaine, la quarantaine peut être levée au bout de 10 jours, sans dépistage, si la personne contact ne présente aucun symptôme. Éléments nouveaux Ce document constitue une mise à jour des orientations provisoires sur la recherche des contacts1 et le placement en quarantaine2 (publiées respectivement en février 2021 et en juin 2021) dans un contexte de circulation élevée du SARS-CoV-2, et notamment du variant préoccupant Omicron qui submerge les systèmes de santé du monde entier. Ce document doit être consulté en se référant aux orientations provisoires suivantes de l’OMS : Mesures essentielles visant à améliorer la préparation, la capacité d’intervention et la riposte face à la COVID-193 et Recommandations pour les stratégies de dépistage et les capacités de diagnostic du SARS-CoV-2 à l’échelle nationale.4 Le 26 novembre 2021, l’OMS a désigné le variant B.1.1.529 comme étant un variant préoccupant et l’a nommé « Omicron ».5 Selon les données probantes actuellement disponibles, le risque global lié à Omicron reste très élevé. Le variant Omicron dispose d’un avantage de croissance significatif sur le variant Delta, ce qui entraîne sa propagation rapide au sein de la communauté et une incidence plus élevée que celle observée précédemment au cours de cette pandémie. Bien que ce variant soit associé à un risque plus faible de maladie grave et de décès que le variant Delta, les très forts taux de transmission ont néanmoins entraîné une augmentation considérable du taux d’hospitalisation, continuent à imposer des demandes massives sur les systèmes de soins de santé de la plupart des pays et peuvent entraîner un taux important de morbidité et de mortalité, notamment dans les populations vulnérables. Compte tenu de la forte transmissibilité du variant Omicron, l’OMS publie une mise à jour de ses orientations provisoires en vigueur sur la recherche des contacts et le placement en quarantaine.1,2 Recherche des contacts et placement en quarantaine dans le contexte du variant Omicron du SARS-CoV-2 : orientations provisoires -2- L’OMS met à la disposition des autorités de santé publique ces orientations provisoires relatives à la hiérarchisation des personnes ayant été en contact avec des cas de COVID-19 dans les situations où le nombre de cas est élevé, afin de réduire au minimum les transmissions de grande ampleur et à haut risque. Il convient également d’envisager la possibilité de réduire la durée de la quarantaine pour les personnes contacts dont le test est négatif, qui ne manifestent aucun symptôme et qui ont récemment reçu la première série vaccinale ou une dose de rappel d’un vaccin contre la COVID-19. Introduction Ce document fournit des orientations actualisées sur les éléments à prendre en compte pour la modification des orientations provisoires en vigueur de l’OMS relatives à la recherche des contacts et au placement en quarantaine dans le contexte de la pandémie de COVID-19.1,2 Les éléments présentés dans les présentes orientations provisoires tiennent compte de l’intensité de la propagation du SARS-CoV-2 dans les pays, de l’épidémiologie et du fardeau à l’échelle locale, et des capacités des systèmes de santé et des autres services essentiels. Comme lors des précédentes périodes de circulation intense du SARS-CoV-2, les capacités de recherche des contacts de nombreux pays ont été rapidement submergées en raison de la propagation rapide des cas d’infection à Omicron dans le monde. De ce fait, les pays ont hiérarchisé leurs efforts de recherche des contacts et de mise en quarantaine afin de cibler les personnes contacts dans des contextes précis et de réduire au minimum le risque de transmission du variant viral. Compte tenu de la situation, les pays peuvent envisager de recourir à une approche pragmatique, les exigences en matière de recherche des contacts et de mise en quarantaine dans la communauté pouvant entraîner de fortes perturbations des services essentiels, notamment des services de santé. Il existe peu de données probantes scientifiques sur les principaux paramètres épidémiologiques du variant Omicron et sur la façon dont ils influencent la mise en œuvre des mesures de recherche des contacts et de mise en quarantaine.6 Pour cette raison, l’OMS continue de recommander aux pays d’adopter une approche pragmatique fondée sur les risques lorsqu’ils apportent des modifications aux mesures existantes, en tenant compte de la continuité des fonctions essentielles dans la société, et des risques et des avantages pour la santé publique en lien avec la pandémie.1,2 L’approche fondée sur les risques doit tenir compte du taux de transmission à l’échelle locale, de la gravité de la maladie associée aux variants circulants, des taux d’infection et d’immunité conférée par les vaccins, de la capacité à rechercher et à suivre les contacts, de l’accès à un dépistage rapide et fiable du SARS-CoV-2, de la capacité à évaluer le risque d’exposition des personnels de santé et d’aide à la personne et du personnel des autres services essentiels, et des capacités des systèmes de soins de santé. Toute interruption de la recherche des contacts ou toute réduction de la durée de quarantaine augmentera le risque de transmission ultérieure et doit être pondérée par les capacités en matière de soins de santé, l’immunité de la population contre le variant Omicron et les priorités socioéconomiques. Ces orientations provisoires s’adressent principalement aux autorités nationales de santé publique du monde entier. Cependant, d’autres utilisateurs — comme les organisations non gouvernementales, les instituts de recherche et les membres du public — peuvent également trouver ces orientations utiles. Connaissances et incertitudes actuelles Les données probantes existantes sur Omicron ne changent pas notre compréhension actuelle de la transmission du SARS-CoV-2.7 Cependant, les données préliminaires montrent que par rapport au variant Delta, Omicron semble avoir un intervalle sériel plus court (2,2 à 3,5 jours)8-10 et une période d’incubation plus courte (2,9 à 3,2 jours).9,11,12 Son taux d’attaque secondaire est plus élevé13,14 et il a démontré des propriétés d’échappement immunitaire notables.11,14- 16 Par conséquent, il se propage plus facilement que les variants précédents. Le degré de gravité de la maladie semble être intrinsèquement inférieur à celui observé avec les précédents variants.12,17,18 À cela s’ajoute une efficacité réelle du vaccin davantage préservée contre les formes graves de la maladie que contre les infections. Cependant, le grand nombre de cas survenus dans un court laps de temps a entraîné un nombre important d’hospitalisations et de patients atteints d’une forme critique de la maladie. Selon les données probantes actuelles, la protection vaccinale contre l’infection à Omicron et contre la transmission ultérieure du variant est moindre comparativement à celle observée avec les variants précédents19-21, bien que les vaccins (notamment après une dose de rappel) restent efficaces contre les hospitalisations et les formes graves de la maladie.6,22,23 Toutefois, les données sur l’efficacité réelle du vaccin sont limitées et seuls quatre vaccins ont été évalués à ce jour.6 Au fil du temps, davantage d’évaluations devraient être menées et publiées. Recherche des contacts et placement en quarantaine dans le contexte du variant Omicron du SARS-CoV-2 : orientations provisoires -3- Prioriser les personnes contacts qui feront l’objet d’un suivi L’OMS reconnaît que dans les situations où l’incidence du SARS-CoV-2 est très élevée, il n’est pas forcément possible d’identifier, de surveiller et de mettre en quarantaine toutes les personnes contacts.3 Dans ces situations, il n’est pas toujours pratique ni même possible de placer en quarantaine un grand nombre de contacts, notamment lorsqu’il s’agit des personnels de santé et d’aide à la personne, ou du personnel des autres services essentiels. Ces mesures conduiraient à une réduction de la main-d’œuvre et à une perturbation de la prestation des soins de santé et du fonctionnement de la société. Dans les situations où les capacités de recherche des contacts sont saturées, il conviendrait peut-être de se concentrer sur la réduction des taux de morbidité et de mortalité plutôt que de tenter d’enrayer toutes les chaînes de transmission. Dans ces situations, il convient d’effectuer en priorité une recherche des contacts pour les personnes suivantes : ● personnes contacts les plus susceptibles d’être infectées et celles les plus susceptibles de propager le virus à des personnes vulnérables, comme les personnels de santé et d’aide à la personne, notamment le personnel des maisons de retraite, des établissements de soins de longue durée et des hôpitaux, ainsi que les autres travailleurs essentiels de première ligne ; ● personnes contacts les plus susceptibles de contracter une forme grave de la maladie, comme les personnes qui présentent des affections comorbides, les personnes immunodéprimées, les personnes âgées et les adultes non vaccinés ou partiellement vaccinés sans infection antérieure par le SARS-CoV-2 connue. Les personnes contacts doivent être identifiées, informées de leur exposition et consultées sur les risques potentiels. Lorsqu’il n’est guère possible de rechercher chaque contact, il convient de le faire en priorité dans les milieux où les personnes contacts hautement prioritaires ci-dessus sont plus susceptibles de se trouver (p. ex. dans les milieux de soins de longue durée). Si les autorités sanitaires ne sont pas capables de notifier chaque contact à haut risque, il convient d’encourager tous les cas avérés, lorsqu’ils connaissent leur statut, à informer eux-mêmes leurs contacts connus de leur exposition possible. Les messages publics des autorités sanitaires devraient fournir des orientations sur la mise en quarantaine volontaire. Après la notification initiale et lorsqu’un suivi actif est faisable, il convient de le faire en priorité pour les contacts fortement susceptibles de contracter une forme grave de la maladie. Compte tenu de la charge de travail que représente le suivi, il conviendrait d’utiliser des technologies à distance pour joindre les contacts à haut risque, comme des appels téléphoniques ou des messages automatisés fournissant des renseignements pertinents sur le dépistage et l’accès aux soins en cas de besoin. Conformément aux orientations de l’OMS, si une personne contact devient symptomatique, elle devrait être considérée comme un cas suspect de COVID-19 et orientée vers une solution de dépistage existante.4 Dans les milieux aux ressources limitées, lorsque les capacités de dépistage sont limitées et qu’il est donc impossible de dépister tous les contacts symptomatiques, il convient d’accorder la priorité4 aux contacts les plus à risque, comme indiqué ci- dessus. Placement en quarantaine dans les zones à forte incidence de COVID-19 En cas de forte incidence de COVID-19, par exemple lorsque le niveau de situation est de 3 ou 4,24 des modifications de la durée recommandée de la période de quarantaine (la recommandation actuelle de l’OMS est de 14 jours1 pour tous les contacts) peuvent être envisagées. Si des modifications sont envisagées, il convient de prendre en compte les risques et les avantages associés. Selon des études de modélisation et des études observationnelles fondées sur les données relatives aux précédents variants préoccupants du SARS-CoV-2, il est possible de rajouter un test de diagnostic du SARS-CoV-2 comme critère de sortie de quarantaine avant 14 jours tout en minimisant la possibilité d’une propagation ultérieure de la COVID-19.25-28 Dans ces études, les modèles ont montré que la période de quarantaine peut être réduite, par exemple à sept jours, si le contact est asymptomatique et s’il obtient, à la fin de la période réduite de quarantaine, un résultat négatif à un test PCR ou TDR-AG effectué dans un laboratoire homologué ou par un professionnel qualifié. D’après ces études, les pays pourraient envisager de réduire la période de quarantaine à sept jours grâce à l’ajout d’un test de dépistage par PCR ou TDR-Ag administré par du personnel qualifié. À l’heure actuelle, l’OMS ne recommande pas de recourir à des tests auto-administrés pour réduire la période de quarantaine. Recherche des contacts et placement en quarantaine dans le contexte du variant Omicron du SARS-CoV-2 : orientations provisoires -4- S’il n’est pas possible d’effectuer un dépistage pour réduire la durée de la quarantaine, il est possible d’utiliser à la place l’absence d’apparition de symptômes après un certain nombre de jours. Par exemple, il est possible de lever la quarantaine au bout de 10 jours, sans dépistage, si la personne contact ne présente aucun symptôme. On estime que le risque de transmission après une quarantaine de 10 jours (sur la base des données précédent le variant Omicron) est d’environ 1 %, avec une limite supérieure d’environ 10 %.25 En cas de réduction de la période de quarantaine, l’OMS recommande que les personnes continuent à porter un masque médical bien ajusté en tout temps, pendant toutes les activités d’intérieur et d’extérieur où elles pourraient interagir avec d’autres personnes, et de continuer à suivre les autres mesures de lutte anti-infectieuse, notamment la distanciation physique, la ventilation adéquate des espaces intérieurs et les gestes d’hygiène des mains, pour le restant de la durée totale de 14 jours. Ces personnes devraient également continuer à surveiller attentivement l’apparition éventuelle de symptômes, et effectuer un dépistage si elles deviennent symptomatiques. Personnes contacts vaccinées Les données actuelles sur l’efficacité réelle du vaccin contre le variant Omicron proviennent d’études observationnelles dont la plupart n’ont pas encore été examinées par les pairs, portant sur quatre vaccins contre la COVID-19 et provenant de cinq pays (Afrique du Sud, Canada, Danemark, États-Unis d’Amérique et Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord). 15,16,19,21,23,29-37 Au 7 février 2022, les résultats des études évaluant l’efficacité réelle du vaccin montrent systématiquement que l’efficacité réelle du vaccin contre l’infection à Omicron ou la maladie symptomatique est limitée après la première série de vaccination et que cette efficacité contre l’infection augmente après la dose de rappel.6,38 Il a été montré que la réponse immunitaire à base d’anticorps neutralisants, induite par le vaccin, diminuait avec le temps, même si l’immunité cellulaire semble plus durable. À l’heure actuelle, il n’existe aucun seuil clair d’aucun indicateur biologique qui pourrait être utilisé comme corrélat de protection.6,39 Il existe des preuves que dans les 90 jours suivant la première série de vaccination ou la dose de rappel, la vaccination permet de réduire la probabilité d’infection à Omicron.14,30,37,42 Ainsi, lorsqu’il est possible d’effectuer un suivi actif de chaque contact et que les ressources sont limitées ou que les systèmes de santé sont submergés, les personnes contacts récemment vaccinées peuvent être considérées comme moins prioritaires pour la recherche des contacts ou effectuer une quarantaine plus courte, comme indiqué ci-dessus. Après environ 90 jours, en raison de la diminution de la protection contre l’infection après la première série de vaccination et du manque de données de suivi pour les doses de rappel, les personnes contacts vaccinées devraient être considérées comme identiques aux personnes contacts non vaccinées. Réinfection Les personnes ayant déjà été infectées par des variants antérieurs à Omicron sont susceptibles d’être infectées par Omicron, même si ce risque semble être moins important comparé à celui des personnes n’ayant jamais été infectées.41 Bien que deux infections consécutives à Omicron n’aient pas été signalées jusqu’à présent, on s’attend à ce qu’une réinfection à Omicron soit possible après une baisse de l’immunité ou, par exemple, si deux sous-lignées d’Omicron (p. ex. BA.1 et BA.2) ne présentent pas le même potentiel d’échappement au système immunitaire.42 Pour cette raison, les personnes contacts qui ont déjà été infectées dans un contexte où Omicron représente le variant dominant (c.-à-d. dont l’infection était probablement due à Omicron) pourraient suivre une quarantaine plus courte, puisqu’elles pourraient être considérées comme moins prioritaires lorsque les capacités en matière de recherche des contacts et de quarantaine sont mises à rude épreuve. À l’heure actuelle, il n’existe aucune donnée probante relative à la durée précise de l’immunité contre Omicron conférée par une infection à ce variant. Cependant, selon les données concernant les variants précédents, l’immunité devrait persister au moins 90 jours43 et il serait donc possible de se reposer sur une telle estimation prudente. Les personnes dont l’infection avérée par le SARS-CoV-2 (quel que soit le variant) est plus ancienne devraient être considérées comme des personnes contacts sans antécédent connu d’infection au SARS-CoV-2. Considérations pour les personnels de santé et d’aide à la personne L’OMS continue de conseiller aux agents de santé qui ont encouru un risque élevé d’exposition au SARS-CoV-2 de s’abstenir de travailler et de suivre les politiques en matière de quarantaine pour ne pas risquer d’exposer au virus leurs patients, leurs collègues, leurs familles et leurs contacts dans la communauté.43-45 Toutefois, dans le contexte d’une transmission généralisée du SARS-CoV-2 (tout variant) au sein de la communauté, l’incidence des infections des Recherche des contacts et placement en quarantaine dans le contexte du variant Omicron du SARS-CoV-2 : orientations provisoires -5- agents de santé pourrait augmenter en raison de l’exposition accrue en milieu de travail et dans la communauté, ce qui entraînerait une diminution des capacités à répondre à une forte hausse du nombre de cas et à assurer la continuité des services de santé essentiels.3 Par conséquent, les considérations et les stratégies proposées ci-dessus relatives à la période de quarantaine dans les situations où le nombre de cas est élevé s’avèrent particulièrement pertinentes pour les agents de santé. Au vu de ces considérations, la quarantaine peut être réduite à sept jours pour un agent de santé ayant été exposé au virus, qui se révèle asymptomatique et qui obtient un test négatif (par RT-PCR ou TDR-Ag) au jour 7 après exposition, ou à 10 jours après exposition en l’absence de test de dépistage. De plus, il est possible de prendre en compte le statut vaccinal ainsi que des antécédents de COVID-19 lors de l’établissement de politiques visant à modifier les critères de quarantaine pour les agents de santé. En particulier, lorsque le système de santé est soumis à une pression extrême en raison d’un nombre élevé de cas et que de nombreux agents de santé s’absentent du travail en raison d’une exposition ou d’une infection au virus, les agents de santé qui ont couru un risque d’exposition élevé, mais qui ont déjà reçu une dose de rappel du vaccin ou qui se sont remis d’une infection au SARS-CoV-2 dans les 90 derniers jours30,35,40 pourraient continuer à travailler sans quarantaine s’ils se révèlent asymptomatiques. Dans l’idéal, il conviendrait d’effectuer un dépistage fréquent par TDR-Ag jusqu’au jour 14 après exposition.44 Les agents de santé dont la période de quarantaine a été réduite ou qui continuent à travailler après avoir couru un risque d’exposition élevé doivent continuer à suivre toutes les mesures de précaution en matière de lutte anti- infectieuse, et doivent notamment porter en tout temps un masque médical ou un masque de protection respiratoire bien ajusté46, surveiller l’apparition éventuelle de symptômes et se faire tester, dans la mesure du possible. Dans l’idéal, et si cela est compatible avec les besoins en prestation de services, ces agents de santé ne devraient pas prendre en charge de patients immunodéprimés ou d’autres patients à haut risque (p. ex. les patients présentant des affections comorbides ou les personnes âgées), ou être en contact avec de tels patients. Quel que soit le niveau d’incidence du SARS-CoV-2, il est essentiel que les autorités nationales et les établissements de santé continuent à renforcer les mesures de lutte anti-infectieuse dans tous les milieux, et à mettre notamment en place un programme de lutte contre les infections ou, tout au moins, à désigner un interlocuteur formé responsable de la lutte anti-infectieuse. L’ingénierie, les contrôles environnementaux et administratifs, les mesures de précaution standard et fondées sur la transmission, le dépistage et le triage pour la détection précoce des cas et la lutte à la source, la surveillance de la COVID-19 et la vaccination des agents de santé s’avèrent également des éléments cruciaux. La propagation rapide du variant Omicron et le fait que de très nombreuses personnes pourraient être infectées tout en étant asymptomatiques rendent ces mesures plus importantes que jamais. Processus et méthodologie Ces orientations provisoires ont été conçues sur la base des données probantes sur le variant Omicron qui existaient au moment de la rédaction de ce document. Un petit groupe d’experts de l’OMS possédant des connaissances antérieures et un savoir-faire pertinents ont entrepris un examen rapide des données probantes sur le variant Omicron. La recherche des données probantes a été menée dans la base de données de l’OMS intitulée Littérature mondiale sur la maladie des coronavirus47, qui contient des publications examinées par des pairs, des articles en pré- impression et de la littérature grise. Cette recherche a été étoffée par une recherche manuelle dans la littérature grise complémentaire. La recherche a inclus toutes les publications d’études contenant des données d’origine sur la dynamique de transmission du variant Omicron. Les données de ces études ont été extraites et compilées sous forme de tableau. L’information a ensuite été regroupée en fonction des principaux indicateurs de transmission, puis synthétisée. Après avoir recueilli et synthétisé les données probantes, le groupe a mené une série de consultations avec des experts techniques internes et externes, notamment les membres du Programme OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire, du Groupe chargé de l’élaboration des lignes directrices sur la recherche des contacts et le placement en quarantaine, et du Groupe chargé de l’élaboration des lignes directrices sur la lutte anti-infectieuse contre la COVID-19. Lorsque les données probantes étaient rares, ou lorsqu’elles étaient douteuses, l’OMS a sollicité l’avis éclairé des membres des groupes chargés de l’élaboration des lignes directrices et des hauts responsables du personnel technique de l’OMS. Toutes les décisions factuelles ont été prises par consensus de tous les membres des groupes chargés de l’élaboration des lignes directrices. En plus des études de modélisation et des études observationnelles mentionnées, le groupe a également partagé les données issues de la pratique de pays ayant déjà mis en œuvre des règles de quarantaine plus courte, et en a discuté. Recherche des contacts et placement en quarantaine dans le contexte du variant Omicron du SARS-CoV-2 : orientations provisoires -6- Les modifications proposées reposent sur des données probantes publiées et observées, ainsi que sur la nécessité de prendre des décisions pragmatiques fondées sur les risques pour faire face au fardeau que le grand nombre de cas d’infection à Omicron fait peser sur les sociétés et les systèmes de santé. Futures mises à jour Ces orientations provisoires sont spécifiques à l’augmentation mondiale actuelle des cas d’infection au variant Omicron du SARS-CoV-2 et sont censées être consultées en se référant aux orientations de l’OMS sur la recherche des contacts et le placement en quarantaine. Un document d’orientation consolidé sur la recherche des contacts et le placement en quarantaine, contenant des données probantes mises à jour, est en cours d’élaboration. Une fois publié, il remplacera le présent document ainsi que les documents d’orientation actuels sur la recherche des contacts et le placement en quarantaine. De plus, la mise à jour des orientations provisoires de l’OMS intitulées Prévention, détection et prise en charge des infections chez les agents de santé dans le contexte de la COVID-19 est également en cours. Cette mise à jour détaillera davantage les données probantes et les orientations à ce sujet et, lorsqu’elle sera prête, remplacera le document en question. Remerciements L’OMS remercie les membres du Groupe chargé de l’élaboration des lignes directrices sur la recherche des contacts et le placement en quarantaine, et du Groupe chargé de l’élaboration des lignes directrices sur la lutte anti-infectieuse pour leurs contributions stratégiques et leurs conseils d’experts. Déclaration d’intérêts Les déclarations d’intérêts ont été recueillies auprès de tous les contributeurs externes et évaluées pour relever tout conflit d’intérêts. Aucun conflit d’intérêts significatif n’a été déclaré par les personnes externes ayant contribué à ces orientations. Financement Financé par l’OMS. Recherche des contacts et placement en quarantaine dans le contexte du variant Omicron du SARS-CoV-2 : orientations provisoires -7- Références bibliographiques 1. Organisation mondiale de la Santé. Recherche des contacts dans le cadre de la COVID-19. Orientations provisoires : 1er février 2021. 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Recherche des contacts et placement en quarantaine dans le contexte du variant Omicron du SARS-CoV-2 : orientations provisoires, 17 février 2022
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