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Sécurité sanitaire des aliments et santé : une stratégie pour la Région africaine de I’OMS

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Plan d'action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens du Burkina Faso Examen et recommandations pour l’accélération des progrès dans le secteur de la santé humaine Série des notes d’orientation sur les politiques et les actions 2021

Plan d'action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens du Burkina Faso Examen et recommandations pour l’accélération des progrès dans le secteur de la santé humaine Série des notes d’orientation sur les politiques et les actions 2021 Plan d’action national du Burkina Faso contre la résistance aux antimicrobiens – progrès réalisés dans le secteur de la santé humaine ISBN : 978-929031355-7 © Organisation mondiale de la Santé, Bureau régional de l’Afrique, 2022 Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY NC-SA 3.0 IGO ; https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo). Aux termes de cette licence, vous pouvez copier, distribuer et adapter l’œuvre à des fins non commerciales, pour autant que l’œuvre soit citée de manière appropriée, comme il est indiqué ci dessous. Dans l’utilisation qui sera faite de l’œuvre, quelle qu’elle soit, il ne devra pas être suggéré que l’OMS approuve une organisation, des produits ou des services particuliers. L’utilisation de l’emblème de l’OMS est interdite. Si vous adaptez cette œuvre, vous êtes tenu de diffuser toute nouvelle œuvre sous la même licence Creative Commons ou sous une licence équivalente. Si vous traduisez cette œuvre, il vous est demandé d’ajouter la clause de non responsabilité suivante à la citation suggérée : « La présente traduction n’a pas été établie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’OMS ne saurait être tenue pour responsable du contenu ou de l’exactitude de la présente traduction. L’édition originale anglaise est l’édition authentique qui fait foi ». Toute médiation relative à un différend survenu dans le cadre de la licence sera menée conformément au Règlement de médiation de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Citation suggérée. Plan d’action national du Burkina Faso contre la résistance aux antimicrobiens – progrès réalisés dans le secteur de la santé humaine. Brazzaville : Organisation mondiale de la Santé, Bureau régional de l’Afrique, 2022. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO. Catalogage à la source. Disponible à l’adresse http://apps.who.int/iris. Ventes, droits et licences. Pour acheter les publications de l’OMS, voir http://apps.who.int/ bookorders. Pour soumettre une demande en vue d’un usage commercial ou une demande concernant les droits et licences, voir http://www.who.int/about/licensing. Matériel attribué à des tiers. Si vous souhaitez réutiliser du matériel figurant dans la présente œuvre qui est attribué à un tiers, tel que des tableaux, figures ou images, il vous appartient de déterminer si une permission doit être obtenue pour un tel usage et d’obtenir cette permission du titulaire du droit d’auteur. L’utilisateur s’expose seul au risque de plaintes résultant d’une infraction au droit d’auteur dont est titulaire un tiers sur un élément de la présente œuvre. Clause générale de non responsabilité. Les appellations employées dans la présente publication et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part de l’OMS aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les traits discontinus formés d’une succession de points ou de tirets sur les cartes représentent des frontières approximatives dont le tracé peut ne pas avoir fait l'objet d'un accord définitif. La mention de firmes et de produits commerciaux ne signifie pas que ces firmes et ces produits commerciaux sont agréés ou recommandés par l’OMS, de préférence à d’autres de nature analogue. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale indique qu’il s’agit d’un nom déposé. L’Organisation mondiale de la Santé a pris toutes les précautions raisonnables pour vérifier les informations contenues dans la présente publication. Toutefois, le matériel publié est diffusé sans aucune garantie, expresse ou implicite. La responsabilité de l'interprétation et de l'utilisation dudit matériel incombe au lecteur. En aucun cas, l’OMS ne saurait être tenue responsable des préjudices subis du fait de son utilisation. Conception et impression : Le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, République du Congo iii Table des matières Remerciements v Acronymes et sigles vi Résumé d'orientation vii 1. Vue d’ensemble 1 2. Santé et RAM au Burkina Faso 1 3. Situation du PAN-RAM 2 4. Mécanismes de gouvernance et de coordination de la RAM 3 5. Sensibilisation et connaissances relatives à la RAM 5 6. Capacité de surveillance, de laboratoire et de diagnostic 6 7. Lutte anti-infectieuse, eau, assainissement et hygiène (WASH) et vaccination 7 8. Accès et usage optimal des antimicrobiens 8 9. Recherche-développement 9 10. Principales recommandations relatives aux politiques et aux actions visant à accélérer la mise en œuvre du PAN-RAM 10 Références 12

Remerciements Cette publication a été préparée par Erta Kalanxhi, Jessica Craig, Jyoti Joshi, Max van Wijk et Soe Yu Naing, Centre collaborateur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) - Center for Disease Dynamics, Economics & Policy (CDDEP), avec Anand Balachandran, Breeda Hickey, Sarah Paulin (OMS, siège), Walter Fuller et Laetitia Gahimbare (Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique) et Sandrine Gampini (OMS, Burkina Faso). L'OMS remercie les personnes suivantes pour leurs contributions : • Ruth Sawadogo (Surveillance du marché et contrôle de la qualité des produits de santé, Burkina Faso), • Félicité Nana (Qualité des soins et sécurité des patients, Burkina Faso), • Zackaria Gansané (Observatoire burkinabé de la qualité et de la sécurité des soins, Burkina Faso), • Rasmata Ouédraogo (Comité de lutte contre la RAM, Burkina Faso) v vi Plan d'action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens du Burkina Faso. Examen et recommandations pour l’accélération des progrès dans le secteur de la santé humaine Acronymes et sigles CAM Consommation des antimicrobiens RAM Résistance aux antimicrobiens AMS Gestion des antimicrobiens AMU Utilisation des antimicrobiens TSA Tests de sensibilité aux antimicrobiens DHIS 2 Systèmes d’information sanitaire de district 2 GLASS Système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens HAI Infection nosocomiale/Infection associée aux soins IPC Lutte anti-infectieuse/Prévention et contrôle des infections KII Entretiens avec les informateurs clés S&E Suivi et évaluation PAN Plan d’action national LNR Laboratoire national de référence TrACSS Enquête tripartite d’autoévaluation nationale sur la résistance aux antimicrobiens. WAAW Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens WASH Eau, assainissement et hygiène OMS Organisation mondiale de la Santé vii Résumé d'orientation La présente note d’orientation vise à faire le point sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Plan d’action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens (PAN-RAM), et à formuler des recommandations politiques pour accélérer les avancées dans le secteur de la santé humaine. La note d’orientation synthétise des informations obtenues au terme d’un examen complet des données et documents pertinents accessibles au public et provenant des ministères, complété par des entretiens avec des informateurs clés menés auprès des points focaux nationaux pour la RAM. La note présente un état des lieux, les forces et les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du PAN-RAM et propose des recommandations visant à accélérer la réalisation des activités ciblées relatives à la RAM dans le secteur de la santé humaine. Principales recommandations 1. Assurer l'approbation officielle du plan stratégique national multisectoriel de lutte contre la résistance aux antimicrobiens (phase II) du Burkina Faso, qui soit assorti d'un cadre de suivi et d'évaluation (S&E) et d'un plan opérationnel chiffré. 2. Établir une structure de gouvernance claire et fonctionnelle pour les activités du PAN, comportant une sanction juridique, dotée de ressources financières et humaines dédiées à la mise en œuvre, de procédures opérationnelles standard, de mécanismes de redevabilité, d'établissement de rapports et de coordination assorti d’un engagement durable basé sur le partage des données en temps opportun et la transparence. 3. Promouvoir un plaidoyer et une éducation sur la RAM fondés sur des données factuelles et adaptés aux publics prioritaires (communauté, professionnels de la santé et décideurs) afin de favoriser un changement de comportement. 4. Renforcer la surveillance de la RAM et les capacités des laboratoires afin d'améliorer la collecte, l'analyse et la communication des données, de produire des données probantes pour éclairer la prise de décision et de faciliter le partage systématique des données tant au sein des secteurs qu'entre eux et le système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (GLASS) de l'OMS. 5. Veiller à ce que le laboratoire national de référence fasse partie d’un programme d’assurance qualité externe ; 6. Renforcer la lutte anti-infectieuse (IPC), ainsi que les services d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH)en assurant un approvisionnement adéquat en produits désinfectants et d’hygiène essentiels et en réalisant des activités de sensibilisation et de renforcement des connaissances ciblant les travailleurs de la santé. 7. Renforcer le cadre réglementaire et l'application de la vente d'antimicrobiens uniquement sur ordonnance et enrichir la chaîne d’approvisionnement en antimicrobiens de qualité et abordables, en particulier les antibiotiques de la catégorie Access et les kits de diagnostics au point de service. 8. Veiller à ce que les guides thérapeutiques soient fondées sur des données locales et régulièrement mises à jour pour favoriser une prescription appropriée et une bonne gestion des antimicrobiens (AMS) et surveiller leur adoption et leur utilisation. 9. Encourager la mise en place de comités multidisciplinaires d'AMS dans les hôpitaux. 10. Créer un comité scientifique sur la RAM chargé de coordonner la recherche sur la RAM, la gestion des données et l’analyse dans les différents secteurs. RAM : résistance aux antimicrobiens ; AMS : gestion des antimicrobiens ; GLASS : Système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens et de l’utilisation des antimicrobiens ; IPC : lutte anti-infectieuse, S&E suivi-évaluation ; PAN : plan d’action national ; LNR : laboratoire national de référence ; WASH : eau, assainissement et hygiène. L’utilisation des antimicrobiens dans les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale justifie le recours à une approche « Une seule santé » pour faire face aux résistances naissantes aux antimicrobiens. Le Plan stratégique national multisectoriel de lutte contre la résistance aux antimicrobiens 2017-2020 du Burkina Faso pose donc un jalon essentiel dans les efforts déployés par le pays pour endiguer la pandémie silencieuse de la résistance aux antimicrobiens (RAM) (1) . Le plan stratégique a été élaboré par le ministère burkinabé de la santé, en collaboration avec les ministères des ressources animales et halieutiques, de l’agriculture et des installations hydrauliques, de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique. viii Plan d'action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens du Burkina Faso. Examen et recommandations pour l’accélération des progrès dans le secteur de la santé humaine L’élaboration du PAN-RAM par le Burkina Faso en 2017 a fait intervenir des parties prenantes issues des secteurs de la santé, des ressources animales et de l’environnement, et a constitué une étape importante vers la levée de la menace croissante engendrée par la RAM. Bien qu’il n’existe que peu de données décrivant le fardeau de la RAM à l’échelle nationale, les chiffres disponibles portent à croire que les niveaux de résistance aux antibiotiques couramment utilisés ne cessent d’augmenter. Par conséquent, la mise en œuvre des activités décrites dans le PAN-RAM est essentielle non seulement pour une bonne gestion des antimicrobiens mais aussi pour atténuer la RAM. Le Burkina Faso a fait des progrès remarquables en lançant une approche multisectorielle « Une seule santé » dans l’optique de réduire le fardeau de la RAM, et le PAN-RAM décrit les principaux objectifs et les activités générales associées à chaque objectif stratégique. Cela dit, si le PAN-RAM est accessible au public depuis 2018 et a été validé sur le plan technique par les autorités, sa prise en main par le gouvernement reste faible. Des réalisations majeures ont été enregistrées en matière de renforcement du système de surveillance de la RAM et de la consommation des antimicrobiens, notamment l’élaboration de guides nationaux de surveillance dans les établissements de santé et la collecte de données relatives à la RAM dans les sites de surveillance sentinelle. Le Burkina Faso est confronté à divers défis qui ont un impact sur les progrès du pays en matière d'atténuation de la RAM, notamment l'absence d'un cadre juridique et de gouvernance pour sanctionner ses activités. Une meilleure coordination entre les secteurs est nécessaire. On peut y parvenir en fluidifiant les flux d'informations et en mettant en place des structures de programme dédiées pour assurer le suivi et l'évaluation des progrès, renforcer la redevabilité et aider à la mise en œuvre. La production et l’utilisation de données probantes au niveau local sur les impacts sanitaires et économiques de la RAM sont essentielles pour mobiliser les parties prenantes non techniques et les décideurs et assurer une allocation judicieuse des ressources. Les données recueillies jusqu’ici à la faveur de la surveillance pourraient contribuer à l’élaboration et à l’application de directives thérapeutiques locales, fondées sur des données probantes, afin de changer le comportement de prescription syndromique qui est actuellement adopté dans la plupart des établissements de santé publique du pays. Cependant, pour que ces changements se produisent, il est essentiel de promouvoir les connaissances sur la RAM et la sensibilisation à ce sujet au niveau communautaire afin d’impliquer le public, de susciter et de maintenir un changement de comportement pour une utilisation prudente des antimicrobiens. Les programmes d’atténuation de la RAM devraient aller au-delà du contexte de la surveillance et mettre en évidence le lien étroit entre la RAM et les problèmes de santé sur un plan plus global, notamment l’effet sur la qualité des soins de santé de l’utilisation malavisée des antimicrobiens, de l’absence de lutte anti-infectieuse et à la médiocrité des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène dans les ménages et les établissements de santé. 1. Vue d’ensemble L’objectif de cette note d’orientation est de décrire l’état d’avancement de la mise en œuvre des politiques et de la stratégie nationales d’atténuation et de lutte contre la RAM au Burkina Faso, d’identifier les domaines prioritaires pour l’accélération de la mise en œuvre du PAN-RAM, et de formuler des recommandations propres à faciliter cette mise en œuvre dans le secteur de la santé humaine. Les recommandations énoncées dans ce document sont basées sur l’analyse d’informations provenant de plusieurs sources, regroupées dans le cadre d’un examen systématique des données accessibles au public – y compris des rapports issus des pouvoirs publics et d’organisations, des documents ayant fait l’objet d’évaluations par les pairs, des communiqués de presse, des propositions de financement et des périodiques – et des entretiens semi-structurés avec certains principaux points focaux pour la RAM au Burkina Faso, réalisés entre avril et mai 2021. Cette analyse s’aligne sur les objectifs stratégiques décrits dans le Plan d’action mondial pour combattre la résistance aux antimicrobiens de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Elle porte sur la sensibilisation du public et la compréhension de la RAM, la surveillance et la recherche, la prévention de l’infection, l’utilisation optimisée des antimicrobiens et la recherche- développement dans le secteur de la santé humaine. 1 2. Santé et RAM au Burkina Faso En 2019, le Burkina Faso comptait 20,3 millions d’habitants, dont 70 % vivaient en milieu rural et 45 % étaient âgés de 0 à 14 ans. L’espérance de vie globale à la naissance était de 62 ans en 2019, ce qui est inférieur à la moyenne mondiale de 73 ans, mais supérieur à l’espérance de vie moyenne de 61 ans pour l’Afrique subsaharienne (2). Les maladies transmissibles, notamment le paludisme, les infections des voies respiratoires inférieures, le VIH/sida, la tuberculose et la méningite, sont les principales causes de morbidité et de mortalité (3). Selon les chiffres de 2014, 43,8 % des Burkinabés vivaient en dessous du seuil international de pauvreté fixé à 1,90 dollar des États-Unis par jour. Le Burkina Faso compte environ 1 721 établissements de santé (2019) répartis sur trois niveaux administratifs (district, régional et national), dont quatre établissements universitaires ou nationaux, neuf établissements régionaux, 63 établissements de district et 1 429 établissements de soins de santé primaires . (4). Le secteur des soins de santé du Burkina Faso est confronté au manque de financement et de ressources humaines. (5). En 2018, les dépenses publiques de santé par habitant représentaient 5,6 % du produit intérieur brut du pays, tandis que les dépenses supportées directement par les Burkinabés représentaient 35,8 % des dépenses totales de santé (2). Pour 1000 habitants, il n'y a que 0,1 médecin (en 2017), 0,9 infirmière et sage-femme, et 0,1 agent de santé communautaire (en 2012). Ces chiffres sont inférieurs à la norme de l'OMS, qui est de 4,45 agents de santé (y compris les médecins, les infirmières et les sages-femmes) pour 1000 habitants. (6, 7). Il existe relativement peu de données décrivant le fardeau actuel de la RAM au Burkina Faso. Une étude portant sur l’analyse de 6 264 échantillons prélevés chez des patients du Centre médical Saint Camille entre mai 2001 et mai 2006 a relevé des niveaux élevés de résistance à l’amoxicilline chez les espèces Proteus spp. (95,6 %), Escherichia coli (78,2 %), Salmonella spp. (62,2 %), Shigella spp. (73,4 %) et Klebsiella spp. 89,9 % (8). Dans le cadre d’une étude de 2014, les chercheurs ont analysé des échantillons d’hémoculture prélevés chez plus de 700 enfants hospitalisés pour un paludisme grave ou une infection bactérienne invasive d’origine communautaire entre juillet 2012 et juillet 2013. Seuls 44 échantillons ont fait l’objet d’un test de sensibilité aux antimicrobiens. Cependant, plus de 90 % des isolats de Salmonella spp. et d’E. coli étaient résistants aux antibiotiques de première intention. (9). Des données de surveillance plus récentes issues du ministère de la santé ont révélé qu’on observait une résistance élevée parmi les bactéries les plus fréquemment isolées en 2018 et 2019. Dans le cas de l’E.coli, les niveaux de résistance aux pénicillines et aux sulfamides étaient de 90 % et de plus de 80 %, respectivement, au cours des deux années. S'agissant de Klebsiella spp., la résistance aux quinolones était d'environ 50 %, tandis que la résistance aux céphalosporines de troisième génération est passée de 50 % en 2018 à 60 % en 2019. (10, 11). 2Plan d'action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens du Burkina Faso. Examen et recommandations pour l’accélération des progrès dans le secteur de la santé humaine 3. Situation du PAN-RAM Statut de l'enquête tripartite d'auto- évaluation nationale 2019/2020 sur la RAM (TrACSS) • Un nouveau PAN-RAM a été élaboré et est en attente d'approbation officielle. Principales conclusions • Un plan stratégique national multisectoriel de lutte contre la RAM a été élaboré en 2017 pour la période 2017-2020 ; ce plan n'a toutefois pas été approuvé. L'évaluation de ce premier plan a permis de concevoir un nouveau PAN (intégrant le suivi et l'évaluation) qui est actuellement en attente d'approbation. Recommandations • Assurer l'approbation officielle du plan stratégique national multisectoriel de lutte contre la RAM (phase II) du Burkina Faso, qui intègre un cadre de suivi et d'évaluation et un plan opérationnel chiffré. Le Plan stratégique national multisectoriel de lutte contre la résistance antimicrobienne 2017 du Burkina Faso a été élaboré par le ministère de la santé, en collaboration avec le ministère des ressources animales et halieutiques, le ministère de l’agriculture et des aménagements hydrauliques et le ministère de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique, avec l’appui technique et financier de l’OMS et de Jhpiego. Si le PAN a fait l'objet d'une évaluation technique et a été rendu public en 2018, il n'a été ni approuvé ni officiellement mis en œuvre par le gouvernement national au cours de la période couverte par le plan. Le Plan d’action national énonce cinq objectifs stratégiques : • renforcer la surveillance et la recherche sur l’utilisation des antimicrobiens et la RAM ; • réduire l'incidence des maladies infectieuses par des mesures de lutte anti-infectieuse ; • améliorer l’utilisation des médicaments antimicrobiens en santé humaine, animale et dans le domaine agricole ; • renforcer le cadre réglementaire de la lutte contre la RAM ; • améliorer la sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens et les connaissances y afférentes par la communication, l’éducation et la formation. Des unités du ministère de la santé sont responsables de divers aspects liés à l’utilisation des médicaments antimicrobiens et à la RAM. L'agence nationale de réglementation pharmaceutique (Service d'inspection pharmaceutique) soutient la surveillance de la consommation des antimicrobiens et de l'utilisation d'antimicrobiens, ainsi que la sensibilisation pour améliorer la gestion des antimicrobiens. Les hôpitaux régionaux et universitaires assurent la surveillance des infections et de la RAM grâce à leurs laboratoires et à leurs services cliniques. La direction des laboratoires coordonne l'évaluation externe de la qualité des laboratoires et la formation des biologistes et des techniciens. Le département responsable de la qualité des soins et de la sécurité des patients supervise la réduction des infections par la mise en œuvre de stratégies de lutte anti-infectieuse. Il est ressorti des entretiens avec les informateurs clés que d’autres stratégies sectorielles visant à prévenir et à lutter contre la RAM ont été élaborées par d’autres ministères, notamment le ministère des ressources animales et de l’environnement. En 2021, le ministère de la santé a procédé à un examen de la situation des activités liées à la RAM Il ressort de cet examen que des progrès dans la mise en place de capacités de surveillance de l’utilisation des antimicrobiens dans les secteurs de la santé humaine et animale ont été enregistrés. On a toutefois noté l’absence d’une structure de coordination chargée de superviser et de promouvoir la collaboration entre les différents secteurs. Par ailleurs, selon l’un des informateurs clés, les activités menées dans le cadre du PAN-RAM ne bénéficient d’aucune allocation financière de la part de l’État et reposent principalement sur des efforts des partenaires et d’individus isolés plutôt que sur des systèmes administratifs conventionnels. 34. Mécanismes de gouvernance et de coordination de la RAM Statut au terme de l’enquête TrACSS 2019-2020 • Création d’un groupe (ou de groupes) de travail multisectoriel (s) ou d’un comité de coordination de la lutte contre la RAM, sous les auspices des pouvoirs publics. Cible nationale • Mécanisme national de gouvernance et de coordination fonctionnel pour soutenir l'élaboration et la mise en œuvre du PAN-RAM. Principales conclusions • La Plateforme nationale de coordination de l'approche « Une seule santé », qui comprend le Comité d’orientation technique « Une seule santé » et le Comité de lutte contre la RAM (l'un des sept comités thématiques), a été créée conformément aux décrets interministériels et présidentiels en 2019, mais les comités ne se réunissent pas régulièrement. • Les ressources financières pour soutenir le comité et les sous-comités de lutte contre la RAM et leurs activités font défaut. Recommandations • Établir une structure de gouvernance claire et fonctionnelle pour les activités du PAN, comportant une sanction juridique, dotée de ressources financières et humaines dédiées à la mise en œuvre, de procédures opérationnelles standard, de mécanismes de redevabilité, d'établissement de rapports et de coordination assorti d’un engagement durable basé sur le partage des données en temps opportun et la transparence. • Nommer ou désigner les membres des sous- comités de lutte contre la RAM pour leur permettre d'exercer pleinement leurs rôles. En janvier 2019, le comité d’orientation technique de l’approche « Une seule santé » a été créé en vertu d'un décret interministériel. Ce comité d’orientation supervise sept comités thématiques « Une seule santé » (Fig. 1). Le comité de lutte contre la RAM fait partie de ces comités. Le comité de lutte contre la RAM fait office d’organe de décision et de régulation des stratégies de lutte contre la RAM dans tous les secteurs et est dirigé par un représentant du ministère de la santé. Les objectifs de ce comité, tenu de se réunir annuellement, sont les suivants : • fournir l’appui à l’élaboration et à la mise en œuvre du PAN-RAM ; • assurer le suivi et l’évaluation des activités du PAN-RAM ; • évaluer l’impact du PAN-RAM sur la préservation de l’efficacité des médicaments antimicrobiens ; • encourager la collaboration et le partage des données ; et • soutenir le Secrétariat pour l’approche « Une seule santé ». Le décret de 2019 a également précisé la composition et les activités du comité de lutte contre la RAM, en indiquant 88 représentants spécifiques. Parmi ces représentants figurent des directeurs de laboratoire, des responsables issus du secteur pharmaceutique humain et vétérinaire, des agences gouvernementales et des organes législatifs, ainsi que des partenaires de mise en œuvre tels que l'Union européenne, USAID, les Nations Unies et diverses organisations non gouvernementales internationales. Le décret stipule que le soutien financier des activités du comité sera pris en charge par le budget de l'État et les donateurs. Toutefois, selon les informateurs clés, l’absence d’un budget spécifiquement dédié aux activités prévues continue de poser problème. Le décret interministériel appelle également à la formation de cinq sous-comités axés respectivement sur : la surveillance des laboratoires ; l’usage, la qualité et l’utilisation rationnelle des antimicrobiens ; la réglementation de la consommation des antimicrobiens ; la communication et la sensibilisation du public ; et la lutte anti-infectieuse. Selon les informateurs clés, le comité national de lutte contre la RAM et les cinq sous-comités techniques ont été créés, mais ils ne se réunissent pas régulièrement. 4Plan d'action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens du Burkina Faso. Examen et recommandations pour l’accélération des progrès dans le secteur de la santé humaine Par ailleurs, il n’existe pas de structure de coordination pour faciliter la communication et le partage des données entre les différents sous-comités et le comité de lutte contre la RAM, ainsi que le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre du PAN-RAM. L'absence de cadre juridique et de ressources humaines a été mentionnée comme une raison majeure de l'insuffisance du flux d'informations et du peu de collaboration entre les différents secteurs et sous-comités. Le comité d’orientation technique sur l’approche « Une seule santé » et le comité de lutte contre la RAM (en tant que comité thématique sur l’approche « Une seule santé ») font partie de la plateforme nationale de coordination de l’approche « Une seule santé », une structure de gouvernance plus large créée par décret présidentiel en novembre 2019. Le comité thématique sur la RAM est bien implanté, et ses activités axées sur l’utilisation appropriée des antimicrobiens et la surveillance de la résistance naissante aux antimicrobiens ont précédé l’intégration du concept « Une seule santé ». Un mécanisme de notification entre le comité de lutte contre la RAM et le comité d’orientation technique sur l’approche « Une seule santé » a été créé, et toutes les activités font l’objet d’un rapport. En outre, certains comités thématiques sur l’approche « Une seule santé », notamment le comité de lutte contre la RAM, tiennent régulièrement des réunions (toutes les deux semaines). Figure 1. Structures de gouvernance pour l’approche « Une seule santé » et la RAM au Burkina Faso Plateforme nationale de coordination de l’approche « Une seule santé » Comité d’orientation technique sur l’approche « Une seule santé » Comité de lutte contre la RAM Cinq sous- comités de lutte contre la RAM Créé en 2019, il supervise sept comités thématiques pour l’approche « Une seule santé » L'un des sept comités thématiques, composé de représentants de tous les secteurs concernés et des partenaires de mise en œuvre. Il sert d'organe de décision et de réglementation concernant les stratégies de lutte contre la RAM dans tous les secteurs. Se focalisent sur la surveillance des laboratoires ; la consommation, la qualité et l'utilisation rationnelle des antimicrobiens; la réglementation ; la communication et la sensibilisation du public ; et la lutte anti-infectieuse. 55. Sensibilisation et connaissances relatives à la RAM Statut au terme de l’enquête TrACSS 2019-2020 • Campagne de sensibilisation à la RAM à l'échelle nationale, soutenue par le gouvernement, ciblant tous ou la plupart des groupes de parties prenantes prioritaires, sur la base d'une analyse des parties prenantes, en utilisant des messages ciblés dans les secteurs. • La lutte contre la RAM est intégrée dans la formation initiale de tous les corps de professionnels concernés. Une formation en cours d’emploi ou d’autres activités de développement professionnel continu couvrant la RAM sont proposées à tous les agents travaillant dans le domaine de la santé humaine. Cible nationale • Élaborer des programmes de communication publique fondés sur des données probantes et ciblant les parties prenantes (verticales et horizontales, formelles ou informelles) dans les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale et dans l’agroalimentaire. Principales conclusions • Des campagnes publiques de sensibilisation à la RAM ont lieu pendant la Semaine mondiale annuelle pour un bon usage des antimicrobiens (WAAW) ; cependant, les activités nationales et régulières de sensibilisation à la RAM sont limitées, et il existe peu d'ateliers de formation à la RAM à l'intention des professionnels de la santé au-delà de la WAAW. • Le comité de lutte contre la RAM encourage la création d’un réseau de journalistes chargés de communiquer au sujet de la RAM. Recommandations • Promouvoir un plaidoyer et une éducation sur la RAM fondés sur des données factuelles et adaptés aux publics prioritaires (communauté, professionnels de la santé et décideurs) afin de favoriser un changement de comportement. • S’assurer que les résultats obtenus dans le cadre de la surveillance de la RAM sont accessibles et compréhensibles pour les décideurs politiques afin que cela puisse orienter les décisions politiques et l’allocation des ressources en faveur des activités de lutte contre la RAM. Activités de sensibilisation visant le grand public Le Burkina Faso s’est engagé dans des campagnes publiques de sensibilisation à la RAM articulées autour de la Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens (WAAW) de l’OMS. Au cours de la WAAW 2019, les activités ont notamment consisté en des discussions de groupe et des tables rondes avec des autorités politiques et sanitaires, ainsi qu'en l'élaboration et la diffusion de publicités et d'émissions télévisées sur la RAM menées et financées par l'OMS et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. Les résultats d’un essai randomisé par grappes mené au Burkina Faso entre 2011 et 2014 ont montré que les campagnes de sensibilisation radiodiffusées ont conduit à une intensification des comportements de recherche de santé au niveau communautaire (12). Des campagnes similaires sur l’utilisation appropriée des antibiotiques pourraient cibler un vaste auditoire et sensibiliser le public sur les dangers de l’automédication. À en croire les informateurs clés, le comité de lutte contre la RAM a organisé un atelier dans le but de créer un réseau de journalistes chargé d’intensifier la communication sur la lutte contre la RAM. Activités d’acquisition des connaissances et de sensibilisation ciblant les parties prenantes concernées D’après les informateurs clés, un cours diplômant sur les tests de sensibilité aux antimicrobiens et sur l’hygiène en milieu hospitalier a été mis en place pour promouvoir l’acquisition des connaissances sur la RAM dans un cadre d’éducation formelle. Le Burkina Faso participe également à un atelier interuniversitaire annuel de 5 semaines, un cours multidisciplinaire dispensé en français sur la résistance aux antibiotiques en Afrique, qui est organisé en collaboration avec l'Université de Montpellier et accueille 50 à 55 professionnels de la santé provenant de 15 à 20 pays francophones d'Afrique subsaharienne. (13). Les connaissances, attitudes et pratiques des travailleurs de la santé de Bobo Dioulasso, la deuxième plus grande ville du Burkina Faso, sur la RAM ont été évaluées entre février et avril 2018 ; les connaissances sur la RAM et l’utilisation prudente des médicaments antimicrobiens ont été jugées moyennes (score moyen de 66,4 % ± 11,1 %). L’expérience clinique et le contact avec les patients lors des consultations étaient les deux principaux déterminants de la prescription d’antimicrobiens. La grande majorité (plus de 80 %) des participants ont avancé que des programmes éducatifs supplémentaires étaient nécessaires pour améliorer la culture de prescription actuelle (14). 6Plan d'action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens du Burkina Faso. Examen et recommandations pour l’accélération des progrès dans le secteur de la santé humaine 6. Capacité de surveillance, de laboratoire et de diagnostic Statut au terme de l’enquête TrACSS 2019-2020 • Le système national de surveillance de la RAM intègre la surveillance de la RAM dans tous les secteurs de la santé humaine et de la santé animale et génère des rapports réguliers couvrant au moins un indicateur commun. • Tous les laboratoires réalisant des tests de sensibilité aux antimicrobiens sont intégrés dans le système de surveillance de la RAM, mais les rôles doivent être mieux formalisés et le réseau mieux développé. Cible nationale • Mettre en place un système national de surveillance de la RAM et de l’utilisation des antimicrobiens Principales conclusions • Des lignes directrices nationales sur la surveillance de la RAM et l’utilisation des antimicrobiens ont été établies. • Le ministère de la santé a mené des études pilotes sur la RAM, la consommation des antimicrobiens et l’utilisation des antimicrobiens ; toutefois, les données nationales sur la RAM ne font pas l’objet de communications régulières. Recommandations • Renforcer la surveillance de la résistance aux antimicrobiens et les capacités des laboratoires afin d'améliorer la collecte, l'analyse et la communication des données, de produire des données probantes pour éclairer la prise de décision et de faciliter le partage systématique des données tant au sein des secteurs qu'entre eux et le système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (GLASS) de l'OMS. • Promouvoir l'utilisation des technologies de l'information en allouant des ressources financières et techniques suffisantes pour renforcer la surveillance, les capacités des laboratoires et la production de rapports. • Veiller à ce que le laboratoire national de référence fasse partie d’un programme d’assurance qualité externe ; La direction des laboratoires supervise le système de surveillance de la RAM dans les secteurs de la santé humaine et animale du pays, composé en 2018 de 15 laboratoires désignés, dont le LNR pour la détection des agents pathogènes de la RAM et le laboratoire national de référence vétérinaire. (15). Selon le rapport d'évaluation externe conjointe de 2017, le Burkina Faso dispose d'un réseau national de laboratoires constitué de 53 laboratoires dans les centres médicaux, de 8 laboratoires dans les centres hospitaliers régionaux, de 5 laboratoires dans les centres hospitaliers universitaires, d'un laboratoire national vétérinaire et de 6 laboratoires régionaux vétérinaires non opérationnels. (16). Des tests de sensibilité aux antimicrobiens sont systématiquement réalisés dans les laboratoires de santé humaine et animale, mais ces activités ne couvrent pas l’industrie alimentaire. Une évaluation réalisée par le ministère de la santé en 2017 a révélé que seule une fraction des laboratoires étaient capables de recueillir des données sur la RAM en raison du défaut de ressources telles que les réactifs, les milieux de culture et d’autres matériels. En outre, les laboratoires de référence pour le VIH ne respectaient pas les normes de l'OMS en matière de tests de résistance, conformément au plan d'action de lutte contre la RAM. (1). Un programme d'assurance qualité externe destiné aux laboratoires a été mis en œuvre de 2006 à 2010 par la direction des laboratoires avec le concours d'un financement externe. Le nombre de laboratoires participants a augmenté au cours des quatre années, et le programme a permis de constater une amélioration statistiquement significative des résultats bactériologiques. (17). Conformément à l'objectif stratégique du PAN-RAM du pays visant à renforcer la surveillance de la RAM et la recherche y afférente, le ministère de la santé a élaboré en 2018 un guide national pour la surveillance de la RAM en laboratoire. Ce guide contient une liste d’antibiotiques inspirée des données issues des enquêtes sur la consommation d’antimicrobiens visant à tester la résistance de diverses bactéries, et désigne 15 laboratoires comme centres pilotes de surveillance de la RAM. En 2019, le LNR chargé de la détection des pathogènes de la RAM a été installé à l'hôpital universitaire Souro Sanou de Bobo Dioulasso. (16). Les résultats de la surveillance de la RAM au cours des années 2018 et 2019 sont disponibles et comprennent les données issues de 13 (2465 isolats) et 16 (3708 isolats) laboratoires, respectivement (10, 11). E. coli, S. aureus et Klebsiella spp. sont les agents pathogènes les plus fréquemment isolés. La résistance la plus élevée a été observée pour les pénicillines (90 %), les sulfamides (plus de 80 %), les quinolones (plus de 60 %) et les céphalosporines de troisième génération (plus de 50 %). Cependant, le Burkina Faso ne communique pas les données relatives à la surveillance de la résistance aux antimicrobiens au système GLASS de l’OMS. Le LNR fournit des services d’assurance qualité externes aux laboratoires intégrés dans le système de surveillance de la RAM, mais n’est pas lui-même inclus dans un programme d’assurance qualité externe. Le soutien financier reste un défi de taille dans le développement et le renforcement de la surveillance et de la capacité des laboratoires (17). Les laboratoires capables de réaliser des tests de sensibilité aux antimicrobiens auraient besoin d’un soutien financier constant pour assurer un approvisionnement continu en réactifs, de même que la formation de personnel qualifié et l’assurance qualité. Les discussions avec les informateurs clés ont mis en évidence les succès obtenus dans le développement de la surveillance de la RAM et de la capacité des laboratoires, qui comprend un système fonctionnel de surveillance de certaines infections associées aux soins (IAS). 77. Lutte anti-infectieuse, eau, assainissement et hygiène (WASH) et vaccination Statut au terme de l’enquête TrACSS 2019-2020 • Un programme national de lutte anti-infectieuse et un plan opérationnel sont disponibles et des directives nationales pour la lutte anti-infectieuse au niveau des établissements de santé ont été élaborées et diffusées. • Certains établissements de santé appliquent ces lignes directrices ; la mise en œuvre fait l’objet d’un suivi et un retour d’information est assuré. Cible nationale • Élaborer des normes et des lignes directrices en matière d’hygiène pour les hôpitaux, les établissements de soins de santé, les cabinets médicaux et les cliniques vétérinaires, et superviser l’application de ces éléments d’orientation. Principales conclusions • La lutte anti-infectieuse est encouragée dans les hôpitaux, et il existe des éléments qui attestent de la surveillance des infections associées aux soins, de la fourniture d’un appui technique et de l’existence de lignes directrices pour les professionnels de la santé et les établissements de soins. • Un plan national de lutte anti-infectieuse a été conçu et est actuellement mis en œuvre dans certains établissements, assorti de programmes d’établissement de rapports, de suivi et d’évaluation opérationnels. Recommandations • Renforcer la lutte anti-infectieuse ainsi que les services d’eau, d’assainissement et d’hygiène en assurant un approvisionnement adéquat en produits désinfectants et d’hygiène essentiels et en réalisant des activités de sensibilisation et de développement des connaissances ciblant les travailleurs de la santé. IPC L’indice de sécurité sanitaire mondiale classe le Burkina Faso au 165e rang sur 195 pays en termes de prévention globale des maladies (3). Cependant, des efforts concertés en matière de lutte anti-infectieuse sont menés au niveau des établissements de soins de santé. Un guide national sur la surveillance des infections associées aux soins a été élaboré en 2019. Selon un informateur clé, la lutte anti-infectieuse est encouragée par des lignes directrices techniques cohérentes en matière d’hygiène pour les hôpitaux et les établissements de soins de santé ; cependant, les données nationales sur les infections associées aux soins ne sont pas disponibles et doivent être communiquées de manière plus systématique. Les établissements de soins de santé sont censés respecter 11 pratiques essentielles d’hygiène hospitalière qui nécessitent un accès quotidien et suffisant aux désinfectants. Le manque de produits désinfectants et de sensibilisation du personnel de santé entrave souvent la mise en œuvre de ces pratiques. (18). WASH Une enquête auprès des ménages menée entre 2018 et 2019 a permis d’évaluer le statut de plus de 30 000 enfants en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène dans le district de Nouna, et a révélé que l’utilisation de latrines non améliorées et la pratique de la défécation à l’air libre étaient courantes ; seuls environ 6 % de tous les enfants interrogés vivaient dans des ménages disposant de latrines améliorées. Les puits ordinaires étaient la source d’eau la plus courante (85 %), et les forages étaient moins fréquents (14 %) (19). L’Observatoire burkinabé pour la qualité et la sécurité des soins (20) a été créé à la suite d’un appel lancé par le CDC en faveur d’initiatives sur la RAM en 2019). (21). L’Observatoire burkinabé pour la qualité et la sécurité des soins est chargé de surveiller et d’améliorer les services d’eau, d’assainissement et d’hygiène dans les établissements de soins de santé à l’échelle nationale. Selon un rapport de l’OMS de 2020, 91 % des hôpitaux disposaient d’un service d’alimentation en eau de base et 100 % étaient dotés de postes de lavage des mains sur les lieux de soins. Le rapport fait état d’un engagement du gouvernement du Burkina Faso à augmenter le nombre d’installations d’assainissement et de postes de lavage des mains dans les établissements de soins de santé. La vaccination La couverture vaccinale au Burkina Faso est élevée, les estimations officielles de 2019 indiquant une couverture de 91 % pour le Haemophilus influenzae type b (Hib-3) et le pneumocoque (PCV-13) (22). Les vaccins recommandés dans le Programme élargi de vaccination sont fournis gratuitement aux patients et régulièrement administrés dans les centres de santé publics (23). Entre 2001 et 2023, le Burkina Faso a reçu ou obtenu des promesses de soutien de Gavi, l'Alliance du Vaccin, pour un montant de plus de 232 millions de dollars É.-U. La plupart des fonds ont été alloués aux vaccins pentavalents (plus de 65 millions de dollars É.-U.), suivis des vaccins antipneumococciques (63 millions de dollars É.-U.) et des rotavirus (près de 43 millions de dollars É.-U.) (24). Les épidémies de méningite sont fréquentes au Burkina Faso, et sont principalement (90 %) causées par les méningocoques du groupe A (25). (25) Le pays a été parmi les premiers à introduire le vaccin conjugué contre le méningocoque dans l’optique de remédier à cette situation. Le Burkina Faso a également été le premier pays à introduire le vaccin antirotavirus pentavalent (RotaTeq) dans son programme national de vaccination en 2013. Après l’introduction du RotaTeq, le nombre d’hospitalisations dues à une gastro- entérite aiguë a quasiment diminué de moitié entre 2014 et 2016 chez les enfants de moins de cinq ans (23, 26). 8Plan d'action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens du Burkina Faso. Examen et recommandations pour l’accélération des progrès dans le secteur de la santé humaine 8. Accès et usage optimal des antimicrobiens Les dispositions relatives à l'utilisation rationnelle des antimicrobiens sont intégrées dans le PAN-RAM. Un guide pratique national pour la prescription appropriée d'antibiotiques a été élaboré en août 2020. Ce guide entend aider les professionnels de santé à procéder à une utilisation rationnelle des médicaments antimicrobiens. Une liste nationale de médicaments essentiels, qui intègre la classification AWaRe (Access, Watch et Reserve) de l'OMS, et des directives pour le traitement des maladies infectieuses courantes ont été élaborées. Ces outils sont exclusivement destinés aux professionnels de santé. L’utilisation des antimicrobiens est réglementée dans les secteurs de la santé animale, de l’agriculture et de l’environnement par les ministères concernés, et la qualité des médicaments est évaluée. Même si des règles standard de prescription et d'administration sont établies pour la plupart des médicaments, la réglementation n'est pas strictement appliquée. Par exemple, la vente libre d'antipaludéens et de certains antibiotiques est pratiquée, ainsi que la distribution communautaire d'amoxicilline et d'antipaludéens. (1). Une étude qualitative a été menée en 2017 afin d’examiner les déterminants contextuels de l’élaboration et de la mise en œuvre des programmes de gestion des antimicrobiens. Huit professionnels de la santé de deux hôpitaux ont été interrogés sur leurs perceptions des programmes de gestion des antimicrobiens. Les professionnels ont indiqué que, bien que le gouvernement national soit responsable de l'élaboration et de la mise en œuvre des programmes de lutte contre la RAM, ce dernier brille par son manque d'engagement. En outre, l'analyse a conclu que les directives nationales sur la gestion des antimicrobiens n'étaient pas adaptées au contexte des établissements de santé du pays. (27). Cependant, des comités pharmaceutiques et thérapeutiques ont été mis en place dans les principaux hôpitaux, et des guides thérapeutiques normalisés ont été élaborés pour soutenir les activités de gestion des antimicrobiens et promouvoir une prescription appropriée. Un guide national pour le suivi de l'utilisation des médicaments antimicrobiens et de la consommation d'antimicrobiens a été élaboré en août 2020 avec le soutien de l'OMS, et le système d'information sanitaire de district 2 (DHIS 2) est le système d'information sanitaire désigné pour la collecte des données sur la consommation d'antimicrobiens et l'utilisation des médicaments antimicrobiens (28). Selon le guide, les données relatives à la consommation des antimicrobiens doivent être collectées annuellement à tous les échelons de la chaîne d’approvisionnement en antimicrobiens. Les données relatives à l’utilisation des médicaments antimicrobiens doivent être collectées tous les deux ans. Une enquête pilote de prévalence ponctuelle a été administrée dans cinq hôpitaux en 2020, et les données recueillies auprès de 480 patients ont été enregistrées dans la plateforme DHIS 2. (29). Statut au terme de l’enquête TrACSS 2019-2020 • Les lignes directrices et autres pratiques permettant une utilisation appropriée des antimicrobiens ont été mises en œuvre dans la plupart des établissements de santé à l’échelle du pays. Les résultats du suivi et de la surveillance sont utilisés pour orienter les interventions et pour actualiser les directives thérapeutiques et les listes de médicaments essentiels. Cible nationale • Améliorer l'utilisation des antimicrobiens dans les domaines de la santé humaine, animale et agricole. Principales conclusions • Des lignes directrices nationales sur la gestion des antimicrobiens et des guides thérapeutiques ont été élaborés à l’appui des activités liées à la gestion des antimicrobiens. • Le gouvernement et les partenaires sont conscients de la nécessité d'élaborer un cadre réglementaire rigoureux pour la prescription d'antimicrobiens. • Les efforts nationaux visant à renforcer les activités de surveillance du marché (qui incluent les antibiotiques) ont été fructueux et ont permis de garantir la qualité des médicaments et de recueillir des données sur les ventes auprès des cinq principaux grossistes privés du pays. Recommandations • Renforcer le cadre réglementaire et l'application des dispositions imposant la vente d'antimicrobiens exclusivement sur ordonnance. • Enrichir la chaîne d’approvisionnement en antimicrobiens de qualité et abordables, en particulier les antibiotiques de la catégorie Access, et les kits de diagnostic sur le lieu des soins. • Veiller à ce que les guides thérapeutiques soient fondées sur des données locales et régulièrement mis à jour pour favoriser une prescription appropriée et une bonne gestion des antimicrobiens (AMS) et surveiller leur adoption et leur utilisation, par exemple en procédant aux audits de la prescription. • Encourager la mise en place de comités multidisciplinaires de gestion des antimicrobiens dans les hôpitaux, réunissant des spécialistes des maladies infectieuses, des microbiologistes, des pharmaciens, des infirmières et des hygiénistes. 9Une évaluation de la consommation d’antimicrobiens au Burkina Faso entre 2017 et 2018 a révélé que les antimicrobiens les plus consommés étaient les bêta- lactamines, suivis par le cotrimoxazole, l’amoxicilline, la ciprofloxacine, l’érythromycine et la doxycycline. En outre, les importations d'antimicrobiens et la distribution en gros ont augmenté, s'inscrivant dans une tendance observée les années précédentes. La croissance démographique, l'évolution des profils épidémiologiques des maladies et la faiblesse du système de surveillance de la consommation ont été invoqués comme des facteurs susceptibles d'avoir contribué à cette augmentation. (30). Selon le peu de données disponibles, la solution au problème des niveaux élevés d'utilisation inappropriée des médicaments antimicrobiens ne peut être trouvée qu'en assurant un approvisionnement fiable en antimicrobiens de qualité, en particulier en antibiotiques de la catégorie Access, et en renforçant la prescription conformément aux directives nationales. Une étude de 2014 a rapporté que la ceftriaxone était l’antibiotique le plus prescrit dans un établissement tertiaire, et que seuls 15,3 % des patients passaient des tests bactériologiques. Il a été estimé qu’un tiers des patients ont reçu de la ceftriaxone à tort ( ). Une autre étude a montré que parmi 920 patients admis dans un hôpital rural pour une fièvre aiguë sévère, 39,5 % avaient utilisé des antibiotiques au cours des deux semaines précédant leur admission à l'hôpital ; une petite proportion d'entre eux avait consommé plus d'un antibiotique. (31). Une proportion importante (37,5 %) des antimicrobiens consommés appartenait à la catégorie des antibiotiques du groupe Watch de l’OMS et l’antibiotique le plus utilisé était la ceftriaxone (26,9 %). Les résultats sont similaires en ce qui concerne les habitudes de prescription d'antibiotiques pour le traitement des états fébriles chez les enfants de moins de 5 ans : une surprescription d'antibiotiques a été observée dans plus de la moitié des cas dans les établissements primaires et tertiaires ; la fréquence la plus élevée a été observée chez les enfants présentant une diarrhée (91 %), des infections des voies respiratoires supérieures (60 %) et un paludisme (48 %). (33). 9. Recherche -développement recherche doivent assurer la coordination de la collecte de données sur la RAM suivant l’approche « Une seule santé » et les analyser systématiquement pour informer les décideurs et le public des changements observés dans l’épidémiologie locale des infections courantes et naissantes résistantes aux médicaments au Burkina Faso. Celte analyse contribuera à orienter la mise en œuvre du PAN-RAM et l’élaboration des politiques en assurant la traduction en temps opportun des données recueillies dans le cadre des activités de surveillance en recommandations politiques exploitables. Des chercheurs issus de centres médicaux et de recherche, dont le LNR pour la détection des agents pathogènes de la RAM, ont mené des recherches visant à combler le manque de données sur la charge de la RAM au Burkina Faso. (34, 35, 36, 37). Des recherches ont également été menées pour comprendre les obstacles contextuels à la mise en œuvre d'un système d'aide à la décision pour la prescription d'antibiotiques dans le cadre des soins primaires. (38). L’Institut de médecine tropicale de Belgique a mis en place un programme de développement en collaboration avec l’Unité de recherche clinique de Nanoro qui vise principalement à accroître les connaissances et la qualité de la recherche et à promouvoir les innovations dans le pays. (39). Près de 1,7 million d'euros ont été alloués au programme entre 2017 et 2021. Selon l’analyse de la revue documentaire et les observations formulées par les informateurs clés, les institutions de recherche ne sont pas suffisamment représentées au sein du comité de lutte contre la RAM, même si le développement de stratégies de recherche sur la RAM figure parmi les principales priorités pour les deux ou deux prochaines années. Les institutions de Cible nationale • Créer un fonds pour soutenir les programmes et projets de recherche sur la RAM et l’utilisation des médicaments antimicrobiens. Principales conclusions • Une stratégie de recherche sur la RAM clairement définie n’a pas été établie dans le pays. • Les chercheurs du Burkina Faso mènent activement des recherches sur la RAM, aux côtés de collaborateurs internationaux. Recommandations • Accroître la représentation des institutions de recherche au sein du comité de lutte contre la RAM ; • Créer un comité scientifique sur la RAM chargé de coordonner la recherche sur la RAM, la gestion des données et l’analyse dans les différents secteurs. Plan d'action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens du Burkina Faso. Examen et recommandations pour l’accélération des progrès dans le secteur de la santé humaine Les principales recommandations en matière de politique et d’action sont les suivantes : Assurer l'approbation officielle du plan stratégique national multisectoriel de lutte contre la résistance aux antimicrobiens (phase II) du Burkina Faso, qui soit assorti d'un cadre de suivi et d'évaluation (S&E) et d'un plan opérationnel chiffré. Établir une structure de gouvernance claire et fonctionnelle pour les activités du PAN, comportant une sanction juridique, dotée de ressources financières et humaines dédiées à la mise en œuvre, de procédures opérationnelles standard, de mécanismes de redevabilité, d'établissement de rapports et de coordination assorti d’un engagement durable basé sur le partage des données en temps opportun et la transparence. • La législation et la réglementation sont des mécanismes de mise en œuvre essentiels pour concrétiser les principaux objectifs de la politique de santé. S’assurer qu’il est possible d’impliquer différents ministères et départements aux niveaux national et infranational, conformément aux lois et règlements du cadre juridique national. Actionner les outils juridiques appropriés pour assurer la mise à disposition de budgets pour les activités du PAN-RAM ; • Nommer ou désigner les membres des sous-comités de lutte contre la RAM pour leur permettre d'exercer pleinement leurs rôles. • Élaborer une vision commune et favoriser l'appropriation par les ministères participants, les organisations et les autres parties prenantes du comité chargé de la lutte contre la RAM. Veiller à ce que les rôles et responsabilités de chacun soient clairement définis et communiquer régulièrement sur leurs activités aux autres parties prenantes au sein des secteurs et entre eux. • Mettre en place un Secrétariat de programme dédié, doté d’un budget et de ressources humaines spécifiques, ainsi qu’un plan de suivi et d’évaluation pour surveiller les progrès de la mise en œuvre du PAN-RAM ; • Définir des normes de pratique et des modes opératoires normalisés pour les comités du PAN-RAM, et dresser un calendrier de réunions, d’établissement de rapports de situation annuels et de partage des données entre les membres des comités et les ministères participants. Cette mesure permettra d’assurer la participation, de favoriser la collaboration dans la préparation à la lutte contre la RAM et de rendre compte des activités du programme. Le rapport annuel d’activité sur la mise en œuvre du PAN-RAM devrait être communiqué régulièrement à toutes les parties prenantes, y compris au grand public, afin de renforcer 10. Principales recommandations relatives aux politiques et aux actions visant à accélérer la mise en œuvre du PAN-RAM Au cours des dernières années, le Burkina Faso a reconnu la menace posée par la RAM et a pris des mesures pour y faire face, notamment en mettant en œuvre des activités de surveillance de la RAM et de la qualité des médicaments. Malgré ces progrès, plusieurs faiblesses subsistent. L’absence d’un cadre juridique permettant de reconnaître le PAN-RAM (élaboré en 2017) comme un programme gouvernemental et de débloquer le soutien financier gouvernemental y afférent continue de poser problème. Cependant, l'engagement et le leadership politiques forts qui sont nécessaires à la lutte contre la RAM au Burkina Faso ont été démontrés en 2019 avec l'adoption du décret présidentiel sur la plateforme pour le renforcement de l’approche « Une seule santé ». Dans le cadre de la plateforme, sept comités ont été créés, parmi lesquels le comité national de lutte contre la RAM, dont le but est d’accélérer les activités liées à la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. La création d’un comité de lutte contre la RAM et de ses sous-comités constitue une avancée vers la réalisation des objectifs énoncés dans le PAN-RAM ; cependant, une définition officielle des responsabilités est nécessaire pour promouvoir des réunions régulières, suivre les progrès et relever les défis. 10 1 2 11 la participation et l’adhésion des citoyens (essentielles à un usage approprié des antibiotiques). Les rapports annuels d’activité peuvent être rendus publics. Promouvoir un plaidoyer sur la RAM fondé sur des données probantes et adapté aux publics prioritaires (communauté, professionnels de la santé et décideurs) afin de favoriser un changement de comportement. • Des messages simples, efficaces et conçus au niveau local doivent cibler deux parties prenantes majeures : les décideurs politiques aux niveaux national et provincial afin d’accroître leur compréhension de la RAM et de plaider en faveur de l’allocation des ressources, et les travailleurs de la santé dans l’optique de promouvoir un changement de comportement autour de la prescription et de l’utilisation des antimicrobiens. • Des campagnes sur l’usage des antibiotiques et la menace posée par la RAM pourraient être mises à profit pour mobiliser et permettre à la communauté de devenir un intervenant actif dans la lutte contre la RAM. Des messages simples indiquant quand et comment recourir aux antibiotiques pourraient écarter certaines résistances et œuvrer en faveur de l’utilisation judicieuse des antibiotiques. Il ressort des données probantes que l’automédication est pratiquée dans le but de réduire les dépenses directes dans les milieux à faibles ressources confrontés à un fardeau élevé de maladies infectieuses. Renforcer la surveillance de la résistance aux antimicrobiens et les capacités des laboratoires afin d'améliorer la collecte, l'analyse et la communication des données, de produire des données probantes pour éclairer la prise de décision et de faciliter le partage systématique des données tant au sein des secteurs qu'entre eux et le système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (GLASS) de l'OMS. • Renforcer les capacités de laboratoire en mettant à disposition des ressources financières et techniques suffisantes et en assurant une formation systématique du personnel de laboratoire qualifié. • Introduire des systèmes informatiques d’information sanitaire efficaces afin de normaliser la collecte, l’analyse et le partage des données sur la RAM, la consommation et l’utilisation des antimicrobiens dans le but d’éclairer les décisions politiques et les interventions fondées sur des données probantes. Veiller à ce que le laboratoire national de référence fasse partie d’un programme d’assurance qualité externe ; • Bien qu'un système de surveillance des laboratoires bien conçu, qui comprend la surveillance de certaines infections associées aux soins soit fonctionnel, le LNR doit adopter un mécanisme d'assurance qualité externe. Renforcer la lutte anti-infectieuse ainsi que les services d’eau, d’assainissement et d’hygiène en assurant un approvisionnement adéquat en produits désinfectants et d’hygiène essentiels et en réalisant des activités de sensibilisation et de développement des connaissances ciblant les travailleurs de la santé. • Voir les activités de santé publique en cours sous le prisme de la RAM afin de tirer parti des possibilités interdisciplinaires et de modifier le comportement des communautés et des travailleurs de la santé en ce qui concerne l'utilisation des antibiotiques. Renforcer le cadre réglementaire et l'application de la vente d'antimicrobiens uniquement sur ordonnance et étoffer la chaîne logistique en antimicrobiens de qualité et abordables, en particulier les antibiotiques dont l’accessibilité est essentielle, et les diagnostics au point de service. Veiller à ce que les guides thérapeutiques soient fondées sur des données locales et régulièrement miss à jour pour favoriser une prescription appropriée et une bonne gestion des antimicrobiens (AMS) et surveiller leur adoption et leur utilisation. The establishment of multidisciplinary AMS committees in hospitals. • Les comités multidisciplinaires de gestion des antimicrobiens devraient être composés de spécialistes des maladies infectieuses, de microbiologistes, de pharmaciens, d'infirmiers et d'hygiénistes. Créer un comité scientifique sur la RAM chargé de coordonner la recherche sur la RAM, la gestion des données et l’analyse dans les différents secteurs. 3 5 6 8 10 7 9 4 Plan d'action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens du Burkina Faso. Examen et recommandations pour l’accélération des progrès dans le secteur de la santé humaine 12 Références 1. Plan d’action national multisectoriel de lutte contre la résistance aux antimicrobiens : Octobre 2017 – septem- bre 2017. Ouagadougou: Ministère de la santé du Burkina Faso; 2017 (https://docs.google.com/document/d/1QK- gV_Px0IIgWfbUz7aKiotHE-QW8jmxSAaPttC3dbLM/edit, consulté le 26 octobre 2021) (en français). 2 . Données ouvertes de la Banque mondiale [base de don- nées]. Washington (DC): Banque mondiale; 2021 (https:// data.worldbank.org/, consulté le 30 octobre 2021). 3. Profil pays du Burkina Faso dans l'Indice de sécurité sanitaire mondiale 2019. In: Indice de sécurité sanitaire mondiale [site web]. 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Key facts
Document type Publications
Adoption date
Source World Health Organization