CONSEIL EXÉCUTIF EB146/10 Cent quarante-sixième session 11 décembre 2019 Point 10 de l’ordre du jour provisoire Mettre fin à la tuberculose Progrès dans la mise en œuvre de la Stratégie mondiale et des cibles pour la prévention de la tuberculose, les soins et la lutte après 2015 (Stratégie pour mettre fin à la tuberculose) Rapport du Directeur général Contexte 1. Principale cause de décès dû à une maladie infectieuse dans le monde, la tuberculose est une maladie qui se transmet par voie aérienne et que l’on peut traiter. Il s’agit également de la première cause de décès chez les personnes vivant avec le VIH et de l’une des principales infections pharmacorésistantes. En 2014, dans sa résolution WHA67.1, la Soixante-Septième Assemblée mondiale de la Santé a adopté la Stratégie mondiale et les cibles pour la prévention de la tuberculose, les soins et la lutte après 2015, souvent désignée comme Stratégie pour mettre fin à la tuberculose.1 Cette stratégie a ensuite été adoptée et transcrite dans des plans régionaux ou défendue par des comités régionaux. En 2015, les chefs d’État et de gouvernement des Nations Unies ont adopté les objectifs de développement durable, dont l’une des cibles (cible 3.3) est de mettre fin à l’épidémie de tuberculose d’ici à 2030. En 2016 et 2017, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a signalé, dans son rapport annuel sur la lutte contre la tuberculose dans le monde, que les mesures et les investissements étaient très loin de suffire pour atteindre les cibles fixées à l’horizon 2030. En 2017, l’Assemblée mondiale de la Santé a établi le premier rapport sur les progrès dans la mise en œuvre de la Stratégie.2 Ce rapport insistait sur la nécessité d’accélérer les interventions, y compris en renforçant l’engagement politique. En novembre 2017, la première conférence ministérielle organisée par l’OMS sur l’élimination de la tuberculose s’est tenue à Moscou, et la première réunion de haut niveau de l’Assemblé générale des Nations Unies sur la lutte contre la tuberculose a eu lieu en septembre 2018 ; cette conférence et cette réunion ont débouché sur des déclarations décisives.3 1 Voir le document A67/11 (2014). 2 Document A70/38, section E (2017). 3 Déclaration de Moscou pour mettre fin à la tuberculose. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2017 (http://www.who.int/tb/Moscow_Declaration_MinisterialConference_TB/en/, consulté le 23 octobre 2019) ; Déclaration politique issue de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la lutte contre la tuberculose, résolution 73/3 (2018) (http://www.un.org/en/ga/search/view_doc.asp?symbol=A/RES/73/3&Lang=F, consulté le 23 octobre 2019). EB146/10 2 2. Ce deuxième rapport sur les progrès dans la mise en œuvre de la Stratégie décrit les mesures déployées par rapport aux engagements pris dans les déclarations, dans la résolution WHA71/3 (2018) et dans les résolutions et les documents connexes adoptés par des comités régionaux.1 Il s’appuie sur le rapport élaboré en 2019 par le Directeur général à propos des conséquences de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la lutte contre la tuberculose.2 Il intègre les conclusions principales du rapport 2019 sur la tuberculose dans le monde,3 qui reposent sur des données fournies par plus de 200 pays dans le monde représentant 99 % de la population mondiale. Engagements, jalons et cibles 3. Un aperçu des cibles, des jalons, des principes, des piliers et des composantes associées de la Stratégie pour mettre fin à la tuberculose est disponible à l’adresse https://www.who.int/tb/post2015_ TBstrategy.pdf?ua=1. Le Tableau ci-dessous présente les cibles supplémentaires adoptées en 2018 par l’Assemblée générale des Nations Unies sur la lutte contre la tuberculose.4 Tableau. Cibles mondiales relatives à la tuberculose pour la période 2018-2022 fixées par la déclaration politique adoptée en 2018 à l’issue de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la lutte contre la tuberculose Indicateur Cible Nombre de cas de tuberculose diagnostiqués et traités 40 millions de personnes, dont 3,5 millions d’enfants, et 1,5 million de personnes atteintes de la forme pharmacorésistante de la maladie, dont 115 000 enfants, sur la période 2018-2022 Nombre de personnes ayant reçu un traitement de prévention de la tuberculose Au moins 30 millions de personnes, dont 4 millions d’enfants de moins de 5 ans, 20 millions de ménages en contact avec des personnes atteintes de tuberculose et 6 millions de personnes vivant avec le VIH et le sida, sur la période 2018-2022 Mobiliser à l’échelle mondiale un financement suffisant et durable pour l’accès universel à la prévention, au dépistage, au traitement et à la prise en charge de qualité de la tuberculose Au moins US $13 milliards par an d’ici à 2022 Mobiliser à l’échelle mondiale un financement suffisant et durable pour la recherche sur la tuberculose US $2 milliards par an, sur la période 2018-2022 1 Voir la résolution EM/RC64/R.1 (2016) et les documents F CD56/INF/22 (2018), SEA-RC70/8 (2017) et SEA-RC72/9 (2019). 2 Document A72/20 (2018). 3 Rapport sur la tuberculose dans le monde 2019. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2019 (http://www.who.int/tb/publications/global_report/en/, consulté le 22 octobre 2019). 4 Voir la résolution 73/3 (2018) de l’Assemblée générale des Nations Unies. EB146/10 3 Les progrès en vue d’atteindre les cibles 4. Réduction de l’incidence de la tuberculose et de la mortalité due à la maladie. On a enregistré des progrès notables dans deux Régions. La Région européenne est sur la bonne voie pour atteindre les jalons d’une réduction de l’incidence de la tuberculose et de la mortalité due à la maladie d’ici à 2020, et on observe également une diminution relativement rapide de l’incidence et de la mortalité dans la Région africaine de l’OMS. Pour autant, la majorité des Régions et de nombreux pays où la charge de tuberculose est élevée1 ne sont pas encore en voie d’atteindre les jalons prévus par la Stratégie pour mettre fin à la tuberculose à l’horizon 2020. À l’échelle mondiale, la réduction cumulée de l’incidence de la maladie entre 2015 et 2018 s’élevait à 6,3 %, loin du jalon de 20 % entre 2015 et 2020 prévu par la Stratégie. La réduction du nombre de décès dus à la tuberculose entre 2015 et 2018 était de 11 %, soit moins d’un tiers de l’objectif de 35 % à l’horizon 2020 pour atteindre un nouveau jalon. Dans l’ensemble, l’OMS estime que plus de 58 millions de vies ont été sauvées entre 2000 et 2018 grâce aux traitements de la tuberculose et aux soins liés à la maladie. 5. Les ménages touchés par des cas de tuberculose faisant face à des dépenses catastrophiques liées à la maladie. D’après les enquêtes nationales menées de 2016 à 2019, on estime qu’entre 27 % et 83 % des personnes atteintes de tuberculoses et leur famille font face à des dépenses globales catastrophiques.2 Dans le cas des patients atteints d’une forme pharmacorésistante de la maladie, la proportion est plus élevée : entre 67 % et 100 %. Les résultats des enquêtes sont utilisés pour orienter les approches de financement, de prestation de services et de protection sociale en vue de réduire ces coûts. D’ici à 2020, au moins 50 enquêtes nationales devraient avoir été menées au total. 6. Personnes enregistrées et traitées contre la tuberculose. D’après les données transmises par les pays, le jalon de 2018 en vue de parvenir à la cible de 40 millions de personnes signalées et traitées d’ici à 2022 a été atteint. En 2018, 7 millions de nouveaux cas de tuberculoses ont été notifiés, en hausse par rapport à 2017 où 6,4 millions de nouveaux cas avaient été enregistrés. Mais il reste un écart de 3 millions entre les 10 millions de (nouveaux) cas incidents estimés en 2018 et les 7 millions de cas déclarés, en raison de problèmes de sous-notification des cas détectés et de sous-diagnostic (lorsque les personnes qui sont atteintes de tuberculose évolutive ne sollicitent pas de soins ou qu’elles ne sont pas diagnostiquées lorsqu’elles le font). Dix pays représentent environ 80 % de cet écart. Les hausses de signalement sont dans une grande mesure dues à deux de ces pays,3 ce qui laisse à penser que des progrès supplémentaires sont possibles. Les enfants représentaient 8 % des cas signalés. En ce qui concerne la tuberculose pharmacorésistante, 186 772 cas de tuberculose multirésistante et de tuberculose résistante à la rifampicine ont été signalés en 2018, contre 160 684 en 2017, tandis que 156 071 personnes atteintes d’une forme de tuberculose multirésistante ont débuté un traitement, contre 139 114 en 2017. On estime que les personnes ayant commencé un traitement en 2018 ne représentent qu’un tiers des près de 500 000 personnes nécessitant des soins. Par conséquent, la tuberculose multirésistante continue d’être la source d’une crise de santé publique. 1 Ces 30 pays sont : l’Afrique du Sud, l’Angola, le Bangladesh, le Brésil, le Cambodge, la Chine, le Congo, l’Éthiopie, la Fédération de Russie, l’Inde, l’Indonésie, le Kenya, le Lesotho, le Libéria, le Mozambique, le Myanmar, la Namibie, le Nigéria, le Pakistan, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Philippines, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République démocratique populaire de Corée, la République-Unie de Tanzanie, la Sierra Leone, la Thaïlande, le Viet Nam, la Zambie et le Zimbabwe. 2 Défini par le protocole d’enquête standardisé de l’OMS comme entraînant des coûts médicaux directs, indirects et/ou une perte de revenus supérieure à 20 % du revenu annuel du ménage. 3 Ces 10 pays sont l’Afrique du Sud, le Bangladesh, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Nigéria, le Pakistan, les Philippines, la République démocratique du Congo et le Viet Nam. L’Inde et l’Indonésie sont les deux pays qui ont le plus contribué à la hausse des notifications de cas en 2018. EB146/10 4 7. Personnes traitées en prévention de la tuberculose. En 2018, il a été signalé que 1,8 million de personnes vivant avec le VIH ont débuté un traitement de prévention de la tuberculose, contre moins d’un million en 2017. Cela suggère qu’il est possible d’atteindre la cible de 6 millions de personnes vivant avec le VIH bénéficiant d’un traitement de prévention de la tuberculose sur la période 2018-2022. Néanmoins, davantage d’efforts doivent être fournis pour identifier les enfants et les adultes en contact avec des personnes atteintes de tuberculose, et pour commencer le traitement destiné aux personnes susceptibles de recevoir un traitement de prévention. À l’échelle mondiale, 349 487 enfants de moins de cinq ans ayant commencé un traitement de prévention de la maladie ont été signalés en 2018, contre 292 182 en 2017. Toutefois, cela ne représente que 27 % des enfants considérés comme susceptibles de recevoir un traitement de prévention. Moins de 80 000 personnes d’autres groupes d’âge ont commencé un traitement de prévention de la tuberculose évolutive, d’après les informations reçues. 8. Le financement pour un accès universel à des services de soins et de prévention, ainsi que pour la recherche-développement en matière de lutte contre la tuberculose. D’après les données transmises, des fonds à hauteur de US $6,8 milliards étaient disponibles en 2019 pour la mise en œuvre de services de soins et de prévention, contre US $400 millions en 2018. Cette somme reste toutefois nettement inférieure aux US $13 milliards nécessaires d’ici à 2022. Sur le total de 2018, 87 % des fonds provenaient de sources nationales. La hausse récente des promesses de dons au Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme est prometteuse. Le Treatment Action Group a indiqué une légère augmentation, en 2018, des investissements dans la recherche-développement contre la tuberculose, qui s’élevaient à US $772 millions,1 soit une somme très en deçà de la cible d’au moins US $2 milliards par an. Progrès dans la mise en œuvre des principes, des piliers et des composantes de la Stratégie pour mettre fin à la tuberculose 9. Tutelle des pouvoirs publics et responsabilisation, avec suivi et évaluation. En 2019, le Directeur général a contacté les chefs d’État et de gouvernement de 48 pays où la charge de tuberculose est élevée pour les inviter instamment à accélérer la prise de mesures en vue d’atteindre les cibles de la Stratégie et de prendre de nouveaux engagements à renforcer les mécanismes de responsabilisation multisectorielle. Les chefs de bureaux de l’OMS dans 12 pays où la charge de tuberculose est élevée ont échangé avec les représentants des gouvernements et des partenaires à propos des cibles et des stratégies pour accélérer le renforcement de la responsabilisation multisectorielle. Le treizième programme général de travail de l’OMS, le Plan d’action mondial pour permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous, la Déclaration politique adoptée en 2019 à l’issue de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la couverture sanitaire universelle et l’approche « Un monde, une santé » pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens peuvent également être exploités pour renforcer la tutelle des pouvoirs publics. 10. Le cadre de responsabilisation multisectoriel de l’OMS pour la tuberculose2 a été finalisé en 2019, comme l’a demandé l’Assemblée mondiale de la Santé et l’Assemblée générale des Nations Unies. Le Secrétariat a immédiatement commencé à appuyer son adaptation et son utilisation, y compris aux niveaux national et régional. Une plateforme pour la collaboration multisectorielle et entre plusieurs parties prenantes a été lancée par l’OMS à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose en 2019, en complément du suivi et de l’examen mis en œuvre par le Secrétariat, 1 Treatment Action Group 2018. Tendances en matière de financement de la recherche pour la lutte contre la tuberculose 2005-2017 (http://www.treatmentactiongroup.org/content/tbrd2018, consulté le 23 octobre 2019). 2 Cadre de responsabilisation multisectoriel pour accélérer les progrès en vue de mettre fin à l’épidémie de tuberculose. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2019 (https://www.who.int/tb/WHO_Multisectoral_Framework _web.pdf?ua=1, consulté le 23 octobre 2019). EB146/10 5 l’Assemblée mondiale de la Santé et l’Assemblée générale des Nations Unies. En octobre 2019, l’OMS a organisé le cinquième sommet sur la Stratégie pour mettre fin à la tuberculose, à l’intention des 30 pays où la charge de tuberculose est la plus élevée, en mettant l’accent sur l’élimination des principaux goulets d’étranglement pour accélérer les interventions. Chaque année, le Groupe consultatif stratégique et technique de l’OMS pour la tuberculose fournit des conseils et examine les fonctions de l’OMS et les interventions destinées à éliminer la tuberculose. 11. Un soutien est apporté aux États Membres pour le renforcement de la surveillance et l’évaluation de l’impact grâce à la production, à l’analyse et à l’utilisation locale de données. Cela comprend l’amélioration des systèmes nationaux d’information sanitaire, le recours régulier à des enquêtes nationales et l’utilisation d’ensembles de mesures qui suivent une approche commune à tous les niveaux de l’OMS, et qui est appliquée à plusieurs priorités sanitaires. 12. L’OMS appuie le Secrétaire général des Nations Unies dans l’élaboration en 2020 d’un rapport sur les progrès en vue de mettre fin à l’épidémie de tuberculose, à la demande de l’Assemblée générale des Nations Unies. Ce rapport orientera la préparation d’un examen exhaustif par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2023. 13. Une coalition solide avec des organisations de la société civile et les communautés. L’OMS s’attache à renforcer les interventions de la société civile par la création d’un groupe spécial de la société civile sur la tuberculose et l’inclusion de représentants de la société civile dans des groupes chargés d’élaborer des lignes directrices, ainsi que dans d’autres organismes mondiaux ou régionaux. Le groupe spécial, en collaboration avec le Directeur général, a lancé un appel pour une mise en œuvre rapide des orientations de l’OMS en matière de diagnostic et de traitement de la tuberculose qui ont été élaborées lors de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la tuberculose. Plusieurs pays où la charge de tuberculose est élevée créent des forums officiels pour la société civile. L’OMS a établi, en coopération avec des jeunes personnalités influentes, l’initiative 1+1, qui a publié une déclaration des jeunes pour mettre fin à la tuberculose.1 Le Partenariat Halte à la tuberculose, le Fonds mondial et les partenaires bilatéraux contribuent à mobiliser et à garantir des ressources destinées à la société civile et aux personnes touchées. 14. Protection et promotion des droits humains, de l’éthique et de l’égalité. En 2019, une déclaration des droits des personnes affectées par la tuberculose a été établie.2 Les pays mettent en œuvre les orientations de l’OMS en matière d’éthique s’agissant des soins aux personnes atteintes de tuberculose et de la prévention de la maladie. Des évaluations nationales des cadres légaux relatifs aux soins liés à la tuberculose et à la prévention de la maladie, y compris dans une perspective d’égalité femmes-hommes, sont en cours. Une session de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones consacrée à l’élimination de la tuberculose s’est tenue en 2019 et les bureaux régionaux travaillent à l’élaboration de stratégies pour les populations vulnérables, et en collaboration avec elles. 15. Adaptation de la Stratégie et des cibles à l’échelle des pays, dans le cadre d’une collaboration mondiale. Comme l’a demandé l’Assemblée générale des Nations Unies, l’OMS pilote les efforts pour renforcer la collaboration entre les parties prenantes en vue de mettre fin à l’épidémie de tuberculose. 1 OMS. Déclaration des jeunes pour mettre fin à la tuberculose (https://www.who.int/tb/publications/Youth- Declaration-web.pdf, consulté le 23 octobre 2019). 2 Partenariat Halte à la tuberculose et TB People. Déclaration des droits des personnes affectées par la tuberculose (http://www.stoptb.org/assets/documents/communities/Declaration%20des%20droits%20des%20personnes%20affectees%20 par%20la%20tuberculose%20(A5%20French%20Version).pdf, consulté le 23 octobre 2019). EB146/10 6 En 2018, le Directeur général a lancé l’initiative conjointe FIND. TREAT. ALL. #END TB, en collaboration avec le Partenariat Halte à la tuberculose et le Fonds mondial, pour aider les pays à mettre en place des cibles et des plans plus ambitieux, si nécessaire, afin d’accroître l’accès à des services de prévention, de diagnostic et de traitement de la tuberculose pour atteindre les cibles à l’horizon 2022. Plusieurs pays où la charge de tuberculose est élevée ont inscrit des interventions de lutte contre la tuberculose dans le cadre des plans d’appui de l’OMS aux pays pour 2020-2021. L’OMS a fourni aux pays un appui à la planification stratégique, à la mise en œuvre des orientations récentes établies par l’Organisation, au renforcement de la détection des cas et des réseaux de diagnostic et de traitement, à l’engagement de la communauté et du secteur privé, au suivi et à l’évaluation ainsi qu’aux examens conjoints. L’OMS appuie également les pays où l’incidence de la tuberculose est faible à viser l’élimination de la maladie. UNITAID continue de soutenir financièrement l’accès équitable à des innovations liées à la lutte contre la tuberculose. 16. Pilier 1 : Des soins liés à la tuberculose et une prévention de la maladie intégrés et centrés sur la personne. De nouvelles lignes directrices pour le diagnostic et le traitement de la tuberculose pharmacosensible et pharmacorésistante, ainsi que pour la prévention de la maladie ont été publiées, et elles comprennent des recommandations pour l’utilisation de nouveaux médicaments et protocoles de traitement, ainsi que pour la prévention et la lutte contre la maladie. Les protocoles de traitement recommandés peuvent conduire à des soins plus sûrs, plus efficaces et centrés sur la personne, et ils doivent être appliqués de manière urgente. En 2018, l’OMS et ses partenaires ont lancé de nouvelles feuilles de route pour la participation du secteur privé et pour l’intensification des soins liés à la tuberculose et de la prévention de la maladie chez les enfants. 17. En se fondant sur des expériences ayant trait au dépistage systématique de maladies, les pays donnent désormais la priorité à des approches efficaces à l’échelle locale. L’utilisation de diagnostics modulaires rapides pour le diagnostic initial est en hausse, mais ne progresse pas encore assez vite pour atteindre les cibles fixées à l’horizon 2022. Le dépistage de la pharmacorésistance parmi les personnes pour lesquelles le diagnostic de tuberculose pulmonaire a été confirmé a augmenté de 25 % en 2018. On a observé une hausse lente de la couverture du traitement, et à peine plus de la moitié des patients pris en charge en 2016 ont été traités avec succès, mais on prévoit une amélioration des résultats dans les années à venir grâce aux nouvelles lignes directrices. L’amélioration continue des soins liés à la tuberculose et à la comorbidité VIH-tuberculose se poursuit. En 2018, à l’échelle mondiale, sur les cas de tuberculose signalés, 64 % des patients disposaient de résultats attestés à un test de dépistage du VIH. En 2018, 477 461 cas de tuberculose ont été notifiés chez des personnes vivant avec le VIH (55 % de l’incidence estimée). Parmi les patients présentant une comorbidité VIH-tuberculose connus, 86 % étaient sous traitement antirétroviral. L’OMS et ses partenaires travaillent activement à appuyer l’adoption et la mise en œuvre des orientations récentes de l’Organisation sur le traitement de la tuberculose, y compris au moyen de nouveaux protocoles de traitement. Dans l’ensemble, les progrès en vue d’atteindre les cibles sont lents. En 2018, 113 pays ont indiqué une couverture d’au moins 90 % du bacille Calmette-Guérin, le vaccin recommandé pour prévenir certaines formes sévères de tuberculose chez les enfants. 18. Pilier 2 : Des politiques et des systèmes ambitieux. Des mesures de haut niveau ont été prises pour renforcer l’engagement politique et le financement de la santé, y compris la lutte contre la tuberculose. Des efforts sont mis en œuvre pour améliorer en continu les soins à base communautaire et appliquer l’approche Engage-TB recommandée par l’OMS. En 2019, 58 pays avaient transmis des données sur les contributions communautaires aux résultats en matière de traitement de la tuberculose. Faire de la participation du secteur privé et de la constitution de partenariats nouveaux des priorités a contribué à accroître le signalement des cas. Certains pays mettent en œuvre des ensembles de mesures essentiels et des mécanismes d’achat stratégique, y compris en ce qui concerne les services liés à la tuberculose. Toutefois, l’indice de couverture des services sanitaires reste inférieur à la moyenne dans EB146/10 7 la majorité des 30 pays où la charge de tuberculose est la plus élevée.1 Les lois nationales relatives au signalement obligatoire des cas de tuberculose sont de plus en plus nombreuses et, avec l’appui des technologies de l’information et de la communication, elles entraînent une augmentation des notifications. Les avancées en ce qui concerne les systèmes d’état civil restent lentes. L’accès à grande échelle à des traitements de qualité de la tuberculose continue de progresser. Les orientations de l’OMS et les interventions des partenaires, mais aussi la menace que constitue la résistance aux antimicrobiens, rappellent clairement la nécessité de lutter contre l’infection. 19. Le Secrétariat aide les pays à recourir à des plateformes nationales de protection sociale et à évaluer la situation de l’appui social spécifique à la tuberculose. Les enquêtes concernant les coûts pour les patients des soins liés à la tuberculose révèlent des besoins essentiels et contribuent à définir des priorités. Les rapports annuels de l’OMS sur la lutte contre la tuberculose comprennent désormais des données issues de la base de données des Nations Unies sur les déterminants sociaux essentiels de la tuberculose dans le cadre des objectifs de développement durable. L’OMS réalise désormais une estimation annuelle de la charge de tuberculose attribuable aux principaux facteurs de risque. En 2018, 2,3 millions de cas de tuberculose étaient attribuables à la sous-nutrition, 0,9 million à la consommation de produits du tabac, 0,8 million à l’usage nocif de l’alcool, 0,8 million à une infection au VIH et 0,4 million au diabète. 20. Pilier 3 : Intensification de la recherche et de l’innovation. En réponse à la résolution WHA71.3, le Secrétariat a élaboré une stratégie mondiale pour la recherche et l’innovation liées à la lutte contre la tuberculose, en collaboration avec diverses parties prenantes. Après un examen public et un examen par les comités régionaux de l’OMS, le projet de stratégie sera étudié par le Conseil exécutif lors de sa cent quarante-sixième session et par la Soixante-Treizième Assemblée mondiale de la Santé.2 Cette stratégie vise à appuyer les efforts des gouvernements pour instaurer un environnement propice à la recherche et à l’innovation liées à la tuberculose, à accroître les investissements financiers, à promouvoir des approches en matière de partage des données et à favoriser un accès équitable aux bénéfices de la recherche et de l’innovation. Le Secrétariat de l’OMS, en collaboration avec des partenaires tels que des organismes bilatéraux, des fondations et le Programme spécial UNICEF/PNUD/Banque mondiale/OMS de recherche et de formation concernant les maladies tropicales, continue de soutenir les efforts de planification pour la recherche sur la tuberculose à l’échelle des pays, ainsi que le renforcement des capacités en la matière, et l’Organisation aide également le secrétariat du réseau de recherche sur la tuberculose des pays du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). CONCLUSION 21. Le monde n’est pas encore sur la bonne voie pour mettre fin à l’épidémie de tuberculose d’ici à 2030, et les investissements ne suffisent pas pour accélérer pleinement les progrès. Parallèlement, les avancées dans certaines régions et dans certains pays où la charge de tuberculose est élevée sont prometteuses. Un jalon mondial a été atteint en 2018 en ce qui concerne le nombre de personnes diagnostiquées et enregistrées pour suivre un traitement, et on observe également des progrès s’agissant de réduire les lacunes dans l’accès à un traitement des enfants, des personnes atteintes par une forme pharmacorésistante de la maladie et des personnes présentant une comorbidité VIH-tuberculose. 1 Organisation mondiale de la Santé. Des soins de santé primaires à la couverture sanitaire universelle. Rapport mondial de suivi de la couverture sanitaire universelle 2019. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2019 (https://www.who.int/docs/default-source/documents/2019-uhc-report.pdf, consulté le 23 octobre 2019). 2 Document EB146/11. EB146/10 8 Certains pays s’attachent déjà à renforcer leur responsabilisation multisectorielle, y compris par le biais de mécanismes de haut niveau, la participation de la société civile et des personnes touchées, ainsi que leur législation. L’utilisation de nouvelles technologies et d’approches innovantes pour la prestation de soins intégrés bénéficie d’un soutien. De nouveaux partenariats destinés à accélérer la recherche- développement montrent des résultats. Le rapport de situation adressé à l’Assemblée générale des Nations Unies en 2020 devra mettre en évidence les conséquences éventuelles de ces mesures, et les interventions qui peuvent être nécessaires pour remédier aux problèmes. MESURES À PRENDRE PAR LE CONSEIL EXÉCUTIF 22. Le Conseil est invité à prendre note du rapport et à fournir des orientations sur les mesures à adopter en vue d’atteindre les cibles pour 2030 et 2035 fixées dans le cadre des objectifs de développement durable et des efforts pour mettre fin à la tuberculose. = = =
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Mettre fin à la tuberculose : progrès dans la mise en œuvre de la Stratégie mondiale et des cibles pour la prévention de la tuberculose, les soins et la lutte après 2015 (stratégie pour mettre fin à la tuberculose) : rapport du Directeur général
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