© O M S © Organisation mondiale de la Santé 2022 Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY-NC-SA 3.0 IGO ; https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo). Aux termes de cette licence, vous pouvez copier, distribuer et adapter l’œuvre à des fins non commerciales, pour autant que l’œuvre soit citée de manière appropriée, comme il est indiqué ci-dessous. Dans l’utilisation qui sera faite de l’œuvre, quelle qu’elle soit, il ne devra pas être suggéré que l’OMS approuve une organisation, des produits ou des services particuliers. L’utilisation de l’emblème de l’OMS est interdite. Si vous adaptez cette œuvre, vous êtes tenu de diffuser toute nouvelle œuvre sous la même licence Creative Commons ou sous une licence équivalente. 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Bureau régional de la Méditerranée orientale Titre : L’OMS au Maroc : 2020-2021 une période biennale pas comme les autres / Organisation mondiale de la Santé. Bureau régional de la Méditerranée orientale Description : Caire : Organisation mondiale de la Santé. Bureau régional de la Méditerranée orientale | 2022 Identificateurs : ISBN ISBN 978-92-9022-973-5 978-92-9022-974-2 (en ligne) Sujets : COVID19 - prévention et contrôle | Betacoronavirus | Épidémies de maladies | Pandémies | Services de santé pour autochtones | Promotion de la santé | Organisation mondiale de la santé | Maroc Classification : NLM WA 540 | 2020-2021 une période biennale pas comme les autres L’OMS au Maroc « Le monde a besoin d’une Organisation mondiale de la Santé forte, efficace, habilitée à agir, efficiente, responsable, transparente et financée de manière durable en tant qu’autorité directrice et coordinatrice de la santé mondiale. » Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus Directeur général de l’OMS L’OMS AU MAROC 20202 2021 © O M S / C hr is to ph er B la ck éditorial 4 le cadre stratégique de l’action de l’organisation mondiale de la santé 5 Partie 1 i maintenir la sécurité sanitaire : gros Plan sur la gestion de la Pandémie de covid-19 6 Partie 2 i servir les PoPulations 12 Partie 3 i Promouvoir la santé 22 Partie 4 i l’oms au Plus Près des citoyens marocains 26 sommaire 3 L’OMS AU MAROC 20204 2021 éditorial « Cette nouvelle période biennale 2020-2021 a été singulière à plus d’un titre pour le bureau de l’OMS au Maroc. Cette particularité s’explique en premier lieu par une raison évidente : la survenue de la pandémie de COVID-19 dans le monde et à partir de 2020 au Maroc. Cette pandémie a transformé notre façon de travailler et réorienté notre appui technique et financier vers de nouvelles priorités nationales. Ce soutien s’est traduit dans un premier temps, dans l’urgence, par une aide directe visant à renforcer la capacité du pays en matière de diagnostic et à protéger les personnels de santé de première ligne. Nous tenons d’ailleurs à renouveler nos félicitations au gouvernement du Maroc pour la gestion exemplaire de la pandémie, dès les premiers jours de l’apparition du virus sur le territoire marocain ainsi que pour sa campagne de vaccination nationale. © H as sa n Ch ab bi La singularité de cette période tient également à la nécessité de prendre en considération de nouveaux besoins créés par la pandémie afin de fournir un appui à nos différents partenaires. Cette situation inédite dans le monde et au Maroc nous interroge sur l’accès à la santé, de manière générale, interrogations que nous avons pu analyser à travers différentes études, et je citerai par exemple, les études sur la relation entre le patient et le professionnel de santé en temps de COVID-19 ou l’étude d’impact économique du virus sur les patients vivant avec des pathologies lourdes. La pandémie a créé également de nouveaux besoins en termes de renforcement de capacités et nous étions là pour accompagner le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale, ainsi que nos partenaires pour la formation de gestionnaires et de professionnels de santé à différentes thématiques. Nous avons également œuvré avec d’autres institutions des Nations Unies et avec nos partenaires de la société civile pour apporter un soutien psychologique à des personnes vulnérables et fragilisées à des degrés divers par la pandémie. Mais la pandémie ne devait pas et ne doit pas occulter d’autres urgences de santé publique ni les projets de refonte du système national de santé que nous accompagnons. Je parle de notre appui pour assurer une continuité en ce qui concerne la couverture santé universelle et le financement de la santé, qui sont des piliers du dossier stratégique de la protection sociale au Maroc, et le soutien que nous apportons de manière générale aux réformes et politiques sectorielles nationales. Par ailleurs, la lutte contre les maladies, et en particulier les maladies chroniques reste une priorité dans ce contexte de crise, et demande de réfléchir à la reconstruction de systèmes de santé résilients, centrés sur les besoins des patients les plus vulnérables. Cette crise sanitaire nous a également appris qu’il était nécessaire d’adopter une approche différente, pour anticiper les aléas futurs, et notamment en préparant les experts de santé publique d’aujourd’hui et de demain à toute nouvelle situation difficile. Il est primordial que nous restions tous en alerte, que nous soyons prêts à répondre ensemble à la pandémie de COVID-19, mais également à de nouvelles situations de crise potentielles et que nous en tirions les enseignements à tous les niveaux. Et puisque nous parlons d’avenir, nous serons ravis de continuer à œuvrer avec nos partenaires, durant la prochaine période biennale bien sûr, et dans le futur, sur les priorités du système de santé et pour la mise en œuvre des politiques publiques du secteur de la santé, dans le cadre des réformes ambitieuses dictées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et détaillées dans le Nouveau Modèle de Développement du pays. Je profite de ce message pour remercier tous nos partenaires pour le chemin accompli ensemble durant cette période très spéciale. Enfin, je souhaiterais remercier l’ensemble de mes collègues du bureau du Maroc qui ont su s’adapter à un contexte inédit et continuer leurs activités respectives, parfois dans des situations risquées ou difficiles, pour que notre action à destination de la population marocaine puisse se poursuivre. Et je remercie enfin les volontaires des Nations Unies qui sont venus renforcer l’équipe de l’OMS au Maroc et apporter un soutien précieux dans cette période très particulière. » Dr Maryam Bigdeli, représentante de l’OMS au Maroc La nouvelle Stratégie de coopération 2022-2026 se basera sur les recommandations de cette évaluation, sur les orientations du treizième programme de travail (PGT) de l’OMS, sur les nouvelles priorités nationales, les politiques publiques sectorielles en cours, les réformes à venir et sur l’évolution de la situation sanitaire au Maroc. L’action de l’OMS au Maroc est également en ligne avec le Nouveau Modèle de Développement (NMD) du Royaume élaboré par la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement (CSMD) en 2021, qui à l’instar du treizième PGT ou de la Stratégie de coopération Maroc-OMS pour la période 2017-2021 donne une place prépondérante au capital humain et au renforcement des compétences, à l’inclusion sociale et économique, au renforcement de la qualité des services et des prestations de soins aux citoyens. Par ailleurs, ces documents fondateurs abordent également des thématiques fondamentales pour le bureau de l’OMS au Maroc telles que la continuité des services en période de COVID-19 et de post-pandémie, la protection sociale et notamment la couverture médicale de base. Les axes stratégiques du (NMD) posent les jalons incontournables du travail de l’OMS au Maroc. Au Maroc, l’action et les priorités sanitaires nationales s’inscrivent dans la Stratégie de coopération OMS-Maroc 2017-2021 qui est actuellement en cours d’évaluation. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est chargée de diriger l’action sanitaire mondiale, de définir les programmes de recherche en santé, de fixer les normes et les critères, de présenter des options politiques fondées sur des données probantes, de fournir un soutien technique aux pays et de suivre et d’apprécier les tendances en matière de santé publique1. L’action de l’OMS s’inscrit dans le cadre du Programme mondial de développement durable et de ses 17 Objectifs (ODD) que les 193 États Membres de l’Organisation des Nations Unies ont convenu d’atteindre à l’horizon 2030. L’ODD 3, en particulier, est consacré à la santé et au bien-être des populations et vise à « donner aux individus les moyens de vivre une vie saine et promouvoir le bien-être à tous les âges ». Les ODD sont un fondement du treizième programme général de travail (PGT) de l’OMS2 qui s’articule autour de trois objectifs stratégiques : 1i La couverture santé universelle 2i La protection de la population dans les situations d’urgence sanitaire 3i L’amélioration de la santé de la population le cadre stratéGiQue de l’action de l’orGanisation mondiale de la santé 5 1 https://www.un.org/youthenvoy/fr/2013/09/oms-lorganisation-mondiale-sante/ 2 https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/328842/WHo-PPr-18.1-fre.pdf ?sequence=1&isallowed=y Pr Khalid Ait Taleb Ministre de la Santé et de la Protection Sociale Nous nous félicitons de l’accompagnement de l’OMS pour appuyer le Maroc dans la mise en œuvre du plan national de prévention et de riposte à la pandémie de COVID-19, ainsi que pour son soutien à assurer la continuité des services essentiels de santé en période de pandémie, notamment à travers l’apport d’expertise et le partage des bonnes pratiques. © M SP S
maintenir la sécurité sanitaire : GROS PLAN SUR LA GESTION DE LA PANDéMIE DE COVID-19 Une professionnelle de santé en formation sur la préparation à la grippe dans un laboratoire à l’hôpital Moulay Youssef à Rabat. © OMS PARTIE 1 L’OMS AU MAROC 20208 2021 « La pandémie de COVID-19 est une crise sanitaire sans précédent, qui a lourdement impacté tous les systèmes de santé, l’économie et l’organisation sociétale de tous les pays du monde. Ainsi, le bureau de pays de l’OMS, malgré un environnement de travail particulier, en raison des mesures répétées de confinement et du stress engendré par ce virus, a fait face aux nombreux défis qui se sont présentés en fournissant un soutien inconditionnel au Royaume, notamment pour le plaidoyer et la mobilisation de fonds, l’appui à la stratégie nationale de diagnostic et de séquençage du SARS-CoV2, la communication sur les risques et la participation communautaire, la prévention et le contrôle de l’infection, le renforcement des capacités des décideurs sur les aspects essentiels de riposte à une crise sanitaire, sans oublier les actions pour la diminution de l’impact de la pandémie sur les populations les plus vulnérables et la continuité des services. » Dr Soumia triki, administratrice recrutée sur le plan national (Préparation contre la pandémie grippale et les urgences de santé publique) au bureau de l’OMS au Maroc Le début de cette période biennale 2020-2021 est marqué par la pandémie de COVID-19. L’action de l’OMS au Maroc comme dans le monde a été centrée principalement sur la prévention et la lutte contre la COVID-19, surtout durant l’année 2020. L’OMS en tant que garant institutionnel de la sécurité sanitaire au niveau mondial appuie l’engagement des États à la mise en place des dispositifs de veille, d’alerte et de riposte contre les événements de santé publique qui menacent la sécurité sanitaire. Mais, l’action de l’OMS au Maroc concernant la sécurité sanitaire ne s’est pas limitée à l’appui apporté à la gestion de la pandémie durant ces deux dernières années, d’autres actions ont pu être assurées par le bureau de l’OMS à Rabat. FACe à lA CoVid-19, une réPonse d’urgenCe Pour sAuVer des Vies… L’OMS, conformément à sa mission, a veillé tout au long de cette période biennale à appuyer le Maroc dans la riposte à la pandémie de COVID-19, dans de nombreux domaines et en collaboration avec le système des Nations Unies. Des actions à fort impact ont été soutenues, à la fois pour la prévention, la prise en charge de la COVID-19 ainsi que pour assurer la continuité des services. Une professionnelle de santé en formation sur la préparation à la grippe dans un laboratoire à l’hôpital Moulay Youssef à Rabat. © OMS L’OMS travaille depuis 2014, en collaboration avec le gouvernement marocain, pour la mise en œuvre de plans biannuels de préparation et de lutte contre la pandémie grippale et les virus respiratoires émergents : Plan de préparation contre la pandémie grippale (PIP) inscrits dans le cadre d’un partenariat novateur entre les États Membres, l’industrie pharmaceutique, la société civile et d’autres partenaires. Ce cadre vise à améliorer le partage des données, le partage des virus grippaux à potentiel pandémique et l’accès équitable aux produits nécessaires en cas de pandémie de grippe (vaccins, médicaments antiviraux et produits de diagnostic, etc.). Il s’agit d’un travail de longue haleine pour une surveillance épidémiologique et virologique intégrée et renforcée de manière à ce que les virus à potentiel pandémique soient détectés de manière précoce. Le PIP soutient également le renforcement des capacités en matière de gestion des risques et de réponse rapide. Ce programme ainsi que toutes les compétences Appuyer la stratégie nationale de diagnostic et de séquençage du sArs-CoV2 et des virus respiratoires Dans ce contexte singulier, les autorités marocaines ont déployé tous les efforts nécessaires pour agir et répondre à l’urgence de la situation, en renforçant tout d’abord les capacités de diagnostic du virus SARS-CoV2. Ainsi, les capacités nationales des laboratoires ont été considérablement augmentées avec l’extension d’un réseau initial de trois laboratoires publics et privés. Aussi, et à partir de juin 2020, le Maroc a passé le cap des 20 000 tests/jour. à ce titre, l’OMS au Maroc a joué un rôle prépondérant en appuyant l’Institut National d’Hygiène (lNH) dès le début de la pandémie dans le renforcement des capacités de diagnostic et de séquençage du SARS-CoV2, de la grippe et des virus respiratoires émergents par l’achat de kits et d’équipements prévus à cet effet, mais également par l’organisation d’ateliers de formation au profit des professionnels de santé aux niveaux des secteurs privé et public, à l’échelle nationale. renforcer la surveillance épidémiologique, l’évaluation du risque et la veille sanitaire © W H O /E M RO /M oh se n A lla m 9 M. Mohamed rhajaoui Directeur de l’Institut National d’Hygiène (INH) Dès le début de la pandémie, le bureau de l’OMS à Rabat a été l’un de nos partenaires privilégiés. Ce partenariat se distingue par un soutien inconditionnel au réseau national des laboratoires de diagnostic de la COVID-19 par l’approvisionnement en produits biologiques, le partage de l’information utile ou l’appui financier pour l’organisation de multiples sessions de formation au profit des laboratoires privés réalisant les analyses biologiques de la COVID-19. Nous sommes reconnaissants des efforts déployés par l’OMS pour faire aboutir toutes les actions entreprises et nous mettons tout en œuvre pour renforcer cette collaboration dans le but d’améliorer de façon continue les services fournis par les laboratoires. dr Mohammed Youbi Directeur de l’Épidémiologie et de la Lutte contre les maladies (DELM) La coopération entre l’OMS et le Ministère de la Santé a toujours été guidée par des visions et des orientations stratégiques communes, avec un intérêt marqué pour la veille, la surveillance, la préparation et la riposte aux urgences sanitaires, ainsi que pour les programmes de prévention et de contrôle des maladies et leurs facteurs de risque, cœur de métier de la Direction de l’Épidémiologie et de Lutte contre les Maladies (DELM). La période biennale 2020-2021 ayant coïncidé avec la pandémie de COVID-19, les projets d’appui à la DELM ont naturellement porté sur la mise en œuvre du plan national de veille et de riposte à la COVID-19, parallèlement à la poursuite des principales activités déjà planifiées et pouvant être réalisées. Cela n’aurait pas été possible sans le professionnalisme, le dynamisme et la réactivité de l’équipe du bureau de l’OMS au Maroc, sous le leadership de Madame la Représentante. © I N H © M SP S soutenir les campagnes de vaccination des plus de 18 ans Prévenir et contrôler les infections Dès le début de la pandémie, le monde entier a connu une pénurie d’équipements de protection individuelle (EPI), lesquels ont d’abord été réservés au personnel soignant avant d’en étendre l’usage à l’ensemble de la population. L’OMS a fortement contribué à assurer l’approvisionnement aux pays, en particulier ceux qui étaient les plus démunis face à la crise. Les autorités marocaines avaient anticipé ces besoins dès le début de la crise sanitaire. Néanmoins, l’OMS a acheminé au Maroc un lot de matériel de protection personnel comprenant des gants, des lunettes, des visières, des blouses de protection, des masques chirurgicaux FFP2, afin de renforcer l’équipement existant. Très tôt et sur Instructions Royales, le Maroc a lancé une campagne nationale massive de vaccination contre la COVID-19 visant tout d’abord à vacciner les groupes cibles les plus vulnérables. Appuyant cette décision et la campagne de vaccination conformément aux recommandations mondiales de l’OMS, le bureau de Rabat s’est engagé, en collaboration avec l’UNICEF, dans le renforcer les capacités des professionnels de santé Le renforcement des capacités a également constitué un axe d’intervention majeur de l’OMS lors de cette pandémie afin de permettre au Maroc et à ses professionnels de santé, de première ligne ou non, de réagir de manière adaptée au contexte. Ainsi, de nombreux webinaires traitant de thématiques variées, en lien avec la prévention et la prise en charge de la COVID-19 ainsi que sur les protocoles organisationnels et de prise en charge de la population pour une continuité des soins essentiels, ont été organisés. L’objectif de l’OMS étant, certes, de répondre à une situation d’urgence, mais également de mieux préparer les professionnels de santé à d’éventuelles reprises de l’épidémie ou à de nouvelles formes de pandémies. En effet, l’OMS a organisé une formation des formateurs nationaux en matière de pharmacovigilance des vaccins, des webinaires de formation destinés aux professionnels de santé sur les mesures de prévention et de lutte contre la COVID-19, ainsi qu’une formation diplômante pour la gestion des urgences de santé publique au profit d’un pool de décideurs du Ministère de la Santé, au niveau national. processus d’approvisionnement et de livraison des vaccins contre la COVID-19 à travers l’initiative COVAX ainsi que dans les actions concernant la communication du risque et l’engagement communautaire. « Le Maroc coMpte parMi Les dix preMiers pays qui ont reLeVÉ Le dÉfi de La Vaccination contre La coVid-19 » Tweet de l’OMS sur sa page officielle le 3 mars 2020. L’OMS AU MAROC 202010 2021 acquises avec l’appui de l’OMS dans ce cadre ont été déterminants pour la mobilisation efficace des capacités du système et une adaptation rapide pour la surveillance épidémiologique de la COVID-19. Aussi, afin de renforcer le travail des équipes de terrain, l’OMS au Maroc a contribué à la digitalisation de ce système de surveillance via l’achat de 250 tablettes électroniques afin d’héberger la solution électronique mise au point par le Ministère de la Santé. Ces outils ont été mis à la disposition des unités de surveillance épidémiologique au niveau hospitalier et au niveau des unités de veille provinciales et régionales. De plus, l’OMS a contribué à fluidifier et à faciliter la communication et la coordination entre les instances et départements concernés grâce à la mise à disposition de matériel de vidéo conférence. Affiche de sensibilisation à la vaccination contre la COVID-19 publiée sur les réseaux sociaux du bureau de l’OMS au Maroc durant la pandémie de COVID-19. © MSPS/OMS/UNICEF lutter contre les rumeurs et les fausses informations Dès le début de la pandémie, les professionnels de santé des secteurs privé et public, mais aussi les médias et la population marocaine ont fait part de craintes et d’interrogations. Ce contexte anxiogène a incité le bureau de l’OMS à Rabat à soutenir le Ministère de la Santé dans l’élaboration de stratégies de communication à destination du grand public pour le tenir informé, mais aussi pour promouvoir une large campagne de communication pour sensibiliser la population au port du masque et l’encourager à respecter les gestes barrières. L’OMS a également soutenu un projet de surveillance des médias traditionnels et sociaux pour permettre à l’unité de communication du Ministère de la Santé de répondre rapidement à la désinformation et aux fausses rumeurs et afin d’assurer la mobilisation de la population dans la réponse nationale à la COVID-19. Favoriser un engagement communautaire L’OMS, en collaboration avec l’IFMSA (International Federation of Medical Students Associations), la Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine, au Maroc a soutenu l’organisation de deux ateliers de sensibilisation sur les enjeux et les capacités requises de préparation et de réponse aux urgences de santé publique au profit d’étudiants en fin de parcours d’études de médecine afin de les préparer et de les aider à fédérer leur communauté dans le contexte de la réponse nationale aux épidémies et pandémies. …TouT en AssurAnT une ConTinuiTé des serViCes Pour MAinTenir lA séCuriTé sAniTAire Lors de la période biennale écoulée, la majorité des efforts ont été orientés pour faire face à la pandémie de COVID-19. Néanmoins, l’OMS a appuyé le Royaume dans la continuité des services essentiels pour maintenir la sécurité sanitaire, à travers le déploiement de nombreux programmes tels que le programme de lutte contre la pandémie grippale ou encore le programme des urgences de santé publique. la continuité du PiP Il est vrai que la pandémie de COVID-19 a retardé momentanément la mise en œuvre du PIP, en raison de l’engagement permanent des équipes dans la lutte contre la pandémie. Néanmoins, les risques liés à une épidémie de grippe restent toujours importants et il est essentiel de continuer à former, à surveiller et à réagir aux premiers signes d’une éventuelle crise liée au virus de la grippe ou à d’autres maladies respiratoires. L’OMS a toujours veillé aux renforcements des capacités en matière de surveillance et de réponse avec une vision intégrée pour la COVID-19, la grippe et d’autres virus respiratoires émergents. En effet, une planification des activités a été opérée pour la reprise du PIP avec le renforcement du séquençage et d’activités intégrées grippes/SARS-CoV2. Un plan des ressources humaines de continuité des services et un plan de déploiement du vaccin contre la grippe et des produits médicamenteux a également été élaboré et mis en œuvre dans le cadre de cette préparation. le programme des urgences de santé publique Lors de la période biennale écoulée, l’OMS a apporté son appui à un programme d’urgences de santé publique avec l’élaboration d’un plan de préparation et de réponse aux urgences de santé publique, le renforcement de la gestion de la qualité du réseau national des laboratoires du secteur public. Cette aide a également porté sur la réalisation d’une étude de détection du SARS-CoV2 au niveau des eaux usées. Élèves participant à un atelier de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap organisé dans le cadre du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc ». © Hassan Chabbi SERVIR LES POPULATIONS PARTIE 2 Une patiente atteinte du cancer bénéficiant d’une séance de soins palliatifs dans le cadre du projet MPTF/COVID-19 « Assurer la continuité des services essentiels de soins de santé primaires et hospitaliers pour les populations vulnérables et développer des mesures d’hygiène et de prévention pour des secteurs essentiels non sanitaires durant la pandémie du COVID-19 ». ©Hassan Chabbi
Lors d’une crise sanitaire telle que celle de la COVID-19, il est primordial que les services essentiels continuent d’être accessibles, qu’ils fonctionnent et que la recherche d’amélioration de la qualité des soins se poursuive. Il est également nécessaire que les réformes et les politiques sectorielles puissent continuer à être mises en œuvre. Et ce, pour maintenir les activités de routine ou pour répondre à de nouveaux besoins de l’ensemble de la population et notamment les besoins des groupes les plus vulnérables. C’est cet engagement que l’OMS en collaboration avec ses partenaires a voulu honorer, durant ces deux dernières années, à travers diverses actions. servir les populations en répondant à de nouveaux besoins génerés par la pandémie... La crise sanitaire de la COVID-19 a eu des effets négatifs directs évidents sur la santé des citoyens marocains, en général, et en particulier sur celle des populations les plus vulnérables. Mais elle a également eu des effets indirects sur l’accès et l’utilisation des services de santé concernant d’autres pathologies ou problèmes de santé, rendant alors les populations encore plus vulnérables et créant de ce fait de nouveaux besoins de santé. En première ligne, les populations les plus fragiles, notamment, les femmes enceintes, les nouveau-nés et les enfants, mais également les professionnels de santé. Dans ce contexte pandémique, de nombreuses actions ont reçu le soutien de l’OMS afin d’assurer la continuité des services de santé pour la mère et l’enfant et parmi elles, le développement de guides de bonnes pratiques à destination des professionnels de santé afin d’organiser l’accès aux services de soins de santé pour les femmes et les enfants, avec la mise en place d’un circuit spécifique limitant le risque d’exposition au virus dans les établissements de soins de santé primaire, mais également dans les hôpitaux. Trois sessions de formations en ligne, en partenariat avec le Centre collaborateur de l’OMS en santé reproductive (Maternité des Orangers à Rabat) et le service de réanimation néonatale du centre hospitalier universitaire Ibn Sina de Rabat, ont également été organisées au bénéfice de plus de 1000 professionnels de santé maternelle et infantile : gestionnaires, gynécologues, sages-femmes. La formation a porté sur les nouvelles modalités organisationnelles, les modalités de prise en charge, les mesures d’hygiène, les procédures de prévention à destination des femmes enceintes et des nouveau-nés pendant la pandémie de COVID-19. Cette formation couvre les étapes de la grossesse à l’accouchement, en période de COVID-19, ainsi que la thématique de l’allaitement et des vaccinations des nourrissons. Pr rachid Bezad Directeur du Centre collaborateur en santé reproductive Maternité des Orangers relevant du CHU Ibn Sina de Rabat Durant la période biennale 2020-2021, le centre collaborateur de l’OMS en santé de reproduction, formation et recherche de Rabat - maternité des Orangers du CHU Ibn Sina, a eu le privilège de contribuer, sous la tutelle du Ministère de la Santé, et en partenariat avec le bureau de l’OMS à Rabat et le Bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale à diverses activités dans le domaine de la santé reproductive. L’OMS nous a notamment fourni un soutien pour la mise en œuvre du modèle révisé des soins prénatals, à travers le développement de guides et de modules de formation, mais aussi l’optimisation de l’utilisation de la césarienne au niveau des structures de santé, avec une contribution à l’élaboration du Référentiel National sur les soins auto-administrés « self-care » en santé sexuelle et reproductive. En réponse à la pandémie de COVID-19, le Centre collaborateur a également contribué avec le Ministère de la Santé à l’élaboration d’un guide pratique destiné aux professionnels de santé (suivant les recommandations de l’OMS) pour la prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés et pour la prévention contre la COVID-19. Ces acquis serviront à définir les priorités nationales pour la prochain période biennale. © R ac hi d Be za d L’OMS AU MAROC 202014 2021 Dès le début de pandémie de COVID-19, l’OMS a accompagné le Ministère de la Santé dans le maintien des services de santé essentiels pour toute la population, particulièrement celle en situation de vulnérabilité. Les services de santé hospitalière étaient focalisés sur la prise en charge des cas de COVID-19 qui occupaient de plus en plus de lits. Le défi était de maintenir l’offre de soins et de services essentiels de qualité pour les patients porteurs de maladies chroniques, les urgences médico-chirurgicales et autres programmes de santé prioritaires tels que la vaccination et la santé maternelle et reproductive. La prévention et le contrôle des infections étaient au cœur des interventions mises en place afin d’éviter la contamination des patients et des professionnels de la santé. Dr Hafid Hachri, administrateur recruté sur le plan national – Systèmes de santé et Santé publique au bureau de l’OMS au Maroc Le sujet de la sécurité des professionnels de santé au travail – risques épidémiologiques, biologiques, urgences de santé publique, catastrophes naturelles, risques chimiques, etc. - est malheureusement un sujet encore trop peu abordé, que ce soit en période de pandémie ou non. à la demande du Ministère de la Santé, le bureau de l’OMS à Rabat a appuyé l’élaboration d’une stratégie de sécurité au travail à destination des professionnels de santé du secteur public qui prévoit des mesures de prévention, de protection, de prise en charge et d’organisation. De la même façon, un axe dédié à la prévention des infections en période de COVID-19, essentiellement pour les professionnels de santé en première ligne a été défini dans le cadre de la stratégie des soins de santé primaire afin de renforcer leurs capacités pour la prise en charge des urgences sanitaires. Cette stratégie a été élaborée, sur la base des recommandations d’Astana et de celles du Forum des soins de santé primaire organisé en 2019. La pandémie a suscité de nombreuses questions et donc un besoin important d’études liées à l’accès et à la qualité des soins de santé. Le bureau de l’OMS au Maroc a ainsi contribué à la réalisation de nombreuses études stratégiques permettant d’apporter un nouvel éclairage sur de nombreux aspects du système de santé face à la pandémie, tels que la qualité des soins, les dépenses de santé, les coûts hospitaliers ou l’impact de la COVID-19 sur la santé des ménages. 15 Concernant la qualité des services de soins de santé, en temps de COVID-19, de 2020 à 2021, l’OMS a financé, une étude évaluant la qualité de la relation patient-professionnel de santé dans les centres de santé de la Région de la Méditerranée orientale. Dès le début de la pandémie, en 2020, il a été constaté une réduction de l‘utilisation des services de santé, essentiellement, par peur des patients d’être contaminés par le virus et il n’existait pas d’information sur la continuité ou non des services de santé. Une étude a donc été réalisée en 2020, avec l’appui de l’OMS, sur l’accès aux services de soins de santé afin d’évaluer l’impact de la COVID-19 sur les indicateurs de santé maternelle et reproductive. L’OMS a également accompagné le Ministère de la Santé et ses partenaires nationaux dans la réalisation d’études concernant le financement de la santé et les impacts socio-économiques de la pandémie sur les ménages. Une étude sur l’impact économique de la COVID-19 sur la prise en charge des patients souffrant de pathologies lourdes a été réalisée en 2020. Cette étude qui aborde la question du financement solidaire et de son rôle dans l’allégement de la charge financière des ménages a touché une cohorte de 1400 ménages durant trois périodes : avant le confinement suite à la pandémie de COVID-19, pendant le confinement et après le confinement. Le bureau de l’OMS a également accompagné le Ministère de la Santé dans la réalisation d’une étude d’ampleur sur le chiffrage des activités hospitalières dans plus de trente hôpitaux (provinciaux, régionaux et Centres Hospitaliers Universitaires) à travers le pays. Cette étude inclut un volet dédié à l’évaluation du coût de la prise en charge des patients COVID-19 dans les hôpitaux. Une étude portant sur le coût des soins de santé primaire a également été appuyée par l’OMS, en partenariat avec la Banque mondiale. Aussi, une autre étude « Médias et COVID-19 : contribution à la sensibilisation de la population ou infodémie ? » a été réalisée avec pour objectif général de contribuer à intégrer les médias et les réseaux sociaux en vue de sensibiliser de manière positive la population et de réduire les effets négatifs de l’infodémie en période de crise sanitaire. Enfin, en étroite collaboration avec d’autres institutions des Nations Unies et sous le leadership d’ONU Femmes, une étude a été réalisée en partenariat avec le Haut-Commissariat au Plan sur l’impact de la COVID-19 sur les ménages marocains.Une professionnelle de santé en formation sur la préparationà la grippe dans un laboratoire à l’hôpital Moulay Youssef à Rabat. © OMS Pr Amina Barakat Chef de service de médecine et réanimation néonatales, centre national de référence en néonatologie et en nutrition, à l’hôpital pour enfants de Rabat En 2020 et 2021, malgré les conditions imposées par la pandémie de COVID-19, notre collaboration a été très riche. Nous avons pu former plus de 700 soignants dans les soins essentiels aux nouveau-nés. à l’issue de cette formation, les meilleurs éléments ont bénéficié d’un stage pratique de cinq jours au sein de mon service afin de consolider leurs acquis. Ce type d’expérience modélisée peut être partagé au sein de la Région. Je témoigne de l’écoute, des échanges constructifs et de haute qualité et de la grande efficacité de toute l’équipe avec laquelle j’ai collaboré. © M SP S L’OMS AU MAROC 202016 2021 … tout en continuant d’appuyer les programmes essentiels de santé… Malgré la pandémie, l’OMS au Maroc a continué à appuyer les actions de renforcement des systèmes de santé dans le cadre des réformes en cours. En août 2019, le Bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale a lancé l’Initiative de mesure et d’amélioration des soins de santé primaires (PHCMI) à l’échelle de la Région EMRO. Au niveau national, le projet a été lancé par un comité technique composé de l’OMS, de l’UNICEF, de la Direction des Hôpitaux et des Soins Ambulatoires (DHSA) et de la Direction de la Planification et des Ressources Financières (DPRF) du Ministère de la Santé, et d’un consultant recruté pour cette initiative. Il s’agit dans ce projet de mesurer le niveau de performance des soins de santé primaire à l’aide d’indicateurs quantitatifs et qualitatifs, d’élaborer un profil pays pour la performance des SSP et de formuler, sur cette base, des recommandations stratégiques d’améliorations et de renforcement des SSP. L’OMS a également appuyé le Ministère de la Santé dans la réalisation d’un audit pour renforcer la disponibilité du sang et permettre la certification des centres de transfusion sanguines. La santé néonatale fait également partie des priorités du bureau de l’OMS au Maroc. En 2020, deux sessions de formation sur les soins essentiels précoces du nouveau-né ont été organisées au bénéfice de 400 professionnels de la santé (pédiatres, sages-femmes). En 2021, deux autres sessions et un stage pratique ont été proposés à 400 autres professionnels de santé, au niveau du service de réanimation néonatale de l’hôpital universitaire pour enfants. Ces sessions de formation avaient pour objectifs principaux la prévention, le dépistage et la prise en charge des principaux problèmes présentés par les nouveau-nés en postpartum. Élèves participant à un atelier de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap organisé dans le cadre du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc ». © Hassan Chabbi 19 Durant cette période biennale, la question de la santé sexuelle et reproductive (SSR) a également occupé une place importante pour le bureau de l’OMS à Rabat. Cette thématique s’inscrit dans la stratégie mondiale 2016- 2030 de l’OMS pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent et dans le projet « Renforcer les politiques et les pratiques en matière de santé sexuelle et reproductive pour améliorer la santé des femmes dans la Région de la Méditerranée orientale ». En septembre et en octobre 2020, l’OMS a appuyé l’organisation d’un atelier ayant pour objectif d’étudier les acquis et défis de la Stratégie Nationale de la Santé de la Reproduction ainsi que ses perspectives, dans le but d’améliorer les services de SSR au Maroc en vue de la réalisation des ODD relatifs à la couverture santé universelle. La campagne de vaccination contre le cancer du col de l’utérus a également fait partie des priorités de l’OMS au Maroc durant cette dernière période biennale. Ce cancer – qui représente le deuxième cancer féminin – est un fléau évitable grâce à la vaccination, mais également au dépistage précoce et à la mise en place d’un traitement adéquat. Suivant les recommandations de l’OMS, le Ministère de la Santé marocain a intégré ce vaccin dans le calendrier national de vaccination en octobre 2021. L’appui de l’OMS sur ce sujet est constant, notamment à travers une collaboration très étroite avec l’UNICEF et l’UNFPA pour le renforcement des capacités des professionnels de santé et la communication autour de la vaccination précoce. La valorisation et le renforcement du capital humain dans le secteur de la santé et de ses compétences sont essentiels pour la performance du système de santé. En 2021, l’OMS a ainsi appuyé le Ministère de la Santé dans la mise en place d’un Observatoire des ressources humaines (RH) visant à faciliter l’accès à l’information stratégique relative aux RH, afin de disposer de statistiques, de planifier des stratégies de RH, de former, et de manière générale de disposer d’éléments pour une prise de décision optimale. Des antennes régionales de cet Observatoire devraient également voir le jour prochainement. Experts participants à un atelier de conception de plans d’action régionaux pour la mise en œuvre de la stratégie des soins de santé primaires. © Marouane Bendraif …et la poursuite d’un appui à la mise en œuvre des réformes et des politiques sectorielles L’une des missions du bureau de l’OMS au Maroc est de soutenir le Royaume dans la définition et la mise en œuvre des politiques sectorielles, et même si la priorité a été donnée à la gestion de la pandémie, il était essentiel que cet appui aux réformes et à la réalisation des objectifs nationaux en termes de santé, hors COVID-19, puisse se perpétuer. La couverture santé universelle (CSU) est l’un des objectifs stratégiques du treizième PGT de l’OMS et l’une des priorités du Royaume et comprend trois dimensions : l’ensemble minimum de soins à offrir au patient – paquet de soins disponibles qui est d’ailleurs en cours de révision – la gouvernance de la CSU et sa stratégie de financement. Durant cette période biennale, l’OMS a également soutenu de nombreuses formations initiales et continues dans des domaines divers et variés. En termes de formations initiales, depuis 2018, l’OMS appuie l’Université Mohammed VI des Sciences de la Santé dans la formation de gestionnaires et de directeurs d’hôpitaux grâce à la création et la mise en place d’un MBA en management hospitalier. L’OMS accompagne également la Direction des Ressources Humaines du Ministère de la Santé pour le renforcement des Instituts Supérieurs des Professions Infirmières et Techniques de Santé (ISPITS) depuis 2020 avec la création de deux masters, un premier sur la santé de la reproduction pour les cliniciens et un deuxième master sur la qualité des soins. Ces deux programmes sont actuellement en cours d’implémentation. L’OMS a également appuyé ses partenaires durant cette période biennale pour l’organisation de nombreuses formations continues. Des cours en ligne ont été créés en partenariat avec l’Université de Montréal à destination de gestionnaires de la santé aux niveaux central et régional sur la gestion des crises sanitaires. Enfin, le bureau de l’OMS a appuyé la Direction des Ressources humaines du Ministère de la Santé, dans le cadre de la mise en œuvre de sa stratégie nationale de formation continue, avec l’élaboration d’un guide de la formation continue axé sur la clinique et le management. L’OMS AU MAROC 202018 2021 Un participant au lancement du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc » © Hassan Chabbi 19 Des professionnels de santé en formation sur la préparation à la grippe dans un laboratoire à l’hôpital Moulay Youssef à Rabat. © OMS Durant la période biennale 2020-2021, le bureau de l’OMS au Maroc a accompagné le Ministère de la Santé sur la question du financement de la santé, à travers la mise en œuvre de la stratégie nationale de financement de la santé, la préparation des comptes nationaux de la santé et la réalisation de plusieurs études et formations. La stratégie nationale sur le financement de la santé a été publiée et adoptée par le Ministère de la Santé fin 2020, faisant ainsi suite au dialogue politique organisé en 2019. Le bureau de l’OMS au Maroc a ensuite accompagné le Ministère de la Santé dans la mise en œuvre de cette stratégie à travers diverses actions, notamment, la mise en place d’un observatoire national des systèmes de santé afin de créer une passerelle entre l’accès à l’information et la prise de décision. De 2020 à 2021, un rapport sur les comptes nationaux de la santé a été élaboré en partenariat avec le Ministère de la Santé. Ce rapport périodique utilisant un outil standard de l’OMS établit les chiffres de dépenses en santé, y compris la part des ménages. L’élaboration de ce rapport est une opportunité de formation des cadres nationaux afin d’appuyer la production régulière de ces données destinées à accompagner la prise de décision dans le système de santé. Une réflexion a également été lancée avec l’Agence Nationale de l’Assurance Maladie (ANAM) pour appuyer le Maroc dans la redéfinition du panier de soins dans le cadre de la généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) et dans le financement de la couverture médicale de base (CMB), notamment avec l’élaboration d’une feuille de route pour le financement de la CMB et la mise en place d’un processus d’actualisation du panier de soins et de services. « L’un des critères principaux d’un système de santé performant est l’accès aux médicaments essentiels, médicaments qui doivent être « disponibles, économiquement abordables, efficaces, de qualité et utilisés rationnellement3. » La politique pharmaceutique nationale du Maroc doit notamment pouvoir répondre à ces besoins. En 2020, une nouvelle politique pharmaceutique nationale a été élaborée pour la période 2021-2025, avec l’appui de l’OMS. Cette politique est déjà adoptée et mise en œuvre et vise à assurer la disponibilité et l’accessibilité géographique et financière des médicaments et dispositifs médicaux ; à en garantir l’efficacité, la qualité et la sécurité ; à en promouvoir l’utilisation rationnelle ; à renforcer le cadre réglementaire, administratif et technique de l’autorité de réglementation des médicaments et autres produits de santé pour atteindre le niveau des normes, des règles et des pratiques internationales et à soutenir l’intégration de la fabrication locale dans un contexte d’innovation et de rayonnement international. La politique pharmaceutique est essentielle dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme de la protection sociale et du volet CMB. renforcer la lutte contre la résistance aux antimicrobiens La résistance aux antimicrobiens constitue aujourd’hui l’un des plus grands défis à relever à l’échelle mondiale. Il s’agit d’une menace de santé publique majeure qui impose une mobilisation déterminée et durable de l’ensemble des acteurs impliqués dans le cycle de vie des antimicrobiens, afin de préserver la santé individuelle et collective. Dans le cadre des efforts fournis pour lutter contre ce phénomène, le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural, des Eaux et Forêts, le Ministère de l’Énergie, des Mines et de l’Environnement, le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale et le Ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable, ainsi que les trois institutions des Nations Unies, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’OMS, ont procédé, le 22 juin 2021, au lancement du projet de « Fonds fiduciaire multipartenaire contre la résistance aux antimicrobiens » pour l’appui à la mise en œuvre du Plan d’Action National de lutte contre la résistance aux antimicrobiens » selon une approche Une seule santé au Maroc. Ce projet d’un million de dollars des États-Unis s’étend sur une période de 18 mois. Il a pour objectifs d’améliorer les capacités du pays pour la conception et la mise en œuvre de cadres politiques, de plans et de programmes d’investissement liés à la résistance aux antimicrobiens et de développer les systèmes de génération, d’analyse et d’interprétation des données sur la résistance aux antimicrobiens et sur leur consommation. Ce projet constitue une opportunité majeure de renforcer la collaboration entre les trois départements ministériels, mais également entre l’OMS, la FAO et l’OIE, pour un engagement tripartite « Une seule santé ». 3 extrait de la politique pharmaceutique nationale L’OMS AU MAROC 202020 2021 « La question qui se pose souvent pour toute politique de santé est celle du financement. Le financement de la santé est le levier qui permet de concrétiser les actions sur le terrain pour une meilleure protection financière de la population. La mise en œuvre de la stratégie du financement de la santé accompagnée d’études stratégiques quantitatives et qualitatives va contribuer de manière significative aux transformations amorcées dans le système de santé marocain. » M. el Houcine akhnif, administrateur recruté sur le plan national – Couverture santé universelle nationale, OMS Améliorer l’accès aux services de santé pour les enfants en situation de handicap Dans le cadre du partenariat des Nations Unies pour le droit des personnes en situation de handicap, l’OMS et trois autres institutions des Nations Unies (UNESCO, PNUD et UNFPA) ont lancé un projet conjoint sur le handicap intitulé « Changer de regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’Homme dans la perception du handicap au Maroc ». Ce projet extrêmement novateur était attendu par les parties prenantes concernées. L’action de l’OMS relativement à ce projet visait à améliorer l’accès aux services de santé en intégrant les droits des enfants en situation d’Handicap (ESH) dans la conception de l’ensemble des stratégies sectorielles, et en définissant des modalités de prestation de services de santé. Ce projet qui vise l’inclusion des enfants en situation de handicap (ESH) a été lancé dans deux écoles pilotes, et se fonde sur les principes de l’éducation inclusive. Du 15 au 26 février 2021, l’OMS, en partenariat avec le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) a organisé à Rabat et à Casablanca, des journées de sensibilisation et de formation sur les droits des ESH. Ces journées de sensibilisation et de formation avaient pour objectif d’informer ou de consolider les connaissances des différents participants (élèves, associations de parents d’élèves, professionnels de l’éducation et de la santé) en matière des droits des ESH. D’autres activités visant une meilleure identification des besoins en termes de prise en charge des ESH et le renforcement des capacités des professionnels de la santé dans ce domaine ont été mises œuvre pour favoriser l’inclusion de ces enfants dans des classes traditionnelles. 21 Mme Florence rolle Précédente Représentante de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) Si la FAO et l’OMS collaborent étroitement dans de nombreux domaines au niveau mondial, il n’est pas fréquent de voir une collaboration concrète au niveau des bureaux de pays. Le Maroc fait figure d’exception. En effet, la FAO et l’OMS au Maroc travaillent ensemble dans les domaines de la nutrition et de la résistance aux antimicrobiens : une étude sur les relations entre les politiques alimentaires et l’obésité au Maroc a été réalisée et un projet sur le renforcement de la gouvernance en matière de résistance aux antimicrobiens est en cours de réalisation. La richesse de ce partenariat repose sur une capacité à mobiliser des équipes pluridisciplinaires capables d’analyser les problèmes de façon systémique et sur la facilitation d’une coordination entre le Ministère de la Santé, le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural, des Eaux et des Forêts et le Département de l’Environnement. Cette collaboration entre l’OMS et la FAO au Maroc reflète le sens même de la réforme des Nations Unies mise en place par le Secrétaire général. © F AO Une patiente atteinte du cancer bénéficiant d’une séance des soins palliatifs à domicile dans le cadre du projet MPTF/COVID-19 « Assurer la continuité des services essentiels de soins de santé primaires et hospitaliers pour les populations vulnérables et développer des mesures d’hygiène et de prévention pour des secteurs essentiels non sanitaires durant la pandémie du COVID-19 ». © Hassan Chabbi Atelier de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap organisé dans le cadre du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc ». © Hassan Chabbi PARTIE 3 PROMOUVOIR LA SANTé L’OMS AU MAROC 202024 2021 Les maladies non transmissibles (MNT) telles que les cancers, les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’hypertension artérielle constituent un fléau et un véritable problème de santé publique dans le monde, comme au Maroc. Selon l’OMS, au Maroc 80 % des décès sont liés aux MNT, ce qui dépasse la moyenne mondiale qui est de 70 %. Il est vrai qu’une crise sanitaire telle que celle de la COVID-19 focalise toute l’attention et peut reléguer au second plan des préoccupations majeures telles que les MNT. Il était donc essentiel pour l’OMS de maintenir les services de santé pour la prévention et la prise en charge de ces pathologies lourdes. stratégie nationale Multisectorielle de Prévention et de Contrôle des maladies non transmissibles En février 2019, une stratégie nationale multisectorielle de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles 2019-2029 a été officiellement lancée par le Royaume du Maroc avec l’appui de l’OMS suivant une approche participative impliquant tous les départements ministériels, les institutions concernées, les ONG, les sociétés savantes et l’industrie agro-alimentaire. Cette stratégie vise la réduction de la morbidité, de la mortalité et des incapacités liées aux MNT et à leurs facteurs de risques, à travers une approche intégrée. Prévenir les maladies cardiovasculaires grâce aux données et aux indicateurs de suivi Le bureau de l’OMS à Rabat s’est engagé à soutenir cette stratégie à travers la mise en œuvre d’actions visant à renforcer la capacité de prévention du Maroc notamment en ce qui concerne les maladies cardiovasculaires. En effet, au Maroc, deux décès sur cinq sont imputables à ce type de maladies, devenues la première cause de décès au niveau national. La standardisation des indicateurs de suivi et des outils de collecte des données des patients est cruciale pour assurer un bon suivi de la prévention et de la prise en charge des maladies cardiovasculaires. A cet effet, le bureau de l’OMS à Rabat a lancé en collaboration avec le Ministère de la Santé, aux niveaux local, régional et national, la plateforme électronique du Système d’information « Global HEARTS » à destination des professionnels de santé pour un meilleur suivi de leurs patients. la lutte contre le tabagisme : un engagement sans faille de l’oMs Il convient de rappeler que certains facteurs de risque communs sont à l’origine de la plupart de ces MNT. Il s’agit de facteurs de risques comportementaux comme le tabagisme, la consommation excessive d’alcool ou encore l’inactivité physique. En 2020, le bureau de l’OMS à Rabat a accompagné le Ministère de la Santé dr latifa Belekhel Cheffe de la Division des Maladies Non Transmissibles, Direction de l’Épidémiologie et de la Lutte contre les Maladies, Ministère de la Santé et de la Protection Sociale L’OMS, en tant que partenaire stratégique, ne cesse de soutenir le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale (MSPS) dans sa lutte contre les MNT : appui pour la réalisation des enquêtes STEPWISE 2018, GYTS (enquête mondiale sur la consommation de tabac chez les jeunes) 2016, GSHS (enquête mondiale sur la santé à l’école) 2016, élaboration de « la Stratégie Nationale Multisectorielle de Prévention et de Contrôle des MNT 2019-2029 » et de son plan d’action 2020-2021, la « Stratégie Nationale Multisectorielle de Prévention du Suicide » élaborée en 2021. Aussi, l’OMS, appuie le MSPS dans la mise en œuvre de deux initiatives mondiales : Initiative mondiale de lutte contre le cancer de l’enfant (GICC) qui a pour but d’augmenter la survie au-delà de 5 ans à plus de 60 % des enfants atteints de cancer, et l’élimination du cancer du col de l’utérus à l’horizon 2050 par au moyen de la stratégie 90 % -70 % -90 %. Enfin, l’apport de l’OMS n’était pas des moindres dans le contexte de la COVID-19 avec l’appui de notre pays dans la continuité des services, en l’occurrence, avec l’extension des soins palliatifs à quatre régions en 2021. © M SP S 25 dans le cadre de nombreuses activités en lien avec la Journée sans tabac avec une campagne de mass média dans six villes du Royaume et l’organisation d’un webinaire avec la participation de nombreux experts et spécialistes internationaux pour sensibiliser la population, et les jeunes en particulier, aux dangers du tabac. Une formation « Aide au sevrage tabagique » a également été organisée au profit des professionnels de la santé pour accompagner leurs patients. encourager les modes de vie sains Une mauvaise nutrition peut également constituer un facteur de risque des MNT. Deux projets importants ont été créés en collaboration avec le Ministère de la Santé. Le premier vient en réponse aux recommandations établies par la Stratégie Nationale de Nutrition élaborée par le Ministère de la Santé dans le but de protéger la santé du consommateur. Les industriels sont ainsi incités à améliorer la composition de leurs produits et à respecter le nouveau cadre juridique lié à la mise en place du logo « Nutriscore » permettant ainsi d’orienter le consommateur vers des produits plus sains. Le second projet porte sur la définition de protocoles, en concertation avec la Société marocaine de nutrition (SMN) et l’Association marocaine de diététique (AMADIET) ; il décrit les normes et les lignes directrices pour la prise en charge des troubles nutritionnels et les maladies chroniques. Un cours à distance sur ces protocoles a également été organisé à l’attention des professionnels de santé. A cela s’ajoute le travail effectué dans le cadre du programme de promotion de l’activité physique avec le développement de formations spécifiques à destination des professionnels de la santé afin d’intégrer l’activité physique comme axe essentiel dans le traitement de maladies telles que le diabète ou l’obésité. De plus, un guide de prévention de l’obésité en faveur de l’enfant a été élaboré. Prévenir et prendre en charge le cancer de l’enfant Dans le cadre du programme de coopération entre le Maroc et l’OMS, un atelier national de présentation des axes du Plan cancer de l’enfant 2021-2030, a été organisé le 21 janvier 2021 en partenariat avec la Fondation Lalla Salma _ Prévention et Traitement des cancers à Rabat. Cet atelier a permis de présenter les résultats de l’étude de survie des cancers de l’enfant, de discuter et de valider les axes, les actions et les mesures du plan cancer de l’enfant et d’entériner le Plan opérationnel de travail Maroc/OMS/GICC pour l’année 2021. ne pas négliger les troubles mentaux Pour l’OMS, les maladies mentales constituent un sujet qu’il est essentiel de ne pas laisser de côté. à ce titre, le bureau de l’OMS a accompagné le Ministère de la Santé dans l’élaboration d’une stratégie nationale de prévention du suicide. Par ailleurs, et dans le cadre du programme de la santé mentale, l’OMS a soutenu la création d’un kit de formation complet à destination des professionnels de santé des établissements de soins de santé primaires pour la prise en charge des troubles mentaux, neurologiques et liés à l’utilisation de substances psychoactives. Concrètement, il s’agit d’une part d’identifier les besoins des professionnels de santé en matière de connaissances et de compétences pratiques et d’autre part d’organiser le contenu de formations sur la base de l’outil « Guide d’intervention mhGAP » de l’OMS, adapté au contexte marocain. « Le Maroc a fait partie du groupe de pays ciblés par la première phase de l’initiative mondiale de lutte contre le cancer de l’enfant (IMCE) lancée par l’OMS et ses partenaires en 2018. Avec l’appui de l’OMS, le Plan national de lutte contre le cancer de l’enfant pour la période 2021-2030 a été élaboré par le Ministère de la Santé pour disposer d’un registre, de normes structurelles et organisationnelles pour les services d’hémato-oncologie pédiatrique, de données sur la survie et sur le coût de prise en charge, de protocoles médicaux et paramédicaux standardisés et d’un programme de soins de supports et de soins palliatifs. Ces acquis serviront d’éléments de plaidoyer auprès des décideurs pour une meilleure mobilisation des fonds et une optimisation de la planification des ressources dans la prise de en charge de ces cancers. » Dr imane el Menchawy, responsable Nutrition et maladies non transmissibles, bureau de l’OMS au Maroc L’OMS AU PLUS PRèS DES CITOYENS MAROCAINS PARTIE 4 Une patiente atteinte du cancer bénéficiant d’une séance des soins palliatifs dans le cadre du projet MPTF/COVID-19 « Assurer la continuité des services essentiels de soins de santé primaires et hospitaliers pour les populations vulnérables et développer des mesures d’hygiène et de prévention pour des secteurs essentiels non sanitaires durant la pandémie du COVID-19 ». © Hassan Chabbi
L’OMS AU MAROC 202028 2021 De par son mandat exclusif en matière de santé, l’OMS se positionne en tant qu’autorité directrice, coordonnatrice et normative de l’action sanitaire au sein du système des Nations Unies. Elle représente également l’un des partenaires privilégiés de tous les acteurs du système de santé au Maroc. L’arrivée de la pandémie de COVID-19 a non seulement contribué à renforcer davantage ce rôle, mais a donné une nouvelle dimension à la compréhension de l’action de l’OMS au Maroc, essentiellement par le grand public. En effet, l’OMS a veillé, plus que jamais, à être au plus près des citoyens du Maroc, à travers une étroite collaboration avec les organismes de la société civile et les partenaires nationaux pour favoriser le bien-être et la bonne santé du plus grand nombre et notamment pour les populations fragilisées par la pandémie (malades chroniques avec soins palliatifs, personnes vivant avec le VIH, populations marginalisées, personnes souffrant de troubles mentaux ou de handicap). Amener les soins vers les malades du cancer Comme nous avons pu le voir précédemment, la pandémie a créé de nombreux nouveaux besoins et compliqué l’accès aux soins de santé. C’est dans le cadre du Fonds des Nations Unies d’affectation spéciale multipartenaires pour la réponse à la COVID-19 (MPTF) qu’une réponse appropriée a pu être déployée pour garantir cet accès aux patients pour leurs soins palliatifs durant la période de confinement, faute de moyens de transport disponibles. Le bureau de l’OMS au Maroc a donc appuyé le Ministère de la Santé pour la mise en œuvre de la stratégie de soins palliatifs. Pour ce faire, l’OMS a contribué à l’acquisition d’unités mobiles pour les professionnels de santé se déplaçant à domicile et d’équipements, de matériel et de médicaments pour ces patients. Cette opération a été très rapidement mise en œuvre face à l’urgence de la situation avec l’acquisition de quatre unités mobiles au profit de quatre provinces : Agadir, Oujda, Beni Mellal et Errachidia. Plus de 400 patients cancéreux ont ainsi pu bénéficier de visites médicales à domicile pour recevoir leurs soins. Toujours dans le cadre du MPTF, l’OMS a également contribué à la création de deux unités hospitalières de soins palliatifs dans les centres régionaux d’oncologie de Beni Mellal et d’Agadir, les dotant de tout le matériel médical nécessaire pour la continuité des soins de santé primaires essentiels. Ce projet a été étendu en 2021 avec l’acquisition de quatre autres unités mobiles et d’équipement technique nécessaire pour l’offre de soins palliatifs à cette population. renforcer les partenariats pour soutenir les personnes exposées au ViH De juin 2020 à juin 2021, l’OMS, en partenariat avec l’Association de lutte contre le Sida (ALCS) a mis en place des actions pour lutter contre les violences faites aux personnes vivant avec le VIH et les populations les plus exposées au VIH, essentiellement durant la période de confinement, à savoir les travailleurs et travailleuses du sexe, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH). Des actions ont été initiées pour les soutenir sur les plans psycho-social, juridique et sanitaire en général. dr Mehdi Karkouri Président de l’Association de lutte contre le sida (ALCS) Grâce à l’appui de l’OMS, l’ALCS a lancé, en 2020, une expérience inédite de prise en charge à distance des victimes de violences sexuelles et de violences basées sur le genre (principalement pour les professionnelles du sexe et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes).150 personnes ont ainsi pu bénéficier de services innovants : appui psychologique et juridique à distance, orientation vers les cliniques de santé sexuelle et reproductive de l’ALCS. Au vu de ses résultats probants, ce programme, plébiscité par les victimes, a été reconduit en 2021. © A LC S 29 soutenir la prévention du suicide et apporter un appui psychologique Dans le cadre du plan d’action de santé mentale 2013-2020 de l’OMS, adopté par le Ministère de la Santé en 2018, une stratégie nationale du suicide chez l’adolescent, l’adulte et les personnes âgées a été lancée en 2021. Cette stratégie prend encore plus de sens lorsque l’on sait que la COVID-19 et notamment la période de confinement imposée a entraîné un niveau de stress élevé et une hausse des comportements suicidaires, principalement chez les adolescents. L’OMS et l’UNICEF ont également appuyé le Ministère de la Santé dans la réalisation d’une campagne de communication et de prévention à destination des adolescents mettant l’accent sur la gestion du stress, sur des mesures préventives par rapport à la COVID-19, et sur un appui psychologique de manière générale. gros plan sur la question du leadership et du financement de la santé dans le cadre des odd Pour la première fois, une formation virtuelle a été organisée de manière conjointe entre différentes institutions des Nations Unies (OMS, PNUD et UNICEF), au niveau mondial, pour aborder la question du leadership et du financement de la santé dans le cadre des ODD. Cette formation qui se concentre sur l’ODD 3 a démarré en 2021 au Maroc et a rassemblé plus de 26 participants de divers horizons : institutions des Nations Unies, cadres du Ministère de la Santé et de la Protection Sociale, du Ministère des Finances, de l’Observatoire National du Développement Humain (ONDH). Cette formation a été organisée par l’École des cadres du système des Nations Unies. L’OMS au Maroc est engagé dans la réforme du Système des Nations Unies, permettant la convergence des actions des institutions des Nations Unies pour une meilleure efficacité de l’action, en ne laissant personne de côté. L’OMS est l’institution phare des Nations Unies en matière de santé et contribue ainsi à la formulation et à la mise en œuvre du Plan Cadre des Nations Unies pour le Développement. Les contributions spécifiques de l’OMS sont multiples. On citera à titre d’exemple : - La collaboration entre l’OMS et l’UNICEF est un facteur essentiel de la réussite du mécanisme COVAX. - L’OMS met en œuvre le Plan d’action mondial pour permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien- être de tous. Ce plan d’action réunit 13 institutions multilatérales de santé, de développement et d’aide humanitaire pour mieux aider les pays à accélérer les progrès vers les Objectifs de développement durable (ODD) liés à la santé, notamment l’OMS. Ces institutions se complètent mutuellement, sur ce plan, selon leurs mandats et travaillent à faire progresser toutes les cibles de l’ODD 3. - L’OMS au Maroc est toujours engagée dans la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, aux côtés des autres institutions des Nations Unies. Plus de ProxiMiTé grâCe à lA Mise en œuVre de lA réForMe des nATions unies Élève participant à un atelier de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap organisé dans le cadre du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc ». © Hassan Chabbi L’OMS AU MAROC 202030 2021 renforcer la communication de proximité Dans un contexte de crise, il était primordial de donner l’accès à l’information sur la pandémie de COVID-19 aux citoyens du Maroc. C’est à cet effet, que le bureau de l’OMS au Maroc a mis à profit son savoir-faire en matière de communication, en collaboration avec le Ministère de la Santé et ses autres partenaires, pour informer, avertir, sensibiliser par tous les moyens dont il dispose pour prévenir et ralentir la transmission de la COVID-19, mais également pour continuer à parler des sujets de santé prioritaires pour l’OMS. L’Organisation a ainsi généré plus d’une centaine de contenus divers, en ligne, sur son site Web, mais aussi sur ses réseaux sociaux. Elle a également contribué à divers articles parus dans les médias marocains pour aborder essentiellement les questions liées à la pandémie de COVID-19, mais également d’autres sujets majeurs. M. Abdelouahab Belmadani Directeur de la Planification et des Ressources Financières Ministère de la Santé et de la Protection Sociale Mme simona Costanza sow Directrice du portefeuille Direction et cohérences des politiques, à Bonn École des cadres du système des Nations Unies Ce cours propose une approche innovante qui a permis non seulement de réunir toutes les parties prenantes, relevant des différents départements du Ministère de la Santé, impliquées dans la gestion des ODD, mais également un dispositif de tutorat et d’accompagnement individuel qui a été d’une valeur ajoutée extrêmement importante pour l’ensemble des participants sur le plan du développement personnel. L’objectif de ce cours a été de renforcer le leadership pour la mise en œuvre de l’ODD n°3 au Maroc. Cette formation a ainsi permis d’analyser les influences des politiques de multiples secteurs sur les déterminants de la santé publique. Elle a ainsi promu une vision systémique de la santé, en partant des aspects pertinents des points de vue des différentes parties prenantes. © M SP S © U N S ys te m S ta ff Co lle ge Atelier de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap organisé dans le cadre du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc ». © Hassan Chabbi Durant ces deux ans, j’ai pu travailler sur l’un des projets phares du bureau de l’OMS au Maroc, à savoir le cours stratégique multisectoriel élaboré par l’École des cadres du système des Nations Unies. Ce cours a pour but de former les responsables de différents secteurs à la définition de visions stratégiques, pour une meilleure convergence des décisions de politiques de santé et pour un développement inclusif et durable. Le format du cours a été adapté aux besoins des participants et un coaching individuel leur a été offert. témoignage de Souad Benmadaila, Coordonnatrice pour les ODD 31 « En matière de communication, l’approche suivie par le bureau de l’OMS au Maroc a évolué et pris de l’ampleur tout au long de ces dernières années, notamment avec la pandémie. Informer, sensibiliser sur la pandémie, sur les moyens de prévention, sur la campagne de vaccination, etc. en collaboration avec le Ministère de la Santé, aider à changer de regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’Homme dans la perception du handicap au Maroc, communiquer pour assurer une continuité des soins de santé essentiels, sont autant de défis de communication que nous avons eu à relever durant ces deux dernières années. » M. Marouane Bendraif, Chargé de communication, OMS « La communication de l’OMS a pris une nouvelle dimension depuis le début de cette pandémie, que ce soit avec les médias ou le grand public. Durant cette crise sanitaire, nous avons eu à cœur, avec nos partenaires, de veiller à relayer les informations sûres sur le virus, mais également sur d’autres sujets de santé, créer du contenu scientifique adapté et accessible à tous, créer des interactions avec les différents publics et donner des conseils à la population quant aux mesures à adopter pour protéger la santé de tous. Si certains en doutaient encore, il est clair aujourd’hui que la communication a un rôle essentiel à jouer dans la gestion de la pandémie, mais également, de manière générale quand il s’agit de sujets de santé publique. » Mme Lina touri, Chargée de communication, OMS Élève participant à un atelier de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap organisé dans le cadre du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc ». © Hassan Chabbi L’OMS AU MAROC 202032 2021 deux annÉes MarquÉes par de noMbreux ÉVÉneMents 2021 7 juin : Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments 2021 8 mars : Journée internationale des femmes 2021 7 avril : Journée mondiale de la santé « Les déterminants de la santé pour un monde plus juste et en meilleure santé » 2021 24-30 avril : Semaine de la vaccination 2021 31 mai : Journée mondiale sans tabac 2021 5 mai : Journée internationale des infirmières et des sages-femmes 2020 7 avril : Journée mondiale de la santé « Soutenez les sages-femmes et le personnel infirmier » 2020 5 mai : Journée mondiale de l’hygiène des mains 33 2021 7 juin : Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments 2021 16 décembre : Journée internationale de la couverture sanitaire universelle 2021 17 septembre : Journée mondiale de la sécurité des patients - Sécurité des soins maternels et néonatals 2021 10 octobre : Journée mondiale de la santé mentale 2021 24 octobre : Journée mondiale contre la poliomyélite 2020 1er décembre : Journée mondiale de lutte contre le sida 2020 9 décembre : Journée internationale de la couverture sanitaire universelle 2020 14 novembre : Journée de lutte contre le diabète L’OMS AU MAROC 202034 2021 une équipe soudée et engagée pour une période biennale très spéciale Durant cette période biennale singulière à bien des égards, le bureau de l’OMS au Maroc, a pu compter sur une mobilisation sans précédent de ses équipes techniques et opérations et des volontaires des Nations Unies qui sont venus renforcer les rangs, pour gérer tous ensemble la crise liée à la pandémie de COVID-19 et pour permettre d’apporter l’expertise et le support de l’OMS aux partenaires pour assurer la continuité des soins. Les outils de collaboration numériques déjà mis en place par le bureau de l’OMS au Maroc ont permis à notre équipe une adaptation rapide aux bouleversements imprévisibles de la COVID-19 et une meilleure gestion au quotidien. témoignage de ibrahim Ouakrim, informaticien Durant les premières semaines de la crise de la COVID-19, une grande partie du soutien de l’OMS au Maroc a reposé sur l’acheminement de matériel de protection, d’achat d’équipements tels que les tests PCR ou les équipements informatiques. Ce qui a été un vrai défi lorsque l’on est responsable du suivi logistique, de l’achat et de la livraison de matériel et des équipements au bureau de l’OMS à Rabat. témoignage de Zhor Salhi, assistante administrative La santé de demain est créée par les jeunes d’aujourd’hui. Il est nécessaire de soutenir les activités, de renforcer les capacités des étudiants en médecine, et de les préparer à faire face aux urgences sanitaires futures. témoignage de Saad Chaibi, responsable de la Santé publique Rejoindre le bureau de l’OMS au Maroc en pleine pandémie était un vrai défi. J’ai pu apporter une assistance aux différents programmes et aux projets qu’ils soient liés à la gestion de la pandémie de COVID-19 ou à des activités de continuité des soins. témoignage de Fatima-Zahra tounsi, Programme assistant L’année 2021 a été une année exceptionnelle du fait des contraintes imposées par la pandémie de COVID-19 et l’impératif d’assurer le suivi financier d’un nombre important de dossiers. Une fois de plus, les défis ont été relevés avec succès par l’OMS et je suis très heureux d’avoir pu apporter ma contribution. témoignage de Najib akjij, assistant financier Avec la pandémie de COVID-19, le travail de chacun a été perturbé. De mon côté, il était essentiel que les procédures administratives internes comme externes soient respectées malgré les contraintes imposées par la situation sanitaire et le télétravail. témoignage de Hanane-assia Khelladi, assistante de la représentante de l’OMS La pandémie a mis à rude épreuve nos procédures opérationnelles habituelles, mais nous avons pu faire face et assurer la continuité de nos activités quotidiennes grâce au sens de l’adaptation, à la rigueur, à la solidarité et à la flexibilité dont a su faire preuve l’équipe du bureau de l’OMS au Maroc et notamment à travers l’application du télétravail et l’organisation de sessions axées sur le bien-être en faveur des membres de l’équipe. M. Ghassane el Falah, responsable des Opérations, OMS 35 Nous avons été particulièrement sollicités durant la période de confinement notamment pour garantir au personnel de l’OMS et à ses partenaires la réception des documents nécessaires à leur travail. Malgré les inquiétudes liées à l’apparition de ce nouveau virus, nous avons maintenu le même rythme de travail et continué à faire le lien entre les équipes. témoignage de ahmed el Khoumri, Chauffeur/coursier La période de la pandémie a été compliquée notamment pour le personnel de première ligne. Cela a nécessité une logistique et une organisation importantes pour assurer le transport des collègues et acheminer dans les temps et dans les bonnes conditions les colis reçus et les différentes correspondances. témoignage de Mustapha asbahi, Chauffeur/coursier Élève participant à un atelier de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap organisé dans le cadre du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc ». © Hassan Chabbi L’OMS AU MAROC 202036 2021 L’Équipe du bureau de L’oMs au Maroc Dr Maryam Bigdeli Représentante de l’OMS au Maroc Mme Hanane Khelladi Assistante de la Représentante de l’OMS Mme Lina Touri Chargée de communication Marouane Bendraif Chargé de communication Dr Hafid Hachri Administrateur recruté sur le plan national — Systèmes de santé et Santé publique M. El Houcine Akhnif Administrateur recruté sur le plan national — Couverture santé universelle nationale Dr Soumia Triki Administratrice recrutée sur le plan national — Préparation contre la pandémie grippale et les urgences de santé publique Dr Imane Elmenchawy Responsable Nutrition et maladies non transmissibles (VNU) Saad Chaibi Responsable de la Santé publique Dr Souad Benmadail Coordonnatrice pour les ODD Fatima Zohra Tounssi Assistante de programme B U R E A U D E L A R E P R É S E N T A T I O N P Ô L E T E C H N I Q U E © S aa d Ch ai bi 37 M. Ghassane El Falah Responsable des opérations M. Ahmed El Khoumri Chauffeur/coursier M. Ibrahim Ouakrim Informaticien M. Mustapha Asbahi Chauffeur/coursier M. Nabil Akjij Assistant financier Mme Zhour Salhi Assistante administrative P Ô L E O P É R A T I O N S © H as sa n Ch ab bi L’OMS AU MAROC 20208 2021 L’Équipe du bureau de L’oMs au Maroc 9 © H as sa n Ch ab bi Contact : EM.173382 3, Rue Prince Sidi Mohamed BP 812 Rabat Mechouar 10000 Maroc Téléphone : +212 537 632259 Télécopie : +212 537 632209 emacomorwr@who.int Pour plus d’informations : Site Web : http://www.emro.who.int/fr/countries/mor/index.html : @OMSMaroc – Organisation mondiale de la Santé au Maroc : Organisation mondiale de la Santé au Maroc
P R O M O U V O I R L A S A N T É / P R É S E R V E R L A S É C U R I T É M O N D I A L E / S E R V I R L E S P O P U L A T I O N S V U L N É R A B L E S
© O M S © Organisation mondiale de la Santé 2022 Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY-NC-SA 3.0 IGO ; https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo). Aux termes de cette licence, vous pouvez copier, distribuer et adapter l’œuvre à des fins non commerciales, pour autant que l’œuvre soit citée de manière appropriée, comme il est indiqué ci-dessous. Dans l’utilisation qui sera faite de l’œuvre, quelle qu’elle soit, il ne devra pas être suggéré que l’OMS approuve une organisation, des produits ou des services particuliers. L’utilisation de l’emblème de l’OMS est interdite. Si vous adaptez cette œuvre, vous êtes tenu de diffuser toute nouvelle œuvre sous la même licence Creative Commons ou sous une licence équivalente. Si vous traduisez cette œuvre, il vous est demandé d’ajouter la clause de non responsabilité suivante à la citation suggérée : « La présente traduction n’a pas été établie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’OMS ne saurait être tenue pour responsable du contenu ou de l’exactitude de la présente traduction. L’édition originale anglaise est l’édition authentique qui fait foi ». Toute médiation relative à un différend survenu dans le cadre de la licence sera menée conformément au Règlement de médiation de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Citation suggérée. L’OMS au Maroc : 2020-2021 une période biennale pas comme les autres : Rabat. Bureau de l’Organisation mondiale de la Santé au Maroc ; 2022 Licence : CC BY NC SA 3.0 IGO. Ventes, droits et licences. Pour acheter les publications de l’OMS, voir http://apps.who.int/bookorders. Pour soumettre une demande en vue d’un usage commercial ou une demande concernant les droits et licences, voir http://www.who.int/about/ licensing. Matériel attribué à des tiers. Si vous souhaitez réutiliser du matériel figurant dans la présente œuvre qui est attribué à un tiers, tel que des tableaux, figures ou images, il vous appartient de déterminer si une permission doit être obtenue pour un tel usage et d’obtenir cette permission du titulaire du droit d’auteur. L’utilisateur s’expose seul au risque de plaintes résultant d’une infraction au droit d’auteur dont est titulaire un tiers sur un élément de la présente œuvre. Clause générale de non responsabilité. Les appellations employées dans la présente publication et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part de l’OMS aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les traits discontinus formés d’une succession de points ou de tirets sur les cartes représentent des frontières approximatives dont le tracé peut ne pas avoir fait l’objet d’un accord définitif. La mention de firmes et de produits commerciaux ne signifie pas que ces firmes et ces produits commerciaux sont agréés ou recommandés par l’OMS, de préférence à d’autres de nature analogue. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale indique qu’il s’agit d’un nom déposé. L’Organisation mondiale de la Santé a pris toutes les précautions raisonnables pour vérifier les informations contenues dans la présente publication. Toutefois, le matériel publié est diffusé sans aucune garantie, expresse ou implicite. La responsabilité de l’interprétation et de l’utilisation dudit matériel incombe au lecteur. En aucun cas, l’OMS ne saurait être tenue responsable des préjudices subis du fait de son utilisation. Noms Organisation mondiale de la Santé Bureau régional de la .éditerranée orientale 5itre L’O.S au .aroc 2020-202 une période biennale pas comme les autres Organisation mondiale de la Santé Bureau régional de la .éditerranée orientale %escription Caire Organisation mondiale de la Santé. Bureau régional de la .éditerranée orientale | 2022 IdentiGicateurs ISBN 978-92-9274-37-2 ISBN 978-92-9274-38-9 en ligne
SuKets CO7I%9 - prévention et contr´le | Betacoronavirus | Épidémies de maladies | Pandémies | Services de santé pour autochtones | Promotion de la santé | Organisation mondiale de la santé | Maroc Classification : NLM WA 540 Le présent ouvrage a été publié dans sa version originale sous l’ISBN 978-92-9022-973-5 , ISBN 978-92-9022-974-2 | 20202021 UNE PÉRIODE BIENNALE PAS COMME LES AUTRES L’OMS au Maroc « Le monde a besoin d’une Organisation mondiale de la Santé forte, efficace, habilitée à agir, efficiente, responsable, transparente et financée de manière durable en tant qu’autorité directrice et coordinatrice de la santé mondiale. » Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus Directeur général de l’OMS L’OMS AU MAROC 20202 2021 © O M S / C hr is to ph er B la ck ÉDITORIAL 4 LE CADRE STRATÉGIQUE DE L’ACTION DE L’ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ 5 PARTIE 1 I MAINTENIR LA SÉCURITÉ SANITAIRE : GROS PLAN SUR LA GESTION DE LA PANDÉMIE DE COVID19 6 PARTIE 2 I SERVIR LES POPULATIONS 12 PARTIE 3 I PROMOUVOIR LA SANTÉ 22 PARTIE 4 I L’OMS AU PLUS PRÈS DES CITOYENS MAROCAINS 26 SOMMAIRE 3 L’OMS AU MAROC 20204 2021 ÉDITORIAL « Cette nouvelle période biennale 2020-2021 a été singulière à plus d’un titre pour le bureau de l’OMS au Maroc. Cette particularité s’explique en premier lieu par une raison évidente : la survenue de la pandémie de COVID-19 dans le monde et à partir de 2020 au Maroc. Cette pandémie a transformé notre façon de travailler et réorienté notre appui technique et financier vers de nouvelles priorités nationales. Ce soutien s’est traduit dans un premier temps, dans l’urgence, par une aide directe visant à renforcer la capacité du pays en matière de diagnostic et à protéger les personnels de santé de première ligne. Nous tenons d’ailleurs à renouveler nos félicitations au gouvernement du Maroc pour la gestion exemplaire de la pandémie, dès les premiers jours de l’apparition du virus sur le territoire marocain ainsi que pour sa campagne de vaccination nationale. © H as sa n Ch ab bi La singularité de cette période tient également à la nécessité de prendre en considération de nouveaux besoins créés par la pandémie afin de fournir un appui à nos différents partenaires. Cette situation inédite dans le monde et au Maroc nous interroge sur l’accès à la santé, de manière générale, interrogations que nous avons pu analyser à travers différentes études, et je citerai par exemple, les études sur la relation entre le patient et le professionnel de santé en temps de COVID-19 ou l’étude d’impact économique du virus sur les patients vivant avec des pathologies lourdes. La pandémie a créé également de nouveaux besoins en termes de renforcement de capacités et nous étions là pour accompagner le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale, ainsi que nos partenaires pour la formation de gestionnaires et de professionnels de santé à différentes thématiques. Nous avons également œuvré avec d’autres institutions des Nations Unies et avec nos partenaires de la société civile pour apporter un soutien psychologique à des personnes vulnérables et fragilisées à des degrés divers par la pandémie. Mais la pandémie ne devait pas et ne doit pas occulter d’autres urgences de santé publique ni les projets de refonte du système national de santé que nous accompagnons. Je parle de notre appui pour assurer une continuité en ce qui concerne la couverture santé universelle et le financement de la santé, qui sont des piliers du dossier stratégique de la protection sociale au Maroc, et le soutien que nous apportons de manière générale aux réformes et politiques sectorielles nationales. Par ailleurs, la lutte contre les maladies, et en particulier les maladies chroniques reste une priorité dans ce contexte de crise, et demande de réfléchir à la reconstruction de systèmes de santé résilients, centrés sur les besoins des patients les plus vulnérables. Cette crise sanitaire nous a également appris qu’il était nécessaire d’adopter une approche différente, pour anticiper les aléas futurs, et notamment en préparant les experts de santé publique d’aujourd’hui et de demain à toute nouvelle situation difficile. Il est primordial que nous restions tous en alerte, que nous soyons prêts à répondre ensemble à la pandémie de COVID-19, mais également à de nouvelles situations de crise potentielles et que nous en tirions les enseignements à tous les niveaux. Et puisque nous parlons d’avenir, nous serons ravis de continuer à œuvrer avec nos partenaires, durant la prochaine période biennale bien sûr, et dans le futur, sur les priorités du système de santé et pour la mise en œuvre des politiques publiques du secteur de la santé, dans le cadre des réformes ambitieuses dictées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et détaillées dans le Nouveau Modèle de Développement du pays. Je profite de ce message pour remercier tous nos partenaires pour le chemin accompli ensemble durant cette période très spéciale. Enfin, je souhaiterais remercier l’ensemble de mes collègues du bureau du Maroc qui ont su s’adapter à un contexte inédit et continuer leurs activités respectives, parfois dans des situations risquées ou difficiles, pour que notre action à destination de la population marocaine puisse se poursuivre. Et je remercie enfin les volontaires des Nations Unies qui sont venus renforcer l’équipe de l’OMS au Maroc et apporter un soutien précieux dans cette période très particulière. » Dr Maryam Bigdeli, Représentante de l’OMS au Maroc La nouvelle Stratégie de coopération 2022-2026 se basera sur les recommandations de cette évaluation, sur les orientations du treizième programme de travail (PGT) de l’OMS, sur les nouvelles priorités nationales, les politiques publiques sectorielles en cours, les réformes à venir et sur l’évolution de la situation sanitaire au Maroc. L’action de l’OMS au Maroc est également en ligne avec le Nouveau Modèle de Développement (NMD) du Royaume élaboré par la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement (CSMD) en 2021, qui à l’instar du treizième PGT ou de la Stratégie de coopération Maroc-OMS pour la période 2017-2021 donne une place prépondérante au capital humain et au renforcement des compétences, à l’inclusion sociale et économique, au renforcement de la qualité des services et des prestations de soins aux citoyens. Par ailleurs, ces documents fondateurs abordent également des thématiques fondamentales pour le bureau de l’OMS au Maroc telles que la continuité des services en période de COVID-19 et de post-pandémie, la protection sociale et notamment la couverture médicale de base. Les axes stratégiques du (NMD) posent les jalons incontournables du travail de l’OMS au Maroc. Au Maroc, l’action et les priorités sanitaires nationales s’inscrivent dans la Stratégie de coopération OMS-Maroc 2017-2021 qui est actuellement en cours d’évaluation. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est chargée de diriger l’action sanitaire mondiale, de définir les programmes de recherche en santé, de fixer les normes et les critères, de présenter des options politiques fondées sur des données probantes, de fournir un soutien technique aux pays et de suivre et d’apprécier les tendances en matière de santé publique1. L’action de l’OMS s’inscrit dans le cadre du Programme mondial de développement durable et de ses 17 Objectifs (ODD) que les 193 États Membres de l’Organisation des Nations Unies ont convenu d’atteindre à l’horizon 2030. L’ODD 3, en particulier, est consacré à la santé et au bien-être des populations et vise à « donner aux individus les moyens de vivre une vie saine et promouvoir le bien-être à tous les âges ». Les ODD sont un fondement du treizième programme général de travail (PGT) de l’OMS2 qui s’articule autour de trois objectifs stratégiques : 1I La couverture santé universelle 2I La protection de la population dans les situations d’urgence sanitaire 3I L’amélioration de la santé de la population LE CADRE STRATÉGIQUE DE L’ACTION DE L’ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ 5 1 https://www.un.org/youthenvoy/fr/2013/09/oms-lorganisation-mondiale-sante/ 2 https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/328842/WHO-PPR-18.1-fre.pdf ?sequence=1&isAllowed=y Pr Khalid Ait Taleb Ministre de la Santé et de la Protection Sociale Nous nous félicitons de l’accompagnement de l’OMS pour appuyer le Maroc dans la mise en œuvre du plan national de prévention et de riposte à la pandémie de COVID-19, ainsi que pour son soutien à assurer la continuité des services essentiels de santé en période de pandémie, notamment à travers l’apport d’expertise et le partage des bonnes pratiques. © M SP S
MAINTENIR LA SÉCURITÉ SANITAIRE : GROS PLAN SUR LA GESTION DE LA PANDÉMIE DE COVID19 Une professionnelle de santé en formation sur la préparation à la grippe dans un laboratoire à l’hôpital Moulay Youssef à Rabat. © OMS PARTIE 1 L’OMS AU MAROC 20208 2021 « La pandémie de COVID-19 est une crise sanitaire sans précédent, qui a lourdement impacté tous les systèmes de santé, l’économie et l’organisation sociétale de tous les pays du monde. Ainsi, le bureau de pays de l’OMS, malgré un environnement de travail particulier, en raison des mesures répétées de confinement et du stress engendré par ce virus, a fait face aux nombreux défis qui se sont présentés en fournissant un soutien inconditionnel au Royaume, notamment pour le plaidoyer et la mobilisation de fonds, l’appui à la stratégie nationale de diagnostic et de séquençage du SARS-CoV2, la communication sur les risques et la participation communautaire, la prévention et le contrôle de l’infection, le renforcement des capacités des décideurs sur les aspects essentiels de riposte à une crise sanitaire, sans oublier les actions pour la diminution de l’impact de la pandémie sur les populations les plus vulnérables et la continuité des services. » Dr Soumia Triki, Administratrice recrutée sur le plan national (Préparation contre la pandémie grippale et les urgences de santé publique) au bureau de l’OMS au Maroc Le début de cette période biennale 2020-2021 est marqué par la pandémie de COVID-19. L’action de l’OMS au Maroc comme dans le monde a été centrée principalement sur la prévention et la lutte contre la COVID-19, surtout durant l’année 2020. L’OMS en tant que garant institutionnel de la sécurité sanitaire au niveau mondial appuie l’engagement des États à la mise en place des dispositifs de veille, d’alerte et de riposte contre les événements de santé publique qui menacent la sécurité sanitaire. Mais, l’action de l’OMS au Maroc concernant la sécurité sanitaire ne s’est pas limitée à l’appui apporté à la gestion de la pandémie durant ces deux dernières années, d’autres actions ont pu être assurées par le bureau de l’OMS à Rabat. FACE À LA COVID19, UNE RÉPONSE D’URGENCE POUR SAUVER DES VIES… L’OMS, conformément à sa mission, a veillé tout au long de cette période biennale à appuyer le Maroc dans la riposte à la pandémie de COVID-19, dans de nombreux domaines et en collaboration avec le système des Nations Unies. Des actions à fort impact ont été soutenues, à la fois pour la prévention, la prise en charge de la COVID-19 ainsi que pour assurer la continuité des services. Une professionnelle de santé en formation sur la préparation à la grippe dans un laboratoire à l’hôpital Moulay Youssef à Rabat. © OMS L’OMS travaille depuis 2014, en collaboration avec le gouvernement marocain, pour la mise en œuvre de plans biannuels de préparation et de lutte contre la pandémie grippale et les virus respiratoires émergents : Plan de préparation contre la pandémie grippale (PIP) inscrits dans le cadre d’un partenariat novateur entre les États Membres, l’industrie pharmaceutique, la société civile et d’autres partenaires. Ce cadre vise à améliorer le partage des données, le partage des virus grippaux à potentiel pandémique et l’accès équitable aux produits nécessaires en cas de pandémie de grippe (vaccins, médicaments antiviraux et produits de diagnostic, etc.). Il s’agit d’un travail de longue haleine pour une surveillance épidémiologique et virologique intégrée et renforcée de manière à ce que les virus à potentiel pandémique soient détectés de manière précoce. Le PIP soutient également le renforcement des capacités en matière de gestion des risques et de réponse rapide. Ce programme ainsi que toutes les compétences Appuyer la stratégie nationale de diagnostic et de séquençage du SARS-CoV2 et des virus respiratoires Dans ce contexte singulier, les autorités marocaines ont déployé tous les efforts nécessaires pour agir et répondre à l’urgence de la situation, en renforçant tout d’abord les capacités de diagnostic du virus SARS-CoV2. Ainsi, les capacités nationales des laboratoires ont été considérablement augmentées avec l’extension d’un réseau initial de trois laboratoires publics et privés. Aussi, et à partir de juin 2020, le Maroc a passé le cap des 20 000 tests/jour. À ce titre, l’OMS au Maroc a joué un rôle prépondérant en appuyant l’Institut National d’Hygiène (lNH) dès le début de la pandémie dans le renforcement des capacités de diagnostic et de séquençage du SARS-CoV2, de la grippe et des virus respiratoires émergents par l’achat de kits et d’équipements prévus à cet effet, mais également par l’organisation d’ateliers de formation au profit des professionnels de santé aux niveaux des secteurs privé et public, à l’échelle nationale. Renforcer la surveillance épidémiologique, l’évaluation du risque et la veille sanitaire © W H O /E M RO /M oh se n A lla m 9 M. Mohamed Rhajaoui Directeur de l’Institut National d’Hygiène (INH) Dès le début de la pandémie, le bureau de l’OMS à Rabat a été l’un de nos partenaires privilégiés. Ce partenariat se distingue par un soutien inconditionnel au réseau national des laboratoires de diagnostic de la COVID-19 par l’approvisionnement en produits biologiques, le partage de l’information utile ou l’appui financier pour l’organisation de multiples sessions de formation au profit des laboratoires privés réalisant les analyses biologiques de la COVID-19. Nous sommes reconnaissants des efforts déployés par l’OMS pour faire aboutir toutes les actions entreprises et nous mettons tout en œuvre pour renforcer cette collaboration dans le but d’améliorer de façon continue les services fournis par les laboratoires. Dr Mohammed Youbi Directeur de l’Épidémiologie et de la Lutte contre les maladies (DELM) La coopération entre l’OMS et le Ministère de la Santé a toujours été guidée par des visions et des orientations stratégiques communes, avec un intérêt marqué pour la veille, la surveillance, la préparation et la riposte aux urgences sanitaires, ainsi que pour les programmes de prévention et de contrôle des maladies et leurs facteurs de risque, cœur de métier de la Direction de l’Épidémiologie et de Lutte contre les Maladies (DELM). La période biennale 2020-2021 ayant coïncidé avec la pandémie de COVID-19, les projets d’appui à la DELM ont naturellement porté sur la mise en œuvre du plan national de veille et de riposte à la COVID-19, parallèlement à la poursuite des principales activités déjà planifiées et pouvant être réalisées. Cela n’aurait pas été possible sans le professionnalisme, le dynamisme et la réactivité de l’équipe du bureau de l’OMS au Maroc, sous le leadership de Madame la Représentante. © I N H © M SP S Soutenir les campagnes de vaccination des plus de 18 ans Prévenir et contrôler les infections Dès le début de la pandémie, le monde entier a connu une pénurie d’équipements de protection individuelle (EPI), lesquels ont d’abord été réservés au personnel soignant avant d’en étendre l’usage à l’ensemble de la population. L’OMS a fortement contribué à assurer l’approvisionnement aux pays, en particulier ceux qui étaient les plus démunis face à la crise. Les autorités marocaines avaient anticipé ces besoins dès le début de la crise sanitaire. Néanmoins, l’OMS a acheminé au Maroc un lot de matériel de protection personnel comprenant des gants, des lunettes, des visières, des blouses de protection, des masques chirurgicaux FFP2, afin de renforcer l’équipement existant. Très tôt et sur Instructions Royales, le Maroc a lancé une campagne nationale massive de vaccination contre la COVID-19 visant tout d’abord à vacciner les groupes cibles les plus vulnérables. Appuyant cette décision et la campagne de vaccination conformément aux recommandations mondiales de l’OMS, le bureau de Rabat s’est engagé, en collaboration avec l’UNICEF, dans le Renforcer les capacités des professionnels de santé Le renforcement des capacités a également constitué un axe d’intervention majeur de l’OMS lors de cette pandémie afin de permettre au Maroc et à ses professionnels de santé, de première ligne ou non, de réagir de manière adaptée au contexte. Ainsi, de nombreux webinaires traitant de thématiques variées, en lien avec la prévention et la prise en charge de la COVID-19 ainsi que sur les protocoles organisationnels et de prise en charge de la population pour une continuité des soins essentiels, ont été organisés. L’objectif de l’OMS étant, certes, de répondre à une situation d’urgence, mais également de mieux préparer les professionnels de santé à d’éventuelles reprises de l’épidémie ou à de nouvelles formes de pandémies. En effet, l’OMS a organisé une formation des formateurs nationaux en matière de pharmacovigilance des vaccins, des webinaires de formation destinés aux professionnels de santé sur les mesures de prévention et de lutte contre la COVID-19, ainsi qu’une formation diplômante pour la gestion des urgences de santé publique au profit d’un pool de décideurs du Ministère de la Santé, au niveau national. processus d’approvisionnement et de livraison des vaccins contre la COVID-19 à travers l’initiative COVAX ainsi que dans les actions concernant la communication du risque et l’engagement communautaire. « LE MAROC COMPTE PARMI LES DIX PREMIERS PAYS QUI ONT RELEVÉ LE DÉFI DE LA VACCINATION CONTRE LA COVID-19 » Tweet de l’OMS sur sa page officielle le 3 mars 2020. L’OMS AU MAROC 202010 2021 acquises avec l’appui de l’OMS dans ce cadre ont été déterminants pour la mobilisation efficace des capacités du système et une adaptation rapide pour la surveillance épidémiologique de la COVID-19. Aussi, afin de renforcer le travail des équipes de terrain, l’OMS au Maroc a contribué à la digitalisation de ce système de surveillance via l’achat de 250 tablettes électroniques afin d’héberger la solution électronique mise au point par le Ministère de la Santé. Ces outils ont été mis à la disposition des unités de surveillance épidémiologique au niveau hospitalier et au niveau des unités de veille provinciales et régionales. De plus, l’OMS a contribué à fluidifier et à faciliter la communication et la coordination entre les instances et départements concernés grâce à la mise à disposition de matériel de vidéo conférence. Affiche de sensibilisation à la vaccination contre la COVID-19 publiée sur les réseaux sociaux du bureau de l’OMS au Maroc durant la pandémie de COVID-19. © MSPS/OMS/UNICEF lutter contre les rumeurs et les fausses informations Dès le début de la pandémie, les professionnels de santé des secteurs privé et public, mais aussi les médias et la population marocaine ont fait part de craintes et d’interrogations. Ce contexte anxiogène a incité le bureau de l’OMS à Rabat à soutenir le Ministère de la Santé dans l’élaboration de stratégies de communication à destination du grand public pour le tenir informé, mais aussi pour promouvoir une large campagne de communication pour sensibiliser la population au port du masque et l’encourager à respecter les gestes barrières. L’OMS a également soutenu un projet de surveillance des médias traditionnels et sociaux pour permettre à l’unité de communication du Ministère de la Santé de répondre rapidement à la désinformation et aux fausses rumeurs et afin d’assurer la mobilisation de la population dans la réponse nationale à la COVID-19. Favoriser un engagement communautaire L’OMS, en collaboration avec l’IFMSA (International Federation of Medical Students Associations), la Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine, au Maroc a soutenu l’organisation de deux ateliers de sensibilisation sur les enjeux et les capacités requises de préparation et de réponse aux urgences de santé publique au profit d’étudiants en fin de parcours d’études de médecine afin de les préparer et de les aider à fédérer leur communauté dans le contexte de la réponse nationale aux épidémies et pandémies. …TouT en AssurAnT une ConTinuiTé des serViCes Pour MAinTenir lA séCuriTé sAniTAire Lors de la période biennale écoulée, la majorité des efforts ont été orientés pour faire face à la pandémie de COVID-19. Néanmoins, l’OMS a appuyé le Royaume dans la continuité des services essentiels pour maintenir la sécurité sanitaire, à travers le déploiement de nombreux programmes tels que le programme de lutte contre la pandémie grippale ou encore le programme des urgences de santé publique. la continuité du PiP Il est vrai que la pandémie de COVID-19 a retardé momentanément la mise en œuvre du PIP, en raison de l’engagement permanent des équipes dans la lutte contre la pandémie. Néanmoins, les risques liés à une épidémie de grippe restent toujours importants et il est essentiel de continuer à former, à surveiller et à réagir aux premiers signes d’une éventuelle crise liée au virus de la grippe ou à d’autres maladies respiratoires. L’OMS a toujours veillé aux renforcements des capacités en matière de surveillance et de réponse avec une vision intégrée pour la COVID-19, la grippe et d’autres virus respiratoires émergents. En effet, une planification des activités a été opérée pour la reprise du PIP avec le renforcement du séquençage et d’activités intégrées grippes/SARS-CoV2. Un plan des ressources humaines de continuité des services et un plan de déploiement du vaccin contre la grippe et des produits médicamenteux a également été élaboré et mis en œuvre dans le cadre de cette préparation. le programme des urgences de santé publique Lors de la période biennale écoulée, l’OMS a apporté son appui à un programme d’urgences de santé publique avec l’élaboration d’un plan de préparation et de réponse aux urgences de santé publique, le renforcement de la gestion de la qualité du réseau national des laboratoires du secteur public. Cette aide a également porté sur la réalisation d’une étude de détection du SARS-CoV2 au niveau des eaux usées. Élèves participant à un atelier de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap organisé dans le cadre du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc ». © Hassan Chabbi SERVIR LES POPULATIONS PARTIE 2 Une patiente atteinte du cancer bénéciant d’une séance de soins palliatifs dans le cadre du projet MPTF/COVID-19 « Assurer la continuité des services essentiels de soins de santé primaires et hospitaliers pour les populations vulnérables et développer des mesures d’hygiène et de prévention pour des secteurs essentiels non sanitaires durant la pandémie du COVID-19 ». ©Hassan Chabbi
Lors d’une crise sanitaire telle que celle de la COVID-19, il est primordial que les services essentiels continuent d’être accessibles, qu’ils fonctionnent et que la recherche d’amélioration de la qualité des soins se poursuive. Il est également nécessaire que les réformes et les politiques sectorielles puissent continuer à être mises en œuvre. Et ce, pour maintenir les activités de routine ou pour répondre à de nouveaux besoins de l’ensemble de la population et notamment les besoins des groupes les plus vulnérables. C’est cet engagement que l’OMS en collaboration avec ses partenaires a voulu honorer, durant ces deux dernières années, à travers diverses actions. Servir les populations en répondant à de nouveaux besoins génerés par la pandémie... La crise sanitaire de la COVID-19 a eu des effets négatifs directs évidents sur la santé des citoyens marocains, en général, et en particulier sur celle des populations les plus vulnérables. Mais elle a également eu des effets indirects sur l’accès et l’utilisation des services de santé concernant d’autres pathologies ou problèmes de santé, rendant alors les populations encore plus vulnérables et créant de ce fait de nouveaux besoins de santé. En première ligne, les populations les plus fragiles, notamment, les femmes enceintes, les nouveau-nés et les enfants, mais également les professionnels de santé. Dans ce contexte pandémique, de nombreuses actions ont reçu le soutien de l’OMS afin d’assurer la continuité des services de santé pour la mère et l’enfant et parmi elles, le développement de guides de bonnes pratiques à destination des professionnels de santé afin d’organiser l’accès aux services de soins de santé pour les femmes et les enfants, avec la mise en place d’un circuit spécifique limitant le risque d’exposition au virus dans les établissements de soins de santé primaire, mais également dans les hôpitaux. Trois sessions de formations en ligne, en partenariat avec le Centre collaborateur de l’OMS en santé reproductive (Maternité des Orangers à Rabat) et le service de réanimation néonatale du centre hospitalier universitaire Ibn Sina de Rabat, ont également été organisées au bénéfice de plus de 1000 professionnels de santé maternelle et infantile : gestionnaires, gynécologues, sages-femmes. La formation a porté sur les nouvelles modalités organisationnelles, les modalités de prise en charge, les mesures d’hygiène, les procédures de prévention à destination des femmes enceintes et des nouveau-nés pendant la pandémie de COVID-19. Cette formation couvre les étapes de la grossesse à l’accouchement, en période de COVID-19, ainsi que la thématique de l’allaitement et des vaccinations des nourrissons. Pr Rachid Bezad Directeur du Centre collaborateur en santé reproductive Maternité des Orangers relevant du CHU Ibn Sina de Rabat Durant la période biennale 2020-2021, le centre collaborateur de l’OMS en santé de reproduction, formation et recherche de Rabat - maternité des Orangers du CHU Ibn Sina, a eu le privilège de contribuer, sous la tutelle du Ministère de la Santé, et en partenariat avec le bureau de l’OMS à Rabat et le Bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale à diverses activités dans le domaine de la santé reproductive. L’OMS nous a notamment fourni un soutien pour la mise en œuvre du modèle révisé des soins prénatals, à travers le développement de guides et de modules de formation, mais aussi l’optimisation de l’utilisation de la césarienne au niveau des structures de santé, avec une contribution à l’élaboration du Référentiel National sur les soins auto-administrés « self-care » en santé sexuelle et reproductive. En réponse à la pandémie de COVID-19, le Centre collaborateur a également contribué avec le Ministère de la Santé à l’élaboration d’un guide pratique destiné aux professionnels de santé (suivant les recommandations de l’OMS) pour la prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés et pour la prévention contre la COVID-19. Ces acquis serviront à définir les priorités nationales pour la prochain période biennale. © R ac hi d Be za d L’OMS AU MAROC 202014 2021 Dès le début de pandémie de COVID-19, l’OMS a accompagné le Ministère de la Santé dans le maintien des services de santé essentiels pour toute la population, particulièrement celle en situation de vulnérabilité. Les services de santé hospitalière étaient focalisés sur la prise en charge des cas de COVID-19 qui occupaient de plus en plus de lits. Le défi était de maintenir l’offre de soins et de services essentiels de qualité pour les patients porteurs de maladies chroniques, les urgences médico-chirurgicales et autres programmes de santé prioritaires tels que la vaccination et la santé maternelle et reproductive. La prévention et le contrôle des infections étaient au cœur des interventions mises en place afin d’éviter la contamination des patients et des professionnels de la santé. Dr Hafid Hachri, Administrateur recruté sur le plan national – Systèmes de santé et Santé publique au bureau de l’OMS au Maroc Le sujet de la sécurité des professionnels de santé au travail – risques épidémiologiques, biologiques, urgences de santé publique, catastrophes naturelles, risques chimiques, etc. - est malheureusement un sujet encore trop peu abordé, que ce soit en période de pandémie ou non. à la demande du Ministère de la Santé, le bureau de l’OMS à Rabat a appuyé l’élaboration d’une stratégie de sécurité au travail à destination des professionnels de santé du secteur public qui prévoit des mesures de prévention, de protection, de prise en charge et d’organisation. De la même façon, un axe dédié à la prévention des infections en période de COVID-19, essentiellement pour les professionnels de santé en première ligne a été défini dans le cadre de la stratégie des soins de santé primaire afin de renforcer leurs capacités pour la prise en charge des urgences sanitaires. Cette stratégie a été élaborée, sur la base des recommandations d’Astana et de celles du Forum des soins de santé primaire organisé en 2019. La pandémie a suscité de nombreuses questions et donc un besoin important d’études liées à l’accès et à la qualité des soins de santé. Le bureau de l’OMS au Maroc a ainsi contribué à la réalisation de nombreuses études stratégiques permettant d’apporter un nouvel éclairage sur de nombreux aspects du système de santé face à la pandémie, tels que la qualité des soins, les dépenses de santé, les coûts hospitaliers ou l’impact de la COVID-19 sur la santé des ménages. 15 Concernant la qualité des services de soins de santé, en temps de COVID-19, de 2020 à 2021, l’OMS a financé, une étude évaluant la qualité de la relation patient-professionnel de santé dans les centres de santé de la Région de la Méditerranée orientale. Dès le début de la pandémie, en 2020, il a été constaté une réduction de l‘utilisation des services de santé, essentiellement, par peur des patients d’être contaminés par le virus et il n’existait pas d’information sur la continuité ou non des services de santé. Une étude a donc été réalisée en 2020, avec l’appui de l’OMS, sur l’accès aux services de soins de santé afin d’évaluer l’impact de la COVID-19 sur les indicateurs de santé maternelle et reproductive. L’OMS a également accompagné le Ministère de la Santé et ses partenaires nationaux dans la réalisation d’études concernant le financement de la santé et les impacts socio-économiques de la pandémie sur les ménages. Une étude sur l’impact économique de la COVID-19 sur la prise en charge des patients souffrant de pathologies lourdes a été réalisée en 2020. Cette étude qui aborde la question du financement solidaire et de son rôle dans l’allégement de la charge financière des ménages a touché une cohorte de 1400 ménages durant trois périodes : avant le confinement suite à la pandémie de COVID-19, pendant le confinement et après le confinement. Le bureau de l’OMS a également accompagné le Ministère de la Santé dans la réalisation d’une étude d’ampleur sur le chiffrage des activités hospitalières dans plus de trente hôpitaux (provinciaux, régionaux et Centres Hospitaliers Universitaires) à travers le pays. Cette étude inclut un volet dédié à l’évaluation du coût de la prise en charge des patients COVID-19 dans les hôpitaux. Une étude portant sur le coût des soins de santé primaire a également été appuyée par l’OMS, en partenariat avec la Banque mondiale. Aussi, une autre étude « Médias et COVID-19 : contribution à la sensibilisation de la population ou infodémie ? » a été réalisée avec pour objectif général de contribuer à intégrer les médias et les réseaux sociaux en vue de sensibiliser de manière positive la population et de réduire les effets négatifs de l’infodémie en période de crise sanitaire. Enfin, en étroite collaboration avec d’autres institutions des Nations Unies et sous le leadership d’ONU Femmes, une étude a été réalisée en partenariat avec le Haut-Commissariat au Plan sur l’impact de la COVID-19 sur les ménages marocains.Une professionnelle de santé en formation sur la préparationà la grippe dans un laboratoire à l’hôpital Moulay Youssef à Rabat. © OMS Pr Amina Barakat Chef de service de médecine et réanimation néonatales, centre national de référence en néonatologie et en nutrition, à l’hôpital pour enfants de Rabat En 2020 et 2021, malgré les conditions imposées par la pandémie de COVID-19, notre collaboration a été très riche. Nous avons pu former plus de 700 soignants dans les soins essentiels aux nouveau-nés. À l’issue de cette formation, les meilleurs éléments ont bénéficié d’un stage pratique de cinq jours au sein de mon service afin de consolider leurs acquis. Ce type d’expérience modélisée peut être partagé au sein de la Région. Je témoigne de l’écoute, des échanges constructifs et de haute qualité et de la grande efficacité de toute l’équipe avec laquelle j’ai collaboré. © M SP S L’OMS AU MAROC 202016 2021 … tout en continuant d’appuyer les programmes essentiels de santé… Malgré la pandémie, l’OMS au Maroc a continué à appuyer les actions de renforcement des systèmes de santé dans le cadre des réformes en cours. En août 2019, le Bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale a lancé l’Initiative de mesure et d’amélioration des soins de santé primaires (PHCMI) à l’échelle de la Région EMRO. Au niveau national, le projet a été lancé par un comité technique composé de l’OMS, de l’UNICEF, de la Direction des Hôpitaux et des Soins Ambulatoires (DHSA) et de la Direction de la Planification et des Ressources Financières (DPRF) du Ministère de la Santé, et d’un consultant recruté pour cette initiative. Il s’agit dans ce projet de mesurer le niveau de performance des soins de santé primaire à l’aide d’indicateurs quantitatifs et qualitatifs, d’élaborer un profil pays pour la performance des SSP et de formuler, sur cette base, des recommandations stratégiques d’améliorations et de renforcement des SSP. L’OMS a également appuyé le Ministère de la Santé dans la réalisation d’un audit pour renforcer la disponibilité du sang et permettre la certification des centres de transfusion sanguines. La santé néonatale fait également partie des priorités du bureau de l’OMS au Maroc. En 2020, deux sessions de formation sur les soins essentiels précoces du nouveau-né ont été organisées au bénéfice de 400 professionnels de la santé (pédiatres, sages-femmes). En 2021, deux autres sessions et un stage pratique ont été proposés à 400 autres professionnels de santé, au niveau du service de réanimation néonatale de l’hôpital universitaire pour enfants. Ces sessions de formation avaient pour objectifs principaux la prévention, le dépistage et la prise en charge des principaux problèmes présentés par les nouveau-nés en postpartum. Élèves participant à un atelier de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap organisé dans le cadre du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc ». © Hassan Chabbi 19 Durant cette période biennale, la question de la santé sexuelle et reproductive (SSR) a également occupé une place importante pour le bureau de l’OMS à Rabat. Cette thématique s’inscrit dans la stratégie mondiale 2016- 2030 de l’OMS pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent et dans le projet « Renforcer les politiques et les pratiques en matière de santé sexuelle et reproductive pour améliorer la santé des femmes dans la Région de la Méditerranée orientale ». En septembre et en octobre 2020, l’OMS a appuyé l’organisation d’un atelier ayant pour objectif d’étudier les acquis et défis de la Stratégie Nationale de la Santé de la Reproduction ainsi que ses perspectives, dans le but d’améliorer les services de SSR au Maroc en vue de la réalisation des ODD relatifs à la couverture santé universelle. La campagne de vaccination contre le cancer du col de l’utérus a également fait partie des priorités de l’OMS au Maroc durant cette dernière période biennale. Ce cancer – qui représente le deuxième cancer féminin – est un fléau évitable grâce à la vaccination, mais également au dépistage précoce et à la mise en place d’un traitement adéquat. Suivant les recommandations de l’OMS, le Ministère de la Santé marocain a intégré ce vaccin dans le calendrier national de vaccination en octobre 2021. L’appui de l’OMS sur ce sujet est constant, notamment à travers une collaboration très étroite avec l’UNICEF et l’UNFPA pour le renforcement des capacités des professionnels de santé et la communication autour de la vaccination précoce. La valorisation et le renforcement du capital humain dans le secteur de la santé et de ses compétences sont essentiels pour la performance du système de santé. En 2021, l’OMS a ainsi appuyé le Ministère de la Santé dans la mise en place d’un Observatoire des ressources humaines (RH) visant à faciliter l’accès à l’information stratégique relative aux RH, afin de disposer de statistiques, de planifier des stratégies de RH, de former, et de manière générale de disposer d’éléments pour une prise de décision optimale. Des antennes régionales de cet Observatoire devraient également voir le jour prochainement. Experts participants à un atelier de conception de plans d’action régionaux pour la mise en œuvre de la stratégie des soins de santé primaires. © Marouane Bendraif …et la poursuite d’un appui à la mise en œuvre des réformes et des politiques sectorielles L’une des missions du bureau de l’OMS au Maroc est de soutenir le Royaume dans la définition et la mise en œuvre des politiques sectorielles, et même si la priorité a été donnée à la gestion de la pandémie, il était essentiel que cet appui aux réformes et à la réalisation des objectifs nationaux en termes de santé, hors COVID-19, puisse se perpétuer. La couverture santé universelle (CSU) est l’un des objectifs stratégiques du treizième PGT de l’OMS et l’une des priorités du Royaume et comprend trois dimensions : l’ensemble minimum de soins à offrir au patient – paquet de soins disponibles qui est d’ailleurs en cours de révision – la gouvernance de la CSU et sa stratégie de financement. Durant cette période biennale, l’OMS a également soutenu de nombreuses formations initiales et continues dans des domaines divers et variés. En termes de formations initiales, depuis 2018, l’OMS appuie l’Université Mohammed VI des Sciences de la Santé dans la formation de gestionnaires et de directeurs d’hôpitaux grâce à la création et la mise en place d’un MBA en management hospitalier. L’OMS accompagne également la Direction des Ressources Humaines du Ministère de la Santé pour le renforcement des Instituts Supérieurs des Professions Infirmières et Techniques de Santé (ISPITS) depuis 2020 avec la création de deux masters, un premier sur la santé de la reproduction pour les cliniciens et un deuxième master sur la qualité des soins. Ces deux programmes sont actuellement en cours d’implémentation. L’OMS a également appuyé ses partenaires durant cette période biennale pour l’organisation de nombreuses formations continues. Des cours en ligne ont été créés en partenariat avec l’Université de Montréal à destination de gestionnaires de la santé aux niveaux central et régional sur la gestion des crises sanitaires. Enfin, le bureau de l’OMS a appuyé la Direction des Ressources humaines du Ministère de la Santé, dans le cadre de la mise en œuvre de sa stratégie nationale de formation continue, avec l’élaboration d’un guide de la formation continue axé sur la clinique et le management. L’OMS AU MAROC 202018 2021 Un participant au lancement du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc » © Hassan Chabbi 19 Des professionnels de santé en formation sur la préparation à la grippe dans un laboratoire à l’hôpital Moulay Youssef à Rabat. © OMS Durant la période biennale 2020-2021, le bureau de l’OMS au Maroc a accompagné le Ministère de la Santé sur la question du financement de la santé, à travers la mise en œuvre de la stratégie nationale de financement de la santé, la préparation des comptes nationaux de la santé et la réalisation de plusieurs études et formations. La stratégie nationale sur le financement de la santé a été publiée et adoptée par le Ministère de la Santé fin 2020, faisant ainsi suite au dialogue politique organisé en 2019. Le bureau de l’OMS au Maroc a ensuite accompagné le Ministère de la Santé dans la mise en œuvre de cette stratégie à travers diverses actions, notamment, la mise en place d’un observatoire national des systèmes de santé afin de créer une passerelle entre l’accès à l’information et la prise de décision. De 2020 à 2021, un rapport sur les comptes nationaux de la santé a été élaboré en partenariat avec le Ministère de la Santé. Ce rapport périodique utilisant un outil standard de l’OMS établit les chiffres de dépenses en santé, y compris la part des ménages. L’élaboration de ce rapport est une opportunité de formation des cadres nationaux afin d’appuyer la production régulière de ces données destinées à accompagner la prise de décision dans le système de santé. Une réflexion a également été lancée avec l’Agence Nationale de l’Assurance Maladie (ANAM) pour appuyer le Maroc dans la redéfinition du panier de soins dans le cadre de la généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) et dans le financement de la couverture médicale de base (CMB), notamment avec l’élaboration d’une feuille de route pour le financement de la CMB et la mise en place d’un processus d’actualisation du panier de soins et de services. « L’un des critères principaux d’un système de santé performant est l’accès aux médicaments essentiels, médicaments qui doivent être « disponibles, économiquement abordables, efficaces, de qualité et utilisés rationnellement3. » La politique pharmaceutique nationale du Maroc doit notamment pouvoir répondre à ces besoins. En 2020, une nouvelle politique pharmaceutique nationale a été élaborée pour la période 2021-2025, avec l’appui de l’OMS. Cette politique est déjà adoptée et mise en œuvre et vise à assurer la disponibilité et l’accessibilité géographique et financière des médicaments et dispositifs médicaux ; à en garantir l’efficacité, la qualité et la sécurité ; à en promouvoir l’utilisation rationnelle ; à renforcer le cadre réglementaire, administratif et technique de l’autorité de réglementation des médicaments et autres produits de santé pour atteindre le niveau des normes, des règles et des pratiques internationales et à soutenir l’intégration de la fabrication locale dans un contexte d’innovation et de rayonnement international. La politique pharmaceutique est essentielle dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme de la protection sociale et du volet CMB. Renforcer la lutte contre la résistance aux antimicrobiens La résistance aux antimicrobiens constitue aujourd’hui l’un des plus grands défis à relever à l’échelle mondiale. Il s’agit d’une menace de santé publique majeure qui impose une mobilisation déterminée et durable de l’ensemble des acteurs impliqués dans le cycle de vie des antimicrobiens, afin de préserver la santé individuelle et collective. Dans le cadre des efforts fournis pour lutter contre ce phénomène, le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural, des Eaux et Forêts, le Ministère de l’Énergie, des Mines et de l’Environnement, le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale et le Ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable, ainsi que les trois institutions des Nations Unies, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’OMS, ont procédé, le 22 juin 2021, au lancement du projet de « Fonds fiduciaire multipartenaire contre la résistance aux antimicrobiens » pour l’appui à la mise en œuvre du Plan d’Action National de lutte contre la résistance aux antimicrobiens » selon une approche Une seule santé au Maroc. Ce projet d’un million de dollars des États-Unis s’étend sur une période de 18 mois. Il a pour objectifs d’améliorer les capacités du pays pour la conception et la mise en œuvre de cadres politiques, de plans et de programmes d’investissement liés à la résistance aux antimicrobiens et de développer les systèmes de génération, d’analyse et d’interprétation des données sur la résistance aux antimicrobiens et sur leur consommation. Ce projet constitue une opportunité majeure de renforcer la collaboration entre les trois départements ministériels, mais également entre l’OMS, la FAO et l’OIE, pour un engagement tripartite « Une seule santé ». 3 Extrait de la politique pharmaceutique nationale L’OMS AU MAROC 202020 2021 « La question qui se pose souvent pour toute politique de santé est celle du financement. Le financement de la santé est le levier qui permet de concrétiser les actions sur le terrain pour une meilleure protection financière de la population. La mise en œuvre de la stratégie du financement de la santé accompagnée d’études stratégiques quantitatives et qualitatives va contribuer de manière significative aux transformations amorcées dans le système de santé marocain. » M. El Houcine Akhnif, Administrateur recruté sur le plan national – Couverture santé universelle nationale, OMS Améliorer l’accès aux services de santé pour les enfants en situation de handicap Dans le cadre du partenariat des Nations Unies pour le droit des personnes en situation de handicap, l’OMS et trois autres institutions des Nations Unies (UNESCO, PNUD et UNFPA) ont lancé un projet conjoint sur le handicap intitulé « Changer de regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’Homme dans la perception du handicap au Maroc ». Ce projet extrêmement novateur était attendu par les parties prenantes concernées. L’action de l’OMS relativement à ce projet visait à améliorer l’accès aux services de santé en intégrant les droits des enfants en situation d’Handicap (ESH) dans la conception de l’ensemble des stratégies sectorielles, et en définissant des modalités de prestation de services de santé. Ce projet qui vise l’inclusion des enfants en situation de handicap (ESH) a été lancé dans deux écoles pilotes, et se fonde sur les principes de l’éducation inclusive. Du 15 au 26 février 2021, l’OMS, en partenariat avec le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) a organisé à Rabat et à Casablanca, des journées de sensibilisation et de formation sur les droits des ESH. Ces journées de sensibilisation et de formation avaient pour objectif d’informer ou de consolider les connaissances des différents participants (élèves, associations de parents d’élèves, professionnels de l’éducation et de la santé) en matière des droits des ESH. D’autres activités visant une meilleure identification des besoins en termes de prise en charge des ESH et le renforcement des capacités des professionnels de la santé dans ce domaine ont été mises œuvre pour favoriser l’inclusion de ces enfants dans des classes traditionnelles. 21 Mme Florence rolle Précédente Représentante de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) Si la FAO et l’OMS collaborent étroitement dans de nombreux domaines au niveau mondial, il n’est pas fréquent de voir une collaboration concrète au niveau des bureaux de pays. Le Maroc fait figure d’exception. En effet, la FAO et l’OMS au Maroc travaillent ensemble dans les domaines de la nutrition et de la résistance aux antimicrobiens : une étude sur les relations entre les politiques alimentaires et l’obésité au Maroc a été réalisée et un projet sur le renforcement de la gouvernance en matière de résistance aux antimicrobiens est en cours de réalisation. La richesse de ce partenariat repose sur une capacité à mobiliser des équipes pluridisciplinaires capables d’analyser les problèmes de façon systémique et sur la facilitation d’une coordination entre le Ministère de la Santé, le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural, des Eaux et des Forêts et le Département de l’Environnement. Cette collaboration entre l’OMS et la FAO au Maroc reflète le sens même de la réforme des Nations Unies mise en place par le Secrétaire général. © F AO Une patiente atteinte du cancer bénéficiant d’une séance des soins palliatifs à domicile dans le cadre du projet MPTF/COVID-19 « Assurer la continuité des services essentiels de soins de santé primaires et hospitaliers pour les populations vulnérables et développer des mesures d’hygiène et de prévention pour des secteurs essentiels non sanitaires durant la pandémie du COVID-19 ». © Hassan Chabbi Atelier de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap organisé dans le cadre du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc ». © Hassan Chabbi PARTIE 3 PROMOUVOIR LA SANTÉ L’OMS AU MAROC 202024 2021 Les maladies non transmissibles (MNT) telles que les cancers, les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’hypertension artérielle constituent un fléau et un véritable problème de santé publique dans le monde, comme au Maroc. Selon l’OMS, au Maroc 80 % des décès sont liés aux MNT, ce qui dépasse la moyenne mondiale qui est de 70 %. Il est vrai qu’une crise sanitaire telle que celle de la COVID-19 focalise toute l’attention et peut reléguer au second plan des préoccupations majeures telles que les MNT. Il était donc essentiel pour l’OMS de maintenir les services de santé pour la prévention et la prise en charge de ces pathologies lourdes. Stratégie Nationale Multisectorielle de Prévention et de Contrôle des maladies non transmissibles En février 2019, une stratégie nationale multisectorielle de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles 2019-2029 a été officiellement lancée par le Royaume du Maroc avec l’appui de l’OMS suivant une approche participative impliquant tous les départements ministériels, les institutions concernées, les ONG, les sociétés savantes et l’industrie agro-alimentaire. Cette stratégie vise la réduction de la morbidité, de la mortalité et des incapacités liées aux MNT et à leurs facteurs de risques, à travers une approche intégrée. Prévenir les maladies cardiovasculaires grâce aux données et aux indicateurs de suivi Le bureau de l’OMS à Rabat s’est engagé à soutenir cette stratégie à travers la mise en œuvre d’actions visant à renforcer la capacité de prévention du Maroc notamment en ce qui concerne les maladies cardiovasculaires. En effet, au Maroc, deux décès sur cinq sont imputables à ce type de maladies, devenues la première cause de décès au niveau national. La standardisation des indicateurs de suivi et des outils de collecte des données des patients est cruciale pour assurer un bon suivi de la prévention et de la prise en charge des maladies cardiovasculaires. A cet effet, le bureau de l’OMS à Rabat a lancé en collaboration avec le Ministère de la Santé, aux niveaux local, régional et national, la plateforme électronique du Système d’information « Global HEARTS » à destination des professionnels de santé pour un meilleur suivi de leurs patients. La lutte contre le tabagisme : un engagement sans faille de l’OMS Il convient de rappeler que certains facteurs de risque communs sont à l’origine de la plupart de ces MNT. Il s’agit de facteurs de risques comportementaux comme le tabagisme, la consommation excessive d’alcool ou encore l’inactivité physique. En 2020, le bureau de l’OMS à Rabat a accompagné le Ministère de la Santé Dr Latifa Belekhel Cheffe de la Division des Maladies Non Transmissibles, Direction de l’Épidémiologie et de la Lutte contre les Maladies, Ministère de la Santé et de la Protection Sociale L’OMS, en tant que partenaire stratégique, ne cesse de soutenir le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale (MSPS) dans sa lutte contre les MNT : appui pour la réalisation des enquêtes STEPWISE 2018, GYTS (enquête mondiale sur la consommation de tabac chez les jeunes) 2016, GSHS (enquête mondiale sur la santé à l’école) 2016, élaboration de « la Stratégie Nationale Multisectorielle de Prévention et de Contrôle des MNT 2019-2029 » et de son plan d’action 2020-2021, la « Stratégie Nationale Multisectorielle de Prévention du Suicide » élaborée en 2021. Aussi, l’OMS, appuie le MSPS dans la mise en œuvre de deux initiatives mondiales : Initiative mondiale de lutte contre le cancer de l’enfant (GICC) qui a pour but d’augmenter la survie au-delà de 5 ans à plus de 60 % des enfants atteints de cancer, et l’élimination du cancer du col de l’utérus à l’horizon 2050 par au moyen de la stratégie 90 % -70 % -90 %. Enfin, l’apport de l’OMS n’était pas des moindres dans le contexte de la COVID-19 avec l’appui de notre pays dans la continuité des services, en l’occurrence, avec l’extension des soins palliatifs à quatre régions en 2021. © M SP S 25 dans le cadre de nombreuses activités en lien avec la Journée sans tabac avec une campagne de mass média dans six villes du Royaume et l’organisation d’un webinaire avec la participation de nombreux experts et spécialistes internationaux pour sensibiliser la population, et les jeunes en particulier, aux dangers du tabac. Une formation « Aide au sevrage tabagique » a également été organisée au profit des professionnels de la santé pour accompagner leurs patients. Encourager les modes de vie sains Une mauvaise nutrition peut également constituer un facteur de risque des MNT. Deux projets importants ont été créés en collaboration avec le Ministère de la Santé. Le premier vient en réponse aux recommandations établies par la Stratégie Nationale de Nutrition élaborée par le Ministère de la Santé dans le but de protéger la santé du consommateur. Les industriels sont ainsi incités à améliorer la composition de leurs produits et à respecter le nouveau cadre juridique lié à la mise en place du logo « Nutriscore » permettant ainsi d’orienter le consommateur vers des produits plus sains. Le second projet porte sur la définition de protocoles, en concertation avec la Société marocaine de nutrition (SMN) et l’Association marocaine de diététique (AMADIET) ; il décrit les normes et les lignes directrices pour la prise en charge des troubles nutritionnels et les maladies chroniques. Un cours à distance sur ces protocoles a également été organisé à l’attention des professionnels de santé. A cela s’ajoute le travail effectué dans le cadre du programme de promotion de l’activité physique avec le développement de formations spécifiques à destination des professionnels de la santé afin d’intégrer l’activité physique comme axe essentiel dans le traitement de maladies telles que le diabète ou l’obésité. De plus, un guide de prévention de l’obésité en faveur de l’enfant a été élaboré. Prévenir et prendre en charge le cancer de l’enfant Dans le cadre du programme de coopération entre le Maroc et l’OMS, un atelier national de présentation des axes du Plan cancer de l’enfant 2021-2030, a été organisé le 21 janvier 2021 en partenariat avec la Fondation Lalla Salma _ Prévention et Traitement des cancers à Rabat. Cet atelier a permis de présenter les résultats de l’étude de survie des cancers de l’enfant, de discuter et de valider les axes, les actions et les mesures du plan cancer de l’enfant et d’entériner le Plan opérationnel de travail Maroc/OMS/GICC pour l’année 2021. Ne pas négliger les troubles mentaux Pour l’OMS, les maladies mentales constituent un sujet qu’il est essentiel de ne pas laisser de côté. À ce titre, le bureau de l’OMS a accompagné le Ministère de la Santé dans l’élaboration d’une stratégie nationale de prévention du suicide. Par ailleurs, et dans le cadre du programme de la santé mentale, l’OMS a soutenu la création d’un kit de formation complet à destination des professionnels de santé des établissements de soins de santé primaires pour la prise en charge des troubles mentaux, neurologiques et liés à l’utilisation de substances psychoactives. Concrètement, il s’agit d’une part d’identifier les besoins des professionnels de santé en matière de connaissances et de compétences pratiques et d’autre part d’organiser le contenu de formations sur la base de l’outil « Guide d’intervention mhGAP » de l’OMS, adapté au contexte marocain. « Le Maroc a fait partie du groupe de pays ciblés par la première phase de l’initiative mondiale de lutte contre le cancer de l’enfant (IMCE) lancée par l’OMS et ses partenaires en 2018. Avec l’appui de l’OMS, le Plan national de lutte contre le cancer de l’enfant pour la période 2021-2030 a été élaboré par le Ministère de la Santé pour disposer d’un registre, de normes structurelles et organisationnelles pour les services d’hémato-oncologie pédiatrique, de données sur la survie et sur le coût de prise en charge, de protocoles médicaux et paramédicaux standardisés et d’un programme de soins de supports et de soins palliatifs. Ces acquis serviront d’éléments de plaidoyer auprès des décideurs pour une meilleure mobilisation des fonds et une optimisation de la planification des ressources dans la prise de en charge de ces cancers. » Dr Imane El Menchawy, Responsable Nutrition et maladies non transmissibles, bureau de l’OMS au Maroc L’OMS AU PLUS PRÈS DES CITOYENS MAROCAINS PARTIE 4 Une patiente atteinte du cancer bénéciant d’une séance des soins palliatifs dans le cadre du projet MPTF/COVID-19 « Assurer la continuité des services essentiels de soins de santé primaires et hospitaliers pour les populations vulnérables et développer des mesures d’hygiène et de prévention pour des secteurs essentiels non sanitaires durant la pandémie du COVID-19 ». © Hassan Chabbi
L’OMS AU MAROC 202028 2021 De par son mandat exclusif en matière de santé, l’OMS se positionne en tant qu’autorité directrice, coordonnatrice et normative de l’action sanitaire au sein du système des Nations Unies. Elle représente également l’un des partenaires privilégiés de tous les acteurs du système de santé au Maroc. L’arrivée de la pandémie de COVID-19 a non seulement contribué à renforcer davantage ce rôle, mais a donné une nouvelle dimension à la compréhension de l’action de l’OMS au Maroc, essentiellement par le grand public. En effet, l’OMS a veillé, plus que jamais, à être au plus près des citoyens du Maroc, à travers une étroite collaboration avec les organismes de la société civile et les partenaires nationaux pour favoriser le bien-être et la bonne santé du plus grand nombre et notamment pour les populations fragilisées par la pandémie (malades chroniques avec soins palliatifs, personnes vivant avec le VIH, populations marginalisées, personnes souffrant de troubles mentaux ou de handicap). Amener les soins vers les malades du cancer Comme nous avons pu le voir précédemment, la pandémie a créé de nombreux nouveaux besoins et compliqué l’accès aux soins de santé. C’est dans le cadre du Fonds des Nations Unies d’affectation spéciale multipartenaires pour la réponse à la COVID-19 (MPTF) qu’une réponse appropriée a pu être déployée pour garantir cet accès aux patients pour leurs soins palliatifs durant la période de confinement, faute de moyens de transport disponibles. Le bureau de l’OMS au Maroc a donc appuyé le Ministère de la Santé pour la mise en œuvre de la stratégie de soins palliatifs. Pour ce faire, l’OMS a contribué à l’acquisition d’unités mobiles pour les professionnels de santé se déplaçant à domicile et d’équipements, de matériel et de médicaments pour ces patients. Cette opération a été très rapidement mise en œuvre face à l’urgence de la situation avec l’acquisition de quatre unités mobiles au profit de quatre provinces : Agadir, Oujda, Beni Mellal et Errachidia. Plus de 400 patients cancéreux ont ainsi pu bénéficier de visites médicales à domicile pour recevoir leurs soins. Toujours dans le cadre du MPTF, l’OMS a également contribué à la création de deux unités hospitalières de soins palliatifs dans les centres régionaux d’oncologie de Beni Mellal et d’Agadir, les dotant de tout le matériel médical nécessaire pour la continuité des soins de santé primaires essentiels. Ce projet a été étendu en 2021 avec l’acquisition de quatre autres unités mobiles et d’équipement technique nécessaire pour l’offre de soins palliatifs à cette population. Renforcer les partenariats pour soutenir les personnes exposées au VIH De juin 2020 à juin 2021, l’OMS, en partenariat avec l’Association de lutte contre le Sida (ALCS) a mis en place des actions pour lutter contre les violences faites aux personnes vivant avec le VIH et les populations les plus exposées au VIH, essentiellement durant la période de confinement, à savoir les travailleurs et travailleuses du sexe, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH). Des actions ont été initiées pour les soutenir sur les plans psycho-social, juridique et sanitaire en général. Dr Mehdi Karkouri Président de l’Association de lutte contre le sida (ALCS) Grâce à l’appui de l’OMS, l’ALCS a lancé, en 2020, une expérience inédite de prise en charge à distance des victimes de violences sexuelles et de violences basées sur le genre (principalement pour les professionnelles du sexe et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes).150 personnes ont ainsi pu bénéficier de services innovants : appui psychologique et juridique à distance, orientation vers les cliniques de santé sexuelle et reproductive de l’ALCS. Au vu de ses résultats probants, ce programme, plébiscité par les victimes, a été reconduit en 2021. © A LC S 29 Soutenir la prévention du suicide et apporter un appui psychologique Dans le cadre du plan d’action de santé mentale 2013-2020 de l’OMS, adopté par le Ministère de la Santé en 2018, une stratégie nationale du suicide chez l’adolescent, l’adulte et les personnes âgées a été lancée en 2021. Cette stratégie prend encore plus de sens lorsque l’on sait que la COVID-19 et notamment la période de confinement imposée a entraîné un niveau de stress élevé et une hausse des comportements suicidaires, principalement chez les adolescents. L’OMS et l’UNICEF ont également appuyé le Ministère de la Santé dans la réalisation d’une campagne de communication et de prévention à destination des adolescents mettant l’accent sur la gestion du stress, sur des mesures préventives par rapport à la COVID-19, et sur un appui psychologique de manière générale. Gros plan sur la question du leadership et du financement de la santé dans le cadre des ODD Pour la première fois, une formation virtuelle a été organisée de manière conjointe entre différentes institutions des Nations Unies (OMS, PNUD et UNICEF), au niveau mondial, pour aborder la question du leadership et du financement de la santé dans le cadre des ODD. Cette formation qui se concentre sur l’ODD 3 a démarré en 2021 au Maroc et a rassemblé plus de 26 participants de divers horizons : institutions des Nations Unies, cadres du Ministère de la Santé et de la Protection Sociale, du Ministère des Finances, de l’Observatoire National du Développement Humain (ONDH). Cette formation a été organisée par l’École des cadres du système des Nations Unies. L’OMS au Maroc est engagé dans la réforme du Système des Nations Unies, permettant la convergence des actions des institutions des Nations Unies pour une meilleure efficacité de l’action, en ne laissant personne de côté. L’OMS est l’institution phare des Nations Unies en matière de santé et contribue ainsi à la formulation et à la mise en œuvre du Plan Cadre des Nations Unies pour le Développement. Les contributions spécifiques de l’OMS sont multiples. On citera à titre d’exemple : - La collaboration entre l’OMS et l’UNICEF est un facteur essentiel de la réussite du mécanisme COVAX. - L’OMS met en œuvre le Plan d’action mondial pour permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien- être de tous. Ce plan d’action réunit 13 institutions multilatérales de santé, de développement et d’aide humanitaire pour mieux aider les pays à accélérer les progrès vers les Objectifs de développement durable (ODD) liés à la santé, notamment l’OMS. Ces institutions se complètent mutuellement, sur ce plan, selon leurs mandats et travaillent à faire progresser toutes les cibles de l’ODD 3. - L’OMS au Maroc est toujours engagée dans la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, aux côtés des autres institutions des Nations Unies. PLUS DE PROXIMITÉ GRÂCE À LA MISE EN ŒUVRE DE LA RÉFORME DES NATIONS UNIES Élève participant à un atelier de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap organisé dans le cadre du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc ». © Hassan Chabbi L’OMS AU MAROC 202030 2021 Renforcer la communication de proximité Dans un contexte de crise, il était primordial de donner l’accès à l’information sur la pandémie de COVID-19 aux citoyens du Maroc. C’est à cet effet, que le bureau de l’OMS au Maroc a mis à profit son savoir-faire en matière de communication, en collaboration avec le Ministère de la Santé et ses autres partenaires, pour informer, avertir, sensibiliser par tous les moyens dont il dispose pour prévenir et ralentir la transmission de la COVID-19, mais également pour continuer à parler des sujets de santé prioritaires pour l’OMS. L’Organisation a ainsi généré plus d’une centaine de contenus divers, en ligne, sur son site Web, mais aussi sur ses réseaux sociaux. Elle a également contribué à divers articles parus dans les médias marocains pour aborder essentiellement les questions liées à la pandémie de COVID-19, mais également d’autres sujets majeurs. M. Abdelouahab Belmadani Directeur de la Planification et des Ressources Financières Ministère de la Santé et de la Protection Sociale Mme Simona Costanza Sow Directrice du portefeuille Direction et cohérences des politiques, à Bonn École des cadres du système des Nations Unies Ce cours propose une approche innovante qui a permis non seulement de réunir toutes les parties prenantes, relevant des différents départements du Ministère de la Santé, impliquées dans la gestion des ODD, mais également un dispositif de tutorat et d’accompagnement individuel qui a été d’une valeur ajoutée extrêmement importante pour l’ensemble des participants sur le plan du développement personnel. L’objectif de ce cours a été de renforcer le leadership pour la mise en œuvre de l’ODD n°3 au Maroc. Cette formation a ainsi permis d’analyser les influences des politiques de multiples secteurs sur les déterminants de la santé publique. Elle a ainsi promu une vision systémique de la santé, en partant des aspects pertinents des points de vue des différentes parties prenantes. © M SP S © U N S ys te m S ta Co lle ge Atelier de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap organisé dans le cadre du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc ». © Hassan Chabbi Durant ces deux ans, j’ai pu travailler sur l’un des projets phares du bureau de l’OMS au Maroc, à savoir le cours stratégique multisectoriel élaboré par l’École des cadres du système des Nations Unies. Ce cours a pour but de former les responsables de différents secteurs à la définition de visions stratégiques, pour une meilleure convergence des décisions de politiques de santé et pour un développement inclusif et durable. Le format du cours a été adapté aux besoins des participants et un coaching individuel leur a été offert. Témoignage de Souad Benmadaila, Coordonnatrice pour les ODD 31 « En matière de communication, l’approche suivie par le bureau de l’OMS au Maroc a évolué et pris de l’ampleur tout au long de ces dernières années, notamment avec la pandémie. Informer, sensibiliser sur la pandémie, sur les moyens de prévention, sur la campagne de vaccination, etc. en collaboration avec le Ministère de la Santé, aider à changer de regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’Homme dans la perception du handicap au Maroc, communiquer pour assurer une continuité des soins de santé essentiels, sont autant de défis de communication que nous avons eu à relever durant ces deux dernières années. » M. Marouane Bendraif, Chargé de communication, OMS « La communication de l’OMS a pris une nouvelle dimension depuis le début de cette pandémie, que ce soit avec les médias ou le grand public. Durant cette crise sanitaire, nous avons eu à cœur, avec nos partenaires, de veiller à relayer les informations sûres sur le virus, mais également sur d’autres sujets de santé, créer du contenu scientifique adapté et accessible à tous, créer des interactions avec les différents publics et donner des conseils à la population quant aux mesures à adopter pour protéger la santé de tous. Si certains en doutaient encore, il est clair aujourd’hui que la communication a un rôle essentiel à jouer dans la gestion de la pandémie, mais également, de manière générale quand il s’agit de sujets de santé publique. » Mme Lina Touri, Chargée de communication,OMS Élève participant à un atelier de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap organisé dans le cadre du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc ». © Hassan Chabbi L’OMS AU MAROC 202032 2021 DEUX ANNÉES MARQUÉES PAR DE NOMBREUX ÉVÉNEMENTS 2021 7 juin : Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments 2021 8 mars : Journée internationale des femmes 2021 7 avril : Journée mondiale de la santé « Les déterminants de la santé pour un monde plus juste et en meilleure santé » 2021 24-30 avril : Semaine de la vaccination 2021 31 mai : Journée mondiale sans tabac 2021 5 mai : Journée internationale des infirmières et des sages-femmes 2020 7 avril : Journée mondiale de la santé « Soutenez les sages-femmes et le personnel infirmier » 2020 5 mai : Journée mondiale de l’hygiène des mains 33 2021 7 juin : Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments 2021 16 décembre : Journée internationale de la couverture sanitaire universelle 2021 17 septembre : Journée mondiale de la sécurité des patients - Sécurité des soins maternels et néonatals 2021 10 octobre : Journée mondiale de la santé mentale 2021 24 octobre : Journée mondiale contre la poliomyélite 2020 1er décembre : Journée mondiale de lutte contre le sida 2020 9 décembre : Journée internationale de la couverture sanitaire universelle 2020 14 novembre : Journée de lutte contre le diabète L’OMS AU MAROC 202034 2021 Une équipe soudée et engagée pour une période biennale très spéciale Durant cette période biennale singulière à bien des égards, le bureau de l’OMS au Maroc, a pu compter sur une mobilisation sans précédent de ses équipes techniques et opérations et des volontaires des Nations Unies qui sont venus renforcer les rangs, pour gérer tous ensemble la crise liée à la pandémie de COVID-19 et pour permettre d’apporter l’expertise et le support de l’OMS aux partenaires pour assurer la continuité des soins. Les outils de collaboration numériques déjà mis en place par le bureau de l’OMS au Maroc ont permis à notre équipe une adaptation rapide aux bouleversements imprévisibles de la COVID-19 et une meilleure gestion au quotidien. Témoignage de Ibrahim Ouakrim, Informaticien Durant les premières semaines de la crise de la COVID-19, une grande partie du soutien de l’OMS au Maroc a reposé sur l’acheminement de matériel de protection, d’achat d’équipements tels que les tests PCR ou les équipements informatiques. Ce qui a été un vrai défi lorsque l’on est responsable du suivi logistique, de l’achat et de la livraison de matériel et des équipements au bureau de l’OMS à Rabat. Témoignage de Zhor Salhi, Assistante administrative La santé de demain est créée par les jeunes d’aujourd’hui. Il est nécessaire de soutenir les activités, de renforcer les capacités des étudiants en médecine, et de les préparer à faire face aux urgences sanitaires futures. Témoignage de Saad Chaibi, Responsable de la Santé publique Rejoindre le bureau de l’OMS au Maroc en pleine pandémie était un vrai défi. J’ai pu apporter une assistance aux différents programmes et aux projets qu’ils soient liés à la gestion de la pandémie de COVID-19 ou à des activités de continuité des soins. Témoignage de Fatima-Zahra Tounsi, Programme Assistant L’année 2021 a été une année exceptionnelle du fait des contraintes imposées par la pandémie de COVID-19 et l’impératif d’assurer le suivi financier d’un nombre important de dossiers. Une fois de plus, les défis ont été relevés avec succès par l’OMS et je suis très heureux d’avoir pu apporter ma contribution. Témoignage de Najib Akjij, Assistant financier Avec la pandémie de COVID-19, le travail de chacun a été perturbé. De mon côté, il était essentiel que les procédures administratives internes comme externes soient respectées malgré les contraintes imposées par la situation sanitaire et le télétravail. Témoignage de Hanane-Assia Khelladi, Assistante de la Représentante de l’OMS La pandémie a mis à rude épreuve nos procédures opérationnelles habituelles, mais nous avons pu faire face et assurer la continuité de nos activités quotidiennes grâce au sens de l’adaptation, à la rigueur, à la solidarité et à la flexibilité dont a su faire preuve l’équipe du bureau de l’OMS au Maroc et notamment à travers l’application du télétravail et l’organisation de sessions axées sur le bien-être en faveur des membres de l’équipe. M. Ghassane El Falah, Responsable des Opérations, OMS 35 Nous avons été particulièrement sollicités durant la période de confinement notamment pour garantir au personnel de l’OMS et à ses partenaires la réception des documents nécessaires à leur travail. Malgré les inquiétudes liées à l’apparition de ce nouveau virus, nous avons maintenu le même rythme de travail et continué à faire le lien entre les équipes. Témoignage de Ahmed El Khoumri, Chauffeur/coursier La période de la pandémie a été compliquée notamment pour le personnel de première ligne. Cela a nécessité une logistique et une organisation importantes pour assurer le transport des collègues et acheminer dans les temps et dans les bonnes conditions les colis reçus et les différentes correspondances. Témoignage de Mustapha Asbahi, Chauffeur/coursier Élève participant à un atelier de sensibilisation sur les droits des personnes en situation de handicap organisé dans le cadre du projet conjoint « Changer le regard et promouvoir l’approche basée sur les droits de l’homme dans la perception du handicap au Maroc ». © Hassan Chabbi L’OMS AU MAROC 202036 2021 L’ÉQUIPE DU BUREAU DE L’OMS AU MAROC Dr Maryam Bigdeli Représentante de l’OMS au Maroc Mme Hanane Khelladi Assistante de la Représentante de l’OMS Mme Lina Touri Chargée de communication Marouane Bendraif Chargé de communication Dr Hafid Hachri Administrateur recruté sur le plan national — Systèmes de santé et Santé publique M. El Houcine Akhnif Administrateur recruté sur le plan national — Couverture santé universelle nationale Dr Soumia Triki Administratrice recrutée sur le plan national — Préparation contre la pandémie grippale et les urgences de santé publique Dr Imane Elmenchawy Responsable Nutrition et maladies non transmissibles (VNU) Saad Chaibi Responsable de la Santé publique Dr Souad Benmadail Coordonnatrice pour les ODD Fatima Zohra Tounssi Assistante de programme B U R E A U D E L A R E P R É S E N T A T I O N P Ô L E T E C H N I Q U E © S aa d Ch ai bi 37 M. Ghassane El Falah Responsable des opérations M. Ahmed El Khoumri Chauffeur/coursier M. Ibrahim Ouakrim Informaticien M. Mustapha Asbahi Chauffeur/coursier M. Nabil Akjij Assistant financier Mme Zhour Salhi Assistante administrative P Ô L E O P É R A T I O N S © H as sa n Ch ab bi L’OMS AU MAROC 20208 2021 L’ÉQUIPE DU BUREAU DE L’OMS AU MAROC 9 © H as sa n Ch ab bi Contact : EM.173382 3, Rue Prince Sidi Mohamed BP 812 Rabat Mechouar 10000 Maroc Téléphone : +212 537 632259 Télécopie : +212 537 632209 emacomorwr@who.int Pour plus d’informations : Site Web : http://www.emro.who.int/fr/countries/mor/index.html : @OMSMaroc – Organisation mondiale de la Santé au Maroc : Organisation mondiale de la Santé au Maroc
P R O M O U V O I R L A S A N T É / P R É S E R V E R L A S É C U R I T É M O N D I A L E / S E R V I R L E S P O P U L A T I O N S V U L N É R A B L E S