WEEKLY EPIDEMIOLOGICAL RECORD, No. 25, 21 JUNE 1996 • RELEVÉ ÉPIDÉMIOLOGIQUE HEBDOMADAIRE, No 25, 21 JUIN 1996
Dengue and dengue haemorrhagic fever Martinique. Alerted by reports on outbreaks of dengue and dengue haemorrhagic fever (DHF) in Central America at the end of 1994, the public health laboratory responsible for dengue diagnosis has reinforced surveillance activities. To improve case detection, physicians were asked to provide additional clinical, biological and epidemiological information with each serological specimen sent to the laboratory for investigation during 1995. The data received during 1995 were analysed retrospectively. Of the 1 049 serological specimens received for investigation, 368 (35%) had IgM antibody to dengue virus. The first signs of the epidemic were in August 1995, which was later than in the neighbouring Caribbean islands. The peak occurred in November, when 123 of 319 specimens were positive for dengue (Fig. 1). Overall, the sex distribution showed 185 female and 183 male cases, but in the younger age groups there were more cases in males than in females. Most cases presented with influenza-like illness, but 13% had haemorrhagic symptoms. Blood values were available for 78 of the diagnosed cases. Thrombocytopenia was diagnosed in 32 patients, of whom 3 had less than 10 000 platelets per mm3. One of them developed dengue shock syndrome and died. Two other cases of DHF, of whom 1 died, were reported clinically during the outbreak.
Dengue et dengue hémorragique Martinique. Alerté par un certain nombre de rapports faisant état de flambées de dengue et de dengue hémorragique en Amérique centrale fin 1994, le laboratoire départemental dhygiène, qui a la charge du diagnostic de la dengue, a renforcé ses activités de surveillance. En 1995, pour améliorer le dépistage, il a été demandé aux médecins daccompagner tous les échantillons sérologiques adressés au laboratoire de renseignements complémentaires dordre clinique, biologique et épidémiologique. Une analyse rétrospective a été effectuée sur les données reçues en 1995. Sur les 1 049 échantillons sérologiques que le laboratoire a reçus pour examen, 368 (35%) contenaient des anticorps IgM dirigés contre le virus de la dengue. La première manifestation de lépidémie remonte à août 1995, cest-à-dire avec un certain retard par rapport aux îles voisines. Le pic sest produit en novembre avec 123 échantillons positifs sur 319 (Fig. 1). Globalement, la répartition par sexe était la suivante: 185 cas de sexe féminin et 183 de sexe masculin mais avec une prédominance des cas de sexe masculin dans les tranches dâge les plus jeunes. La plupart du temps, la dengue se présentait sous la forme dun syndrome grippal, avec des manifestations hémorragiques dans 13% des cas. Pour 78 des cas diagnostiqués, on disposait des résultats des examens hématologiques. Une thrombopénie a été observée dans 32 cas, avec un chiffre inférieur à 10 000 plaquettes par mm3 chez 3 dentre eux. Lun deux a fait une dengue hémorragique avec syndrome de choc dont lissue a été fatale. Deux autres cas de dengue hémorragique, dont 1 mortel, ont été signalés par les médecins au cours de la flambée. Fig. 1 Dengue et dengue hémorragique, échantillons sérologiques examinés, Martinique, 1995
Fig. 1 Dengue and dengue haemorrhagic fever, serological specimens investigated, Martinique, 1995
Reporting of dengue fever based on clinical diagnosis alone will exaggerate the number of cases as the clinical signs are common to other viral infections. On the other hand, DHF is probably underreported as few physicians perform a tourniquet test to diagnose one of the clinical signs requested according to the WHO criteria for DHF. Diagnosis based on IgM capture will miss some positive cases in specimens early in the illness; IgM antibodies develop about 6 days after onset of illness and may be of low titre or absent in secondary cases of dengue, including DHF. Investigation with polymerase chain reaction (PCR) of 24 sera obtained early showed 6 to be positive and also demonstrated the co-circulation of dengue virus types 1, 2 and 4. Dengue virus is transmitted by Aedes aegypti in Martinique. Flower vases, water reservoirs, old tyres and other refuse are common mosquito breeding sites. Vector control has, therefore, mainly been directed towards sensi195
Si la notification de la dengue repose sur le seul diagnostic clinique, il y aura surestimation du nombre de cas, car les signes cliniques sont communs à dautres viroses. Dun autre côté, il y a une probable sous-estimation des cas de dengue hémorragique étant donné que peu de médecins pratiquent la recherche du signe du lacet, qui fait partie des critères de lOMS définissant une dengue hémorragique. Le sérodiagnostic basé sur la présence des IgM laisse échapper un certain nombre de cas positifs lorsque les échantillons sont examinés au début de la maladie. Les anticorps IgM apparaissent environ 6 jours après le début de la maladie et peuvent présenter un faible titre, ou même être absents dans les cas de dengue secondaire y compris les cas de dengue hémorragique. La réaction en chaîne de la polymérase (PCR) pratiquée sur 24 sérums prélevés précocement a révélé une positivité chez 6 dentre eux et permis de mettre en évidence la circulation simultanée des sous-types 1, 2 et 4. En Martinique, le virus de la dengue est transmis par Aedes aegypti. Les vases à fleurs, les réservoirs deau, les vieux pneus et autres déchets sont ses lieux de ponte habituels. De ce fait, la lutte antivectorielle a été axée sur la sensibilisation de la population à la
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tizing the population to the need to eliminate breeding sites and treat water reservoirs with insecticides. Elimination of adult mosquitos with ultra-low-volume spraying is done when and where high insect density has been demonstrated. Aerial spraying is no longer recommended as it is costly and probably not very effective. This study has shown the need for better epidemiological surveillance of arboviruses through improved coordination between clinicians, epidemiologists, entomologists and the diagnostic laboratory. The study also demonstrated that physicians had taken note of the emergence of the epidemic in neighbouring countries as shown by the demand for serodiagnosis and the rate of positive specimens provided. (Based on: Bulletin épidémiologique hebdomadaire No. 20/ 1996; Direction générale de la Santé, Paris.) Indonesia. Over the last 5 months there have been 12 093 cases of dengue/dengue haemorrhagic fever and 260 deaths in 23 of the 27 provinces of Indonesia. The highest number of cases occurred in East Java (3 346 cases, 62 deaths). Dengue usually occurs in densely populated areas and a campaign to educate the public on keeping the environment clean and free of stagnant water, the breeding place for mosquitos, has been stepped up.
nécessité déliminer les gîtes larvaires et de traiter les réservoirs deau avec des insecticides. Des traitements imagocides en volume ultra faible sont pratiqués là où lon constate une forte densité de moustiques. Les épandages dinsecticide par voie aérienne ne sont plus recommandés car ils sont coûteux et dune efficacité probablement discutable. La présente étude souligne la nécessité daméliorer la surveillance épidémiologique des arboviroses par une meilleure coordination entre les cliniciens, les épidémiologistes, les entomologistes et les laboratoires de biologie médicale. Il apparaît également que les médecins ont été attentifs à lémergence de lépidémie dans les pays voisins, comme le montrent la demande de sérodiagnostics et le taux déchantillons positifs parmi les prélèvements envoyés au laboratoire. (Daprès: Bulletin épidémiologique hebdomadaire No 20/1996; Direction générale de la Santé, Paris.) Indonésie. Au cours des 5 derniers mois, 12 093 cas de dengue/ dengue hémorragique, dont 260 décès, sont survenus dans 23 des 27 provinces du pays. Le nombre le plus élevé de cas a été enregistré dans la province de lEst Java (3 346 cas, 62 décès). La dengue se manifeste habituellement dans les zones à forte densité de population, et une campagne a été mise sur pied pour informer le public des mesures à prendre pour maintenir la propreté de lenvironnement et éviter les eaux stagnantes, gîtes de reproduction des moustiques.