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Projet de manuel à l'usage des médecins chargés d'examiner les candidats aux permis de conduire des véhicules automobiles

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UNITED NATIONS WORLD HEAL TH OROANIZATION NATIONS UNIES ORGANISATION MONDIAlE DELA SANTÉ WHO/Accid.Prev./1 / 25 mars 1955 ORIGINAL : ANGLAIS PROJET DE MANUEL A L tUSAGE DES MEDECINS CHARGES D !EXAMINER LES CANDIDATS AUX PERMIS DE CONDOIRE DES VEHICULES AUTOMOBILES -- ,;•,......; ~ Document de travail ré~par le Dr L.G. Norman à la demande de llOrganisation Mondiale de la Santé INTROWCTION 1. Etant donné le nombre considérable et toujours croissant de véhicules en circulation sur les routes, il est indispensable de veiller, dans ltintérêt de la sécurité,_à ce que les conducteurs possèdent autant que possible un degré satis- faisant dlaptitude physique et mentale. Dans l'intérêt de la sécurité des voyageurs, il faut exiger en outre un degré élevé dlaptitude chez ceux qui ont à conduire des véhicules de transport en commun. Il nrexiste pas de statistiques montrant la rela• tien entre la fréquence des accidents et les déficiences physiques ou mentales des conducteurs mais, puisque la plupart des accidents sont dus à des défaillances individuelle~ on peut raisonnablement admettre qutil y a intérêt à ce que ceux qui sont au volant dtun véhicule soient suffisamment en possession de leurs moyens physiques et mentaux. La santé et le bon état physique contribuent dans une mesure considérable à maintenir l'aptitude à conduire des véhicules de transport en com- mun et tendent par là-meÎne à engendrer la confiance chez les usagers. Le conducteur drun de ces véhicules est le responsable de la sécurité de 60 ou 70 passagers, dans certai~ cas, et cette considération doit être primordiale lorsqutil stagit ~rétablir llaptitude à conduire. Dans les pays où les autorités chargées de délivrer les permis exigent que l'intéressé subisse au préalable un examen médical, il est donc indispensable, dans ltintérSt-dc la sécurité rcutière,d•apporter le plus ~nd soin tant à l'examen lui-même ~uJà ltétablissement du rappo~ sur ltaptitude du WHO/Accid.Prev./1 Page 2 candidat. Bien que les dispositions administratives et les normes médicales auxquelles doivent satisfaire les conducteurs varient considérablement suivant les pays, nous espérons que les informa.tions généx·ales q-ae lion trouvera ci-après pourront être utiles à tous. Le présent manuel donne des indications sur les principes intéressant les médecins examinateurs; ceux-ci doivent évidemment ap- pliquer les prescriptions fixées dans chaque pays par les autorités habilitées à délivrer les permis; toutefois 1 dans les limites des règlements en vigueur, les . ' , . recommandations formulées ici pourrontï croyons-ncus, les aider à se prononcer sur l'aptitude médicale du candidat. Ce faisant, les médecins examinateurs devront forcément faire appel c'!.ans chaque cas à leur propre jugement; les notes qui sui- vent sont uniquement dcs·!.;inées à le'-l:r se:t'Yir de guide ct ne sauraient être con- sidérées conune des règles à suivre étroitement. Bien que lJexa.men médical des conducteurs de voitures par·dcvlièr:-;s_, de mo\;ocyclettes et autres petits véhi- cules soit rarement -obligatoire, ces con::luctcu<."'S sont forcément amenés, un jour ou ltautre, à se conf~.er aux soins a.ru.n omnipraticien. Le présent manuel vise donc à offrir quelques âi:·sct:i.ves aux p:~·nt-:.r:icns qui pe'.:vent être appelés à don- ner des conseils à c~ux de leurs malades qui conduisent sur la route des véhi- cules de quelque type q··1e ce i'loit ,, les ouv.rr1ges de Dunlop (1945) 1 Selling (1941) 1 Hersehensohn (1940) et Kerr (19)3) co:1ticm:v::nt p10.r ailleurs des indications géné· rales concernant les normes médicales draptitude à la conduite des véhicules. 2. Dans certains pays, lea candidats doivent passer un test pratique de conduite pour obtenir leur permis; l'examinateur est alors en mesure de s'as- surer que la. ca.po.cité visuelle du co.r~Md11t est suffl sante pour les besoins pra- tiques et que ~es membres fonctionnent appn.rcrrnnent a.ssez bien pour la. conduite du véhicule. L'appendice au présent mn.nucl contient une note sur les normes que les autorités habili-tées à à.éli\--rc:t· les pcrllJ.j_s pola'I'<l:~crrc utilement appliquer pour 11 établissement de teste praL.' CJ.Pc. ~ ..,,,.:~qP~lr:; les ex"' mi natcurs soumettro.ient les candidats. WHO/Aéeid.Prev./1 Page 3 2a. Les entreprises d.e transports demandent parfois à des médecins d•exa- miner les eonduc~eurs du point de vue de leur capacité de travail 1 ·par exemple pour savoir si les intéressés ne risquent pas d•avoir de trop fréquentes absences par suite de maladie. Le présent manuel n•a pas pour objet de fixer des critères permettant de déterminer !•aptitude des conducteurs à un emploi lors des examens médicaux préalables ou périodiques : il Vise uniquement à formuler des critères en vue des cas où ltétnt de santé d•un individu ne permet pas à celui-ci de con- duire sans danger, obligeant par conséquent l•autorité chnrg~e de délivrer le permis à refUser dans lJintér~t de la sécurité routière de !•accorder ou de le renouveler. 3. Nous examinons, dans ce manuel, trois grandes catégories de conducteurs, suivant le type de véhicule à considérer : a) voitures particulières, motocyclettes et autres petits véhicules; b) camions; c) véhicules de transport en commun. Ces catégories correspondent suffisamment bien pour la pratique aux c~tégories de véhicules à moteur qui sont énumérées à lJannexe 9 de la Conve~tion internationale sur la circulation routière et qui sont les suivantes : A. MOtocycles avec ou sans sidecar, voitures dJinfirme et automobiles à trois roues dont le poids à vide n•excède pas 400 kg (900 livres). B. Automobiles affectées au transport des personnes et comportant., outre le siège du conducteur, huit places assises au maximum ou affectées au trans• port des marchandises et ayant un poids maximum autorisé qui ntexcède pas 3.500 kg (7.700 livres). Aux automobiles de cette catégorie peut être attelée une remorque légère. c. Automobiles affectées au transport des marchandises et dont le poids maximum autorisé excède 3.500 kg (7.700 livres). Aux automobiles de cette catégorie peut être attelée une remorque légère. WHO/Accid,Prev./1 Page 4. D, Automobiles affectées au traneport des personnes et comportant, outre le siège du conducteur, plus de huit places assises. Aux automobiles de cette ~atégo~ie peut ~tre attelée une remorque légère. ~.. Automobiles de celle des catégories B 1 C 1 ou D pour laquelle le conducteur est habilité, avec .. remorques autres qutune remorque légère~ En général, les conditions médicales à remplir doivent ~tre plus rigou- reuses pour les conducteurs professionnels, en particulier pour ceux qui assurent des transports en commun, que pour les conducteurs de voitures particulières, étant donné la responsabilité que les premiers assument envers les passagers et le fait que les conducteurs professionnels passent habituellement sur ln raut~ de nombreuses heures par jour : ils sont par conséquent exposés aux risques d•ac- cidents pendant une plus longue durée que les conducteurs de voitures particu- lières; il est vrai d'ailleurs qu'ils possèdent dtordinaire une expérience et une habileté plus grandes et ont par conséquent moins dJaceidents. TECHNIQUE D tEXAMEN 4, Il e·st indispensable que la personne à examiner soit· entièrement dév~tue, faute de quoi d'importantes déficiences physiques pourraient passer inaperçues. Ltexamen doit ~tre pratiqu~·sous·un bon éclairage et ltéquipement de la salle d•examen doit_permettre, à tout le moins, le çontr8le de l•acuité visuelle et ,, 1 de la Visi~n colorée (y compr~s l'examen ophto.lmoscopique), la recherche de sucre et d'albumine dans l'urine, lJotoscopie et la mesure de la pression artérielle, Parmi les examens spéciaux qui sont parfois nécessaires, citons ltélectrocârdio- graphie, la radiographie de la cage thoracique ou d•autres parties du corps, la détermination de la glycémie et ltélectroencépha.logro.phie. 5. Les médecins qui sont appelés à pratiquer un gra~d nombre d'examens trouvent souvent avantage à procéder de façon systémat~que. Par.exemple ltexamen peut se dérouler dans l'ordre suivant : vue et audition, puis cage thoraci_que 1 . . . , membres supérieurs, membres inférieurs, abdomen, pression artérielle et analyse dturine. On trouvera au paragraphe 67 une suggestion détaillée dtexamen systéma• tique. WHO/Accid.Prev./1 Page 5 6. En règle générale, lrexamen médical des candidats au permis· de conduire doit se fonder sur les critères suivants :. 1) Le candidat est-il physiquement apte à manoeuvrer les commandes et à maintenir l'effort nécessaire pendant une longue période ? ii) La capacité visuelle e~ auditive du candidat est-elle suffisante ? iii) Le candidat risque-t-il de tomber en syncope au volant ? iv) Le candidat est-il exposé à ressentir une grande fatigue à la fin de la journée, avec accroissement correspondant des risquee d'accident ? Si la réponse à ces quatre questions est satisfaisante, le conducteur peut sans danger occuper son emploi. Si, par contre, on décèle chez lui une mala- die ou une infirmité de caractère chronique ou évolutif, il est nécessaire de le mettre en observation. DETERMINATION DE LA CAPACITE VISUELLE ET NORMES APPLICABLES Il est superflu d'insister sur l'importance d•une bonne vision. Bien quton n~ possède pas d'informations ou de statistiques sQres concernant le rapport entre l'p.cuité visuelle et la fréquence des accidents, certains renseignements ont du moins 6té recueillis à ce sujet par le "Centre dtinformation sur la Sécu- rité routière" de l!Organiso.tion mondiale du Tourisme et de l!Automobile (OTA) dont le siège est à Londres. Il ressort d'indications rassemblées en Californie en 1936 e~ 1938 que chez les conducteurs arrêtés pour avoir intercepté un autre véhi- cule ltacuité visuelle de lJun des yeux était inférieure à la normale dans plus de la moitié des cas. Lrenquête californienne a permis également de constater que iracuité visuelle était meilleure chez les conducteurs ntayant jamais eu d'accident que chez ceux qui en avaient eu; dans un assez grand nombre de cas où le conduc- teur en cause avait une vision défectueuse d'un oeil, son véhicule avait heurté un autre véhicule ou un piéton venant du côté de l•oeil faible. Ces conducteurs ignoraient leur déficience visuelle. Une enquête eur 103 nccidents mortels sur- venus à des croisements de routes o. montré que 71 dJentre eux mettaient en cause des conducteurs ayant une vision défectueuse d'un oeil; dans_ 61 de ces cas, le conducteur était entré en collision o.vec une voiture venant à sa rencontre du WHO/Accid.Prev./1 Page 6 côté de ltoeil atteint. On trouvera dans Fletcher (1948) un bon ré~ critique de ces constatations. Une autre enqu~te 1 faite do.ns le Michigan, a révélé de · même que les conducteurs n•aynnt pas eu d•accident avaient une acuité visuelle significativement supérieure à celle des conducteurs aux multiples accidents (Fondation Eno, 1948). Dans tous les cas où l•acuité visuelle est inférieure à la normale, il est nécessaire de rechercher si une maladie oculaire nlest pas à l'origine de cet affa~blissement. La vue peut baisser de façon insidieuse par suite de la for~ matton dtune cataracte ou autre maladie oculaire et le conducteur intéressé peut ne pas avoir co~science de ltaffa.iblissenent de sa vision ou bien 11 persiste à conduire mSme s•il sJen rend compte. Pour ces diverses raisons 1 et sans préju• dice de toute disposition légale, un exooen de la vue et des normes de vision doivent être exigés des trois catégories de conducteurs suivantes i) conducteurs de véhicules de transport en commun; ii) conducteurs de crunions,; iii) conducteurs de voitures particulières. NORMES DE VISION ( i) DES CONDUCTEURS DE VEHICULES DE ~NSPORT EN COMKTN 8. Acuité visuelle Ltacuité visuelle doit ~re contrÔlée au moyen de ltéchelle d•opto• types de Snellen ou des anneaux de Landolt 1 le sujet étant placé à une distance de 6 m (20 pieds). Si la salle dtex~n est trop petite, on peut ramener la d~stance à 3 m (10 pieds) en utilisant un miroir de manière à doubler celle-ci, · ·Liépreuve doit être pratiquée dans des conditions d'éclairage normales et non. _ dans une pièce obscure, l'éclairement des lettres d'épreuve devant être d•au moins 50 lumens. On peut égaleme~t contrÔler l•acuité visuelle au moyen de divers .app~reils méca.n~ques (tels que 1J 11 0rthorater' et la "Stereosette") qui donnent des résultats assez satisfaisants. Ltacuité visuelle doit être mesurée ~•abord pour chaque oeil puis pour les deux yeux ensuite; chez les porteurs de lunettes, le contrÔle devra être fait avec et sans celles-ci. Ltacuité doit être notée suivant le système habituel de Snellen, crest-à-dire 6/6, 6/J2. 1 etc •. , ou 20/206 20/40, etc. WHO/Accid.Prev./1 Page 7 Les conducteurs de ce type de véhicules doivent avoir une acuité visuelle au moins égale à 6/9 pour un oeil et à 6/36 pour l'autre (avec correction par les verres s'il y a lieu). Si l'acuité (sans lunettes) est inférieure à 6/12 pour un oeil et à 6/36 pour l'autre, il est indispensable que le conducteur porte constamment des lunettes en conduisant et son employeur doit en ~tre informé. Lorsque la vision est très défectueuse sans l•aide des lunettes, il est utile que le conducteur en ait une paire de réserve à portée de la main. Pour déceler la formation dJune cataracte ou d'une autre affection oculaire troublant lJacuité visuelle, il faudrait soumettre tous les conducteurs à un examen ophtalmoscopique lors de leur première demande de permis; par la suite, l'examen ophtalmoscopique devrait être répété au cas où l'acuité visuelle, cor• rigée par les lunettes, serait égale ou inférieure à 6/12 pour l'un des yeux. Les personnes borgnes ne doivent pas, a priori, être affectées au transport de passagers. Si un conducteur expéri~nté perd un oeil, il ne doit pas être auto- risé à continuer son activité; toutefois, après un délai suffisant pour permettre à sa vue de se réadapter, 11 pourra recommencer à conduire sans danger grave, à condition que la vision de lJoeil intact soit bonne. LJexercice dtune autre pro- fession sera probablement nécessa~re pendant six à douze mois, ltintéressé devant toujours être examiné par un ophtalmologiste avant d'être autorisé à conduire de nouveau. Selon Schwarz, qui a été chargé en Suisse d'examiner la vue de candidats au permis de conduire, une proportion importante de collisions intervenues à des croisements de routes a été constatée parmi les conducteurs borgnes; l'accident stétait souvent produit du côté opposé à celui de lJoeil défectueux, le con- ducteur ayant apparecment tendance à tourner la tête pour compenser la diminu- tion du champ visuel du côté atteint (Schwarz, 1939). 9 • Cho.rgp vi sue 1 Pour conduire sans risque, il est évidemnent indispensable d 1avoir une bonne vision latérale des deux côtés. Il arri-ve 1 dans certains cas, que le champ visue! soit fortement réduit (vision tubulaire) et ce trouble grave doit . * à entra1ner l'interdiction de conduire n'importe quel véhicule moteur. Le champ WHO/Accid.Prev./1 Page 8 visuel peut ~re exactement mesuré à ltaide de lJun des ~érimètres ou arcs péri• métriques quton trouve sur le marché, mais ce test prend de 20 à 30 minutes et doit être fait dans un local obscur; il ne peut donc pas être pratiqué de façon courante pnr les omnipraticiens ni pour ltexamen drun grand nombre de conducteurs, Le "test de confrontation" offre pa.r contre u~ moyen de contrÔle pratique et commode : le médecin se place en face èu sujet, recouvre les yeux de celui-ci ltun après ltautre et demande au sujet de diriger le regard de son oeil ouvert vers le nez de ltexaminateur. Un mouvement des doigts à ltextrémité périphérique du ch~ visuel doit être également perçu alors par l'examinateur et par le sujet, à condition que le champ visuel du premier soit normal. Toute.personne chez la- quelle le test de confrontation fait découvrir un net rétrécissement du champ visuel doit être envoyée à un ophtalmologiste pour avis complémentaire. 10. Vision chro~tique La nécessité dr exiger que les conducteurs de véhicules routiers s.achent bien distinguer les·couleurs a été parfois contestée; pour le transport de passa- gers qui oblige à conduire par nlimporte quel temps, il est toutefois utile que les conducteurs à recruter sachent reconnaître exactement, en toute circonstance, les couleurs essentielles : le rouge, le vert, le blanc et le jaune. Lee signaux lumineux de couleur utilisés pour ln circulation varient selon les pays et lee conducteurs affectés au trafic international ainsi qurà ce~aines activit~s spé• ciales 1 par exemple dans certains aéroports, doivent avoir une vision exacte des couleurs. Sous réserve de ces règles spéciales, le conducteur habile et eXpérimenté ne doit pas être écarté de son métie~ sril nra qurun défaut.de vision des cou- leurs; il faut néanmoins pratiquer ltépreuve pour que l'intéressé soit informé de cette déficience. Pour le contrÔle de la vision des couleurs, on utilise divers types de lanternes dont la plus courante est sans doute la lanterne Edridge-Green. Ces épreuves exigent toutefois 10 à 15 minutes pour donner des résultats corrects; aussi les diverses planches de couleur connues sous le nom de "tables pseudo- isochromatiql?-es" se prêtent-elles mieux à un contrÔle rapide du sens chromatique, tes tables dtishihara ou de Stilling donnent des résultats satisfaisants et les tests correspondants se font rapidement et facilement. Le test à ln lanterne a WHO/Accid.Prev./1 Page 9 !•avantage de ressembler aux signaux lumineux de circulation et sa nécessité est de ce fait mieux comprise du conducteur. Lorsqurune distinction rigoureuse des couleurs est indispensable, on aura recours à la fois aux tests utilisant la lan- terne et la table pseudo-isochromatique, ce qui permettra de contrÔler chacun des tests par l•autre. La Physical Society of London a publié (1946) un bon exposé pratique du contrÔle de la vision chromatique. 11. Vision binoculaire La perception binoculaire simultanée - cJest-à-dire l•aptitude à voir avec les deux ~eux en même temps - se rencontre plus fréquemment, selon les résultats de l'enquête du Michigan (voir paragraphe 6), chez les conducteurs n'ayant pas eu d•accident que chez ceux qui en ont eu de façon répétée. En cas de strabisme 9u quand un des yeux est nettement déficient, il peut y avoir sup- pression de l1image de l'oeil le plus faible. Les tests de vision binoculaire ne sont pas en général recommandés pour l'examen courant des conducteurs, mais il peut être utile d'Y recourir subsidiairement lorsquton a un doute sur la capacité visuelle. 12. Vision stéréoacopigue en profondeur Llaptitude à reconnaître la distance relative apparente des, objets dont les images sont projetées sur des aires rétiniennes différentes des deux yeux nrest habituellement pas contrÔlée lors de lJexamen courant des conducteurs. Llincapacité de faire travailler simultanément et efficacement les deux yeux se rencontre toutefois plus souvent, selon les résultats de l•enquête du Michigan, chez les conducteurs à accidents répétés. 13. ~ui_libre oculo-moteur Lraptitude à maintenir lléquilibre a) vertical et b) horizontal des globes oculaires quand la vision est dissociée par un moyen artificiel est utile pour pouvoir conduire sans risques, mais elle n'est pas habituellement déterminée dans les examens courants. Un bon équilibre oculo-moteur est généralement considéré WHO/Accid.Prev./1 Page 10 comme llune des principales conditions dlune bonne vision. Quand un conducteur ayan~ un mauvais équilibre musculaire est fatigué ou se trouve sous l'influence de ltalco.ol1 il risque plus facilement dtêtre atteint de diplopie ou double vision. 14 • Vision nocturne Il est évident q~tune vision nocturne suffisamment bonne est nécessaire ehez tous ceux qui sont appelés à conduire de nuit, et elle est donc indispen- sable chez les conducteurs de véhicules de transport en commun et chez les autres conducteurs professionnels. Les cas de cécité nocturne accusée peuvent être liés à une rétinite pigmentaire ou autre affection oculaire ainsi qurà une carence en vitamine "A"; cependant de nombreux cas paraissent ne pas avoir de base ocu- laire et être associés à une n6vrose. Il ntexiste pas de méthode réellement satisfaisante pour coz·~trôler la vision nocturne, mais divers instrument's ont été utilisés pour vérifier lt~daptation à ltobscurité, par exempl~· ltadaptomètre de Feldman. Il est douteux qu'il y ait quelque utilité prat~que à contrÔler la vision nocturne dans ltexamen courant des conducteurs. Il nrexiste pas non plus de méthode satisfaisante pour mesurer la rapidité du rétablissement de ~a vision après ~louissement ("cécité par éblouissement"); il est plus important à cet égard d•avoir des phares bien ajustés et drutiliser à bon. escient les feux- croisement. Les tests de vision binoculaire, de perception stéréoscopique en pro• fondeur, dtéquilibre oculo-mot~ur et de vision nocturne (paragraphes 11-14) ne sont pas indispensables dans ltexamen courant de la vue des conducteurs de trans• port en commun, mais il peut être utile d'y recourir subsidiairement dans des cas particuliers, lorsqu'il y a un doute sur la capacité visuelle. NORMES DE VISION (ii} DES CO!mUCTEG"RS DE CAMIOIŒ WHO/Accid.Prev./1 Page 11 15. Pour la sécurité de la circulation sur les rou~es il conviendrait, dans la mesure des possibilités administratives, de soumettre les conducteurs de poids lourds aux examens déjà :rccollliil!J.ndés pour les conducteurs de véhicules de transport en commun. Lrucuité visuelle devrait être sensiblement la mème les normes recommandées sont légèrement inférie~es pour les conducteurs de poids lourds : 6/12 pour un oeil ct 6/36 pour l'autre, avec les verres correc- teurs stil y a lieu. Lorsque le candidat est nouveau dans le métier, la personne chargée du recrutement de personnel pourrait à bon d~oit exiger des normes un peu plus élevées. Les borgnes ne doivent pas êt~e engagés comme conducteurs de camions, mais lorsqu'un conducteur eXpérimenté perd la vision dtun oeil on peut ~ui permettre de reprendre ses :fonr;tions après une période dtadaptation de six à douze ~is, à condition que ltacuité visuelle de lroeil sain soit suffisante et que ltétat général soit bon. Il est utile_que tous les conducteurs de poids lourds aient un permis spécialdélivré par lla.drninistration compétente et subis- sent un examen médical avant d'exercer cette profession. Il est certain que ce système ne peut être adopté part0ut dès à présent, mais ces recommandations peuvent ~éanmoins être utiles aux médecins lorsqu'ils sont appelés à donner leur avis aux administrations responsn~les de ln circulRtion. NORMES DE VISION (iii) DES CONDUCTEURS DE VOITURES PARTICULIERES 16. Dans les pays où les permis de conduire sont renouvelés à de fréquents intervalles par l'administration, par exemple chaque année, il ntest pas commode, étant donné le très grand nombre de pcl~is_délivrés, d'exiger chaque fois l'examen de la vue par un médecin ou un opticien. Crest pourquoi il est utile que le con- ducteur so!t tenu, au moment où il remplit une demande de permis, de déclarer quel est l~ét~t de sn vue. Par exemple, on peut lui demander s'il est capable de lire, à une distance de 25 yards (22 ,86 m) ct sous un bon écl'li-'''""b·..: diu~ne (avec des verres correcteurs s'il y o. lieu) une plaque d'immatriculation d'au-tomobile WHO/Accid.Prev./1 Page l2 comprenant ~e nombre habituel de lettres et de chiffres. Il faut lui demander également s•il voit avec les deux yeux;_les chauffeurs borgnes, ainsi que ceux qui sont incapables de lir~ la plaque dtimmatriculation doivent être renvoyés pour examen à un ophtalmologiste. Cette épreuve de lecture d•une plaque d'immatricula~ tion à 25 ynrds. (22,86 m) correspond à une acuité visuel~e d'environ 6/12 dans l•échelle de Snellen. Dans les. pays où les candidats doivent_prouver leur aptitude pour obtenir le permis, ltexamen. doit comporter la lecture dJune ou deux plaques dtimmatric~lation; si le candidat ne peut effectuer cette lecture, il doit Str~ soumis à un examen médical. Dans certains pays, la lecture de_la plaque dtimma• triculation normale peut ne pas donner !•équivalent correct d'environ 6/12 dans l•échelle de Snel~en; en ce cas il faut faire établir par un oph~almologiste une épreuve pratique pouvant être appliquée par les experts de lJadministration . . - ou autres personnes n•ayant pas lrexpérience des épreuves de contr8le de la vision. 17. Les normes de vision à appliquer aux conducteurs de véhicules ont fait ltobjet dtun certain nombre dtétudes. c~lles de Black (1937) - rapport d'une commission chargée par l'American Medical Association d'examiner les normes de vision des conducteurs • 1 Sherman (1937) 1 Bishop Herman (1937), Luedde (1939), Berens (1940) et Selling (1942) constituent de bons exposés d'ensemble. FREQUENCE DES EXAMENS DE LA VUE 18. Pour des raisons de sécurité, il est soul1aitable que les conducte~s de véhicules de transport en co~un soient soumis à un examen de la vue au moins tous. les cinq ans à. partir de lrâge de 45. ans, et chaque année s•ils continuent à exercer leur métier au-delà de 65 ans. Les conducteurs de camions devraient être soumis aux ~mes examens périodiques. E~ général, il est impossible drexa- miner périodiquement la vue des conducteurs de voitures particulières et de véhicules analogues, ces conducteurs étant trop nombreux; dans les pays où les permis sont renouvelés à intervalles· réguliers, il_conviendrnit dtexiger que le conducteur se déclare capable de lire une plaque dtimmatricula~ion normale 'l 25 yards (22 186 m) de distance (voir paragraphe 16). Lorsque ltadministration qui délivre les permis de conduire exige au préalable un examen de la vue 1 le médecin e&a.~nateur devrait avoir le droit dJexiger que le candidat subisse des épreuves plus fréquentes lorsque ce contrSle supplémentaire lui paratt nécessaire. AFFECTIONS DE L t OREILLE 19. Diminution de l_r audi tian WHO/Accid.Prev./1 Page 13 Pour examiner l'audition des candidats au permis de conduire, on peut p~océder pratiquement de la manière suivante ~ !•examinateur se tient derrière l'intéressé et lui bouche une oreille après ltautre; il le p~ie de répéter une série de nombres, choisis au hasard, que lui-même prononce dtabord à haute voix, puis en chuchotant. On peut ainsi noter, pour chaque oreille, la distance à laquelle le candidat perçoit la voix parlée et la voix chuchotée. On prétend p~fois que ce test n•a qurune valeur très relative parce que l'intensité de 11 émission de voix varie beaucoup suivant 1' examinateur, mais ce n'est pas tout à fait exact; en effet chaque exnminateur arrive, avec une eXpérience suffisante, à apprécier avec une grande sensibilité toute variation qui se produit dans ltaudition chez un même sujet. ~ne autre épreuve pratique con~iste à faire en- tendre au candidat le tic-tac dtune montre mais, comme dans ltépreuve du chucho- tement,~ce sont surtout_les fréquences élevées qui sont examinées. Lrépreuve au moyen dtun audiomètre ntest que rarement pratiquée pour les examens courants, mais cet instrument nrest vraiment utile que dans des cas ~péciaux. Dtautre part, le degré de surdité d•un individu peut varier beaucoup dlun jour à ltautre; aussi .. une épreuve pratique est-elle préférable au test audiométrique qui est plus sen- sible. En ce q~ concerne les conducteurs, il nrexiste pas de normes d'audition reconnues et lton est surpris de constater à quel point les renseignements font défaut sur les risques éventuels de la surdité. Une enquête auprès des compagnies dJassurance de Grande-Bretagne (11Rex" 1953) a révélé que certaines d'entre elles refUsent d'assurer les conducteurs sourds, mais que la plupart préfèrent ne pas prendre une position catégorique et considèrent chaque cas comme un cas d'espèce. Le même document fait état d•une étude scientifique dont la çonclusion était qu1un sourŒ ne risque pas plus de provoquer des accidents qutune personne enten- dant normalement et que la proportion_des accidents était même lé~èrement plus faible chez les conducteurs sourds. D'après les auteurs, la raison en serait que les sourds sont parti.:ulièrement conscients de leur infirmité et se montrent dta.utant plus prudents. Une intéressante étude sur l'importance de lto.udition WHO/Accid.Prev./1 Page 14 pour les conducteurs drnutomobiles a été faite par MOcfarlan (1937) qui considère que les sourd~ sont généralement de bons conducteurs; ils sont prudents et atten- tifs parce qurils connaissent les risques qu'ils prennent. Si_une audition nor• male est un avantage incontestn91e pour un conducteur, elle ntest nullement in• dispensable. E.n certains cas, ltaud.ition peut même gtre plus aiguë au milieu du bruit de la circulation que dans une pièce tranquille; on peut se demander si la sécurité de la conduite est sensib~ement accrue lorsque l'intéressé possède une oure très sensible, comme celle qutil faut avoir pour entendre un chuchotement éloigné dans une pièce siloncieuse. On estime parfois ~~e pour entendre les véhi~ cules qui cherchent à doubler, une bonne audition de l'oreille gauche est plus importante dans les pays où les véhicules roulent sur la droite de ln route, mais il ne faut pas exagérer cet·te importance car, quel que soit le côté affecté, ~ne surdité unilatéra1e rend toujou~s plus difficile la localisation d•une source de bruit. Il est peu probable que llo.ffaiblc.zeo:n:mt de ltoure constitue chez un conducteur ~ompétent et expérimenté uu danger ou diminue sérieusement son aptitude à conduire. Burger (193'7) estime qurune bonne audition est indispensable au conduc• teur de t~ansport en commun. Il est incontestable que 1ron ne doit pas accorder à des débutants un permis de conduire pour des véhicules destinés au transport de's personnes ni pour des camions s'ils présentent un degré de surdité tant soit peu accentué. En revanche, si un conducteur expérimenté devient sourd, on peut le laisser c9ntinuer de conduire, à moins· que le degré de surdité ne soit a~s~z. grave pour 1t empêcher d 1 accomplir son tro.vail ou ne ri-sque d 1 accrortre la fré-. quE:mce des accidents. Une surdité totale doit être· considérée comme une contre- indication pour la conduite de véhicules de ces catégories. Ltemploi d'appareils acoustiques ne saurait être qurun palliatif à cause des bruits .étrangers, de ln . variabilité et des défauts mécaniques que peuvent présenter ces. instruments et de la difficulté qutéprouve le porteur à loca!.iser ltorigine d'un son. Il est évident que les conducteurs des transports en commun doivent être capables dten• tendre le timbre actionné par le récepteur pour lta.rrêt et le départ. WHO/Accid.Prev./1 Page 15 Les personnes sujettes à des vertiges soudains, par exemple celles qui présentent un syndrome de Ménière avec bou=donnements, surdité et vertige, ne doivent pas être autorisées à conduire des véhicules destinés au transport de personnes ni des camions. Lorsque leurs troubles risquent de récidiver, il faut même leur déconseiller de conduire des voitures particulières. En cas dJotite moyenne chronique suppurée qui peut donner lieu à des vertiges auriculaires, on ne doit pas délivrer_de permis de conduire pour les transports en commun ou les poids lourds. Lorsqu•un conducteur expérimenté présente une otite suppurée, il faut le mettre en observation et lui faire suspendre ses fonctions dès que le vertige auriculaire apparaît. Dans certains cas de labyrinthite idiopathique, il est indispensable que le cho.uffeu:r. interrompe son travail, mais en général il peut le reprendre quelques semaines après sa guérison. Dans les cas douteux, lors- qu•on suspecte des vertiges auriculaires ou une labyrinthite, il est prudent de renvoyer le malade à un auriste pour avis et test thermique. ETAT GENERAL 21. Pour exercer un emplo~ de conducteur de transports en commun ou de c~ons 1 il est indispensable d•être en bon état général. Les conditions physi- ques requises dépendent dans une large mesure de la nature du véhicule; dans la plupart nes modèles modernes il nJest pas néc?ssaire, pou= manoeuvrer les comman- des, de posséder une grande force physique. LIArmy Operational Research Group_ (1939) a procédé à des études sur les aptitudes physiques nécessaires aux con- ducteurs de véhicules lourds. Il a reconnu que pour les véhicules dont il s'agis- sait, les chauffeurs devaient ~tre robustes et mesurer au minimum 68 inches (1, 72 m) • Quant à la force nécessaire JOur actionner le volant, les mesures ont indiqué que le conducteur doit pouvoir exercer une force giratoire de 75 pieds- livres et pendant 15 secondeso Il nra pas été effectué drétudes semblables pour les véhicules civils; d'ailleurs la diversité de ceux-ci rendrait .~.cs conclusions assez douteuses. Certains employeurs exigent une taille minimum, mais la condition essentielle est que le conducteur ait les jambes suffisamment longues pour attein- dre les commandes au pied de façon continue et sans difficulté. Il ne semble pas nécessaire de ftxer une taille maximum. WHO/Accid.Prev./1 Page 16 22. Membres supérieurs Il faut examiner les mouvements des articulations des épaules 1 des coudes, d~s poignets et des doiGts et rechercher toute atrophie musculaire. Le blocage a•une articulation de_l•épaule 1 s'il est indolore, ne gène pas forcément pour conduire. En revanche, ltankylose n'une articulation du coude peut cons• tituer un lourd handicap et les individus atteints de cette incapacité ne de- vraient pas être embauchés ~our conduire des véhicules destinés au transport des personnes ou d~s camions. SJil stagit d•un conducteur eXpérimenté,_on peut en certains cas l'autoriser à continuer son métier, à condition que ltangle de blocage le permette, c•est-à-dire qu•il corresponde environ à 135° et se trouve à mi-chemin entre les positions de pronation et de supination. Les candidats qui .sollicitent pour ln première fois un permis de conduire doivent pouvoir effectuer parfaitement les mouvements de pronation ~t de supination et convenablement les mouvements de flexion et dtextension de lrarticulation du poignet. En général, ltankylose des articulations des doigts n'empêche pas de conduire, mnis si un ~u plusieur~ doigts sont amputés il faut mesurer le degré de préhension pour sras- surer quJil permet le :maniement con·renable des commandes dtun véhicule. Lto.trophie musculaire, si elle n•est pas progressive,ne s•oppose pas à la dolivrance d'un premier permis de conduire, à condition qu~ le candidat possède une force suffi• sante pour manipuler les commandes. Lorsqu• il s'agit de conducteurs de voi t.ures particuli~res qui seront en géneral examinés par leur médecin à titre de clients plutSt qutà la requête de l•administration· qui délivre les permis.de ~enduire, toute inco.~o.cité physiqœatteig~t les bras doit être évaluée en fonction de ln ·cond~tte dJun petit v·éhicule .. SJil y a une incapacité grave, 1.1 faut envisager l•utilisat!on dtun véhicule spécialement adapté et le conducteur aurait intérêt à informer l'administration de son incapacité. Dans certains pays, des ex~mens ~e conduite spéciaux ont été organisés pour les conducteurs physiquement diminués. 23. Membres inférieurs Les candidats au permis de conduire des véhicules de t~ansport en com~ mun et de camions doivent pouvoir effectuer sans aucune gêne ni douleur les mou• vements des hanches, des genoux et des chevilles; ils doivent être exempts WHO/Accid.Prev./1 Page 17 dtatrophie musculaire et posséder une force musculaire suffisante dans chaque membre. En général, les conducteurs de ces catégories de véhicules ne peuve~t continuer à exercer leur profession lorsqutils présentent une ankylose de l•arti~ culation de la hanche et les personnes ainsi atteintes ne doivent pas être recru- tées pour ce métier. Néanmoins, dans des cas exceptionnels, les conducteurs expérimentés peuvent continuer à exercer leur profession sans encourir de risques particuliers. Un conducteur présentant une ankylose de l•articulation du genou ne doit pas être autorisé à continuer à conduire des transports en commun ou des poids lourds. Lorsqu•un conducteur de voiture particulière est atteint d•une incapacité quelconque des mem~res inférieurs, le médecin examinateur doit lui conseill~r de la déclarer à lJadministration chargée de délivrer les permis. En cas dtankylose dtune articulation, le degré dJincapacité varie avec la posi• tion dans laquelle est bloquée l•articulation et il se peut que le chauffeur soit à ~me de continuer à conduire son véhicule en toute sécurité. Toutefois, il faut étudier la possibilité d•utiliser une voiture munie de commandes spéciales. Par exemple, on peut se procurer des voitures dont le frein principal est actionné non par une pédale 1 mais par une commt.Ulde à main placée sur la colonne de direction. 24. Colonne vertébrale Un chauffeur atteint d•une affection évolutive de la colonne vertébrale (tuberculose ou spondylarthrite ankylosante, par exemple), ne doit pas être auto- risé à co~uire des véhicules de transport en commun ou des camions tant que la _ maladie n•est pas stabilisée. Ensuite, s'il n•y a pas d'incapacité ou de déforma· tion grave, on peut lui permettrede conduire aussi bien des véhicules lourds que des voitures légères. Il ne faut dlailleurs pas oublier ~ue la conduite dtun véhicule est une occupation sédentaire qui exige moins d'efforts physiques que beaucoup de travaux manuels; toutefois, les conducteurs de camions doivent parfois accomplir certains travaux supplémentaires, par exemple charger et décharger le véhicule. On exa.minera donc les conditions particulières à chaque cas. WHO/Accid.Prev./1 Page 18 Les personnes atteintes de protrusion dtun disque intervertébral peu• vent généralement continuer à conduire, m~me si elles doivent porter un corset plâtré ou à armature, qutil sragisse de conducteurs de véhicules lourds ou de véhicules légers. En gé~éral lorsque ces malades se mettent à porter le corset, ils se sentent plus à l'ai~e pour conduire qurauparavant. A cet égard, le dessin du siège est important : lrappui dorsal doit ~tre assez bas pour s•adapter con• __ fortablement à la courbe normale des reins. Le siège du conducteur présente par• t~is un grave défaut, en parti~ulier pour les personnes atteintes de protrusion drun disque intervertébral : ltappui dorsal est trop haut et peut ~me g~ner le chauffeur au niveau des omoplates, ce qui provoque une extension de la colonne lombaire. Dans un intéressant rapport, Darcus (1948) explique quelle doit être la disposition d'un siège de chauffeur et il montre, de façon générale, comment les commandes doivent être disposées. Les incapacités physiques généralès lca plue fréquentes que nous avons . . . .. indiquées dans les paragraphes ci-dessus ne risquent pas d'ordinaire de provoquer une syncope ou une perte brutale de connaissance· du chauffeur au volant. L•éva• luation des incapacités.physiques doit porter plutSt sur des considération m~ce..~. niques, ctest-~-dire qutil faut examiner si l'incapacité ou la difformité cons• tatée risque d'empêcher une manoeuvre efficace et rapide et d~ .. ~~er.le _maniement des commandes en toutes circonstances, et notamment en cas d'urgence, pendant un temps· prolongé. 26. Conducteurs infirmeR" ~s personnes atteintes d'incapacité physique grave, par exemple à la suite de ltampatation d'un pied ou de plus de trois doigts 1 _ne do~vent ~s ê~re . embauchés pour conduire des véhicules de transport en commun ou des c~ons, Quant aux condueteurs·expérimentés 1 lorsqutils présentent une déficience de ce .. .. genre·, .il 'faut en général les obliger à interrompre leur activité professio~elle 1 . ' ' mais après avoir procédé à un examen approfondi de leur état. Dans certains ~~ i~ existe des voitures particulières pouvant ~tre adaptées spécialement aux besoins dJun conducteur physiquement diminué, par exemple un modèle de voiture actionné WHO/Accid.Prev./1 Page 19 entièrement pa;- des commandes à main pour conducteurs paraplégiques. Dans les cas douteux, l'administration chargée de délivrer les permis peut parfois sou• mettre le candidat à un examen pratique afin de s'assurer de ses aptitudes avant de l·'autoriser à conduire sur la route. Il est à noter que ces mesures spéciales ne s'appliquent qurà des conducteurs de voitures particulières et que les per- sonnes atteintes de telles infirmités ne doivent pas ~tre autorisées à conduire des véhicules de transport en conmnm ou des camions. Quant aux conducteurs de voitures particulières, ils devraient ~tre tenus de faire renouveler chaque année leur permis, afin que les services compétents puissent suivre leur cas. Toute p~rsonne sollicitant pour la première fois un permis de conduire doit être tenue dtindiquer en détail toutes les déficiences physiques dont elle est atte~nte. Crest surtout à lladministration chargée de délivrer les permis de conduire qutil appartient de prendre ces mesures 1 mais le médecin ~st parfois invité à donner son avis dans des cos particulièrement délicats, lorsquron nrest pas sûr que le candidat soit physiquement apte à conduire • .AFFECTIONS CARDIO-VASCULAIRES 27. Tec.hnigue d 1 examen En pratique courante 1 il suffit de pro.céder à un examen clinique approprié et attentif pour déterminer_lraptitude des individus à conduire dif· férents types de véhicules. Lors de ltexamen du système cardia-vasculaire, il est utile de recourir à une méthode du genre de celle de Lewis pour étudier tour à tour : la congestion veineuse, llhypertrophie cardiaque, l•état des valvules cardiaques, le rythme, la présence d''une infection évolutive, la cause des affections cardia-vasculaires et lrétat des vaisseaux sanguins. Dans certains cas, le dossier médical peut ~tre le seul indice qui révèle la présence de certaines affections t~lles que la coronarite. S lil est nécessï:".ire de procéder à un examen spécial et s•il persiste un doute quant à la présence ou à l:~bRence dtune affec- tion cardiaque organique, on peut dans quelques cas faire un électrocardiogramme Ou un orthodiagra.mme et adresser le mo.lade à un cardiologue. Il convient de prendre la tension artérielle avec un sphygmomanomètre à mercure qui doit être revisé périodiquement a WHO/Accid.Prev./1 Page 20 ea. Congestion veineUSJt En présence de signes dénotant une défaillance cardiaque· congestive précoce telle que dyspnée, congestion des bases pulmonaires, oedèmes ou augmen~ tatien de la pression veineuse au-dessus de lJangle manubrio-sternal en clino• etatisme, on ne devrait pas autoriser la conduite de véhicules de transport en commun ou de camions, étant donné le risque de collapsus brutal. S•il sragit d•une défaillance cardiaque congestive précoce de faible gravité, les malades pourront ~tre autorisés à conduire des voitures particulières, mais pour qu'ils puissent continuer à conduire, il conviendrait de leur imposer un examen médical périodique destiné tant à surveiller leur état du point de vue de la sécurité qurà assurer le traitement des sujets eux-m~mcs. 29. H.;rpertrophie du coeur On ne devrait pas embaucher des personnes présentant une hypertrophié cardiaque pour conduire des véh!cules de transport en commun ou des camions. Selon la cause et le degré de lJhypertrophie observée, ceux qui sont déjà employés pourraient continuer à conduire sous réserve qutils subissent périodiquement un examen médical et que leur état général soit par ailleurs satisfaisant. Les conducteurs de voitures particulières qui présentent une hypertrophie du coeur· devraient ~tre soumis à un examen périodique tant pc~ ae~ raisons de sécur1tû que pour assurer le tro.i tement de la rnladie o ·Sous ce rapport, la "sécurité" implique l'improbabilité de voir le chauffeur présenter une perte subite de connaissances, un malaise ou une faiblesse qui le rendrait incapable de rester maître de son véhicule. 30. Cardio~thies valvulaires Bien que chez de nombreux sujets, la présence d'une cardiopathie val• vulaire soit compatible avec une longévité normale ou presque normale, ilœt probablement plus sage de ne pas embaucher des personnes qui en sont atteintes pour conduire des véhicules de transport en commun et des camions. Cette précau• tion vaut surtout quand aucune disposition n'assure des examens médicaux ~ério­ diques et que des affections telles que la fibrillation auriculaire, entratnant WHO/Accid.Prev./1 Page 21 le risque dtembolie subite, peuven-::; ne,r.·t:~e sans quron sren aperçoive. En cas dtatteinte des valvu:es sigmotdes de ltaorte, le risque de voir le sujet perdre connaissance augmente et les personnes présentant de telles lésions ne devraient pas être autorisées à conduirè des véhicules de transporc en commun ou des camions. Les conducteurs d•automobiles particulières ct autres petits véhicules doivent gtre informés du fait qutils peuvent continuer à conduire à condition que leur affection valvulaire reste bien compensée et quJils ne présentent pas d'autres troubles. Ces malades doivent être soumis périodiquement à une observa- tion médicale, à des intervalles variant selon la gravité de la lésion. 31. Ryt~ Les personnes présentant des troubles organiques du rythme tels que fibrillation et flutter auriculaires ne doivent pas être autorisées à conduire des véhicules de transport en commun ou des camions. Il en est de même des malades qui présentent des atteintes caractérisées de tachycardie paroxystique. Il nty a pas lieu de considérer que les troubles fonctionnels du rythme, tels qutune arythmie sinusale et les extrasystoles non accompagnées drautres manifes- tations morbides, soient une contre-indication absolue pour la conduite dtun véhicule quelconque. Les conducteurs de voitures particulières qui présentent de la fibrillation auriculaire ou d•autres aryt~~es graves doivent être soumis à un examen périodique afin dtassurer à la fois la sécurité de la conduite et leur trait~ment médical; on doit leur conseiller de ne pas conduire en cas dJ.ap.;. parition dtune défaillance cardiaque congestive ou d'embolieo La présence d•un bloc cardiaque partiel ou total rend un individu inapte à conduire les véhicules de transport en commun et les camions. On doit aviser les conducteurs de voitures particulières, dans le cas où ils présentent un bloc cardiaque dtune certaine gravité ou une tendance au syndrome de Stokes-Adams, qutil y a danger pour eux à continuer de conduire. WHO/Acci~.Prev./1 Page 22· 32. Infection Un malade a~teint dlinfection bactérienne évolutive localisée aux valvules cardiaques doit ~tre soumis à un traitement et ne doit pas conduire a~ véhicules, du moins temporairement. Quand ltinfection a reculé, on peut ltauto• riser à conduire s•il n•a auc~ne affection susceptible ~e provoquer une brusque perte de connaissance ou de ltemp~cher de rester martre de son véhicule; ha~ituel­ lement, la maladie valvulaire p~rsiste après que ltinfection a disparu et lton doit rechercher s•il y a lieu dtautoriser le malade à conduire, conformément aux recommanda~ions ci·dessus faites au paragraphe 30. jj. EtioloSe Le pronostic de nombreuses lésions organiques du coeur varie selon leur étiologie et toute appréciation de l•aptitude à conduire doit tenir ~ompte de ce facteur. Ltûge du malade et ltâge de la lésion doivent également jouer un,Srand r8le dans cette appréciation et dans la décision de soumettre le malade, le cas échéant, à un examen médical périodique. j4. Hœrten»ion Les personnes présentant une hypertension maligne ne doivent pas ~tre autorisées à conduire des véhicules de ·transport en commun ou des camions. En ca.s drhypertension essentielle grave, si la tension systolique est .constamment. supé• rieure à 200 mm de mercure et la tension die.stolique à 100 mm1 il est g6néralement préférable que le conducteur de véhicules de transport en commun ou de camions abandonne cette profession. En présence dtune hypertension moins accusée, on doit obliger les malades à se soumettre à un examen médical tous les six à douze mois selon la gravité du cas. Lors de ces examens, on doit veiller à éviter de déclen- cher une névrose; ces examens ont souvent 1 r avantage de donner aux conducteurs professionnel~ un délai suffisant pour chercher un autre emploi. On ne doit pas recommander d'embaucher comme conducteur de véhicules de transport en commun ou de camions un sujet dont la pression systolique serait nettement supérieure à 100 plus le nombre dtannées dtÛge du candidat ou dont la pression diastolique serait supérieure à 100 mm de mercure, ces chiffres stétant révélés constants lors WHO/Accid.Prev./1 Page 23 d'examens répétés. Au cours d tune e1_1quête portant sur 22 .000 officiem de 1J armée des Etats~nis 1 on a constaté que lJbypertension transitoire ou la tachycardie passagère ou ltobésité augmentaient le risque de voir apparattre ultérieurement une hypertension durable et la mise, à la retraite ou la mort en raison d'une maladie cardia-rénale vasculaire. Ltexistence simultanée de deux de ces atteintes était plus grave à cet égard que la présence dtune seule des trois. La coexistence ·des trois revêtait la plus haute importance quant au pronostic (Hillman et Coll., 19~4 -1947). Il convient dJapprécier soigneusement ltinfluence des médicaments à base de méthonium; certains malades présentent des vertiges ou des malaises passagers quand on réduit leur hypertension en employant des médicaments de ce groupe. On ne doit pas autoriser R conduire des véhicules de trans~ort en commgn ou des camions les sujets soumis à un traitement au méthonium et lton doit con- seiller aux ~onducteurs de voitures particulières de cesser de conduire quand on estime que ltadministration de médicaments hypotenseurs risque de provoquer un effondrement de leur tension. 35. HYpOtension Les personnes atteintes d'hypotension peuvent présenter brusquement des vertiges, des malaises ou des pertes de connaissance. On ne doit pas embaucher pour conduire des véhicules de transport en commun ou des camions un sujet de plus de 30 ans qui présente une tension systolique régulièrement inférieure à llO mm de mercure. On ne doit pas autoriser à continuer de conduire des véhicules de ce type les personnes chez qui sont apparus des symptÔmes dlhypotension ouchez lesquelles la tension systolique est constamment inférieure à 100 mm de mercure. On doit conseiller aux conducteurs de voitures particulières de cesser de conduire ~i leur tension systolique est constamment inférieure à lOO mm de mercure ou s'ils présentent des symptômes dthypotension et qutil y ait un risque certain de malaises. Il convient d'interpréter avec soin la norme nrbitraire de 100 mm de mercure, car il existe des individus de petite taille, pesant moins de llO lbs, dont la tension artérielle est inférieure à ce chiffre lors dtépreuves répétées, sans que cela entratne apparemment pour eux de conséquences nocives. WHO/Accid.Prev./1 Page ~4 36. Affections des artères coronair~s, y compris llangine de poitrine On ne doit pas embaucher pour conduire des véhicules de transport en commun ou des camions les sujets dont les antécédents révèlent une thrombose des coronaires, une insuffisance coronarienne ou de l'angine de poitrine, Il est probablement plus sage, pour les conducteurs de ces types de véhicules qui ont présenté une. atteinte de thrombose des coronaires, de changer d•emploi en raison de la possibilité de nouvelles manifestations qui peuvent apparattre inopinément. Quant aux conducteurs de voitures particulières qui sont apparemment guéris et ne présentent pas de signes permanents tels que l'hypotension, on doit leur con- seiller de ne continuer à conduire que S'ils se soumettent périodiquement à un examen méd!cal. On doit conseiller aux conducteurs de voitures particulières atteints d•angine de poitrine de ne pas conduire quand leurs crises sont graves ou fréquentes surtout si elles se produisent à la suite d'une ~motion. Si les crises angineuses apparaissent seulement après un effort, il nly a habituellement pas d'inconvénient pour le conducteur de voiture particulière à continuer de conduire, à moins que les crises ne deviennent fréquentes ou invalidantes; ces ma~des doivent être régulièrement suivis. 37. Autres affections cardia-vasculaires Il convient de juger du danger que présente chacune des autres af· fections cardiaques organiques en fonction de la possibilité d'un brusque collapsus survenant sans qu'une phase prémonitoire suffisante laisse au sujet le temps de serrer les freins et de garer son véhicule en lieu sûr. En ce qui concerne surtout les conducteurs professionnels, on ne doit pas perdre de vue lréventualité d'une fatigue plus grande - par exemple dans les cas d'insuffisance mitrale - aboutissant à llaccroissement du risque d'accidents. On ne doit pas embaucher comme conducteur de véhicules de transport en commun ou de camions une perso1me présentant une maladie de coeur organiqu~, congénitale ou acquise. Si l'on découvre chez un conducteur en activité une malformation congénitale asympto- matique p~rfaitement compensée, on pe~t le laisser continuer à conduire, à con• dition qulil se soumette à un examen périodique. En cas d'anévrisme de l•aorte 1 WHO/Accid.Prev./1 Page 25 on ne doit ~as permettre de conduire un véhicule de transport en commun ou un camion. On peut autoriser les conducteurs de voitures particuliè~es à continuer de conduire, à moins que l'anévrisme ne soit volundneux ou que 1ron n'observe des complications accroissant le risque de co~.lapsus. La claudication intermittente ntest pas assez grave, dans la plupart des ca~, pour se manifester quand le sujet conduit, ~me s'il doit freiner pendant un certain temps,et aux premiers stades de cette maladie il n•est pas habituellement nécessaire de faire quitter leur emploi aux conducteurs; cependant, on devrait les soumettre à un examen médical périodique et, dans les cas graves ou en présence de manifestations gangréneuses, il ne serait plus possible sans inconvénient d'autoriser plus longtemps le sujet à conduire son véhicule. Les malades atteints de défaillance vaso-vagales doivent gtre reconnus aptes ou inaptes selon leur état; il est improbable que le sujet fasse une crise en position assise et les prodromes alarment suffisamment t3t le conducteur pour lui permettre dragir en conséquence. Néanmoins, si de telles manifestations surviennent fréquemment, ou si elles apparaissent brutalement, ou encore si elles sont graves, on ne doit pas autoriser le sujet à continuer à conduire des véhicules de transport en commun ou des camions. Dans tous les cas, le médecin examinateur doit donner à son malade des conseils de prudence et peut gtre amené à recommander aux conducteurs de voitures particulières de cesser de conduire aussi longtemps que les crises persistent. 38. Varices Même dans les cas graves, les varices ne sont guère susceptibles de constituer un danger pour la conduite, mais elles peuvent influer sur le rendement du conducteur professionnel et sur son assiduité au travail. Pour cette raison, de nombreux employeurs de conducteurs professionnels ne recommandent pas d•em- baucher des personnes présentant de grosses varices ou un eczéma variqueux ou encore un ulcère variqueux. Conduire un véhicule est un travail sédentaire qui implique de fréquentes contractions musculaires des deux jambes, ce qui combat la stase veineuse. crest probablement la raison pour laquelle les varices ne sont pas normalement incompatibles avec la conduite dlun type quelconque de véhicule. WHO/Accid.Prev./1 Page 26 On estime parfois que les hémorroïdes apparaissent fréque~ chez les conducteurs et cette _affection provient peut-(i-:j:,. e d.e lo. :aa.ture séd.en- taire de leur profession èt dtune tendance à la constipation qui peut ~tre due à_ leurs heures de. travail irrégulières. En général, il ntest pas nécessaire dJinterd~re a~·hémorroidaires de conduire un type quelconque de véhicule, à moins qutils n'aient eu des hémorragies suffisantes pour déterminer une anémie grave. TROUBLES DU SYSTEME ENDOCRINIEN '9. otlande th,yrorde Un sujet présentant des signes de· thyréo-toxicose ou d'adénome toxique de la thyroÏde ne doit pas être embauché pour conduire des véhicules de transport en commun ou des camions. En ce qui concerne les conducteurs en activité, on doit assurer lJexamen médical régulier ~es cas bénins et lton ne doit pas leur permettreœ continuer à conduire ce type de véhicules si les signes de tremblement, de tachycardie ou dlcxophtalmie s'amplifient. Au cours de cette maladie, on·voit souvent apparaître des troubles émotif~ et 1 étant donné que les sujets ainsi atteints présentent simultanément de l'anxiété, voire des symptômes de psychose, il est habituellement préférable de leur interdire de conduire des véhicules de transport en commun ou des camions quand les signes d'hyperthyroÏdie sont tant soit peu marqués. Avec un traitement moderne, on peut fréquennnent faire disparattre les sympt8mes et, à condition que le sujet ne présente pas de tachycardie ou d•arythmie excessive, de tremblements 1 d•exophtalmie ou de tro~bles visuels, de modifications du comportement ~ffectif ou psychique, on peut l'autoriser à garder sa profession, sous réserve quril se soumette à ·de fréquents examens médicaux, tous· les mois ou tous les deux mois par exemple. On doit donner le ~me conseil aux conducteurs de voitures parJciculières car il vaut mieux ~tre trop prudent que pas assez, mais, sauf dans les cas· graves, on constatera habituellement que lton peut venir suffisamment à ~out de cet é~at par un traitement médical ou chirurgical pour permettre aux malades de conduire sans risque. WHO/Accid.Prev./1 Page '27 Les malades atteints de myxoedème grave avec ralentissement caractéri8é du temps de réaction ne doivent pas être autorisés à conduire des véhicules de transport en commun ou des camions et il est préférable qutils ne conduisent pas non plus de voitures particulières. Si le traitement médical permet de bien maîtriser la maladie, le sujet peut continuer à conduire des voitures parti· culières, sous réserve qu•il se soumette à des examens medicaux périodiques et que l•on n•observe pas de ralentissement important de ses réactions ni d•autres symptômes susceptibles de troubler la conduite d1un véhicule._Un diagnostic certain de myxoedème est une contre-indication à l'embauche d•un sujet comme conducteur de véhicules de transports en commun et de camions. 4o. Diabète On doit rechercher le sucre dans lturine de tous les candidats à un emploi de conduct~ur de véhicules de transport en commun ou de camions et répéter cette épreuve à ltoccasion de_tous les examens médicaux en cours d'emploi. Afin dtéviter toute supercherie, l•échantillon doit être prélevé en présence de ltexaminateur. S•il s•agit d•un diabétique, on pourra observer sur la peau la trace des injections dtinsuline, ce qui montre une fois encore l'importance qutil y a à examiner le sujet complètement nu. Les diabétiques, qu•ils reçoivent de l'insuline ou qutils soient uniquement traités par la diététique, ne doivent pas être embauchés comme conducteurs de véhicules de transport en commun ou de · camions. Si 1 lors de lJexamen, on trouve du sucre dans l'urine et que la glycosurie est décelée pour la première fois, on doit procéder à une détermination du taux de glycémie. Si la courbe de glycémie est nol'lllllle et que la glycosurie semble . ' être dJorigine rénale, on peut pe~ttre au sujet de conduire tous les types de véhicules. Si le malade reçoit de lJinsuline, il risque de présenter des poussées hypoglycémiques qui peuvent survenir brutalement; même dans le cas où il reçoit de petites quantités dtinsuline-retard., on doit conseiller, pour cette raison, de ne plus lui faire conduire de véhicules de transport en commun ni de carrdons. Cette WHO/Accid.Prev./1 .Page 28. profession oblige à prendre des repas très irréguliers, à avoir des heures de · ·travail variables·; elle peut obliger à faire des efforts soudains 1 s' 11 faut par exemple· changer une roue ou décharger le véhicule. Les malades qui ne reçoivent pas d•i~suline 1 pà.r exemple des diabétiques l\gés que lJon traite seulement au moyen dtun·régime spécial, peuvent continuer à conduire tous les typee de véhi• cules 1 rnais on doit les soumettre à un contrôle médical tous les six à douze mois. Quelques indiVidus présentent des poussées dlhypoglycémie spontanée qui peuvent ~tre ·associées à dtnutres troubles du système endocrinien. On ne doit pas auto• riser à conduire ceux dont les crises aboutissent à des malaises ou à de vérita- bles syncopes. 41, Maladie diAddiSO!!, Dans les cas typiques avec diminution de la tension artérielle systo• lique (voir paragraphe 34), on ne.doit pas permettre aux sujets de continuer à conduire des véhicules de trans~ort en commun ou des camions, Quand le dossier médical ou les faits dénotent llexistencè drune maladie d'Addison, on ne doit pas embaucher les personnes atteintes pour conduire de tels v~hicules~ Les addisoniens qui sont bien équilibrés grace à un traitement peuvent continuer à conduire, mais doivent éviter une activité prolongée ou intense. Si le dossier médical·révèle l'apparition de crises dtaddisonisme ou si ~tétat du ~lade nJest pas suffisamment corrigé, ltintéressé doit être déclaré inapte à conduire des véhicules de transport ·en.commun et des camions. 42, Autres affections endocriniennes · Les_cas dJatteintes hypophysaires ou parathyrordiennes sont des cas dJespèce et lion doit rechercher stil y a un trouble des fonctions de coordina• tien centrale et de· locomotion pouvb.nt rendre dangereuse la c~nduite dtun véhicule, On doit aussi se rappeler que chez certains malades lJhype~rophie de llhypophyse peut provoquer soit de l•hémianopsie par compression du chiasma optique soit une autre limitation du champ visuel. SYSTEME NERVEUX CENTRAL 43. Epilepsie a) Epilepsie idiopathique WHO/Accid.Prev./1 Page 29 Toute personne dont l'anamnèse révèle une perte de connaissance subite sans prodrome suffisant ou que l'on voit dans cet état ne doit pas· .$tre embauchée comme conducteur professionnel de véhicules de transport en commun ou de camions ni ~tre autorisée à rester dans cette profession. Carter (1944) fait le récit d'un accid.ent spectaculaire provoqué par un conducteur que 1 ton retrouva encore spa.smé au volant après l'accident et il souligne que l'an ne doit à aucun prix permettre aux épileptiques de conduire, m9me des voitures particulières. Il est probable que l'épilepsie n•est pas à ltorig1ne d'un grand nombre d'accidents de la circula- tion, mais son danger vient non de sa fréquence mais plut6t de la soudaineté et de l'apparition inopinée des crises. Pour plus de détails sur l'épilepsie dans ses rapports avec la conduite des véhicules, on se reportera aux articles de Glasser & Irons (1946), Monrad-Krohn {1939), Selling {1943), Himler (1941) et Filippini (1939). Dans les cas où le dossier révèle ltépilepsie ou le petit mal, la narcolepsie ou toute autre atteinte nettement épileptiforme, on doit interdire la conduite de véhicules de transport en commun ou de camions. On doit conseiller aux personnes présentant de tels états épileptiformes de ne pas conduire de voitures particulières. Malheureusement, il y a beaucoup d•opileptiques qui conduisent leur ·voiture, m3me pour aller consulter le neurologue. Quand un mo.lade est resté longtemps sans crise, il peut naturellement se considérer comme guéri, mais on doit interdire à toute personne qui a eu1 à un moment quelconque, des crises d'épilepsie, de devenir chauffeurs professionnels, en particulier sur des véhicules de transport en commun et sur des catrl.ons. Il n•existe pas d •examen médical satisfaisant qui permette d•exelure l'épilepsie idiopathique et, à moins que le dossier ne permette de se faire une opinion ou que l'on puisse observer des cicatrices linguales, on doit adresser les cas douteux à un neurologue qui pourra donner son avis et faire un électroencéphalogramme. Quand un conducteur perd connaissance pendant qutil conduit, une enquSte approfondie peut permettre de déterminer s'il stagit dtune atteinte épileptiforme et, dans tous les cas WHO/Accid.Prev./1 Page 30 litigieux, on doit soumettre le chauffeur à un examen électroencéphalographique. Les personnes qui prennent régulièrement certains médicaments comme le phénol- barbital le font peut-Stre pour prévenir des crises épileptiformes et une enquSte sur la nature de tous les médicaments régulièrement absorbés par le sujet constitue une précieuse indication. Les ~édicaments eux-mSmes peuvent avoir pour effet de provoquer la somnolence ou·au moins un accroissement du temps de réaction, et cela mêtne peut $tre une contre-indication pour la conduite d tun véhicule. ~me dans les cas où il existe une nette aura d'alarme, on estime qu til nt est pas prudent pour le malade de conduire. Un certain nombre d'épileptiques qui sont mentalement défici~nts ou qui présentent de graves troubles nerveux associés sont peu susceptibles de demander un permis de conduire. b) Crises épileptiformes secondaires à d'autres affections Quand les crises sont dues à certaines formes de tumeur cérébrale, en particulier à des gliomes, on ne doit pas autoriser le sujet à conduire des véhicules de quelque type que ce soit tant que la tumeur nlaura pas été complète- ment excisée et que les crises ntauront pas disparu depuis au moins l2 à 18 ~ois. La guérison est peu probable lorsquè le cas est dG à la cysticercose 1 mais on peut améliorer partiellement le mala.d.e par le traitement; on ne doit pas permettre à l' 1ntéres·s6 de conduire des véhicules de transport en commun ou des camions et on doit lui conseiller de ne pas conduire de voiture particulière. En présence d'une lésion ne touchant pas le cerveau lui-~ne, par exemple .un hématome sous- dural ou un méningiome, on peut autoriser le malade à conduire si l•on a pu procéder à une ablation convenable de la lésion, quand les s~pt8mes ont disperu depuis environ douze ~ois. Il faut interdire auX suj~ts atteints d'épilepsie trauoatique ou bravais-jacksonienne de conduire des véhicules de transport en commun ou des camions et leur déconseiller la conduite d 1une voiture particUlière, à ~oins que la cnuse de. cette affection ait été complètement supprioée et que le t:Ja.lade soit guéri. 44. Affections cérébrales WHO/Accid.Prev./1 Page 31 Les tumeurs cérébrales qui sont susceptibles âe déterminer une hyper- tension intracr~nienne, des convulsions épileptiformes, des troubles visuels ou autres troubles du sens de l'espace doivent faire interdire la profession de conducteur de véhicules de transport en commun ou de camionsJ ainsi que le maintien dans la profession. Il est préférable de conseiller aux personnes chez lesquelles les sympt8mes de ce genre sont relativement importants de ne pas conduire de voitures particulières. En cas de démence sénileJ quand lJaffection est suffisamment nette pour permettre un diagnostic certain, on ne doit pas autoriser le malade à continuer de conduire des véhicules de transport en coomun ou des camions et lton doit le plus souvent lui conseiller de ne pas conduire de voiture particulière. Quand on a diagnostiqué une paralysie générale progressive, on ne doit pas permettre au sujet de continuer à conduire des véhicules de trans- port en commun et des camions et l•on ne doit l'autoriser à conduire d.es voitures particulières que s'il réagit apparemment bien au traitement et ne présente pas de signes psychiques ou locomoteurs; en pareil cas, le malade doit ~tre réguliè- rement suivi. La présence d'une thrombose cérébrale peut soulever des difficultés mais, si le mnlade s'est complètement rétabli, et qu'il ne subsiste aucun signe d'invalidité ou à peu près, ni dtautres sympt8mes de maladie organique, on peut l'autoriser sans risque à continuer de conduire des voitures particulières, sous réserve qutil se soumette à un examen médical périodique. On ne doit pas lui permettre de conduire des véhiaules de tr~nsport en eommun ou des camions s'il a présenté une thrombose cérébrale ou une hémorragie cérébrale (y compris lthérnor- rngie sous-arachnoidienne) mais an peut l'autoriser à conduire des voitures parti- culières s'il semble parfaitement guéri. S'il persiste des séquelles d'encépha- lite léthargique suffisamment importantes pour que l'on puisse poser à ooup sOr le diagnostic, on ne doit pas autoriser le malade à conduire des véhicules de transport en commun ou des camions. On ~oit lui déconseiller de se mettre à conduire une voiture particulière et, slil conduit déjà, on doit norcalenent lui conseiller de cesser slil présente une certaine rigidité des bras ou des jambes, une perte de contrSle émotionnel ou tout autre état qui pourrait l'emp~char de conduire son véhicule en toute sécurité. WHO/Accia.Prevo/1 Page 32 Ln leucotomie préfrontnle ou tra~sJrbitnire par elle-m~ ne rend pas habituellem~nt l'opéré impropre à conduire un véhicule à moteur, mnis on doit se souvenir qu'au moins 10% de ces malades font des crises d'épilepsie après l'inter- vention. On doit tenir compte de l'affection primitive ayant motivé lo. leucotomie et des effets qu'a eus sur elle 1 1 intervention, en fonction de 11 aptitude à conduire. En général, on ne doit pas embaucher pour conduire des véhicules de transport en commun ou des camions des sujets ayant subi cette opération et.l•on constatera habituellement qu'il est préférable de faire changer d'emploi les conducteurs de ce type de véhicule qui ont subi une leucotomie. Les personnes atteintes dlune lésion d'origine traumatique ayant touché ln moelle épinière et détermi.né unP. paro.pl égie peuvent parfois conduire une voiture pcrticulière munie de commandes s~éciales fonctionnant uniquement à main •. On ne doit po.s leur permettre è.E conduire des véhicules de transport en commun ou des camions. Les tnlo.des présentant à un degré quelconque certaines affections organiques de la moell.t' {;pinière, tel}.es que la sclérose en plaques, la syringo- myélie, ln sclérose anyotrophique lo.térale et le tabès dorso.lis, ne devraient.ni être embauchés pour conduire des véhicules de transport en commun ou des·camions, ni continuer à en qonduire. Dans certains cas, des conducteurs expérimentés peu- vent continuer à conduire [\1.:'.':{ tout pren:l.ers s·to.des de ces mlo.dies, IlllliS d 'ordi- naire, si leur état est suffisannent grave pour permettre de poser un diagnostic certain, la sécurité exige que les conducteurs de véhicules d.e transport en commun ou de camions soient affectés à un autre enploi. Certains des sympt8mes apparaissant a.u cours de ces moJ.adios peuvent cons ti tuer un danger particulier pour ln conduite de véhicules, po.r oxet~le : l'o.~esthésie des pieds, la perte du sens proprioceptif c1e position do.ns le tabès dorsalis ainsi que, do.ns lo. sclérose en plaques, lJataxie ou la spasticit~ dos ~'sc1qs des jambes} peuvent ~tre extrS- mement dangereuses pour un conducteur. 46. Autres maladies nerveuses organiques WHO/Accid.~ev./1 Page 33 On ne doit pas autoriser à conduire ni à continuer de conduire des véhicules de transport en commun ou des camions un malade présentant une affection telle que l'atrophie musculaire progressive ou des troubles myotoniques congénitaux suffisamment graves pour permettre de poser à coup sGr un diagnostic. On doit déconseiller la conduite dtune voiture particulière aux personnes dont ltétat est suffisamment grave pour gGner ln coordination musculaire nécessaire à une conduite sGre. La migraine ntest pas un obstacle à ln conduite d'un type quelconque de véhicule; elle peut parfois Gtre considérée comme une entrave pour certaines professions, car elle peut Gtre à l'origine d'un mauvais rendement et dtun certain absentéisme. La névralgie du trijumeau et diverses formes de tics ne s'opposent pas, norrnnlecent, à ln conduite dlun type quelconque de véhicule. Les sujets atteints de myasthénie grave ne doivent pas conduire de véhicules de transport en commun ou des camions; sauf dans les ens bénins, on doit recommander aux personnes présentant cette affection de ne pas conduire de voitures parti- culières mais certains malndes qui répondent bien eu traitement médical peuvent conduire s'ils évitent de parcourir de longues distances et se soumettent régulièrement et souvent à un examen médical. Les affections du système nerveux périphérique comme les névrites ou ln paralysie de certains nerfs doivent ~tre appréciées, en ce qui concerne la conduite des véhicules, dtaprès le degré d'invalidité fonctionnelle que détermine ln lésion. Stil y a une possibilité d'améliorer ltétnt du malade, celui-ci doit ~tre maintenu en observation à de brefs interv~. Les formes mineures de ces affections ne doivent pas e~p8cher un chauffeur professionnel de continuer à conduire des véhicules de transport en commun ou des camions, mnis on ne doit. pas faire entrer dans ln profession des malades présentant des lésions des nerfs périphériques. En présence de sect~ons traucatiques de certains nerfs, on doit déterminer le d.egré d'invalidité par rapport à ltaptitude que conserve le chauffeur à ~oeuvrer les commandes d'un véhicule pend~t de lor~u~s périodes. WHO/Aeeid.Prev./1 Page 34 47. Psychose On ne devrait pas autoriser un malade atteint de psychose nettement diagnostiquée - qulil slagisse de schizophrénie, de psychose maniaco-dépressive, de paranora, de mélancolie involutive ou de types mixtes - à conduire des vébicules de transport en co~ ou des cacions. Si le dossier médical révèle qu'il a été atteint de l'une de ces affections ou si le c~didat a été hospita- llsé dans un établissement psychiatrique, on ne doit pas ltembaucher comme conducteur professionnel. En pareil cas1 il faut se rappeler quton a tendance aujourd'hui à admettre dans un h8pitnl psychiatrique, sur leur demande, les sujets qui prosentent des troubles neure-psychiques dont les sympt8mes ne sont pas assez graves ou assez durables pour emp~cher définitivement l'intéressé de conduire un véhicule, n€me s'il s•a~it d'un chauffeur professionnel. Les déficients mentaux sont d'ordinaire incapables de concentrer leur a~tention pendant longte~s et ne peuvent pas Stre employés comme conducteurs d'automobiles. Il peut 8tre difficile de reconnnttre le simple débile mental mais les antécédents professionnels peuvent donner une indication utile sur les aptitudes du candidat. On affirme parfois que des personnes qui présentent une légère déficience centale sont aptes à faire de bons conducteurs, Dnis on ne tient pas compte du fait que ces sujets voient leur aptit~de à se concentrer diminuer stils travaillent pendant de longues périodes et n'ont pas le sens des responsabilités. Par conséquent, dans le cas où ln déficience mentale est reconnue, ~me si elle est légère, on ne doit pas reconmnnder àteobaucher le ~ujet comme conducteur de véhicules de transport en coomun ou de camions. 48. Psychonévroses c•est l'une des questions les plus délicates sur lesquelles le médecin examinateur peut 8tre appelé à donner un avis. Il est probable que les troubles mineurs de ltéootivité sont fréquemment à incrioiner dans les accidents; ceux-ci surviennent souvent aussi chez les gens "no:rmo.ux". Lorsque le dossier médical révèle un étnt anxieux ou toute autre oanifestation nette de désarroi survenue, pnr exenple, pendant le service militaire, il est probablement plus sage de ne WHO/Accid.Prev./1 Page 35 po.s embaucher le candido.t comme conducteur de véhicules d.e transport e:1. cotli!lun ou de camions, ~ce s'il seoble parfo.itement guéri. Il n'est pas exceptionnel d'ob- server une perte de confiance sur la route de·lo. part de gens qui conùuisent depuis d.e nombreuses années et il est itlportant, pour la prévention des gccid'=lnts, de ne po.s hésiter à empgcher temporairement ou définitivement ces sujets de conduire. Les chauffeurs présentant un éto.t de ce genre se plo.ignent parfois de sympt6m~e tout à fait sans rapport avec lui1 par exemple de douleurs du genou ou du pied; quand ltexnmen ne révèle aucun signe, il devient nanifeste que le mn.lo.de souf:fre en réalité d'un ma.nqu~ de confiance en lui. Les sympt6oes habituels dtinsonnie, d'inaptitude à se concentrer, de dépression et de craintes irraiso~ées se rencontrent aussi, en général, à des degrés divers dans les cas de ce genre et l'on a le plus souvent o.vanta.ge à affecter le sujet, pendant six à douze mois, à un emploi où il ntaura pas à conduire. Les personnes qui ont pré~ent~ 1 .à un moment quelconque, des atteintes pithiatiques ne doivent pas conduire des véhicules de transport en comcun ou des camions. L'instabilité caractérielle peut ~tre plus difficil~ à déterminer mais, quand on le, décèle, elle offre une bonne raison de ne pas embaucher le malade comne conducteur professionnel. Les antécédents professionnels qui.indiquent des changements ~!~n~loi "~équents sans raisons valables peuvent constituer l'indice de diffi- c~ltés caractérielles. Dans le doute, le médecin exaoina.teur ferait bi0r. de pécher plut8t par excès de prudence. Les .conducteurs ·déjà employés peuvent Gtre affectés teoporairenent à un autre travnil, leur cas' étant réexaminé six ou douze mois plus tard. PSYCHOLOGIE DE IA CONDUITE DES VEHICULES ET EMPLOI DES TESTS D1APl'ITUDE PSYCHO- PHYSIQUE DANS IA SELECTION DES CONDUCTEURS 49. On estime que la plupart des accidents sont dus à des défaillances rulno.i11es, clost-à-dire à la négligence, à l'inattention et à un défaut d~ concen- ·:.;ration. LP.s aspects psychiques de la conduite d'un véhicult:: (ù·~ ::',..,,.,:h,...0U:Jf'ls vies humaines dépendent de l'habileté du conducteur) intéressent : u) la conceJtra.tion àes fonctions visuelles (et, dans une noindre mesure, des fonctions audi·:.;ives), WHO/Accid.Prev./1 Page 36 parfois pendant de nonbreuses heures sans d.iscontinuer; b) ln concentration des fonctions psychiques, destinée à nnintenir un lien étroit avec les nécanis~s de perception visuelle et auditive; et c) la résistance à ln distraction. On nta pas encore inventé ni ois lnrgenent en application des tests réellement satis- faisants permettant d'apprécier ces fonctions. Il peut égnlernent exister des différences dlhnbileté dans ln conduite suivant les types de personnalités, mais on n'a pas encore fait de recherches sur les rapports éventuels entre le type de personnalité et le pourcentage d'accidents. 50· Les prescriptions minimums pour ln sélection de conducteurs sont : n) un entretien personnel avec le candidat; b) un exnnen nédicnl d'ensenble et un examen de ln vue; et c) une épreuve pratique sur ln route. La Society of Autonotive Engineers (1946) développant ces prescriptions, reconcande 16 épreuves distinctes. Depuis 1930 environ, les recherches sur la sélection des conducteurs routiers ont abouti à ln oise nu point d'une série de tests psychologiques et esthétokinétiques (Whitconb Suith, 1935)· Farcer & Chnnbers (1939) ont observé que les personnes qui échounient à ces tests avaient un plus grand pourcentage noyen d'accidents que celles qui y réussissaient. Les tests enployés par Farner & Chanbers étaient les suivants : pointillage, épreuve nu perséquo~tre à oouveoent discontinu, tecps de réaction de choix, épreuve nu perséquooètre à oouvenent continu (1926); coordination (1929); test d'intelligence du langage et d'aptitude oécanique (1936); persévération (1939). Harrison (1931) a donné un exeople de l'application de ces tests dans le ens des conducteurs professionnels du Yorkshire. Cependant, ces tests n'ont pas encore été lnrgenent appliqués à la sélection des conducteurs et, sans aucun doute, il conviendrait d'approfondir les recherches en vue de déterniner leur valeur pratique. Krnoer (1949) a fait un exposé cooplet des qualités psycho-physiques requises pour ln sécurité de 1~ conduite. Le Nntionnl Institute of Industrinl Psychology (1934) n orgnniso pour les conducteurs dtautonobiles un groupe de tests conprennnt une série de tests psycho-physiques, tels que le tenps ae réaction, ln résistance à l~ distraction, WHO/Accid.Prev./1 Page 37 la vigilance, ln vision, ln coordination, l'appréciation des dimensions relatives, l'appréciation des vitesses et des distances, et un test de perfornnnce consistant à conduire une voiture ioaobile tandis qu'un paysage nobile est projeté sur un écran. Il faut environ une heure pour subir l'ensemble de ces épreuves. 51. De temps à autre, diverses entreprises de transport ont utilisé des tests psychologiques afin de ne choisir que des conducteurs potentiellement bons et de réduire ainsi le pourcentage d'accidents (Kerr, 1945). On a appliqué des tests de ce genre aux conducteurs d'autobus parisiens et l'on a annoncé qu'ils avaient permis de réduire de 66 % le noobre des accidents entre 1929 ot 19331 bien que le noobre des autobus nit augnenté de 77 %· Au cours de lu nene poriode, le noobre totnl de véhicules à moteur circulant dans Paris stétuit seulenent accru d.tenviron 35%, tandis que le taux d'accidents correspondnnt.uugoentait de 5 %·Ln dioinution du notibre des accidents d'autobus a.été attribuée à l'er~loi des tests de sélection des conducteurs (Myers, 1935)· La Yellow Cab Company de Chicago a testé ses conducteurs et a constaté que ceux dont les tests avaient été 11 non satisfaisants" avaient deux fois plus d'accidents que ceux dont les tests avaient été 11 satisfuiso.nts" (Vernon, 1936). 52. On n des raisons d.e penser que, duns les candi ti ons réelles de conduite, près d tune s"econèe s'écoule entre le nonant où un conducteur per'ioi t U..."l. danger exigeant une décision et celui où il réagit par une nanoeuvre appropriée. Les conducteurs les plus rapides peuvent réagir une deni-seconde plus t6t que les plus lents et, sans aucun doute, quand un danger se présente, ce sont les diffé- rences individuelles des tenps de réaction qui font que le chauffeur évite ou non un accident. Les tests de te~s de réaction ne sont utilisés dlune façon générale ni pour ln sélection ni dans les exa.nens couro~ts des transporteurs routiers, mis un appareil ayant lo. forne d.'un siège de voiture et pernettant de procéder au test du teops de réaction est utilisé depuis quelque tenps pour des dénonstrntions par la Royal Society for the Prevention of Accidents. Fo.ruer & Chambers (1939) ont fait un exposo détaillé sur les tests des teups de réaction de freinage. Chleusebairgue (1934) docrit des tecJ:miques suivies pour tester les tenps de réaction et donne des détails sur les résultats fournis pur des tests por· ta.nt sur plus d.e 1.000 conducteurs d.' autobus de Bo.rcelone. WHO/Accid.Prev./1 Page 38 L'utilité des tests psychologiques et psycho-physiques pour la sélection des cond.ucteurs a. été prouvée au lo.bora.toire et exporinenta.lenent, I!lais 11 reste encore à sounettre ces tests, pour en déteroiner la. valeur pratique, à des applications réalisées sur une échelle suffisante et pendant un tenps suffisa.o- nent long. M\L'\DIES DU SJ'.NG 53· On ntestine pa.s, en génüra.l, que les oa.ladies du sa.ng soient suscep- tibles de gSner les chauffeurs, à nains qutils ne présentent une anénie grave risquant de provoquer un na.la.ise. Toutefois, une a.nénie oSne légère se traduit par un nccroissenent de fa.tigue et lton sa.it que la fatigue joue un r8le inportant dans ln conduite, et qu'elle peut ralentir les rua.ctions du conducteur vers la. fin de sa journée de tro.va.il. Pa.r consoquent, si les synpt8nes et les signes observés lttissent supposer qutun ca.ndid.a.t à un pernis de conduire est atteint d•a.nunie, on d.oit faire faire une déternin.~tion de son hénoglobinénie et le refuser tenporo.irenent coaoe chauffeur professionnel en nttendnnt les résultats àes nnnlyses et du trnitenent. S'il s'agit de sujets conduisant déjà des véhicules de transport en concun ou des canions, il ntest généra.lenent pas nécessaire de conseiller de leur faire cesser le travail, à ooins que lthénoglobinO• nie ne tonbe nu-dessous de 60 - 70 %; le trnitenent aboutit souvent à une a.nélio- ;ro.tion rapide de ltéta.t du mlade ot lui pernet de reprendre ses fonctions. Duns les cas où l'on peut s'attendre à une rechute, on doit conseiller un exnnen oédica.l fréquent. L~ leucénie et les autres dyscrasies sanguines doivent 6tre appréciées en l'espèce d'après lla.ptitude elu nnlncle à conduire S[ms oublier que la tendance à ln fc.tigo.bili té et 1' ::ménie associoe ainsi que ln f:::.tigue qui s'installe à ln fin de la. journée cle trnva.il peuvent constituer un grave risque. WHO/Accid.Pre~./1 Page 39 Les personnes présentant des troubles sanguins de ce genre ne doivent pas Stre enbuuchées pour conduire des véhicules de transport en coocun ou des canions. On peut autoriser les conduc~eurs professionnels déjà eoployés à continuer de travailler si leur état ntest pus trop grnve et si ln fatigue ou d'autres syopt8œs et signes dangereux font d.éfaut. Si le dossier ou 11 observo.tion révèlent que le candidat est hénophila, on ne doit pas lteobaucher camee conducteur de véhicules do transport en connun ou de canions. M\IADIES DE PEAU 54. Ln plupart des nnlndies de peau ne sont pas susceptibles de gêner ln conduite, nais duns certains eus on Deut observer un~ linitntion des nouvenents des r.renbres lorsque ln peau u perdu son élasticité, s'est épaissie ou présente des cicatrices. Il existe un étroit rapport enbryologique entre ln peau et le système nerveux central et certaines affections cutanées ont tendance à Stre u~sociéos à des névroses et à divers troubles de ln personnalité. L'existence d'une nnlndie de penu, par exenplo certains ens de dernntite séborrhéique grave, peut suggérer ln présence d'un étnt névrotique qui rend la candidat inapte à tout enploi de c9nducteur de véhicule de transport en connun ou de cnrlions. En général, il n'est pas nécessaire de conseiller do changer d'ooploi un conducteur déjà on fonctions s'il est atteint d'une de ces affections. Lorsque los tégur.10nts d'une personne sont sens1bilis6s à ·1 thuile et à lo. graisse ou que le dossier révèle une dernatose industrielle due à ces substances, on ne doit pas eoployer l'intéressé conne conducteur de véhicules de transport en coooun ou de canions si ln nnture de ses fonctions l'oblige à se trouver en contact uvee les substances précitées; ainsi, dans certaines entreprises, le cgnducteur peut avoir à s'occuper de nécanique, tandis que duns d'autres il ntnurn pour ainsi dire janais à toucher de l'huile ou des graisses. WHO/Aeeia.Prev./1 Page 40 Mi.II\.DIES DE LtAPPf.REIL RESPIRl\TOIRE 55· La tuberculoee pulDOnaire non évolutive ne rend pas un sujet 1napte à conduire, nais il est nécessaire dtnpprécier avec soin 1•6tat du onlnde en fonction des servitudes du conducteur professionnel. La conduite est une occupa~ion sédentaire duns laquelle le conducteur n'a que de rares contacts avec d'autres personnes pendant une grande partie de ln journée et co travail peut donc, théoriquonent, convenir à de nonbreux tuberculeux, lo risque de propager 1' infection étant plus réduit que dans beo.ucoup d'autres l%'ct"eœioœ, Ma1a Qtendltenploi comporte le travail en équipe ou de longues journées de travail, il doit 0videtirJent @tre a.éconseillu nux personnes qui ont ou réoeoment une tuberculose pulnonaire. Ces· sujets ne sont pas aptes à conduire certains types de véhicules lourds qui exigent un effort physique ni à occuper des emplois où le conducteur doit lui-oSne çharger et déchnrger le véhicule. Le tro.itenent par un petit pneumothorax n•est pas en lui-n~ne un o~stacle à la conduite et il en est de oSne d'une thoracoplastie quand il stagit de véhicules qui ne denondent pas un mouvement des bras particulièrenent puissant. Le risque de voir le conducteur s'évanouir au volant est insignifiant dans ln plupart des ens, nais ln fatigue s'installe habituellenent vers ln fin de ln journée et elle· peut nccrottre le risque d'accidents. Si un conducteur professionnel dé~ire reprendre son trnvnil nprès une absence due à la tuberculose, on doit l'exa- miner soigneusenent en tena.nt compte de toutes les considérations qui précèdent. On doit le souoettre alors à un exnoen noaicnl à intervalles fixes de trois à six oois nu début. Les personnes nynnt été réceonent atteintes de tuberculose WHO/Aceid.Prev./1 Page 41 ne doivent po.s gtre enbo.uchées, en principe, pour conduire d.es véhicules de transport en cornnun ou d.es co.n:tons, no.is on peut les o.ccepter t?i toutes les conditions suivnntes sont remplies : a) il s'agit seulement d•une très petite lésion diagnostiquée o.u moins trois o.ns plus t8t ou d'une lésion nineure observée o.u moins cinq ans plus tSt; b) on n'observe po.s de signes physiques anornnux; c) le co.ndido.t a un poids noroal et est en bon état général; d) ltexanen radiologique puloonnire nontre une lésion cicatrisée sans aucun signe évolutif. La bronchite.chronique constitue parfois une grave incapacité pour les conducteurs d'un certain ~ge qui sont obligés de travailler de nuit ou o.u petit jour. En pareil co.s, quand l'incapacité est ~oportante - les s~gnes physiques sont o.lors généro.leoent étendus, so.u~ slil n'y o. que de lleophysème au nonant de llexnoen - il est habituellenent nécessaire de trans- férer définitiveoent le conducteur à un autre eoploi. Les sujets qui présentent des signes de bronchite chronique ne doivent pas 8tre_onbo.uohés pour conduire des véhicules de transport en coooun ou des canions slils ont à travailler de nuit ou au petit jour. Dnns les cas où un conducteur présente une toux spo.soodique s'nccocpagnnnt do pertes de conno.isso.nce po.sso.gères ou de vertiges l~ryngés, _on doit ~e transférer dôfinitivenent à un autre enploi, à noins qu'il ne sto.gisse dlune ~ffection o.iguM non susceptible de récidiver. WHO/Accid.Prev./1 Page 42 :MALADIES DU TRACTUS GASTRO-INTESTINAL 56. Ch a:bnet. co.mmnent que Jes conducteurs et les autres agents des transports présentent plus fréquemment des ulcères peptiques que les travailleurs de la plu- part des autres professions et que leurs ulcères sont plus graves. On a fait cette hypothèse par exemple lors d'une enqu~te de 1937 ~ur l'état de santé des conducteurs d'autobus londoniens (Ministère du Travail, 1939). Des recherches sur les maladies atteignant les travailleurs de la compagnie London Transport et en particulier sur les troubles digestifs ont été faites par Bradford Hill (1937); mais cette enquête n'a pas permis de déterminer avec certitude si le tableau des affections gastriques présentait des caractères particuliers chez les agents des transports. Bien que, par conséquent, aucu~e conclusion n'ait pu ~tre tirée des données, on a continué à penser que le pourcentage des affections gastriques était plus élevé chez les agents des transports. Toutefois, une récente enqu€te du Medical Research Council (Doll & Avery Jones, 1951) a montré qu'en fait les conducteurs et les autres em- ployés des compagnies de transport ne présentent pas un pourcentage plus élevé d'ulcères p~ptiques; on a pris soin de faire porter cette enquête sur un nombre suffisant d'~mployés du transport et l'on a observé que la fréquence de l'ulcère peptique était égale chez eux à la fréquence moyenne pour toutes les catégories de travailleurs - autrement dit, que l'ulcère gastrique n'était ni plus ni moins fréquent dans le personnel des transports. On doit cependant conseiller aux sujets ayant eu un ulcère peptique, une douleur de type ulcéreux ou une dyspepsie grave quelconque de ne pas postuler un emploi de conducteur de véhicules de transport en commun ou de camions à cause des servitudes parfois inévitables de cette profession : travail en équipes, lon- gues journées de travail ct irrégularité des repas. Une personne qui a subi une gastrectomie partielle pour ulcère du duodénum peut cependant être embauchée dans la profession si elle ne présente plus de sympt$mes depuis au moins un.an. Les conducteurs professionnels peuvent parfois rester dans la profession s'ils sur- veillent leur régime et suivent un traitement médical, mais c'est plut8t l'état personnel du malade que des considérations relatives à la sécurité routière qui WHO/Accid.Prev./1 Page 43 obligent souvent à le transférer à un autre emploi comportant des heures de travail régulières. L'ulcère duodénal ou certains types de dyspepsie fonctionnelle !ont parfois associés à une personnalité anxieuse; cette association peut rendre un candidat inapte à l'emploi de conducteur de véhicules de transport en commun ou de camions. Alors gue des affections gastro-intestinales aiguës peuvent rendre le malade temporairement inapte à conduire, les affections chroniques doivent $tre appréciées dans leur rapport avec la conduite desvéhiçules d'après les cri- t~res suivants : aptitude à manier les commandes, risque d'évanouissement, risque d'accroissement de la fatigue sous l'effet de la maladie (voir paragraphe 6). 57. Hernie En conduisant les véhicules lourds, particulièrement ceux de modèle ancien, dont les commandes_exigent un effort physique important, la tension intra• abdominale augmente sous l'effort. Cet accroissement de tension est léger et ne risque guère de provoquer une hernie abdominale mais, si une hernie préexiste, il est théoriquement possible qu'elle augmente quelque peu de volume. Pour cette raison, on devrait encourager les candidats au pe~is de conduire à se faire opérer; si l'opération est contre-indiquée, ou si le sujet_la refuse, celu~-ci doit porter un bandage de bonne qualité. On doit examiner l'appareil pour s'assu- rer que la hernie est convenablement contenue. MALADIES INFECTIEUSES AIGUES 58. Les maJ..aœs présartanl; œs nriladies infectieuses aiguës ont généralement une incapacité de travail temporaire et leur état les emp~che de conduire. Il convient t.outefois de mentionner une maladie infectieuse qui frappe parfois les adultes et qui peut troubler la conduite : la coqueluche détermine une gr~ve toux spasmodique et il n'est pas rare que l~s coquelucheux, en particulier ceux qui ont une trentaine à une cinquantaine d'années, perdent connaissance pendant un instant à la fin d'une quinte. Aucun conducteur de véhicules de transport en commun ou de camions qui est atteint de coqueluche ne doit €tre autorisé à WHO/ Ac·cia..Prev. /1 Page 44 conduire avant qu'il ne soit guéri et que ses quintes de toux périodiques ~ient disparu. S'ils contr~ctent ln coqueluche, les conducteurs de voitures particulières doivent €tre mis en garde contre le risque que fait courir cette affection. MALADIES VENERIENNES 59. JJ. n'Y a géreraJanent aucune raison pour que, du point de vue de ln sécurité, les conducteurs de véhicules de transport en commun ou de camions ne continuent pas à conduire quand ils souffrent d'une atteinte aiguë àe_l 1 une des maladies vénériennes, mais il faut les mettre en observation pour s'assurer qu'ils suivent un traitement approprié. Quand on décèle une telle infection chez un candidat nu permi~ de conduire, il est préférable de lui recommander un ajournement temporaire, jusqu'à ce que le mnlade nit été convenablement traité. Ces affections seront généralement appréciées en fonc~ion du traitement des malades et du risque de contamination d'autres sujets, mais les séquelles tardives telles que la para- lysie tabétique peuvent @tre dangereuses pour un conducteur et l'on doit soumet- tre à un examen médic~l périodique tous les sujets susceptibles d'avoir une de ces séquelles. MALADIES DE L' APPlu."ŒIL GEN'ITO -lffiiNAIRE 6o. les maJa:ii9s de l'appm-cil urinaire ne nuisent généralement pas à la sécu- rité dans la conduite d'un véhicule; mais on doit envisager le risque de chronicité entrntnant une fatigue excessive, ou d'urémie. La présence de calculs vésicaux, l'hypertrophie de la prostate ou les infections urinaires peuvent aboutir à une au~ntation de la fréquence des nictions, troublant ainsi le rendement et la sécurité de la conduite des véhicules de transport en commun ou de camions; on ne doit do!_lc pas embaucher des candidats ainsi atteints. Les conducteurs atteints en cours d'emploi doivent €tre régulièrement suivis. WHO/ Accid. P:~ev ./1 Page 45 A l'occasion de l'examen médical d'embauche auquel sont soumis les can- didats conducteurs de véhicules de transport en commun et de camions, et lors de tous les examens ult~rieurs, on doit procéder_à la recherche du sucre (vo~r pa- r~graphe 40) et de l'albumine urinaires. Si l'on trouve de l'albumine à l'occasion d'examens répétés, le candidat doit &tre envoyé à 1 1h6pital pour recherche de la cause; cependant, on devrait prendre soin de_ne pas tenir compte de l'albuminurie orthdstatique, qui ne signifie_rien et que l'on observe très fréquemment chez les hommes jeunes : à cet effet, l'examen doit être pratiqué sur un échantillon pré- . levé au lever ou après que le sujet est resté couché pendant deux ou trois heures. Ces échantillons sont exempts d'albumine en ens d'albuminurie orthostatique. MEDICAMENTS ET DROGUES, ALCOOL ET TABt~ 61. On œrœn:e :fXrlais nu praticien de médecine générale d'établir des certifi- cats attestant qu 1 un candidat au permis de conduire présente_. ou non des signes de toxicomanie : drogues, alcool ou tabac. Il peut suffire d'observer le facies, d'importants tremblements, les yeux larmoyants et la langue ch~rgée et de savoir que le sujet présen~e des vomissements rnntinnux ou un manque.d'appétit matinal qui caractérisent l'alcoolique chronique pour affirmer que l'on ne doit pas auto- riser le candidat à conduire des véhicules de transport en comlnun ou des camions. Dans le présent manuel, on n'envisage pas les effets de l'alcool sur la. cond~ite, mais il est évident que, d~ toute façon, 1 1alcoo1 a pour effet de diminuer l'effi- cacité de la conduite et d'augmenter le risque d'accidents. On doit interdire aux conducteurs professionnels toute consonmntion d'alcool pe~da.nt leurs heures de travail, et cette interrtiction est g8néralement assortie d'une clause de licen- ciement en ens d'infraction. Les toxicomanes ne doivent évidemment pas être autorisés à conduire des véhicules de transport en commun ou des camjons, mais leur état peut être difficile à déceler précocement; en demndant au ca:1d::..:.l.nt nt~ p~rm:i.s de conduire quels médicaments il consomme, on peut apprendre qu'il absorbe régulièrement d~ phénobarbital ou d'autres drogues et être ainsi amené à rechercher si le sujet n'est pas épileptique. Si une personne absorbe rogulièrement ou fréquermnent WHO j Ace ia. c ?:r 0V ,, /1 Page 46 des doses plus que ninines de nédicaments sédatifs, pour quelque cause que ce soit, on doit lui conseiller c"..e ne pas conduire et cette personne ne doit pas conduire des véhicules de transport en corrmmn ou c,_es camions. Chez certains malades, les a~tihistnminiques peuvent provoquer de la somnolence et parfois une impression d'euphorie qui rend la conduite dangereuse. Le praticien de médecine généra~e doit bien s'en rendre coopte et, en particulier, il doit en informer ses malades qui sont conducteurs professionnels et à qui peuvent être délivrées des quantités im- portantes~ de ces médicaments pour le traitenent d 1 nffections telles que le rhume des foins et les rhinites ~llergiques. Mis à part les effets d'un excès chez ceux qui n'en ont pas lihabitucl.e, il est rcre gue ln consomnation excessive de tabac ait des effets nocifs sur l' optitude à condu:tre. 62. lf.3 pr-atir:,J.on:, nnt, :i..Jr-é· _ t. a &t:::e ~oujours p1·ucl.ents lorsqu'ils prescrivent, à ceux de leurs malo.cl.es qui conduis cr··~, cl_es sécl.c,tifs _ou des hypnotiques 1 des anti- histaminiques OU cl 1 o.utres modicar.J.·znts SL'.SCeptilües d 1 avoir Une influence SUr la mattrise cl. 1 un v0hicule. Cett':: pn5caution vaut surtout pour les conducteurs de véhicules de trnns:;:Jort en com-::1un ou c"..e co.r.lions et pour les autres conducteurs professionnels. M/':.LADIES ET RISQUES PROFESSIO::Œ-JELS DES CQIIIDUCTEURS 63. 1-?s ca'l!:Jnch~.:.n:: re vÉh~.c~!L s ne sont pas exposés à è.es maladies profession- nelles cnro.ctoristiques co~e le sont 7 par exemple, les mineurs à la pneumoconiose. On pense parfois que les conducteur!? peuvent ftre sp~cio..lenent atteints de troubles go.striques, mais on o. pu otablir qu'il n'en est rien (voir paragraphe 56). En Grande-:Creto.gnc>, les stntis·ciques c1c aortcl.ité professionnelle du "Registrnr. Generctl" (1931) nontrent que lo. mortalité des conducteur~? de transports rsmtiers n 1est que_de 80% de lo. mo.rt11lité à lo.quelle Ol1 pourrait s'attendre d'après celle de l'ensenble des professions rn.scnlines. Les conducteurs de trams présentent une faibl2 nœ:tali-~ô è. tous les tiges, le pourcentage global_ de morta- lita pour cette co.tCgorie 0tG11_t c~e 3) :'rl-!' l'ùPlJOrt à une r:1oyenne c~e 100. WHO/Accid.~~ev./1 Page 47 Les gaz d'échappement des moteurs à ~ssence peuvent renfermer jusqu'à 10 ~ d'oxyde de carbone et il est nécessaire a•assurer une bonne ventilation dans les cas où ils pourraient se rassembler; par exemple, quand les moteurs d'un certain noobre de véhicules tournent ~nsenble, à l'aube, avant le départ. De nom- breux autobus mnrchent_maintennnt à l'huile lourde, et, quand le moteur tourne normalement, les g~z d'échappement ne renferment pour ainsi dire pas d'oxyde de carb9ne. Les gaz d'échappement des noteurs diesel renferment des oxydes de s9ufre et d'azote, des aldéhydes et du gaz carbonique (Johnstone, 1948). L'emploi d'un g~z pauvre comme combustible pour l~s véhicules automobiles conporte un risque d 1émssion d'oxyde cle carbon'?• On n'a pas encore fait de rechercl).es convenables sur la présence éventuelle d 1un agent cancérigène dans les gaz d'échappement des moteurs à essence ou à huile lo~r'e 1 ni sur la relation qui pourrait exister entre ce fait et l'augmentation de ln fréquence_du cancer des poumons dans la_plupart des pays au cours de ces dernières années. La grande dilution des gaz d'échappement dans les conditions habituelles doit noroalement rendre ceux-ci inoffensifs pour les conducteurs et c'est seulenent quand il y a une fuite du tuyau d'échappement ou_quelque autre_défectuosité qui peut exposer le conducteur_aux gaz d'échappement q~ 1 il convient d'envisager ces dangers et, en particulier, l'intoxication par l'oxyde de carbone. Une somnolence prononcée s'accompagnant de céphalée pendant la conduite d'un véhicule doit faire penser à cette possibilité. On ne po~sède guère de données gui permettent de penser que de petites doses répatées d'oxyde de carbone, par exemple, absorbées pendant plusieurs jours consécutifs, chaque dose étant insuffisante par elle-n@me pour provoquer l'apparition ~es sympt8~s, soient suscep~ibles de déterniner une intoxication chronique par l'oxyde de carbone, et l'existence n~ne de cette affection ~ été mise en doute. Les personnes qui travaillent sur des véhicules mobiles ou autour d'eux sont exposées à un risque de blessures accidentelles qui constitue leur principal risque professionnel. Toutefois, en ce qui concerne spécialement les conducteurs, le risque de ?lessures accidentelles est probablement beaucoup moins grand que pou~ les travailleurs ~e cert~ines autres professions comoe ce~les des nines ou de l'industrie lourde. Quoi qu 1 il en soit, le risque constant d'un acci- dent qui peut frapper non seulement le chauffeur ~nis aussi de nombreuses autres WBO/Accid:Prev./1 Page 48 personnes rend plus impérieuse encore la nécessité de surveiller de très près ln santé et ln vue des conducteurs. Ln préoccup~tion constante de la sécurité de ses passagers et le sens de ses responsabilités à leur égar~ caractérisent le conduc- teur de véhicules. de transport en commun. 64. Réglementation des heures de conduite Dans de nombreux pa.ys 1 les heures de travail des conducteurs de véh+cules de transport en commun et de camions sont réglementées par la loi. Quand ce n'est pas le ca~, les médecins peuvent ~~re appelés à donner leur avis ~ur le no~bre maximum d 1 heu~s de conduite que l'on peut autori~er1 tant dans l'intérSt de la sécurité que pour protéger la santé des conducteurs eux-m€mes. Un conducteur de véhicules de transport en commun ou de cnoions ne doit pas conduire pendnn~ plus de 5 heures et demie sans interruption, snuf s'il n'y a dans la journée qu'une seule pér+ode de travail comportant c1es temps c1e repos déterr.1inés1 auquel cas on peut 1' autoriser à conè.uire penda.r:.t 8 heures. Le temps total de conduite ne doit, en aucun cas, dépasser 11 heures ~ans une journée et doit atre suivi d'au moins 10 heures consécutives de repos par période èe 24 heures. Ces recommanda- tions permettent 6galeoent de conseiller utilement les conducteurs de voitures particulières. Pour les sujets atteints de maladies ou d'intimités qui risquent de provoquer un o.çcroisseoeut de fatigue, on doit réduire de façon appropriée la durée de conduite. Le Bureau Interna.tiona.l du Travail (1938) a fait un exposé complet de la régle~entation à prévoir pour les heures de trava.il et les périodes de repos des conducteurs professionnels. EXAMEl5 MEDICAUX PERIODIQUES 65. Dans certains peys, le renouvellenent du permis de concluire des véhicules de transport en commun est obligatoire, la périorlicité étant fixée po.r les autorités responsa.bles de la circulatio~. Ainsi 1 à Londres, les permis doivent ~tre renouvelés tous les trois ans et l'on exige que les conducteurs subissent un examen médical lors ae lo. d8livranc~ du permis,puis lors du renouvellement le plus proche de la cinqua.ntiène année d'nge du titula.ire et ensuite tous les six WHO/Ac ci:l.:?:-ev ./1 Page 49 ans; le "London Transport Executive 111 gui est 1 1 employeur c~es conduct~urs ë.e transport en conmun, exige en outre d'autres examens périodiques de l'état gé~é­ ral et de ln vue. Les gràndes entreprises de transport exigent ordinairement, pour tout le personnel conducteur, des examens Bédicnux r~guliers •. Ces examens peuvent @tre obligatoires, par exemple, lors de ln reprise du travail après une maladie de plus de trois ou quatre semaines, ou après un accident ny~nt emp~ché le conduc- teur de travailler pendant trois. jours ou dnva.ntnge ou à n! importe quel moment si le supérieur de l'intéressé 1 1estine nécessaire dans 1 1 intérgt de ln sécurité. La vue des conducteurs professionnels doit ~re examinée à l'~ge de 45 ans et, ensuite, tous les cinq a.ns. Les chauffeurs. qui continuent à tro.vo.iller après 65 ans devraient ~ubir un examen nSQico.l d1 nptitude chaque année. Il est égale- ment nécessaire d'exo.~ner les_conQucteurs qui sont atteints ou_qui ont été dé- cla.rés atteints c1e vertiges, c~' évnnouh>ements, cl.' épilepsie ou d1ul).e mnla.clie è.e coeur, et en gunéra.l de toute a.~fection susceptible de troubler l'appréciation du danger chez le conùucteur, ù 1obscurèir son jugement ou de lui faire perdre. subitemen~ connnissa.nce; en pareil. cas, l'examen doit Stre pratiqué m~me si l'in- téressé n'a. pas quitté son travail. Il est recomrm.nd0, à la. fois do.ns 1 1 intérgt elu conducteur et pour ln sécurité du public, que le médecin tienne compte des critères de sécurité men- tionnés nu para.gra.phe 6 quand il exa.rndne des conducteurs qui veulent reprendre leur travail après une période d'absence due à ln Bnla~ie ou à un accident. Ces critères sont.les suivants : 1) Le sujet est-il physiquement capable de mn.noeuvrer les conunn.ndes du véhicule pendant de longues périodes ? ii) Le sujet risque-t-il de perdre subitement connaissance nu volant ? iii) Le sujet risque-t-il cl' o.voir une grande fatigue vers ln fin de sa journ0e de travail, le risque d'accident augmentant en conséquence ? Si ln réponse à ces questions est satisfaisante, on peut pernettre au conducteur de reprendre son travail, sans aucune crainte de sn pnrt ni de WHO/Accid.Prev./1 Page 50 celle du médecin examinateur en ce qui concerne, sur le plan médical, l'aptitude du sujet à conduire. 1\.GE DES CONDUCTEURS 66. DEI"lS certains peys, la lai. fixe une li mi te cl' ~ge pour les conducteurs de véhicules de_transport en commun et ~e camions; il existe aussi, habituellement, une limite d'Bge inférieure au-dessous.de laquelle il n'est pas délivré de permis à.e conduire à.es voitures particulières. Ainsi, en Gra.nc1e-Bretagne 1 un. conducteur de transport en commun doit avoir nu moins 21 ans. Compte tenu du fait que de nonbreuses autorités estiment que les accidents sont plus fréquents pnrmi les jeunes çonducteurs et étant donné que les jeunes conQucteurs ont nécessairement moins d'expérience, il est probablement pr0férable1 pour toute entreprise qui peut recruter assez facilement des conducteurs, ~e n'embaucher que ceux qui ont nu moins 25 ans sinon 26 ou 27. La loi prévoit parfois aussi des dispositions particulières concernant les conduc~eurs Bgés et, en tout ens, il est préf0rable de fixer en principe à 65 ans 1 18se de ln retraite pour les conùucteurs èe véhicules de transport en commun et de camions. On ne doit nut9riser un conducteur à travailler aprè~ cet ô:ge que si son c1os~ier "accic.1ents" n 1 est pas trop chargé et sous réserve d 1 un examen annuel de 1'0tnt général et de ln vue. SCHEMA D1EXJJ1EN COURANT DE L'ETAT GENERfi.L ET DE LA VUE DES CONDUCTEURS 67. La pJupart·des praticiens r.e médecine générale q<;li examinent un grand nombre de candidats nu permis de conduire ou qui pratiquent d'autres examens de conduc- teurs trouvent commode Qe suivre un ordre constant pour le déroulement de cet e~nmen. On évite ainsi d 1 o~ettre 1 pnr inadvertcnce, un élément important de 1' exa.men. Le tenps qu 1 exige 1 1 exa.men complet c.1 1 un conducteur varie bea.ucoup selon les ca.s, ~is en moyenne on peut con~)ter environ quinze à vingt minutes. Pour gtre certain c1 1 op~rer correctement, il convient G1 exa.miner le ca.nùiùa.t complètement nu. Nous proposons le scho~ suivnnt : WHO/Acrid.Prev./1 Page 51 o.) Il est important ël.e prendre soigneusement 1 1 ::narnnèse él.e la personne exami- née. Le candidat ùoit remplir un questionnaire comprenant nu moins les ques- tions suivantes : Avez-vous souffert à un moment quelconque de : .1) Pertes c1e connaissance} crises épileptiques ou "absences" 2) Maladie de coeur ou trouble cardiaque 3) Tuberculose 4) Asthme ou bronchite 5) Troubles nerveux ou mentaux, ou "crises de nerfs 11 6) Dermnt~te ou autre maladie de peau 7) Hernie. Dans 11affirmative1 portez-vous un bandage bien adapté ? 8) Troubles gastriques ou indigestions 9) Dia.b~te 10) Rhunatisne ou troubles articulaires 11) Autres maladies 12) Accidents ou blessures Avez-vous subi une opération ? Dans 11uffircative, donnez des détails et indiouez la date. Avez-vous été ajourné ou réforné pnr les forces armées ou par une a&1mip1strqtion nubligue ? · Les réponses à ces questions aideront l'examinateur A établir les antécédents méüico.ux détaillés du sujet o.u cas où certains points lui puro.ttrnient exiger des éclaircissements. On èoit cepen(~nt se rappeler que, chez le candidat à un enploi1 le f?atlS de ln vé,rité est p~rfois inversement proport~onnel à son dùsir d 1 ob~enir le poste. L!nno.~èse pourra révéler l!absorption régulière d'un médicament ou d 1o.utres accoutumo.~ees et 1 1 exo.ne~ médical doit conprendre la re- cherche clinique d'un tel état. L'observation médicale est toujours confidentielle et les réponses_écrites aux questions ci-dessus ainsi que les notes prises lors de l'examen médical lui-rn$me doivent €tre .. WHO/Acèid.Prev./1 Page 52 · conservées par le praticien. Pour la m~e raison, on doit examiner les candidats individuellement et non en groupe. Pour 1 1examen médical proprement dit, on s~ggère l'ordre suivant : b) Examen de la vue portant sur la perception des formes et des couleurs, les mouvements oculaires et les réactions pupillaires (paragraphes 7- 18). c) Examen des champs visuels au moyen du test de confrontation avec l'aide de la main (paragraphe 9). d) Examen ophtalmoscopique, s'il y a lieu (paragraphes 7- 18). e) Noter toute anomalie du nez, de la gorge et du cou; conseiller un traitement dentaire, le cas échéant. f) En se plaçant derriè~e le candidat, étudier l'audition de chaque oreille séparément, à voix haute normale et à voix chuchotée; examiner le conduit auditif externe au speculum auricu:i.aiL•e (paragraphes 19 et 20). g) Examiner les b:'as et les avant--bras; les articulations de 1 1 épaule, du coude et du poignet (mo~vements de flexion-extension et de supination- pronation) et les mains, y compris la préhension (paragraphes 21 et 22) •. h) Examiner le thorax de face et de dos; inspection et auscultation du coeur et des pownons, avec examen plus détaillé si l'on soupçonne une ano- malie quelconque (paragraphes 27 et suivants). i) Mesurer et noter la tension artérielle systolique et diastolique (paragraphes 34 et 35). J) Examiner 1' abdomen~ le su,jet étant étenduj rechercher 1 1 existence éven- tuelle d 1 une herni.e. k) Etudier les réflexes du g€n~u et de la cheville (paragraphes 43 et ~i~~. 1) Examiner les jambes pou:::' obs,::rv~r toute atrophie musculaire ou varice. Le sujet étant debout, contY'6'J.er les mouvements de la colonne vertébrale, des hanches, des genot"":.r. e+, des chev~lles en lu.i demandant de s 1 élever sur la pointe des pieds, de fl~~~i~ ,~~ (paragraphes c:.3 et ~:!·: -~~ ,_ , ;, ..::. · ,_:~2cv-<:c;_' d; au. tres mouvements appropriés WHO/Aeeid.Prev./1 Page 53 m) Rechercher les signes de Romberg (paragraphes 43 et suivants). n) Rechercher le sucre et l'albumine urinaires (paragraphes 401 59). Le~ résultats de ces examens et de ces tests pourront orienter le mé- decin vers d'autres examens plus poussés, s'il y a lieu. Si le candidat subit avec succès l'interrogatoire et les examens, on peut le considérer comme médicalement apte à conduire. CONCLUSION Dans les paragraphes qui précèdent, on a indiqué les différentes tech· niques qu'il convient d 1employer pour l'examen des candidats au permis de conduire. On n analysé en détail et pour certains états et affections particuliers les con- ditions qui, du point de vue médical, sont indispensa.bles pour la sécurité de la. conduite. Tout candidat au permis de conduire qui remplit ces conditions peut, sans risque médical, être autorisé à conduire. Un très grand nombre d'accidents surviennent actuellement sur les routes de tous les pays et une vigilance cons- tante de la part des médecins a.idera à diminuer ce nombre en emp€chant les sujets médicalement inaptes et ceux dont la vue est gravement déficiente de conduire à titre professionnel et en leur déconseillant de conduire des voitures particulières. Les cond~cteurs de véhicules de transport en commun doivent conserver l'excellent état d'aptitude physique et mentale dont ils sont justement fiers et la connaissance de ce fait accrort à son tour la confiance des voyageurs- Il est souhaitable que les conducteurs de tous l~s types de véhicules se maintiennent dans un 0ta.t analogue, et les médecins, dans_ltexercice ordinaire de leur profession, doivent ineiter ceux de leurs consultants qui sont ~ussi conducteurs l y veiller. uno/Ac·'" (1 ~:> ... -;·•· /J n .Ll ~...~. • ~ (l...L. l.r .. r. e> ~ _ Page 54 OUVRAGES A CONSULTER Army Operational Rescarch Group (1949) "Physical Requirements of Drivers of Hea~ Vehicles" (The War Office, Londres., S.W.l) Berens, C. (1940) 11 Eye Factors in the Prevention of Motor Vehicle Accidents" New York State J. Hed. :·o, 1 ?1.3 Black, N.M. et colL (193?) "Visual Standards for Licensure to operate motor vehicles: preliminaryreportH. JoAc:tvicAo (Organo Sec.) 109,61 Bradford Hill, A. (193?) 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Il peut également voir si le candidat paratt faire fonctionner ses membres suffisamment bien pour manoeuvrer le véhicule. 2. L•examinateur technique1 qui nJest pas qualifié du point de vue médical, n'est pas à me~ de faire un examen médical ni de donner un avis médical sur 1 1apti• tude du candidat à conduire. L1autorité chargée da la délivrance des permis exige habituellement que le candidat réponde à certaines questions médicales figurant sur la formule de demande de permis de conduire. En général, le candidat doit déclarer s'il est atteint d'épilepsie ou do vertigos ou malaises soudains, ou s'il présente tout autre atteinte physique ou mentale qui puisse rendre dangereuse la conduite d'un véhicule à moteur. On pose parfois également une question sur la vue; au Royaume-Uni par exemple1 la formule do demande contient la question suivante (for- mule D.L. l) : "Pouvez-vous lire à 25 yards en plein jour {avec des lunettes s 1il y a lieu) la plaque d'immatriculation d'uno automobile portant six lettres et chiffres ?" Si la réponse à cette question ou à divorsos autres n'est pas satisfai- sante, on pout refUser lo permis; dans los cas douteux, le candidat doit subir un examen médical ct pout-8tre aussi une épreuve spéciale de conduite. Dans certains cas d'invalidité, on peut utiliser un véhicule muni de commandes spéciales. ;. Si l 1on délivre chaque année un grand nombre do permis ou si1 pour d 1au- tros raisons, il est impossible de soumettre los candidats à un examen médical ou à un examen do la vuo 1 on peut charger les examinateurs techniques de faire passer certains tests simples. Ceux-ci no seront pas néooasairos si lo candidat a déjà subi un oxamon médical, par exomple slil sollicite un permis pour la conduite do WHO/Accid.Prev./1 Page 58 Annexe véhicules de transport en commun. En pareil cas, l'utilité d'un examen médical complot est incontestable ct l'on ne doit pas s'en remettre à l'appréciation d'un examinateur technique. 4. Si le candidat ne paratt pas 8tre en bonne santé ou si l'examinateur tech- nique observe un défaut de l'état physique ou de ln vue, il doit être habilité à le signaler à l'autorité qui délivre les permis et celle-ci devrait alors faire subir au candidat un examen médical, L'autorité qui délivre les permis doit prond.rc les dispositions nécessaires pour ces examens médicaux. 5. Au cours d'une éprouve do conduite, l'examinateur technique ost à mo~o de constater toute claudication grossière ainsi qu'une déformation dos mains ou une amputation do doigts, et il pout noter une apparente rigidité d'une ou de plu- sieurs articulations. Tout défaut de cc genre doit 8tre consigné dans le rapport que l'examinateur adresse à l'autorité chargée do la délivrance des permis. Cola ne veut toutefois pas dire quo l'examinateur technique doive procéder à un vérita- ble dépistage des difformités ou des déficiences physiques du candidat. 6. Néanmoins, les examinateurs techniques peuvent faire passer un test pra- tique simple de la vue et il ost préférable qu 1ils le fassent quand les candidats ne sont pas soumis par ailleurs à un examen médical ou do la vue. Lo test habituel d 1acuité visuelle consiste à lire, à la lumière du jour normale ct avec des lunet- tes, slil y a lieu, une série de lettres de dimensions décroissantes placées à une distance d'environ six mètres (test de Snellon), Pour la pratique, on peut adapter cette éprouve comme suit : sur les véhicules à moteur de tous les pays est fixée, à l'avant et à l'arrière, uno plaque portant des chiffres et des lettres permettant d'identifier lo véhicule. Compte tenu des dimensions de ces ahiffres ct lettres, le candidat au permis de conduire doit 8tre capable do lire l'inscription à une distance équivalant à une acuité visuelle de 6/12 dans la notation do Snollen. Ainsi, au Royaume-Uni, les plaques d'immatriculation standard dos véhicules à moteur doivent pouvoir être lues à une distance de 25 yards pour quo l'on ait une acuité visuelle équivalant au numéro précité de l'échelle de Snellcn. Une fois WHO/Accid.Prev./1 Page 59 Annexe déterminée ln distance à laquelle les plaques d'immatriculation doivent &tre liai~ bles pour pcrme.ttre de déceler une acuité visuelle équivalant à 6/12 de la notation de Senellen, les examinateurs techniques doivent demander à tous les candidats au permis do lire une ou deux inscriptions à la distance convenable. 7• Si l'on constate qu'un candidat ne voit que d 1un oeil, l'autorité chargée de la délivrance des permis doit le faire examiner pnr un ophtalmologiste qui décla· rera que l'intéressé peut ou non conduire des véhicules sans danger. L'examinateur doit veiller à déceler toute anomalie inhabituelle, et si le candidat semble avoir une limitation latérale du champ visuel ou un autre défaut de vision, l'examinateur doit le signaler à l'autorité chargée 9e la délivrance du permis; celle-ci sollici- tera alors l'avis d'un opht~lmologinte. Il n'est pas habituellement nécessaire d'exécuter un test do la vision des couleurs, mais, dans des cas particuliers, un test de ca genre peut &tre nécessaire. 8. Enfin, il convient do répéter que les tests pratiques effectués par les examinateurs techniques ne peuvent remplacer les examens médicaux dans les cas où ceux-ci sont nécessaires; si, toutefois, pour des raisons pratiques, il est impos- sible d'organiser un examen médical, los tests pratiques exécutés par les examina- teurs techniques peuvent donner une garantie supplémentaire.

Key facts
Document type Technical Documents
Adoption date
Source World Health Organization