Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS 3–6 octobre 2022
Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS 3–6 octobre 2022 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS, 3–6 octobre 2022 [Seventeenth meeting of the WHO Vector Control Advisory Group: meeting report, 3–6 October 2022] ISBN 978-92-4-006962-6 (version électronique) ISBN 978-92-4-006963-3 (version imprimée) © Organisation mondiale de la Santé 2023 Certains droits réservés. La présente œuvre est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY-NC-SA 3.0 IGO ; https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo/deed.fr). Aux termes de cette licence, vous pouvez copier, distribuer et adapter l’œuvre à des fins non commerciales, pour autant que l’œuvre soit citée de manière appropriée, comme il est indiqué ci dessous. 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Accueil des participants et remarques liminaires 1 3. Dossiers présentés 2 3.1. Classe d’intervention : stérilisation des moustiques mâles 2 3.1.1. Intervention : TII 2 3.1.2. Intervention : approche associant la TIS et la TII 4 3.1.3. Intervention : approche associant la TIS et la TII 6 3.2. Classe d’intervention : suppression de populations induite par le forçage génétique 8 3.2.1. Intervention : forçage génétique (suppression de populations) 8 3.3. Classe d’intervention : répulsifs spatiaux 11 3.3.1. Intervention : dispositif d’émanation passive à base de transfluthrine 11 3.4. Classe d’intervention : moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII) conçues pour tuer les moustiques résistants aux insecticides à la recherche d’hôtes 13 3.4.1. Intervention : Interceptor G2 14 3.5. Classe d’intervention : MII conçues pour stériliser les moustiques résistants aux insecticides à la recherche d’hôtes et/ou réduire leur fécondité 16 3.5.1. Intervention : Royal Guard 16 3.6. Classe d’intervention : Traitement au moyen d’endectocides systémiques 19 3.6.1. Intervention : Ivermectine 19 4. Observations finales 22 5. Références bibliographiques 23 Annexe 1. Déclarations d’intérêts 25 Annexe 2. Ordre du jour de la réunion 27 Annexe 3. Liste des participants 30 iv Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS ABRÉVIATIONS AIEA Agence internationale de l’énergie atomique AMM administration de masse de médicaments BOHEMIA Broad One Health Endectocide-based Malaria Intervention in Africa (Intervention large « Une seule santé » fondée sur les endectocides contre le paludisme en Afrique) CDC Centers for Disease Control and Prevention (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis) COPA Communities Organized to Prevent Arboviruses (Des communautés organisées pour prévenir les arbovirus) COVID-19 maladie à coronavirus ECRg essai contrôlé randomisé par grappes EHI Environmental Health Institute (Institut pour la santé environnementale, Singapour) FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture IG2 Interceptor G2 MII moustiquaire imprégnée d’insecticide NEA National Environment Agency (Agence nationale pour l’environnement, Singapour) PAS plan d’analyse statistique RG Royal Guard TII technique de l’insecte incompatible TIS technique de l’insecte stérile OMS Organisation mondiale de la Santé VCAG Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle (d’après le terme Vector Control Advisory Group) 11. CONTEXTE Le Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle (VCAG) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) conseille l’Organisation en matière de nouvelles interventions de lutte contre les maladies à transmission vectorielle. Ces interventions comprennent les outils, les technologies et les approches nouvellement utilisés. Le VCAG est coordonné conjointement par l’unité Lutte antivectorielle et résistance aux insecticides du Programme mondial de lutte contre le paludisme, l’unité Santé publique vétérinaire, lutte antivectorielle et environnement du Département Lutte contre les maladies tropicales négligées et l’équipe OMS de préqualification des produits de lutte antivectorielle au sein du Département Réglementation et préqualification. Les fonctions spécifiques de ce groupe consultatif consistent à : • aider l’OMS à fournir des orientations aux demandeurs, par l’intermédiaire du Secrétariat du VCAG de l’OMS, sur la conception d’études pour produire des données épidémiologiques destinées à permettre l’évaluation de l’utilité pour la santé publique de nouvelles interventions de lutte antivectorielle ; • appuyer l’OMS dans l’évaluation de l’utilité pour la santé publique de nouvelles classes d’intervention de lutte antivectorielle, d’après les études épidémiologiques présentées à l’OMS ; • conseiller l’OMS (c’est-à-dire les départements techniques concernés) sur la question de savoir si l’utilité pour la santé publique d’une nouvelle intervention de lutte antivectorielle a été démontrée. La 17e réunion du VCAG s’est tenue du 3 au 6 octobre 2022 à l’hôtel Mandarin Oriental à Genève, en Suisse. Le présent rapport expose en détail le déroulement et les résultats de la réunion. Le VCAG a fourni des commentaires et des conseils aux demandeurs qui avaient présenté des dossiers concernant les interventions suivantes : • stérilisation des moustiques mâles ; • traitement au moyen d’endectocides systémiques ; • répulsifs spatiaux ; • réduction de populations grâce au forçage génétique ; • moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII) conçues pour tuer les moustiques résistants aux insecticides à la recherche d’hôtes ; • MII conçues pour stériliser les moustiques résistants aux insecticides à la recherche d’hôtes et/ou réduire leur fécondité. La réunion était coprésidée par la Dre Heather Ferguson et la Dre Audrey Lenhart. Tous les membres du VCAG ont participé à la réunion – huit en personne et six au moyen d’une connexion à distance. Outre les membres, quatre conseillers temporaires, trois observateurs, des demandeurs (concepteurs de produits, innovateurs et chercheurs) et le Secrétariat de l’OMS ont également participé à la réunion. Avant la réunion, tous les membres du VCAG et les experts invités ont rempli des formulaires de déclaration d’intérêts pour les experts de l’OMS. L’annexe 1 propose un résumé des intérêts déclarés et des mesures prises à leur égard par le Secrétariat du VCAG de l’OMS. L’ordre du jour est reproduit à l’annexe 2, et la liste des participants à l’annexe 3. 2. ACCUEIL DES PARTICIPANTS ET REMARQUES LIMINAIRES Le Dr Raman Velayudhan, Directeur par intérim du Département Lutte contre les maladies tropicales négligées, a officiellement accueilli les membres du VCAG, les conseillers temporaires et le Secrétariat. Le Dr Velayudhan a adressé ses remerciements 2 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS aux membres du VCAG pour leurs contributions soutenues, et a souhaité la bienvenue à la réunion aux conseillers temporaires. Le Dr Velayudhan a remercié le Dr Mamadou Coulibaly pour ses contributions au groupe au cours des trois dernières années en tant que membre du VCAG, le mandat du Dr Coulibaly arrivant à son terme après cette réunion. Des remerciements ont également été adressés à la Dre Heather Ferguson pour son engagement et son dévouement envers le groupe consultatif au cours des six dernières années, alors qu’elle s’apprêtait à quitter son poste de coprésidente au terme de son mandat en tant que membre du VCAG, à la suite de cette réunion. De nombreux demandeurs ont bénéficié de son expérience, et son leadership au sein de plusieurs groupes d’examen et sa collaboration avec le Secrétariat sont sincèrement appréciés. 3. DOSSIERS PRÉSENTÉS Le VCAG a examiné huit dossiers correspondant à six classes d’intervention lors de sa 17e réunion. 3.1 Classe d’intervention : stérilisation des moustiques mâles Les interventions appartenant à cette classe partagent l’objectif commun de supprimer des populations de moustiques en relâchant des mâles stériles dans la population afin qu’ils s’accouplent avec des femelles sauvages, limitant ainsi la ponte d’œufs fécondés. La stérilité des mâles peut être induite par : • irradiation (d’après la technique conventionnelle de l’insecte stérile [TIS] utilisée en agriculture depuis des décennies) à l’aide de rayons gamma, de rayons X ou de faisceaux d’électrons ; • manipulation reproductive de la bactérie intracellulaire Wolbachia pour créer des croisements incompatibles entre des moustiques mâles infectés par Wolbachia et des femelles sauvages non infectées, connue sous le nom de technique de l’insecte incompatible (TII) ; • l’association de ces deux techniques, qui assure une efficacité accrue, comme indiqué dans les sections correspondantes ci-dessous. Quel que soit le mode de stérilisation, toutes les interventions de cette classe reposent sur l’élevage de moustiques en laboratoire et la séparation consécutive des mâles et des femelles. Les mâles ainsi séparés sont ensuite relâchés à intervalles réguliers jusqu’à ce que la population soit éradiquée, ou atteigne une densité inférieure au seuil requis pour une transmission soutenue d’agents pathogènes, et se maintienne à ce niveau ; le niveau de suppression dépend des objectifs opérationnels du programme de lutte. 3.1.1 Intervention : TII Cette intervention exploite la stérilité des mâles induite par un phénomène connu sous le nom d’« incompatibilité cytoplasmique » chez des mâles infectés par Wolbachia relâchés au sein d’une population de moustiques sauvages. Cette technique est également connue sous le nom d’approche de « suppression par Wolbachia ». Lorsque les mâles infectés par Wolbachia relâchés s’accouplent avec des femelles Aedes aegypti de la population cible qui ne sont pas infectées par Wolbachia, les femelles pondent des œufs non viables en raison de l’incompatibilité cytoplasmique. Des lâchers systématiques et répétés de mâles infectés par Wolbachia peuvent entraîner une réduction significative de la taille de la population cible. Demandeur : Centers for Disease Control and Prevention (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis) et Verily Les demandeurs ont sollicité le VCAG pour la première fois à l’occasion de sa 11e réunion en 2019 (1), lors de laquelle ils ont présenté leurs plans pour un essai épidémiologique à grande échelle à Porto Rico qui devait être mené par Communities Organized to 3Prevent Arboviruses (COPA). COPA est une collaboration entre la Ponce Health Sciences University, la Puerto Rico Vector Control Unit, les CDC et les citoyens de Porto Rico. L’essai a été conçu pour tester l’hypothèse selon laquelle le lâcher de mâles Ae. aegypti infectés par Wolbachia (souche wAlbB) réduirait la densité d’adultes Ae. aegypti dans les populations de vecteurs cibles à un niveau auquel l’incidence des infections et des maladies humaines causées par les virus de la dengue, du chikungunya et Zika serait plus faible. La taille d’effet cible était une réduction de 50 % de l’incidence des arboviroses chez les résidents des grappes d’intervention par rapport à ceux des grappes témoins. La production, le transport et le lâcher de mâles Ae. aegypti infectés par Wolbachia dans les grappes d’intervention ont été supervisés par le projet Debug de Verily Life Sciences Inc. Verily a mis au point des technologies d’élevage de masse de moustiques et de tri par sexe qui leur ont permis de produire les mâles infectés par Wolbachia dans leurs installations de Californie dans les quantités et à la fréquence requises pour le projet. Mises à jour Les demandeurs ont présenté au VCAG les résultats de leur essai prévu pour trois ans, qui a malheureusement été suspendu après 15 mois en raison d’un impact entomologique inférieur aux prévisions et d’une faible transmission de la dengue. Un seul cas de dengue a été détecté (par détection des IgM) sur le site de l’essai au cours de la première année, ce qui était considérablement inférieur à l’incidence prévue de 3 % par an (se traduisant par 24 infections dans l’ensemble des grappes). Les demandeurs ont indiqué au VCAG que les premiers lâchers de mâles infectés par Wolbachia avaient eu lieu en septembre 2020 ; cependant, en janvier 2021, le nombre de grappes dans l’essai a été réduit, passant de 19 grappes initialement prévues à quatre en raison des niveaux de suppression sous-optimaux atteints dans les grappes d’intervention au cours des premiers mois de l’étude. Les rythmes des lâchers de moustiques ont été augmentés proportionnellement dans les quatre grappes restantes. À la suite des lâchers dans les grappes d’intervention, le nombre de moustiques a diminué d’environ 55 %. Cette réduction était inférieure aux effets observés précédemment dans d’autres essais entomologiques utilisant la même approche d’intervention (dont certains auxquels les demandeurs avaient participé). Les lâchers ont été arrêtés en décembre 2021, et les demandeurs ont recentré leurs efforts sur l’étude des raisons pouvant expliquer l’effet entomologique plus faible que prévu. Résumé des discussions Le VCAG a discuté avec les demandeurs des facteurs qui ont pu influencer les observations formulées dans le cadre de l’essai. Les demandeurs ont présenté la structure de l’étude au VCAG pour la première fois lors de la 11e réunion du VCAG ; suite à cela, ils ont apporté quelques ajustements au nombre de grappes et ont intégré une étude concernant la mobilité, en se fondant sur les recommandations reçues. Lors de cette réunion, le VCAG avait exprimé des préoccupations quant aux aptitudes potentielles des moustiques relâchés après l’expédition. Malheureusement, les craintes du VCAG étaient justifiées, et ce paramètre a été aggravé par les perturbations importantes de l’expédition de moustiques au cours de l’essai en raison de la pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19). Des preuves substantielles indiquaient une perte d’aptitudes des moustiques mâles adultes après l’acheminement depuis la Californie jusqu’au site de l’essai, qui, dans certains cas, avait pris plus de 36 heures (considérablement plus longtemps que l’objectif de 24 heures ou moins). Les mâles ayant été transportés étaient moins compétitifs dans les expériences d’accouplement et avaient une durée de vie plus courte que les mâles qui n’étaient pas transportés. Verily mène un travail approfondi sur l’emballage et l’expédition des moustiques pour surmonter ces difficultés, mais des retards logistiques dans l’expédition restent néanmoins possibles, même en dehors d’une pandémie mondiale. Des ratios mâles relâchés : mâles sauvages variables et potentiellement sous-optimaux ont également eu une incidence sur le résultat entomologique. Ces ratios étaient probablement dus, en partie, à la taille élevée de la population initiale de moustiques sur le site de l’essai, et ont été potentiellement exacerbés par la variation temporelle et géographique importante de la densité de moustiques et par les difficultés à obtenir un nombre suffisant 4 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS de mâles survivants à relâcher après l’expédition. Afin de prendre en compte la diminution du nombre de grappes de 19 à quatre, les chercheurs ont essayé d’augmenter la proportion de mâles relâchés en procédant à des lâchers plus fréquents et en ciblant les zones dans lesquelles la densité de moustiques était la plus élevée. De plus, certains lieux ont été identifiés comme difficiles d’accès par véhicule et l’équipe a ajouté des lâchers manuels. Bien que les ratios mâles relâchés : mâles sauvages aient parfois pu atteindre des niveaux qui avaient conduit à une suppression plus efficace dans d’autres lieux, il est possible que des facteurs locaux aient influencé la dynamique des lâchers à Ponce. Contrairement à d’autres études indépendantes dans le cadre desquelles la suppression de la population induite par Wolbachia a été accompagnée, aucune intervention supplémentaire n’a été mise en œuvre pour réduire la densité de moustiques sur le site de l’essai à Porto Rico. Il est probable que cette intervention puisse être plus efficace si les moustiques infectés par Wolbachia étaient relâchés à un moment où la population de moustiques autochtones était déjà faible, coïncidant avec les fluctuations saisonnières normales de la population, ou diminuée par des interventions supplémentaires de lutte contre les moustiques. La possibilité que le lâcher accidentel de femelles infectées par Wolbachia ait pu entraîner l’établissement de Wolbachia dans la population locale d’Ae. aegypti a été prise en compte, mais écartée après avoir examiné les larves dans chacune des quatre grappes d’intervention sur six périodes, et n’avoir trouvé aucune preuve d’infection par la souche wAlbB chez les moustiques. Le rôle des substituts entomologiques des résultats épidémiologiques a été discuté. Il a été noté que, bien qu’il n’y ait actuellement aucun lien entre les résultats entomologiques et épidémiologiques concernant les arbovirus, il est utile de recueillir les données entomologiques pour déterminer si une telle corrélation pourrait exister. Conclusions Le VCAG a souligné les efforts importants des équipes de COPA et de Verily, et leur transparence concernant les difficultés qu’elles avaient rencontrées. L’essai de Porto Rico s’est heurté à l’association de plusieurs contraintes qui ont contribué à l’interruption anticipée et aux résultats non concluants. La pandémie de COVID-19 a sans aucun doute eu un impact sur la logistique du transport longue distance des moustiques, et ces problèmes ont eu des répercussions sur les caractéristiques des moustiques mâles relâchés. Une incidence de la dengue nettement inférieure aux prévisions a empêché toute évaluation de l’impact épidémiologique. Malgré cela, l’essai a généré d’importantes données entomologiques qui viendront compléter le dossier de preuves sur cette classe d’intervention. Les enseignements importants à tirer incluent la nécessité de disposer des ressources nécessaires pour assurer que des lâchers de moustiques réguliers et efficaces peuvent être effectués. Le VCAG a noté que si des ratios mâles relâchés : mâles sauvages suffisants ne peuvent être atteints, les essais futurs doivent envisager d’évaluer la TII dans des conditions dans lesquelles les densités de populations de moustiques sont déjà faibles ou ont été réduites par d’autres méthodes de suppression des moustiques. Recommandations Le VCAG a recommandé l’analyse des données disponibles pour en savoir davantage sur la relation entre les ratios mâles relâchés : mâles sauvages et la suppression des moustiques, en mettant l’accent sur les analyses spatio-temporelles. Enfin, si de futurs essais doivent avoir recours à un transport similaire sur de longues distances, le VCAG a conseillé de poursuivre les études sur les moyens d’améliorer le transport des moustiques adultes, ou d’envisager d’autres approches, telles que le transport des œufs associé à des infrastructures locales pour procéder à l’élevage et au tri des moustiques avant le début de l’essai. 3.1.2 Intervention : approche associant la TIS et la TII L’approche associant la TIS et la TII est conçue pour offrir des avantages complémentaires par rapport à l’emploi de la TIS ou de la TII seule. Dans la cadre de la TIS, l’irradiation à des doses élevées assure la stérilité des mâles et diminue également la compétitivité des mâles pour l’accouplement. L’irradiation à des doses plus faibles réduit les effets négatifs sur les 5aptitudes des mâles à l’accouplement, mais risque également de ne pas induire une stérilité complète chez les mâles (les femelles, toutefois, sont plus sensibles et peuvent être stérilisées par de faibles doses). En ce qui concerne les lâchers de mâles, il est essentiel de trouver l’équilibre optimal d’irradiation chez tous les mâles exposés afin d’obtenir une suppression efficace de la population. De son côté, la TII repose uniquement sur l’incompatibilité cytoplasmique induite entre les mâles infectés par Wolbachia et les femelles sauvages. L’intégrité de l’approche dépend du fait que Wolbachia ne s’établisse jamais dans la population par le lâcher accidentel d’une femelle infectée par Wolbachia. Par conséquent, des dispositifs et des procédés de tri par sexe rigoureux et très sensibles doivent être employés pour séparer les mâles et les femelles, et ne relâcher que des mâles. Ainsi, par comparaison à la TIS employée seule, le lâcher de mâles infectés par Wolbachia et irradiés signifie qu’une irradiation à des doses plus faibles peut être utilisée pour induire une stérilité complète, tout en préservant la compétitivité pour l’accouplement par rapport aux mâles sauvages. Par comparaison à la TII employée seule, l’ajout d’une irradiation à des doses faibles appliquée aux moustiques avant la séparation par sexe rend stériles toutes les femelles qui seraient relâchées par inadvertance, évitant ainsi l’établissement potentiel de Wolbachia dans la population et laissant une certaine marge de manœuvre en ce qui concerne la rigueur du tri par sexe. Demandeur : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)/Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) L’approche associant la TIS et la TII de la Section de la lutte contre les insectes ravageurs du Centre mixte FAO/AIEA des techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture a été conçue en réponse à des demandes des États Membres de la FAO et de l’AIEA. Cette approche a été présentée au VCAG pour la première fois en mars 2016 (2) et une mise à jour a été fournie en 2018 (3). Cette approche vise à réduire la densité de populations de moustiques Aedes en dessous du seuil de transmission des virus de la dengue, du chikungunya et Zika. La TIS est fondée sur l’élevage de masse de l’espèce cible, la séparation par sexe et la stérilisation des mâles par une exposition à des rayonnements ionisants. L’approche associant les deux techniques utilise des populations de moustiques infectés par une ou plusieurs souches de Wolbachia, ce qui induit une incompatibilité cytoplasmique dans la population sauvage cible. Au fil du temps, les lâchers systématiques et continus de mâles stériles visent à entraîner la suppression de la population ciblée pour atteindre un niveau insuffisant pour maintenir la transmission des arbovirus. Mises à jour La FAO et l’AIEA ont fourni une mise à jour sur les progrès réalisés en ce qui concerne l’élevage de masse, la séparation par sexe, les systèmes de lâcher automatique de moustiques et l’utilisation des rayons X pour induire la stérilité des moustiques. Il y a actuellement 42 essais en cours, comportant tous des critères d’évaluation épidémiologiques. Certains des essais utilisent la TIS seule et d’autres ont recours à l’approche associant la TIS et la TII. Bien que la plupart de ces essais en soient au stade de la collecte de données de référence, quatre essais pré-opérationnels à grande échelle portant sur l’association TIS/TII sont en cours en Chine, au Mexique, à Singapour et en Thaïlande. Plusieurs études pilotes sur la TIS employée seule pour cibler les Ae. albopictus sont en cours dans plusieurs pays européens et au Sri Lanka. Des études sur la SIT ciblant les Ae. aegypti ont été menées et d’autres sont en cours dans plusieurs sites des Amériques, notamment au Brésil, au Mexique et aux États-Unis d’Amérique. Résumé des discussions Étant donné que les demandeurs présentaient des travaux sur la TIS employée seule et sur l’approche associant la TIS et la TII, le VCAG a demandé quels étaient les avantages de l’approche utilisant les deux techniques en association par rapport à l’utilisation de chaque technique individuellement. Les demandeurs ont indiqué que, si la TIS n’est pas utilisée, il existe un risque d’établissement de Wolbachia dans la population en raison du lâcher accidentel de femelles ; à l’inverse, l’utilisation de la TIS seule nécessite une irradiation à des doses plus élevées pour garantir que les mâles sont stérilisés. 6 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS La viabilité des moustiques mâles irradiés après l’expédition a été évoquée. L’amélioration des conditions d’expédition a réduit la perte d’aptitudes pendant le transport, et les temps de trajet inférieurs à 24 heures ne semblent pas être préjudiciables aux moustiques si la température peut être maintenue tout au long du transport. Bien que les études épidémiologiques ne relèvent pas du mandat de la FAO et de l’AIEA, le VCAG a encouragé les partenaires d’exécution à recueillir et à analyser des données systématiques sur les cas dans les zones où ces interventions sont déployées afin de soutenir la collecte de données probantes sur les bénéfices de cette intervention pour la santé publique. L’importance du suivi entomologique à long terme a été soulignée i) pour déterminer si les femelles sauvages restent réceptives aux mâles stériles et ii) pour évaluer la survie et les caractéristiques de la population de moustiques sauvages restante afin de détecter tout changement concernant la compétence vectorielle. Le VCAG a apprécié la mise à jour de la FAO et de l’AIEA sur les améliorations apportées aux procédés et a souligné le large éventail de contextes internationaux dans lesquels des études entomologiques sont en cours. Le VCAG a reconnu que la FAO et l’AIEA ne sont pas responsables de l’évaluation de l’impact sur la santé publique de la mise en œuvre de la TIS et de l’approche associant la TIS et la TII, mais a formulé le souhait que les partenaires d’exécution aient des possibilités de procéder à des évaluations solides de l’impact épidémiologique de ces interventions. Avec l’appui de la FAO et de l’AIEA aux partenaires d’exécution et aux États Membres, les données potentielles générées par ces déploiements à grande échelle pourraient être très instructives. Le VCAG a estimé intéressant de réaliser une surveillance entomologique à plus long terme dans les sites où l’approche associant la TIS et la TII, ou la TIS seule, est mise en œuvre depuis plusieurs années afin d’évaluer la durabilité et la faisabilité opérationnelle. Cela peut inclure notamment la surveillance de tout signe de résistance comportementale (entraînée, par exemple, par une réduction de la réceptivité des femelles sauvages aux mâles stériles) et l’évaluation de la population de moustiques restante pour déceler tout changement des caractéristiques (résultant d’une réduction de la densité de la population globale), tel que des changements en matière de longévité ou de compétence vectorielle. Le VCAG trouverait particulièrement utile de disposer d’informations provenant d’essais plus robustes qui incluent plusieurs reproductions. Conclusions Les partenaires d’exécution et les États membres doivent être encouragés à rassembler et à analyser des données sur les cas provenant des sites d’intervention et de sites témoins. Le VCAG examinerait volontiers tous les protocoles d’étude connexes pour des essais visant à évaluer l’utilité de ces outils pour la santé publique. 3.1.3 Intervention : approche associant la TIS et la TII Demandeur : National Environment Agency (NEA) de Singapour, Environmental Health Institute (EHI) Historiquement, le programme de lutte contre la dengue de Singapour est fondé sur la gestion de l’environnement, y compris la réduction des sources, ainsi que sur la détection et l’intervention rapides. En 2016, les premiers lâchers pilotes de mâles Ae. aegypti infectés par Wolbachia (wAlbB) ont commencé et la réussite de ces premiers essais a conduit à une intensification rapide de l’approche associant la TIS et la TII, faisant intervenir l’incompatibilité cytoplasmique induite par les mâles infectés par Wolbachia. L’opération est menée par l’EHI, qui est la branche de la NEA de Singapour consacrée à la recherche en santé publique et à l’évaluation des risques. L’approche associant la TIS et la TII à Singapour a à présent été mise en œuvre dans environ 31 % des complexes résidentiels de grande hauteur de l’île-nation. Une suppression des populations d’Ae. aegypti pouvant atteindre 98 % a été constatée. D’après la collecte systématique de données dans le cadre du programme national de surveillance, une réduction des cas de dengue allant de 30 à 88 % a été observée dans les sites d’étude. 7Au troisième trimestre de l’année 2022, la NEA a commencé le premier essai contrôlé randomisé par grappes (ECRg) concernant cette intervention, incluant 15 grappes situées dans des immeubles publics de grande hauteur. L’essai emploie une conception à tests négatifs pour aider à corriger les différences en matière de comportement de recours aux soins. Le critère d’évaluation principal est l’incidence de la dengue, les cas étant signalés par les hôpitaux et les soins de santé primaires. Les critères d’évaluation secondaires comprennent la prévalence de moustiques Ae. aegypti et Ae. albopictus, surveillée grâce au système Gravitraps, ainsi que l’acceptation, les attitudes et les connaissances du public à l’égard des interventions pertinentes de lutte antivectorielle. L’essai est mené dans les régions du pays dans lesquelles le risque de dengue est le plus élevé. La souche wAlbB a été introduite dans la population locale d’Ae. aegypti depuis plusieurs générations et présente un profil de compétitivité pour l’accouplement et de résistance aux insecticides très similaire à celui de la souche locale. Cette réunion correspond à la première présentation de la NEA de Singapour au VCAG. Les demandeurs ont présenté le protocole de leur ECRg qui vient de commencer. Résumé des discussions Après la présentation de la situation épidémiologique récente concernant la dengue à Singapour et des efforts engagés pour la lutte contre cette maladie, les discussions ont porté sur la difficulté de mener un ECRg pour une intervention déjà utilisée à grande échelle dans le pays. L’intervention est déjà considérée comme très efficace pour la suppression des populations d’Ae. aegypti, et des données empiriques indiquent qu’elle réduit la survenue de cas de dengue dans les zones traitées. Les dimensions éthiques de cette situation ont été évoquées et utilisées pour justifier les différentes séries d’analyses intermédiaires prévues dans le cadre de l’essai. Les réactions aux autres résultats de ces analyses ont été évoquées. Une flambée épidémique importante de dengue peut donner lieu à des pressions pour mettre fin à l’essai de manière anticipée. Les avantages et les inconvénients d’un schéma d’étude par étapes comme alternative à un ECRg classique ont été brièvement évoqués ; cette méthode avait été examinée et rejetée auparavant par les demandeurs pour des raisons de puissance statistique et de faisabilité. Le Dengue Expert Advisory Panel de la NEA de Singapour sera chargé de formuler toute recommandation d’interruption anticipée de l’essai. La structure de l’essai comprend les grappes centrales (qui englobent des tours d’habitation présentant une forte densité de population) et des zones tampons autour de chaque grappe. L’essai consiste à relâcher des mâles infectés par Wolbachia et irradiés à trois niveaux au sein de chaque grappe (niveau du sol, niveau moyen et niveau élevé de chaque immeuble), ainsi que dans les zones tampons entre les grappes (mais à une densité plus faible qu’au sein de la grappe elle-même et seulement au niveau du sol). Les demandeurs ont confirmé qu’ils disposaient d’une capacité suffisante pour poursuivre les lâchers jusqu’à la fin de l’essai. Bien que l’essai soit conçu pour détecter une réduction de 50 % des cas (sur la base de la réussite de la mise en œuvre antérieure), il y a eu des discussions sur le fait qu’il pourrait être difficile de détecter une taille d’effet aussi importante dans le cadre de cet essai. Le VCAG a suggéré que les demandeurs pourraient envisager d’adapter le plan d’analyse pour permettre la détection d’effets protecteurs de moindre envergure, car ceux-ci pourraient également avoir une utilité pour la santé publique. À l’heure actuelle, la structure de l’essai ne tient pas compte du déplacement probable des personnes en dehors des grappes. La taille géographique restreinte des grappes augmente le risque que les cas de dengue puissent être contractés alors que les individus se trouvent en dehors de leur lieu de résidence habituel. Par conséquent, certaines modifications de la structure de l’essai ont été évoquées, y compris la collecte de données sur les déplacements humains, ce qui peut augmenter la probabilité d’un résultat positif. L’adaptation de la classification binaire actuelle de la dengue en fonction du lieu de résidence principal pour mettre en place une mesure plus quantitative du temps passé dans chaque bras d’étude a été suggérée aux demandeurs pour qu’ils examinent cette possibilité. À la suite de lâchers antérieurs, les demandeurs ont détecté la présence de Wolbachia chez des femelles sauvages Ae. aegypti, limitée à une petite zone. La propagation de Wolbachia chez les femelles entraînerait la perte de la stérilité induite par l’incompatibilité 8 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS cytoplasmique. Pour atténuer ce problème, les demandeurs ont augmenté la dose d’irradiation pour les moustiques destinés à être relâchés afin de s’assurer que les mâles, et les femelles qui pourraient être relâchées par inadvertance, sont stériles. Le rôle des données abondantes existantes produites par les demandeurs pour l’évaluation de l’efficacité de l’approche associant la TIS et la TII à Singapour a été évoqué. Alors que l’OMS est en cours de mise à jour la revue systématique des interventions classiques de lutte antivectorielle pour la prévention de la dengue, la suppression des populations d’Ae. aegypti au moyen de l’approche associant la TIS et la TII pourrait être incluse une fois que les données issues de deux essais comportant des critères d’évaluation épidémiologiques auront été évaluées. Conclusions Le VCAG a reconnu les efforts importants déployés par les demandeurs pour accroître la base de données probantes concernant la TIS et la TII. Il a été noté qu’au niveau local, Singapour pourrait disposer d’éléments probants suffisants pour prendre des décisions éclairées sur l’efficacité de cette stratégie. Le VCAG a donc souligné l’utilité de cet essai pour ses contributions à la base de données probantes mondiale qui pourrait étayer les recommandations de manière plus générale. Recommandations Le VCAG a recommandé que les demandeurs envisagent deux modifications de leur essai en cours qui pourraient améliorer la puissance de détection d’un impact épidémiologique. Premièrement, le VCAG a recommandé que les demandeurs envisagent de revoir la structure de l’étude pour permettre la détection de tailles d’effet de moindre envergure. Plus précisément, le VCAG a conseillé aux demandeurs d’augmenter le nombre seuil d’événements requis pour mettre fin à l’essai de manière anticipée s’il y a lieu. Deuxièmement, le VCAG a recommandé la collecte de données supplémentaires sur l’emplacement du lieu de travail (et de l’établissement d’enseignement, si cela est pertinent) pour les cas positifs afin de permettre une analyse secondaire de l’impact des déplacements. 3.2 Classe d’intervention : suppression de populations induite par le forçage génétique Le forçage génétique favorise la transmission préférentielle d’éléments génétiques cibles, augmentant leur fréquence dans une population à un rythme plus rapide que les schémas héréditaires normaux. Les caractéristiques d’intérêt liées à l’élément génétique sont ainsi plus susceptibles d’être transmises à la génération suivante. Bien que les interventions de cette classe aient pour objectif final la suppression de populations, cela peut être réalisé de différentes manières : en réduisant la fertilité ou la fécondité, en induisant la stérilité ou en agissant sur le sexe-ratio. 3.2.1 Intervention : forçage génétique (suppression de populations) Demandeur : Target Malaria, Imperial College London La technologie de lutte antivectorielle de Target Malaria utilise le forçage génétique pour réduire les populations de moustiques, dans le but de mettre au point une lutte antivectorielle sélective, ciblant spécifiquement les vecteurs Anopheles gambiae s.l. qui transmettent les parasites du paludisme chez l’homme en Afrique. L’intervention proposée consiste à relâcher des moustiques Anopheles mâles porteurs d’une construction de forçage génétique qui provoque l’infertilité chez les femelles et/ou une distorsion du sexe-ratio chez la descendance. Ces deux interventions sont conçues pour réduire la transmission du paludisme en supprimant la densité de population de moustiques vecteurs dans les générations suivantes. Les produits de forçage génétique candidats proposés par les demandeurs utilisent des nucléases qui ciblent des séquences spécifiques pour entraîner un sexe-ratio favorable aux mâles, pour produire des femelles stériles, ou les deux. Target Malaria envisage de mettre au point une série de constructions génétiques d’efficacité croissante. Le premier produit (« Produit 1 ») vise à obtenir une réduction proportionnelle d’au moins 67 % de la capacité vectorielle sur trois ans dans les contextes de transmission modérée en 9Afrique subsaharienne. L’objectif du deuxième produit (« Produit 2 ») est d’atteindre une réduction d’au moins 99 % de la capacité vectorielle sur 10 ans dans tous les contextes de transmission en Afrique subsaharienne. Mises à jour Depuis leurs derniers échanges avec le VCAG (4), les demandeurs ont réalisé des progrès significatifs en ce qui concerne la mise au point d’un produit candidat principal et la résolution des problèmes identifiés. Les demandeurs ont présenté au VCAG leurs avancées en matière de mise au point de produits, incluant la souche candidate principale actuelle pour le Produit 1 (QFS2), fondée sur le gène doublesex. Cette souche a été mise au point pour atténuer les effets de la variation du site cible dans les populations d’An. gambiae et contient deux séquences d’ARNg (multiplexées). Cependant, à la mi-2021, au cours de tests de routine de mise au point de produits, des mutations transgéniques ont été observées sur la souche QFS2, qui compromettaient sa stabilité moléculaire. De ce fait, les demandeurs mettent actuellement au point d’autres constructions fondées sur le même gène en tant que candidates potentielles pour le Produit 1. Les demandeurs ont élaboré un protocole pour faciliter l’identification précoce d’instabilités similaires fondé sur des tests de stabilité moléculaire par amplification en chaîne par polymérase et un séquençage. Ces méthodes seront intégrées aux analyses moléculaires et phénotypiques systématiques des souches réalisées actuellement. Les spécialistes des risques et de la réglementation de Target Malaria ont publié la première analyse systématique des voies pouvant mener à des dommages potentiels pour une construction de forçage génétique spécifique dans un environnement récepteur défini (5). Une série d’ateliers rassemblant un large éventail de parties prenantes externes a examiné les aspects techniques de l’évaluation des risques et le rôle de la participation des parties prenantes dans la prise de décisions fondées sur les risques concernant à la fois les projets et la réglementation. À l’issue des ateliers, neuf recommandations ont été formulées et publiées pour faire progresser l’évaluation future des risques environnementaux des applications du forçage génétique (6). Les discussions de cette série d’ateliers éclaireront les étapes futures du travail de Target Malaria et établiront un précédent utile pour d’autres acteurs sur le terrain. Target Malaria a commandé une étude exploratoire d’évaluation stratégique environnementale concernant l’impact de l’utilisation du forçage génétique pour la suppression de populations. Cet exercice de cadrage servira à fournir des éléments à l’appui d’une future évaluation stratégique environnementale plus complète des répercussions environnementales, sociales, économiques et sanitaires afin de contribuer à l’élaboration de politiques, aux plans et aux programmes gouvernementaux. Les demandeurs ont fourni au VCAG les résultats d’un exercice de modélisation mené dans le cadre de leurs travaux préparatoires pour l’étude exploratoire d’évaluation stratégique environnementale. La modélisation a étudié le potentiel de réduction de la charge du paludisme grâce à des systèmes de forçage génétique dans 16 régions (12 000 km2) d’Afrique de l’Ouest. L’étude de modélisation associe un modèle entomologique, qui simule la propagation de forçages génétiques dans les populations de vecteurs du paludisme, et un modèle épidémiologique, qui simule la dynamique de l’infection palustre chez l’homme. Résumé des discussions Le VCAG a souligné la rapidité à laquelle les demandeurs avaient résolu les problèmes observés concernant la souche QFS2 de leur produit candidat de forçage génétique. Il y a eu une discussion sur les implications de l’instabilité de QFS2 pour l’efficacité des produits de forçage génétique à long terme. En particulier, même s’il existe un faible risque d’instabilité dans les nouvelles variantes de QFS actuellement évaluées, compte tenu de l’application à grande échelle prévue pour cette intervention, même des événements rares peuvent avoir des répercussions sur l’efficacité du forçage génétique. Les approches techniques des demandeurs pour l’évaluation de la stabilité des variantes de QFS nouvellement mises au point ont été évoquées. La définition de l’organisme cible pour ce produit de forçage génétique a été longuement examinée, de même que les conséquences de cette définition pour la mesure de l’impact 10 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS et pour l’évaluation des risques environnementaux. Compte tenu de la propagation potentielle du forçage génétique entre les espèces jumelles du complexe An. Gambiae s.l., il est possible que la définition des espèces cibles doive être élargie au-delà des espèces initialement considérées. L’hybridation interspécifique au sein du complexe pourrait être anticipée avec une plus grande fréquence chez les espèces sympatriques ayant une relation phylogénétique plus étroite, et plus rarement chez des espèces phylogénétiquement plus éloignées et plus isolées. De plus, comme les demandeurs doivent encore préciser la structure de l’essai ou leurs scénarios de mise en œuvre pour définir explicitement le nombre d’espèces au sein du complexe que leur produit englobera, des questions demeurent quant à la description exacte du produit lui-même. Bien que ces discussions aient des répercussions considérables au-delà de l’impact sur la santé publique (y compris concernant l’évaluation des risques), ces questions pourraient également être prématurées, car l’organisme (ou les organismes) cible(s) découlera/– ont probablement directement d’une allégation de produit finalisée. Les travaux de modélisation présentés au VCAG ont fait l’objet de discussions, de même que de futures orientations de recherche potentielles incluant ce type de modélisation. Les demandeurs ont convenu que les résultats de leurs modèles sont sensibles à la dispersion des moustiques. Il sera essentiel de caractériser avec précision l’incertitude concernant les déplacements des moustiques alors que les demandeurs s’orientent vers des analyses à petite échelle. En particulier, il a été noté qu’il y aura des questions complexes concernant la structure de tout essai visant à mesurer l’impact sur la santé publique, en raison du potentiel de contamination des zones témoins. La facilité potentielle de propagation géographique de l’intervention devra être soigneusement examinée pour s’assurer que le bras témoin de tout essai est aussi exempt de contamination que possible, ou que la contamination est explicitement prise en compte à la fois dans la conception et l’analyse. Les demandeurs ont indiqué qu’ils ont commencé à intégrer davantage de composantes entomologiques explicites sur les plans spatial et temporel dans leur modèle à des résolutions plus fines et à des échelles inférieures afin d’estimer plus d’effets locaux et à court terme pertinents pour les essais initiaux. Conclusions Le VCAG a souligné que les demandeurs avaient examiné rigoureusement les questions complexes entourant le forçage génétique, et les a félicités pour la rapidité à laquelle ils avaient travaillé pour résoudre les problèmes d’instabilité de leur produit initial. Les demandeurs ont posé un certain nombre de questions au VCAG, dont les réponses sont fournies ci-dessous. Le VCAG a convenu que les questions des demandeurs concernant les définitions des espèces cibles et des complexes d’espèces cibles sont quelque peu prématurées tant que les demandeurs n’auront pas établi les spécifications de leur produit et les allégations associés. Une allégation de produit claire renseignera sur les organismes cibles et non cibles, et guidera la conception des études épidémiologiques et la formulation des problèmes dans les évaluations des risques. Le VCAG a estimé qu’il n’était pas le mieux placé pour s’exprimer sur l’adéquation des tests moléculaires (tests d’amplification en chaîne par polymérase et de séquençage d’amplicons), les limites de détection et la répétition des analyses pour l’évaluation des souches de QFS en cours de mise au point, car ces aspects ne font pas partie des compétences du groupe et de son domaine de spécialisation spécifique. Le VCAG a encouragé les demandeurs à rechercher l’expertise technique hautement spécialisée dans ce domaine au sein de la communauté de recherche élargie. En ce qui concerne les échelles temporelles et spatiales utiles pour les travaux de modélisation, le VCAG a suggéré qu’à mesure que le produit se rapproche des essais évaluant l’impact entomologique ou épidémiologique, l’échelle de modélisation devrait proposer des résolutions spatiales et temporelles plus fines afin de soutenir la planification des phases initiales des essais et de tenir compte de l’impact potentiel de la contamination des bras témoins par les bras d’intervention. Enfin, en réponse à la question de savoir quelles autres interventions de lutte antivectorielle contre le paludisme se profilent à l’horizon et pourraient être considérées comme des 11 comparateurs pour de futurs essais, le VCAG a orienté les demandeurs vers son site Web (https://www.who.int/groups/vector-control-advisory-group), qui fournit une synthèse des interventions actuellement en cours d’évaluation. Si un essai devait être mené à court terme, les normes de soins par rapport auxquelles le forçage génétique pourrait être évalué seraient probablement la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations ou les MII, selon le contexte local et les politiques nationales de lutte antivectorielle. Recommandations Le VCAG a recommandé que les demandeurs continuent à mettre au point leur produit et leur allégation de produit, car il s’agit d’une première étape essentielle avant que les questions entourant la démonstration de l’utilité pour la santé publique et l’impact environnemental puissent être examinées. Si les demandeurs cherchent à obtenir des orientations techniques supplémentaires sur le protocole qu’ils proposent pour surveiller l’instabilité moléculaire de leurs constructions de forçage génétique, le VCAG a recommandé d’obtenir des avis d’experts supplémentaires auprès de spécialistes du domaine. Le VCAG a recommandé que les demandeurs commencent à étudier la conception et l’analyse d’essais qui évalueraient l’impact entomologique ou épidémiologique de leur produit. En particulier, cette intervention pourrait présenter des difficultés nouvelles en raison du potentiel de contamination des grappes témoins. Le VCAG a reconnu l’utilité potentielle des modèles pour faciliter la conception des essais et a recommandé que les demandeurs s’efforcent d’étendre leurs modèles pour qu’ils soient applicables aux échelles spatiale et temporelle d’un essai. 3.3 Classe d’intervention : répulsifs spatiaux Les répulsifs spatiaux sont conçus pour interrompre le contact entre l’homme et le vecteur par une modification du comportement du vecteur induite par des produits chimiques en suspension dans l’air, offrant potentiellement une protection contre les piqûres de vecteurs et de nuisibles. 3.3.1 Intervention : dispositif d’émanation passive à base de transfluthrine Demandeur : SC Johnson et University of Notre Dame (programme AEGIS financé par Unitaid) L’intervention proposée par SC Johnson dans la catégorie des répulsifs spatiaux est un dispositif d’émanation passive à base de transfluthrine (Mosquito Shield™) conçu pour libérer le pyréthrinoïde volatil dans l’air et empêcher tout contact entre l’homme et le vecteur dans l’espace traité. L’intervention cible les moustiques Anopheles, Aedes et Culex spp. et entend protéger tous les groupes d’âge et toutes les populations, dans les pays d’endémie des maladies transmises par les moustiques, contre les piqûres diurnes, en début de soirée et/ou en fin de nuit dans les structures fermées et semi-fermées. Le déploiement du répulsif spatial dans les espaces clos et semi-clos est destiné à réduire la transmission d’agents pathogènes humains. SC Johnson collabore avec l’University of Notre Dame pour évaluer cette intervention. Les demandeurs sont en contact avec le VCAG depuis 2014, et ont présenté depuis lors au VCAG les résultats de deux ECRg et les plans pour trois autres. Un essai épidémiologique portant sur le paludisme a été réalisé sur l’île de Sumba, en Indonésie. Cet essai a obtenu des résultats non concluants statistiquement concernant l’efficacité de la protection contre l’infection palustre. Deux autres essais visant à démontrer l’utilité pour la santé publique de l’intervention contre le paludisme sont en cours : l’un au Kenya et l’autre au Mali. Pour les virus transmis par les moustiques Aedes, un essai a été mené avec succès à Iquitos, au Pérou, les résultats démontrant une efficacité de la protection concluante (7). Un deuxième essai est prévu au Sri Lanka. La dernière mise à jour a été fournie par les demandeurs au VCAG au cours de la 14e réunion (8), lors de laquelle les travaux préparatoires pour trois essais prévus ont été présentés. 12 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS Mises à jour Les demandeurs ont fourni des mises à jour sur les ECRg prospectifs à double insu en cours au Kenya (Anopheles/paludisme), au Mali (Anopheles/paludisme) et au Sri Lanka (Aedes/arbovirus). Les demandeurs ont également fourni des mises à jour sur les protocoles d’étude et les plans d’analyse statistique (PAS) associés. Kenya : paludisme La phase initiale de l’essai au Kenya a débuté en mars 2021 et s’est achevée en juillet 2021. Cet essai incluait initialement 60 grappes. Les analyses initiales sur l’incidence ont entraîné l’abandon de deux grappes, conduisant à un total de 58 grappes. La première grappe a été exclue en raison d’un taux d’incidence de zéro, et la deuxième grappe a été abandonnée pour maintenir l’équilibre du nombre de grappes par bras. L’essai au Kenya implique deux cohortes successives et indépendantes. L’intervention a d’abord été déployée dans la première cohorte en octobre 2021, en réalisant des évaluations du déploiement, de l’efficacité, de l’innocuité et de l’impact entomologique du produit de l’étude conformément au protocole. Le suivi de la première cohorte se terminera en octobre 2022, et une analyse intermédiaire officielle et planifiée du critère d’évaluation principal est prévue en novembre 2022. Le recrutement, le consentement et l’inclusion des sujets de la deuxième cohorte auront lieu simultanément. Mali : paludisme L’essai inclut 60 grappes et une seule cohorte. La phase initiale au Mali a débuté en juillet 2021 et s’est achevée en janvier 2022, suivie par la randomisation et l’attribution des grappes en février 2022. L’essai est en cours avec un suivi régulier et doit se terminer en avril 2024. Sri Lanka : virus transmis par les moustiques Aedes Cet essai comprend 30 grappes avec une cohorte longitudinale pour le suivi du critère d’évaluation principal de la séroconversion et une cohorte de surveillance de la fièvre pour le suivi de la maladie clinique. L’essai a reçu des approbations éthiques en mars 2022, et le recensement et la cartographie de la zone de l’étude sont en cours. L’activation du site est prévue pour octobre 2022 et l’inclusion des participants doit être terminée en décembre 2022. Résumé des discussions Les principaux points de discussion au cours de la réunion étaient liés aux quatre questions spécifiques posées par les demandeurs au VCAG. Les questions étaient les suivantes : 1. Quel est le mécanisme privilégié pour la transmission du rapport intermédiaire sur les résultats de l’ECRg avec levée de l’insu au Kenya ? 2. Le VCAG est-il disposé à organiser une réunion avec Unitaid et/ou les demandeurs pour discuter du rapport intermédiaire sur l’ECRg au Kenya, étant donné qu’il est prévu que le rapport soit soumis à un examen hors cycle ? Comment le VCAG communiquerait-il ses recommandations ? 3. Quand le VCAG/l’équipe d’Évaluation des produits de lutte antivectorielle de l’unité de Préqualification aidera-t-il/elle à organiser ou à parrainer un atelier pour examiner et modifier les lignes directrices sur l’efficacité des répulsifs spatiaux et définir les exigences relatives aux évaluations de non-infériorité des répulsifs spatiaux, et le ferait-il/elle ? 4. Si les analyses intermédiaires de l’ECRg au Kenya montrent un signe positif d’efficacité de la protection, le VCAG recommande-t-il d’effectuer une ou des évaluations de la non-infériorité du ou des produits suivants dans la catégorie des répulsifs spatiaux au moment de l’établissement du rapport sur les analyses intermédiaires (en dehors de la zone d’étude actuelle de l’essai) ? Le VCAG recommande-t-il plutôt d’attendre jusqu’à l’établissement du rapport sur les analyses finales (en réalisant des études au sein des grappes de l’essai) ? En réponse aux questions soulevées par les demandeurs, le VCAG a de nouveau insisté sur sa déclaration précédente selon laquelle il n’évalue pas de résultats intermédiaires ni 13 ne formule de recommandations fondées sur ces résultats (9). Lorsque les demandeurs déclarent que les résultats présentés sont finaux, un examen est effectué sur la base d’un rapport avec levée de l’insu. Comme indiqué dans les Modes opératoires normalisés du VCAG, l’examen des résultats doit avoir lieu au cours d’une réunion périodique du VCAG afin de s’assurer que tous les membres du VCAG participent activement aux délibérations sur l’évaluation. Comme il est d’usage, les demandeurs sont invités à convier leurs bailleurs de fonds aux séances les concernant pour interagir et participer activement aux discussions avec les membres du VCAG. Les évaluations de la non-infériorité ne font pas partie des exigences actuelles de l’OMS pour l’évaluation des interventions de la catégorie des répulsifs spatiaux ; toutefois, l’OMS teste actuellement des évaluations de la non-infériorité pour des moustiquaires associant deux principes actifs. Le VCAG a souligné la planification proactive des demandeurs. Toutefois, le Secrétariat du VCAG a indiqué que, du point de vue de l’OMS, il était encore prématuré de discuter de réunions sur les directives en matière de test et les évaluations de la non-infériorité pour les répulsifs spatiaux. Cette perspective n’empêche pas les fabricants et les autres parties prenantes de se rencontrer pour discuter d’essais de non-infériorité pour les répulsifs spatiaux ou pour d’autres interventions qui ne sont pas abordées actuellement par le protocole d’étude de l’OMS en ce qui concerne la non-infériorité. Au cours de la discussion, le VCAG a soulevé quelques questions sur les aspects techniques des essais et des analyses en cours/prévus. Le VCAG a notamment évoqué l’intention des candidats de fonder leur analyse primaire sur une valeur de p issue d’un test unilatéral, ce qui n’est pas considéré comme la norme dans les essais randomisés. Les demandeurs ont fourni une justification écrite au VCAG concernant leur analyse primaire. Le VCAG a exprimé son souhait de revenir sur cette question de manière plus approfondie dans le cadre de discussions internes. Le VCAG a également demandé si d’autres activités de lutte contre les moustiques Aedes avaient lieu dans la zone de l’étude au Sri Lanka. Un lâcher à petite échelle de moustiques infectés par Wolbachia a été mentionné par les demandeurs, mais cela a lieu en dehors de la zone de l’étude de l’ECRg sur le répulsif spatial. Aucune activité supplémentaire en dehors des mesures systématiques de lutte contre la dengue ne doit être mise en œuvre ou n’est prévue par le ministère de la Santé dans la zone où l’essai est prévu. Conclusions Le VCAG a pris acte des progrès notables des essais au Kenya et au Mali ; il a félicité les demandeurs et attend avec intérêt d’examiner les résultats finaux. En réponse aux questions des demandeurs, le VCAG a précisé qu’il n’examinerait pas les résultats intermédiaires des essais et/ou ne procéderait à aucune évaluation fondée sur ces résultats, à moins que les demandeurs ne les jugent définitifs. Le Secrétariat a précisé que l’élaboration de lignes directrices pour l’évaluation de l’efficacité et les essais de non-infériorité des répulsifs spatiaux ne relevait pas des compétences du VCAG, mais qu’elle était en cours au sein de l’OMS. Recommandations Le VCAG n’a pas formulé de recommandations spécifiques à l’intention des demandeurs, et les a simplement encouragés à poursuivre leurs activités comme prévu. 3.4 Classe d’intervention : moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII) conçues pour tuer les moustiques résistants aux insecticides à la recherche d’hôtes Comme indiqué lors de la réunion du Comité consultatif sur la politique de lutte contre le paludisme antipaludique en mai 2020 (10), cette classe d’intervention a été définie comme « les MII conçues pour tuer les moustiques résistants à l’insecticide qui cherchent à piquer, pour lesquelles l’utilité en matière de santé publique par rapport à l’impact épidémiologique des moustiquaires imprégnées uniquement d’un pyréthrinoïde a été démontrée pour un premier produit. » On a estimé provisoirement que cette classe comprenait à la fois les traitements insecticides contenant d’autres principes actifs que les formulations à base de pyréthrinoïde et les moustiquaires traitées avec un synergiste, telles que les moustiquaires imprégnées d’un pyréthrinoïde et de PBO. Les moustiquaires imprégnées d’un pyréthrinoïde et de PBO ont fait l’objet d’une recommandation 14 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS provisoire de l’OMS en attendant les résultats d’essais démontrant l’utilité pour la santé publique dans au moins deux sites d’étude. La démonstration de l’utilité pour la santé publique des moustiquaires imprégnées d’un pyréthrinoïde et de PBO a été confirmée à la suite de l’évaluation du deuxième essai lors de la 14e réunion du VCAG (8). Les recommandations connexes ont depuis été mises à jour et publiées (11). La classe doit encore être élargie pour inclure les moustiquaires imprégnées d’un pyréthrinoïde et de chlorfénapyr une fois que leur utilité pour la santé publique aura été démontrée par au moins deux essais épidémiologiques géographiquement distincts. Cette classe peut également inclure d’autres produits ayant le même effet entomologique, mais ayant des modes d’action chimiques différents de ceux des moustiquaires imprégnées uniquement d’un pyréthrinoïde, sans qu’il soit nécessaire de procéder à d’autres essais épidémiologiques. Lors de sa 15e réunion (12), le VCAG a évalué les résultats du premier essai sur des moustiquaires imprégnées d’un pyréthrinoïde et de chlorfénapyr mené en République-Unie de Tanzanie. Les résultats du deuxième essai, réalisé au Bénin, ont été présentés au cours de la présente réunion du VCAG. 3.4.1 Intervention : Interceptor G2 Demandeur : BASF Les moustiquaires Interceptor G2 (IG2), qui sont imprégnées d’un pyréthrinoïde et de chlorfénapyr, sont les premières moustiquaires de cette classe associant deux principes actifs qui ciblent les moustiques résistants aux pyréthrinoïdes à la recherche d’hôtes. Leurs deux principes actifs sont un pyréthrinoïde, l’alpha-cyperméthrine, qui a des effets neurotoxiques chez le moustique, et le chlorfénapyr, qui inhibe la phosphorylation oxydative chez le moustique. Les voies biochimiques impliquées dans chacun de ces effets sont distinctes, ce qui signifie que même un moustique résistant aux pyréthrinoïdes est confronté à une pression sélective supplémentaire pour survivre à l’exposition aux moustiquaires. BASF, le fabricant des IG2, a travaillé en collaboration avec des chercheurs de la London School of Hygiene and Tropical Medicine pour mener les deux ECRg requis comportant des critères d’évaluation épidémiologiques. Une deuxième intervention, les moustiquaires Royal Guard (RG), fabriquées par Disease Control Technologies, a été évaluée indépendamment dans le cadre des mêmes essais que les IG2 (voir la section 3.5.1 du présent rapport de réunion). Les essais évaluant simultanément les IG2 et les RG ont été menés en République- Unie de Tanzanie (parallèlement aux moustiquaires imprégnées d’un pyréthrinoïde et de PBO) et au Bénin. Le VCAG a examiné le protocole tanzanien lors de ses septième et neuvième réunions, et le protocole béninois lors de sa neuvième réunion (3, 13). Les résultats de l’essai en République-Unie de Tanzanie ont été examinés lors de la 15e réunion du VCAG (12), apportant des preuves concluantes de l’efficacité de la protection de l’IG2 par rapport à une moustiquaire classique imprégnée uniquement d’un pyréthrinoïde (alpha-cyperméthrine uniquement). L’essai au Bénin a également comparé l’IG2 à la même moustiquaire classique imprégnée uniquement d’un pyréthrinoïde. La deuxième année de suivi de l’essai mené au Bénin devait s’achever au premier semestre 2022. Mises à jour Les demandeurs ont présenté des résultats épidémiologiques et entomologiques de leur essai évaluant les IG2 sur 24 mois au Bénin. Les autres mises à jour fournies au VCAG comprenaient le protocole d’essai publié (14), les manuscrits publiés décrivant les caractéristiques entomologiques et épidémiologiques initiales du site d’essai au Bénin (15, 16) et le PAS mis à jour. Enfin, les demandeurs ont résumé certains résultats clés de la troisième année de suivi de l’essai en République-Unie de Tanzanie. Résumé des discussions Les demandeurs ont présenté le résumé des résultats de l’essai mené au Bénin ; l’incidence du paludisme chez les enfants était le critère d’évaluation épidémiologique principal et la prévalence du paludisme et de l’anémie constituaient des critères d’évaluation supplémentaires. Plusieurs indicateurs entomologiques ont également été relevés, le taux d’agressivité vis-à-vis de l’homme constituant le critère d’évaluation entomologique principal. L’analyse primaire était fondée sur la population en intention de traiter, mais des analyses secondaires selon le protocole ont été effectuées pour d’autres 15 résultats principaux. Les résultats ont montré un fort effet protecteur de l’intervention, avec une réduction de 46 % de l’incidence du paludisme dans le bras des IG2 par rapport aux moustiquaires imprégnées uniquement d’un pyréthrinoïde au cours de la période de l’essai de deux ans. Bien que l’effet protecteur de l’intervention ait été plus fort au cours de la première année (54 %) que de la deuxième année (43 %), un impact significatif par rapport au bras témoin a été démontré sur la période de deux ans. Bien qu’aucune différence significative n’ait été détectée pour l’anémie (à six mois ou 18 mois), des réductions significatives de la prévalence du paludisme ont été détectées (à six mois et 18 mois). Il y a également eu des réductions significatives des taux d’agressivité vis-à- vis de l’homme à l’intérieur et à l’extérieur et du taux d’inoculation entomologique tout au long des deux années. Lorsque les données ont été analysées en fonction du statut de l’intervention selon le protocole, l’impact était moins prononcé, mais tout de même significatif, indiquant un important effet protecteur communautaire de l’intervention. Les autres points abordés incluaient l’apparent déséquilibre entre les bras de l’étude en ce qui concerne les indicateurs entomologiques au début de l’essai. Étant donné que les indicateurs entomologiques n’ont pas été pris en compte pour la randomisation, cela n’a pas limité l’analyse des données. La couverture relativement faible des moustiquaires de l’étude par rapport à d’autres types de MII dans la zone de l’étude a également été évoquée, ainsi que les perceptions des communautés locales concernant les préférences en matière de moustiquaires. La fréquence nettement plus élevée d’événements indésirables signalés dans le bras des moustiquaires imprégnées d’un pyréthrinoïde uniquement pourrait être due à la quantité supérieure d’alpha-cyperméthrine sur ces moustiquaires par rapport aux moustiquaires IG2. En ce qui concerne la résistance aux insecticides, les données des essais biologiques indiquent que la résistance aux pyréthrinoïdes est demeurée élevée au cours de la période de l’étude, tandis que les moustiques sont demeurés entièrement sensibles au chlorfénapyr. Les demandeurs ont brièvement présenté certains résultats clés de la troisième année de suivi de l’étude menée en République-Unie de Tanzanie. Une constatation inattendue était que les IG2 semblaient être associées à une réduction de la prévalence du paludisme à 30 mois (dans l’analyse selon le protocole), malgré une couverture de ces moustiquaires d’environ 23 % seulement. Les raisons potentielles de cette constatation ont fait l’objet de discussions ; les demandeurs ont émis l’hypothèse selon laquelle elle pourrait être due à un effet retardé de suppression de la prévalence résultant des deux années précédentes de l’essai. L’une des principales questions du VCAG portait sur les raisons expliquant la diminution significative de l’utilisation des moustiquaires IG2 au fil de l’essai à la fois au Bénin et en République-Unie de Tanzanie. Les facteurs susceptibles de contribuer à cette situation ont fait l’objet de discussions ; les demandeurs ont estimé que cela pouvait être attribué en partie au fait que les membres des communautés préféraient continuer à utiliser les moustiquaires plus anciennes et conserver les nouvelles moustiquaires IG2 en stock. Des informations sur la durabilité et la bioefficacité des moustiquaires sont recueillies sur trois ans à la fois au Bénin et en République-Unie de Tanzanie. Conclusions Le VCAG a félicité les chercheurs pour avoir mené avec succès l’essai sur les IG2 au Bénin. Compte tenu des difficultés considérables rencontrées au cours des deux dernières années en raison de la pandémie de COVID-19 et des perturbations associées, la réalisation d’un essai aussi robuste et rigoureux constitue une réussite remarquable et apportera une contribution très importante à la base de données probantes sur cette intervention. Le VCAG a félicité le fabricant et les bailleurs de fonds pour avoir fourni les ressources supplémentaires ayant permis la poursuite des activités. Le VCAG a conclu que l’utilité notable des moustiquaires IG2 pour la santé publique était à présent démontrée, comme en attestent deux ECRg menés dans des contextes éco- épidémiologiques différents. Cet effet protecteur clair a été démontré dans deux contextes dans lesquels les populations de vecteurs sont hautement résistantes aux pyréthrinoïdes. Recommandations Compte tenu des éléments de preuve convaincants démontrant leur utilité pour la santé publique, le VCAG a recommandé à l’OMS que les moustiquaires IG2 soient soumises 16 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS au Groupe d’élaboration des Lignes directrices pour la lutte contre les vecteurs du paludisme afin qu’elles fassent l’objet d’une revue systématique et d’une méta-analyse en vue de la rédaction d’une recommandation officielle de l’OMS. Étant donné cette conclusion, le demandeur n’a pas d’autre élément à présenter au VCAG pour étayer la démonstration de l’utilité pour la santé publique. Toutefois, le VCAG reste disponible pour examiner des données supplémentaires issues des essais, en particulier les données d’efficacité de la troisième année, afin d’améliorer sa compréhension de l’impact épidémiologique au fil du temps et des résultats entomologiques connexes. Conformément au souhait des demandeurs, le VCAG a rassemblé quelques suggestions pour la collecte de données supplémentaires au cours de ces derniers mois de l’essai. Le VCAG a également recensé certains aspects du PAS qui bénéficieraient de précisions et d’explications mineures dans le cadre des efforts de diffusion ultérieurs. Ces points sont résumés ci-dessous : • Collecte de données supplémentaires au cours de la troisième année de l’essai au Bénin : Compte tenu du biais important concernant le profil d’agressivité des moustiques tôt le matin au début de l’essai, les périodes de collecte des moustiques pourraient être prolongées (p. ex. jusqu’à 10 heures) dans les sites où cela est faisable afin d’évaluer si les moustiques continuent de piquer au cours de la matinée. De plus, il serait utile de recueillir davantage d’informations sur l’utilisation des moustiquaires au cours de la troisième année, y compris des informations sur les perceptions de l’utilité des moustiquaires IG2 dans la communauté et les raisons poussant à décider d’utiliser d’autres types de moustiquaires. • Clarification et mise à jour du PAS : Le VCAG a fourni aux demandeurs une liste de divergences mineures entre les documents (p. ex. protocole, PAS et analyses présentées) et de points sur lesquels des éclaircissements supplémentaires seraient utiles afin de faciliter la diffusion et les publications à venir. • Présentation des résultats de la troisième année et des analyses secondaires restantes : Un certain nombre d’analyses secondaires et supplémentaires dans le cadre de l’essai mené au Bénin sont toujours en cours, y compris des analyses supplémentaires des résultats épidémiologiques principaux (troisième année), des données entomologiques sur l’efficacité et la résistance, la bioefficacité et la durabilité. En réponse aux recommandations antérieures du VCAG, les demandeurs ont prévu des analyses supplémentaires pour évaluer l’impact de la pandémie sur l’essai, ainsi que l’équité de l’accès aux moustiquaires. Ces résultats seraient très intéressants pour le VCAG et pourraient également être instructifs dans le contexte de l’élaboration des lignes directrices de l’OMS. Le VCAG souhaiterait que les demandeurs présentent une mise à jour concernant ces résultats lors d’une prochaine réunion. Le VCAG est disponible pour formuler des commentaires et des suggestions supplémentaires sur demande. 3.5 Classe d’intervention : MII conçues pour stériliser les moustiques résistants aux insecticides à la recherche d’hôtes et/ou réduire leur fécondité La classe d’intervention à laquelle se rapporte ce dossier a été approuvée par le Comité consultatif sur la politique de lutte contre le paludisme et définie comme « les MII conçues pour stériliser et/ou réduire la fécondité des moustiques résistants qui cherchent à piquer, pour lesquelles un premier produit doit faire la preuve de son utilité en matière de santé publique par rapport à l’impact épidémiologique des moustiquaires imprégnées uniquement d’un pyréthrinoïde. » (10) On a estimé provisoirement que cette classe comprenait les moustiquaires imprégnées d’un pyréthrinoïde et de pyriproxyfène (un régulateur de croissance des insectes), mais au moins deux essais épidémiologiques géographiquement distincts sont nécessaires pour pouvoir évaluer l’utilité pour la santé publique. 3.5.1 Intervention : Royal Guard Demandeur : Disease Control Technologies La moustiquaire RG est imprégnée d’alpha-cyperméthrine, un pyréthrinoïde qui a une action neurotoxique, et du pyriproxyfène, un régulateur de croissance des insectes. 17 L’exposition des moustiques au pyriproxyfène vise à stériliser les mâles et à réduire la ponte chez les femelles qui survivent à l’exposition à un pyréthrinoïde en raison de leur résistance à cette classe d’insecticides. Disease Control Technologies, le fabricant des moustiquaires RG, a travaillé en collaboration avec la London School of Hygiene and Tropical Medicine pour produire des preuves issues de deux essais comportant des critères d’évaluation épidémiologiques dans le but de démontrer l’utilité pour la santé publique de cette première intervention de cette classe. Le VCAG a d’abord examiné le protocole de l’essai devant être mené en République-Unie de Tanzanie dans le cadre d’un examen hors cycle avant la neuvième réunion du VCAG, puis a examiné le protocole de l’essai du Bénin lors de la neuvième réunion (3). Des mises à jour concernant les essais ont été fournies au VCAG lors de la 12e réunion (17), et les résultats du premier essai ont été présentés aux fins d’évaluation de l’utilité pour la santé publique lors de la 15e réunion du VCAG (12). L’essai mené en République-Unie de Tanzanie n’a pas fourni d’éléments démontrant clairement l’utilité pour la santé publique des moustiquaires RG par rapport à l’utilisation d’une moustiquaire imprégnée d’un pyréthrinoïde uniquement (12), en dépit d’une puissance statistique suffisante pour détecter un effet protecteur. Mises à jour Les demandeurs ont présenté des résultats épidémiologiques et entomologiques produits sur deux ans au Bénin. Ces résultats sont considérés dans le PAS, et par le VCAG, comme l’analyse principale de l’essai, bien qu’une troisième année de suivi soit en cours et ajoutera des éléments à la base de données probantes. Les autres mises à jour fournies par les demandeurs comprenaient le protocole d’essai publié (14), les manuscrits publiés décrivant les caractéristiques entomologiques et épidémiologiques initiales du site d’essai au Bénin (15, 16) et un PAS mis à jour. Les résultats de la troisième année de l’essai mené en République- Unie de Tanzanie ont été brièvement présentés, en plus d’une autre étude observationnelle connexe qui n’avait pas encore été présentée au VCAG et qui est menée au Mozambique. Résumé des discussions La discussion a été centrée sur les résultats de l’essai mené au Bénin lors duquel les moustiquaires RG étaient comparées aux moustiquaires imprégnées uniquement d’un pyréthrinoïde (alpha-cyperméthrine). L’étude n’a fourni aucune preuve d’une efficacité supérieure de la protection offerte par les moustiquaires RG par rapport au comparateur. Le rapport de risques pour l’incidence du paludisme dans le bras des RG était de 0,86, par rapport aux moustiquaires imprégnées uniquement d’un pyréthrinoïde, avec un intervalle de confiance à 95 % de 0,65 à 1,14 (p = 0,28). Bien qu’aucun impact épidémiologique de cette intervention par rapport au comparateur n’ait été détecté dans le cadre de cet essai, il y avait certains signes d’un impact entomologique accru modéré. En particulier, le taux d’inoculation entomologique à l’intérieur était significativement inférieur dans le bras des RG à un an (réduction de 58 %). Les raisons potentielles de l’absence d’impact ont fait l’objet de discussions. Les concentrations d’insecticides des moustiquaires RG correspondaient aux cibles prédéfinies. En dépit d’une résistance élevée aux pyréthrinoïdes dans les deux bras au début de l’essai, les moustiques étaient sensibles au pyriproxyfène. Les demandeurs ont présenté des résultats concernant la résistance aux insecticides et les taux d’agressivité vis-à-vis de l’homme au cours de l’essai. La composition de l’espèce Anopheles a été présentée et s’est avérée similaire au fil du temps. Les valeurs des paramètres utilisées pour le calcul de la taille de l’échantillon de l’essai, en particulier la variation entre les grappes, étaient proches des valeurs constatées dans les données réelles de l’essai ; il est donc peu probable que le choix de ces valeurs ait eu une incidence sur le résultat de l’étude. Les demandeurs ont indiqué que la faible utilisation des moustiquaires pourrait avoir été le principal facteur contribuant à l’absence d’impact. La couverture des RG (adoption) n’était pas optimale (n’atteignant que 52 % la deuxième année). Les demandeurs ont estimé qu’il aurait été particulièrement important d’obtenir une couverture beaucoup plus élevée pour qu’un régulateur de croissance des insectes tel que le pyriproxyfène ait un impact significatif. Certaines caractéristiques des moustiquaires ne correspondaient pas aux préférences de la population de l’étude, notamment la taille des moustiquaires distribuées et le type de tissu constituant la moustiquaire (les RG utilisent du polyéthylène, alors que d’autres types de moustiquaires disponibles sont à base de polyester). 18 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS Il y a également eu une discussion sur la question de savoir si l’effet des moustiquaires RG observé en matière de stérilité (~60-80 %) serait suffisant pour avoir un impact épidémiologique. Bien que l’effet en matière de stérilité semble être relativement important, il est possible qu’il ne soit pas suffisant pour avoir une incidence sur la transmission dans des conditions de terrain. Les demandeurs ont précisé qu’il n’y a pas d’objectifs prédéfinis fixés en matière de stérilité dont il a été démontré qu’ils sont suffisants pour réduire la taille de la population de moustiques. Les demandeurs envisagent de réaliser une modélisation mathématique de l’effet attendu sur la transmission du paludisme afin d’étudier cet aspect plus en détail. Certaines mesures de suivi dans le cadre de l’essai mené au Bénin se poursuivront pendant une année supplémentaire, y compris la mesure des critères d’évaluation épidémiologiques et entomologiques, de la bioefficacité et de la durabilité des MII et de la résistance aux insecticides. D’autres analyses secondaires et complémentaires sont encore en cours. Cela inclut notamment une évaluation supplémentaire du degré d’équité en ce qui concerne l’accès aux moustiquaires et de l’impact de la pandémie de COVID-19 sur l’essai. Les demandeurs ont précisé que les covariables utilisées dans le cadre de la randomisation étaient incluses dans l’analyse secondaire, mais pas dans l’analyse primaire. L’inclusion de ces covariables n’a pas eu d’incidence importante sur les résultats. À nouveau, l’inclusion des paramètres entomologiques initiaux dans l’analyse a donné des résultats similaires. Les demandeurs ont présenté les résultats provisoires non ajustés d’une étude observationnelle menée au Mozambique et ont indiqué que l’analyse des données collectées de manière systématique devrait être terminée au cours du premier trimestre 2023. Il convient de noter que ces résultats n’ont pas été pris en compte dans la présente évaluation de l’utilité pour la santé publique. Conclusions Le VCAG a félicité les chercheurs pour l’essai mené avec succès au Bénin. Compte tenu des difficultés considérables rencontrées au cours des deux dernières années du fait de la pandémie et des perturbations associées, la réalisation d’un essai aussi robuste et rigoureux constitue une réussite notable et apportera une contribution importante à la base de données probantes sur cette intervention. Comme l’essai précédent mené en République-Unie de Tanzanie, l’essai mené au Bénin n’a pas démontré l’utilité pour la santé publique des moustiquaires RG par rapport au bras témoin. Toutefois, l’OMS a décidé que les données issues de ces essais seraient intégrées, avec d’autres données épidémiologiques sur les moustiquaires associant deux principes actifs imprégnées d’un pyréthrinoïde et de pyriproxyfène, à une revue systématique destinée à éclairer les délibérations du Groupe d’élaboration des Lignes directrices de l’OMS pour la lutte contre les vecteurs du paludisme. Le VCAG souhaiterait que les données restantes de l’essai mené au Bénin lui soient présentées, y compris les données issues de la troisième année de suivi, afin de contribuer à sa compréhension de la performance du produit au fil du temps. Recommandations Conformément au souhait des demandeurs, le VCAG a rassemblé quelques suggestions pour la collecte de données supplémentaires au cours de ces derniers mois de l’essai mené au Bénin. Le VCAG a également recensé certains aspects du PAS qui bénéficieraient de précisions et d’explications mineures dans le cadre des efforts de diffusion ultérieurs. Ces points sont résumés ci-dessous : • Collecte de données supplémentaires au cours de la troisième année de l’essai au Bénin : Compte tenu du biais important concernant le profil d’agressivité des moustiques tôt le matin au début de l’essai, nous suggérons de prolonger la collecte des moustiques pendant les jours d’échantillonnage afin d’évaluer si les moustiques continuent de piquer au cours de la matinée. En outre, il serait utile de recueillir davantage d’informations sur l’utilisation des moustiquaires au cours de la troisième année, y compris des informations sur les perceptions de l’utilité 19 des moustiquaires RG dans la communauté et les préférences pour des types de moustiquaires spécifiques. • Clarification et mise à jour du PAS : Le VCAG a fourni aux demandeurs une liste de divergences mineures entre les documents (p. ex. protocole, PAS et analyses présentées) et de points sur lesquels des éclaircissements supplémentaires seraient utiles, afin de faciliter la diffusion et les publications à venir. • Présentation des résultats de la troisième année et des analyses secondaires restantes : Un certain nombre d’analyses secondaires et supplémentaires dans le cadre de l’essai mené au Bénin sont toujours en cours, y compris des analyses supplémentaires des résultats épidémiologiques principaux (troisième année), des données entomologiques sur l’efficacité et la résistance, la bioefficacité et la durabilité. En réponse aux recommandations antérieures du VCAG, les demandeurs ont prévu des analyses supplémentaires pour évaluer l’impact de la pandémie sur l’essai, ainsi que l’équité de l’accès aux moustiquaires. Ces résultats seraient très intéressants pour le VCAG et pourraient également être instructifs dans le contexte de l’élaboration des lignes directrices de l’OMS. Le VCAG souhaiterait que les demandeurs présentent une mise à jour concernant ces résultats lors d’une prochaine réunion. Le VCAG peut formuler des commentaires et des suggestions supplémentaires sur demande. 3.6 Classe d’intervention : Traitement au moyen d’endectocides systémiques 3.6.1 Intervention : Ivermectine Cette intervention implique l’administration de masse d’un endectocide systémique (ivermectine) à des sujets humains et/ou animaux à proximité des communautés afin de tuer les insectes qui se nourrissent sur ces hôtes. Le principe de l’intervention est que les moustiques femelles se nourrissent sur les hôtes recevant de l’ivermectine et consomment des repas de sang contenant des concentrations létales de ce médicament. Ce dernier peut également avoir des effets sublétaux supplémentaires qui ont une incidence sur les populations de vecteurs (p. ex. réductions de la fertilité et de la fécondité des moustiques). Plusieurs essais portant sur l’ivermectine sont en cours, évaluant son rôle potentiel dans la lutte contre les vecteurs du paludisme, bien que tous les groupes ne se soient pas en contact avec le VCAG. Demandeur : ISGlobal, projet BOHEMIA Le projet BOHEMIA (Broad One Health Endectocide-based Malaria Intervention in Africa) a pour objectif de déterminer l’efficacité de l’ivermectine administrée massivement uniquement à des sujets humains, ou à des sujets humains et animaux pour réduire la transmission du paludisme. Ce projet associe plusieurs études organisées autour de deux ECRg : l’un mené au Mozambique et l’autre initialement prévu en République-Unie de Tanzanie. Les espèces animales ciblées sont les porcins et les bovins, respectivement. Quatre sous-études (sciences sociales, entomologie, économie de la santé et santé animale, et impact environnemental) ont été prévues pour les deux pays, chacune selon un protocole indépendant. La dernière participation d’ISGlobal a eu lieu lors de la 13e réunion du VCAG en décembre 2020 (9). Mises à jour L’objectif des demandeurs pour la réunion était de fournir une mise à jour sur l’état d’avancement de l’essai mené au Mozambique. Ils n’avaient pas de questions spécifiques à poser au VCAG. Les demandeurs ont fourni au VCAG un PAS mis à jour (mai 2022) concernant l’efficacité et l’innocuité, ainsi que des protocoles mis à jour. Ces documents reflétaient la modification de la structure de l’étude présentée lors de la 13e réunion du VCAG. L’étude sur 12 mois inclut désormais des évaluations entomologiques menées tout au long de l’étude (trois mois d’évaluations de référence et neuf mois d’évaluations de l’impact), avec une administration massive du médicament (AMM) des mois 4 à 6 et un suivi épidémiologique simultané des mois 4 à 9 inclus. Le bras témoin est composé de sujets humains recevant de l’albendazole. Dans le premier bras de traitement, l’ivermectine est administrée à des sujets humains uniquement, tandis qu’elle est administrée à la fois à des sujets humains et animaux dans 20 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS le deuxième bras de traitement (9). Les protocoles abordent également à présent la collecte de données environnementales et entomologiques pour soutenir les possibilités de généralisation des résultats, y compris des données sur les taux d’agressivité vis-à-vis du bétail et les repas de sang, conformément aux recommandations précédentes du VCAG. Les documents comprennent également le protocole entomologique pour le deuxième essai mené à Kwale, au Kenya. Changement du site d’étude Une mise à jour importante concernait l’impossibilité des demandeurs de mener le deuxième essai en République-Unie de Tanzanie comme prévu, car les autorités compétentes n’avaient pas accordé l’autorisation de travailler dans la région. Un autre site d’essai potentiel dans le district de Kisarawe a été jugé inapproprié après avoir pris en compte la prédominance des terres suburbaines, la séparation du bétail et des humains dans le district, la charge du paludisme et la densité de population. Les demandeurs ont ensuite choisi le district de Kwale au Kenya comme site d’essai sur la base de plusieurs caractéristiques, notamment la charge du paludisme et la densité du bétail. En outre, ce site dispose d’infrastructures existantes, ce qui permet aux demandeurs de bénéficier des services de membres du personnel formés. Étude pharmacocinétique chez l’homme Les demandeurs ont résumé une étude pharmacocinétique portant sur l’ivermectine et l’albendazole visant à déterminer la mortalité cumulative des moustiques après avoir été nourris avec du sang provenant de quatre groupes de volontaires : un groupe recevant une dose unique de 400 mg d’albendazole (le médicament témoin de l’essai chez l’homme) ; un groupe recevant une dose unique de 400 µg/kg d’ivermectine ; un groupe recevant une dose de 300 µg/kg d’ivermectine par mois pendant trois mois ; et un groupe témoin non traité. Le traitement par l’albendazole n’a démontré aucun effet significatif sur la survie des moustiques par rapport au groupe témoin. Le sang prélevé au jour 0 + 4 heures sur des volontaires ayant reçu une dose unique de 400 µg/kg d’ivermectine a entraîné une mortalité cumulative significative chez les moustiques par rapport au groupe témoin. La mortalité cumulative chez les moustiques après la consommation de sang d’hôtes aux jours 7, 10, 14 et 21 suivant le traitement par l’ivermectine était significativement plus élevée par rapport au groupe témoin ; néanmoins, au jour 28, cette différence avait diminué pour atteindre un niveau indétectable. Essai au Mozambique L’essai mené dans le district de Mopeia, au Mozambique, a débuté en mars 2022 et se terminera en mars 2023. Les demandeurs ont déterminé que leur plan initial pour l’essai au Mozambique, qui prévoyait 147 grappes avec un noyau central de 35 enfants et une zone tampon d’un rayon de 1 km avec 200 adultes dans le noyau et la zone tampon, n’était pas réalisable. Cela était dû aux limitations pratiques liées à la nécessité de traiter jusqu’à 140 000 personnes dans le cadre de cette structure. L’équipe a finalement déterminé que l’utilisation d’une zone tampon d’un rayon de 400 m serait suffisante pour réduire au minimum la contamination par les grappes voisines et maintenir la puissance de l’essai. Pour l’essai mené au Mozambique, cela équivalait à 159 grappes avec une zone tampon d’un rayon de 400 m, avec environ 42 000 adultes susceptibles de recevoir le traitement et 20 enfants par grappe dans le noyau. Des difficultés majeures ont entravé la mise en œuvre de l’essai du fait du passage de cinq cyclones en une saison, qui ont entraîné des inondations et des décès importants. Un grand nombre de membres du personnel contribuant à cet essai ont également été touchés par le paludisme et/ou le choléra au cours de l’essai. Par conséquent, seulement 100 des 159 grappes initialement ciblées ont été incluses dans l’essai (20 enfants/grappe ; environ 21 000 adultes recevant de l’ivermectine). Les 100 grappes ont été réparties de manière aléatoire dans les trois bras de l’étude différents : i) ivermectine administrée chez les sujets humains et les porcins ; ii) ivermectine administrée chez les sujets humains uniquement ; et iii) albendazole administré chez les sujets humains uniquement, en tant que témoin. Chaque grappe comprenait une zone centrale entourée d’une zone tampon de 400 m, sans zones tampons entre les grappes ne présentant pas d’incompatibilité. Le traitement 21 par l’ivermectine chez les sujets humains était de trois doses de 400 µg/kg par mois par voie orale, et la dose administrée aux sujets animaux (solution à 1 %) était injectée une fois par mois pendant trois mois. L’albendazole était administré par voie orale une fois par mois à une dose de 400 mg. Les données ont été recueillies sur une période de six mois. Un échantillonnage de six mois pour l’évaluation du critère d’efficacité a été démarré après l’administration de la dernière dose d’ivermectine. De plus, il y a eu un début asynchrone de l’essai, avec environ 30 % des grappes ayant démarré un mois plus tard. En outre, au lieu de l’administration des doses prévues aux sujets humains et animaux en une semaine, l’administration des doses a nécessité environ 30 jours, avec une proportion d’environ 5 % des adultes traités quotidiennement. L’équipe du projet BOHEMIA a noté que les retards étaient en partie dus au temps requis non prévu pour informer les adultes participants le jour désigné pour l’administration et obtenir leur consentement. Les demandeurs ont indiqué en résumé que l’AMM était terminée et que cinq des sept cycles d’échantillonnage de suivi de l’efficacité avaient été effectués depuis. Des données entomologiques et d’innocuité préliminaires ont été fournies ; les demandeurs ont estimé qu’ils seraient en mesure de présenter l’ensemble des résultats de l’essai lors de la prochaine réunion du VCAG. Résumé des discussions Redéfinition des zones tampons des grappes Au cours des discussions, le VCAG a noté que l’hypothèse du coefficient de variation peut sous-estimer la variabilité, le nombre d’enfants étant passé de 35 à 20 dans le noyau. Une inquiétude a également été exprimée au sujet de changements concernant la contamination des grappes si les moustiques ont des distances de vol maximales supérieures à 660 m (18). Essai mené dans le district de Kwale, au Kenya Après avoir envisagé d’autres sites d’essai en République-Unie de Tanzanie, qui ont finalement été jugés inappropriés, les demandeurs ont choisi le district de Kwale au Kenya comme site d’essai sur la base de plusieurs caractéristiques, notamment la charge du paludisme et la densité du bétail. En outre, ce site dispose d’infrastructures existantes, ce qui permet aux demandeurs de bénéficier des services de membres du personnel formés. Bien que les caractéristiques du site de Kwale justifient le choix de ce site comme deuxième site d’essai, le VCAG a noté que la densité de population humaine de ce site était environ quatre fois plus élevée que celle du site du Mozambique et 10 fois plus élevée que celle du site de République-Unie de Tanzanie. En outre, le taux de précipitations du site de Kwale était deux fois moins élevé que celui du site du Mozambique et 3,5 fois moins élevé que celui du site de République-Unie de Tanzanie. Il a été souligné que certains des protocoles et des PAS actuels ne reflètent pas l’adoption récente du site du Kenya. Les demandeurs ont indiqué qu’ils avaient entrepris une analyse de puissance fondée sur Kwale (Kenya) et qu’ils fourniraient les informations à ce sujet au VCAG. Essai au Mozambique Au cours des discussions, le VCAG a émis l’hypothèse selon laquelle l’administration asynchrone chez les sujets humains pourrait ne pas avoir eu d’impact négatif sur les taux de mortalité des moustiques de la communauté. D’autres analyses portant sur la réduction du nombre de grappes et sur tout impact de l’administration asynchrone pour détecter une baisse de 20 % de l’incidence du paludisme seraient utiles. La documentation des enseignements tirés concernant la logistique de mise en œuvre pourrait être utile pour la planification et l’exécution de l’essai au Kenya et plus largement. Des données sur le traitement par l’ivermectine des sujets humains ont été présentées, mais la couverture du traitement du bétail n’a pas été communiquée. Conclusions Le VCAG a félicité le consortium BOHEMIA, ses collaborateurs et les agents de terrain pour leur engagement et leur persévérance remarquables dans le cadre de la réalisation de l’essai au Mozambique. Sans que cela soit lié à une faute de l’équipe, la taille cible de l’échantillon n’a pas été atteinte, de sorte que la puissance de l’essai est probablement insuffisante. Cependant, aucune conclusion concernant les résultats de l’essai ne doit être tirée tant que les données finales ne sont pas disponibles. Il reste important de 22 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS rassembler autant d’informations que possible concernant cet essai pour fournir des éléments à l’appui de la planification de l’essai mené au Kenya. Le choix du district de Kwale, au Kenya, comme site pour le deuxième essai semble raisonnable. Toutefois, les documents présentés n’indiquaient pas clairement de quelle manière certaines caractéristiques, telles que la densité de la population et du bétail et la proportion de vecteurs zoophages, étaient prises en compte en ce qui concerne la structure de l’essai et l’analyse de puissance. Le VCAG a estimé que l’approche de redéfinition de la taille des grappes était acceptable. Cependant, certaines préoccupations ont été exprimées en ce qui concerne la puissance de l’étude du fait de la variabilité parmi les enfants dans le noyau et de la mesure dans laquelle de plus grandes distances de dispersion des moustiques pourraient accroître la contamination des grappes. Les préoccupations concernant le manque de synchronisation des traitements mis en avant par les demandeurs justifient une étude plus approfondie. Recommandations Compte tenu de l’importance de l’essai mené au Kenya pour démontrer l’efficacité de l’AMM, le VCAG a recommandé que les demandeurs réexaminent les hypothèses pour l’analyse de puissance et la structure des grappes, ainsi que l’influence de l’administration asynchrone. Les demandeurs sont invités à fournir au VCAG en temps voulu les protocoles et les PAS éventuellement mis à jour. En particulier en ce qui concerne l’administration asynchrone, les demandeurs sont encouragés à travailler avec leurs collaborateurs en matière de modélisation pour mieux comprendre dans quelle mesure cela peut influencer les résultats. La documentation et la diffusion des enseignements tirés de l’essai mené au Mozambique aideront non seulement à la mise en œuvre du deuxième essai au Kenya, mais fourniront également des informations utiles à la communauté des chercheurs en général. 4. OBSERVATIONS FINALES Les coprésidentes du VCAG, la Dre Audrey Lenhart et la Dre Heather Ferguson, ont remercié les membres du VCAG et les conseillers temporaires pour leur engagement, leur temps et leurs efforts consacrés au soutien des activités du VCAG, et pour leur participation. Le retour aux réunions en présentiel a été accueilli favorablement. Le groupe s’est réjoui d’avoir pu dialoguer avec autant de demandeurs lors d’une seule réunion, et évaluer les résultats du deuxième essai à la fois pour les moustiquaires IG2 et RG. Le Secrétariat du VCAG s’est associé aux remerciements des coprésidentes, en soulignant le dévouement des membres du groupe consultatif. Il est prévu que la 18e réunion du VCAG se tienne en ligne, la semaine du 24 avril 2023. 23 RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES 1. Eleventh meeting of the WHO Vector Control Advisory Group: meeting report, Geneva, 11–13 November 2019. Geneva: World Health Organization; 2020 (https://apps.who.int/iris/handle/10665/330681, consulté le 30 novembre 2022). 2. Report of the fourth meeting of the Vector Control Advisory Group: 16–18 November 2015. Geneva: World Health Organization; 2015 (https://apps.who.int/iris/handle/10665/254609, consulté le 30 novembre 2022). 3. Ninth meeting of the WHO Vector Control Advisory Group: meeting report, 12–14 November 2018. Geneva: World Health Organization; 2018 (https://apps.who.int/iris/ handle/10665/311484, consulté le 30 novembre 2022). 4. Tenth meeting of the WHO Vector Control Advisory Group: meeting report, 13–15 May 2019. Geneva: World Health Organization; 2019 (https://apps.who.int/iris/handle/10665/326584, consulté le 30 novembre 2022). 5. Connolly JB, Mumford JD, Fuchs S, Turner G, Beech C, North AR, et al. Systematic identification of plausible pathways to potential harm via problem formulation for investigational releases of a population suppression gene drive to control the human malaria vector Anopheles gambiae in West Africa. Malar J. 2021;20:170. doi:10.1186/ s12936-021-03674-6. 6. Connolly JB, Mumford JD, Glandorf DCM, Hartley S, Lewis OT, Weiss Evans S, et al. Recommendations for environmental risk assessment of gene drive applications for malaria vector control. Malar J. 2022;21:152. doi:10.1186/s12936-022-04183-w. 7. Morrison AC, Reiner Jr AC, Elson WH, Astete H, Guevara C, Del Aguila C, et al. Efficacy of a spatial repellent for control of Aedes-borne virus transmission: a cluster-randomized trial in Iquitos, Peru. Proc Natl Acad Sci U S A. 2022;119:e2118283119. doi:10.1073/ pnas.2118283119. 8. Rapport de la 14e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS : rapport de réunion, 19-21 avril 2021, réunion virtuelle. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2021 (https://apps.who.int/iris/handle/10665/349438, consulté le 30 novembre 2022). 9. Rapport de la 13e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS : rapport de réunion, 7-10 décembre 2020, réunion virtuelle. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2021 (https://apps.who.int/iris/handle/10665/343108, consulté le 30 novembre 2022). 10. WHO Malaria Policy Advisory Committee (MPAC) meeting: meeting report, May 2020. Geneva: World Health Organization; 2020 (https://apps.who.int/iris/handle/10665/333240, consulté le 30 novembre 2022). 11. WHO guidelines for malaria, 25 November 2022. Geneva: World Health Organization; 2022 (WHO/UCN/GMP/2022.01 Rev. 3; https://apps.who.int/iris/handle/10665/364714, consulté le 30 novembre 2022). 12. Fifteenth meeting of the WHO Vector Control Advisory Group: meeting report, 4–6 October 2021. Geneva: World Health Organization; 2021 (https://apps.who.int/ iris/handle/10665/350633, consulté le 30 novembre 2022). 13. Seventh meeting of the Vector Control Advisory Group, Geneva, Switzerland, 24–26 October 2017. Geneva: World Health Organization; 2017 (https://apps.who. int/iris/handle/10665/259743, consulté le 30 novembre 2022). 24 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS 14. Accrombessi M, Cook J, Ngufor C, Sovi A, Dangbenon E, Yovogan B, et al. Assessing the efficacy of two dual-active ingredients long-lasting insecticidal nets for the control of malaria transmitted by pyrethroid-resistant vectors in Benin: study protocol for a three-arm, single-blinded, parallel, cluster-randomized controlled trial. BMC Infect Dis. 2021;21: 194. doi:10.1186/s12879-021-05879-1. 15. Yovogan B, Sovi A, Padonou GG, Adoha C, Akinro B, Chitou S, et al. Pre-intervention characteristics of the mosquito species in Benin in preparation for a randomized controlled trial assessing the efficacy of dual active-ingredient long-lasting insecticidal nets for controlling insecticide-resistant malaria vectors. PLoS One. 2021;16:e0251742. doi:10.1371/journal.pone.0251742. 16. Accrombessi M, Akogbeto MC, Dangbenon E, Akpovi H, Sovi A, Yovogan B, et al. Malaria Burden and Associated Risk Factors in an Area of Pyrethroid-Resistant Vectors in Southern Benin. Am J Trop Med Hyg. 2022;107:681-688. doi: 10.4269/ajtmh.22-0190 17. Twelfth meeting of the WHO Vector Control Advisory Group: meeting report, 8–10 June 2020. Geneva: World Health Organization; 2020 (https://apps.who.int/iris/handle/10665/334001, consulté le 30 novembre 2022). 18. Verdonschot PFM, Besse-Lotoskaya AA. Flight distance of mosquitoes (Culicidae): a metadata analysis to support the management of barrier zones around rewetted and newly constructed wetlands. Limnologica. 2014;45:67–79. doi:10.1016/j. limno.2013.11.002. 25 ANNEXE 1. DÉCLARATIONS D’INTÉRÊTS La 17e réunion du VCAG a été organisée pour examiner et évaluer huit dossiers présentés par les demandeurs pour de nouvelles interventions de lutte antivectorielle correspondant à six classes d’intervention. Quatre catégories de participants y ont été conviés, à savoir : i) les membres (y compris les coprésidentes) ; ii) des observateurs ; iii) les demandeurs auprès du VCAG, qui dans ce cas étaient les chercheurs et les fabricants présentant leurs recherches et leurs plans pour tester leurs interventions ; iv) des membres du personnel de l’OMS. Les demandeurs ont chacun participé aux séances publiques les concernant, aux côtés des membres, du Secrétariat du VCAG de l’OMS et d’observateurs, selon les cas. Les observateurs n’ont pas été autorisés à participer aux séances à huis clos lors desquelles le VCAG a délibéré au sujet des recommandations à intégrer au rapport de la réunion, et les a formulées. Avant la réunion, tous les membres du VCAG et les observateurs participant à la réunion à titre individuel ont rempli un formulaire de déclaration d’intérêts des experts de l’OMS. Le Secrétariat du VCAG a évalué les intérêts déclarés par les experts et, à l’exception des points décrits ci-après, a constaté que ces intérêts n’étaient pas directement liés aux sujets abordés lors de la réunion. Les intérêts déclarés ci-après ont été considérés comme ayant (ou pouvant avoir) un rapport avec les sujets examinés lors de la réunion. Les intérêts divulgués ne justifiaient pas l’exclusion totale de la réunion proprement dite, mais plutôt une participation partielle. Les mesures d’atténuation adoptées au regard des intérêts divulgués sont décrites ci-après. Membres • La Dre Camilla Beech a déclaré un conflit d’intérêts au regard du dossier présenté par Target Malaria. La Dre Beech a été exclue de toutes les séances consacrées au dossier de Target Malaria en qualité de membre du VCAG et n’a pas été autorisée à contribuer à l’élaboration d’orientations sur ce dossier. • Le Dr Mamadou Coulibaly a déclaré un conflit d’intérêts avec le dossier présenté par Target Malaria et le dossier sur les répulsifs spatiaux. Le Dr Coulibaly a été exclu de toutes les séances consacrées au dossier de Target Malaria et au dossier sur les répulsifs spatiaux en qualité de membre du VCAG, et n’a pas été autorisé à contribuer à l’élaboration d’orientations sur ces deux dossiers. • Le Dr David O’Brochta participe à la collaboration GeneConvene. Aucun conflit d’intérêts n’a été mis au jour et la participation du Dr O’Brochta à la réunion et à l’élaboration de recommandations dans le cadre du rapport n’a pas été soumise à des restrictions. • La Dr Audrey Lenhart a sous sa supervision professionnelle des membres du personnel qui travaillent sur le projet de répulsif spatial et qui font partie du consortium Target Malaria, bien qu’elle ne soit pas elle-même chercheuse dans le cadre de ces projets, ni impliquée d’une autre manière. En raison de ce conflit d’intérêts potentiel, la Dre Lenhart a été exclue de toutes les séances consacrées au dossier de Target Malaria et au dossier sur les répulsifs spatiaux en qualité de membre du VCAG et n’a pas été autorisée à contribuer à l’élaboration d’orientations sur ces deux dossiers. La Dr Lenhart travaille dans la même institution (CDC) que les chercheurs travaillant sur le dossier relatif à la TII présenté lors de cette réunion. En raison de la possibilité d’un conflit d’intérêts perçu, la Dr Lenhart a été autorisée à observer la présentation de cette séance, mais n’a pas été autorisée à poser des questions et a été exclue de toutes les discussions et de l’élaboration d’orientations sur ce dossier. 26 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS • Le groupe de recherche de la Dr Hilary Ranson a reçu un financement pour ses activités de recherche liées au New Nets Project (qui englobe les moustiquaires IG2 et RG). La participation de la Dre Ranson au programme de recherche du New Nets Project a été considérée comme constituant un conflit d’intérêts. La Dre Ranson a été exclue de toutes les séances consacrées aux dossiers sur les moustiquaires IG2 et RG en qualité de membre du VCAG et n’a pas été autorisée à contribuer à l’élaboration d’orientations sur ces dossiers. • Le Dr Robert Reiner a déclaré un conflit d’intérêts au regard du dossier sur les répulsifs spatiaux. Le Dr Reiner a été exclu de toutes les séances consacrées au dossier sur les répulsifs spatiaux en qualité de membre du VCAG et n’a pas été autorisé à contribuer à l’élaboration d’orientations sur ce dossier. • La Dr Leanne Robinson a déclaré un conflit d’intérêts avec le dossier sur les répulsifs spatiaux. La Dre Robinson a été exclue de toutes les séances consacrées au dossier sur les répulsifs spatiaux en qualité de membre du VCAG et n’a pas été autorisée à contribuer à l’élaboration d’orientations sur ce dossier. • Le Dr Tom Smith siège au conseil de surveillance des données et de la sécurité du New Nets Project (qui englobe les moustiquaires IG2 et RG). Compte tenu d’un conflit d’intérêts perçu prévisible et de l’importance du maintien de l’indépendance et de l’intégrité des deux groupes supervisant et évaluant l’essai, le Dr Smith n’a pas participé aux séances de présentation ou de discussion et n’a pas contribué à l’élaboration d’orientations pour ces deux dossiers. Observateurs • Mme R. D. Jeevanie Harishchandra a reçu un soutien indirect de la part de l’AIEA pour ses études antérieures sur la TIS. Mme Harishchandra a été autorisée à assister en tant qu’observatrice silencieuse à la séance de la réunion consacrée au dossier de la FAO et de l’AIEA. Elle n’a pas été autorisée à poser des questions ou à participer à la séance de discussion concernant ce dossier, mais elle pouvait écouter librement. • Le groupe de recherche de la Dre Corine Ngufor reçoit des fonds pour travailler sur les essais évaluant l’utilité pour la santé publique des moustiquaires IG2 et RG dans le cadre du New Nets Project. Pour éviter toute perception de conflit d’intérêts, la Dre Ngufor a été exclue de toutes les séances consacrées à ces dossiers en qualité de conseillère temporaire du VCAG. • Le Dr Joshua Yukich travaille sur une étude plus large sur le rapport coût- efficacité des moustiquaires de nouvelle génération, qui inclut les moustiquaires évaluées dans le cadre du New Nets Project (IG2 et RG), mais il ne travaille pas directement sur les essais visant à évaluer l’utilité pour la santé publique. En tant qu’observateur représentant le Groupe d’élaboration des lignes directrices, le Dr Yukich a été autorisé à assister en tant qu’observateur silencieux aux parties de ces séances consacrées à la présentation, aux questions-réponses et aux commentaires ; en revanche, il a été exclu de la discussion entre les membres du VCAG et les observateurs concernant ces deux interventions. 27 ANNEXE 2. ORDRE DU JOUR DE LA RÉUNION DAY 1: MONDAY, 3 OCTOBER 2022 Session 1: Welcome and updates Speakers/Invitees Closed session 09:00 – 09:20 Preliminary welcome • Overview of running of meeting • Reading of declarations of interest statement • VCAG members • Observers • WHO VCAG Secretariat For information 09:20 – 10:00 Official opening of VCAG meeting Chair of session: VCAG Co-chairs • Opening remarks from Director ad interim Department of Control of Neglected Tropical Diseases • Briefing from Prequalification Unit Vector Control Product Assessment Team: meeting with National Regulatory Authority representatives on exploring collaborative evaluation activities • Raman Velayudhan (Director ad interim Department of Control of Neglected Tropical Diseases) • Marion Law (Prequalification Unit Vector Control Product Assessment Team) • VCAG members • Observers • WHO VCAG Secretariat For information Session 2: Applicant presentations and feedback Invitees Open sessions 10:30 – 12:15 Presentation – Aedes SIT/IIT (Singapore) Chair of session: Hilary Ranson • Applicant presentation • Q&As • VCAG + observer discussion • Singapore NEA/EHI • VCAG members • Observers • WHO VCAG Secretariat For information & discussion 13:45 – 15:30 Presentation – Aedes IIT (Puerto Rico) Chair of session: Hilary Ranson • Applicant presentation • Q&As • VCAG + observer discussion • CDC/Verily • VCAG members • Observers • WHO VCAG Secretariat For information & discussion 16:00 – 16:30 Feedback – Aedes SIT/IIT (Singapore) Chair of session: Hilary Ranson • Feedback to applicants • Singapore NEA/EHI • VCAG members • Observers • WHO VCAG Secretariat For information & discussion 16:30 – 17:00 Feedback – Aedes IIT (Puerto Rico) Chair of session: Robert Reiner • Feedback to applicants • CDC/Verily • VCAG members • Observers • WHO VCAG Secretariat For information & discussion Session 3: Formulation of VCAG advice Contributors Closed session 17:00 – 18:00 Formulation of advice (from day 1) • Development of recommendations • Draft technical guidance for report • VCAG Working Groups For guidance 28 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS DAY 2: TUESDAY, 4 OCTOBER 2022 Session 4: Applicant presentation and feedback Invitees Open sessions 09:00 – 10:30 Presentation & feedback – Aedes SIT/IIT (field studies) – update only Chair of session: Robert Reiner • Applicant presentation • Q&As • VCAG + observer discussion • Feedback to applicants • FAO/IAEA • VCAG members • Observers • WHO VCAG Secretariat For information & discussion 11:00 – 12:15 Presentation – Endectocides (BOHEMIA) Chair of session: Audrey Lenhart • Applicant presentation • Q&As • ISGlobal/BOHEMIA • VCAG members • Observers • WHO VCAG Secretariat For information & discussion 14:00 – 15:00 Feedback – Endectocides (BOHEMIA) Chair of session: Audrey Lenhart • VCAG + observer discussion • Feedback to applicants • ISGlobal/BOHEMIA • VCAG members • Observers • WHO VCAG Secretariat For information & discussion 15:30 – 17:00 Presentation & feedback – Spatial repellents (AEGIS) Chair of session: Salim Abdulla • Applicant presentation • Q&As • VCAG + observer discussion • Feedback to applicants • University of Notre Dame • VCAG members • Observers • WHO VCAG Secretariat For information & discussion Session 5: Formulation of VCAG advice Contributors Closed session 17:00 – 18:00 Formulation of advice (from day 2) • Development of recommendations • Draft technical guidance for report • VCAG Working Groups For guidance DAY 3: WEDNESDAY, 5 OCTOBER 2022 Session 6: Applicant presentations and feedback Invitees Open session 09:00 - 10:30 Presentation – Interceptor G2 Chair of session: Heather Ferguson • Applicant presentation • Q&As • BASF and affiliated applicants • VCAG members • Observers • WHO VCAG Secretariat For information & discussion 11:00 – 12:30 Presentation – Royal Guard Chair of session: Neal Alexander • Applicant presentation • Q&As • Disease Control Technologies and affiliated applicants • VCAG members • Observers • WHO VCAG Secretariat For information & discussion 14:00 – 15:00 Feedback – Interceptor G2 Chair of session: Heather Ferguson • VCAG + observer discussion • Feedback to applicants • BASF and affiliated applicants • VCAG members • Observers • WHO VCAG Secretariat For information & discussion 29 15:30 – 16:30 Feedback – Royal Guard Chair of session: Neal Alexander • VCAG + observer discussion • Feedback to applicants • Disease Control Technologies and affiliated applicants • VCAG members • Observers • WHO VCAG Secretariat For information & discussion Session 7: Formulation of VCAG advice Contributors Closed session 16:30 – 18:00 Formulation of advice (from day 3) • Development of recommendations • Draft technical guidance for report • VCAG Working Groups For guidance DAY 4: THURSDAY, 6 OCTOBER 2022 Session 8: Applicant presentations and feedback Invitees Open session 09:00 – 10:15 Presentation – Gene drive (population suppression) Chair of session: David O’Brochta • Applicant presentation • Q&As • Target Malaria • VCAG members • Observers (as necessary) • WHO VCAG Secretariat For information & discussion 10:45 – 11:45 Feedback – Gene drive (population suppression) Chair of session: David O’Brochta • VCAG + observer discussion • Feedback to applicants • Target Malaria • VCAG members • Observers (as necessary) • WHO VCAG Secretariat For information & discussion Session 9: Report writing and VCAG meeting wrap-up Contributors Closed sessions 11:45 – 12:30 Formulation of advice (from day 4) • Development of recommendations • Draft technical guidance for report • VCAG Working Groups For guidance 14:00 – 15:30 Report writing • Review report status • Finalize technical guidance to be developed • VCAG Working Groups For guidance 16:00 – 16:30 Report writing • Review report status • Finalize technical guidance to be developed • VCAG Working Groups For guidance 16:30 – 17:00 Wrap-up of VCAG meeting • VCAG discussion • VCAG members • WHO VCAG Secretariat For information 30 Rapport de la 17e réunion du Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle de l’OMS ANNEXE 3. LISTE DES PARTICIPANTS MEMBRES DU GROUPE CONSULTATIF POUR LA LUTTE ANTIVECTORIELLE Coprésidentes Heather Ferguson University of Glasgow Glasgow, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord Audrey Lenhart Centers for Disease Control and Prevention Atlanta, États-Unis d’Amérique Membres Salim Abdulla (participation à distance) Ifakara Health Institute Ifakara, République-Unie de Tanzanie Neal Alexander (participation à distance) Centro Internacional de Entrenamiento e Investigaciones Médicas Cali, Colombie Camilla Beech Cambea Consulting Ltd Berkshire, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord Steven Bradbury (participation à distance) Iowa State University Iowa, États-Unis d’Amérique Fabrice Chandre (participation à distance) Institut de recherche pour le développement Montpellier, France Mamadou Coulibaly Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako Bamako, Mali David O’Brochta The Foundation for the National Institutes of Health North Bethesda, États-Unis d’Amérique Hilary Ranson Liverpool School of Tropical Medicine Liverpool, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord Robert Reiner University of Washington Seattle, États-Unis d’Amérique Leanne Robinson (participation à distance) Burnet Institute Melbourne, Australie Thomas Smith Institut tropical et de Santé publique suisse Bâle, Suisse Alfred Tiono (participation à distance) Centre National de Recherche et de Formation sur le Paludisme Ouagadougou, Burkina Faso DEMANDEURS (participation à distance, sauf indication contraire) Interceptor G2 (BASF) Manfred Accrombessi Martin Akogbeto James Austin Kelsey Barrett Matthew Black Mailys Bobin Jackie Cook Christen Fornadel Kate Kolaczinski Nancy Matowo Jacklin Mosha Corine Ngufor Natacha Protopopoff Achim Reddig (en personne) Arthur Sovi Susanne Stutz Royal Guard (Disease Control Technologies) Manfred Accrombessi Martin Akogbeto Kelsey Barrett Francis Baud Matthew Black Mailys Bobin Andy Butenhoff Jackie Cook Rod Flinn Christen Fornadel Kate Kolaczinski Nancy Matowo Jacklin Mosha Corine Ngufor Natacha Protopopoff Arthur Sovi Joseph Wagman Répulsifs spatiaux (University of Notre Dame/SC Johnson) Nicole Achee Kelsey Barrett John Greico Tom Mascari Ashley Scott Endectocides (ISGlobal) Carlos Chaccour Regina Rabinovich Réduction de populations grâce au forçage génétique (Target Malaria) John Connolly (en personne) Karen Logan John Mumford Geoff Turner (en personne) Suppression par stérilisation des mâles : approche associant la TIS et la TII (FAO/AIEA) Kostas Bourtzis (en personne) Suppression par stérilisation des mâles : approche associant la TIS et la TII (NEA de Singapour) Petrina Bey Chee Seng Chong Alex Cook Jue-Tao Lim Lee Ching Ng (en personne) Shuzhen Sim Wilson Tan Kathryn Vasquez Zhiyong Xi Suppression par stérilisation des mâles : TII (Verily/CDC) Laura Adams (en personne) Roberto Barrera Jacob Crawford Evdoxia Kakani (en personne) Gabriela Paz-Bailey Liliana Sanchez-Gonzalez Bradley White SECRÉTARIAT DE L’OMS (participation en personne) Programme mondial de lutte contre le paludisme Jan Kolaczinski Chef d’unité Lutte antivectorielle et résistance aux insecticides Isabelle Abello Assistante de l’équipe Lutte antivectorielle et résistance aux insecticides Lauren Carrington Fonctionnaire technique Lutte antivectorielle et résistance aux insecticides Yevgeniy Goryakin Fonctionnaire technique Lutte antivectorielle et résistance aux insecticides Jennifer Stevenson Fonctionnaire technique Lutte antivectorielle et résistance aux insecticides Département Lutte contre les maladies tropicales négligées Raman Velayudhan Chef d’unité Santé publique vétérinaire, lutte antivectorielle et environnement Qingxia Zhong Fonctionnaire technique Santé publique vétérinaire, lutte antivectorielle et environnement Réglementation et préqualification Marion Law Fonctionnaire technique Préqualification, Produits de lutte antivectorielle Dominic Schuler Fonctionnaire technique Préqualification, Produits de lutte antivectorielle OBSERVATEURS (participation à distance uniquement) John Bradley London School of Hygiene and Tropical Medicine Londres, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord Francesca Frentiu Queensland University of Technology Herston, Australie R. D. Jeevanie Harishchandra Anti-Malaria Campaign Colombo, Sri Lanka Wiltshire Johnson Projet de gestion intégrée des vecteurs (IVM), AUDA-NEPAD Midrand, Afrique du Sud Corine Ngufor London School of Hygiene and Tropical Medicine Londres, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord Tanya Russell James Cook University Cairns, Australie Joshua Yukich Tulane University La Nouvelle-Orléans, États-Unis d’Amérique Pour plus d'informations, veuillez contacter : Groupe consultatif pour la lutte antivectorielle Organisation mondiale de la Santé Avenue Appia 20 CH1211 Genève 27 Suisse vcag@who.int https://www.who.int/fr/groups/vector-control- advisory-group